Les derniers avis (9618 avis)

Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Candy Mountains
Candy Mountains

Alice travaille comme médecin dans un hopital. Son service possède un taux anormalement élevé de décés inexpliqués de patients dans le coma. Suite à un accident de voiture, elle se retrouve avec sa fille à cotoyer ceux qu'elle soigne dans un lieux qui ressemble étrangement à son service à un détail près, l'hopital est en ruine et surtout elles sont poursuivi par une sorte de géant psychopathe qui prend plaisir à traquer et tuer atrocement tous ceux qu'il croise sur son chemin. C'est le début d'un récit captivant entre cauchemar et fantastique. En premier lieu ce qui frappe dans cette série (mise à part une espèce de grosse brute muette bodybuildée) c'est son ambiance extrèmement bien retranscrite à la fois oppressante, malsaine, inquiétante mais fascinante. L'auteur parvient aussi trés bien à nous faire ressentir ces sentiments d'urgence et d'angoisse que ressentent les personnes face au danger. Il faut dire aussi que les dessins d'une grande qualité montrent beaucoup de scènes violentes et gore ; quand aux couleurs, plutot sombres, elles font merveilles pour accentuer ce coté cauchemardesque et glauque de l'ensemble. Alors vous me direz voila encore une énième série avec un détraqué qui prend un plaisir sadique à trucider tous le monde ; et je vous répondrai qu'il y a de ça mais que l'histoire, déjà à la base plutot originale, nous emmène vers un final bien trouvé des plus inatendus. En somme on ne peut qu'aprécier et s'incliner devant une aussi brillante construction scénaristique. Coté négatif, on peut juste déplorer le fait que l'histoire se lise trés vite car les dialogue sont souvent épurés toujours pour permettre le développement d'une atmosphère oppressante mais surtout pour donner un rythme trés soutenu au récit. Bref voici donc un petit récit horrifique teinté de fantastique passionnant et d'une incroyable maitrise à tous les niveaux. Je recommande fortement aux amateurs du genre.

17/01/2014 (modifier)
Par scaph
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Servitude
Servitude

Avec Servitude, on est servi. Les dessins de Bourgier sont impressionnants de réalisme tant il se soucie du détail. A la manière d'un Game of Thrones avec une pléiade de personnages tout le monde y trouvera son compte et son/ses favori(s). De l'heroic fantasy pour adultes, bien loin des blagues à 2 balles de Krän ou encore des histoires pathétiques pour ados boutonneux de Lanfeust. Non, ici il s'agit de nous faire croire à un monde imaginaire en restant réaliste. Le scénariste contrôle son histoire et nous emmène petit à petit là où il veut. Tout en prenant des risques de perdre quelques lecteurs en route. Son découpage particulier peut surprendre et frustrer. Après un premier tome d'introduction avec certains personnages, le tome 2, lui, part dans une autre direction en occultant 90% de ce que racontait le premier album. Mais cette manière de raconter nous immerge encore plus dans l'histoire et donne de la crédibilité au récit et notamment au monde qu'il dépeint. Le tome 3 lui, réunit les acteurs des 2 précédents tout en augmentant le rythme et en introduisant de nouveaux protagonistes. Les dessins sont nerveux, les chevaliers sont sales, les combats brutaux, le découpage lisible, mouvements crédibles et proportions respectés. Petit bémol toutefois, il y a tellement de personnages qu'il est possible de les confondre et Bourgier n'utilise pas beaucoup de couleurs... mais est-ce réellement un reproche ? Oserait-on dire que Servitude dépasse la bande dessinée traditionnelle? Servitude n'est pas seulement des cases qui s'enchaînent avec des dialogues justes. Non, c'est aussi des lettres manuscrites d'un certain Ulfas, le testament de Bregor ou encore le chant d'Anoroer complété par des dossiers expliquant le mode de vie Drekkar, présentant les principaux protagonistes ou résumant la bataille d'Al Astan à la manière d'un compte rendu militaire. Une ombre au tableau peut-être? Oui, le temps d'attente entre chaque album. Publiée en 2006, la série ne compte à ce jour que trois albums. Mais si c'est le prix à payer pour obtenir la qualité, alors l'attente sera bien vite pardonnée. Messieurs David et Bourgier, sommes-nous servis ou servants ?

16/01/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Before Watchmen - Minutemen
Before Watchmen - Minutemen

