Les derniers avis (9623 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Markheim
Markheim

A force de traduire le catalogue d’auteurs Italiens, Toppi en tête, on en oublierait presque que Mosquito publie aussi des nouveautés. « Markheim » (a priori aucun lien avec la nouvelle éponyme de Robert Louis Stevenson) est un one-shot réalisé par deux géants de la BD franco-belge. On ne présente plus Rodolphe (L'Autre Monde entre autre), mais l’œuvre de Philippe Marcelé est malheureusement beaucoup moins connue. Ce dernier avait d’ailleurs déjà travaillé avec Rodolphe sur Gothic. « Markheim » propose une histoire onirique construite sur un concept intriguant : un personnage jeune rêve qu’il est vieux, et le vieux rêve qu’il est jeune. Où se situe la réalité ? Qui rêve l’autre ? Je me garderais bien d’en dire plus, mais sachez que plus l’intrigue avance, plus on y voit claire, jusqu’à un final extrêmement bien vu. J’ai trouvé la lecture stimulante et jubilatoire, impossible de reposer l’album (enfin l’iPad sur le coup) avant de l’avoir terminé ! L’histoire elle-même n’est pas en reste et nous présente un pays (d’Europe de l’Est ?) où une guerre est sur le point de débuter (ou qui fut gagnée il y a longtemps, en fonction du « point de rêve »). L’univers mis en place est intéressant, même si l’intrigue reste simple et se focalise surtout sur le personnage central. Le graphisme en noir et blanc de Marcelé est magnifique, je vous laisse admirer les planches dans la galerie. Une histoire qui m’a beaucoup marqué, j’ai fini ma lecture hier soir, et j’y repense beaucoup depuis. Un coup de cœur !

21/02/2013 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Bon Endroit
Le Bon Endroit

Pour ne pas laisser JBT900 seul 10 ans de plus, voici mon avis sur ce one shot. La première vignette donne le ton. Cette bd se veut décalée jusqu’au bout. Vanoli, c’est un style. A y regarder de près, son dessin déformé est laid. Mais il y a "laid" et "laid". car son trait dégage un certain esthétisme qui hypnotise le regard. Bref, Vanoli prouve qu'on peut faire du travail intéressant avec du moche. Mais l’identité graphique ne fait pas tout. L'auteur propose un road movie résolument moderne dans sa construction et le ton employé tout en ancrant son récit dans le Japon féodal, raison du décalage évoqué plus avant. L’ensemble fonctionne et est même particulièrement jouissif. Il n’y a pas vraiment de début ni de fin. Juste une tranche de vie partagée par des compagnons de route très différents. On se rencontre, on vit un bout de chemin ensemble puis on se sépare (et on déconne entre temps). Chacun sa route, chacun son chemin ... Certainement le meilleur Vanoli qui m’ait été donné de lire !

21/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Incal
L'Incal

LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres). Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi). Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique. Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars). J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense. J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.

