Pfiouuuuu… costaud !…
Un thriller, un vrai de vrai… une longue histoire fascinante et plutôt complexe qui m’a emmené dans une folle course-poursuite démarrée de Düsseldorf.
Monster ?… construit comme une véritable toile d’araignée où le danger guette à chaque instant, tapi dans l’ombre…
J’ai (un peu) vérifié : une saga qui comptabilise plus de 3.500 planches. Mises ensemble, une véritable et épaisse brique que j’ai eu un peu de mal à digérer. Non pas que c’était pesant MAIS : emballé dès le début de l’histoire, ses développements, ses rebondissements, j’aurais voulu lire tous les opus d’une seule traite ; ce que je me suis forcé à ne pas faire ; tout en prenant des notes, des repères…
Un vraiment bon « seinen manga » (c’est comme ça qu’on dit ?..) qui m’a tenu en haleine du début à la fin ; une histoire haut de gamme à la poursuite de Johann, un tueur en série vraiment machiavélique.
Je ne suis pas fan de « manga » ; mais « monster » c’est vraiment du tout bon.
J'avais repoussé la lecture de cette série pour plusieurs raisons. D'une, la montagne et l'alpinisme ne m'attirent pas du tout. De deux, chaque album est très long et dense donc la lecture de la série ne se fait pas en une seule soirée loin de là. De trois, ces albums, bien que leur rapport quantité/prix soit respecté vue leur taille, sont quand même sacrément chers pour des mangas. Mais voilà, grâce à la BDtheque de mon CE, j'ai pu emprunter et lire l'intégrale.
Que dire ? Eh bien, tout simplement que c'est un bon manga.
Le dessin est excellent. Les planches sont toutes vraiment très travaillées, très détaillées et réalistes, c'est un sacré ouvrage.
On reconnait immédiatement dans les personnages la patte de Taniguchi. Bien travaillés, assez européens dans leur style, je leur reproche juste leurs expressions faciales récurrentes chez cet auteur, comme s'ils se lamentaient en permanence.
Quant aux décors, ils sont tellement précis et détaillés que je ne peux pas imaginer que Taniguchi ait fait cela seul, son studio a dû grandement aider. Les rues de Kathmandou sont tellement reconnaissables que j'y ai retrouvé véritablement les lieux que j'avais visités quand j'y étais, jusqu'à un restaurant à Patan où le héros mange quasiment à la même table que moi. Quant aux décors montagneux, ils sont impressionnants et, même s'ils sont parfois obligatoirement répétitifs, on sent vraiment souvent la beauté et la masse écrasante de ces titans de roche et de glace.
Quant au récit, c'est là l'adaptation d'un roman de longue haleine, retranscrit de manière toute aussi complète qu'il devait l'être originellement. De facto, la lecture est dense et longue, il n'y a pas de raccourcis. Du coup, le premier tome par exemple n'a pas suffi à me convaincre car il reste assez introductif malgré son très grand nombre de pages.
Mais peu à peu, ma répulsion de la montagne (chuis un gars d'la mer moi, mon p'tit) a faibli pour laisser la place à un véritable intérêt. Au cours du premier tome, je me faisais la réflexion que je ne comprenais vraiment pas ce qui poussait des gens à se faire du mal, à risquer volontairement de mourir ou de perdre des membres gelés, juste pour souffrir dans la neige et la glace et finalement arriver au sommet d'une montagne moins haute que pourrait les amener un avion ou un hélicoptère. Mais finalement, au fil des tomes, j'ai fini par comprendre ce besoin qu'ils avaient, sans encore pouvoir l'expliquer. L'émotion finit par passer avec un certain brio. Le passage de l'accident dans les Grandes Jorasses et des nuits d'attente des secours m'a assez marqué par sa force émotionnelle par exemple.
