Un jeune garçon qui se retrouve projeté dans un monde imaginaire pour le sauver d'un grand danger, voilà une intrigue qui n'a rien de bien novateur à première vue. Mais quand ce monde est d'une véritable originalité, quand le récit est raconté avec brio et humour et quand le dessin est largement à la hauteur de ses ambitions, cela donne le début d'une excellente BD. Un véritable coup de coeur en ce qui me concerne !
Imaginez un univers qui soit celui de l'imagination. Y vivent toutes les chimères imaginées un jour par les hommes vivants ou l'imaginaire des grands artistes qui perdurent dans l'esprit des vivants. Divisées en royaumes de l'imaginaire de chacun, elles se côtoient, se croisent, s'influencent. L'imaginaire de Magritte relié à ceux de Monet, de Van Gogh et d'innombrables artistes, peintres, écrivains, cinéastes, etc... Dans chacun de ces imaginaires, les décors et les êtres vivants sont à l'image des créations de leurs auteurs mais aussi de tous ceux qui les ont influencés.
Transposé en images dans Adam au Chromaland, cela donne un patchwork coloré, beau et fouillis à la fois, ensemble d'innombrables références visuelles et artistiques.
Le dessin de Di Giammarino est tout à fait à la hauteur de la tâche. Son trait fait légèrement penser à celui d'Eduardo Risso ou d'Horacio Domingues, une touche d'ambiance latine associée à une maîtrise et un trait lisse proche du comics.
La colorisation, informatique et légèrement froide à la manière d'un Beltran, offre des tons pastels très variés pour une ambiance colorée, comme le veut le nom du royaume : Chromaland.
Et au fil des pages, on s'amuse à repérer dans chaque planche toutes les clins d'oeil aux oeuvres de peintres, de sculpteurs, de cinéastes et autres écrivains. C'est d'ailleurs avec bonheur que l'on découvre en fin d'album la liste des titres et auteurs de chacune de ces références artistiques.
Quant au récit, il est à double niveau.
L'intrigue de base semble destinée à un lectorat assez jeune. Un petit garçon débrouillard et imaginatif qui va sauver le Royaume Imaginaire, rien de bien nouveau. Mais cette simple intrigue est très bien racontée permettant à un adulte de la lire sans jamais s'ennuyer.
Et le même lecteur adulte pourra ensuite profiter du second niveau de lecture, de ces très nombreuses références artistiques bien sûr mais aussi d'un véritable humour qui se dégage des planches. L'histoire ne se prend pas totalement au sérieux et les gags sont nombreux quoique discrets. J'ai notamment été plié de rire en voyant cette Madonne de peinture classique jouer les nounous avec tous les petits Jésus que les autres Saintes-Vierges du musée lui avaient laissés en garde.
Un vrai plaisir de lecture et un vrai plaisir pour les yeux. Les amateurs de peinture, d'imaginaire, d'humour et de récit d'aventure fantastique seront ravis. Et si les tomes suivants pouvaient rester sur le même niveau de qualité, nous aurions peut-être bien là un futur immanquable.
Hélas, suite aux soucis financiers des Humanos, les droits ont été rendus aux auteurs et nul ne saurait dire si la suite paraitra un jour et chez quel éditeur...
Après La Graine de Folie, Civiello reste dans l'univers des légendes celtiques mais cette fois en s'adjoignant les services d'un vrai scénariste, Mosdi (intervenu sur le 4ème tome de La Graine de Folie).
Certes l'histoire n'est pas des plus originale, et on pourra y voir de fortes inspirations à Tolkien. Mais le scénariste sait mener sa barque et arrive à nous captiver. Il enchaîne les aventures en des lieux différents sans nous perdre, il alterne les phases d'actions et d'expositions, les personnages sont assez nombreux et bien pensés.
Au niveau du dessin, on avait déjà pu apprécier le travail de Civiello dans sa précédente réalisation, mais on pouvait regretter que tout ça soit parfois un peu fouillis et pas très lisible. Dans Korrigans, il s'est clarifié et encore amélioré. Les mises en couleurs sont magnifiques et donnent des paysages somptueux. Les différents humanoïdes et monstres sont superbement représentés. On pourra reprocher, sur certaines cases, des personnages inexpressifs ou qui se détachent des paysages mais la beauté de l'ensemble corrige tout ça.