21/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Broussaille
Broussaille

Une série que j'ai découverte grâce à l'album n°3 : "La nuit du chat" que je possédais dans ma jeunesse. Cet album je l'ai lu et relu pendant toutes ces années et chaque lecture n'a fait qu'augmenter mon amour et ma passion pour cette bd. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert "Les baleines publiques" et "Les sculpteurs de lumière". En général on est souvent déçu par une série qu'on a aimé dans sa jeunesse. Et bien là non. Pas du tout. C'est plutôt rare pour le signaler. Ces 3 albums sont des merveilles de poésie, d'amour de la nature, des animaux de toutes sortes et d'une certaine recherche de fantastique dans le quotidien. J'adhère totalement car moi aussi je suis en recherche d'une certaine atmosphère fantastique (je fais de la photo), que ce soit en forêt, en ville ou même dans un terrain vague. Et l'album de "La nuit du chat", que j'ai du lire pour la 1ère fois vers 10 ou 12 ans m'a profondément marqué voire inspiré inconsciemment. Cette "quête" de Brousaille pour retrouver son chat la nuit à travers les jardins, les voix ferrées est absolument magique voire mystique (c'est un peu fort ?). Et puis ce vieux clochard à la fin, qui garde secretement son petit désert de sable dans sa maison (qui logiquement ne sert à rien), de la poésie à l'état pur. Les sculpteurs de lumière est tout aussi bon, si ce n'est supérieur au niveau des dessins ( petite rectification après relecture: non, la nuit du chat est encore plus beau). Rien à jeter. Je ne m'étendrai pas sur l'intrigue. C'est une merveille. "Les baleines publiques" est très bon lui aussi mais peut être légèrement inférieur. Seul petit reproche cependant. Le personnage de Broussaille est un peu niais à mon goût (voire beaucoup). C'est le jeune écolo sympa, cliché à mort. C'est quand même un point important qui logiquement devrait m'empêcher de mettre 5/5 à cette série. Et bien non car pour moi ce héros n'est qu'un prétexte à Franck pour nous faire partager sa passion et son amour la nature. Inutile de préciser que les dessins et les couleurs sont fabuleux. Dans le genre franco-belge c'est du très haut niveau. Donc récapitulons: - Les baleines publiques: **** - Les sculpteurs de lumière: ***** - La nuit du chat: ***** Les autres je ne les ai malheureusement pas lus.

20/02/2013 (modifier)
Couverture de la série Le Royaume (Ruppert & Mulot)
Le Royaume (Ruppert & Mulot)

Houuuuuu ! (lecteur de bd impressionné devant ce qu'il est en train de lire) Je me répète mais je m'étonne encore et toujours de trouver des BD aussi géniales et inventives que celle-ci. Bon, déjà le format : un journal grand format. Bon d'accord. Ajouté à ça que le format journal permet de faire des pliages et découpages liés à l'histoire (oui parfaitement des pliages). Et pour les maniaques qui ne voudraient pas abimer leur bd les pages-pour-faire-des-pliages sont en double donc on peut y aller. Ensuite "l'histoire" qui pour moi se résumerait autour du thème de la mort mais en fait non. Les dessins aussi, très beaux. L’intelligence est partout dans cette bd, si vous êtes professeur de philosophie et que vous nous lisez, faites lire cette BD à vos élèves (ainsi que la géniale bd Kaarib). En fait j'aurais du mal à qualifier cette œuvre (oui oui c'est une œuvre) si ce n'est qu'elle est très intelligente, belle et bien fichue Les auteurs ont réussi à rendre visuels des impressions, idées, concepts intellectuels et philosophiques, que sais-je encore, ce qui pour moi est un tour de force Bref j'ai adoré et comme un fan des films de Lynch ne saurait le faire, je ne sais pas non plus pourquoi j'adore cette BD.

19/02/2013 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Phare
Le Phare

J’ai entamé sa lecture sans savoir à quoi m’attendre. Et ce fut une agréable surprise. Un coup de cœur ! Pourtant, le contexte géopolitique de l’époque n’est pas des plus heureux (guerre d’Espagne). Mais cette guerre fratricide reste essentiellement en toile de fond. Cette bd s’attarde sur l’amitié qui va se tisser entre un gardien de phare et un jeune gendarme républicain en fuite. Il ne se passe rien de transcendant. Et pourtant. C’est une petite pépite. En fait, tout est dans la simplicité des personnages qui vont apprendre à s’apprivoiser mutuellement. Et que dire du final ? Poétique, surprenant, touchant ! Une histoire attachante, tout simplement. Bref, un album chaudement recommandé !

19/02/2013 (modifier)
Par Cricri
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lost Conquistadores
Lost Conquistadores

Voyage assuré au temps des conquistadors, au milieu de dessins fabuleux. Les personnages sont drôles et bien dessinés, et leurs noms sont bien trouvés.. L'intrigue est intéressante, et l'on a hâte de connaître la suite. A lire de 7 à 77 ans, rires garantis.

