Les derniers avis (9718 avis)

Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Urban
Urban

J’ai attendu la sortie du deuxième tome de « Urban » pour me faire une idée plus précise sur cette série et je dois reconnaître que j’ai été bluffé par cette réalisation ! « Urban » est un récit d’anticipation, le lecteur se retrouve en compagnie d’un gus nommé Zacchary Buzz qui est envoyé sur une planète dédiée aux loisirs pour y être recruté comme policier. Dès son arrivée sur cet astre, notre sympathique et timide « bleu » va être confronté à l’hostilité de ses collègues, à un « hors la loi » très malin et tomber amoureux d’une jolie demoiselle dont l’avenir ne lui paraît pas radieux. Le lecteur y fera connaissance aussi avec un riche gamin qui se retrouvera en train d’errer dans ce gigantesque parc sous la protection bienveillante et intéressée d’un vagabond… Je pense que vous l’avez deviné en lisant ce résumé, vous allez vous plonger dans un récit très riche et dense avec « Urban » ! Mais ne croyez pas que vous allez vous perdre dans ce foisonnement d’évènements car la narration m’est apparue relativement bonne et accrocheuse, je n’ai eu aucune difficulté de compréhension à suivre les différentes destinées des divers protagonistes qui peuplent cette histoire, ce qui est très fort de la part de Luc Brunschwig quand on voit la complexité de son univers ! Chapeau l’artiste ! Et on voit bien qu’à travers son récit, le scénariste nous interpelle sur ses craintes liées à l’évolution de la société : on y découvre une justice très répressive où le moindre fait et geste de travers sont automatiquement sanctionnés sans que le soi-disant coupable ne puisse défendre ses actes. On y aperçoit un voyeurisme et une délation poussés à l’extrême où chaque citoyen est immédiatement informé de tel ou tel événement qui se passe au sein même du parc, on y partage aussi ses peurs d’une forte informatisation des données de chaque individu, on y découvre aussi une société où la notion de plaisir est forcée… et j’en passe ! Bref, tout ceci pour nous apostropher sur le glissement de notre société vers une absence de liberté individuelle. Et si je vous dis que pratiquement tous les personnages y sont charismatiques et attachants, que des scènes riches en émotions (Ah, la fameuse séquence de la fin du 2ème tome !) peuplent cette bande dessinée, je ne peux que vous conseiller activement la lecture d’ « Urban ». Faites-moi confiance, vous passerez un excellent feuilletage avec cette série d’autant plus le graphisme de Roberto Ricci m’est apparu époustouflant ! Je ne vais pas vous faire étalage de mon admiration sur le travail graphique de Roberto Ricci : jetez un coup d’œil sur les planches de cette série et je suis sûr que vous tomberez sur le charme du coup de patte de cet auteur : décors (très) fouillés, mise en couleurs variée et parfaitement adaptée à l’intensité dramatique de chaque séquence, design futuriste des véhicules et autres objets original et convaincant, personnages expressifs et facilement identifiables, la totale quoi ! Bon, j’arrête là mes commentaires sur « Urban » : lancez-vous dans la lecture de cette série et je suis sûr que vous ne lâcherez pas ce récit avant la fin du deuxième tome disponible à ce jour !

17/04/2013 (modifier)
Couverture de la série Coeur de pierre
Coeur de pierre

Un petit bijou de poésie :) Comme l'a dit Mac, rien que la couverture donne envie de s'y plonger, elle fait partie des plus belles que je connaisse. Un joli conte métaphorique sur l'amour, une histoire belle et triste à la fois, comme peuvent l'être les histoires d'amour. Une écriture en vers qui ne gêne absolument pas la lecture, au contraire on se laisse bercer par ce récitatif (pas de dialogues dans cet ouvrage, mais peu importe, on n'en a pas besoin). Une fin étonnante aussi, Séverine Gauthier n'est pas tombée dans la facilité en nous proposant le happy end auquel on pourrait s'attendre au début. Comme je l'ai déjà dit, c'est beau... et triste. Le dessin de Jérémie Almanza est comme d'habitude magnifique, plein de poésie avec un petit côté burtonien avec ses personnages à gros yeux. Des couleurs superbes, grises et tristes pour l'univers sombre du garçon au cœur de pierre et vives, joyeuses et lumineuses pour la fille au cœur d'artichaut. Comme quoi les BD jeunesse peuvent également faire rêver les adultes :) Une histoire pleine d'émotion à découvrir au plus vite !

