"Blacksad" du polar à l’état pur...
Pour moi, les atouts principaux de cette série sont le dessin et la couleur de Guarnido, du grand art. Il émane de ses illustrations une ambiance Polar Noir encore jamais vu pour moi en BD. Le personnage principal a toutes les caractéristiques du héro tourmenté : c’est un détective privé teigneux, blasé, taciturne… qui cache un grand cœur. Tous les stéréotypes du policier charismatique à la Mike Hammer (série TV). Le fait d’animaliser les humains, apporte encore un plus intéressant ; mais attention, ce n’est pas du Disney, c’est beaucoup plus sombre et glauque. Les mimiques des personnages sont géniales, chaque race d’animaux reflète bien le caractère des protagonistes. Les scènes d’action sont efficaces et le cadrage est toujours aux petits oignons.
Côté scénario, Dìaz Canales, va crescendo ; chaque tome (one shot) surpasse le précédent. La première histoire est plus une mise en place du héros Blacksad, et le scénar est assez léger. Sur le second album, l’auteur s’attaque au racisme et au fascisme. Et dans le troisième, au maccartisme et à la guerre froide. Les dialogues sonnent toujours justes et sont parsemés d’humour.
Je pense sincèrement que cette série évolue dans le bon sens scénaristiquement, c’est pourquoi, je passe de 4 à 5 étoiles.
"Requiem - Chevalier vampire" le vampirisme trash...
Mills nous raconte l’après vie de Heinrich un soldat tué sur le front Russe qui à sa mort se réveille sur Résurrection, une sorte de monde purgatoire obscurantiste à l’ambiance gothique/satanique, où il se retrouve propulsé chevalier vampire répondant au nom de Requiem, dans un conflit cosmique dont il serait la clef. Voilà pour le pitch, à côté de ça l’auteur développe des idées assez géniales pour donner de la profondeur à cet univers. Par exemple : sur Résurrection, le temps tourne à l’envers et les habitants rajeunissent, les sages sont les plus jeunes ; ou encore, le plus tripant, la notion de punition et châtiment qui détermine sa place dans l’échelle du pouvoir et inversement proportionnelle aux crimes commis de son vivant. Bref, tout est inversé, sympas, non ?
Le mythe du vampire et revisité et adapté. Le récit est parsemé de petites touches d’humour noir qui font à chaque fois mouche et adoucissent ce monde chaotique et sanglant. Il y a pas mal de rebondissements avec leurs lots de combats, de complots et d’enjeux -disons- politique. L’histoire est très prenante et il me tarde de connaître le dénouement final (Plus que deux tomes à venir si mes sources sont bonnes).
Les dessins, tout en couleurs directes de Ledroit sont magnifiques. C’est fin et très riche en détails. La mise en page est enivrante et sans cesse changeante, mais ça coule de source en s’adaptant au besoin de la narration, ce n’est pas de l’esbroufe même si le rendu est diablement beau. L’architecture des bâtiments et des vaisseaux sont monumentales. Les prises de vue et les perspectives vertigineuses. C’est sombre et rougeoyant, l’atmosphère gothique et trash peut effrayer un lectorat peu enclin à cet univers, c’était mon cas, mais en prenant un peu de recul et en évitant de stigmatiser bêtement un style singulier, on devient vite accro et admiratif de ces planches vivantes et esthétiques. Du grand art !
De toute la production shonen manga, mon coup de cœur, et probablement le seul shonen que j’ai pu apprécier (même si les puristes vous expliqueraient qu’il ne s’agit pas réellement d’un shonen, ce titre étant coréen).
Certes, avec Metal Heart, nous sommes a priori dans l’univers très balisé du harem manga, à savoir un idiot entouré de bombes plus sexy les unes que les autres. D’autre part, le titre pourrait être comparé (et a été comparé) à Ai non stop, du spécialiste du genre : Ken Akamatsu.
Sur les deux points, cependant, l’on fait erreur.
