Cette lecture a été un choc !
Jodo, je ne l'apprécie qu'à dose homéopathique, et vraiment pas dans tout ce qu'il a éructé ... mais ici, comme dans L'Incal ou Le Lama blanc ou Alef-Thau, oui, et même tout particulièrement pour cette scénarisation-ci !
Cadelo est un maître pour oser des univers différents ; et il excelle dans cette voie osée.
A lecture lente, on goûte tout le parti pris osé des deux protagonistes auteurs de cette chose étrange et foncièrement originale ; une eau forte vous dis-je ...
Si vous avez le coeur bien accroché ... et un brin de mysticisme ...
Cet album est assez remarquable.
Ses qualités sont presque toutes relatives à son dessin : un dessin sans encrage la plupart du temps, composé de touches de couleurs, mais aussi et surtout par un découpage de l'image impressionnant de dynamisme et d'audace. Rarement en effet j'ai pu voir une telle fluidité (c'est le cas de le dire), un rendu du mouvement aussi maîtrisé qu'ici. Les mouvements d'eau, les corps et la vitesse acquise, c'est vraiment très très bien foutu.
L'histoire ? Elle ne semble être qu'un prétexte pour nous montrer ces images, d'une diversité de mise en scène assez bluffante. J'avoue, le sous-texte m'a laissé assez froid, je n'y ai pas vraiment prêté d'attention, préférant me concentrer sur les magnifiques images que j'avais sous les yeux.
Une belle découverte.
Je crois qu'on tient là une série qui promet vraiment. Je l'attendais avec impatience, et je n'ai pas été déçue. Le dessin de Laura Zuccheri est une pure merveille : le trait est juste et précis, les couleurs sont magnifiques, les arrières plans sont détaillés, la lumière est belle et bien rendue, la nature, le bestiaire fantastique, l'architecture grandiose de la cité de Karelane sont un régal pour les yeux. La mise en couleurs est vraiment le point fort de cette BD.
Côté scénario, ce premier tome nous met tout de suite dans le bain sans nous noyer sous un flot de noms bizarres ou une avalanche de personnages secondaires sans intérêt : l'intrigue est simple, les objectifs clairement définis, la galerie de personnages réduite mais bien suffisante pour cette quête qui s'annonce passionnante. La narration est fluide, sans excès inutile quand le dessin se suffit à lui-même.
Un tout petit bémol sur le milieu de l'histoire : j'ai été légèrement déçue par le dessin (moins chatoyant, plus grisâtre) et la construction de l'intrigue (j'ai même cru que ma BD avait un défaut et que des pages avaient été inversées) lorsque Miklos raconte ses souvenirs de guerre et de jalousie mais on retrouve bien vite la forêt et l'intrigue principale et tout va mieux. La dernière page de ce premier tome promet un gros cas de conscience à venir…
Le tome 2 fait un bond dans le temps de plusieurs année, Yama est fin prête pour se venger ce celui qui a tué les siens mais quelques surprises l'attendent sur place ! La qualité du dessin est toujours au rendez-vous, on comprend aisément ce qui justifie autant de temps entre deux albums ! C'est un petit bijou de précision.
Le 3ème et avant-dernier tome est encore au top, graphiquement parlant. Côté histoire, on avance encore bien dans l'intrigue, mais je me demande comment le 4ème va réussir (ou pas) à réunir les 4 épées alors qu'il en a fallu 3 pour n'en réunir que la moitié...
Le duo gagnant de Block 109 est de retour !
Cette fois-ci avec un récit post-apocalyptique, la Terre ayant été dévastée par une attaque extra-terrestre. Celle-ci est donc livrée à elle-même, ou plutôt aux groupes de pouvoir "autres". Le récit baigne donc dans une ambiance d'urgence perpétuelle, de chaos et de jeux de pouvoirs.
Le premier tome est une introduction dense (124 pages), on apprend à connaître les différents personnages, on connaît un peu leur passé, mais la situation de la Terre est encore floue, de même que l'identité des mystérieux extra-terrestres qui ont partiellement détruit le globe terrestre. A suivre donc.
Côté graphisme Ronan Toulhoat a gagné en lisibilité, son style est plus fluide, un peu plus épuré, on sent même quelques tentations du côté de Moebius sur certaines cases, Damour étant aussi une influence ou une parenté stylistique. Il y a cependant encore du boulot à faire sur les visages, je trouve qu'ils manquent un peu de maîtrise. Les couleurs elles aussi évoluent, franchement sombres au début, elles s'éclaircissent au fil des épisodes pour être bien balancées à la fin de ce premier tome.
