Les personnages sont moches, très moches. L'histoire est une histoire de quête de pouvoir de différents personnages. C'est aussi l'histoire d'une quête du retour à la normal par notre fossoyeur et personnage principal, Spoogue qui avait pas demandé grand chose au départ mais qui se retrouve quand même dans le jus.
Mais.. qu'est ce que c'est bon ! C'est décalé, c'est délirant, c'est drôle, c'est plein de sang, et... ça fait du bien.
Un joli moment de fraicheur, c'est des Bds comme j'aimerais en lire tous les jours (pourtant à l'antithèse des romans graphiques dont je suis si friand)
A lire. Pour ma part, je vais laisser passer quelques temps pour l'oublier et avoir le plaisir de relire ces 3 tomes.
Un bon 4/5
Après le succès mérité du très bon Pinocchio (Winshluss), l'auteur nous revient avec un titre à l’abord surprenant, In God We Trust. Force est de reconnaître que comme pour le précédent opus de Winshluss, Les Requins Marteaux ont réalisé de la bel ouvrage : on a là un beau reliquaire (couverture simili cuir, papier épais), pour un objet qu’on devine plus sacrilège que le titre et la couverture ne nous le laissent entendre.
Les familiers du site des requins Marteaux savent depuis longtemps – image délirante à l’appui, que Franky (parodie de Jésus) est amour. Le Saint Franky qui officie ici comme narrateur ressemble plus à frère Tuck, mais la parodie reste de mise…
On trouve dans l’album une suite de saynètes plus ou moins longues malmenant en les revisitant Nouveau et Ancien Testament. C’est très souvent bien vu et drôle (à part le passage avec Superman, que j’ai trouvé assez moyen). Dieu est ici un personnage bourré de défauts (entre autres) – un peu à l’image de celui de Lapuss’ (il est vrai moins caustique et décapant dans La Fin du Monde (Paquet)).
Winshluss utilise pour cela divers styles graphiques, même si la touche underground habituelle domine. Le tout est entrecoupé de publicités assez poilantes bousculant le politiquement correct. Bref, c’est une grosse déconne franchement réussie !
Ce qui rend la lecture de cet album encore plus recommandable, c’est qu’il paraît en des temps où le blasphème semble difficile à exprimer (voir certaines manifestations récentes). A ce propos, la dernière page vaut son pesant de cacahouètes et s'immisce peu discrètement dans le débat récent à propos du mariage homosexuel. Pour prolonger cette relecture des évangiles, vous pouvez aussi lire Jésus et les copains de Dimitri Planchon. Sinon, il reste la Bible…
Enfin fini ce Gorazde ! C'est sans doute la première fois que j'ai gardé une BD pendant six mois sans la lire. Je ne sais pas vraiment la raison de cette attente, peut-être la taille du livre, ou le sujet qui m'effrayait un peu. La peur d'être déprimé aussi. Mais j'ai franchi le cap, et une fois commencé, je n'ai pas réussi à m'arrêter.
En terme de documentaire, ce récit est proprement époustouflant. J'ai très peu de connaissance sur la guerre en Bosnie, sauf ce que m'a expliqué une amie (en partie serbe) l'année dernière, et j'ai eu envie depuis d'en apprendre un peu plus sur cette guerre qui s'est déroulée si près de chez nous voila moins de vingt ans. La BD Gorazde me semblait un bon moyen de toucher d'un peu plus près la réalité du conflit.
Et quelle claque ! J'ai rarement vu un reportage en BD aussi bien mené, excusez du peu. C'est proprement hallucinant ! Sacco parviens à nous mêler pendant plus de 200 planches la vie des gens qu'il a rencontré à Gorazde, sa propre expérience des voyages qu'il y a mené et l'histoire générale de la guerre de Bosine. Le tout mené avec un tel brio qu'on ne se rend pas compte qu'on a le droit à un reportage, des témoignages et un carnet de voyage. Le tout mené par un graphisme excellent, bien que très particulier, qui rend à merveille les paysages, les têtes et surtout les ambiances.