D’une part, Hyun Min Woo n’est pas un idiot, loin de là. S’il est parfois mal à l’aise avec les sentiments (défaut adolescent par excellence, et encore...), et si l’auteur tente désespérément de le présenter comme un fanatique du jeu vidéo, ostracisé et vilipendé comme tel... Il n’empêche qu’il est assez fin (il ne correspond guère à l’idée standard de l’otaku pervers, moche, malpropre, etc.), et que pour la génération élevée dans le culte des jeux vidéos, un type qui y fait des scores canons n’est pas un loser, mais un demi-dieu. Ajoutez à cela que, uniforme scolaire oblige, notre « fanatique des jeux vidéos » est toujours habillé d’un complet veston qui évoque le smoking monégasque, et il devient plus que difficile de voir en lui le loser type.
D’autre part, l’aspect « harem » ressort finalement assez peu du titre. Bien sûr, on est dans le shonen, les filles sont jolies (Min Sia est une des plus jolies héroïnes qui m’ait été donné de voir, bien qu’elle soit un peu mièvre), mais il n’y a que trois personnages féminins récurrents autour du héros, dont l’une est sa sœur. Certes, voilà qui fait beaucoup pour un personnage jusqu’alors habitué à faire fuir la gente féminine. Mais comparé aux productions récentes d’Akamatsu, voilà qui semble sage, voire vide...
Enfin, Metal Heart développe une galerie de personnages masculins qui n’ont rien de potiches version mâle, bien que parfois stéréotypés à dessein (le capitaine de l’équipe de judo et ses émois sentimentaux sont à mourir de rire, quant à l’ami de Min Woo, il ressemble au prototype du bishonen version shojo).
Quant à l’aspect « Ai Non Stop » du titre, il ne se justifie guère. Les registres sont différents et, surtout, le jeu vidéo qui sert d’arrière-plan aux aventures d’Hyun Min Woo n’a rien d’un prétexte, au contraire. C’est une trame qui se tisse habilement entre l’un et l’autre.
Une trame qui, par-delà l’aspect fantastique et l’humour, pose les classiques questions du roman d’initiation : qu’est-ce que l’humanité ? Que sont les sentiments ? Qu’est-ce que le destin ? Ne sommes-nous que des pions dans un scénario écrit ailleurs et depuis longtemps ?
On pourrait juger qu’il n’y a là rien de bien original, ni de transcendant, et c’est vrai. Mais ce n’est non plus le but de ce titre qui se positionne d’abord sur le divertissement.
Divertir n’empêche cependant point l’intelligence, ni la finesse. En un mot : l’humanisme. Voilà la définition qui m’est venu à l’esprit alors que je m’interrogeais pour savoir pourquoi ce titre, apparemment mineur, et formellement très « shonen manga », me plaisait autant.
Ainsi que le dit l’auteur, par la bouche de son personnage principal : « Quel est le secret de la réussite ? Il faut aimer ses personnages. »
Yoon Jae Ho aime ses personnages, qu’il n’utilise pas comme pure potiches destinées à être humiliées pour le plaisir imbécile du lecteur, ni à le faire baver sur leur seule plastique. Il les aime et les respecte, et les dote, employons les grands mots, d’une « âme », et c’est par cette grâce que son manhwa s’en trouve à son tour doté, lui conférant ainsi cet humanisme qui emporte ma conviction, et fait mon ravissement.
Je suis un véritable amateur de J-Y Ferri et ce depuis l'époque Fluide Glacial. La structure en forme de strips d'une demi-page ainsi que le type d'humour m'ont très vite fait penser au Retour à la terre. Je savais donc à quoi m'attendre avec cette BD et j'en étais ravi. Cela me convenait parfaitement.
Le dessin est dans le plus pur style de Ferri (au détail près qu'il n'a pas dessiné de poule ou de dinde dans cet album alors qu'il les réussit si bien :((;)). Son trait a cependant gagné en épure et il en ressort encore plus efficace à mes yeux. Je note avec le sourire la colorisation réalisée à l'aide de trames qui m'ont un peu fait penser au Blog de Frantico.