Beaucoup d'adrénaline, du sang et de la sueur (et même un petit peu de sexe), un contexte géopolitique différent, des extra-terrestres... j'aime.
Oh, que c'est beau ! J'aime !
J'ai enfin recommencé dernièrement à lire des livres, et c'est avec une joie énorme que j'ai fermé le livre Neverwhere de Neil Gaiman il y a deux semaines. Voyant qu'une BD en avait été tirée, je me suis précipité dessus les yeux fermés, et enfin je l'ai lue.
Je dois dire que la BD ne m'a absolument pas déçu ! J'ai été très surpris, mais pas déçu.
Déjà, le dessin est pas mal du tout. Il reste typé comics, mais est vraiment bon. J'ai été très surpris par les têtes des personnages, qui collent exactement aux personnages, mais à mille lieues de ce que j'imaginais (notamment pour le Marquis ou pour Chasseur). Par contre le héros, la bête, l'ange ou Croup & Vandemar, c'est vraiment une retranscription fidèle de ce que je pensais. De plus le dessin est bien dynamique, avec des scènes très réussies.
Ensuite, l'adaptation est vraiment superbe, très fidèle à l’œuvre originale avec des points un peu écourtés, évidemment, mais dans l'ensemble très proche de chaque passage. L'intrigue est tout aussi prenante que dans le livre original, et j'ai suivi avec grand plaisir les aventures de Porte, Richard et les autres. Même en connaissant toute la fin, j'ai été enchanté, et j'ai pu noter plusieurs détails très intéressants que l'auteur a distillé dans l'ensemble des pages, comme autant d'indices pour la suite.
Cependant, tout n'est pas parfait, et quelques petits détails m'ont dérangé : notamment sur la fin, où j'ai vraiment regretté que les auteurs n'aient pas développé l'ennui progressif de Richard et la façon dont il regrette le monde. C'est dommage, car je trouvais que c'était une belle façon de conclure le livre, en beauté. D'autre part, certains détails visuels m'ont parfois fait retenir l’œil, mais jamais de façon trop dérangeante.
En résumé, c'est une BD qui reste totalement fidèle à l'esprit du livre, superbement mis en scène. L'intrigue, l'action, le suspense, la découverte de ce Londres d'en bas, tout est maintenu pour notre plus grand plaisir. Un vrai moment d'évasion dans un univers à la fois déjanté mais en même temps tellement bien fait. Un pur bonheur pour les amateurs de fantasy. Je le recommande !
Une série qui m'est très chère. Je possède la magnifique intégrale 1ère édition et c'est un des clous de ma collection. Le monde inventé par Gibelin et Wendling est vraiment magique, en particulier le mini-monde de l'arbre avec ses 2 créatures jumelles qui font la pluie et le beau temps en fonction de leurs humeurs et de leurs disputes. C'est une idée vraiment originale qui fait toute la force de ce récit. Ces instants sont parmi les plus merveilleux et poétiques qu'il m'ait été donné de voir et de lire. Les couleurs automnales, la mélancolie... C'est beau.
Le gafou m'a également beaucoup marqué. Quand il court dans la neige avec ses grosses papattes et son délicieux " feveu" sur la langue. Et tous les petits furets également. avec leur base secrète dans la vieille maison, leur dirigeable. Claire Wenling est sûrement fan de Dans les villages de Cabannes.
Et puis le final ... Grandiose avec des pages sublimissimes.
Après la série n'est pas exempte de défauts (c'est pourquoi je ne mettrai pas la note maximale). C'est très long à se mettre en place, voire très lent durant toute la durée de la série.
Mais l'univers créé est tellement magique, chaleureux et poétique que c'est un vrai plaisir de lire cette série, comme un bon vieux gros bouquin qu'on se plaît à relire au coin du feu.
D'ailleurs je vais relire cette série car je me rend compte en lisant les autres avis, que j'ai en réalité complètement oublié l'histoire. Seule la magie reste, et c'est le signe d'une grande bd.
Le must du cartoon trash.
Cette bd est un vrai régal quand on est fan comme moi des vieux films d'horreur des années 70 et 80. Ce ne sont que des références à ces films gore (Vendredi 13, La nuit des morts vivants, Massacre à la tronçonneuse... ) mais en mode Tom and Jerry et avec une bonne dose de porno en plus. Ca court, ça baise, ça tronçonne, ça court, ça se zombifie, ça se re-massacre ... Un vrai carnage sans fin à hurler de rire. L’ancêtre d'Itchy et Scratchy (en plus trash) et de "Happy tree friends" mais avec du cul en plus.
