Le génie de Winshluss a encore frappé ! Après le sublime Pinocchio (Winshluss), je ne pouvais pas passer à côté de ce In God We Trust. J’ai franchement hésité à lui attribuer la note maximale mais il manque cette petite touche de génie qui faisait que Pinocchio (Winshluss) se tenait de bout en bout, avec sa trame de fond et ses personnages.
Ici, il est plutôt question de saynètes et, à nouveau, l’auteur fait mouche. Sans en faire de trop, Winshluss se moque de la bible et des dogmes. Tantôt sous forme de courtes histoires, tantôt sous forme de parodies publicitaires, il arrive encore une fois à nous surprendre avec cette caricature teintée d’humour graveleux et corrosif. C’est sa patte, sa marque de fabrique et franchement, je suis fan.
Comme pour Pinocchio (Winshluss), l’approche graphique de l’auteur tient du génie : selon le thème de l’histoire, il sait alterner la mise en page et le trait ou la colorisation. Comme si cela n’était pas suffisant, l’éditeur a de nouveau mis le paquet sur la qualité éditoriale !
Si vous appréciez l’auteur, je ne vois pas comment vous pourriez être déçu. Ce one-shot est une petite merveille. Vivement le prochain !
On est assez loin du western spaghetti de type Durango ; ici, la simplicité du scénario est compensée par un western tout en atmosphère qui met en scène les illusions perdues. C'est un western lent, contemplatif, à forte dose de psychologie, au ton crépusculaire affirmé, qui rappelle certains films des années 70 comme John McCabe, Josey Wales hors la loi, Dialogue de feu, Butch Cassidy et le Kid, ou Juge et Hors la loi... à l'heure où Hollywood revisitait le genre qui avait fait sa gloire.
C'est un western mélancolique qui reprend certains ingrédients habituels et un vernis d'imagerie d'Epinal, mais derrière lesquels une vision trop réaliste a fait disparaître le côté magique ; un réalisme sordide qui marque la fin des héros, car ceux-ci ont vieilli, leurs jours sont comptés, ce sont les dinosaures d'un Ouest en décrépitude, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Le jeune pistolero connaîtra une fin dérisoire, à l'image même d'un genre qui a abandonné tout romantisme au profit du cynisme.
La scène de sexe torride justifie par son audace l'éclatement d'un univers qui fut jadis clinquant et folklorique. Rugueux et hostile, cru et impitoyable, le Far West offre désormais le spectacle d'un paysage morne et vide, à l'instar de la superbe couverture d'album, et des cases de début et de fin sur le patelin de Bartlesville.
La construction des premières pages, sans dialogue est magistrale, le dessin est fabuleux, Guérineau a effectué un travail remarquable sur les visages, les ombres, certains éléments de décor, les cadrages ; les couleurs achèvent de rendre ce récit véritablement hypnotique, qui incite une fois qu'il est lu, à s'attarder sur la beauté des dessins.
J'ai vraiment l'impression en lisant ce récit de retrouver l'équivalent en BD de ce que j'ai vu dans certains films, tout est parfaitement restitué. Une pure merveille.
Ouch … c’est du lourd. Mais du bon, du désopilant, de l’excellent même !
Colt Bingers, c’est un pastiche tellement énorme de l’américain type que ça le rend encore plus crédible. Sous forme de courts chapitres, on suit Colt Bingers, ancien flic ayant remis son étoile, dans sa traque sans pitié du meurtrier de sa femme … un borgne unijambiste. Et sa traque en Harley va faire du grabuge. Après tout, on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Le ton feuilletonnesque de cette fresque folle, alliant parodie de séries télés et situations absurdes, est bien décortiqué par Jetjet. Bref, voici une caricature des déviances d’une nation qui est bigrement bien foutue.
C’est énorme mais tellement vrai … Très très réussi !
Je ne connaissait Jung qu'avec le magnifique Kwaïdan et la je le découvre sous une toute autre facette et dans un style complément différent.