L'humour est bon. C'est drôle, souvent vraiment drôle. Le personnage de De Gaulle est à la fois tourné en dérision et traité avec respect et affection. Certains gags paraissent simples mais ils sont racontés avec une telle maîtrise et une telle réussite qu'ils en ressortent hilarants. Il y a dans ces pages un mélange de non-sense et d'humour con, j'aime vraiment.
Je dois avouer que tout n'est pas aussi drôle et je dois dire que vers la fin j'étais moins éclaté de rire.
Quoiqu'il en soit, il s'agit là d'un excellent album d'humour !
Note approximative : 4.25/5
Lou une très bonne série jeunesse, une des meilleures séries du magasine « Tchô ».
« Lou ! » a un point fort, c’est que elle grandi et évolue au fil des tomes. Il parait que « Julien Neel » l’auteur, veut que, a la fin de la série, Lou ait 18 ans
Tome 1 : Le dessin n’est pas encore bien maîtrisé, mais il est mignon, rond, et les couleurs, bien que rose bonbon ou jaune, sont bien choisies : les planches sont très belles à regarder. Les personnages sont attachants, les gags ne sont pas très drôles, mais il y a beaucoup d’émotion. 3.75/5
Tome 2 : Le dessin a évolué (il est plus beau) mais les couleurs sont un peu moins flash, on en apprend plus sur la vie des personnages, l’humour est plus présent, et l’émotion reste. 4.5/5
Tome 3 : Une histoire en 1 tome. L’émotion est très grande, et les nouveaux personnages qui apparaissent sont très bons. 4.25/5
Tome 4 : J’ai lu le début en prépublication dans « Tchô ». Le dessin reste très bon, mais Lou a beaucoup grandi (un peu trop par apport au tome 3) et beaucoup évolué (sa tête est moins mignonne :(), mais le scénario est bien. Vu comment c’est parti, je pense que je mettrais bien 3.25/5.
Ah oui, et puis je trouve marrantes les pages entre la couvertures et la –vraie- bd, qui font comme le journal intime de Lou (bonne trouvaille).
Alors voilà une très bonne série, j’attends les autres tomes avec impatience, mais bizarrement, en lisant le débuts du tome 4, j’ai l’impression que les tomes suivants seront moins bien (j’espère que je me trompe).
11 Décembre 2007, avis après lecture du tome 4 lu en pré-publication dans "Tchô !"
Un très bon tome, où on voit Lou grandir, dans la lignée des autres...
Qui dit collectif, dit grande diversité des styles. Forcément, on accrochera plus à certains récits qu’à d’autres, soit à cause de la narration, du dessin ou des deux.
De grandes figures de la bd se sont associées à ce projet qui a pour objet le transport, "dans tous ses états" serais-je tenté d’ajouter. Si je n’ai pas accroché à tous les récits, force est de constater qu’ils sont pour la plupart orignaux ou font preuve d’une grande inventivité. Certains laissent sur leur faim (Bézian), d’autres font rêver (Corcal), interpellent (Dupuy et Berbérian, Brunschwig et Le Roux) ou sont plus délirants (Omond et Supiot). D’autres encore plaisent tout simplement (Boucq, Ange et Varanda).
Une idée originale, de grands noms . . . bref, une réussite.
J’apprécie les récits de pirates autant que les one shots. Cet album était donc tout indiqué pour me procurer un plaisir certain. Et ce fut le cas.
J’ai beaucoup aimé tant la trame scénaristique que le graphisme et les couleurs. Un peu à l’image d’un Robinson Crusoé, Sean Hawkins erre seul sur un îlot avec pour seul compagnon une noix de coco. Petit à petit, on va découvrir comment il a échoué dans ce coin désert. Le choix narratif est original avec l’utilisation de flash-backs pour rassembler les pièces du puzzle et retracer ainsi le passé d’un homme que la solitude ronge. La vie antérieure de ce pirate abandonné là par ses pairs est peu conventionnelle. Car s’il a été pirate, ce n’est pas par conviction, mais plutôt par nécessité pour mener à bien ses propres desseins. Voici donc dévoilées les bases d’un récit intelligemment amené et bien servi par des dessins de toute beauté.
