Quand on est un féru de fantastique et d'horreur comme moi, on est toujours un peu frileux de se lancer dans des séries historiques et très terre à terre. Sauf que voilà, le papa noël m'a apporté les deux intégrales regroupant les huit tomes et que, à la vue des dessins sublimes et de l'histoire tout de même palpitante sur la vie de Néron je me suis lancé à corps perdu dans ce récit. Et là, j'ai vraiment été bluffé, autant pas la qualité visuelle que narrative, par l'importance des personnages secondaires et surtout par un dynamisme constant qui rend le récit nullement ennuyeux. Attaquons un peu plus en profondeur cette magnifique série.
On va commencer par le scénario, qui présente la vie de l'empereur Néron, avec un premier cycle montrant son ascension jusqu'à son arrivée sur le trône, puis un deuxième cycle montrant son déclin et l'incendie de Rome. Alors pourquoi ce titre Murena ? Et bien parce que l'on va aussi s'intéresser à la vie de Lucius Murena, héros abîmé par le temps et les épreuves et dont l'ascension de son ami Néron va lui couter très cher. Evidemment, dit comme cela, on se demande comment le récit puisse être palpitant, à tel point que je lui mets un note maximale. Et bien parce que dans Murena, tous les personnages, même secondaires sont d'une grande importance et que les révélations, les manipulations, les mises à mort, les révoltes, tout cela est très rythmé, et on va de rebondissements en rebondissements. L'évolution des héros est elle aussi aux petits oignons. En effet, on peut voir Néron approcher la folie, Murena devenir un héros empli de haine, Massam devenir un monstre encore plus sanguinaire, Balba l'esclave en justicier libre. Bref, tous les personnages sont travaillés. Mais encore, si ce n'était que cela. L'histoire est très riche, les coups bas pleuvent, les langues de vipère se multiplient, les vengeances sont légion, en aucun cas on ne sent un relâchement ou un moment d'ennui dans ce récit historique. Et quand on y pense, à l'école, c'est chiant l'histoire, mais vu de ce point, cela devient vite palpitant.
Il faut dire aussi qu'il y a tout dans cette série. Du sang, certes, avec des combats de gladiateurs, des meurtres sanguinaires, mais aussi du sexe, de l'amour et aucune concession ne nous sera faite. Les personnages attachants et sympathiques pourront très bien mourir alors que les salauds seront toujours vivants. On notera aussi la décadence de la grande Rome au travers d'histoires de prostitutions, de jeunes filles volées ou encore de vestales violées, côtoyant étroitement des ruelles vétustes et des personnages saouls décuvant leur vin sur le bord des trottoirs.
Evidemment, tout cela ne serait rien sans le travail remarquable et remarqué de monsieur Delaby, qui offre des personnages étonnants de réalité et de charisme. Néron est tout simplement parfait, Lucius Murena est excellent au début et sa "mutation", tant mentale que physique est une réelle réussite graphique. Tous les personnages ont leur propre caractéristique et leur réalisme est vraiment une très belle chose. Mais le dessinateur ne s'arrête pas là. Il dépeint aussi une Rome grandiloquente, magnifique et si fragile, avec des plans donnant le vertige et des décors somptueux. Mais il est aussi très malin, dessinant plutôt des scènes de personnages et des drames dans Rome lors du grand incendie plutôt que de se risquer au grand format de la ville, loupant ainsi le coche du drame, et il faut dire que cela fonctionne à merveille. Les couleurs sont utilisées à bon escient pour donner un aspect encore plus réaliste à Rome et aux personnages.
Au final, Murena est une série fort recommandable, où l'histoire ne devient pas ennuyeuse et poussiéreuse, bien au contraire, les intrigues fusent, les complots se dessinent, les aventures se multiplient et les changements de mentalité s'opèrent. Une vraie réussite tant scénaristique que graphique, Murena vaut plus qu'un coup d’œil et fait partie de ces séries qui restent longtemps dans l'esprit et dans le cœur.
Je conseille plus que fortement !
Ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha
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ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!!
Cela résume bien l'état d'esprit dans lequel j'étais à la lecture de l'album. (Oui, comme vous allez le voir, mon avis est assez proche de celui de Cassidy).
Paf & Hencule, le chien et le chat, parodie de Pif et Hercule est un monument d'humour trash et noir. Attention, ça ne va certainement pas plaire à tout le monde.
Si blaguer sur les maladies incurables, le racisme, les pratiques sexuelles improbables, le nazisme, ne vous choque pas, alors je peux vous conseillez cette lecture. Encore faudrait-il que l'humour débilo-pipi-caca vous plaise aussi. En effet, cet album est un melting pot de gags touchant autant à l'absurde qu'au style plus tarte-à-la-crème, mais avec des strips limite dérangeants parfois (l'album a été censuré -ceci étant dit, je ne comprends pas pourquoi les gags censurés, que j'ai pu lire et qui touchent au racisme, l'ont été plus que d'autres de l'album, dans la même veine ?-), avec un humour soit fin, soit extrêmement gras et lourd.
Attention, je ne dis pas que tous les strips font mouche, mais une grande majorité en tout cas.
Goupil Acnéique a un dessin assez underground que je trouve bien réalisé ; ses personnages filiformes ont tous de bonnes têtes de cons. Il n'y a pas beaucoup de décors, mais le format du strip ne s'y prête pas bien non plus. Donc voilà moi la partie graphique de l'album me plaît bien.
Après, l'album est parsemé de tout pleins de petits bonus (certains appelleront ça du remplissage), comme les "bonus femme à poil", la note de l'éditeur, Satin et Miloutre au Congo, les gags en une page où le mot de Victor Hugo, tous étant pas aussi drôle que les strips (à part les deux derniers cités) et font donc un peu baisser l'intérêt porté à l'album quelque fois, et m'empêche donc de mettre la note maximale (ça et aussi le fait que les strips se passant à l'hôpital, sont peut-être un peu nombreux et moins variés dans leurs situations que les 10 dernières pages, ils sont donc moins percutants sur la longueur), mais dans l'ensemble, "Paf & Hencule" est un album très drôle (bien que réservé à un public averti), très loin de tout ce que l'on peut lire aujourd'hui comme BD d'humour. Note : 4.5/5
(A noter : une préface dessinée de Bastien Vivès).
