Une des meilleures BD que j'ai lue depuis longtemps : un scénario bien écrit, des dessins un peu à la Blain mais plus tourmentés. Surtout un travail impressionnant sur les couleurs. Les contrastes et les parti pris sont superbes.
L'histoire est simple mais bien construite, pour situer un peu l'action on dirait: meurtres, Angleterre, Jack the ripper, brouillard et mines patibulaires. Donc on a déjà vu plus original mais comme le dessin est merveilleusement beau.... Le prochain tome si l'histoire est plus travaillée devrait sans problème rejoindre les immanquables.
La BD a été une bonne surprise et je la recommande.
Je suis allergique au manga. J’ai essayé d’en lire plusieurs sans parvenir à les finir !
Je n’aime pas les personnages aux grands yeux dont regorgent les mangas. Je déteste aussi les longues séquences de silence suivies de longs passages de combat que j’ai pu découvrir dans les mangas (sans les finir…) et dont mon entourage m'avait pourtant hautement conseillé de les feuilleter ! Je n’aime pas également les séries à rallonge comportant une bonne dizaine de tomes.
Et puis, je suis tombé sur un ami qui possédait « Quartier Lointain »… que je me suis empressé de le lire en souvenir des bonnes critiques de la plupart des bédéphiles. Et puis, lire seulement 2 tomes pour une histoire complète, ce n’était pas la mer à boire !
Et… j’ai adoré ! Il faut dire que le dessin de Taniguchi ne ressemble pas à ce que j’avais lu auparavant, qu’il n’y a pas ces fameux regards immenses… Le dessin est très fin et très détaillé. L’éditeur a eu l’initiative de mettre la pagination de cet album dans le sens de lecture occidentale, bonne idée même si parfois certaines bulles sont involontairement mal disposées. Malgré cela, ma lecture de cet ouvrage fut agréable grâce à des choix de cadrages simples et une mise en page exempte de toute reproche. Bref, la narration est vraiment excellente car très acrrocheuse !
Devant tant de qualités au niveau du graphiqme, je comprends mieux maintenant pourquoi l’auteur vient d’être primé comme meilleur dessinateur au dernier festival d’Angoulême : c’est tout simplement mérité !
Le thème de cette histoire a tout pour qu’on se retrouve devant un scénario déjanté à l’image du film « Retour vers le futur »… détrompez-vous ! Le retour dans le passé de notre héros est fait d’une manière simple. Ce personnage principal va redécouvrir les joies et les plaisirs de vivre pleinement sa jeunesse. Il va aussi essayer de comprendre pourquoi ses proches ont réagi de telles ou telles manières. Le héros va ainsi avoir une vision moins sévère de sa famille.
J’ai énormément apprécié les longs moments de silence, ils sont disposés dans ce livre d’une manière pertinente et contribuent énormément aux grands moments d’émotion que j’ai pu ressentir lors de ma lecture. Seul le dénouement est un peu bizarre et brutal à mon goût.
« Quartier lointain » est –enfin !- le premier manga que j’ai pu finir à lire et que j’ai –surtout- pleinement apprécié ! Cette BD m’est apparue comme une ode à la joie de vivre et aussi au respect mutuel. Le dessin de Taniguchi est, pour moi, une référence au niveau de la clarté. J’ai hâte de lire la série Le sommet des dieux du même auteur !
Je n’ai découvert cette trilogie que récemment et je tiens à confirmer tous les avis positifs qui en sont faits...
L’intérêt de cette œuvre ne repose certainement pas dans les combats intergalactiques façon Star Wars ou dans les batailles entre humains et Extra-Terrestres mais bien dans la réflexion pertinente offerte par Haldeman sur la guerre, de façon générale.
Cette réflexion est loin d’être, à mon avis, de la philosophie à « deux balles », et nous permet de suivre la vie d’un soldat engagé, malgré lui, dans plusieurs conflits et placé au rang de héros, sans qu’il ne puisse lui-même identifier les actes de bravoure dont il aurait fait preuve. Cela me fait un peu penser au nombre incroyable de braves soldats tués dans les différents conflits par des « balles perdues »...