Donc à la différence de la Graine de Folie qui était certes jolie mais très fouillis, nous avons là une très bonne série agréable à lire et à regarder.
C'est nul. C'est pas beau. C'est idiot. Mais.....
C'EST DU JUS DE BEDE !!!
Du coeur de bédé ! De la source de bédé !
Les auteurs n'ont pas besoin d'être bons, ils sont déjà dans le paradis de la bédé, ils respirent la bédé, ils parlent bédé, ils sont au-delà du talent, ils sont dans l'inspiration à haut débit qui n'a plus besoin de critères de qualité. Ils ne sont pas "bons", ils sont MAGIQUES !
Quelques furets, quelques maisons, quelques arbres, quelques rivières, et hop ! Voilà notre passeport pour le monde des rêves qui nous enchantent ! Nous revoilà grands enfants, pour le meilleur !
Cette série est pour moi un Classique de la production Delcourt.
Une histoire, bien menée, sublimée par un graphisme maîtrisé tant sur le dessin que la colorisation.
L'ensemble n'est pas des plus aisés à lire mais cela ne perturbe en rien la lecture si prenante.
Ces 5 tomes forment un joli conte pour adulte, et qui pour moi, plus de 10 ans après sa sortie, garde tout son charme. Je pense qu'il en sera ainsi encore longtemps car cette série semble intemporelle en plus d'être fort plaisante.
Autant l'annoncer dès le départ : Dorison et son complice Lauffray ont réussi leur pari de retrouver le souffle de la grande aventure, en reprenant l'un des plus célèbres personnages de Stevenson, est-il besoin de le citer, Long John Silver.
L'album est mené à un rythme d'enfer, mais ce ne serait rien sans la capacité d'installer un vrai suspense, d'entraîner le lecteur dans les fils d'une intrigue qui ne manquera pas sur quelques albums de réserver de nombreuses tensions, et surtout de mettre en scène des personnages avec une réelle épaisseur.
Ce sont d'ailleurs eux qui ont la part belle dans ce premier tome : Dorison installe ses pions, le personnage qui donne son nom à la série intervient d'ailleurs à un stade avancé du récit, il présente tous les acteurs qui interviendront dans son histoire et leur permet de révéler plusieurs facettes avec subtilité.
Le texte est vif et intelligent, il respecte bien les règles des séries d'aventure sans perdre de sa fluidité, et surtout sans chercher des tournures à effets qui pourraient entraîner des lourdeurs. On peut dire que Dorison maîtrise son sujet, et qu'il y apporte suffisamment d'humanité sans chercher à en rajouter.
Le dessin de Lauffray apporte la touche de spectaculaire, avec un sens de l'efficacité redoutable, que ce soit dans le trait ou la mise en page. Lui aussi impose une fluidité impeccable au récit, ce qu'il conjugue avec des ambiances parfaitement rendues, comme on peut le constater dès les premières pages. Très belle mise en couleur.
Bref, une des grandes réussites de l'année, qui ne peut sans doute que devenir une oeuvre majeure en prenant de l'ampleur avec sa suite. On en jugera avec impatience...
Une bien chouette série, pas trop connue malheureusement, qui débute en l'année 1934.
Une histoire curieuse aussi qui plonge dans deux mondes différents : ceux de l'aristocratie et de la classe ouvrière.
Mais un attachant postulat fait une sorte de retournements -voulus- de certaines situations.
D'un côté, c'est la vie d'un ouvrier qui va se ranger du côté du patronat ; de l'autre c'est un médecin aristocrate qui décide de rejoindre les ouvriers.
Mais ce n'est pas qu'une histoire de deux hommes que nous offrent les auteurs : il m'ont fait passer par le Front Populaire du milieu des années 30, par la lutte des classes, les coalitions politiques diverses...
J'ai ainsi traversé l'état d'esprit d'une France qui vivait une époque troublée, très difficile, où -déjà- l'extrême droite pointait.
Une bien belle saga concoctée par ce chouette scénariste de Maric et, également, bien mise en scène par un Baron-Brumaire qui fait usage d'un style nerveux, au trait bien personnel, et dont la "manipulation graphique" parvient à donner une véritable idée de ce qu'était l'époque et ce que vivaient et ressentaient les gens.
Vraiment bien bon.