Dans un style en noir et blanc très expressif, Jung s'attaque à un thème qui ne devait pas être évident à traiter : Lui même ! Dans "Couleur de peau : Miel", Jung va nous raconter son enfance, sa vie d'adopté, depuis qu'un policier l'a trouvé errant dans la rue en Corée, en passant par son passage en orphelinat, son arrivé dans sa nouvelle famille en Belgique, son adolescence, et pour finir sur son retour en Corée. La boucle était bouclée.
Une sacrée introspection ce récit !
Jung a traité ça habillement, malgré le thème principal fort (l'adoption, et plus précisément comment lui a vécu son adoption d'enfant Coréen), il n'a pas versé dans le larmoyant facile. Il ya de l'émotion certes, mais je l'ai toujours sentie "juste", c'est émouvant quand ça devait l'être, c'est poignant quand il le fallait, et surtout les passages un peu drôle ne tombaient pas comme un cheveu sur la soupe, c’était toujours bien à propos, et ça rendait le récit un peu plus léger par moment...
J'ai vraiment adoré ma lecture, Jung a un vrai talent pour raconter des histoires et son histoire en particulier. J'aurais presque aimé qu'il en raconte plus ! Le début de sa vie de dessinateur de BD, sa première copine, la rencontre avec sa femme, etc etc. Mais le pauvre, il n'a peut être pas envie de se montrer plus...
En tout cas, bravo M. Jung, vous avez fait une bien belle BD, et un très beau témoignage !
Cette série se réclame d'un nouveau genre, "l'antic fantasy", une aventure homérique teintée de fantaisie; effectivement, ça ressemble à un combiné de Grèce antique, de Perse et de culture mésopotamienne, mais ça emprunte seulement des décors, des costumes, un visuel, car cette Antiquité réinventée permet toutes les libertés, les auteurs n'étant ainsi pas prisonniers d'une culture. Ce sentiment est renforcé par le dessin de Miguel Imbiriba, notamment par son rendu lors d'une splendide double page qui laisse entrevoir généreusement une civilisation imaginaire, un royaume magique, mais dans un monde antique.
C'est une impression étrange quand on sait le nombre incroyable de peuples aujourd'hui connus qui ont vécu dans cette Antiquité.
On apprend dans la préface écrite par Léo que ce dessinateur est un compatriote brésilien, mais il est navrant d'apprendre ce qui lui est advenu quand on contemple la qualité de son travail. Pour sa ténacité, il mérite d'être admiré, mais aussi pour son dessin qui m'a tout de suite séduit. Il y apporte un soin dans sa mise en page et dans la profusion des détails qui enrichissent les décors. Pour une première série en France, ce Miguel envoûte le lecteur par son dessin sensuel, proche par endroits du graphisme de Kraehn qui ici, fait jouer sa science d'excellent raconteur d'histoire, en créant de toute pièce un monde, même si par moments, son étonnant dialogue est étrangement contemporain.
C'est pourquoi le désappointement est grand lorsqu'on sait qu'au vu de toutes ces qualités, la série a été un échec et fut abandonnée après 3 albums. Malgré une fausse fin qui ne nuit pas au plaisir de lecture, je recommande vivement cette série.
Comment ai-je pu passer à côté de cette bande dessinée?
A vrai dire, je ne voulais plus m'aventurer dans les séries sur plusieurs années.
Et là, avec les fêtes, j'ai reçu cette bande dessinée en cadeau. Bref me voilà piégé pour acheter la suite tant l'histoire est prenante!
Je ne suis guère un grand lecteur des ambiances post-apocalyptiques (Seul le roman "Malevil" de Robert Merle, m'a laissé un souvenir impérissable; alors que je n'ai pas accroché du tout à la série Walking Dead) et pourtant je suis resté scotché par ce premier volume.
Un graphisme somptueux, un premier volume qui s'étire sur 80 pages, ce qui laisse le temps aux personnages de s'installer tranquillement, et une fin haletante comme je les aime.