Une des pistes de réflexion proposée est le caractère absurde qui peut émaner des idées génératrices de conflits. Haldeman nous livre sa vision de la guerre, en partie telle qu’il l’a vécue au Viêtnam, en l’adaptant à un conflit interstellaire. L’édition intégrale Aire Libre nous offre des bonus non négligeables.
Le dessin de Marvano est bon, légèrement vieilli, comme les couleurs utilisées. Quelques pages d’adaptation m’ont été nécessaires...
En bonne connaissance de la teneur du récit, je conseille vivement l’achat.
Quel excellent one-shot version « western-spaghetti »!
Si vous aimez le genre western, vous vous devez de posséder cette BD.
Tout est rassemblé pour fournir une histoire dense, palpitante et humoristique : Braquage qui tourne mal, faciès patibulaires, violence dosée, chasse à l’homme, trésor caché,...
Le scénario, sans être extraordinaire, est bien construit et offre quelques bons rebondissements.
Les dessins et couleurs sont très corrects, ils collent bien avec cet aspect « spaghetti » du western.
A vivement conseiller !
Ce que j'ai aimé dans cette BD, c'est l'ambiance d'enquête que l'on a dès le premier tome. Les personnages, vraiment caractéristiques de l'époque et au caractère bien trempé, entretiennent un vrai mystère sur la chute de chaque fin d'album.
Les dessins et les couleurs sont vraiment magnifiques.
J'ai vraiment pris du plaisir à lire cette BD. Vivement le prochain tome.
Je découvre cette série avec le tome 5 "exfiltration Geisha" sorti récemment, et... je me suis procuré les quatre premiers dans la foulée !
C'est excellent ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas accroché comme ça dés la première lecture.
Amateur de science fiction et d'ambiances apocalyptiques, je suis comblé.
C'est tout un univers cohérent (mais Ô combien cauchemardesque) qu'a mis en image Vax, que je ne connaissais pas. Son trait est déjà très maîtrisé pour un nouveau dessinateur et on peut suivre son évolution au fil des tomes. Très dynamique, tout en mouvement, magnifiquement mis en couleur. Bref, un régal.
Les scénarii n'ont rien de compliqués mais sont terriblement efficaces!
Des "one-shot" tout en action, violence, speed bien géré avec rebondissements et surprises à la clé. Bravo Téhy.
Une vraie belle surprise, une héroïne racée.
Je pense que je vais bientôt craquer pour la "série mère".
"Star Wars - Dark Times". L'âge sombre...
Cette série trouve son introduction dans une des histoires du dernier tome de l’excellente collection Star Wars - Clone Wars (T10). Pour être précis, ça se passe juste après Episode III - La revanche des Siths, Anakin est maintenant Dark Vador et l’ordre 66 a anéanti l’ordre Jedi, la République n’est plus, c’est maintenant l’Empire qui impose sa volonté.
Hartley et Harrison dépeignent en parallèle d’un côté les états d’âmes introspectifs du -tout jeune- Vador, déjà résigné au côté obscur et à l’empereur mais conscient de sa trahison envers ce qu’il aspirait être et aux principes qu’il s’était juré de suivre ; et d’un autre côté le Jedi Dass Jennir (personnage déjà vu dans le fameux épisode introductif dont on peut très bien faire abstraction car ça ne gêne pas du tout la compréhension de l’histoire) qui essaie tant bien que mal de se rattraper aux branches pour sauver ce qui peut l’être. Lui aussi est très pensif et se remet souvent en cause face à ses agissements expéditifs assez discutables mais nécessaire.
Tout ça est vraiment bien tourné et bien traité malgré le fait que ce soit pessimiste et triste. Je ne suis pas toujours fan des récits introspectifs qui ont tendance à donner dans les phrases pompeuses et impersonnelles, ici ce n’est pas du tout le cas, ça sonne vraiment juste. Cette série apporte un vrai plus à cette période sombre de la saga où tout semble perdu.
Wheatley, ce n’est pas la première fois qu’il fait du Star Wars, et il maîtrise donc son sujet. Son trait est fin et précis dans un style réaliste tout du moins pour les personnages humains. Ses planches sont claires et détaillées, et le découpage est bien orchestré.
Rien à redire sur de couleurs de Pattison qui éblouissent par leur sobriété, ce qui n’est pas toujours le cas avec les comics de ce genre où les coloristes aiment en faire des tonnes.