Après lecture du premier tome j'avoue avoir été déçu par cette BD. Je trouvais alors le dessin joli mais les couleurs ternes et désuètes, plus proches de Dracurella que de Universal War One. Mais surtout le rythme de cet interminable tome 1 (116 pages) est lent, il ne se passe rien, on s'ennuie ferme ! Heureusement le tome 2 puis le tome 3 m'ont prouvé que j'ai bien fait d'insister. Et même le tome 4, un brin moins bon (moins rythmé et original) fut une lecture agréable.
Le charme de cette oeuvre réside selon moi dans son principe d'exploration des planètes qui diffèrent et nous transportent totalement d'un tome à l'autre (schématique proche de Sillage). Le graphisme est impeccable du début à la fin et la colorisation ne m'a vraiment parue vieillotte que dans le tome 1, sans m'emballer outre mesure non plus dans les suivants (trop terne).
Au final, après un début laborieux, ma lecture est devenue rapidement un plaisir et l'épaisseur des volumes ne m'a pas empêché de lire les autres tomes d'une traite, en apnée, tant le rythme est bon et les aventures de Cyann originales et bien construites.
Dommage qu'il faille attendre si longtemps entre 2 tomes... J'espère suivre bientôt la suite des aventures de cette héroïne un peu "tête à claque" quand même.
Encore et toujours du très grand MAM.
Je ne dois pas forcément être objectif, mais que dire si ce n'est que je reste admiratif devant de telles BD. C'est structuré, inventif, original, etc....
Un vrai régal pour les yeux et quelques neurones qui chauffent.
C'est vraiment inclassable, à la limite du casse-tête même.
Non, vraiment j'adore et j'en redemande.
Lecture très sympa et enrichissante. L'auteur nous a déterré une histoire incroyable et son travail de documentation semble conséquent.
Au-delà, j'ai trouvé le dessin assez moyen et même brouillon, mais l'intérêt de cette BD étant avant tout l'histoire qu'elle relate et la façon dont elle est romancée.
Une belle découverte que je dois à BDT :-)
Eh bien suite à mes recherches de One Shot et de Mangas, je suis tombé sur les avis précédents qui m'ont donné assez rapidement l'envie de me procurer ce petit bouquin ! Eh bien, ce fut une excellente initiative puisque toutes les qualités décrites sont effectivement présentes.
Pour un novice comme moi en termes de manga (à l'exception de l'oeuvre somme Akira), voici un petit bouquin à l'aspect granuleux très agréable au toucher et à la lecture...
De surcroît, même si les thèmes abordés rappellent Battle Royale et l'esprit enragé typiquement nippon, elle reste très accessible et se révèle assez vite prenante.
Les personnages sont caricaturaux et vite esquissés mais le tout sert plus l'histoire et le pitch qui en découlent. Néanmoins, cette course poursuite renvoyant au "Prix du Danger" de Boisset et ses enjeux financiers sont une parfaite critique de la société actuelle et ce, de façon universelle.
Le héros évolue en émotions et toute en apparence au cours des nombreuses scènes d'action assez bien découpées pendant qu'une seconde histoire se dessine en parallèle...
Si l'on devine assez facilement les enjeux et la "révélation finale", on n'en est pas moins sous le charme, les dessins étant suffisamment clairs et la narration éclatée pour nous tenir en haleine...
La seule étoile absente, c'est justement le fait que le temps passe vite, très vite et que le manga est lu d'une seule traite assez rapidement, dommage ! Mais ça a au moins l'avantage d'avoir un début et une fin qui se tiennent... La fin est ouverte comme tout bon épisode de série B pour préparer une suite, suite qui je l'espère ne sera pas au programme tant tous les enjeux avancés sont suffisamment développés...
Et d'autant plus que l'éditeur nous gratifie d'une histoire courte et en couleurs, qui, par une lecture désordonnée et des styles radicalement différents et travaillés (c'est même très beau !), nous assène une fin digne d'un film dont on parle plus bas et que je ne vais pas réciter (si vous voulez vous spoiler, cherchez dans les commentaires plus bas héhé) sur un thème assez dur (je suis papa et c'est le genre d'histoires qui me fait peur) mais bon sang que c'est génial et complètement dans la continuité de "Duds Hunt" !!!
Du coup, j'ai bien envie de me faire Manhole du même auteur, en espérant un intérêt similaire !
Idéal en attendant les suites de Death Note !