19/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jeune Albert
Le Jeune Albert

Une série (one shot) très particulière. C'est du second degré voire du 3ème. Car le style franco-belge d'Yves Chaland est en totale contradiction avec le fond. On s'attend à une espèce de bd franco belge classique type Quick et Flupke (surtout quand on est pas prévenu) et c'est en réalité tout le contraire. Car le jeune Albert est un jeune gamin de Bruxelles (les années 50) complètement cynique, raciste, réac, égoïste et sadique. Et qui se plaît à torturer physiquement et psychologiquement son meilleur copain (et puis l'ensemble de son entourage). C'est à mourir de rire et très subtil dans l'écriture. C'est en réalité une critique de la propagande raciste que peut exercer un Etat pendant les temps de guerre, en particulier sur les enfants. Et également peut-être en rapport avec l'état d'esprit légèrement réac d'une certaine bd franco belge ? (Hergé). Mais là je m'avance peut-être un peu. Conclusion : un petit bijou d'humour noir, avec un réel fond politique.

18/02/2013 (modifier)
Couverture de la série Souvenirs de l'empire de l'atome
Souvenirs de l'empire de l'atome

Si certains scénarios sont en béton, j’ai tendance à penser que celui que nous offre Thierry Smolderen pour l’Empire de l’Atome est en acier. Car, comme chacun le sait (du moins s’il habite dans une région sidérurgique), la fabrication de l’acier comprend deux phases : la phase à chaud et… (suspense)… la phase à froid (et là vous vous dites que ça y est le Mac Arthur a définitivement grillé son dernier neurone). Lors de la phase à chaud, c’est le travail du haut fourneau qui prime, c’est la coulée continue. Ca fume, ça fait du bruit et l’on est emporté par un flot ininterrompu de matières bouillonnantes. Et c’est un peu ce sentiment que j’ai ressenti en première lecture. En effet, j’ai directement été happé par ce récit de science-fiction résolument influencé par les années 50 et 60. Il y est question de deux personnages en contact télépathique alors qu’ils appartiennent à deux mondes et à deux époques différentes. NON !! Partez pas tout de suite ! Le concept a l’air un peu bizarre, dit comme ça mais en fait c’est très bien amené, très bien construit, facile à comprendre. Les personnages sont attachants, l’histoire dispose de ce brin de naïveté indispensable pour ce type de récit faussement daté et le découpage en multiples chapitres donne immanquablement envie… d’en lire encore un avant de suspendre sa lecture. Résultat : alors que ce bouquin contient tout de même plus de 130 pages, on le dévore sans y faire gaffe. Voilà, c’est de la s-f un peu naïve mais rythmée et fort marquée par une époque révolue. Et puis, tout, TOUT nous ramène constamment à l'esprit qui animait ces années dorées. La manipulation par l'hypnose, le cas psychiatrique que représente le héros, les noms des personnages, et l'imagerie en général. Et ma réflexion se serait arrêtée là s’il n’y avait eu la phase à froid, dans laquelle intervient le laminage… et autant vous dire que j’ai été laminé. Car derrière cette apparente naïveté d’un récit de science-fiction se cachent de multiples dimensions. Tout d’abord, l’introduction nous offre une pertinente réflexion sur la place et le rôle de l’homme dans l’univers. Réflexion d’un homme mûr face à la vanité de sa vie, vie pourtant extraordinaire par plus d’un aspect… ou pas. Ensuite, il y a l’usage du décor tel qu’imaginé par l’auteur. En effet, les bâtiments de l’Expo 58 seront constamment mis à l’honneur dans ce récit. Petit aparté pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle - Expo 58 = exposition universelle organisée à Bruxelles en 1958 qui marqua fortement la Belgique car elle eut lieu à l’époque de toutes les promesses. Nos voitures allaient voler dans le futur et nous disposerions à l’avenir d’une énergie renouvelable et économique grâce à l’atome, sous-entendu le nucléaire. La seule trace physique qu’il reste aujourd’hui de cette expo est l’Atomium, célèbre bâtiment conçu en forme d’atome de fer – Fin de l’aparté. Cet univers s’accorde parfaitement avec le dessin d’Alexandre Clérisse. C’est une réelle alchimie qui nait ici (de celles qui transforment l’acier en or, serais-je presque tenté de dire). J’ai ressenti une profonde volonté commune d’explorer l’imagerie de la fin des années 50 jusqu’au milieu des années 60. Les couleurs sont vives, voire flashy, le trait est raide et racé. Et c’est ainsi que s’impose le dernier point fort de la série. Dans une lecture « à froid », ce sont des dizaines de références qui surgissent au coin des planches. Par ici intervient André Franquin, par là est faite une allusion au « Prisonnier » (célèbre feuilleton diffusé dès 1968 ), le dessin nous rappelle celui des dessins animés de l’époque (« The Jetsons » se sont imposés à moi, mais ce sont tous les dessins animés des studios Hanna Barbera qui ont resurgi devant mes yeux). Les décors, eux, nous renvoient constamment au Bruxelles de ces années-là, avec des maisons encore remarquables de nos jours. En résumé : c’est naïf, c’est frais, c’est inventif, c’est intelligent, c’est bien dessiné, c’est un bel hommage à l’esprit mais aussi à l’esthétique du Bruxelles des années 50, 60. Bref, c’est un grand album.