Et sans être totalement captivé, je me suis laissé prendre à ne plus lâcher les derniers tomes avant d'avoir terminé. J'ai été souvent transporté dans ces hauteurs froides et solitaires, où les hommes, aussi modernes soient-ils de nos jours, continuent à ne pas avoir leur place et où l'alpiniste peut se retrouver vraiment seul, face à l'Aventure avec un grand A. J'ai aussi ressenti l'aspect mystique ou psychologique de ces montées et de ce qu'elles impliquent dans l'esprit des alpinistes. Tant et si bien que j'ai fini par comprendre le titre, le sommet des Dieux, tant j'avais le sentiment à la fin que l'Everest était devenu un être vivant gigantesque, un titan à la hauteur duquel le personnage de Habu Jôji finit par se dresser tant il s'est élevé au-dessus des hommes.
Bref, un très bon récit, peut-être un peu trop long et dense à mon goût car je n'ai pas toujours été captivé, mais rendant un hommage de très grande qualité à la montagne et aux hommes qui en ont fait leur passion.
"Long John Silver" le pirate légendaire...
"Cet ouvrage ne prêtant pas être une suite de l’île au trésor, mais un humble hommage à cet immense chef-d’œuvre qui ne cesse de nous émerveiller depuis notre enfance. Son seul et unique objet est de retrouver un peu de la poussière du grand rêve que fit naître Robert Louis Stevenson..."
Les auteurs ont beau se dédouaner de toute -succession-, et on les comprend aisément, quand on s’attaque à un monument pareil, il faut rester modeste. Mais dans les faits, il faut être clair, il s’agit bien d’une suite ou tout du moins, pour mettre tout le monde d’accord, d’un enchaînement possible respectant la continuité et l’esprit de l’œuvre de Stevenson. Et franchement, c’est bien foutu. Dorison redonne vie à Long John Silver, pour notre plus grand plaisir et retranscrit parfaitement le caractère du pirate légendaire. Le premier tome est introductif, il met en place les personnages et la base de l’aventure. Après Le Troisième Testament et Sanctuaire, le scénariste est passé maître dans l’art d'installer une atmosphère pesante et intrigante, et cette série ne déroge pas à la règle. Tout est prêt pour revivre une nouvelle aventure grandiose, il n’y a plus qu’à attendre la suite...
Les dessins de Lauffray ont du caractère. Son style est plutôt réaliste tout en plongeant par petites touches vers le semi-réalisme pour rendre les personnages plus expressifs. Son trait est vivant et peut parfois paraître... comment dire... brouillon (ce qui ne veut surtout pas dire bâclé) mais à l’avantage d’être terriblement dynamique. Sa mise en couleur est bonne, elle est pleinement en adéquation avec l’ambiance mise en place : c’est-à-dire sombre. Le danger en voulant tout obscurcir, c’est de perdre en lisibilité et ce n’est pas du tout le cas ici, car l’auteur joue savamment avec les ombres et lumières.
A noter la très jolie couverture du Tome 1, avec une mise en scène sobre mais lourde de sens.
"Le grand Mort", voyage parmi le petit peuple de Bretagne...
Loisel et Mallié nous livrent une histoire purement fantastique, où une jeune étudiante au caractère bien trempé (Pour être plus clair : une chieuse), se retrouve bien malgré elle, après un concours de circonstances, embarquée dans une dimension parallèle, celle du petit peuple. Rien de révolutionnaire mais un récit fluide avec une narration bien orchestrée et de bons dialogues. Ce premier tome est introductif, et on ne sait pas encore vraiment ce qui attend nos héros car leur mission reste assez floue mais la suite promet d’être intéressante, tout du moins, je l’espère, tout en étant confiant.
En feuilletant cet album, j’ai d’abord cru que c’était Loisel aux pinceaux mais en lisant la répartition des tâches sur la page de garde, je me suis rendu compte que c’était en fait Mallié. Tout ça pour dire que les styles sont très proches et que c’est forcément et logiquement très beau. En y regardant de plus près je trouve que son trait fin pour les visages des personnages est plus soigné, léché et épuré que celui de son illustre confrère mais moins nerveux, en revanche pour ce qui est des magnifiques paysages verdoyants, on se croirait vraiment dans La Quête de l'Oiseau du Temps ou encore dans le pays imaginaire de Peter Pan.
Rien à redire sur les couleurs de Lapierre, de l’excellent travail, pas d’esbroufe c’est juste pile dans le ton. Bravo. Comme le prouve: Magasin général, Avant la quête et maintenant Le grand mort, je crois bien que Loisel s’est trouvé un coloriste de qualité qu’il ne compte pas lâcher comme ça.