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Adam au Chromaland
Un jeune garçon qui se retrouve projeté dans un monde imaginaire pour le sauver d'un grand danger, voilà une intrigue qui n'a rien de bien novateur à première vue. Mais quand ce monde est d'une véritable originalité, quand le récit est raconté avec brio et humour et quand le dessin est largement à la hauteur de ses ambitions, cela donne le début d'une excellente BD. Un véritable coup de coeur en ce qui me concerne ! Imaginez un univers qui soit celui de l'imagination. Y vivent toutes les chimères imaginées un jour par les hommes vivants ou l'imaginaire des grands artistes qui perdurent dans l'esprit des vivants. Divisées en royaumes de l'imaginaire de chacun, elles se côtoient, se croisent, s'influencent. L'imaginaire de Magritte relié à ceux de Monet, de Van Gogh et d'innombrables artistes, peintres, écrivains, cinéastes, etc... Dans chacun de ces imaginaires, les décors et les êtres vivants sont à l'image des créations de leurs auteurs mais aussi de tous ceux qui les ont influencés. Transposé en images dans Adam au Chromaland, cela donne un patchwork coloré, beau et fouillis à la fois, ensemble d'innombrables références visuelles et artistiques. Le dessin de Di Giammarino est tout à fait à la hauteur de la tâche. Son trait fait légèrement penser à celui d'Eduardo Risso ou d'Horacio Domingues, une touche d'ambiance latine associée à une maîtrise et un trait lisse proche du comics. La colorisation, informatique et légèrement froide à la manière d'un Beltran, offre des tons pastels très variés pour une ambiance colorée, comme le veut le nom du royaume : Chromaland. Et au fil des pages, on s'amuse à repérer dans chaque planche toutes les clins d'oeil aux oeuvres de peintres, de sculpteurs, de cinéastes et autres écrivains. C'est d'ailleurs avec bonheur que l'on découvre en fin d'album la liste des titres et auteurs de chacune de ces références artistiques. Quant au récit, il est à double niveau. L'intrigue de base semble destinée à un lectorat assez jeune. Un petit garçon débrouillard et imaginatif qui va sauver le Royaume Imaginaire, rien de bien nouveau. Mais cette simple intrigue est très bien racontée permettant à un adulte de la lire sans jamais s'ennuyer. Et le même lecteur adulte pourra ensuite profiter du second niveau de lecture, de ces très nombreuses références artistiques bien sûr mais aussi d'un véritable humour qui se dégage des planches. L'histoire ne se prend pas totalement au sérieux et les gags sont nombreux quoique discrets. J'ai notamment été plié de rire en voyant cette Madonne de peinture classique jouer les nounous avec tous les petits Jésus que les autres Saintes-Vierges du musée lui avaient laissés en garde. Un vrai plaisir de lecture et un vrai plaisir pour les yeux. Les amateurs de peinture, d'imaginaire, d'humour et de récit d'aventure fantastique seront ravis. Et si les tomes suivants pouvaient rester sur le même niveau de qualité, nous aurions peut-être bien là un futur immanquable. Hélas, suite aux soucis financiers des Humanos, les droits ont été rendus aux auteurs et nul ne saurait dire si la suite paraitra un jour et chez quel éditeur...
Korrigans
Après La Graine de Folie, Civiello reste dans l'univers des légendes celtiques mais cette fois en s'adjoignant les services d'un vrai scénariste, Mosdi (intervenu sur le 4ème tome de La Graine de Folie). Certes l'histoire n'est pas des plus originale, et on pourra y voir de fortes inspirations à Tolkien. Mais le scénariste sait mener sa barque et arrive à nous captiver. Il enchaîne les aventures en des lieux différents sans nous perdre, il alterne les phases d'actions et d'expositions, les personnages sont assez nombreux et bien pensés. Au niveau du dessin, on avait déjà pu apprécier le travail de Civiello dans sa précédente réalisation, mais on pouvait regretter que tout ça soit parfois un peu fouillis et pas très lisible. Dans Korrigans, il s'est clarifié et encore amélioré. Les mises en couleurs sont magnifiques et donnent des paysages somptueux. Les différents humanoïdes et monstres sont superbement représentés. On pourra reprocher, sur certaines cases, des personnages inexpressifs ou qui se détachent des paysages mais la beauté de l'ensemble corrige tout ça. Donc à la différence de la Graine de Folie qui était certes jolie mais très fouillis, nous avons là une très bonne série agréable à lire et à regarder.