Je recherches activement les 2 tomes de cette bd culte car IL FAUT que je possède cette série.
Thorgal ... Que dire de plus sur cette série fleuve (plus de 30 ans... ). Chacun a ses albums préférés. Pour ma part c'est un sans faute jusqu'à "La Forteresse Invinsible", qui clôt, à sa manière, un certain cycle. Après je n'ai plus suivi ("La marque des bannis", "Géants" ... bof, j'ai décroché... ). Je n’achète plus les albums de Thorgal et il y en a sûrement des bons, des nouveaux cycles... ).
Je ne m'étendrai pas sur les qualités de cette saga, tout a été dit. J'ai été bercé par ces aventures. Pour faire simple, mes albums préférés sont (dans le désordre) :
- Le cycle du pays Qâ
- La chute de Brek Zarith
- Alinoë
- La gardienne des clefs
- Les 3 vieillards du pays d'Aran
- Au-delà des ombres
- Le maître des montagnes
- Aaricia
- Louve
Bref un monument de la bd.
En BD pour enfant, je crois que personne n'a fait mieux que cette série !
Le graphisme est de grande qualité, et en couleur directe (ce qui est bien rare en BD enfantine).
Les personnage tous bien typés, sont amusants.
Le scénario est toujours captivant, et souvent drôle.
Et surtout, l'on s'attache aux personnages car ... , et c'est tout là ce qui fait la différence avec bien des séries, il brille dans chacun d'eux une flamme d'humanisme permanent touchante qui laisse très peu indifférent et qui est bien rare dans l'univers de la BD en général.
Pour cet humanisme vraiment exceptionnel qui se dégage de cette série, et tout le reste, à mes yeux, un incontournable et solide 5/5 .
Encore une énorme surprise et un TRES bon roman graphique que ce "Daytripper (au jour le jour)".
Et quand je dis énorme, c'est tant sur le fond et le formidable travail de narration que dans la mise en image de Fabio Moon et de Gabriel Ba pour les décors (merci pour les précisions de mon envoyé spécial à Angoulême, Bab himself). Les deux se complètent magnifiquement et subtilement pour donner corps à cette histoire empreinte d'une folle universalité : vivre et mourir est le lot de chacun, reste à savoir pour quoi pour la première, et comment pour la seconde...
Entre rêve et réalité nous plongeons dans la multitude de vies possibles ? rêvées ? vécues ? de Bras de Oliva Domingos, fils d'un écrivain célèbre qui travaille pour un journal à la rédaction de chroniques nécrologiques. Chaque tranche de sa vie est un chemin possible, un bout du destin de cet homme, qui se terminera toujours de façon tragique... par sa mort... Fatalisme ? Non plus. Car chaque chapitre qui nous narre dans une chronologie aléatoire les moments cruciaux de la vie de cet homme et se terminent par son trépas, ne donne pas dans le pessimisme et le larmoyant. La mort est juste remise à sa juste place, à place égale avec la vie ; elle en est même une composante essentielle.
Son père ne lui dit pas autre chose dans un des chapitres : « La vie est comme un livre, fils. Et tous les livres ont une fin. Peu importe combien tu aimes ce livre, tu arriveras à la dernière page et ce sera fini. Aucun livre n'est complet sans une fin. »
Notre "fils de" se construira et trouvera sa juste place au travers de tous ces éléments si justement et subrepticement semés au fil du récit.
C'est donc cette vie décomposée, puis recomposée qui nous met en lumière la valeur de l'instant, des êtres chers qui nous entourent, de la famille, des moments fugaces qui ne sont que ressentis et sensations mais qui font le sel de la vie.
Et ce qui est magique dans cet album, c'est la qualité du graphisme des deux auteurs, qui nous transporte grâce à un trait d'une grande finesse et expressivité. Sa colorisation chaude et vibrante n'est pas en reste et donne à l'ensemble une force surprenante et littéralement vie à ce récit.
Vous l'aurez compris, ce "Daytripper" vaut plus que le détour. Entre un dessin sublime et une narration sur une thématique casse gueule menée ici demain de maître, je dis chapeau d'avoir réussi un tel album ! A lire et à relire sans retenue, histoire de ne pas oublier chaque jour qu'il peut-être le dernier.