Bref, une histoire de pirates pas tout à fait comme les autres qui mérite le détour.
La narration de Götting est très particulière.
Un peu comme avec La serviette noire, l’auteur invite le lecteur à être le témoin privilégié des événements. Le lecteur n’est donc pas un simple spectateur. Des personnages d’origines diverses se croisent et leur destinée tourbillonne un peu comme dans une valse. Voici présentée une tranche de vie d’un homme un peu paumé qui va avoir une chance de s’en sortir . . . encore faut il la saisir. Une légère mélancolie imprègne cette histoire qui est ni triste, ni joyeuse. Elle est juste le reflet de la vie de tout un chacun . . .
Bref, un bel album bénéficiant en prime du coup de crayon unique de Götting.
Nombre d’entre-vous vont certainement penser : « mais c’est quoi, cette chose ?.. ».
Et pourtant… pourtant…
Ka-Zar a été crée en… 1952…
Les auteurs ?… Arnold et George Drake. Les premières aventures paraissent cette année-là dans « Timely » (qui, plus tard, deviendra « Marvel »).
Ka-Zar ?… un mélange d’aventure, d’héroïc fantasy ; une sorte de « Conan dans la jungle ».
Le héros ?… Un grand gaillard aux muscles noueux, à la longue chevelure blonde, vêtu d’un pagne et plus armé de son courage que par des armes quelconques.
Un personnage assez simple psychologiquement ; mais une sorte de savant ersatz dessiné de Tarzan, de Conan et de Taar.
Les histoires ?… surtout axées dans des jungles sombres, des villes oubliées, des marécages où règne une vie inconnue ; elles mettent en scène ce héros –d’abord avec son tigre- vraiment sans peur qui sera confronté aux bêtes et hommes les plus malfaisants qui soient.
Une série oubliée, si pas inconnue. Et pourtant !…
Au fur et à mesure des années, Ka-Zar va bénéficier de scénarios élaborés, va être confiés à de grosses pointure du dessin : Stan Lee, Gene Colan, Roy Thomas, John Buscema, Neil Adams… pas mal, hein !?…
En France ?… il fera l’objet d’une dizaine de parutions ; chez LUG (noir et blanc)et Aredit (couleurs).
In fine : ne pas se prendre la tête à la lecture d’histoires qui partent « dans tous les sens » (positivement, d’ailleurs) et –surtout- apprécier le graphisme des divers dessinateurs ayant œuvré sur la série.
Ka-Zar ?… la force brutale de Conan, l’agilité d’un Tarzan, la morphologie d’un Taar réunies… pour le meilleur… et vraiment pas le pire du tout !.
Grimmy ?… un horrible toutou, complètement fou, qui passe le plus clair de son temps dans les poubelles.
La série débute aux USA, distribuée par le Tribune Media Services, à partir du 1er Octobre 1984 : et ce dans plus de 500 journaux dans le monde.
Succès immédiat. Il faut dire que c’est complètement fou ! Cet horrible animal est repoussant de saleté, est un concentré d’asile d’aliénés à lui seul, adore s’en prendre aux malheureux chats qu’il croise… sans oublier d’inviter des copains –aussi « pétés » que lui- à la maison. Cette maison, d’ailleurs, est la propriété de « Maman L’Oie » (Mother Goose en V.O.), laquelle est aussi la maîtresse de la « chose ».
Ce sale cabot va très vite s’accaparer le rôle phare de la série ; tout tournant rapidement autour de lui.
Mais il faut quand même partager. Et c’est ainsi qu’Attila, un chat très laid lui aussi, va partager le territoire de Grimmy.
Grimmy ?… c’est inracontable. Un esprit loufoque égaille les gags millimétrés, si bien construits qu’ils en paraissent simples.
Ca déborde d’humour, le tout sous le trait simple et lisible de Peters.
Une série « hénaurme » à vous dérider les mandibules !