Le controversé « Before Watchmen » débarque enfin en France. Urban Comics ne fait pas les choses à moitié et commence par l’arc que beaucoup considèrent comme le meilleur de cet univers originellement crée par Alan Moore. Darwyn Cooke nous conte les aventures des Minutemen, groupe de superhéros précédant les Watchmen et ayant officié dans les années 40. Les personnages sont donc pour la plupart nouveaux : Captain Metropolis, Hooded Justice, Dollar Bill et Mothman. Mais on y retrouve quand même des noms familiers : Hollis Mason, premier homme hibou, et voix narrative de cette histoire, Sally Jupiter, première incarnation de Silk Spectre (elle passera la main à sa fille Laurie dans Watchmen) et le comédien dans sa toute jeunesse. Après un premier chapitre un peu longuet chargé de présenter tout ce beau monde, l’intrigue décolle et devient passionnante : le « présent » se situe dans les années 60 alors que Hollis Mason, à la retraite, est sur le point de publier un livre racontant toute la vérité sur les Minutemen. Ces révélations sont loin de plaire aux autres ex-membres du groupe, et nous sont racontées par une série de flashbacks nous ramenant lors des faits dans les années 40. C’est habile, bien écrit, on y découvre un groupe gangrené par des tensions internes, des secrets inavouables, des fortes têtes, et leurs actions étaient loin du model de moralité présenté dans les journaux. Non content de nous pondre ce qui est considéré comme le meilleur scenario de cet univers « avant Watchmen », Darwyn Cooke s’occupe également du dessin, et avec brio. Son style un peu retro est parfait pour représenter les années 40. Du beau boulot. Un excellent chapitre « Avant Watchmen » présentant une intrigue intéressante et des personnages aux personnalités complexes et bien développées. A lire !

16/01/2014 (modifier)
Par Altaïr
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lastman
Lastman

Je ne lis plus beaucoup de BDs, et le nombre de BDs qui m'étonnent et m'enthousiasment est devenu assez faible. Mais j'avais envie de poster un avis sur Lastman, parce que c'est mon gros coup de coeur du moment. Lastman, c'est hyper bien foutu, fun à chaque page. C'est impossible de faire dessin et découpage plus dynamiques, et les dialogues sont d'une fluidité exemplaire, les personnages extra... et le scénario est super potache, mais avec un petit truc en plus, hyper malin, hyper plaisant. Et une terrible envie de lire la suite à la fin de chaque tome ! Lastman, c'est un vrai manga à la française, le premier probablement : pas une pâle copie, mais une œuvre personnelle et ambitieuse qui a bien digéré les codes du mangas pour mieux les mettre en œuvre. Et contrairement à ce qui a été écrit plus bas, je trouve pour ma part que le tome 3 est le meilleur à ce jour. Bref, Lastman, c'est bon, mangez-en !

14/01/2014 (modifier)
Par bouche
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Camargue rouge
Camargue rouge

Camargue rouge est une bande dessinée historique de qualité tant par le dessin que par le texte. Elle traite d'un épisode historique peu connu, la rencontre entre des indiens d’Amérique et du peuple camarguais (issu de peuples d'origines différentes comme les gitans, éleveurs de bétails...). Cette rencontre qui dura plusieurs mois est le fruit du hasard. Elle aura pour cadre un bateau transportant les indiens d'Amérique et des rangers qui faisaient un show représentant les principales batailles de la conquête de l'Ouest dans toute l'Europe fortement endommagée. Les indiens découvrent alors un peuple nomade aux multiples croyances... Michel Faure, auteur de nombreuses bandes dessinées historiques, donne envie d'une part de redécouvrir notre belle Camargue, et montre d'autre part l'image que l'on se faisait du Far-West. Une image d'Epinal encore importante de nos jours (à travers des shows ou aujourd'hui des films). En effet, l'image du cow-boy et de l'indien que nous avons est malheureusement erronée, peu de garçons vachers avaient une arme, au niveau des vêtements aussi... Comme la venus noire, on souhaitait montrer une image... rien qu'une image... Lors de ma rencontre avec Michel Faure au festival de BD de Saint-Denis de la Réunion, nous avons longuement discuté ensemble. Là où il vit depuis longtemps, c'est amusant, il dispose d'un petit ranch...

13/01/2014 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Animal lecteur
Animal lecteur

Je me délecte d’animal lecteur à raison d’un strip par semaine depuis qu’il a fait son apparition dans les pages de Spirou. Libon est un auteur complet que j’apprécie autant pour son humour que pour son dessin. Ici, il s’est associé à Sergio Salma pour fournir de la matière à ses crobars. Les strips, mettant en scène les aléas de la vie d’un libraire, font mouche quasi coup sur coup. Il y a de temps à autre un strip moins percutant mais l’ensemble se révèle d’un niveau très très bon (surtout pour les zygomatiques !). A mon avis, l’art du strip est un art des plus difficiles car tout doit tenir en quelques cases. Pari réussi pour Salma et Libon ! Bref, je suis agréablement surpris de voir une parution en album de ces strips destinés initialement à égayer les pages d’un magasine bd ... si seulement le prix eu été en adéquation avec le format. Chaudement recommandé donc, mais seulement à la lecture car achat dispensable en raison de son prix prohibitif ! 14.50€ pour un format qui en vaut 8 ou 10 tout au plus, c'est du foutage de G. ...