Parce que cette BD nous plonge dans une ambiance ... Cruelle, noire et sombre. La guerre de Bosnie fut atroce, d'un côté comme de l'autre, mais pas que par les armes. Les drames psychologiques, les famines et les blessés, les privations, la pression sur l'enclave ... Tout est magnifiquement rendu, on s'y croirait tant que j'ai eu un soulagement énorme en voyant la paix annoncée, alors qu'elle est effective depuis quinze ans. C'est vous dire si j'étais dans le récit.
Gorazde est vraiment une BD sublime, j'ai été conquis lors de ma lecture par ses personnages humains, sa façon de mettre en scène et de raconter, le trait de Joe Sacco et le découpage en petits chapitre, tout est parfait. L'édition est en sus complété par des interviews et de superbes explications de l'auteur qui mettent en lumière certains choix du livre, que je trouve pertinent. Non, vraiment, je ne vois pas de défaut. La BD-reportage à son top niveau, c'est pour moi une réussite totale. Je donne la note maximale sans même réfléchir.
J'ai longtemps hésité à commencer cette série qui était dès le départ prévue en de nombreux tomes. J'ai commencé par l'intégrale que j'ai ensuite complétée. J'aime déjà à la base les histoires de Christophe Bec, comme le très glauque Pandémonium ou l'oppressant Sanctuaire.
Prométhée est dense, on se laisse vraiment embarquer pour des aventures qui vont durer. La tension monte, les phénomènes extraterrestres se multiplient et on suit plusieurs personnages dont les destins finissent par se lier. C'est documenté et on se ballade dans l'Amérique actuelle, mais on ne tombe jamais dans le patriotisme qui fait fuir les films traitant de ce thème.
Je ne suis pas un grand fan du dessin, mais il sied bien à l'action. Les couleurs informatiques sont certes toujours présentes, mais je m'y suis fait au cours de ma lecture. En tout cas je n'ai pas du tout été gêné par la multiplication des lieux et des personnages et c'est palpitant de suivre plusieurs actions en même temps.
J'attends la fin de la série avec impatience tout en espérant fortement de ne pas être déçu.
Comme beaucoup d’avis ici, je pense qu’on tient là un immanquable du roman graphique. Le film m’avait bouleversé, j’ai donc eu envie de lire la bande dessinée de Julie Maroh pour voir si l’adaptation était fidèle à l’œuvre originelle, et mon cœur d’artichaut a cédé encore une fois.
J’avais trouvé la fin du film cruelle et en points de suspensions comme si une suite à venir était possible, mais la BD n’en laisse pas la place puisqu’on apprend dès le début que Clémentine (Adèle) décède à la fin. En cela je trouve la BD infiniment plus triste que le film. Abdellatif Kechiche a pris une grande liberté dans son adaptation mais les deux scénarios sont plutôt similaires. Une histoire d’amour, des balbutiements de l’adolescence au grand amour passionné, on ne peut que réagir positivement face à une telle histoire.
Le dessin est superbe également, tout en crayonné et rondeur et souvent juste dans le réalisme des expressions faciales. Le choix des couleurs est très judicieux comme de raconter le passé de Clémentine avec des tons sépia, puis d'ajouter plus de variances au fur et à mesure que le récit progresse et s’ancre dans le présent. Et le bleu des cheveux d’Emma reste la couleur dominante, distillée à droite à gauche.
C’est aussi un bien bel objet avec sa couverture souple et plastifiée. Plus de 150 pages de lecture dont on ne décroche toujours pas même parvenu à la toute dernière planche.
Je relis rarement les BD que je préfère, plus de deux fois !
Je crois que je vais là sur ma 5ème lecture de ce "Tout Seul" (environ une fois l'an) , et mise à part que cette énième relecture se fait plus rapide que les premières, c'est toujours avec le même bonheur et plaisir que je redécouvre ce récit ! Et je devine déjà que je la ressortirai à nouveau l'année prochaine ...