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Blacksad
"Blacksad" du polar à l’état pur... Pour moi, les atouts principaux de cette série sont le dessin et la couleur de Guarnido, du grand art. Il émane de ses illustrations une ambiance Polar Noir encore jamais vu pour moi en BD. Le personnage principal a toutes les caractéristiques du héro tourmenté : c’est un détective privé teigneux, blasé, taciturne… qui cache un grand cœur. Tous les stéréotypes du policier charismatique à la Mike Hammer (série TV). Le fait d’animaliser les humains, apporte encore un plus intéressant ; mais attention, ce n’est pas du Disney, c’est beaucoup plus sombre et glauque. Les mimiques des personnages sont géniales, chaque race d’animaux reflète bien le caractère des protagonistes. Les scènes d’action sont efficaces et le cadrage est toujours aux petits oignons. Côté scénario, Dìaz Canales, va crescendo ; chaque tome (one shot) surpasse le précédent. La première histoire est plus une mise en place du héros Blacksad, et le scénar est assez léger. Sur le second album, l’auteur s’attaque au racisme et au fascisme. Et dans le troisième, au maccartisme et à la guerre froide. Les dialogues sonnent toujours justes et sont parsemés d’humour. Je pense sincèrement que cette série évolue dans le bon sens scénaristiquement, c’est pourquoi, je passe de 4 à 5 étoiles.
Requiem - Chevalier Vampire
"Requiem - Chevalier vampire" le vampirisme trash... Mills nous raconte l’après vie de Heinrich un soldat tué sur le front Russe qui à sa mort se réveille sur Résurrection, une sorte de monde purgatoire obscurantiste à l’ambiance gothique/satanique, où il se retrouve propulsé chevalier vampire répondant au nom de Requiem, dans un conflit cosmique dont il serait la clef. Voilà pour le pitch, à côté de ça l’auteur développe des idées assez géniales pour donner de la profondeur à cet univers. Par exemple : sur Résurrection, le temps tourne à l’envers et les habitants rajeunissent, les sages sont les plus jeunes ; ou encore, le plus tripant, la notion de punition et châtiment qui détermine sa place dans l’échelle du pouvoir et inversement proportionnelle aux crimes commis de son vivant. Bref, tout est inversé, sympas, non ? Le mythe du vampire et revisité et adapté. Le récit est parsemé de petites touches d’humour noir qui font à chaque fois mouche et adoucissent ce monde chaotique et sanglant. Il y a pas mal de rebondissements avec leurs lots de combats, de complots et d’enjeux -disons- politique. L’histoire est très prenante et il me tarde de connaître le dénouement final (Plus que deux tomes à venir si mes sources sont bonnes). Les dessins, tout en couleurs directes de Ledroit sont magnifiques. C’est fin et très riche en détails. La mise en page est enivrante et sans cesse changeante, mais ça coule de source en s’adaptant au besoin de la narration, ce n’est pas de l’esbroufe même si le rendu est diablement beau. L’architecture des bâtiments et des vaisseaux sont monumentales. Les prises de vue et les perspectives vertigineuses. C’est sombre et rougeoyant, l’atmosphère gothique et trash peut effrayer un lectorat peu enclin à cet univers, c’était mon cas, mais en prenant un peu de recul et en évitant de stigmatiser bêtement un style singulier, on devient vite accro et admiratif de ces planches vivantes et esthétiques. Du grand art !