Rares sont les ouvrages qui ont une telle portée. Rares sont les ouvrages qui me laissent dans un tel état de flottement. Rares sont les ouvrages comme celui-ci, tout simplement.
Cet album à mon sens est bien plus qu’une simple bande-dessinée. Qu’on l’aime, qu’elle nous gène, je suis sûr qu’elle ne pourra pas laisser indifférent.
Pour ma part, j’ai peur de me lancer dans une critique où je ne serais pas à la hauteur de l’auteur, où mes écrits ne sauront pas rendre ma pensée, mes sentiments, mes émotions, où mes écrits ne sauront pas rendre hommage aux sentiments, émotions, aux pensées qui peuplent ces pages. Non, je ne radote pas.
Car il y a bien le contenu de l’œuvre avec ce que l’auteur dépeint et le résultat avec ce que cela déclenche chez moi.
"Habibi" c’est 672 pages de bonheur. Environ 14 albums classiques…j’ai mis pratiquement 6 heures pour en venir à bout.
Alors, oui certainement qu’il faut être motivé pour se lancer dans ce pavé au format spécial, presque aussi épais que large ! Rarement le qualificatif de pavé aura si bien convenu à une bande dessinée…
Malgré cette taille imposante l’album reste parfaitement abordable, d’un aspect tarifaire, au vu du travail fournit.
6 ans pour réaliser cette œuvre ! 6 années pendant lesquelles Craig Thomson s’est consacré à fignoler, bichonner son œuvre.
Et je me lancerai en premier dans le dessin. Magnifique, fluide, inventif. D’une précision et d’une finesse ahurissante. D’une richesse imposante. Le dessin se mêle au texte et chaque lettre peut devenir un dessin à part entière. Il faut dire que la calligraphie des lettres de l’alphabet arabe se prête parfaitement au jeu. Craig Thomson d’ailleurs nous initiera à cet art qui consiste à lier, imbriquer, disposer les lettres entre elles de telle sorte que le final soit aussi créatif et représentatif qu’un véritable et pur dessin.
Il va dès lors, sans dire que la mise en page, les cadrages, la composition de chaque page mérite que l’on s’arrête afin profiter et d‘admirer le travail réalisé.
Tout dans cet album touche à la perfection. La recherche dans les vêtements, dans les décors qu’il s’agisse des paysages, des villes ou d’un simple bâtiment.
Cet album est une véritable comète dans le ciel de la BD. Rare, magnifique, unique.
S’appuyant sur une qualité graphique incontestable, le scénario qui nous est offert est lui aussi un modèle du genre.
Les 672 pages ne demandent qu’à être lues. Une fois plongé dans cette histoire, j’avais bien du mal à voir passer le temps. Heureusement que certaines obligations personnelles m’obligeaient à mettre une alarme en marche afin de me tirer de ma contemplation.
Cette histoire mêle plusieurs sujets de manière extrêmement intelligente, passant de l’un à l’autre de manière toujours logique, toujours fluide, ne nous laissant pas le temps de nous lasser, pour mieux y revenir quelques pages ou chapitre plus loin afin de compléter ou clore un pan de l’histoire.
Car l’histoire n’est pas linéaire non plus, ce qui permet à l’auteur de toujours nous surprendre en expliquant par exemple d’un flashBack inattendu certaines scènes ou réaction de ses personnages.
Ces principaux personnages Dodola et Zam sont d’ailleurs tous les deux extrêmement attachants.
Forcément, en 672 pages l’auteur a largement le temps de développer leur psychologie et de nous conter leur histoire. La psychologie très juste de tous les personnages, principaux comme secondaires voire même tertiaire nous permet de mieux s’immerger dans l’histoire, de mieux la comprendre, de mieux nous l’approprier.
L’histoire, sorte de conte des 1001 nuits moderne est souvent bien étrange par les sauts et les côtoiements existants. Nous passons parfois assez abruptement d’une époque très médiévale à des villes ultra modernes. Il est difficile de parler de tout ce que ce livre comporte tellement il est riche. Craig Thomson aborde trop de sujets pour que l’on puisse parler de tous.
Je parlerai juste d’une poésie constante, d’une mélancolie planante, d’une beauté flagrante.
Malgré tout, 3 thèmes ressortent prioritairement de cet album. L’écologie et le développement incontrôlé des villes modernes, l’amour et le sexe, sans oublier que Craig Thomson s’est initialement jeté dans cette œuvre afin de mieux comprendre l’Islam.
Forcément, afin de rendre une copie logique, l’auteur a fortement lié chacun de ses trois thèmes dans la construction de son histoire. Pourtant au contraire d’autres lecteurs qui y ont vu des causes et effets, qui ont relié les déboires amoureux des héros et la religion, je n’ai pas personnellement ressenti ce lien ou ces accusations.
J’ai personnellement vraiment dissocié chacun de ces thèmes à la lecture. De plus, connaissant plutôt pas mal l’islam, je ne pouvais établir de rapport. L’islam est amour et n’interdit surtout pas le sexe. Il faut juste que l’homme et la femme soit mariés. Dans notre civilisation « moderne », il est certain qu’un tel postulat peut paraitre préhistorique tant on a l’habitude maintenant de voir des jeunes coucher le premier soir et avorter le second soir, que le divorce est devenu plus courant que le mariage et qu’avoir une maitresse est presque une obligation pour ne pas paraitre has-been…(ce terme est lui aussi surement has-been...)
Une fois encore la méconnaissance d’une chose amènera surement une mécompréhension et souvent son rejet. Et c’est peut-être la seule chose que je pourrais reprocher à cet album. C’est de ne pas assez démêler les sujets abordés.
Du coup, l’auteur qui voulait découvrir l’islam fausse légèrement le jeu. Car son implication et son explication n’est finalement peut-être pas assez engagée.
J’avoue qu’aujourd’hui, pondre un album de BD sur la religion est extrêmement courageux.
L’auteur a donc décidé de mettre en parallèle l’histoire de Dodola et celle des textes sacrés. Les choix et les évènements rythmant la vie de Dodola sont ainsi souvent l’occasion d’un parallèle avec un élément religieux, avec la présentation d’un prophète (Noé, Moïse, Mohamed…)
Si la majorité des textes sont extraits du Coran, Craig Thomson a semble-t-il porté un grand soin afin de montrer que chacun de ces récits ne se trouvent pas que dans le Coran et que finalement à bien y prendre garde, Le Judaïsme, Le Christianisme et l’Islam ont la même histoire, les mêmes prophètes. Pour l’Islam, puisqu’il s’agit principalement de cette religion dans cet ouvrage, seul Mohamed arrivé après Jésus diffère des autres religions.