Il s'agit ni plus ni moins de l'oeuvre la plus attachante de Chabouté !
Avec un tel niveau de narration graphique, ce n'est plus un Bd, mais un poème ...
A découvrir d'urgence si vous ne l'avez pas encore lu.
J'aime bien les années 50 aux Etats-Unis et leur mythologie symbolisée par les grosses bagnoles, les fringues et le cinéma de cette époque, où l'Amérique repartait vers la prospérité après les années de guerre. Les années 20 de ce pays sont aussi fascinantes ; ça tombe bien, dans cette bande, il y a les deux.
Les auteurs s'emparent d'un thème très ricain : à travers le portrait d'un self-made man envié qui symbolise à l'excès le fameux rêve américain, soudain brisé par une avalanche d'épreuves qui démolit tout ce qu'il a construit, Desberg et Griffo proposent au lecteur de pénétrer au coeur d'une passionnante intrigue psychologique qui hésite entre la fable sociale et le polar.
Le scénario bien construit met en lumière certains événements où Jay Sherman le héros central de ce récit, doit fouiller son passé pour comprendre qui lui en veut et pourquoi, mettant ainsi à nu certaines zones d'ombre et certaines vérités pas toujours très propres.
Si Desberg n'évite pas des situations vues ailleurs et des figures attendues de ce type de récit, ainsi que quelques clichés (la rencontre et l'amourette entre Jay et Donna un peu rapide ; la rivalité animale entre Jay et David Sterling...), il se rattrape par une narration virtuose qui alterne présent et passé et qui commence par un début très accrocheur.
Seul petit bémol : le récit patine un peu au milieu, ça s'étire et ça s'égare un peu trop lors des séquences avec les nazis, mais sinon, c'est une Bd palpitante, au dénouement inattendu qui tient en haleine avec une efficacité redoutable, à défaut d'une grande originalité. Griffo sait changer de style et de période sans problème, même si j'ai trouvé son dessin un peu bâclé parfois (dû au rythme rapide de parution ?), et n'ayant pas le même soin que sur Cinjis Qan ou Giacomo C. ; son trait est ici plus proche de celui sur Vlad. Les couvertures superbes, rappellent des images de vieux films américains des années 50.
Cette série achève de placer Desberg parmi un aréopage de scénaristes doués comme Van Hamme, Giroud, Dufaux ou Cothias ; elle est tellement prenante que quand on la commence, on veut savoir absolument la suite sans décrocher, et j'ai lu les 6 tomes d'affilée sans ennui, ce qui est rare...
A première vue, cette Bd semble adopter les caractéristiques de l'heroic fantasy, mais on nous parle de guerre stellaire, de confédération galactique, d'union planétaire, il y a des armes à feu futuristes, l'héroïne a un navigateur satellite, et il y a plusieurs engins blindés... c'est donc une étrange association de fantasy et de SF version post-apocalyptique, où évoluent des personnages certes stéréotypés dans un monde désertique et sauvage sur une planète lointaine. Cette Bd est très proche de "Yor", ancienne bande de Zanotto qu'il fit paraître en Italie entre 1975 et 1981 (et qui fit l'objet d'une adaptation ciné plutôt tartignole).
Même si tout ça sent le déjà vu, ça reste très sympathique et sans prétention ; Falka, cette héroïne sexy issue d'une tribu d'amazones, est vraiment très agréable à regarder avec sa tenue minimaliste de guerrière aguerrie.
Le dessin de Zanotto est séduisant, à l'encrage fin, certaines pages sont vraiment belles, avec des décors hallucinants, mais il réussit mieux ses personnages féminins, ses hommes étant plutôt quelconques. Voici donc une Bd de pure détente à laquelle il ne faut rien demander de plus, elle remplit parfaitement son rôle.