"Sanctuaire" claustrophobes s’accrocher...
Dorison nous fait plonger en mer méditerranée avec les militaires du sous marin USS Nebraska dans une histoire très angoissante et captivante. Isolé et seul, après la découverte d’un immense sanctuaire immergé au fin fond de la mer, l’équipage est confronté à des évènements étranges et effroyables qui déciment petit à petit les marins qui semblent être habités par une force obscure.
Cette série au rythme soutenu est très prenante. Elle joue beaucoup sur les non-dits entre hallucinations et fantastique, laissant le lecteur face à sa peur. Au-delà du récit et de l’intrigue, c’est l’atmosphère pesante et terrifiante dans laquelle nous immerge l’auteur qui fait passer cette série de -sympa- à -quasiment culte-. A noter une fin très ouverte qui ne sera pas du goût de tout le monde, mais qui, il faut bien l’admettre, colle foncièrement à ce qui a précédé malgré un épilogue, les trois dernières planches, qui m’a laissé plus que perplexe.
Comme à son habitude, Bec adopte un style de dessin hyper réaliste. Il s’offre un casting hollywoodien, j’ai décelé une petite vingtaine de caricatures de stars de cinéma, qui donne une sorte de passif aux personnages. Le seul bémol, comme pour Zéro Absolu mais à moindre mesure ici, c’est que les visages sont changeants d’une case à l’autre et ils évoluent au fil des trois tomes, et on a tendance à être parfois un peu perdu. Le fond marin et le sanctuaire sont magnifiques, les pleines pages sont vraiment monumentales. Pour s’en faire une petite idée, il n’y a qu’à contempler les couvertures qui en sont la parfaite illustration.
Les couleurs de Reyes jouent pleinement leur rôle en posant graphiquement une ambiance sombre et inquiétante qui colle à la virgule près au récit. Pour ça, il utilise une palette de couleurs très réduite (mais pas fixe), et encore une fois les couvertures en sont une bonne représentation, elles s’appuient toutes énormément sur le noir et s’illuminent ensuite avec une seule tonalité de couleurs : le tome un en vert, le deux en bleu et le trois en marron. A l’intérieur, c’est le même principe en un peu plus élargi.
Pour une surprise, voilà une excellente surprise...
Après Initiation, je ne pensais pas vraiment relire un manga d’Haruko Kashiwagi. Certes, Initiation est fort bien mené, l’histoire prenante, palpitante et angoissante. Mais, angoissante, elle l’était justement un peu trop à mon goût. Je n’avais, de plus, pas vraiment apprécié la fin, et surtout, sa communauté montagnarde ayant conservé les anciens usages me paraissait par trop un prétexte pour y développer une histoire de « sexe libre ». Enfin, le dessin de Kashiwagi, bien que doté d’une forte personnalité, n’est pas du style que je goûte le plus.
Cependant, lorsque le premier tome de Rivage est sorti, c’est bien par la couverture que j’ai été attiré. Ainsi d’ailleurs que par les couvertures suivantes, qui me rappelaient qu’une œuvre peut-être intéressante m’attendait ici. Cependant, je craignais, au vu des résumés disponibles, une histoire virant à l’horreur, avec jeune femme sacrifiée à des dieux vengeurs. Mais, finalement, toujours interpellé par les couvertures, j’ai décidé de franchir le pas. Et ce pas, franchement, je ne l’ai pas une seule seconde regretté.
Car les couvertures ne « mentaient » pas. En effet, centrées sur des visages (en gros plan ou en buste), ces couvertures nous rappellent que c’est l’humain, ses doutes, ses peurs, ses passions, ses angoisses, ses fêlures, ses failles et ses faiblesses, mais aussi ses besoins primaires ou moins primaires, que c’est l’humain donc qui se trouve au cœur de cette histoire. L’humain, d’abord et avant tout.