A la lecture de cet album, on sent fortement que Craig Thomson s’est longtemps renseigné malgré tout sur l’Islam. Tout ce que j’ai pu vérifier, par connaissance ou grâce à internet est vrai. Basés sur la genèse, sur les évangiles, sur l’ancien testament, le Coran ou des hadiths (textes rapportés des dires du prophète Mohamed) tout est vérifiable.
L’œuvre prête à une longue réflexion pour qui veut bien s’y attarder. L’auteur une fois encore sans donner son avis personnel nous livre des faits qui ne sont surement pas fortuits. Je suis persuadé que l’on pourrait pondre une thèse rien qu’à étudier tous les messages que l’auteur a sciemment ou non parsemé son ouvrage.
Ainsi par exemple avec l’affaire d’Abraham qui fut aussi appelé à sacrifier son fils, on comprend (enfin..je comprends) que la différence entre Chrétien et Musulman ne tient à rien, juste à savoir quel fils ne fut finalement pas égorgé mais remplacé par un bélier. Les causes et conséquences sont les mêmes, mais quand on cherche des poux à son voisin, tout est bon pour lui taper dessus.
Sans comparer, sans critiquer, sans juger, l’auteur nous livre ainsi souvent plusieurs vision d’une même chose et à nous alors de faire notre propre opinion.
Enfin, pour parler rapidement de l’aspect au sexe développé dans "Habibi" et que certains n’ont pas aimé car le reliant à la religion, une fois encore, j’y vois plus une sorte de Roméo et Juliette à l’amour trop fort et apparemment impossible de deux êtres qui, séparés, feront tout pour rester fidèles l’un à l’autre. Plus que de culpabilité, plus que de soumission, il s’agit ici de fidélité, d’amour vrai, de respect.
Et s’il s’agit réellement de la vision de l’auteur, j’espère que vous lirez cet album avec votre vision des choses et que la somme de joyaux livrés dans ces 672 écrins vous permettra de passer outre cette vision, à mon sens, erronée.
Un livre sublime, possédant de multiples niveaux de lecture comme seules les grandes œuvres savent le proposer avec une grande, très grande sensibilité et chose que je n’ai pas encore mentionnée, un humour très fin presque discret mais utilisé à très bon escient pour dédramatiser les passages les plus durs ou les plus durs à aborder scénaristiquement.
J’ai fini mon avis après plus d’une semaine de tergiversation interne. Et bien que non 100% satisfait, je ne vois pas comment aujourd’hui je pourrais faire mieux. Ce qui confirme, décidément, que cet ouvrage est vraiment spécial !
Un chef d'oeuvre absolu !
Bd d'un humanisme rare et aux talents graphiques inespérés.
Que ceux qui recherchent de l'action et autres lectures faciles de gare passent leur chemin, ils ne pourront comprendre l'échine de ce joyau. Un tout grand moment d'abord de lecture graphique hors norme et ensuite au scénario magnifiquement humaniste comme quasi aucun dans tout l'univers de la BD l
Petit retour en arrière, Noël 1996 : ma mère s’adjoint les services d’un de mes amis pour m’offrir un ensemble de bandes dessinées qu’il choisira à sa place.
Sur les ouvrages référencés, un curieux coffret de trois volumes avec ce titre curieux qui n’évoque rien pour l’amateur encore novice que j’étais : « La caste des Méta-Barons ».
N’étant pas fan de dessins trop réalistes ni de contes trop historiques, je déchante un peu de ce choix d’autant plus que j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas d’une trilogie achevée…
Le nom de Gimenez m’évoque l’Espagne de Guernica, le nom de Jodorowsky celui d’un écrivain polonais. J’ai tout faux mais à peine 25 ans …
Puis toujours sceptique je me lance dans la lecture et reste stupéfait non pas de la modernité des propos mais de la tournure d’une histoire que je trouvais aussi novatrice que choquante et un certain style unique des dessins et de la mise en couleur toute en teintes bleutées métalliques…
Janvier 2012 : J’ai acheté tous les autres tomes existants dès leur parution, l’hors série « La maison des ancêtres », en ai lu quelques uns mais jamais la caste dans sa totalité… Entretemps j’ai gouté aux joies de L’Incal et des autres séries déviantes de cet auteur atypique chilien et prends le temps de lire enfin la série dans sa totalité. J’ai tout juste et tout juste 40 ans.
N’y allons pas par 4 chemins, le coup de cœur n’y est plus mais l’intérêt de lire une saga qui doit ses origines à un personnage secondaire de l’Incal et aux rêves abrégés par Jodo de réaliser sur grand écran le film Dune et retranscrits ici sont bien présents.
Le Méta-Baron est un être invulnérable qui évolue dans un Space Opera de pacotilles donc où peut-être l’intérêt de raconter des aventures dont il va se sortir indemne à coup sûr ?
Voilà l’astuce, raconter par le biais de ses robots de service Tonto et Lothar la genèse d’une dynastie décidément pas comme les autres qui éduque les enfants à grands coups de mutilation et de sacrifice. De tous ces liens familiaux se tisse un drame de dimension presque antique alternant le merveilleux à la stupéfaction mais jamais l’ennui.
Un peu de cul, d’un vocabulaire tout droit tiré de l’Incal dont l’univers est encore bien présent ici et dont on croise brièvement certains décors ou protagonistes, beaucoup de cruauté et de retournements familiaux au sein d’une famille qui flirte dangereusement avec les codes du bien pensant.
Le tout est emballé par les dessins virtuoses d’un Gimenez qui en profite pour améliorer ses techniques au fil des albums et qu’importe si on frôle parfois le grotesque tant qu’on en détient l’ivresse. Ce qui peut paraître répétitif ne l’est finalement pas. J’apprécie également la conclusion qui met un terme à la caste pour de bonnes raisons.
Pour peu que l’on accroche aux délires de Jodorowsky il y a beaucoup de plaisir à tirer de cette œuvre qui reste parmi les plus accessibles du maître. Vivement recommandé !
