Très peu amateur de polar, je suis allé à reculons vers cette BD malgré l'abondance d'avis positifs à son sujet. Mais je réalise que Wilfrid Lupano ne m'a jamais déçu en tant que scénariste. Alim le tanneur, Célestin Gobe-la-lune, Le Singe de Hartlepool, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu et beaucoup d'autres, toutes ses oeuvres se démarquent par une véritable originalité dans les intrigues et par des récits particulièrement bien construits et surprenants.
Et c'est exactement comme cela que pourrait être défini le scénario de Ma Révérence : surprenant, original tant dans son idée que dans sa narration, et on ne s'y ennuie pas un seul instant.
Les personnages sont inattendus et pourtant réalistes ; on s'y attache très rapidement et plus l'album avance plus ils gagnent en intérêt.
Le scénario est dense et plein de rebondissements. Il est raconté de manière assez spéciale, avec une narration emplie de flash-back parfaitement agencés, et cela coule comme de l'eau claire.
L'histoire ne plonge jamais vraiment dans la trame de polar que je craignais et flirte plutôt du côté du roman graphique autour de la vie des personnages.
Il y a également une vraie part d'humour, humour dans le comportement de personnages truculents tels que Gaby Rocket mais aussi humour de la vie avec ses petites ironies et malgré tout ses espoirs.
Et Rodgen soutient l'ensemble avec un dessin semi-réaliste, dynamique et très agréable.
C'est prenant, amusant, touchant, divertissant et surtout on ne lâche pas l'album du début à la fin.
Une très bonne lecture.
Voilà probablement mon album préféré de cet auteur, qui a eu une production assez prolifique et inégale.
Le dessin est assez épuré, peut-être plus lisible que sur certaines oeuvres ultérieures, avec un trait efficace, proche de Sempé (ce qui est un compliment).
Je trouve que Reiser n’est jamais aussi percutant que lorsqu’il se lance dans la critique sociale, en usant d’un sens de l’humour décapant. Et ici, c’est essentiellement la famille qui voit sa valeur repensée à coup d’historiettes « bêtes et méchantes » (pour reprendre le slogan d’un magazine qui s’en faisait la spécialité).
C’est souvent bien fait, fort, et si on le replace dans le contexte de la France pompidolienne et giscardienne des années 1970, on peut imaginer l’impact de ce genre de publication – qui pourrait paraître « anodine » aujourd’hui.
L’humour est parfois con, souvent noir, mais pas aussi trash que ça finalement. Il y a aussi beaucoup de poésie – noire évidemment. On sent que le regard de Reiser pour l’enfant qui parle de son père – je ne sais ce qu’il peut y avoir d’autobiographique dans ces « anecdotes » - est empli d’empathie, et qu’il n’y a pas de méchanceté gratuite.
C’est donc un album à lire, vraiment, et à acheter (il se trouve très facilement et pas cher en Folio).
Une immersion totale dans l'horreur de la seconde guerre mondiale.
On tremble sous les coups d'obus et les membres arrachés, on sent les odeurs des chairs qui pourrissent, on s'offusque devant le manque de considération de la vie humaine des personnages hauts placés qui n'hésitent pas à envoyer les noirs en première ligne car jugés moins précieux et qui exécutent de faux espions et de vrais poilus pour donner l'exemple.
Le personnage principal, le sous-lieutenant Bouteloup, que l'on suit de ses débuts sur le front à sa transformation en vrai poilu, est profondément humain et n'hésite pas à reprocher à ses supérieurs leurs injustices, même si cela doit lui apporter des problèmes. Son caractère est bien trempé, même s'il garde toujours ses bonnes manières bourgeoises, ce qui confère au personnage un aspect charismatique.
Le dessin n'est pas figé comme les couvertures pourraient le laisser penser et il révèle bien l'horreur des combats.
A la fin du second cycle, on commence à percevoir le changement d'opinion des civils sur les poilus, qu'ils commencent à considérer comme "dérangeants", ce qui laisse entrevoir une suite très intéressante.
Mathieu Bablet entame son deuxième album en tant qu'auteur complet, avec ce récit prenant pied dans l'Antiquité grecque, avec ses dieux, ses créatures mi-hommes mi-animaux et ses héros plus grands que la vie.
Le sujet est en fait la rémanence du souvenir lorsque le temps s'étire et s'allonge jusqu'à devenir éternel. Notre héros est un personnage sans nom (ou bien il l'a lui-même oublié, mais en tous les cas tout le monde se demande comment il s'appelle) qui sécrète des petits cailloux à longueur de temps (non, ce ne sont pas des calculs rénaux). Mille ans après le début de son règne, il se réveille dans les ruines de son royaume, privé de son peuple, et avide de croiser la vie, des gens. Mais au fil de son errance, et malgré son entêtement à se réciter des épisodes-clés de sa vie, ses souvenirs vont s'étioler, et le visage de celle qu'il a aimée va s'estomper...