Une humanité qui ressort magnifiquement de cette histoire, qui mêle habilement enjeux passionnels et personnels, à travers la jeune Torago, qui croit retrouver en la naufragée sa sœur disparue en mer, et ce malgré les évidences, ou Kururi, époux de Torago, tenaillé par le doute. Une humanité que l’on trouve jusque dans la terrible Kuroo, « sage » du village et donc son chef, attachante malgré son dogmatisme, car préoccupée d’une seule question : comment sauver la communauté dont le sort lui incombe ? Et une même humanité, aussi et cependant, chez Manamé, l’énigmatique et sensuelle naufragée, uniquement préoccupée d’elle-même.
Mais ces enjeux personnels, ces conflits, somme toutes banals malgré le fin traitement qui leur est réservé, sont sublimés et avivés par l’enjeu collectif qui les dépasse tous, et exacerbe tensions et passions : le sort de l’île. L’enjeu tout à la fois le plus simple et le plus angoissant auquel puisse être confrontée une communauté : sa propre survie.
Un enjeu qui se résoudra par un dilemme cornélien, qui n’est pas sans rappeler par sa formulation même l’actualité tout aussi brûlante à laquelle est désormais confrontée l’humanité (mais est-ce d’ailleurs une simple coïncidence ?).
En bref, un magnifique manga, aussi bien par son parfum subtil, palpitant et captivant que par le flacon qui le contient. Et, puisque nous nous trouvons tout près des fêtes, un magnifique cadeau à faire (mais pour les grands plus que pour les petits).
« Pilules bleues » est une des bd qui m’a le plus ému jusqu’à ce jour. Ça fait plusieurs années que je possède cet album, mais, comme pour Maus, je n’ai jamais pu trouver les mots pour exprimer tout ce que j’ai pu ressentir en lisant ce one-shot de Frédérik Peeters… c’est ce que je vais tenter de faire ci-dessous.
« Pilules bleues » est une autobiographie de Frédérik Peeters. Il y raconte comment il a rencontré sa future compagne et comment il va partager sa vie avec elle. Seulement voilà, celle-ci et son fils sont atteints d’une maladie grave qui les oblige à vivre d’une manière assez différente des autres ménages et qui assombrit leurs avenirs.
Si l’un des intérêts de cette bd passe par la façon dont ce couple vit avec cette maladie, l’autre intérêt réside surtout dans l’amour qui unit Frédérik et sa compagne, et qui leur permet d’affronter les craintes et tous les ennuis liés à ce mal.
En réalisant « Pilules bleues », Frédérik Peeters a, à mon avis, lancé un formidable cri d’amour pour sa tendre et chère. Un amour qui trouve sa force dans l’attention ainsi que dans la tendresse de Frédérik envers sa compagne et dans la capacité communicative de l’auteur à croire à un avenir meilleur.
Certes, cela n’a pas été facile à l’auteur de vivre cette problématique, en témoignent les nombreuses interrogations et passages difficiles dans sa vie de couple, qu'il n’hésite pas à nous faire partager dans son album. Ces séquences me sont apparues franchement très émouvantes mais (heureusement) pas au point de nous arracher des larmes car Frédérik Peeters ne va jamais chercher à rendre son récit mélodramatique. D’ailleurs, « Pilules bleues » comporte aussi de nombreux passages humoristiques (avec le docteur notamment) qui m’ont apporté un peu de fraîcheur à la lecture. A mon avis, à travers son témoignage et ses interrogations, l’auteur va plutôt essayer d’inviter le lecteur à débattre sur ses dires… et c’est plutôt réussi !
« Pilules bleues » est aussi l’album qui a révélé Frédérik Peeters, un auteur suisse dont les nombreux lecteurs et critiques ont salué la capacité à narrer son récit d’une manière exceptionnelle ! J’ai été littéralement capté par sa biographie, aidé aussi par le dessin de Frédérik Peeters dont j’ai énormément apprécié le trait épais (réalisé au pentel me semble-t'il). Lors de sa sortie, « Pilules bleues » a d’ailleurs été sélectionnée au festival d’Angoulême dans la catégorie « meilleur premier album ».
Pour moi, « Pilules bleues » fait partie des incontournables de la bd franco-belge. C’est un album qui par son thème m’a ému, secoué et interrogé. C’est aussi une bd qui m’est apparue comme un des plus grands témoignages d’amour d’un auteur envers sa compagne. A lire absolument !