Effectivement, c'est une belle BD qui nous a été offerte en cette fin d'année !
J'ai un petit faible pour ce brave roi de France que fut Charles IX, pauvre petite marionnette entre des mains plus puissante, qui fut aussi fou (pour une anecdote qui n'est pas reprise dans le livre, on le vit au Louvres se baladant à quatre pattes avec une selle sur le dos). Nous avions du faire un exposé dessus en deuxième année de licence, et j'appris plein de choses sur cette période de règne, très intensive sur bien des domaines (religieux, politiques, économiques ...). Le basculement d'une dynastie également.
La BD retranscrit à merveille cette période, en faisant le portrait de ce Charles IX, roi faible et lâche, malade et soumis. Un roi qu'on peut comprendre en observant tout le contexte, et c'est ce que cette BD met bien en valeur : tout ce qui se passe autour, les intrigues de cour et les débats intérieurs, les angoisses d'un personnage maladif et le développement progressif de cette folie dans un roi qui s'y retrouvera finalement complètement plongé. Une montée en puissance brutale et rapide, puisqu'en moins de deux ans le roi sera passé de normal à fou.
Le ton est soutenu par le dessin, qui plonge dans l'ambiance de cette époque, mais permet également de bien ressortir toute l'intériorité du roi à travers la colorisation et la modification corporelle de ce brave Charles IX. La mise en page est efficace et intéressante, notamment l'ouverture du livre, en gros plan sur le visage de ce malheureux Charles. Et la conclusion est parfaite, à la hauteur du reste de l'ouvrage, et nous laisse refermer pensivement la BD en songeant à toute l'implication actuelle qu'on y trouve.
Car oui, l'ouvrage à une sacrée portée actuelle, et l'auteur ne s'est pas privé de le faire passer, par deux ou trois petites allusions très fines situées dans certains morceaux de la BD. Les guerres de religions, ce n'est pas fini, et tuer un autre sur une simple haine de son dieu, ce n'est pas encore révolu, même en France, même si ce n'est pas les mêmes religions ... Je n'en dis pas plus, mais quand c'est intervenu dans la BD, j'en ai d'abord rigolé puis je me suis rendu compte que l'auteur ne faisait pas que rire. Il y a une vraie réflexion à faire à la lecture d'une telle BD, sur l'actualité de notre pays, de son pouvoir et de sa religion. Bref, la BD n'a pas fini d'être intéressante, à plus d'un titre.
Amateur d'histoire ou du XIV siècle, lecteur de bande-dessinée, curieux attiré par la nouveauté, penseur aimant à se distraire, cette BD est faite pour vous ! Vous y trouverez pour tout les gouts, d'une simple lecture distrayante et amusante à la réflexion et la métaphore. C'est une BD bien riche, bien dense, agréable et prenante. En un mot comme en cent, cette BD est parfaite, et surtout elle est à lire !
La fin 2013 me réserve encore quelques bonnes surprises. Bon, c’est vrai, j’ai gardé le meilleur pour la fin.
La collection Mirages de Delcourt regorge de petites pépites comme Le Singe de Hartlepool, Je mourrai pas gibier ou Endurance; en voici une nouvelle.
Charly 9 nous invite à suivre ce pauvre roi de France qui s’enfonce doucement – mais sûrement – vers la folie. Mais ce n’est pas juste ça, c’est d’abord et surtout une merveille de cynisme et d’humour. Personnellement, j’ai trouvé cela très drôle tant le ton employé est dramatique et décalé. J’ai tout simplement adoré !
Ajoutez à cela un dessin et une colorisation tout en style. Varié et adapté, le graphisme employé est à la hauteur de l’écriture : splendide !