17/04/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une Âme à l'amer
Une Âme à l'amer

Une série que je n'aurais probablement pas achetée (je ne suis pas attiré par ce type de bd très roman graphique) sans avoir fait au préalable la connaissance de Jean Christophe Pol lors d'un repas dans un restaurant suite à un festival de bd. En effet nous étions tous conviés au restaurant (je faisais partie des "auteurs" bien que n'ayant rien publié) et j'ai été placé, faute de place, à une table avec 2 inconnus dont ce fameux Jean Christophe Pol. Discussions forcées au début, puis plus à l'aise aidés par plusieurs bouteilles de rosé. Un mec grand, super sympa mais pas spécialement au 1er abord, enfin un dessinateur de bd, quoi. Apparamment il galère (comme beaucoup). Le lendemain je me balade sur son stand et je jette un coup d'oeil sur ses bds. Ca a l'air très intéressant mais je n'ai pas un rond. La semaine d'après je commande sur un coup de tête les 3 tomes de cette série "Une âme à l'amer" , qui apparemment est la mieux notée chez BDtheque. Ca a l'air vachement bien. Et je reçois coup sur coup le 3, le 2 et 3 jours après le 1. Je les mets de coté (je ne lis que rarement les bds dès que je les achète, j'attends le moment adéquat). Souvent en pleine nuit d'ailleurs lors d'insomnies causées par un endormissement trop brusque suite à une alcoolisation excessive, comme c'était le cas aujourd'hui. Alors " Une âme à l'amer " c'est une série joyeuse, optimiste, romantique qui te montre que la vie n'est pas si... non c'est tout le contraire. C'est noir, triste, désespéré, sans concession, pervers et nihiliste. Ca tombe bien c'est tout ce que j'aime ! Cette pureté noire radicale c'est ma came. Ici aucune éclaircie dans ce ciel de plomb. Tout est sans espoir, même l'amour. Tout s'autodétruit. C'est normal, un être né dans la souffrance la trimbalera toute sa vie, ce que les autres ont du mal à admettre et à comprendre. Jean-Christophe Pol est très très torturé. Donc je ne vais pas raconter l'histoire. C'est l'histoire d'un type qui souffre (certains diront pauvre type ... oui c'est vrai) puis entraîne dans une affaire de meurtres atroces. Mais ce pitch est assez réducteur par rapport à tout ce qu'il y a dans cette série. Les souvenirs se mélangent constamment à l'intrigue ce qui a pour effet de rentrer vraiment à l'intérieur de la tête ce personnage complètement maniaco dépressif. Et le plus fort dans ce récit c'est qu'il vire tout doucement et imperceptiblement d'une sorte de chronique sociale (amère donc) à un redoutable thriller. Et le tout avec un style graphique hyper fluide, nerveux (découpage et technique) et privilégiant la limpidité et l'efficacité au détail. C'est très réussi, chapeau ! Alors qu'à la base je ne suis vraiment pas client de ce type de bds (à 1ère vue car en fait je ne connais pas). D'ailleurs avec un autre type de dessins j'aurais même mis 5/5 sans hésiter. En même temps le résultat est parfait, rien à dire. Il faut que je lise absolument ses autres bds.