La couverture, tout de rouge vêtue, est très jolie. Elle accroche bien le regard sur les étals.
Sans l’avis de l’ami Hervé, il est certain que je serais complètement passé à côté de « De Gaulle à la plage ». Pour moi, les bd qui mettent en scène des personnages célèbres, la plupart du temps, ça me gave ! Mais là, avec un auteur aussi connu que Jean-Yves Ferri (qui est le scénariste du Retour à la terre avec Manu Larcenet au dessin) et un dessin qui, à première vue, est éloigné de la mise en couleurs flashies des autres bds de ce genre, tous les ingrédients étaient réunis pour que je passe un excellent moment de lecture.
Et je ne fus pas du tout déçu par cette bd ! Dès les premières pages parcourues, j’avais déjà le sourire aux lèvres ! Je me suis même surpris à m’éclater plusieurs fois devant les péripéties de De Gaulle qui passe ses vacances à la plage !
L’album se présente sous forme de strips humoristiques en demi-pages. Les gags sont très variés, à aucun moment, je n’ai ressenti de la lassitude à les lire. Je salue très fort Jean-Yves Ferri qui n’a jamais – à mon avis – ridiculisé le général De Gaulle, pourtant la tentation de le faire était très forte ! (il suffit de constater la prolifération des bd sur le personnage de Sarkozy pour en juger, que cela soit justifié ou non).
J’ai fortement adoré les séquences avec Winston Churchill : un vrai régal sur la confrontation amicale et humoristique entre ces deux hommes qui ont beaucoup marqué l’histoire de leur pays ! Et puis, les passages où le lecteur peut apercevoir Charles De Gaulle éduquer son fils sont tordants eux aussi !
J’ai aimé aussi, dans cette bd, le dessin de Jean-Yves Ferri qui est à la fois fort expressif et simple. La mise en couleurs est magnifique, elle retransmet bien les ambiances et les tons employés sont très agréables à l’œil (au moins, le lissage des couleurs par informatique est banni et c’est tant mieux !).
« De Gaulle à la plage » est exactement le genre de bd humoristique que j’apprécie : Jean-Yves Ferri emploie un comique qui évite les blagues salaces sur le physique des personnages, il n’utilise aucun mot vulgaire, les farces se basant sur le pipi-caca sont elles aussi mises au placard. Bref, que du bonheur pour moi !
D’autres tomes mettant en scène Charles De Gaulle sont prévus : je m’en réjouis d’avance surtout si ceux-ci sont au même niveau que ce premier album ! « De Gaulle à la plage » est mon coup de cœur pour cette fin d’année !
Note approximative : 3.5/5
Trop bon, Trolls de Troy, c’est bien, même si c’est une série dérivée de Lanfeust De Troy.
Les scénarios pas toujours très bons, moins bien que Lanfeust de Troy, mais comme le reste est top. Le dessin est très beau, même si certaines cases laissent à désirer. Les couleurs très bonnes. Il y a plein d’humour, souvent à se plier, des fois un peu lourd quand même. Les personnages sont attachants (même si les deux petits me font un peu ch*er). Arleston arrive à faire un bon mélange de fantasy, d'aventure, d'action, et de scènes gores.
On dit que cette bd marche sur la vague médiatique de Lanfeust, mais c’est une bd à lire tout de suite. En deux mots, c’est trop bien.
10 Décembre 2006 :
J’avise mon avis après lecture du tome 8 « Rock’n Troll Attitude », ma note pour cette album :
2/5 (Bof, sans plus)
Je n’ai pas du tout aimé l’histoire, et les gags restent très moyens, c’est dommage car ça fait baissé ma moyenne.
12 Septembre 2007 :
Le tome 9 est moins bon que la plupart de la série, le scénario est bof et on n'arrive pas à lire quand c'est les personnages du Darshan qui parle. Faut que la série arrête là, c'était pourtant bien au début :( (en plus les trolls du darshan sont vraiment nuls comparés à quand on les avait vus dans Lanfeust).