Je viens de découvrir Yann Tisseron, au style très proche de celui de Pellejero, mais avec une colorisation informatisée et un dessin plus détaillé et plus riche, aux couleurs plus sombres, et dont certaines cases très légèrement floutées peuvent surprendre lorsque l’on ne fait que feuilleter la bd, mais qui s’intègrent parfaitement lors de la lecture. Le mouvement des personnages est aussi assez exceptionnel, on ne se contente pas de suivre une histoire on y pénètre radicalement. Beaucoup de scènes se déroulant de nuit, dans cette obscurité très présente, les bulles trop blanches ressortent un peu trop des planches et voilà bien le seul défaut graphique à mes yeux. Celles les voix-off sont colorées en marron et s’intègrent parfaitement au point de les oublier, j’aurais opté pour ce même procédé pour tous les autres, dans une teinte plus légère, ou avec un effet de transparence. Le découpage des cases est original avec des perspectives parfaites, certaines prises de vues sont vraiment originales et donnent une vie phénoménale à son contenu.
Toutefois ce style assez particulier ne plaira peut-être pas à tous.
Le scénario est tout aussi riche que le visuel, mais il est de ce fait assez difficile à classer, entre aventure, jeux de pouvoirs, triades, une très légère uchronie avec la présentation d’automates plus vrais que nature, et une touche de fantastique, qui bien que très peu présente pour l’instant prendra certainement de l’importance par la suite, au vu de la fin de ce premier tome. J’opterai pour l’aventure qui semble planer un peu au-dessus des autres.
Nos seulement l’histoire est généreuse en évènements mais aussi en personnages, divers et variés, issus de toutes les classes sociales, de tous âges et de tous sexes, avec deux personnages principaux féminins, ce qui me touche énormément vu que souvent les récits ont tendance à être plutôt masculins.
Tome 2
Une suite assez bonne mais qui m'a moins conquise, à noter avant tout que les couleurs ne sont plus sombres et les bulles ne ressortent pas comme dans le premier tome.
Ce qui m'a moins plu dans le scénario c'est le côté un peu trop politique des évènements et la scène de désintox de la fille, qui m'a vraiment saoulée. Je passe ma note de 4/5 à 3/5.
J'ai pris cette bd à une médiathèque sans trop y regarder de près.
Et puis...
Je me suis fait happé en quelques pages par cette ambiance de soleil et de glandeurs aux charismes étranges.
Les dessins rendent une ambiance de ville et d'une époque (la Grèce avant la dictature des colonels) saisissante. Et l'histoire petit à petit se cale sur cette atmosphère méditerranéenne, de petits embrouilles et de traines-savates.
Une journée ailleurs dans un pays bouffé de soleil, accompagné de musique et agrandie d'une impression de liberté...ça ne se refuse pas !
Ayant apprécié Le Troisième Testament, j'ai acquis cette série avec un a priori très positif. Et je n'ai pas été déçu !
Bien que ne connaissant pas la légende entourant cette histoire, je n'ai eu aucun souci pour m'y retrouver. Le scénario est agréablement mené, le double niveau de récit étant vraiment de mon goût. Les tomes sont équilibrés, et savent ménager ce qu'il faut d'obscurité pour ne pas perdre non plus le lecteur tout en maintenant sa curiosité. Et que dire du dessin que je trouve magnifique.
Je l'ai jugé plus abouti que dans le 3ème testament. Avec une mise en page vraiment splendide entre quelques pleines pages, des cadrages dynamiques, et des doubles pages vraiment belles et riches. En plus, ce n'est pas une série à rallonge, mais une simple trilogie vraiment superbement réalisée. Les couvertures vous appellent, et la qualité des livres est excellente, ce sont de beaux livres tout simplement et ça mérite d'être souligné. Le seul petit défaut, et j'irai à l'encontre de nombre d'avis, ce sont les petites touches d'humour qui pour moi n'étaient pas forcément opportunes dans un tel récit, mais c'est juste un détail, et ça ne m'a gêné plus que ça! Une seule personne aux commandes du dessin et de l'histoire et un résultat formidable : admiration et vivement le prochain récit !
Aprés la lecture de 14 tomes.
Je mets culte malgrés le fait que je trouve les couleurs un peu trop "flashy" par moment et même si les dessins sont plus ou moins réussis selon le dessinateur (l'ensemble s'avère toutefois remarquable) ; mais tout est question de goût me direz-vous.
Alors pourquoi culte ? Et bien simplement à cause du scénario qui m'a littéralement envoutée ; pourtant c'était pas gagné d'avance car il faut dire que j'ai passé l'âge de lire des contines (trois petits cochons et compagnie).
Mais l'histoire est tellement intelligemment écrite avec une profusion de personnages tous plus attachants les uns que les autres, un mélange de genre (fantastique, policier, fantasy, action...) très savamment orchestré, une touche d'humour salvateur, des histoires d'amours, de pouvoir, de trahison, un suspense à couper le souffle.
Bref un monde si vaste qu'il semble pouvoir recéler des possiblités infinies et on en redemande.
Mais surtout avec toujours ce sentiment, à chaque fin de tome, d'avoir passé un très bon moment de lecture et cette envie irrésistible de connaître la suite.
Vraiment un chef-d'oeuvre à tomber qui vous rendra accros, à posséder absolument et qui plaira sûrement à tout homme ou femme agé de plus de 12 ans.
La première fois que j'ai lu cette bande dessinée, je ne connaissais Lovecraft que de réputation. J'avais envie de lire son œuvre mais je n'avais pas trouvé de livre à la bibliothèque à ce moment là et même si cette bande dessinée m'avait donné envie de lire son œuvre, je ne l'ai pas fait ayant d'autres bandes dessinées ou livres à lire.
Il y a deux mois j'ai finalement lu mon premier recueil d'histoires de Lovecraft et j'ai adoré. J'ai alors eu envie de relire cet album et je ne fus pas du tout déçu. Les auteurs adaptent bien les récits du maitre et ils réussissent l'exploit de ne pas rendre les histoires nulles en montrant les monstres.
J'adore le dessin et comment le dessinateur représente l'univers de Lovecraft. Même si on voit les monstres, ils ne ressemblent à rien et donc on peut tout de même imaginer à quoi ils ressemblent comme c'est le cas dans les nouvelles. Le dessin crée une atmosphère sombre qui va à merveille aux histoires.
Je conseille la lecture même si vous connaissez déjà les récits, vous ne le regretterez pas !