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Le Testament du Docteur Weiss (Georg Weiss)
Une des meilleures BD que j'ai lue depuis longtemps : un scénario bien écrit, des dessins un peu à la Blain mais plus tourmentés. Surtout un travail impressionnant sur les couleurs. Les contrastes et les parti pris sont superbes. L'histoire est simple mais bien construite, pour situer un peu l'action on dirait: meurtres, Angleterre, Jack the ripper, brouillard et mines patibulaires. Donc on a déjà vu plus original mais comme le dessin est merveilleusement beau.... Le prochain tome si l'histoire est plus travaillée devrait sans problème rejoindre les immanquables. La BD a été une bonne surprise et je la recommande.
Quartier lointain
Je suis allergique au manga. J’ai essayé d’en lire plusieurs sans parvenir à les finir ! Je n’aime pas les personnages aux grands yeux dont regorgent les mangas. Je déteste aussi les longues séquences de silence suivies de longs passages de combat que j’ai pu découvrir dans les mangas (sans les finir…) et dont mon entourage m'avait pourtant hautement conseillé de les feuilleter ! Je n’aime pas également les séries à rallonge comportant une bonne dizaine de tomes. Et puis, je suis tombé sur un ami qui possédait « Quartier Lointain »… que je me suis empressé de le lire en souvenir des bonnes critiques de la plupart des bédéphiles. Et puis, lire seulement 2 tomes pour une histoire complète, ce n’était pas la mer à boire ! Et… j’ai adoré ! Il faut dire que le dessin de Taniguchi ne ressemble pas à ce que j’avais lu auparavant, qu’il n’y a pas ces fameux regards immenses… Le dessin est très fin et très détaillé. L’éditeur a eu l’initiative de mettre la pagination de cet album dans le sens de lecture occidentale, bonne idée même si parfois certaines bulles sont involontairement mal disposées. Malgré cela, ma lecture de cet ouvrage fut agréable grâce à des choix de cadrages simples et une mise en page exempte de toute reproche. Bref, la narration est vraiment excellente car très acrrocheuse ! Devant tant de qualités au niveau du graphiqme, je comprends mieux maintenant pourquoi l’auteur vient d’être primé comme meilleur dessinateur au dernier festival d’Angoulême : c’est tout simplement mérité ! Le thème de cette histoire a tout pour qu’on se retrouve devant un scénario déjanté à l’image du film « Retour vers le futur »… détrompez-vous ! Le retour dans le passé de notre héros est fait d’une manière simple. Ce personnage principal va redécouvrir les joies et les plaisirs de vivre pleinement sa jeunesse. Il va aussi essayer de comprendre pourquoi ses proches ont réagi de telles ou telles manières. Le héros va ainsi avoir une vision moins sévère de sa famille. J’ai énormément apprécié les longs moments de silence, ils sont disposés dans ce livre d’une manière pertinente et contribuent énormément aux grands moments d’émotion que j’ai pu ressentir lors de ma lecture. Seul le dénouement est un peu bizarre et brutal à mon goût. « Quartier lointain » est –enfin !- le premier manga que j’ai pu finir à lire et que j’ai –surtout- pleinement apprécié ! Cette BD m’est apparue comme une ode à la joie de vivre et aussi au respect mutuel. Le dessin de Taniguchi est, pour moi, une référence au niveau de la clarté. J’ai hâte de lire la série Le sommet des dieux du même auteur !
La Guerre Eternelle
Je n’ai découvert cette trilogie que récemment et je tiens à confirmer tous les avis positifs qui en sont faits... L’intérêt de cette œuvre ne repose certainement pas dans les combats intergalactiques façon Star Wars ou dans les batailles entre humains et Extra-Terrestres mais bien dans la réflexion pertinente offerte par Haldeman sur la guerre, de façon générale. Cette réflexion est loin d’être, à mon avis, de la philosophie à « deux balles », et nous permet de suivre la vie d’un soldat engagé, malgré lui, dans plusieurs conflits et placé au rang de héros, sans qu’il ne puisse lui-même identifier les actes de bravoure dont il aurait fait preuve. Cela me fait un peu penser au nombre incroyable de braves soldats tués dans les différents conflits par des « balles perdues »... Une des pistes de réflexion proposée est le caractère absurde qui peut émaner des idées génératrices de conflits. Haldeman nous livre sa vision de la guerre, en partie telle qu’il l’a vécue au Viêtnam, en l’adaptant à un conflit interstellaire. L’édition intégrale Aire Libre nous offre des bonus non négligeables. Le dessin de Marvano est bon, légèrement vieilli, comme les couleurs utilisées. Quelques pages d’adaptation m’ont été nécessaires... En bonne connaissance de la teneur du récit, je conseille vivement l’achat.