Les Lumières de l'Amalou
C'est nul. C'est pas beau. C'est idiot. Mais..... C'EST DU JUS DE BEDE !!! Du coeur de bédé ! De la source de bédé ! Les auteurs n'ont pas besoin d'être bons, ils sont déjà dans le paradis de la bédé, ils respirent la bédé, ils parlent bédé, ils sont au-delà du talent, ils sont dans l'inspiration à haut débit qui n'a plus besoin de critères de qualité. Ils ne sont pas "bons", ils sont MAGIQUES ! Quelques furets, quelques maisons, quelques arbres, quelques rivières, et hop ! Voilà notre passeport pour le monde des rêves qui nous enchantent ! Nous revoilà grands enfants, pour le meilleur !
Les Lumières de l'Amalou
Cette série est pour moi un Classique de la production Delcourt. Une histoire, bien menée, sublimée par un graphisme maîtrisé tant sur le dessin que la colorisation. L'ensemble n'est pas des plus aisés à lire mais cela ne perturbe en rien la lecture si prenante. Ces 5 tomes forment un joli conte pour adulte, et qui pour moi, plus de 10 ans après sa sortie, garde tout son charme. Je pense qu'il en sera ainsi encore longtemps car cette série semble intemporelle en plus d'être fort plaisante.
Long John Silver
Autant l'annoncer dès le départ : Dorison et son complice Lauffray ont réussi leur pari de retrouver le souffle de la grande aventure, en reprenant l'un des plus célèbres personnages de Stevenson, est-il besoin de le citer, Long John Silver. L'album est mené à un rythme d'enfer, mais ce ne serait rien sans la capacité d'installer un vrai suspense, d'entraîner le lecteur dans les fils d'une intrigue qui ne manquera pas sur quelques albums de réserver de nombreuses tensions, et surtout de mettre en scène des personnages avec une réelle épaisseur. Ce sont d'ailleurs eux qui ont la part belle dans ce premier tome : Dorison installe ses pions, le personnage qui donne son nom à la série intervient d'ailleurs à un stade avancé du récit, il présente tous les acteurs qui interviendront dans son histoire et leur permet de révéler plusieurs facettes avec subtilité. Le texte est vif et intelligent, il respecte bien les règles des séries d'aventure sans perdre de sa fluidité, et surtout sans chercher des tournures à effets qui pourraient entraîner des lourdeurs. On peut dire que Dorison maîtrise son sujet, et qu'il y apporte suffisamment d'humanité sans chercher à en rajouter. Le dessin de Lauffray apporte la touche de spectaculaire, avec un sens de l'efficacité redoutable, que ce soit dans le trait ou la mise en page. Lui aussi impose une fluidité impeccable au récit, ce qu'il conjugue avec des ambiances parfaitement rendues, comme on peut le constater dès les premières pages. Très belle mise en couleur. Bref, une des grandes réussites de l'année, qui ne peut sans doute que devenir une oeuvre majeure en prenant de l'ampleur avec sa suite. On en jugera avec impatience...
Les Morin-Lourdel
Une bien chouette série, pas trop connue malheureusement, qui débute en l'année 1934. Une histoire curieuse aussi qui plonge dans deux mondes différents : ceux de l'aristocratie et de la classe ouvrière. Mais un attachant postulat fait une sorte de retournements -voulus- de certaines situations. D'un côté, c'est la vie d'un ouvrier qui va se ranger du côté du patronat ; de l'autre c'est un médecin aristocrate qui décide de rejoindre les ouvriers. Mais ce n'est pas qu'une histoire de deux hommes que nous offrent les auteurs : il m'ont fait passer par le Front Populaire du milieu des années 30, par la lutte des classes, les coalitions politiques diverses... J'ai ainsi traversé l'état d'esprit d'une France qui vivait une époque troublée, très difficile, où -déjà- l'extrême droite pointait. Une bien belle saga concoctée par ce chouette scénariste de Maric et, également, bien mise en scène par un Baron-Brumaire qui fait usage d'un style nerveux, au trait bien personnel, et dont la "manipulation graphique" parvient à donner une véritable idée de ce qu'était l'époque et ce que vivaient et ressentaient les gens. Vraiment bien bon.