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Murena
Quand on est un féru de fantastique et d'horreur comme moi, on est toujours un peu frileux de se lancer dans des séries historiques et très terre à terre. Sauf que voilà, le papa noël m'a apporté les deux intégrales regroupant les huit tomes et que, à la vue des dessins sublimes et de l'histoire tout de même palpitante sur la vie de Néron je me suis lancé à corps perdu dans ce récit. Et là, j'ai vraiment été bluffé, autant pas la qualité visuelle que narrative, par l'importance des personnages secondaires et surtout par un dynamisme constant qui rend le récit nullement ennuyeux. Attaquons un peu plus en profondeur cette magnifique série. On va commencer par le scénario, qui présente la vie de l'empereur Néron, avec un premier cycle montrant son ascension jusqu'à son arrivée sur le trône, puis un deuxième cycle montrant son déclin et l'incendie de Rome. Alors pourquoi ce titre Murena ? Et bien parce que l'on va aussi s'intéresser à la vie de Lucius Murena, héros abîmé par le temps et les épreuves et dont l'ascension de son ami Néron va lui couter très cher. Evidemment, dit comme cela, on se demande comment le récit puisse être palpitant, à tel point que je lui mets un note maximale. Et bien parce que dans Murena, tous les personnages, même secondaires sont d'une grande importance et que les révélations, les manipulations, les mises à mort, les révoltes, tout cela est très rythmé, et on va de rebondissements en rebondissements. L'évolution des héros est elle aussi aux petits oignons. En effet, on peut voir Néron approcher la folie, Murena devenir un héros empli de haine, Massam devenir un monstre encore plus sanguinaire, Balba l'esclave en justicier libre. Bref, tous les personnages sont travaillés. Mais encore, si ce n'était que cela. L'histoire est très riche, les coups bas pleuvent, les langues de vipère se multiplient, les vengeances sont légion, en aucun cas on ne sent un relâchement ou un moment d'ennui dans ce récit historique. Et quand on y pense, à l'école, c'est chiant l'histoire, mais vu de ce point, cela devient vite palpitant. Il faut dire aussi qu'il y a tout dans cette série. Du sang, certes, avec des combats de gladiateurs, des meurtres sanguinaires, mais aussi du sexe, de l'amour et aucune concession ne nous sera faite. Les personnages attachants et sympathiques pourront très bien mourir alors que les salauds seront toujours vivants. On notera aussi la décadence de la grande Rome au travers d'histoires de prostitutions, de jeunes filles volées ou encore de vestales violées, côtoyant étroitement des ruelles vétustes et des personnages saouls décuvant leur vin sur le bord des trottoirs. Evidemment, tout cela ne serait rien sans le travail remarquable et remarqué de monsieur Delaby, qui offre des personnages étonnants de réalité et de charisme. Néron est tout simplement parfait, Lucius Murena est excellent au début et sa "mutation", tant mentale que physique est une réelle réussite graphique. Tous les personnages ont leur propre caractéristique et leur réalisme est vraiment une très belle chose. Mais le dessinateur ne s'arrête pas là. Il dépeint aussi une Rome grandiloquente, magnifique et si fragile, avec des plans donnant le vertige et des décors somptueux. Mais il est aussi très malin, dessinant plutôt des scènes de personnages et des drames dans Rome lors du grand incendie plutôt que de se risquer au grand format de la ville, loupant ainsi le coche du drame, et il faut dire que cela fonctionne à merveille. Les couleurs sont utilisées à bon escient pour donner un aspect encore plus réaliste à Rome et aux personnages. Au final, Murena est une série fort recommandable, où l'histoire ne devient pas ennuyeuse et poussiéreuse, bien au contraire, les intrigues fusent, les complots se dessinent, les aventures se multiplient et les changements de mentalité s'opèrent. Une vraie réussite tant scénaristique que graphique, Murena vaut plus qu'un coup d’œil et fait partie de ces séries qui restent longtemps dans l'esprit et dans le cœur. Je conseille plus que fortement !
Paf & Hencule
Ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!! Cela résume bien l'état d'esprit dans lequel j'étais à la lecture de l'album. (Oui, comme vous allez le voir, mon avis est assez proche de celui de Cassidy). Paf & Hencule, le chien et le chat, parodie de Pif et Hercule est un monument d'humour trash et noir. Attention, ça ne va certainement pas plaire à tout le monde. Si blaguer sur les maladies incurables, le racisme, les pratiques sexuelles improbables, le nazisme, ne vous choque pas, alors je peux vous conseillez cette lecture. Encore faudrait-il que l'humour débilo-pipi-caca vous plaise aussi. En effet, cet album est un melting pot de gags touchant autant à l'absurde qu'au style plus tarte-à-la-crème, mais avec des strips limite dérangeants parfois (l'album a été censuré -ceci étant dit, je ne comprends pas pourquoi les gags censurés, que j'ai pu lire et qui touchent au racisme, l'ont été plus que d'autres de l'album, dans la même veine ?-), avec un humour soit fin, soit extrêmement gras et lourd. Attention, je ne dis pas que tous les strips font mouche, mais une grande majorité en tout cas. Goupil Acnéique a un dessin assez underground que je trouve bien réalisé ; ses personnages filiformes ont tous de bonnes têtes de cons. Il n'y a pas beaucoup de décors, mais le format du strip ne s'y prête pas bien non plus. Donc voilà moi la partie graphique de l'album me plaît bien. Après, l'album est parsemé de tout pleins de petits bonus (certains appelleront ça du remplissage), comme les "bonus femme à poil", la note de l'éditeur, Satin et Miloutre au Congo, les gags en une page où le mot de Victor Hugo, tous étant pas aussi drôle que les strips (à part les deux derniers cités) et font donc un peu baisser l'intérêt porté à l'album quelque fois, et m'empêche donc de mettre la note maximale (ça et aussi le fait que les strips se passant à l'hôpital, sont peut-être un peu nombreux et moins variés dans leurs situations que les 10 dernières pages, ils sont donc moins percutants sur la longueur), mais dans l'ensemble, "Paf & Hencule" est un album très drôle (bien que réservé à un public averti), très loin de tout ce que l'on peut lire aujourd'hui comme BD d'humour. Note : 4.5/5 (A noter : une préface dessinée de Bastien Vivès).