Malgré des couleurs chatoyantes, j'ai ressenti au fil des pages l'ambiance oppressante qui règne au sein de cette communauté retranchée à l'abri de........ à l'abri de quoi effectivement, c'est tout ce que l'on se demande au fur et à mesure que l'on tourne les pages... mais je vous laisse découvrir cette menace omnisciente et pesante (voir le tableau de chasse, page 21, qui sonne comme un couperet)
Une série très prometteuse, qui ne m'a pas seulement conquis mais aussi mes enfants.
Une réussite.
Vivement la suite.
Quelle histoire loufoque, absurde ! Mais dans laquelle on se laisse totalement emporter, « pour voir ».
Le dessin est très bon je trouve, avec des personnages ressemblant parfois à celui du « Cri » de Munch, en arrondi.
Dessin original, donc, mais que dire de l’intrigue ? Oui, qu’en dire en fait ? Si ce n’est qu’elle est presque inracontable. Pour ne pas dévoiler les ressorts de l’ « enquête » (car il s’agit de meurtres en séries, et de leur élucidation). Mais aussi et surtout parce que la narration de Dumontheuil, frôlant le non sens, ne se résume pas.
Je comprends qu’on puisse trouver abscond ce genre d’histoire, mais je suis plutôt client. Et, après cette première lecture d’une œuvre de Dumontheuil, cela m’a donné envie d’aller en découvrir d’autres !
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir en lisant des histoires policières. Car effectivement ces deux albums sont bien des histoires de simples flics et non pas celles de surhommes tels John McClane ( Bruce Willis dans les nombreux Die Hard) ou encore Martin Riggs et Roger Murtaugh (Mel Gibson et Danny Glover dans la série L'Arme Fatale).
L'auteur nous fait intégrer une équipe des RG parisiens menant des affaires courantes pour ce service bien sûr.
Tout ce que l'on peut dire c'est que cela sent le vécu. Effectivement Pierre Dragon est un vrai flic qui s'est inspiré de son expérience pour nous concocter ces deux histoires , indépendantes l'une de l'autres, mais au combien prenantes , haletantes et j'en passe. Ce sympathique auteur , qui est natif de l'Aude ( département dans lequel je vis actuellement, c'est peut-être pour cela que j'adore ce charmant monsieur, mais non je ne suis pas chauvin à point là quand même), nous entraîne donc dans le milieu policier comme le ferait un sociologue , tout en réussissant à nous faire accrocher aux enquêtes de cette équipe de flics des Renseignements Généraux qui n'ont pourtant rien d'exceptionnelles. Mais ce genre d'enquêtes sont courantes pour ce service et c'est sans doute pour cela que j'ai adoré ces récits. On a l'impression de lire les faits divers mais l'auteur rajoute dans ces histoires le quotidien et la vie personnelle de ces flics communs mais pourtant très attachants.
Le dessin de Frederik Peeters n'est pas celui que j'affectionne le plus ,mais il s'adapte parfaitement à ces histoires. Je ne peux qu'applaudir le travail de ce dessinateur car grâce à son style particulier il réussit à nous plonger dans ces récits sans que l'on ait envie d'arrêter avant la fin de chaque tome.
Si vous voulez lire de vraies histoires de flics lisez ces deux superbes albums(ou la très belle intégrale), vous ne le regretterez pas , faites moi confiance.
Et bien ! Je viens d’achever la lecture de cette série, et quelle réjouissante découverte ! Vraiment sympa.
Turf a puisé un peu partout pour constituer un univers cohérent. Il y a du Lewis Carroll, de l’héroïc fantasy, de la science fiction, mais aussi des décors mêlant désuet et décalages amusants (on ne situe d’ailleurs pas vraiment l’époque où est sensée se dérouler cette histoire, et je la vois proche parfois du « Roi et l’oiseau », le superbe dessin animé de Grimault et Prévert).