En conclusion, ce Charly 9 est un nouveau joyau de la collection Mirages que je vous invite vivement à découvrir ! Intelligent et surprenant, comme Le Singe de Hartlepool, l’album figure sans hésitation dans mes lectures préférées de cette année…
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Les personnages sont moches, très moches. L'histoire est une histoire de quête de pouvoir de différents personnages. C'est aussi l'histoire d'une quête du retour à la normal par notre fossoyeur et personnage principal, Spoogue qui avait pas demandé grand chose au départ mais qui se retrouve quand même dans le jus. Mais.. qu'est ce que c'est bon ! C'est décalé, c'est délirant, c'est drôle, c'est plein de sang, et... ça fait du bien. Un joli moment de fraicheur, c'est des Bds comme j'aimerais en lire tous les jours (pourtant à l'antithèse des romans graphiques dont je suis si friand) A lire. Pour ma part, je vais laisser passer quelques temps pour l'oublier et avoir le plaisir de relire ces 3 tomes. Un bon 4/5
In God We Trust
Après le succès mérité du très bon Pinocchio (Winshluss), l'auteur nous revient avec un titre à l’abord surprenant, In God We Trust. Force est de reconnaître que comme pour le précédent opus de Winshluss, Les Requins Marteaux ont réalisé de la bel ouvrage : on a là un beau reliquaire (couverture simili cuir, papier épais), pour un objet qu’on devine plus sacrilège que le titre et la couverture ne nous le laissent entendre. Les familiers du site des requins Marteaux savent depuis longtemps – image délirante à l’appui, que Franky (parodie de Jésus) est amour. Le Saint Franky qui officie ici comme narrateur ressemble plus à frère Tuck, mais la parodie reste de mise… On trouve dans l’album une suite de saynètes plus ou moins longues malmenant en les revisitant Nouveau et Ancien Testament. C’est très souvent bien vu et drôle (à part le passage avec Superman, que j’ai trouvé assez moyen). Dieu est ici un personnage bourré de défauts (entre autres) – un peu à l’image de celui de Lapuss’ (il est vrai moins caustique et décapant dans La Fin du Monde (Paquet)). Winshluss utilise pour cela divers styles graphiques, même si la touche underground habituelle domine. Le tout est entrecoupé de publicités assez poilantes bousculant le politiquement correct. Bref, c’est une grosse déconne franchement réussie ! Ce qui rend la lecture de cet album encore plus recommandable, c’est qu’il paraît en des temps où le blasphème semble difficile à exprimer (voir certaines manifestations récentes). A ce propos, la dernière page vaut son pesant de cacahouètes et s'immisce peu discrètement dans le débat récent à propos du mariage homosexuel. Pour prolonger cette relecture des évangiles, vous pouvez aussi lire Jésus et les copains de Dimitri Planchon. Sinon, il reste la Bible…
Gorazde
Enfin fini ce Gorazde ! C'est sans doute la première fois que j'ai gardé une BD pendant six mois sans la lire. Je ne sais pas vraiment la raison de cette attente, peut-être la taille du livre, ou le sujet qui m'effrayait un peu. La peur d'être déprimé aussi. Mais j'ai franchi le cap, et une fois commencé, je n'ai pas réussi à m'arrêter. En terme de documentaire, ce récit est proprement époustouflant. J'ai très peu de connaissance sur la guerre en Bosnie, sauf ce que m'a expliqué une amie (en partie serbe) l'année dernière, et j'ai eu envie depuis d'en apprendre un peu plus sur cette guerre qui s'est déroulée si près de chez nous voila moins de vingt ans. La BD Gorazde me semblait un bon moyen de toucher d'un peu plus près la réalité du conflit. Et quelle claque ! J'ai rarement vu un reportage en BD aussi bien mené, excusez du peu. C'est proprement hallucinant ! Sacco parviens à nous mêler pendant plus de 200 planches la vie des gens qu'il a rencontré à Gorazde, sa propre expérience des voyages qu'il y a mené et l'histoire générale de la guerre de Bosine. Le tout mené avec un tel brio qu'on ne se rend pas compte qu'on a le droit à un reportage, des témoignages et un carnet de voyage. Le tout mené par un graphisme excellent, bien que très particulier, qui rend à merveille les paysages, les têtes et surtout les ambiances. Parce que cette BD nous plonge dans une ambiance ... Cruelle, noire et sombre. La guerre de Bosnie fut atroce, d'un côté comme de l'autre, mais pas que par les armes. Les drames psychologiques, les famines et les blessés, les privations, la pression sur l'enclave ... Tout est magnifiquement rendu, on s'y croirait tant que j'ai eu un soulagement énorme en voyant la paix annoncée, alors qu'elle est effective depuis quinze ans. C'est vous dire si j'étais dans le récit. Gorazde est vraiment une BD sublime, j'ai été conquis lors de ma lecture par ses personnages humains, sa façon de mettre en scène et de raconter, le trait de Joe Sacco et le découpage en petits chapitre, tout est parfait. L'édition est en sus complété par des interviews et de superbes explications de l'auteur qui mettent en lumière certains choix du livre, que je trouve pertinent. Non, vraiment, je ne vois pas de défaut. La BD-reportage à son top niveau, c'est pour moi une réussite totale. Je donne la note maximale sans même réfléchir.