17/04/2013 (modifier)
Couverture de la série Saison brune
Saison brune

Un gros pavé de 470 pages, qui se lit finalement plutôt bien et (relativement) vite. Il faut dire qu’on en a pour son argent ! Et je ne fais pas ici référence uniquement au nombre de pages. Je pense aussi aux questions qu’il donne envie de creuser, aux lectures qu’il donne envie de faire. Bref, un album agréable à lire et qui pousse à lire ! Un livre qui fait réfléchir, qui fait se poser des questions. Que l’album de Squarzoni soit le résumé d’un travail de recherche partiel, partial m’importe peu ici. Ses lecteurs sont adultes et libres de confronter les sources. En tout cas il soulève des questions que d’autres – comme Allègre, n’ont de cesse de faire oublier. L’album en lui-même s’écarte des canons habituels de la bande dessinée. Sorte de monologue illustré, par un dessin extrêmement rigoureux et précis, avec des collages de photos, des reconstitutions de films célèbres et des digressions poético-biographiques de l’auteur. Un air de détournement situationniste, en moins radical. Ecrit juste avant Fukushima, Squarzoni n’évoque évidemment pas cette catastrophe, qui apporte hélas de l’eau à son moulin : sur les risques consécutifs à la montée des océans, sur l’aveuglement concernant le nucléaire (voir les mensonges et autres omissions de Tepco, avant, pendant, et après les explosions). Concernant aussi l’action d’Allègre, qu’on a vu en boucle à l’époque sur les plateaux télé pour dire qu’évoquer l’arrêt du nucléaire au Japon et/ou chez nous relevait de l’indécence, qu’il fallait attendre que les Japonais pansent d’abord leurs plaies, etc… Et bien sûr, aujourd’hui, plus aucun débat n’est envisagé, lui et ses commanditaires ont réussi à noyer le poisson. La poignée de mains entre Sarkozy et Khadafi nous rappelle aussi quelques vérités oubliées, et donne une bonne touche d’humour involontaire, dans un album par ailleurs plutôt austère. Un livre intéressant, militant donc. Pour en prolonger certaines analyses, je vous recommande la lecture du livre "La stratégie du chaos" de Naomie Klein. Pour voir que toutes les catastrophes ne sont pas naturelles, et qu’elles ne sont pas catastrophiques pour tout le monde.

17/04/2013 (modifier)
Par erwelyn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Elephantmen
Elephantmen

Coup de cœur. L'arrivée des Elephantmen dans le paysage des comics est un pur régal visuel et scénaristique. Loin des super-héros mais tout en gardant la notion de "sur-homme", bien qu'ici il s'agisse de "sur-animaux", les créateurs nous plongent dans une épopée guerrière hors du commun. C'est presque un roman graphique puisque les dialogues sont assez minimalistes au profit d'une narration en haut de case. L'histoire se déroule en France dans un avenir proche où l'on suit les mésaventures d'Yvette une rebelle qui vient de perdre son frère, massacré par les Elephantmen. Elle nous raconte ainsi comment tout a commencé et comment une poignée de survivants, dont elle, tentent désespérément de lutter contre cette armée inhumaine créée par un savant fou, dont le seul but est d'exterminer la race humaine. Profondément sauvage et violent, ce monde implacable dans lequel évolue l'héroïne la pousse à devenir aussi enragée que ses ennemis. La dimension philosophique de ce récit est à la portée de tous et met en exergue les notions d'humanité et de compassion. S'il n'était ce prénom outrageusement franchouillard, il n'y aurait aucune fausse note. Mais comme je suppose qu'une équipe aussi importante (environ six personnes pour un seul comic) a forcément testé plusieurs prénoms, je suis bluffé par le fait que ce prénom vieillot finisse par prendre une place aussi légitime dans le scénario. Car si le V de Vendetta connaît encore aujourd'hui un grand succès, notre Yvette sculpte elle son nom entier dans la chair de ses agresseurs. A la fin du premier tome, nulle doute qu'elle deviendra l'héroïne emblématique de cette série en quête d'humanisme dont les décors bien inspirés nous rappellent les heures noires des tranchées de 14-18. Je le dis haut et fort, Elephantmen est une pure merveille.