Habibi
Rares sont les ouvrages qui ont une telle portée. Rares sont les ouvrages qui me laissent dans un tel état de flottement. Rares sont les ouvrages comme celui-ci, tout simplement. Cet album à mon sens est bien plus qu’une simple bande-dessinée. Qu’on l’aime, qu’elle nous gène, je suis sûr qu’elle ne pourra pas laisser indifférent. Pour ma part, j’ai peur de me lancer dans une critique où je ne serais pas à la hauteur de l’auteur, où mes écrits ne sauront pas rendre ma pensée, mes sentiments, mes émotions, où mes écrits ne sauront pas rendre hommage aux sentiments, émotions, aux pensées qui peuplent ces pages. Non, je ne radote pas. Car il y a bien le contenu de l’œuvre avec ce que l’auteur dépeint et le résultat avec ce que cela déclenche chez moi. "Habibi" c’est 672 pages de bonheur. Environ 14 albums classiques…j’ai mis pratiquement 6 heures pour en venir à bout. Alors, oui certainement qu’il faut être motivé pour se lancer dans ce pavé au format spécial, presque aussi épais que large ! Rarement le qualificatif de pavé aura si bien convenu à une bande dessinée… Malgré cette taille imposante l’album reste parfaitement abordable, d’un aspect tarifaire, au vu du travail fournit. 6 ans pour réaliser cette œuvre ! 6 années pendant lesquelles Craig Thomson s’est consacré à fignoler, bichonner son œuvre. Et je me lancerai en premier dans le dessin. Magnifique, fluide, inventif. D’une précision et d’une finesse ahurissante. D’une richesse imposante. Le dessin se mêle au texte et chaque lettre peut devenir un dessin à part entière. Il faut dire que la calligraphie des lettres de l’alphabet arabe se prête parfaitement au jeu. Craig Thomson d’ailleurs nous initiera à cet art qui consiste à lier, imbriquer, disposer les lettres entre elles de telle sorte que le final soit aussi créatif et représentatif qu’un véritable et pur dessin. Il va dès lors, sans dire que la mise en page, les cadrages, la composition de chaque page mérite que l’on s’arrête afin profiter et d‘admirer le travail réalisé. Tout dans cet album touche à la perfection. La recherche dans les vêtements, dans les décors qu’il s’agisse des paysages, des villes ou d’un simple bâtiment. Cet album est une véritable comète dans le ciel de la BD. Rare, magnifique, unique. S’appuyant sur une qualité graphique incontestable, le scénario qui nous est offert est lui aussi un modèle du genre. Les 672 pages ne demandent qu’à être lues. Une fois plongé dans cette histoire, j’avais bien du mal à voir passer le temps. Heureusement que certaines obligations personnelles m’obligeaient à mettre une alarme en marche afin de me tirer de ma contemplation. Cette histoire mêle plusieurs sujets de manière extrêmement intelligente, passant de l’un à l’autre de manière toujours logique, toujours fluide, ne nous laissant pas le temps de nous lasser, pour mieux y revenir quelques pages ou chapitre plus loin afin de compléter ou clore un pan de l’histoire. Car l’histoire n’est pas linéaire non plus, ce qui permet à l’auteur de toujours nous surprendre en expliquant par exemple d’un flashBack inattendu certaines scènes ou réaction de ses personnages. Ces principaux personnages Dodola et Zam sont d’ailleurs tous les deux extrêmement attachants. Forcément, en 672 pages l’auteur a largement le temps de développer leur psychologie et de nous conter leur histoire. La psychologie très juste de tous les personnages, principaux comme secondaires voire même tertiaire nous permet de mieux s’immerger dans l’histoire, de mieux la comprendre, de mieux nous l’approprier. L’histoire, sorte de conte des 1001 nuits moderne est souvent bien étrange par les sauts et les côtoiements existants. Nous passons parfois assez abruptement d’une époque très médiévale à des villes ultra modernes. Il est difficile de parler de tout ce que ce livre comporte tellement il est riche. Craig Thomson aborde trop de sujets pour que l’on puisse parler de tous. Je parlerai juste d’une poésie constante, d’une mélancolie planante, d’une beauté flagrante. Malgré tout, 3 thèmes ressortent prioritairement de cet album. L’écologie et le développement incontrôlé des villes modernes, l’amour et le sexe, sans oublier que Craig Thomson s’est initialement jeté dans cette œuvre afin de mieux comprendre l’Islam. Forcément, afin de rendre une copie logique, l’auteur a fortement lié chacun de ses trois thèmes dans la construction de son histoire. Pourtant au contraire d’autres lecteurs qui y ont vu des causes et effets, qui ont relié les déboires amoureux des héros et la religion, je n’ai pas personnellement ressenti ce lien ou ces accusations. J’ai personnellement vraiment dissocié chacun de ces thèmes à la lecture. De plus, connaissant plutôt pas mal l’islam, je ne pouvais établir de rapport. L’islam est amour et n’interdit surtout pas le sexe. Il faut juste que l’homme et la femme soit mariés. Dans notre civilisation « moderne », il est certain qu’un tel postulat peut paraitre préhistorique tant on a l’habitude maintenant de voir des jeunes coucher le premier soir et avorter le second soir, que le divorce est devenu plus courant que le mariage et qu’avoir une maitresse est presque une obligation pour ne pas paraitre has-been…(ce terme est lui aussi surement has-been...) Une fois encore la méconnaissance d’une chose amènera surement une mécompréhension et souvent son rejet. Et c’est peut-être la seule chose que je pourrais reprocher à cet album. C’est de ne pas assez démêler les sujets abordés. Du coup, l’auteur qui voulait découvrir l’islam fausse légèrement le jeu. Car son implication et son explication n’est finalement peut-être pas assez engagée. J’avoue qu’aujourd’hui, pondre un album de BD sur la religion est extrêmement courageux. L’auteur a donc décidé de mettre en parallèle l’histoire de Dodola et celle des textes sacrés. Les choix et les évènements rythmant la vie de Dodola sont ainsi souvent l’occasion d’un parallèle avec un élément religieux, avec la présentation d’un prophète (Noé, Moïse, Mohamed…) Si la majorité des textes sont extraits du Coran, Craig Thomson a semble-t-il porté un grand soin afin de montrer que chacun