2.5/5
10 Décembre 2007 après lecture du tome 10 :
Bon donc c'est la suite du t.9, le t.10 rattrape un peu le t.9 : il est pas trop mal, même si le scénario est plutôt moyen et le dessin confus (surtout dans les scènes de combats)...
Et ça ma fait penser un peu a Astérix (et pas que dans ce tome, quand j'y repense tous les tomes étaient comme ça) : Trolls=Gaulois, humains=romains... Je pense que maintenant la série DOIT s'arrêter; mais comme le succès commercial est la, ça m'étonnerait :(...
3/5
Il est toujours difficile de parler du plaisir de lecture lorsque vous lisez un ouvrage sur un sujet sensible, voire douloureux. Penchons-nous donc sur ce collectif qui semble être passé inaperçu lors de sa sortie.
Les sans-papiers sont des centaines de milliers en France. Un grand nombre d’entre eux travaillent, vont à l’école, respectent les lois de la République. Mais ils sont sans-papiers, ce qui en fait des pestiférés que l’on veut expulser à tout prix. D’autres n’arrivent même pas dans le pays où ils souhaiteraient se rendre.
Ce sont leurs témoignages qu’une douzaine d’auteurs ont tenté de retranscrire ici. La cruauté, les privations, le silence, la mort parfois sont admirablement rendus par des auteurs très différents, mais tous mobilisés. Alfred, bien sûr, mais aussi des auteurs comme Mattotti (avec une force graphique incroyable), Kokor, Frédérik Peeters, Cyril Pedrosa, Gipi, les frères Jouvray… Et la découverte de Pierre Place, que je ne connaissais pas, et qui me semble à suivre. Il ne faut pas s’attendre à des scènes choc dans ces récits, juste de l’authenticité, une vision de la noirceur de l’âme humaine qui ne doit pas être oubliée.
Un ouvrage fort, dont le sujet nous concerne tous.
Opus en deux épisodes, j’avoue avoir été agréablement surpris par l’ampleur du succès qu’a eu cet album. La couleur enrichit le dessin et est complètement crédible avec un scénario de France occupée. Il raisonne un dessin de nostalgie dans les traits et les dessins d’une époque de résistance.
Scénario efficace, sans planches superflues à la couleur et au dessin maîtrisé. Rien a dire si ce n’est bravo.
Pourtant j’en viendrais à trouver qu’on en a trop fait sur cet album. Oui l’histoire est belle, le scénario prenant, il n’y a pas de temps mort, le dessin parfait. Certes pourtant à mon sens il manque le petit truc qui différence une très bonne BD d’un chef d’œuvre de cet art. Peut-être que la BD ne donne pas assez à réfléchir et que j’attends plus de la BD qu’une simple jolie histoire gentiment racontée et parfaitement dessinée…
Deux adolescents, un garçon et une fille, sont les descendants de familles rivales en pâtisserie et vont bien sûr finir par tomber amoureux l'un de l'autre. Même si j'ai deviné facilement le genre de romance, j'ai bien aimé le manga. Peut-être parce qu'Adachi, même s'il remplit ses mangas de clichés, arrive à nous captiver avec des histoires simples et des personnages attachants.
Le dessin est très bien. Adachi réussit à montrer ce que ressentent les personnages juste en dessinant leurs visages. Dès le début, on rentre facilement dans le scénario et on veut connaître la suite. Le sport utilisé pour ce manga, la natation, est un peu mis à l'écart dans quelques tomes, je trouve (comme le tome 2).
Mise à Jour du 2 novembre 2008
J'ai relu toute la série et je l'adore de plus en plus. Ma note passe donc à 5/5. Dommage que la fin soit un peu nul.
Une BD criante de vérité.
J'ai lu les 2 tomes.
Les histoires imaginaires des 3 personnages principaux croisent des faits réels.
Nos 3 personnages pourraient très bien exister, leurs histoires ressemblent à celles de tibétains bien réels.
Pour qui suis allé au Tibet, cette BD dépeint la réalité.
Et pour ne rien gâcher, en plus d’être instructive, l’histoire est bien menée.
Bravo aux artistes et à l’association « Lions des neiges » qui produit la BD.