16/04/2013 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Comix Remix
Comix Remix

Sans la récente lecture de l’excellent Cycloman réédité par Cornélius sur un sujet à priori similaire (les superhéros à la french touch) et la présence intriguée de cette grosse intégrale aux accents comics (les annotations Comics sont reprises dessus comme sur un bon vieux Strange), il y a de fortes chances que je serais passé complètement à côté de l’œuvre de Hervé Bourhis et quelle grave erreur ça aurait été ! Car si Cycloman est aussi rafraichissant et drôle dans notre paysage franco-belge, Comix Remix emprunte une voix bien plus sombre que ses dessins épurés et colorés et rappelle davantage Watchmen et Donjon avec une ambition plutôt impressionnante pour une œuvre passé aussi inaperçue… Petit retour en arrière : dans une mégalopole aussi industrielle qu’étouffante se cotoyent êtres humains et monstres… Parmi cette population se distinguent les superhéros eux même retranchés en deux partis : la « Corporation », entité officielle garni d’êtres parfaits physiquement mais cachant de sombres desseins politiques et vendant ses attributs aux plus généreux et le clan des Clandestins, reclus de tous genres et de toute origine condamnés à exercer des actes dits terroristes pour lutter contre la suprématie de Miss Honolulu, mystérieuse femme à l’aura tentaculaire…. Le récit commence avec l’assassinat de Mister Mercure, le superhéros le plus adulé de la « Corporation » et la convoitise de son fils John-John et de sa veuve par tous les bords. Tout ceci va mettre le feu au poudre au sens propre comme au figuré et permettre à Hervé Bourhis de déployer un bestiaire des plus atypiques et riches rarement vus dans un récit de ce genre en confrontant monstres roses charismatiques et super collants fascistes sans oublier attaques de monstres géants dans un final apocalyptique des plus délétères ! Ne vous fiez pas au dessin enfantin ni au titre représentant davantage l’hommage de Bourhis aux lectures de son enfance, si le début du récit est âpre et déstabilisant avec cette exposition de personnages multiples et complexes, la narration se fait plus prenante et bien structurée, multipliant les points de vue et les actions de tout bord… Il n’existe de surcroit nul personnage véritablement vertueux, chacun possède ses failles et l’auteur utilise beaucoup de subtilités dont une seconde lecture permet de cerner certaines réponses à des énigmes sans pour autant les surligner d’un fluo. Habile récit sur les différences raciales ou sociales, les dangers d’une politique manipulée par le profit et tout en s’appuyant sur des propos terriblement humains, Bourhis construit un récit rythmé et poignant dont le pessimisme transpire à chaque page sans pour autant négliger quelques pages d’humour avec le regard émouvant ou naïf d’enfants dépassés par leurs responsabilités ou des histoires d’amour inavouées aux destinées tragiques quand il n’y insuffle pas un peu de poésie noire dissimulée dans les bas-fonds d’une ville gagnrénée par l’incommucabilité de ses citoyens. En finalement si peu de pages et sur 3 tomes au contenu incroyablement riche et doté d’une galerie de monstres exceptionnels s’affrontant pour un idéal perdu (voir le charismatique Epominodas, homme chewing-gum affronter le ténébreux Mister Spice est un pur régal), Comix Remix se dote des plus beaux atouts pour offrir un récit aussi riche qu’un Donjon et complexe qu’un Watchmen sur des bases totalement différentes. Dans les quelques bonus de cette intégrale, l’auteur se réjouit du nouveau format plus adapté de cette intégrale en espérant qu’elle aura plus de lisibilité et d’impact en librairie et à la conclusion de cette jolie saga, c’est également tout le mal que je lui souhaite… Ne vous fiez pas au titre faussement parodique et imprégnez vous de l’univers unique et ambitieux de Hervé Bourhis, lisez Comix Remix, joli coup de cœur injustement passé inaperçu.

15/04/2013 (modifier)
Par David
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Trône d'argile
Le Trône d'argile

Indispensable pour tous les passionnés d'histoire...!!! J'étais récemment un peu déçu par toutes les séries qui revisitaient un peu trop l'histoire, qui la romançaient outre mesure. J'ai trouvé au travers de ces 5 tomes avalés en un rien de temps des détails et un respect de l'histoire notables. Une lecture qui donne envie d'approfondir encore plus ses connaissances sur cette période. D'ailleurs le fait de choisir une période aussi restreinte de l'histoire de France au premier abord peut rebuter mais on se rend vite compte que cette période d'une trentaine d'année regorge de rebondissements. Vivement la suite !!!