Metal Heart
De toute la production shonen manga, mon coup de cœur, et probablement le seul shonen que j’ai pu apprécier (même si les puristes vous expliqueraient qu’il ne s’agit pas réellement d’un shonen, ce titre étant coréen). Certes, avec Metal Heart, nous sommes a priori dans l’univers très balisé du harem manga, à savoir un idiot entouré de bombes plus sexy les unes que les autres. D’autre part, le titre pourrait être comparé (et a été comparé) à Ai non stop, du spécialiste du genre : Ken Akamatsu. Sur les deux points, cependant, l’on fait erreur. D’une part, Hyun Min Woo n’est pas un idiot, loin de là. S’il est parfois mal à l’aise avec les sentiments (défaut adolescent par excellence, et encore...), et si l’auteur tente désespérément de le présenter comme un fanatique du jeu vidéo, ostracisé et vilipendé comme tel... Il n’empêche qu’il est assez fin (il ne correspond guère à l’idée standard de l’otaku pervers, moche, malpropre, etc.), et que pour la génération élevée dans le culte des jeux vidéos, un type qui y fait des scores canons n’est pas un loser, mais un demi-dieu. Ajoutez à cela que, uniforme scolaire oblige, notre « fanatique des jeux vidéos » est toujours habillé d’un complet veston qui évoque le smoking monégasque, et il devient plus que difficile de voir en lui le loser type. D’autre part, l’aspect « harem » ressort finalement assez peu du titre. Bien sûr, on est dans le shonen, les filles sont jolies (Min Sia est une des plus jolies héroïnes qui m’ait été donné de voir, bien qu’elle soit un peu mièvre), mais il n’y a que trois personnages féminins récurrents autour du héros, dont l’une est sa sœur. Certes, voilà qui fait beaucoup pour un personnage jusqu’alors habitué à faire fuir la gente féminine. Mais comparé aux productions récentes d’Akamatsu, voilà qui semble sage, voire vide... Enfin, Metal Heart développe une galerie de personnages masculins qui n’ont rien de potiches version mâle, bien que parfois stéréotypés à dessein (le capitaine de l’équipe de judo et ses émois sentimentaux sont à mourir de rire, quant à l’ami de Min Woo, il ressemble au prototype du bishonen version shojo). Quant à l’aspect « Ai Non Stop » du titre, il ne se justifie guère. Les registres sont différents et, surtout, le jeu vidéo qui sert d’arrière-plan aux aventures d’Hyun Min Woo n’a rien d’un prétexte, au contraire. C’est une trame qui se tisse habilement entre l’un et l’autre. Une trame qui, par-delà l’aspect fantastique et l’humour, pose les classiques questions du roman d’initiation : qu’est-ce que l’humanité ? Que sont les sentiments ? Qu’est-ce que le destin ? Ne sommes-nous que des pions dans un scénario écrit ailleurs et depuis longtemps ? On pourrait juger qu’il n’y a là rien de bien original, ni de transcendant, et c’est vrai. Mais ce n’est non plus le but de ce titre qui se positionne d’abord sur le divertissement. Divertir n’empêche cependant point l’intelligence, ni la finesse. En un mot : l’humanisme. Voilà la définition qui m’est venu à l’esprit alors que je m’interrogeais pour savoir pourquoi ce titre, apparemment mineur, et formellement très « shonen manga », me plaisait autant. Ainsi que le dit l’auteur, par la bouche de son personnage principal : « Quel est le secret de la réussite ? Il faut aimer ses personnages. » Yoon Jae Ho aime ses personnages, qu’il n’utilise pas comme pure potiches destinées à être humiliées pour le plaisir imbécile du lecteur, ni à le faire baver sur leur seule plastique. Il les aime et les respecte, et les dote, employons les grands mots, d’une « âme », et c’est par cette grâce que son manhwa s’en trouve à son tour doté, lui conférant ainsi cet humanisme qui emporte ma conviction, et fait mon ravissement.
De Gaulle à la plage
Je suis un véritable amateur de J-Y Ferri et ce depuis l'époque Fluide Glacial. La structure en forme de strips d'une demi-page ainsi que le type d'humour m'ont très vite fait penser au Retour à la terre. Je savais donc à quoi m'attendre avec cette BD et j'en étais ravi. Cela me convenait parfaitement. Le dessin est dans le plus pur style de Ferri (au détail près qu'il n'a pas dessiné de poule ou de dinde dans cet album alors qu'il les réussit si bien :((;)). Son trait a cependant gagné en épure et il en ressort encore plus efficace à mes yeux. Je note avec le sourire la colorisation réalisée à l'aide de trames qui m'ont un peu fait penser au Blog de Frantico. L'humour est bon. C'est drôle, souvent vraiment drôle. Le personnage de De Gaulle est à la fois tourné en dérision et traité avec respect et affection. Certains gags paraissent simples mais ils sont racontés avec une telle maîtrise et une telle réussite qu'ils en ressortent hilarants. Il y a dans ces pages un mélange de non-sense et d'humour con, j'aime vraiment. Je dois avouer que tout n'est pas aussi drôle et je dois dire que vers la fin j'étais moins éclaté de rire. Quoiqu'il en soit, il s'agit là d'un excellent album d'humour !