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Monster
Pfiouuuuu… costaud !… Un thriller, un vrai de vrai… une longue histoire fascinante et plutôt complexe qui m’a emmené dans une folle course-poursuite démarrée de Düsseldorf. Monster ?… construit comme une véritable toile d’araignée où le danger guette à chaque instant, tapi dans l’ombre… J’ai (un peu) vérifié : une saga qui comptabilise plus de 3.500 planches. Mises ensemble, une véritable et épaisse brique que j’ai eu un peu de mal à digérer. Non pas que c’était pesant MAIS : emballé dès le début de l’histoire, ses développements, ses rebondissements, j’aurais voulu lire tous les opus d’une seule traite ; ce que je me suis forcé à ne pas faire ; tout en prenant des notes, des repères… Un vraiment bon « seinen manga » (c’est comme ça qu’on dit ?..) qui m’a tenu en haleine du début à la fin ; une histoire haut de gamme à la poursuite de Johann, un tueur en série vraiment machiavélique. Je ne suis pas fan de « manga » ; mais « monster » c’est vraiment du tout bon.
Le Sommet des dieux
J'avais repoussé la lecture de cette série pour plusieurs raisons. D'une, la montagne et l'alpinisme ne m'attirent pas du tout. De deux, chaque album est très long et dense donc la lecture de la série ne se fait pas en une seule soirée loin de là. De trois, ces albums, bien que leur rapport quantité/prix soit respecté vue leur taille, sont quand même sacrément chers pour des mangas. Mais voilà, grâce à la BDtheque de mon CE, j'ai pu emprunter et lire l'intégrale. Que dire ? Eh bien, tout simplement que c'est un bon manga. Le dessin est excellent. Les planches sont toutes vraiment très travaillées, très détaillées et réalistes, c'est un sacré ouvrage. On reconnait immédiatement dans les personnages la patte de Taniguchi. Bien travaillés, assez européens dans leur style, je leur reproche juste leurs expressions faciales récurrentes chez cet auteur, comme s'ils se lamentaient en permanence. Quant aux décors, ils sont tellement précis et détaillés que je ne peux pas imaginer que Taniguchi ait fait cela seul, son studio a dû grandement aider. Les rues de Kathmandou sont tellement reconnaissables que j'y ai retrouvé véritablement les lieux que j'avais visités quand j'y étais, jusqu'à un restaurant à Patan où le héros mange quasiment à la même table que moi. Quant aux décors montagneux, ils sont impressionnants et, même s'ils sont parfois obligatoirement répétitifs, on sent vraiment souvent la beauté et la masse écrasante de ces titans de roche et de glace. Quant au récit, c'est là l'adaptation d'un roman de longue haleine, retranscrit de manière toute aussi complète qu'il devait l'être originellement. De facto, la lecture est dense et longue, il n'y a pas de raccourcis. Du coup, le premier tome par exemple n'a pas suffi à me convaincre car il reste assez introductif malgré son très grand nombre de pages. Mais peu à peu, ma répulsion de la montagne (chuis un gars d'la mer moi, mon p'tit) a faibli pour laisser la place à un véritable intérêt. Au cours du premier tome, je me faisais la réflexion que je ne comprenais vraiment pas ce qui poussait des gens à se faire du mal, à risquer volontairement de mourir ou de perdre des membres gelés, juste pour souffrir dans la neige et la glace et finalement arriver au sommet d'une montagne moins haute que pourrait les amener un avion ou un hélicoptère. Mais finalement, au fil des tomes, j'ai fini par comprendre ce besoin qu'ils avaient, sans encore pouvoir l'expliquer. L'émotion finit par passer avec un certain brio. Le passage de l'accident dans les Grandes Jorasses et des nuits d'attente des secours m'a assez marqué par sa force émotionnelle par exemple. Et sans être totalement captivé, je me suis laissé prendre à ne plus lâcher les derniers tomes avant d'avoir terminé. J'ai été souvent transporté dans ces hauteurs froides et solitaires, où les hommes, aussi modernes soient-ils de nos jours, continuent à ne pas avoir leur place et où l'alpiniste peut se retrouver vraiment seul, face à l'Aventure avec un grand A. J'ai aussi ressenti l'aspect mystique ou psychologique de ces montées et de ce qu'elles impliquent dans l'esprit des alpinistes. Tant et si bien que j'ai fini par comprendre le titre, le sommet des Dieux, tant j'avais le sentiment à la fin que l'Everest était devenu un être vivant gigantesque, un titan à la hauteur duquel le personnage de Habu Jôji finit par se dresser tant il s'est élevé au-dessus des hommes. Bref, un très bon récit, peut-être un peu trop long et dense à mon goût car je n'ai pas toujours été captivé, mais rendant un hommage de très grande qualité à la montagne et aux hommes qui en ont fait leur passion.