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La Saga d'Alandor
Cette lecture a été un choc ! Jodo, je ne l'apprécie qu'à dose homéopathique, et vraiment pas dans tout ce qu'il a éructé ... mais ici, comme dans L'Incal ou Le Lama blanc ou Alef-Thau, oui, et même tout particulièrement pour cette scénarisation-ci ! Cadelo est un maître pour oser des univers différents ; et il excelle dans cette voie osée. A lecture lente, on goûte tout le parti pris osé des deux protagonistes auteurs de cette chose étrange et foncièrement originale ; une eau forte vous dis-je ... Si vous avez le coeur bien accroché ... et un brin de mysticisme ...
En silence
Cet album est assez remarquable. Ses qualités sont presque toutes relatives à son dessin : un dessin sans encrage la plupart du temps, composé de touches de couleurs, mais aussi et surtout par un découpage de l'image impressionnant de dynamisme et d'audace. Rarement en effet j'ai pu voir une telle fluidité (c'est le cas de le dire), un rendu du mouvement aussi maîtrisé qu'ici. Les mouvements d'eau, les corps et la vitesse acquise, c'est vraiment très très bien foutu. L'histoire ? Elle ne semble être qu'un prétexte pour nous montrer ces images, d'une diversité de mise en scène assez bluffante. J'avoue, le sous-texte m'a laissé assez froid, je n'y ai pas vraiment prêté d'attention, préférant me concentrer sur les magnifiques images que j'avais sous les yeux. Une belle découverte.
Les Epées de verre
Je crois qu'on tient là une série qui promet vraiment. Je l'attendais avec impatience, et je n'ai pas été déçue. Le dessin de Laura Zuccheri est une pure merveille : le trait est juste et précis, les couleurs sont magnifiques, les arrières plans sont détaillés, la lumière est belle et bien rendue, la nature, le bestiaire fantastique, l'architecture grandiose de la cité de Karelane sont un régal pour les yeux. La mise en couleurs est vraiment le point fort de cette BD. Côté scénario, ce premier tome nous met tout de suite dans le bain sans nous noyer sous un flot de noms bizarres ou une avalanche de personnages secondaires sans intérêt : l'intrigue est simple, les objectifs clairement définis, la galerie de personnages réduite mais bien suffisante pour cette quête qui s'annonce passionnante. La narration est fluide, sans excès inutile quand le dessin se suffit à lui-même. Un tout petit bémol sur le milieu de l'histoire : j'ai été légèrement déçue par le dessin (moins chatoyant, plus grisâtre) et la construction de l'intrigue (j'ai même cru que ma BD avait un défaut et que des pages avaient été inversées) lorsque Miklos raconte ses souvenirs de guerre et de jalousie mais on retrouve bien vite la forêt et l'intrigue principale et tout va mieux. La dernière page de ce premier tome promet un gros cas de conscience à venir… Le tome 2 fait un bond dans le temps de plusieurs année, Yama est fin prête pour se venger ce celui qui a tué les siens mais quelques surprises l'attendent sur place ! La qualité du dessin est toujours au rendez-vous, on comprend aisément ce qui justifie autant de temps entre deux albums ! C'est un petit bijou de précision. Le 3ème et avant-dernier tome est encore au top, graphiquement parlant. Côté histoire, on avance encore bien dans l'intrigue, mais je me demande comment le 4ème va réussir (ou pas) à réunir les 4 épées alors qu'il en a fallu 3 pour n'en réunir que la moitié...
Chaos Team
Le duo gagnant de Block 109 est de retour ! Cette fois-ci avec un récit post-apocalyptique, la Terre ayant été dévastée par une attaque extra-terrestre. Celle-ci est donc livrée à elle-même, ou plutôt aux groupes de pouvoir "autres". Le récit baigne donc dans une ambiance d'urgence perpétuelle, de chaos et de jeux de pouvoirs. Le premier tome est une introduction dense (124 pages), on apprend à connaître les différents personnages, on connaît un peu leur passé, mais la situation de la Terre est encore floue, de même que l'identité des mystérieux extra-terrestres qui ont partiellement détruit le globe terrestre. A suivre donc. Côté graphisme Ronan Toulhoat a gagné en lisibilité, son style est plus fluide, un peu plus épuré, on sent même quelques tentations du côté de Moebius sur certaines cases, Damour étant aussi une influence ou une parenté stylistique. Il y a cependant encore du boulot à faire sur les visages, je trouve qu'ils manquent un peu de maîtrise. Les couleurs elles aussi évoluent, franchement sombres au début, elles s'éclaircissent au fil des épisodes pour être bien balancées à la fin de ce premier tome. Beaucoup d'adrénaline, du sang et de la sueur (et même un petit peu de sexe), un contexte géopolitique différent, des extra-terrestres... j'aime.