Le Cycle de Cyann
Après lecture du premier tome j'avoue avoir été déçu par cette BD. Je trouvais alors le dessin joli mais les couleurs ternes et désuètes, plus proches de Dracurella que de Universal War One. Mais surtout le rythme de cet interminable tome 1 (116 pages) est lent, il ne se passe rien, on s'ennuie ferme ! Heureusement le tome 2 puis le tome 3 m'ont prouvé que j'ai bien fait d'insister. Et même le tome 4, un brin moins bon (moins rythmé et original) fut une lecture agréable. Le charme de cette oeuvre réside selon moi dans son principe d'exploration des planètes qui diffèrent et nous transportent totalement d'un tome à l'autre (schématique proche de Sillage). Le graphisme est impeccable du début à la fin et la colorisation ne m'a vraiment parue vieillotte que dans le tome 1, sans m'emballer outre mesure non plus dans les suivants (trop terne). Au final, après un début laborieux, ma lecture est devenue rapidement un plaisir et l'épaisseur des volumes ne m'a pas empêché de lire les autres tomes d'une traite, en apnée, tant le rythme est bon et les aventures de Cyann originales et bien construites. Dommage qu'il faille attendre si longtemps entre 2 tomes... J'espère suivre bientôt la suite des aventures de cette héroïne un peu "tête à claque" quand même.
Mémoire morte
Encore et toujours du très grand MAM. Je ne dois pas forcément être objectif, mais que dire si ce n'est que je reste admiratif devant de telles BD. C'est structuré, inventif, original, etc.... Un vrai régal pour les yeux et quelques neurones qui chauffent. C'est vraiment inclassable, à la limite du casse-tête même. Non, vraiment j'adore et j'en redemande.
Malet
Lecture très sympa et enrichissante. L'auteur nous a déterré une histoire incroyable et son travail de documentation semble conséquent. Au-delà, j'ai trouvé le dessin assez moyen et même brouillon, mais l'intérêt de cette BD étant avant tout l'histoire qu'elle relate et la façon dont elle est romancée. Une belle découverte que je dois à BDT :-)
Duds Hunt
Eh bien suite à mes recherches de One Shot et de Mangas, je suis tombé sur les avis précédents qui m'ont donné assez rapidement l'envie de me procurer ce petit bouquin ! Eh bien, ce fut une excellente initiative puisque toutes les qualités décrites sont effectivement présentes. Pour un novice comme moi en termes de manga (à l'exception de l'oeuvre somme Akira), voici un petit bouquin à l'aspect granuleux très agréable au toucher et à la lecture... De surcroît, même si les thèmes abordés rappellent Battle Royale et l'esprit enragé typiquement nippon, elle reste très accessible et se révèle assez vite prenante. Les personnages sont caricaturaux et vite esquissés mais le tout sert plus l'histoire et le pitch qui en découlent. Néanmoins, cette course poursuite renvoyant au "Prix du Danger" de Boisset et ses enjeux financiers sont une parfaite critique de la société actuelle et ce, de façon universelle. Le héros évolue en émotions et toute en apparence au cours des nombreuses scènes d'action assez bien découpées pendant qu'une seconde histoire se dessine en parallèle... Si l'on devine assez facilement les enjeux et la "révélation finale", on n'en est pas moins sous le charme, les dessins étant suffisamment clairs et la narration éclatée pour nous tenir en haleine... La seule étoile absente, c'est justement le fait que le temps passe vite, très vite et que le manga est lu d'une seule traite assez rapidement, dommage ! Mais ça a au moins l'avantage d'avoir un début et une fin qui se tiennent... La fin est ouverte comme tout bon épisode de série B pour préparer une suite, suite qui je l'espère ne sera pas au programme tant tous les enjeux avancés sont suffisamment développés... Et d'autant plus que l'éditeur nous gratifie d'une histoire courte et en couleurs, qui, par une lecture désordonnée et des styles radicalement différents et travaillés (c'est même très beau !), nous assène une fin digne d'un film dont on parle plus bas et que je ne vais pas réciter (si vous voulez vous spoiler, cherchez dans les commentaires plus bas héhé) sur un thème assez dur (je suis papa et c'est le genre d'histoires qui me fait peur) mais bon sang que c'est génial et complètement dans la continuité de "Duds Hunt" !!! Du coup, j'ai bien envie de me faire Manhole du même auteur, en espérant un intérêt similaire ! Idéal en attendant les suites de Death Note !