Long John Silver
"Long John Silver" le pirate légendaire... "Cet ouvrage ne prêtant pas être une suite de l’île au trésor, mais un humble hommage à cet immense chef-d’œuvre qui ne cesse de nous émerveiller depuis notre enfance. Son seul et unique objet est de retrouver un peu de la poussière du grand rêve que fit naître Robert Louis Stevenson..." Les auteurs ont beau se dédouaner de toute -succession-, et on les comprend aisément, quand on s’attaque à un monument pareil, il faut rester modeste. Mais dans les faits, il faut être clair, il s’agit bien d’une suite ou tout du moins, pour mettre tout le monde d’accord, d’un enchaînement possible respectant la continuité et l’esprit de l’œuvre de Stevenson. Et franchement, c’est bien foutu. Dorison redonne vie à Long John Silver, pour notre plus grand plaisir et retranscrit parfaitement le caractère du pirate légendaire. Le premier tome est introductif, il met en place les personnages et la base de l’aventure. Après Le Troisième Testament et Sanctuaire, le scénariste est passé maître dans l’art d'installer une atmosphère pesante et intrigante, et cette série ne déroge pas à la règle. Tout est prêt pour revivre une nouvelle aventure grandiose, il n’y a plus qu’à attendre la suite... Les dessins de Lauffray ont du caractère. Son style est plutôt réaliste tout en plongeant par petites touches vers le semi-réalisme pour rendre les personnages plus expressifs. Son trait est vivant et peut parfois paraître... comment dire... brouillon (ce qui ne veut surtout pas dire bâclé) mais à l’avantage d’être terriblement dynamique. Sa mise en couleur est bonne, elle est pleinement en adéquation avec l’ambiance mise en place : c’est-à-dire sombre. Le danger en voulant tout obscurcir, c’est de perdre en lisibilité et ce n’est pas du tout le cas ici, car l’auteur joue savamment avec les ombres et lumières. A noter la très jolie couverture du Tome 1, avec une mise en scène sobre mais lourde de sens.
Le Grand Mort
"Le grand Mort", voyage parmi le petit peuple de Bretagne... Loisel et Mallié nous livrent une histoire purement fantastique, où une jeune étudiante au caractère bien trempé (Pour être plus clair : une chieuse), se retrouve bien malgré elle, après un concours de circonstances, embarquée dans une dimension parallèle, celle du petit peuple. Rien de révolutionnaire mais un récit fluide avec une narration bien orchestrée et de bons dialogues. Ce premier tome est introductif, et on ne sait pas encore vraiment ce qui attend nos héros car leur mission reste assez floue mais la suite promet d’être intéressante, tout du moins, je l’espère, tout en étant confiant. En feuilletant cet album, j’ai d’abord cru que c’était Loisel aux pinceaux mais en lisant la répartition des tâches sur la page de garde, je me suis rendu compte que c’était en fait Mallié. Tout ça pour dire que les styles sont très proches et que c’est forcément et logiquement très beau. En y regardant de plus près je trouve que son trait fin pour les visages des personnages est plus soigné, léché et épuré que celui de son illustre confrère mais moins nerveux, en revanche pour ce qui est des magnifiques paysages verdoyants, on se croirait vraiment dans La Quête de l'Oiseau du Temps ou encore dans le pays imaginaire de Peter Pan. Rien à redire sur les couleurs de Lapierre, de l’excellent travail, pas d’esbroufe c’est juste pile dans le ton. Bravo. Comme le prouve: Magasin général, Avant la quête et maintenant Le grand mort, je crois bien que Loisel s’est trouvé un coloriste de qualité qu’il ne compte pas lâcher comme ça. La couverture, tout de rouge vêtue, est très jolie. Elle accroche bien le regard sur les étals.