Lou !
Note approximative : 4.25/5 Lou une très bonne série jeunesse, une des meilleures séries du magasine « Tchô ». « Lou ! » a un point fort, c’est que elle grandi et évolue au fil des tomes. Il parait que « Julien Neel » l’auteur, veut que, a la fin de la série, Lou ait 18 ans Tome 1 : Le dessin n’est pas encore bien maîtrisé, mais il est mignon, rond, et les couleurs, bien que rose bonbon ou jaune, sont bien choisies : les planches sont très belles à regarder. Les personnages sont attachants, les gags ne sont pas très drôles, mais il y a beaucoup d’émotion. 3.75/5 Tome 2 : Le dessin a évolué (il est plus beau) mais les couleurs sont un peu moins flash, on en apprend plus sur la vie des personnages, l’humour est plus présent, et l’émotion reste. 4.5/5 Tome 3 : Une histoire en 1 tome. L’émotion est très grande, et les nouveaux personnages qui apparaissent sont très bons. 4.25/5 Tome 4 : J’ai lu le début en prépublication dans « Tchô ». Le dessin reste très bon, mais Lou a beaucoup grandi (un peu trop par apport au tome 3) et beaucoup évolué (sa tête est moins mignonne :(), mais le scénario est bien. Vu comment c’est parti, je pense que je mettrais bien 3.25/5. Ah oui, et puis je trouve marrantes les pages entre la couvertures et la –vraie- bd, qui font comme le journal intime de Lou (bonne trouvaille). Alors voilà une très bonne série, j’attends les autres tomes avec impatience, mais bizarrement, en lisant le débuts du tome 4, j’ai l’impression que les tomes suivants seront moins bien (j’espère que je me trompe). 11 Décembre 2007, avis après lecture du tome 4 lu en pré-publication dans "Tchô !" Un très bon tome, où on voit Lou grandir, dans la lignée des autres...
Transports sentimentaux
Qui dit collectif, dit grande diversité des styles. Forcément, on accrochera plus à certains récits qu’à d’autres, soit à cause de la narration, du dessin ou des deux. De grandes figures de la bd se sont associées à ce projet qui a pour objet le transport, "dans tous ses états" serais-je tenté d’ajouter. Si je n’ai pas accroché à tous les récits, force est de constater qu’ils sont pour la plupart orignaux ou font preuve d’une grande inventivité. Certains laissent sur leur faim (Bézian), d’autres font rêver (Corcal), interpellent (Dupuy et Berbérian, Brunschwig et Le Roux) ou sont plus délirants (Omond et Supiot). D’autres encore plaisent tout simplement (Boucq, Ange et Varanda). Une idée originale, de grands noms . . . bref, une réussite.
L'Oeil du diable
J’apprécie les récits de pirates autant que les one shots. Cet album était donc tout indiqué pour me procurer un plaisir certain. Et ce fut le cas. J’ai beaucoup aimé tant la trame scénaristique que le graphisme et les couleurs. Un peu à l’image d’un Robinson Crusoé, Sean Hawkins erre seul sur un îlot avec pour seul compagnon une noix de coco. Petit à petit, on va découvrir comment il a échoué dans ce coin désert. Le choix narratif est original avec l’utilisation de flash-backs pour rassembler les pièces du puzzle et retracer ainsi le passé d’un homme que la solitude ronge. La vie antérieure de ce pirate abandonné là par ses pairs est peu conventionnelle. Car s’il a été pirate, ce n’est pas par conviction, mais plutôt par nécessité pour mener à bien ses propres desseins. Voici donc dévoilées les bases d’un récit intelligemment amené et bien servi par des dessins de toute beauté. Bref, une histoire de pirates pas tout à fait comme les autres qui mérite le détour.