10/05/2010 (MAJ le 12/01/2014) (modifier)
Couverture de la série Sept pistoleros
Sept pistoleros

Comme le souligne Mac Arthur, films et acteurs de légende ont inspiré cet album. Dès le début, le scénariste avise le lecteur que cet album est un hommage respectueux au western italien qui a fait les beaux jours d'un certain cinéma populaire. Et effectivement, on a droit à une multitude de clins d'oeil qu'il faut savoir déchiffrer au fil des images qui doivent être scrutées avec intérêt ; les clins d'oeil sont également présents dans les noms de lieux, de personnages, les vêtements... il y a même un clin d'oeil au dialogue des Tontons Flingueurs, c'est dire si ça ratisse large, mais il y a une belle allusion directe aux 7 Mercenaires qui sont évoqués page 47, même si l'hommage est surtout dirigé vers les films de Sergio Leone, de la trilogie des dollars à Mon Nom est Personne, je pense notamment à ce dernier où l'explosion de la page 40 et la charge de la page 46 m'ont fortement rappelé celles de la Horde sauvage sur la musique de Morricone. La mise en page adopte également un style cinématographique avec des plans typiques, ainsi que les visages, puisque le personnage du vétéran n'est autre que celui de Lee Van Cleef qui a pour véritable nom le colonel Mortimer. La lecture peut se faire d'une traite pour s'immerger dans l'histoire, puis on peut la relire pour déceler toutes les références. C'est un beau scénario, tragique mais bien structuré, et joliment illustré, même si on regrette que les portraits des 7 pistoleros ne soient pas un peu plus creusés. Les scènes d'action sont certes dignes du western italien, rugueuses, brutales et en même temps presque chorégraphiées, la poudre parle de façon crue. On perçoit enfin dans cet album un désenchantement qui marque la fin d'une époque héroïque, lorsque tous ces vieux héros de l'Ouest auront disparu, laissant la place à un monde moderne et industrialisé ; de ce côté-là, la bande effleure le western crépusculaire et m'a beaucoup rappelé le très beau Silverado qui en 1985 revisitait le western hollywoodien de la même façon. Mais ça reste avant tout un bon divertissement au dessin soigné, où percent cependant de légers défauts çà et là, l'essentiel étant que les connaisseurs s'y retrouvent et que l'amateur de western soit content, c'est mon cas.

11/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Tyler Cross
Tyler Cross

Beau, violent, superbe. Un polar très noir au dessin minimaliste et carré qui colle rudement bien à l'ambiance. Même si le scénario est plutôt classique, la mise en scène et le découpage sont vraiment superbes. J'aime décidément beaucoup ce que fait ce scénariste. Note : 4,5/5 (4/5 + coup de cœur)

10/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Mezek
Mezek

Rien ne me prédestinait à lire cette Bd ; en feuilletant l'album en bibliothèque, j'y voyais des avions, et depuis longtemps, les bandes d'aviation m'ennuient vite. Et puis finalement, je me suis lancé dans cette aventure où j'ai fait mieux connaissance avec le contexte historique de 1948 juste après la création de l'Etat d'Israël, sur lequel j'étais très mal renseigné. Après la présentation des personnages, l'album alterne les séquences d'aviation avec des séquences plus intimistes. J'avoue que la partie aviation très technique m'aurait vite lassé s'il n'y avait eu les rapports humains entre les différents protagonistes, car les vrais héros de cette histoire ne sont pas les avions, mais bel et bien Björn le pilote mercenaire, et les 3 femmes qui gravitent autour de lui, telles Oona, Tzipi et Jackie, sans oublier Modi et quelques autres pilotes. Yann développe ces rapports humains de belle façon dans un scénario très sérieux qui laisse peu de place à son humour habituel, mais qu'il combine habilement avec d'authentiques événements (l'attaque du bateau de l'Irgoun). D'autre part, la chute finale surprend et clôt un récit bien structuré. De son côté, Juillard alors en pleine période de reprise de Blake et Mortimer aux contraintes graphiques jacobsiennes, retrouve le velouté de son trait toujours si séduisant qui donne beaucoup de sensualité à ses personnages féminins, mais dont le seul petit défaut est de dessiner des visages masculins assez semblables et parfois peu faciles à identifier ; c'est en tout cas ce qui m'a aussi emballé dans cet album que je n'aurais probablement pas voulu lire s'il n'y avait pas eu du beau dessin à la Juillard. Un très joli récit.

10/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Les Somnambules
Les Somnambules

On a ici l'impression de lire des récits de rêves, comme on pouvait le faire dans les revues surréalistes d'avant guerre. Avec des images en plus. De très belles images (le dessin, et la colorisation sont très beaux je trouve). On en sort comme on se réveille, en cherchant à se souvenir, en cherchant à comprendre. ce qui n'est pas toujours possible et/ou souhaitable. J'avais lu cet album à sa sortie, et viens de m'y replonger. Même impression que la première fois, c'est à dire la traversée d'un brouillard qui se dissipe péniblement, et qu'on veut à tout prix traverser. Il faudra que j'y retourne. Et j'y retournerai, sans savoir pourquoi, mais cet album très poétique (on est là en terre de surréalisme belge) nous invite à un voyage infini. Un coup de coeur, pour une oeuvre très originale, qui risque de ne pas trouver son public. Le prix y est sans doute pour quelque chose... Note réelle 3,5/5

03/12/2012 (MAJ le 09/01/2014) (modifier)