De Gaulle à la plage
Sans l’avis de l’ami Hervé, il est certain que je serais complètement passé à côté de « De Gaulle à la plage ». Pour moi, les bd qui mettent en scène des personnages célèbres, la plupart du temps, ça me gave ! Mais là, avec un auteur aussi connu que Jean-Yves Ferri (qui est le scénariste du Retour à la terre avec Manu Larcenet au dessin) et un dessin qui, à première vue, est éloigné de la mise en couleurs flashies des autres bds de ce genre, tous les ingrédients étaient réunis pour que je passe un excellent moment de lecture. Et je ne fus pas du tout déçu par cette bd ! Dès les premières pages parcourues, j’avais déjà le sourire aux lèvres ! Je me suis même surpris à m’éclater plusieurs fois devant les péripéties de De Gaulle qui passe ses vacances à la plage ! L’album se présente sous forme de strips humoristiques en demi-pages. Les gags sont très variés, à aucun moment, je n’ai ressenti de la lassitude à les lire. Je salue très fort Jean-Yves Ferri qui n’a jamais – à mon avis – ridiculisé le général De Gaulle, pourtant la tentation de le faire était très forte ! (il suffit de constater la prolifération des bd sur le personnage de Sarkozy pour en juger, que cela soit justifié ou non). J’ai fortement adoré les séquences avec Winston Churchill : un vrai régal sur la confrontation amicale et humoristique entre ces deux hommes qui ont beaucoup marqué l’histoire de leur pays ! Et puis, les passages où le lecteur peut apercevoir Charles De Gaulle éduquer son fils sont tordants eux aussi ! J’ai aimé aussi, dans cette bd, le dessin de Jean-Yves Ferri qui est à la fois fort expressif et simple. La mise en couleurs est magnifique, elle retransmet bien les ambiances et les tons employés sont très agréables à l’œil (au moins, le lissage des couleurs par informatique est banni et c’est tant mieux !). « De Gaulle à la plage » est exactement le genre de bd humoristique que j’apprécie : Jean-Yves Ferri emploie un comique qui évite les blagues salaces sur le physique des personnages, il n’utilise aucun mot vulgaire, les farces se basant sur le pipi-caca sont elles aussi mises au placard. Bref, que du bonheur pour moi ! D’autres tomes mettant en scène Charles De Gaulle sont prévus : je m’en réjouis d’avance surtout si ceux-ci sont au même niveau que ce premier album ! « De Gaulle à la plage » est mon coup de cœur pour cette fin d’année !
Trolls de Troy
Note approximative : 3.5/5 Trop bon, Trolls de Troy, c’est bien, même si c’est une série dérivée de Lanfeust De Troy. Les scénarios pas toujours très bons, moins bien que Lanfeust de Troy, mais comme le reste est top. Le dessin est très beau, même si certaines cases laissent à désirer. Les couleurs très bonnes. Il y a plein d’humour, souvent à se plier, des fois un peu lourd quand même. Les personnages sont attachants (même si les deux petits me font un peu ch*er). Arleston arrive à faire un bon mélange de fantasy, d'aventure, d'action, et de scènes gores. On dit que cette bd marche sur la vague médiatique de Lanfeust, mais c’est une bd à lire tout de suite. En deux mots, c’est trop bien. 10 Décembre 2006 : J’avise mon avis après lecture du tome 8 « Rock’n Troll Attitude », ma note pour cette album : 2/5 (Bof, sans plus) Je n’ai pas du tout aimé l’histoire, et les gags restent très moyens, c’est dommage car ça fait baissé ma moyenne. 12 Septembre 2007 : Le tome 9 est moins bon que la plupart de la série, le scénario est bof et on n'arrive pas à lire quand c'est les personnages du Darshan qui parle. Faut que la série arrête là, c'était pourtant bien au début :( (en plus les trolls du darshan sont vraiment nuls comparés à quand on les avait vus dans Lanfeust). 2.5/5 10 Décembre 2007 après lecture du tome 10 : Bon donc c'est la suite du t.9, le t.10 rattrape un peu le t.9 : il est pas trop mal, même si le scénario est plutôt moyen et le dessin confus (surtout dans les scènes de combats)... Et ça ma fait penser un peu a Astérix (et pas que dans ce tome, quand j'y repense tous les tomes étaient comme ça) : Trolls=Gaulois, humains=romains... Je pense que maintenant la série DOIT s'arrêter; mais comme le succès commercial est la, ça m'étonnerait :(... 3/5