Prométhée
J'ai longtemps hésité à commencer cette série qui était dès le départ prévue en de nombreux tomes. J'ai commencé par l'intégrale que j'ai ensuite complétée. J'aime déjà à la base les histoires de Christophe Bec, comme le très glauque Pandémonium ou l'oppressant Sanctuaire. Prométhée est dense, on se laisse vraiment embarquer pour des aventures qui vont durer. La tension monte, les phénomènes extraterrestres se multiplient et on suit plusieurs personnages dont les destins finissent par se lier. C'est documenté et on se ballade dans l'Amérique actuelle, mais on ne tombe jamais dans le patriotisme qui fait fuir les films traitant de ce thème. Je ne suis pas un grand fan du dessin, mais il sied bien à l'action. Les couleurs informatiques sont certes toujours présentes, mais je m'y suis fait au cours de ma lecture. En tout cas je n'ai pas du tout été gêné par la multiplication des lieux et des personnages et c'est palpitant de suivre plusieurs actions en même temps. J'attends la fin de la série avec impatience tout en espérant fortement de ne pas être déçu.
Le Bleu est une couleur chaude
Comme beaucoup d’avis ici, je pense qu’on tient là un immanquable du roman graphique. Le film m’avait bouleversé, j’ai donc eu envie de lire la bande dessinée de Julie Maroh pour voir si l’adaptation était fidèle à l’œuvre originelle, et mon cœur d’artichaut a cédé encore une fois. J’avais trouvé la fin du film cruelle et en points de suspensions comme si une suite à venir était possible, mais la BD n’en laisse pas la place puisqu’on apprend dès le début que Clémentine (Adèle) décède à la fin. En cela je trouve la BD infiniment plus triste que le film. Abdellatif Kechiche a pris une grande liberté dans son adaptation mais les deux scénarios sont plutôt similaires. Une histoire d’amour, des balbutiements de l’adolescence au grand amour passionné, on ne peut que réagir positivement face à une telle histoire. Le dessin est superbe également, tout en crayonné et rondeur et souvent juste dans le réalisme des expressions faciales. Le choix des couleurs est très judicieux comme de raconter le passé de Clémentine avec des tons sépia, puis d'ajouter plus de variances au fur et à mesure que le récit progresse et s’ancre dans le présent. Et le bleu des cheveux d’Emma reste la couleur dominante, distillée à droite à gauche. C’est aussi un bien bel objet avec sa couverture souple et plastifiée. Plus de 150 pages de lecture dont on ne décroche toujours pas même parvenu à la toute dernière planche.