de ces récits ne se trouvent pas que dans le Coran et que finalement à bien y prendre garde, Le Judaïsme, Le Christianisme et l’Islam ont la même histoire, les mêmes prophètes. Pour l’Islam, puisqu’il s’agit principalement de cette religion dans cet ouvrage, seul Mohamed arrivé après Jésus diffère des autres religions. A la lecture de cet album, on sent fortement que Craig Thomson s’est longtemps renseigné malgré tout sur l’Islam. Tout ce que j’ai pu vérifier, par connaissance ou grâce à internet est vrai. Basés sur la genèse, sur les évangiles, sur l’ancien testament, le Coran ou des hadiths (textes rapportés des dires du prophète Mohamed) tout est vérifiable. L’œuvre prête à une longue réflexion pour qui veut bien s’y attarder. L’auteur une fois encore sans donner son avis personnel nous livre des faits qui ne sont surement pas fortuits. Je suis persuadé que l’on pourrait pondre une thèse rien qu’à étudier tous les messages que l’auteur a sciemment ou non parsemé son ouvrage. Ainsi par exemple avec l’affaire d’Abraham qui fut aussi appelé à sacrifier son fils, on comprend (enfin..je comprends) que la différence entre Chrétien et Musulman ne tient à rien, juste à savoir quel fils ne fut finalement pas égorgé mais remplacé par un bélier. Les causes et conséquences sont les mêmes, mais quand on cherche des poux à son voisin, tout est bon pour lui taper dessus. Sans comparer, sans critiquer, sans juger, l’auteur nous livre ainsi souvent plusieurs vision d’une même chose et à nous alors de faire notre propre opinion. Enfin, pour parler rapidement de l’aspect au sexe développé dans "Habibi" et que certains n’ont pas aimé car le reliant à la religion, une fois encore, j’y vois plus une sorte de Roméo et Juliette à l’amour trop fort et apparemment impossible de deux êtres qui, séparés, feront tout pour rester fidèles l’un à l’autre. Plus que de culpabilité, plus que de soumission, il s’agit ici de fidélité, d’amour vrai, de respect. Et s’il s’agit réellement de la vision de l’auteur, j’espère que vous lirez cet album avec votre vision des choses et que la somme de joyaux livrés dans ces 672 écrins vous permettra de passer outre cette vision, à mon sens, erronée. Un livre sublime, possédant de multiples niveaux de lecture comme seules les grandes œuvres savent le proposer avec une grande, très grande sensibilité et chose que je n’ai pas encore mentionnée, un humour très fin presque discret mais utilisé à très bon escient pour dédramatiser les passages les plus durs ou les plus durs à aborder scénaristiquement. J’ai fini mon avis après plus d’une semaine de tergiversation interne. Et bien que non 100% satisfait, je ne vois pas comment aujourd’hui je pourrais faire mieux. Ce qui confirme, décidément, que cet ouvrage est vraiment spécial !
Zoo
Un chef d'oeuvre absolu ! Bd d'un humanisme rare et aux talents graphiques inespérés. Que ceux qui recherchent de l'action et autres lectures faciles de gare passent leur chemin, ils ne pourront comprendre l'échine de ce joyau. Un tout grand moment d'abord de lecture graphique hors norme et ensuite au scénario magnifiquement humaniste comme quasi aucun dans tout l'univers de la BD l
La Caste des Méta-barons
Petit retour en arrière, Noël 1996 : ma mère s’adjoint les services d’un de mes amis pour m’offrir un ensemble de bandes dessinées qu’il choisira à sa place. Sur les ouvrages référencés, un curieux coffret de trois volumes avec ce titre curieux qui n’évoque rien pour l’amateur encore novice que j’étais : « La caste des Méta-Barons ». N’étant pas fan de dessins trop réalistes ni de contes trop historiques, je déchante un peu de ce choix d’autant plus que j’ai vite compris qu’il ne s’agissait pas d’une trilogie achevée… Le nom de Gimenez m’évoque l’Espagne de Guernica, le nom de Jodorowsky celui d’un écrivain polonais. J’ai tout faux mais à peine 25 ans … Puis toujours sceptique je me lance dans la lecture et reste stupéfait non pas de la modernité des propos mais de la tournure d’une histoire que je trouvais aussi novatrice que choquante et un certain style unique des dessins et de la mise en couleur toute en teintes bleutées métalliques… Janvier 2012 : J’ai acheté tous les autres tomes existants dès leur parution, l’hors série « La maison des ancêtres », en ai lu quelques uns mais jamais la caste dans sa totalité… Entretemps j’ai gouté aux joies de L’Incal et des autres séries déviantes de cet auteur atypique chilien et prends le temps de lire enfin la série dans sa totalité. J’ai tout juste et tout juste 40 ans. N’y allons pas par 4 chemins, le coup de cœur n’y est plus mais l’intérêt de lire une saga qui doit ses origines à un personnage secondaire de l’Incal et aux rêves abrégés par Jodo de réaliser sur grand écran le film Dune et retranscrits ici sont bien présents. Le Méta-Baron est un être invulnérable qui évolue dans un Space Opera de pacotilles donc où peut-être l’intérêt de raconter des aventures dont il va se sortir indemne à coup sûr ? Voilà l’astuce, raconter par le biais de ses robots de service Tonto et Lothar la genèse d’une dynastie décidément pas comme les autres qui éduque les enfants à grands coups de mutilation et de sacrifice. De tous ces liens familiaux se tisse un drame de dimension presque antique alternant le merveilleux à la stupéfaction mais jamais l’ennui. Un peu de cul, d’un vocabulaire tout droit tiré de l’Incal dont l’univers est encore bien présent ici et dont on croise brièvement certains décors ou protagonistes, beaucoup de cruauté et de retournements familiaux au sein d’une famille qui flirte dangereusement avec les codes du bien pensant. Le tout est emballé par les dessins virtuoses d’un Gimenez qui en profite pour améliorer ses techniques au fil des albums et qu’importe si on frôle parfois le grotesque tant qu’on en détient l’ivresse. Ce qui peut paraître répétitif ne l’est finalement pas. J’apprécie également la conclusion qui met un terme à la caste pour de bonnes raisons. Pour peu que l’on accroche aux délires de Jodorowsky il y a beaucoup de plaisir à tirer de cette œuvre qui reste parmi les plus accessibles du maître. Vivement recommandé !