Il y a aussi et surtout un auteur original qui a vraiment su créer quelque chose de personnel. Et qui semble avoir un compte à régler avec les Schtroumpfs de Peyo (dont le comportement et le rôle sont ici inversés par rapport aux originaux) ?
Les dessins, le découpage et les couleurs (très « confiserie » pour le palais…) sont très bons. Les dialogues le sont eux aussi, savoureux, drôles (en particulier ceux concernant le roi et Ambroise !). L’enquête farfelue des deux gardes est elle aussi réjouissante, en plus d’être une façon habile de nous faire visiter les dessous du palais.
Turf a aussi su nous tenir en haleine (je viens de lire tout d’une traite, et n’ai donc pas dû patienter 17 ans !...) en racontant en parallèle plusieurs histoires qui s’imbriquent plus ou moins, dans des lieux différents mais « liés », le dernier tome délivrant son lot de réponses alors que tout « revient dans l’ordre ».
J’ai beaucoup aimé cette série gentiment déjantée, qui vise un public très large, dont je fais partie, c’est clair. Un gros coup de cœur.
Une BD que j'ai lue il y a de cela des années.
Et j'en ai toujours un souvenir intact, c'est l'une des oeuvres qui m'ont fait me tourner définitivement vers la bande dessinée.
Chaque planche, que dis-je, chaque case, est un chef d'oeuvre d'expressionnisme (si je puis dire) en noir et blanc. J'aime à l'ouvrir pour en admirer ou faire admirer les planches.
L'histoire, fleuve, avec ses nombreux rebondissements nous tient en haleine sur plus de 500 pages.
C'est grandiose. C'est une oeuvre que j'ai offerte plusieurs fois, sans déceptions aucune.
L'intégrale est à un prix plus qu'honnête (25€, contre 18€ par tome), certes le format est plus petit, mais cela ne gâche rien.
Tiens, d'en parler me donne envie de me replonger dans ce pavé.
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In God We Trust
Le génie de Winshluss a encore frappé ! Après le sublime Pinocchio (Winshluss), je ne pouvais pas passer à côté de ce In God We Trust. J’ai franchement hésité à lui attribuer la note maximale mais il manque cette petite touche de génie qui faisait que Pinocchio (Winshluss) se tenait de bout en bout, avec sa trame de fond et ses personnages. Ici, il est plutôt question de saynètes et, à nouveau, l’auteur fait mouche. Sans en faire de trop, Winshluss se moque de la bible et des dogmes. Tantôt sous forme de courtes histoires, tantôt sous forme de parodies publicitaires, il arrive encore une fois à nous surprendre avec cette caricature teintée d’humour graveleux et corrosif. C’est sa patte, sa marque de fabrique et franchement, je suis fan. Comme pour Pinocchio (Winshluss), l’approche graphique de l’auteur tient du génie : selon le thème de l’histoire, il sait alterner la mise en page et le trait ou la colorisation. Comme si cela n’était pas suffisant, l’éditeur a de nouveau mis le paquet sur la qualité éditoriale ! Si vous appréciez l’auteur, je ne vois pas comment vous pourriez être déçu. Ce one-shot est une petite merveille. Vivement le prochain !