Neverwhere
Oh, que c'est beau ! J'aime ! J'ai enfin recommencé dernièrement à lire des livres, et c'est avec une joie énorme que j'ai fermé le livre Neverwhere de Neil Gaiman il y a deux semaines. Voyant qu'une BD en avait été tirée, je me suis précipité dessus les yeux fermés, et enfin je l'ai lue. Je dois dire que la BD ne m'a absolument pas déçu ! J'ai été très surpris, mais pas déçu. Déjà, le dessin est pas mal du tout. Il reste typé comics, mais est vraiment bon. J'ai été très surpris par les têtes des personnages, qui collent exactement aux personnages, mais à mille lieues de ce que j'imaginais (notamment pour le Marquis ou pour Chasseur). Par contre le héros, la bête, l'ange ou Croup & Vandemar, c'est vraiment une retranscription fidèle de ce que je pensais. De plus le dessin est bien dynamique, avec des scènes très réussies. Ensuite, l'adaptation est vraiment superbe, très fidèle à l’œuvre originale avec des points un peu écourtés, évidemment, mais dans l'ensemble très proche de chaque passage. L'intrigue est tout aussi prenante que dans le livre original, et j'ai suivi avec grand plaisir les aventures de Porte, Richard et les autres. Même en connaissant toute la fin, j'ai été enchanté, et j'ai pu noter plusieurs détails très intéressants que l'auteur a distillé dans l'ensemble des pages, comme autant d'indices pour la suite. Cependant, tout n'est pas parfait, et quelques petits détails m'ont dérangé : notamment sur la fin, où j'ai vraiment regretté que les auteurs n'aient pas développé l'ennui progressif de Richard et la façon dont il regrette le monde. C'est dommage, car je trouvais que c'était une belle façon de conclure le livre, en beauté. D'autre part, certains détails visuels m'ont parfois fait retenir l’œil, mais jamais de façon trop dérangeante. En résumé, c'est une BD qui reste totalement fidèle à l'esprit du livre, superbement mis en scène. L'intrigue, l'action, le suspense, la découverte de ce Londres d'en bas, tout est maintenu pour notre plus grand plaisir. Un vrai moment d'évasion dans un univers à la fois déjanté mais en même temps tellement bien fait. Un pur bonheur pour les amateurs de fantasy. Je le recommande !
Les Lumières de l'Amalou
Une série qui m'est très chère. Je possède la magnifique intégrale 1ère édition et c'est un des clous de ma collection. Le monde inventé par Gibelin et Wendling est vraiment magique, en particulier le mini-monde de l'arbre avec ses 2 créatures jumelles qui font la pluie et le beau temps en fonction de leurs humeurs et de leurs disputes. C'est une idée vraiment originale qui fait toute la force de ce récit. Ces instants sont parmi les plus merveilleux et poétiques qu'il m'ait été donné de voir et de lire. Les couleurs automnales, la mélancolie... C'est beau. Le gafou m'a également beaucoup marqué. Quand il court dans la neige avec ses grosses papattes et son délicieux " feveu" sur la langue. Et tous les petits furets également. avec leur base secrète dans la vieille maison, leur dirigeable. Claire Wenling est sûrement fan de Dans les villages de Cabannes. Et puis le final ... Grandiose avec des pages sublimissimes. Après la série n'est pas exempte de défauts (c'est pourquoi je ne mettrai pas la note maximale). C'est très long à se mettre en place, voire très lent durant toute la durée de la série. Mais l'univers créé est tellement magique, chaleureux et poétique que c'est un vrai plaisir de lire cette série, comme un bon vieux gros bouquin qu'on se plaît à relire au coin du feu. D'ailleurs je vais relire cette série car je me rend compte en lisant les autres avis, que j'ai en réalité complètement oublié l'histoire. Seule la magie reste, et c'est le signe d'une grande bd.
Squeak the mouse
Le must du cartoon trash. Cette bd est un vrai régal quand on est fan comme moi des vieux films d'horreur des années 70 et 80. Ce ne sont que des références à ces films gore (Vendredi 13, La nuit des morts vivants, Massacre à la tronçonneuse... ) mais en mode Tom and Jerry et avec une bonne dose de porno en plus. Ca court, ça baise, ça tronçonne, ça court, ça se zombifie, ça se re-massacre ... Un vrai carnage sans fin à hurler de rire. L’ancêtre d'Itchy et Scratchy (en plus trash) et de "Happy tree friends" mais avec du cul en plus. Je recherches activement les 2 tomes de cette bd culte car IL FAUT que je possède cette série.