18/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Monde d'Edena
Le Monde d'Edena

Je me lance dans la critique de cette série même si je n'ai lu que les tomes 1, 2, 3 et 4 . Car ce 5 étoiles est surtout dû au traumatisme que m'a causé le tome 2, les Jardins d'Edena. Cet album fait partie de mes madeleines de Proust de la BD. Un des meilleurs albums de Moebius si ce n'est le meilleur. De la S.F "moebiusienne" dans toute sa splendeur, absolument magique, pur , prophétique... Le dessin, les couleurs, le scénario, tout confère au sublime. Un véritable voyage astral. Ce conte de science-fiction décrit les aventures d'un couple de voyageurs spatiaux échoué sur une planète semblable au mythique jardin d'Eden de la bible. Tout d'abord asexués (ils ne mangent que des pilules ce qui leur ôte tout caractère sexuel, mental et physique) et se comportant plus comme un frère et une soeur, ils vont peu à peu, faute de matériel synthétiseur de pilules, se mettre à manger de la matière vivante (manger une pomme est pour eux au départ qualifié de cannibalisme), puis peu à peu retrouver leurs caractères sexuels. Nous imaginons bien là l'être humain du futur, immortel, vacciné contre toutes les maladies et bactéries. Puis ils vont être séparés et ne chercheront plus qu'à se retrouver (ils ont redécouvert l'amour qui les lie) et affronter les habitants curieusement masqués de cette planète, et cette énigmatique "paterne"... Les albums 3 et 4 sont bons mais rien à voir avec la puissance (dessin, scénario et couleur) du tome 2 (très années 80 mais à la beauté intemporelle). Le tome 3 se focalise sur l'errance d'Atan (devenu Atana) qui va découvrir la base souterraine de la paterne et le tome 4 sur celle de Stel, qui lui continue d’errer à la surface et de "rencontrer" régulièrement le maître des rêves. Le tome 1 est quant à lui plus un tome d'introduction avec plusieurs petites histoires, dont une possédant des dessins sublimissimes. C'est quand même un bon tome très utile à la découverte de cet univers et décuplant la puissance du 2. Je n'ai pas lu le tome 5 et 6 qui sont parait-il décevants . En tout cas je laisse cette note de 5 étoiles car même 2 tomes mauvais ne peuvent effacer le rayonnement quasi mystique que procure la lecture des "Jardins d'Edena" (j'en avais même rêvé à l'époque c'est dire). Je recherche les éditions originales, surtout pour le tome 2, tel le Graal car une amie me l'a lâchement volé il y a plusieurs années.

18/02/2013 (modifier)