Paroles sans papiers
Il est toujours difficile de parler du plaisir de lecture lorsque vous lisez un ouvrage sur un sujet sensible, voire douloureux. Penchons-nous donc sur ce collectif qui semble être passé inaperçu lors de sa sortie. Les sans-papiers sont des centaines de milliers en France. Un grand nombre d’entre eux travaillent, vont à l’école, respectent les lois de la République. Mais ils sont sans-papiers, ce qui en fait des pestiférés que l’on veut expulser à tout prix. D’autres n’arrivent même pas dans le pays où ils souhaiteraient se rendre. Ce sont leurs témoignages qu’une douzaine d’auteurs ont tenté de retranscrire ici. La cruauté, les privations, le silence, la mort parfois sont admirablement rendus par des auteurs très différents, mais tous mobilisés. Alfred, bien sûr, mais aussi des auteurs comme Mattotti (avec une force graphique incroyable), Kokor, Frédérik Peeters, Cyril Pedrosa, Gipi, les frères Jouvray… Et la découverte de Pierre Place, que je ne connaissais pas, et qui me semble à suivre. Il ne faut pas s’attendre à des scènes choc dans ces récits, juste de l’authenticité, une vision de la noirceur de l’âme humaine qui ne doit pas être oubliée. Un ouvrage fort, dont le sujet nous concerne tous.
Le Sursis
Opus en deux épisodes, j’avoue avoir été agréablement surpris par l’ampleur du succès qu’a eu cet album. La couleur enrichit le dessin et est complètement crédible avec un scénario de France occupée. Il raisonne un dessin de nostalgie dans les traits et les dessins d’une époque de résistance. Scénario efficace, sans planches superflues à la couleur et au dessin maîtrisé. Rien a dire si ce n’est bravo. Pourtant j’en viendrais à trouver qu’on en a trop fait sur cet album. Oui l’histoire est belle, le scénario prenant, il n’y a pas de temps mort, le dessin parfait. Certes pourtant à mon sens il manque le petit truc qui différence une très bonne BD d’un chef d’œuvre de cet art. Peut-être que la BD ne donne pas assez à réfléchir et que j’attends plus de la BD qu’une simple jolie histoire gentiment racontée et parfaitement dessinée…
Rough
Deux adolescents, un garçon et une fille, sont les descendants de familles rivales en pâtisserie et vont bien sûr finir par tomber amoureux l'un de l'autre. Même si j'ai deviné facilement le genre de romance, j'ai bien aimé le manga. Peut-être parce qu'Adachi, même s'il remplit ses mangas de clichés, arrive à nous captiver avec des histoires simples et des personnages attachants. Le dessin est très bien. Adachi réussit à montrer ce que ressentent les personnages juste en dessinant leurs visages. Dès le début, on rentre facilement dans le scénario et on veut connaître la suite. Le sport utilisé pour ce manga, la natation, est un peu mis à l'écart dans quelques tomes, je trouve (comme le tome 2). Mise à Jour du 2 novembre 2008 J'ai relu toute la série et je l'adore de plus en plus. Ma note passe donc à 5/5. Dommage que la fin soit un peu nul.
Où la neige ne fond jamais
Une BD criante de vérité. J'ai lu les 2 tomes. Les histoires imaginaires des 3 personnages principaux croisent des faits réels. Nos 3 personnages pourraient très bien exister, leurs histoires ressemblent à celles de tibétains bien réels. Pour qui suis allé au Tibet, cette BD dépeint la réalité. Et pour ne rien gâcher, en plus d’être instructive, l’histoire est bien menée. Bravo aux artistes et à l’association « Lions des neiges » qui produit la BD.