Thorgal
Thorgal ... Que dire de plus sur cette série fleuve (plus de 30 ans... ). Chacun a ses albums préférés. Pour ma part c'est un sans faute jusqu'à "La Forteresse Invinsible", qui clôt, à sa manière, un certain cycle. Après je n'ai plus suivi ("La marque des bannis", "Géants" ... bof, j'ai décroché... ). Je n’achète plus les albums de Thorgal et il y en a sûrement des bons, des nouveaux cycles... ). Je ne m'étendrai pas sur les qualités de cette saga, tout a été dit. J'ai été bercé par ces aventures. Pour faire simple, mes albums préférés sont (dans le désordre) : - Le cycle du pays Qâ - La chute de Brek Zarith - Alinoë - La gardienne des clefs - Les 3 vieillards du pays d'Aran - Au-delà des ombres - Le maître des montagnes - Aaricia - Louve Bref un monument de la bd.
Jojo
En BD pour enfant, je crois que personne n'a fait mieux que cette série ! Le graphisme est de grande qualité, et en couleur directe (ce qui est bien rare en BD enfantine). Les personnage tous bien typés, sont amusants. Le scénario est toujours captivant, et souvent drôle. Et surtout, l'on s'attache aux personnages car ... , et c'est tout là ce qui fait la différence avec bien des séries, il brille dans chacun d'eux une flamme d'humanisme permanent touchante qui laisse très peu indifférent et qui est bien rare dans l'univers de la BD en général. Pour cet humanisme vraiment exceptionnel qui se dégage de cette série, et tout le reste, à mes yeux, un incontournable et solide 5/5 .
Daytripper (au jour le jour)
Encore une énorme surprise et un TRES bon roman graphique que ce "Daytripper (au jour le jour)". Et quand je dis énorme, c'est tant sur le fond et le formidable travail de narration que dans la mise en image de Fabio Moon et de Gabriel Ba pour les décors (merci pour les précisions de mon envoyé spécial à Angoulême, Bab himself). Les deux se complètent magnifiquement et subtilement pour donner corps à cette histoire empreinte d'une folle universalité : vivre et mourir est le lot de chacun, reste à savoir pour quoi pour la première, et comment pour la seconde... Entre rêve et réalité nous plongeons dans la multitude de vies possibles ? rêvées ? vécues ? de Bras de Oliva Domingos, fils d'un écrivain célèbre qui travaille pour un journal à la rédaction de chroniques nécrologiques. Chaque tranche de sa vie est un chemin possible, un bout du destin de cet homme, qui se terminera toujours de façon tragique... par sa mort... Fatalisme ? Non plus. Car chaque chapitre qui nous narre dans une chronologie aléatoire les moments cruciaux de la vie de cet homme et se terminent par son trépas, ne donne pas dans le pessimisme et le larmoyant. La mort est juste remise à sa juste place, à place égale avec la vie ; elle en est même une composante essentielle. Son père ne lui dit pas autre chose dans un des chapitres : « La vie est comme un livre, fils. Et tous les livres ont une fin. Peu importe combien tu aimes ce livre, tu arriveras à la dernière page et ce sera fini. Aucun livre n'est complet sans une fin. » Notre "fils de" se construira et trouvera sa juste place au travers de tous ces éléments si justement et subrepticement semés au fil du récit. C'est donc cette vie décomposée, puis recomposée qui nous met en lumière la valeur de l'instant, des êtres chers qui nous entourent, de la famille, des moments fugaces qui ne sont que ressentis et sensations mais qui font le sel de la vie. Et ce qui est magique dans cet album, c'est la qualité du graphisme des deux auteurs, qui nous transporte grâce à un trait d'une grande finesse et expressivité. Sa colorisation chaude et vibrante n'est pas en reste et donne à l'ensemble une force surprenante et littéralement vie à ce récit. Vous l'aurez compris, ce "Daytripper" vaut plus que le détour. Entre un dessin sublime et une narration sur une thématique casse gueule menée ici demain de maître, je dis chapeau d'avoir réussi un tel album ! A lire et à relire sans retenue, histoire de ne pas oublier chaque jour qu'il peut-être le dernier.