Trio Grande - Adios Palomita
Quel excellent one-shot version « western-spaghetti »! Si vous aimez le genre western, vous vous devez de posséder cette BD. Tout est rassemblé pour fournir une histoire dense, palpitante et humoristique : Braquage qui tourne mal, faciès patibulaires, violence dosée, chasse à l’homme, trésor caché,... Le scénario, sans être extraordinaire, est bien construit et offre quelques bons rebondissements. Les dessins et couleurs sont très corrects, ils collent bien avec cet aspect « spaghetti » du western. A vivement conseiller !
Tramp
Ce que j'ai aimé dans cette BD, c'est l'ambiance d'enquête que l'on a dès le premier tome. Les personnages, vraiment caractéristiques de l'époque et au caractère bien trempé, entretiennent un vrai mystère sur la chute de chaque fin d'album. Les dessins et les couleurs sont vraiment magnifiques. J'ai vraiment pris du plaisir à lire cette BD. Vivement le prochain tome.
Yiu - Premières missions
Je découvre cette série avec le tome 5 "exfiltration Geisha" sorti récemment, et... je me suis procuré les quatre premiers dans la foulée ! C'est excellent ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas accroché comme ça dés la première lecture. Amateur de science fiction et d'ambiances apocalyptiques, je suis comblé. C'est tout un univers cohérent (mais Ô combien cauchemardesque) qu'a mis en image Vax, que je ne connaissais pas. Son trait est déjà très maîtrisé pour un nouveau dessinateur et on peut suivre son évolution au fil des tomes. Très dynamique, tout en mouvement, magnifiquement mis en couleur. Bref, un régal. Les scénarii n'ont rien de compliqués mais sont terriblement efficaces! Des "one-shot" tout en action, violence, speed bien géré avec rebondissements et surprises à la clé. Bravo Téhy. Une vraie belle surprise, une héroïne racée. Je pense que je vais bientôt craquer pour la "série mère".
Star Wars - Dark Times
"Star Wars - Dark Times". L'âge sombre... Cette série trouve son introduction dans une des histoires du dernier tome de l’excellente collection Star Wars - Clone Wars (T10). Pour être précis, ça se passe juste après Episode III - La revanche des Siths, Anakin est maintenant Dark Vador et l’ordre 66 a anéanti l’ordre Jedi, la République n’est plus, c’est maintenant l’Empire qui impose sa volonté. Hartley et Harrison dépeignent en parallèle d’un côté les états d’âmes introspectifs du -tout jeune- Vador, déjà résigné au côté obscur et à l’empereur mais conscient de sa trahison envers ce qu’il aspirait être et aux principes qu’il s’était juré de suivre ; et d’un autre côté le Jedi Dass Jennir (personnage déjà vu dans le fameux épisode introductif dont on peut très bien faire abstraction car ça ne gêne pas du tout la compréhension de l’histoire) qui essaie tant bien que mal de se rattraper aux branches pour sauver ce qui peut l’être. Lui aussi est très pensif et se remet souvent en cause face à ses agissements expéditifs assez discutables mais nécessaire. Tout ça est vraiment bien tourné et bien traité malgré le fait que ce soit pessimiste et triste. Je ne suis pas toujours fan des récits introspectifs qui ont tendance à donner dans les phrases pompeuses et impersonnelles, ici ce n’est pas du tout le cas, ça sonne vraiment juste. Cette série apporte un vrai plus à cette période sombre de la saga où tout semble perdu. Wheatley, ce n’est pas la première fois qu’il fait du Star Wars, et il maîtrise donc son sujet. Son trait est fin et précis dans un style réaliste tout du moins pour les personnages humains. Ses planches sont claires et détaillées, et le découpage est bien orchestré. Rien à redire sur de couleurs de Pattison qui éblouissent par leur sobriété, ce qui n’est pas toujours le cas avec les comics de ce genre où les coloristes aiment en faire des tonnes.