Après la nuit
On est assez loin du western spaghetti de type Durango ; ici, la simplicité du scénario est compensée par un western tout en atmosphère qui met en scène les illusions perdues. C'est un western lent, contemplatif, à forte dose de psychologie, au ton crépusculaire affirmé, qui rappelle certains films des années 70 comme John McCabe, Josey Wales hors la loi, Dialogue de feu, Butch Cassidy et le Kid, ou Juge et Hors la loi... à l'heure où Hollywood revisitait le genre qui avait fait sa gloire. C'est un western mélancolique qui reprend certains ingrédients habituels et un vernis d'imagerie d'Epinal, mais derrière lesquels une vision trop réaliste a fait disparaître le côté magique ; un réalisme sordide qui marque la fin des héros, car ceux-ci ont vieilli, leurs jours sont comptés, ce sont les dinosaures d'un Ouest en décrépitude, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Le jeune pistolero connaîtra une fin dérisoire, à l'image même d'un genre qui a abandonné tout romantisme au profit du cynisme. La scène de sexe torride justifie par son audace l'éclatement d'un univers qui fut jadis clinquant et folklorique. Rugueux et hostile, cru et impitoyable, le Far West offre désormais le spectacle d'un paysage morne et vide, à l'instar de la superbe couverture d'album, et des cases de début et de fin sur le patelin de Bartlesville. La construction des premières pages, sans dialogue est magistrale, le dessin est fabuleux, Guérineau a effectué un travail remarquable sur les visages, les ombres, certains éléments de décor, les cadrages ; les couleurs achèvent de rendre ce récit véritablement hypnotique, qui incite une fois qu'il est lu, à s'attarder sur la beauté des dessins. J'ai vraiment l'impression en lisant ce récit de retrouver l'équivalent en BD de ce que j'ai vu dans certains films, tout est parfaitement restitué. Une pure merveille.
Colt Bingers l'insoumis
Ouch … c’est du lourd. Mais du bon, du désopilant, de l’excellent même ! Colt Bingers, c’est un pastiche tellement énorme de l’américain type que ça le rend encore plus crédible. Sous forme de courts chapitres, on suit Colt Bingers, ancien flic ayant remis son étoile, dans sa traque sans pitié du meurtrier de sa femme … un borgne unijambiste. Et sa traque en Harley va faire du grabuge. Après tout, on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Le ton feuilletonnesque de cette fresque folle, alliant parodie de séries télés et situations absurdes, est bien décortiqué par Jetjet. Bref, voici une caricature des déviances d’une nation qui est bigrement bien foutue. C’est énorme mais tellement vrai … Très très réussi !
Couleur de peau : miel
Je ne connaissait Jung qu'avec le magnifique Kwaïdan et la je le découvre sous une toute autre facette et dans un style complément différent. Dans un style en noir et blanc très expressif, Jung s'attaque à un thème qui ne devait pas être évident à traiter : Lui même ! Dans "Couleur de peau : Miel", Jung va nous raconter son enfance, sa vie d'adopté, depuis qu'un policier l'a trouvé errant dans la rue en Corée, en passant par son passage en orphelinat, son arrivé dans sa nouvelle famille en Belgique, son adolescence, et pour finir sur son retour en Corée. La boucle était bouclée. Une sacrée introspection ce récit ! Jung a traité ça habillement, malgré le thème principal fort (l'adoption, et plus précisément comment lui a vécu son adoption d'enfant Coréen), il n'a pas versé dans le larmoyant facile. Il ya de l'émotion certes, mais je l'ai toujours sentie "juste", c'est émouvant quand ça devait l'être, c'est poignant quand il le fallait, et surtout les passages un peu drôle ne tombaient pas comme un cheveu sur la soupe, c’était toujours bien à propos, et ça rendait le récit un peu plus léger par moment... J'ai vraiment adoré ma lecture, Jung a un vrai talent pour raconter des histoires et son histoire en particulier. J'aurais presque aimé qu'il en raconte plus ! Le début de sa vie de dessinateur de BD, sa première copine, la rencontre avec sa femme, etc etc. Mais le pauvre, il n'a peut être pas envie de se montrer plus... En tout cas, bravo M. Jung, vous avez fait une bien belle BD, et un très beau témoignage !