Tout seul
Je relis rarement les BD que je préfère, plus de deux fois ! Je crois que je vais là sur ma 5ème lecture de ce "Tout Seul" (environ une fois l'an) , et mise à part que cette énième relecture se fait plus rapide que les premières, c'est toujours avec le même bonheur et plaisir que je redécouvre ce récit ! Et je devine déjà que je la ressortirai à nouveau l'année prochaine ... Il s'agit ni plus ni moins de l'oeuvre la plus attachante de Chabouté ! Avec un tel niveau de narration graphique, ce n'est plus un Bd, mais un poème ... A découvrir d'urgence si vous ne l'avez pas encore lu.
Sherman
J'aime bien les années 50 aux Etats-Unis et leur mythologie symbolisée par les grosses bagnoles, les fringues et le cinéma de cette époque, où l'Amérique repartait vers la prospérité après les années de guerre. Les années 20 de ce pays sont aussi fascinantes ; ça tombe bien, dans cette bande, il y a les deux. Les auteurs s'emparent d'un thème très ricain : à travers le portrait d'un self-made man envié qui symbolise à l'excès le fameux rêve américain, soudain brisé par une avalanche d'épreuves qui démolit tout ce qu'il a construit, Desberg et Griffo proposent au lecteur de pénétrer au coeur d'une passionnante intrigue psychologique qui hésite entre la fable sociale et le polar. Le scénario bien construit met en lumière certains événements où Jay Sherman le héros central de ce récit, doit fouiller son passé pour comprendre qui lui en veut et pourquoi, mettant ainsi à nu certaines zones d'ombre et certaines vérités pas toujours très propres. Si Desberg n'évite pas des situations vues ailleurs et des figures attendues de ce type de récit, ainsi que quelques clichés (la rencontre et l'amourette entre Jay et Donna un peu rapide ; la rivalité animale entre Jay et David Sterling...), il se rattrape par une narration virtuose qui alterne présent et passé et qui commence par un début très accrocheur. Seul petit bémol : le récit patine un peu au milieu, ça s'étire et ça s'égare un peu trop lors des séquences avec les nazis, mais sinon, c'est une Bd palpitante, au dénouement inattendu qui tient en haleine avec une efficacité redoutable, à défaut d'une grande originalité. Griffo sait changer de style et de période sans problème, même si j'ai trouvé son dessin un peu bâclé parfois (dû au rythme rapide de parution ?), et n'ayant pas le même soin que sur Cinjis Qan ou Giacomo C. ; son trait est ici plus proche de celui sur Vlad. Les couvertures superbes, rappellent des images de vieux films américains des années 50. Cette série achève de placer Desberg parmi un aréopage de scénaristes doués comme Van Hamme, Giroud, Dufaux ou Cothias ; elle est tellement prenante que quand on la commence, on veut savoir absolument la suite sans décrocher, et j'ai lu les 6 tomes d'affilée sans ennui, ce qui est rare...
Falka
A première vue, cette Bd semble adopter les caractéristiques de l'heroic fantasy, mais on nous parle de guerre stellaire, de confédération galactique, d'union planétaire, il y a des armes à feu futuristes, l'héroïne a un navigateur satellite, et il y a plusieurs engins blindés... c'est donc une étrange association de fantasy et de SF version post-apocalyptique, où évoluent des personnages certes stéréotypés dans un monde désertique et sauvage sur une planète lointaine. Cette Bd est très proche de "Yor", ancienne bande de Zanotto qu'il fit paraître en Italie entre 1975 et 1981 (et qui fit l'objet d'une adaptation ciné plutôt tartignole). Même si tout ça sent le déjà vu, ça reste très sympathique et sans prétention ; Falka, cette héroïne sexy issue d'une tribu d'amazones, est vraiment très agréable à regarder avec sa tenue minimaliste de guerrière aguerrie. Le dessin de Zanotto est séduisant, à l'encrage fin, certaines pages sont vraiment belles, avec des décors hallucinants, mais il réussit mieux ses personnages féminins, ses hommes étant plutôt quelconques. Voici donc une Bd de pure détente à laquelle il ne faut rien demander de plus, elle remplit parfaitement son rôle.