Sanctuaire
"Sanctuaire" claustrophobes s’accrocher... Dorison nous fait plonger en mer méditerranée avec les militaires du sous marin USS Nebraska dans une histoire très angoissante et captivante. Isolé et seul, après la découverte d’un immense sanctuaire immergé au fin fond de la mer, l’équipage est confronté à des évènements étranges et effroyables qui déciment petit à petit les marins qui semblent être habités par une force obscure. Cette série au rythme soutenu est très prenante. Elle joue beaucoup sur les non-dits entre hallucinations et fantastique, laissant le lecteur face à sa peur. Au-delà du récit et de l’intrigue, c’est l’atmosphère pesante et terrifiante dans laquelle nous immerge l’auteur qui fait passer cette série de -sympa- à -quasiment culte-. A noter une fin très ouverte qui ne sera pas du goût de tout le monde, mais qui, il faut bien l’admettre, colle foncièrement à ce qui a précédé malgré un épilogue, les trois dernières planches, qui m’a laissé plus que perplexe. Comme à son habitude, Bec adopte un style de dessin hyper réaliste. Il s’offre un casting hollywoodien, j’ai décelé une petite vingtaine de caricatures de stars de cinéma, qui donne une sorte de passif aux personnages. Le seul bémol, comme pour Zéro Absolu mais à moindre mesure ici, c’est que les visages sont changeants d’une case à l’autre et ils évoluent au fil des trois tomes, et on a tendance à être parfois un peu perdu. Le fond marin et le sanctuaire sont magnifiques, les pleines pages sont vraiment monumentales. Pour s’en faire une petite idée, il n’y a qu’à contempler les couvertures qui en sont la parfaite illustration. Les couleurs de Reyes jouent pleinement leur rôle en posant graphiquement une ambiance sombre et inquiétante qui colle à la virgule près au récit. Pour ça, il utilise une palette de couleurs très réduite (mais pas fixe), et encore une fois les couvertures en sont une bonne représentation, elles s’appuient toutes énormément sur le noir et s’illuminent ensuite avec une seule tonalité de couleurs : le tome un en vert, le deux en bleu et le trois en marron. A l’intérieur, c’est le même principe en un peu plus élargi.
Rivage
Pour une surprise, voilà une excellente surprise... Après Initiation, je ne pensais pas vraiment relire un manga d’Haruko Kashiwagi. Certes, Initiation est fort bien mené, l’histoire prenante, palpitante et angoissante. Mais, angoissante, elle l’était justement un peu trop à mon goût. Je n’avais, de plus, pas vraiment apprécié la fin, et surtout, sa communauté montagnarde ayant conservé les anciens usages me paraissait par trop un prétexte pour y développer une histoire de « sexe libre ». Enfin, le dessin de Kashiwagi, bien que doté d’une forte personnalité, n’est pas du style que je goûte le plus. Cependant, lorsque le premier tome de Rivage est sorti, c’est bien par la couverture que j’ai été attiré. Ainsi d’ailleurs que par les couvertures suivantes, qui me rappelaient qu’une œuvre peut-être intéressante m’attendait ici. Cependant, je craignais, au vu des résumés disponibles, une histoire virant à l’horreur, avec jeune femme sacrifiée à des dieux vengeurs. Mais, finalement, toujours interpellé par les couvertures, j’ai décidé de franchir le pas. Et ce pas, franchement, je ne l’ai pas une seule seconde regretté. Car les couvertures ne « mentaient » pas. En effet, centrées sur des visages (en gros plan ou en buste), ces couvertures nous rappellent que c’est l’humain, ses doutes, ses peurs, ses passions, ses angoisses, ses fêlures, ses failles et ses faiblesses, mais aussi ses besoins primaires ou moins primaires, que c’est l’humain donc qui se trouve au cœur de cette histoire. L’humain, d’abord et avant tout. Une humanité qui ressort magnifiquement de cette histoire, qui mêle habilement enjeux passionnels et personnels, à travers la jeune Torago, qui croit retrouver en la naufragée sa sœur disparue en mer, et ce malgré les évidences, ou Kururi, époux de Torago, tenaillé