Myrkos
Cette série se réclame d'un nouveau genre, "l'antic fantasy", une aventure homérique teintée de fantaisie; effectivement, ça ressemble à un combiné de Grèce antique, de Perse et de culture mésopotamienne, mais ça emprunte seulement des décors, des costumes, un visuel, car cette Antiquité réinventée permet toutes les libertés, les auteurs n'étant ainsi pas prisonniers d'une culture. Ce sentiment est renforcé par le dessin de Miguel Imbiriba, notamment par son rendu lors d'une splendide double page qui laisse entrevoir généreusement une civilisation imaginaire, un royaume magique, mais dans un monde antique. C'est une impression étrange quand on sait le nombre incroyable de peuples aujourd'hui connus qui ont vécu dans cette Antiquité. On apprend dans la préface écrite par Léo que ce dessinateur est un compatriote brésilien, mais il est navrant d'apprendre ce qui lui est advenu quand on contemple la qualité de son travail. Pour sa ténacité, il mérite d'être admiré, mais aussi pour son dessin qui m'a tout de suite séduit. Il y apporte un soin dans sa mise en page et dans la profusion des détails qui enrichissent les décors. Pour une première série en France, ce Miguel envoûte le lecteur par son dessin sensuel, proche par endroits du graphisme de Kraehn qui ici, fait jouer sa science d'excellent raconteur d'histoire, en créant de toute pièce un monde, même si par moments, son étonnant dialogue est étrangement contemporain. C'est pourquoi le désappointement est grand lorsqu'on sait qu'au vu de toutes ces qualités, la série a été un échec et fut abandonnée après 3 albums. Malgré une fausse fin qui ne nuit pas au plaisir de lecture, je recommande vivement cette série.
Gung Ho
Comment ai-je pu passer à côté de cette bande dessinée? A vrai dire, je ne voulais plus m'aventurer dans les séries sur plusieurs années. Et là, avec les fêtes, j'ai reçu cette bande dessinée en cadeau. Bref me voilà piégé pour acheter la suite tant l'histoire est prenante! Je ne suis guère un grand lecteur des ambiances post-apocalyptiques (Seul le roman "Malevil" de Robert Merle, m'a laissé un souvenir impérissable; alors que je n'ai pas accroché du tout à la série Walking Dead) et pourtant je suis resté scotché par ce premier volume. Un graphisme somptueux, un premier volume qui s'étire sur 80 pages, ce qui laisse le temps aux personnages de s'installer tranquillement, et une fin haletante comme je les aime. Malgré des couleurs chatoyantes, j'ai ressenti au fil des pages l'ambiance oppressante qui règne au sein de cette communauté retranchée à l'abri de........ à l'abri de quoi effectivement, c'est tout ce que l'on se demande au fur et à mesure que l'on tourne les pages... mais je vous laisse découvrir cette menace omnisciente et pesante (voir le tableau de chasse, page 21, qui sonne comme un couperet) Une série très prometteuse, qui ne m'a pas seulement conquis mais aussi mes enfants. Une réussite. Vivement la suite.
Qui a tué l'idiot ?
Quelle histoire loufoque, absurde ! Mais dans laquelle on se laisse totalement emporter, « pour voir ». Le dessin est très bon je trouve, avec des personnages ressemblant parfois à celui du « Cri » de Munch, en arrondi. Dessin original, donc, mais que dire de l’intrigue ? Oui, qu’en dire en fait ? Si ce n’est qu’elle est presque inracontable. Pour ne pas dévoiler les ressorts de l’ « enquête » (car il s’agit de meurtres en séries, et de leur élucidation). Mais aussi et surtout parce que la narration de Dumontheuil, frôlant le non sens, ne se résume pas. Je comprends qu’on puisse trouver abscond ce genre d’histoire, mais je suis plutôt client. Et, après cette première lecture d’une œuvre de Dumontheuil, cela m’a donné envie d’aller en découvrir d’autres !