15/04/2013 (modifier)
Par Yannis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Histoire des 3 Adolf
L'Histoire des 3 Adolf

Voici un des chefs d'oeuvre de Tezuka. L'histoire des 3 Adolf nous plonge dans les années 30 et 40 au Japon et en Allemagne. On suit le destin de deux Adolf alors que l'élection du 3eme (Hitler) va bouleverser leur relation. L'un juif japonais et l'autre allemand fils de diplomate nazi vont voir leurs chemins se séparer. Rajoutez des intrigues secondaires avec des personnages travaillés et intéressants et vous obtenez un cocktail parfait. Le dessin est dynamique et bien réalisé, toujours aussi reconnaissable. Une oeuvre à découvrir surtout dans sa version Deluxe.

15/04/2013 (modifier)
Par Yannis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Sans doute la meilleure série de Loisel (pour moi). La plongée dans un Londres sale et agressif n'est pas sans rappeler Oliver Twist. Loisel joue bien des références et chaque personnage se construit au fil des albums et rend cette oeuvre profondément intéressante. Le dessin n'est pas en reste et en terme de détails et de couleurs, je le trouve approprié limite parfait. Une oeuvre à découvrir et à relire afin d'en apprécier toutes les subtilités.

15/04/2013 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Transperceneige
Le Transperceneige

C'est le Transperceneige aux mille et un wagons, le dernier refuge de la civilisation... Dans un monde mort et glacé roule depuis plus de 20 ans un train, dans lequel se sont réfugiés les derniers humains. Un train qui est bien sûr l'allégorie de l'humanité, coincée sur sa petite planète parcourant sans fin la même orbite, dans un espace mort, hostile et froid, sans connaître le but de son existence, si même il y en a un. Avec sa succession de wagons, le train est aussi une métaphore de la société : les riches devant, les pauvres derrière, mais tous embarqués ensemble et condamnés à cohabiter. Dans ce monde clos et hiérarchisé va se glisser un grain de sable. Un "queutard" s'est échappé des wagons de queue, les plus pauvres, pourtant isolés des autres par une porte blindée. Il a rejoint une partie du convoi à laquelle il n'aurait jamais du accéder. Et voilà que le président lui-même demande à le voir, dans les wagons de tête. Proloff (le nom est transparent !) va donc remonter tout le train, accompagné d'Adeline Belleau, une belle humanitaire, fascinée par cet échappé du "tiers-convoi". Lob et Rochette exploitent à merveille toutes les potentialités de l'univers clos qu'ils ont imaginé et trouvent des solutions originales pour répondre aux questions que se pose le lecteur : pourquoi ce train roule-t-il sans s'arrêter ? Que s'est-il passé ? Comment y mange-t-on et y boit-on, puisqu'il ne s'est pas arrêté depuis 20 ans ? Qu'y fait-on ? Le dessin, la construction des pages et la caractérisation des personnages sont à la hauteur du récit. Pas de couleur, mais un noir et blanc presque obligatoire pour ce monde plongé dans la nuit et la neige. Un seul bémol : les militaires sont forcément bêtes et méchants, les dirigeants véreux et inhumains, les prêtres fanatiques et soumis au pouvoir en place. C'est un peu le cahier des charges minimal pour un univers post-apocalyptique. Mais un peu plus de nuance et de complexité humaine aurait enrichi le propos. Pour autant, le récit n'est pas si manichéiste. Personne n'est vraiment bon dans cette affaire. Et les plus pauvres eux-mêmes ne sont pas pour autant meilleurs que les riches. Une histoire marquante, en tout cas, qu'on lit d'une traite, sur la trace de Proloff et Adeline, jusqu'à une fin originale, tout à fait à la hauteur du récit.

13/04/2013 (modifier)