Shanghaï
Je viens de découvrir Yann Tisseron, au style très proche de celui de Pellejero, mais avec une colorisation informatisée et un dessin plus détaillé et plus riche, aux couleurs plus sombres, et dont certaines cases très légèrement floutées peuvent surprendre lorsque l’on ne fait que feuilleter la bd, mais qui s’intègrent parfaitement lors de la lecture. Le mouvement des personnages est aussi assez exceptionnel, on ne se contente pas de suivre une histoire on y pénètre radicalement. Beaucoup de scènes se déroulant de nuit, dans cette obscurité très présente, les bulles trop blanches ressortent un peu trop des planches et voilà bien le seul défaut graphique à mes yeux. Celles les voix-off sont colorées en marron et s’intègrent parfaitement au point de les oublier, j’aurais opté pour ce même procédé pour tous les autres, dans une teinte plus légère, ou avec un effet de transparence. Le découpage des cases est original avec des perspectives parfaites, certaines prises de vues sont vraiment originales et donnent une vie phénoménale à son contenu. Toutefois ce style assez particulier ne plaira peut-être pas à tous. Le scénario est tout aussi riche que le visuel, mais il est de ce fait assez difficile à classer, entre aventure, jeux de pouvoirs, triades, une très légère uchronie avec la présentation d’automates plus vrais que nature, et une touche de fantastique, qui bien que très peu présente pour l’instant prendra certainement de l’importance par la suite, au vu de la fin de ce premier tome. J’opterai pour l’aventure qui semble planer un peu au-dessus des autres. Nos seulement l’histoire est généreuse en évènements mais aussi en personnages, divers et variés, issus de toutes les classes sociales, de tous âges et de tous sexes, avec deux personnages principaux féminins, ce qui me touche énormément vu que souvent les récits ont tendance à être plutôt masculins. Tome 2 Une suite assez bonne mais qui m'a moins conquise, à noter avant tout que les couleurs ne sont plus sombres et les bulles ne ressortent pas comme dans le premier tome. Ce qui m'a moins plu dans le scénario c'est le côté un peu trop politique des évènements et la scène de désintox de la fille, qui m'a vraiment saoulée. Je passe ma note de 4/5 à 3/5.
Rébétiko
J'ai pris cette bd à une médiathèque sans trop y regarder de près. Et puis... Je me suis fait happé en quelques pages par cette ambiance de soleil et de glandeurs aux charismes étranges. Les dessins rendent une ambiance de ville et d'une époque (la Grèce avant la dictature des colonels) saisissante. Et l'histoire petit à petit se cale sur cette atmosphère méditerranéenne, de petits embrouilles et de traines-savates. Une journée ailleurs dans un pays bouffé de soleil, accompagné de musique et agrandie d'une impression de liberté...ça ne se refuse pas !
Siegfried
Ayant apprécié Le Troisième Testament, j'ai acquis cette série avec un a priori très positif. Et je n'ai pas été déçu ! Bien que ne connaissant pas la légende entourant cette histoire, je n'ai eu aucun souci pour m'y retrouver. Le scénario est agréablement mené, le double niveau de récit étant vraiment de mon goût. Les tomes sont équilibrés, et savent ménager ce qu'il faut d'obscurité pour ne pas perdre non plus le lecteur tout en maintenant sa curiosité. Et que dire du dessin que je trouve magnifique. Je l'ai jugé plus abouti que dans le 3ème testament. Avec une mise en page vraiment splendide entre quelques pleines pages, des cadrages dynamiques, et des doubles pages vraiment belles et riches. En plus, ce n'est pas une série à rallonge, mais une simple trilogie vraiment superbement réalisée. Les couvertures vous appellent, et la qualité des livres est excellente, ce sont de beaux livres tout simplement et ça mérite d'être souligné. Le seul petit défaut, et j'irai à l'encontre de nombre d'avis, ce sont les petites touches d'humour qui pour moi n'étaient pas forcément opportunes dans un tel récit, mais c'est juste un détail, et ça ne m'a gêné plus que ça! Une seule personne aux commandes du dessin et de l'histoire et un résultat formidable : admiration et vivement le prochain récit !
Fables
Aprés la lecture de 14 tomes. Je mets culte malgrés le fait que je trouve les couleurs un peu trop "flashy" par moment et même si les dessins sont plus ou moins réussis selon le dessinateur (l'ensemble s'avère toutefois remarquable) ; mais tout est question de goût me direz-vous. Alors pourquoi culte ? Et bien simplement à cause du scénario qui m'a littéralement envoutée ; pourtant c'était pas gagné d'avance car il faut dire que j'ai passé l'âge de lire des contines (trois petits cochons et compagnie). Mais l'histoire est tellement intelligemment écrite avec une profusion de personnages tous plus attachants les uns que les autres, un mélange de genre (fantastique, policier, fantasy, action...) très savamment orchestré, une touche d'humour salvateur, des histoires d'amours, de pouvoir, de trahison, un suspense à couper le souffle. Bref un monde si vaste qu'il semble pouvoir recéler des possiblités infinies et on en redemande. Mais surtout avec toujours ce sentiment, à chaque fin de tome, d'avoir passé un très bon moment de lecture et cette envie irrésistible de connaître la suite. Vraiment un chef-d'oeuvre à tomber qui vous rendra accros, à posséder absolument et qui plaira sûrement à tout homme ou femme agé de plus de 12 ans.
Les Mythes de Cthulhu
La première fois que j'ai lu cette bande dessinée, je ne connaissais Lovecraft que de réputation. J'avais envie de lire son œuvre mais je n'avais pas trouvé de livre à la bibliothèque à ce moment là et même si cette bande dessinée m'avait donné envie de lire son œuvre, je ne l'ai pas fait ayant d'autres bandes dessinées ou livres à lire. Il y a deux mois j'ai finalement lu mon premier recueil d'histoires de Lovecraft et j'ai adoré. J'ai alors eu envie de relire cet album et je ne fus pas du tout déçu. Les auteurs adaptent bien les récits du maitre et ils réussissent l'exploit de ne pas rendre les histoires nulles en montrant les monstres. J'adore le dessin et comment le dessinateur représente l'univers de Lovecraft. Même si on voit les monstres, ils ne ressemblent à rien et donc on peut tout de même imaginer à quoi ils ressemblent comme c'est le cas dans les nouvelles. Le dessin crée une atmosphère sombre qui va à merveille aux histoires. Je conseille la lecture même si vous connaissez déjà les récits, vous ne le regretterez pas !