RG
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pris autant de plaisir en lisant des histoires policières. Car effectivement ces deux albums sont bien des histoires de simples flics et non pas celles de surhommes tels John McClane ( Bruce Willis dans les nombreux Die Hard) ou encore Martin Riggs et Roger Murtaugh (Mel Gibson et Danny Glover dans la série L'Arme Fatale). L'auteur nous fait intégrer une équipe des RG parisiens menant des affaires courantes pour ce service bien sûr. Tout ce que l'on peut dire c'est que cela sent le vécu. Effectivement Pierre Dragon est un vrai flic qui s'est inspiré de son expérience pour nous concocter ces deux histoires , indépendantes l'une de l'autres, mais au combien prenantes , haletantes et j'en passe. Ce sympathique auteur , qui est natif de l'Aude ( département dans lequel je vis actuellement, c'est peut-être pour cela que j'adore ce charmant monsieur, mais non je ne suis pas chauvin à point là quand même), nous entraîne donc dans le milieu policier comme le ferait un sociologue , tout en réussissant à nous faire accrocher aux enquêtes de cette équipe de flics des Renseignements Généraux qui n'ont pourtant rien d'exceptionnelles. Mais ce genre d'enquêtes sont courantes pour ce service et c'est sans doute pour cela que j'ai adoré ces récits. On a l'impression de lire les faits divers mais l'auteur rajoute dans ces histoires le quotidien et la vie personnelle de ces flics communs mais pourtant très attachants. Le dessin de Frederik Peeters n'est pas celui que j'affectionne le plus ,mais il s'adapte parfaitement à ces histoires. Je ne peux qu'applaudir le travail de ce dessinateur car grâce à son style particulier il réussit à nous plonger dans ces récits sans que l'on ait envie d'arrêter avant la fin de chaque tome. Si vous voulez lire de vraies histoires de flics lisez ces deux superbes albums(ou la très belle intégrale), vous ne le regretterez pas , faites moi confiance.
La Nef des fous
Et bien ! Je viens d’achever la lecture de cette série, et quelle réjouissante découverte ! Vraiment sympa. Turf a puisé un peu partout pour constituer un univers cohérent. Il y a du Lewis Carroll, de l’héroïc fantasy, de la science fiction, mais aussi des décors mêlant désuet et décalages amusants (on ne situe d’ailleurs pas vraiment l’époque où est sensée se dérouler cette histoire, et je la vois proche parfois du « Roi et l’oiseau », le superbe dessin animé de Grimault et Prévert). Il y a aussi et surtout un auteur original qui a vraiment su créer quelque chose de personnel. Et qui semble avoir un compte à régler avec les Schtroumpfs de Peyo (dont le comportement et le rôle sont ici inversés par rapport aux originaux) ? Les dessins, le découpage et les couleurs (très « confiserie » pour le palais…) sont très bons. Les dialogues le sont eux aussi, savoureux, drôles (en particulier ceux concernant le roi et Ambroise !). L’enquête farfelue des deux gardes est elle aussi réjouissante, en plus d’être une façon habile de nous faire visiter les dessous du palais. Turf a aussi su nous tenir en haleine (je viens de lire tout d’une traite, et n’ai donc pas dû patienter 17 ans !...) en racontant en parallèle plusieurs histoires qui s’imbriquent plus ou moins, dans des lieux différents mais « liés », le dernier tome délivrant son lot de réponses alors que tout « revient dans l’ordre ». J’ai beaucoup aimé cette série gentiment déjantée, qui vise un public très large, dont je fais partie, c’est clair. Un gros coup de cœur.
Ibicus
Une BD que j'ai lue il y a de cela des années. Et j'en ai toujours un souvenir intact, c'est l'une des oeuvres qui m'ont fait me tourner définitivement vers la bande dessinée. Chaque planche, que dis-je, chaque case, est un chef d'oeuvre d'expressionnisme (si je puis dire) en noir et blanc. J'aime à l'ouvrir pour en admirer ou faire admirer les planches. L'histoire, fleuve, avec ses nombreux rebondissements nous tient en haleine sur plus de 500 pages. C'est grandiose. C'est une oeuvre que j'ai offerte plusieurs fois, sans déceptions aucune. L'intégrale est à un prix plus qu'honnête (25€, contre 18€ par tome), certes le format est plus petit, mais cela ne gâche rien. Tiens, d'en parler me donne envie de me replonger dans ce pavé.