par le doute. Une humanité que l’on trouve jusque dans la terrible Kuroo, « sage » du village et donc son chef, attachante malgré son dogmatisme, car préoccupée d’une seule question : comment sauver la communauté dont le sort lui incombe ? Et une même humanité, aussi et cependant, chez Manamé, l’énigmatique et sensuelle naufragée, uniquement préoccupée d’elle-même. Mais ces enjeux personnels, ces conflits, somme toutes banals malgré le fin traitement qui leur est réservé, sont sublimés et avivés par l’enjeu collectif qui les dépasse tous, et exacerbe tensions et passions : le sort de l’île. L’enjeu tout à la fois le plus simple et le plus angoissant auquel puisse être confrontée une communauté : sa propre survie. Un enjeu qui se résoudra par un dilemme cornélien, qui n’est pas sans rappeler par sa formulation même l’actualité tout aussi brûlante à laquelle est désormais confrontée l’humanité (mais est-ce d’ailleurs une simple coïncidence ?). En bref, un magnifique manga, aussi bien par son parfum subtil, palpitant et captivant que par le flacon qui le contient. Et, puisque nous nous trouvons tout près des fêtes, un magnifique cadeau à faire (mais pour les grands plus que pour les petits).
Pilules bleues
« Pilules bleues » est une des bd qui m’a le plus ému jusqu’à ce jour. Ça fait plusieurs années que je possède cet album, mais, comme pour Maus, je n’ai jamais pu trouver les mots pour exprimer tout ce que j’ai pu ressentir en lisant ce one-shot de Frédérik Peeters… c’est ce que je vais tenter de faire ci-dessous. « Pilules bleues » est une autobiographie de Frédérik Peeters. Il y raconte comment il a rencontré sa future compagne et comment il va partager sa vie avec elle. Seulement voilà, celle-ci et son fils sont atteints d’une maladie grave qui les oblige à vivre d’une manière assez différente des autres ménages et qui assombrit leurs avenirs. Si l’un des intérêts de cette bd passe par la façon dont ce couple vit avec cette maladie, l’autre intérêt réside surtout dans l’amour qui unit Frédérik et sa compagne, et qui leur permet d’affronter les craintes et tous les ennuis liés à ce mal. En réalisant « Pilules bleues », Frédérik Peeters a, à mon avis, lancé un formidable cri d’amour pour sa tendre et chère. Un amour qui trouve sa force dans l’attention ainsi que dans la tendresse de Frédérik envers sa compagne et dans la capacité communicative de l’auteur à croire à un avenir meilleur. Certes, cela n’a pas été facile à l’auteur de vivre cette problématique, en témoignent les nombreuses interrogations et passages difficiles dans sa vie de couple, qu'il n’hésite pas à nous faire partager dans son album. Ces séquences me sont apparues franchement très émouvantes mais (heureusement) pas au point de nous arracher des larmes car Frédérik Peeters ne va jamais chercher à rendre son récit mélodramatique. D’ailleurs, « Pilules bleues » comporte aussi de nombreux passages humoristiques (avec le docteur notamment) qui m’ont apporté un peu de fraîcheur à la lecture. A mon avis, à travers son témoignage et ses interrogations, l’auteur va plutôt essayer d’inviter le lecteur à débattre sur ses dires… et c’est plutôt réussi ! « Pilules bleues » est aussi l’album qui a révélé Frédérik Peeters, un auteur suisse dont les nombreux lecteurs et critiques ont salué la capacité à narrer son récit d’une manière exceptionnelle ! J’ai été littéralement capté par sa biographie, aidé aussi par le dessin de Frédérik Peeters dont j’ai énormément apprécié le trait épais (réalisé au pentel me semble-t'il). Lors de sa sortie, « Pilules bleues » a d’ailleurs été sélectionnée au festival d’Angoulême dans la catégorie « meilleur premier album ». Pour moi, « Pilules bleues » fait partie des incontournables de la bd franco-belge. C’est un album qui par son thème m’a ému, secoué et interrogé. C’est aussi une bd qui m’est apparue comme un des plus grands témoignages d’amour d’un auteur envers sa compagne. A lire absolument !