Crève-Cœur
La narration de Götting est très particulière. Un peu comme avec La serviette noire, l’auteur invite le lecteur à être le témoin privilégié des événements. Le lecteur n’est donc pas un simple spectateur. Des personnages d’origines diverses se croisent et leur destinée tourbillonne un peu comme dans une valse. Voici présentée une tranche de vie d’un homme un peu paumé qui va avoir une chance de s’en sortir . . . encore faut il la saisir. Une légère mélancolie imprègne cette histoire qui est ni triste, ni joyeuse. Elle est juste le reflet de la vie de tout un chacun . . . Bref, un bel album bénéficiant en prime du coup de crayon unique de Götting.
Ka-Zar - L'Intégrale
Nombre d’entre-vous vont certainement penser : « mais c’est quoi, cette chose ?.. ». Et pourtant… pourtant… Ka-Zar a été crée en… 1952… Les auteurs ?… Arnold et George Drake. Les premières aventures paraissent cette année-là dans « Timely » (qui, plus tard, deviendra « Marvel »). Ka-Zar ?… un mélange d’aventure, d’héroïc fantasy ; une sorte de « Conan dans la jungle ». Le héros ?… Un grand gaillard aux muscles noueux, à la longue chevelure blonde, vêtu d’un pagne et plus armé de son courage que par des armes quelconques. Un personnage assez simple psychologiquement ; mais une sorte de savant ersatz dessiné de Tarzan, de Conan et de Taar. Les histoires ?… surtout axées dans des jungles sombres, des villes oubliées, des marécages où règne une vie inconnue ; elles mettent en scène ce héros –d’abord avec son tigre- vraiment sans peur qui sera confronté aux bêtes et hommes les plus malfaisants qui soient. Une série oubliée, si pas inconnue. Et pourtant !… Au fur et à mesure des années, Ka-Zar va bénéficier de scénarios élaborés, va être confiés à de grosses pointure du dessin : Stan Lee, Gene Colan, Roy Thomas, John Buscema, Neil Adams… pas mal, hein !?… En France ?… il fera l’objet d’une dizaine de parutions ; chez LUG (noir et blanc)et Aredit (couleurs). In fine : ne pas se prendre la tête à la lecture d’histoires qui partent « dans tous les sens » (positivement, d’ailleurs) et –surtout- apprécier le graphisme des divers dessinateurs ayant œuvré sur la série. Ka-Zar ?… la force brutale de Conan, l’agilité d’un Tarzan, la morphologie d’un Taar réunies… pour le meilleur… et vraiment pas le pire du tout !.
Grimmy
Grimmy ?… un horrible toutou, complètement fou, qui passe le plus clair de son temps dans les poubelles. La série débute aux USA, distribuée par le Tribune Media Services, à partir du 1er Octobre 1984 : et ce dans plus de 500 journaux dans le monde. Succès immédiat. Il faut dire que c’est complètement fou ! Cet horrible animal est repoussant de saleté, est un concentré d’asile d’aliénés à lui seul, adore s’en prendre aux malheureux chats qu’il croise… sans oublier d’inviter des copains –aussi « pétés » que lui- à la maison. Cette maison, d’ailleurs, est la propriété de « Maman L’Oie » (Mother Goose en V.O.), laquelle est aussi la maîtresse de la « chose ». Ce sale cabot va très vite s’accaparer le rôle phare de la série ; tout tournant rapidement autour de lui. Mais il faut quand même partager. Et c’est ainsi qu’Attila, un chat très laid lui aussi, va partager le territoire de Grimmy. Grimmy ?… c’est inracontable. Un esprit loufoque égaille les gags millimétrés, si bien construits qu’ils en paraissent simples. Ca déborde d’humour, le tout sous le trait simple et lisible de Peters. Une série « hénaurme » à vous dérider les mandibules !