Charly 9
Effectivement, c'est une belle BD qui nous a été offerte en cette fin d'année ! J'ai un petit faible pour ce brave roi de France que fut Charles IX, pauvre petite marionnette entre des mains plus puissante, qui fut aussi fou (pour une anecdote qui n'est pas reprise dans le livre, on le vit au Louvres se baladant à quatre pattes avec une selle sur le dos). Nous avions du faire un exposé dessus en deuxième année de licence, et j'appris plein de choses sur cette période de règne, très intensive sur bien des domaines (religieux, politiques, économiques ...). Le basculement d'une dynastie également. La BD retranscrit à merveille cette période, en faisant le portrait de ce Charles IX, roi faible et lâche, malade et soumis. Un roi qu'on peut comprendre en observant tout le contexte, et c'est ce que cette BD met bien en valeur : tout ce qui se passe autour, les intrigues de cour et les débats intérieurs, les angoisses d'un personnage maladif et le développement progressif de cette folie dans un roi qui s'y retrouvera finalement complètement plongé. Une montée en puissance brutale et rapide, puisqu'en moins de deux ans le roi sera passé de normal à fou. Le ton est soutenu par le dessin, qui plonge dans l'ambiance de cette époque, mais permet également de bien ressortir toute l'intériorité du roi à travers la colorisation et la modification corporelle de ce brave Charles IX. La mise en page est efficace et intéressante, notamment l'ouverture du livre, en gros plan sur le visage de ce malheureux Charles. Et la conclusion est parfaite, à la hauteur du reste de l'ouvrage, et nous laisse refermer pensivement la BD en songeant à toute l'implication actuelle qu'on y trouve. Car oui, l'ouvrage à une sacrée portée actuelle, et l'auteur ne s'est pas privé de le faire passer, par deux ou trois petites allusions très fines situées dans certains morceaux de la BD. Les guerres de religions, ce n'est pas fini, et tuer un autre sur une simple haine de son dieu, ce n'est pas encore révolu, même en France, même si ce n'est pas les mêmes religions ... Je n'en dis pas plus, mais quand c'est intervenu dans la BD, j'en ai d'abord rigolé puis je me suis rendu compte que l'auteur ne faisait pas que rire. Il y a une vraie réflexion à faire à la lecture d'une telle BD, sur l'actualité de notre pays, de son pouvoir et de sa religion. Bref, la BD n'a pas fini d'être intéressante, à plus d'un titre. Amateur d'histoire ou du XIV siècle, lecteur de bande-dessinée, curieux attiré par la nouveauté, penseur aimant à se distraire, cette BD est faite pour vous ! Vous y trouverez pour tout les gouts, d'une simple lecture distrayante et amusante à la réflexion et la métaphore. C'est une BD bien riche, bien dense, agréable et prenante. En un mot comme en cent, cette BD est parfaite, et surtout elle est à lire !
Charly 9
La fin 2013 me réserve encore quelques bonnes surprises. Bon, c’est vrai, j’ai gardé le meilleur pour la fin. La collection Mirages de Delcourt regorge de petites pépites comme Le Singe de Hartlepool, Je mourrai pas gibier ou Endurance; en voici une nouvelle. Charly 9 nous invite à suivre ce pauvre roi de France qui s’enfonce doucement – mais sûrement – vers la folie. Mais ce n’est pas juste ça, c’est d’abord et surtout une merveille de cynisme et d’humour. Personnellement, j’ai trouvé cela très drôle tant le ton employé est dramatique et décalé. J’ai tout simplement adoré ! Ajoutez à cela un dessin et une colorisation tout en style. Varié et adapté, le graphisme employé est à la hauteur de l’écriture : splendide ! En conclusion, ce Charly 9 est un nouveau joyau de la collection Mirages que je vous invite vivement à découvrir ! Intelligent et surprenant, comme Le Singe de Hartlepool, l’album figure sans hésitation dans mes lectures préférées de cette année…