C'est vraiment très intrigant, même si certaines mises en abyme ou passages sont un peu obscurs ; le deuxième volet du diptyque vient en éclaircir une partie, d'autres restent dans l'ombre, laissant au lecteur la possibilité d'imaginer le reste.
C'est donc un récit sur le souvenir, la mort et le temps qui nous est proposé, dans une belle galerie reprenant une bonne partie du decorum, du bestiaire et du panthéon de la Grèce antique...
Si le style de Mathieu Bablet est un peu étrange, brut, un peu sketch-book sur les personnages que je trouve un peu anguleux parfois, il en va tout autrement sur ses décors, auxquels il va comme un gant : vertigineux, monumentaux, audacieux, somptueux. Bablet est tout simplement prodigieux dans ses décors. Le dessinateur ne s'interdit rien, d'autant plus qu'il choisit des ambiances bien différenciées suivant les lieux. Par contre la mise en couleurs privilégie par moment des teintes sombres qui écrasent un peu la foultitude de détails, c'est un peu dommage. Nul doute que ses planches en noir et blanc sont vraiment exceptionnelles.
Une vraie curiosité, et une découverte visuelle indéniable.
En relisant mes vieilles BD, je me répète que La Patrouille des Libellules représente un des sommets du genre.
En trois albums, Yann, plus méchant et incisif que jamais, manie toutes les ficelles de l'humour avec une aisance impressionnante.
Bien sûr, je reconnais que le scénario est décousu, qu'il y a des ellipses et des sauts spatio-temporels parfois déstabilisants, mais l'histoire se tient incontestablement et Yann va là où il veut nous amener. Le premier album constitue un récit complet parodique où se mêlent trépidations scoutes et espionnage à la fin des années 1930. Les deux suivants entament un cycle durant lequel l'histoire de la Seconde Guerre mondiale fournit une trame de fond, sans être pesante ni didactique. Car l'important dans La Patrouille des Libellules c'est l'humour, et chacun en prend pour son grade.
Si l'humour de Yann est aussi efficace, c'est qu'il écorne avec une rare pertinence les travers de la BD franco-belge bien pensante. La Patrouille des Libellules est l'antithèse de La Patrouille des Castors. Cette dernière série qui relate les aventures d'un groupe de scouts parés des plus grandes qualités chrétiennes (courage, honnêteté, fidélité, foi en Dieu…) est emblématique des valeurs traditionnelles (pour ne pas dire traditionalistes) que Charles Dupuis voulait défendre dans le magazine Spirou, pour l'édification de la jeunesse. Il est évident que Yann a lu Spirou, ainsi que les romans à succès de la littérature scoute, tels que Le Prince Éric (qui apparaît d'ailleurs dans la série en tant que parangon des valeurs chrétiennes et patriotiques). Peut-être a-t-il aussi quelques comptes à régler avec la religion, le gaullisme, la propagande colonialiste…
Toujours est-il qu'il détourne les codes d'avant 1968 pour réécrire une page d'histoire dont le récit a été largement mythifié après-guerre. La Patrouille des Libellules tape juste et appuie là où ça fait mal : le peuple français n'est pas digne dans la défaite, il est volontiers mesquin, stupide, raciste et lâche, De Gaulle est un illuminé qui se prend pour le sauveur, et les fillettes scoutes cachent une libido torride derrière leur idéalisme patriotique.
Ce n'est pas politiquement correct, mais bon sang que c'est drôle : je suis mort de rire à chaque fois que je vois la planche qui compare les cauchemars d'Hitler, Churchill et De Gaulle. Du grand art, je vous dis !
Au dessin, Hardy assure complètement dans la peinture de personnages qui ne sont que des caricatures. Après plusieurs essais (Arkel avec Desberg, Lolo et Sucette avec Yann), il a fini par rencontrer un certain succès avec la série Pierre Tombal, et a choisi d'y consacrer tout son talent. C'est gentillet… je préférais ses œuvres de jeunesse, mais le métier est rude et il faut bien manger.
L'un de mes plus grands regrets en BD est que la série ait été abandonnée, probablement définitivement, car je doute que Yann parvienne à reprendre cette série jugée « pas assez vendeuse » par l'éditeur.
Je crois que si La Patrouille des Libellules a été un échec commercial, ce n'est pas à cause de son ton irrévérencieux. Car dans les années 1980, les humoristes se permettaient d'aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui sans s'auto-censurer. L'humour dans cette œuvre repose sur des références qui ont sans doute bercé l'enfance de Yann, à la fin des années 1950 et dans les années 1960. Il n'est pas évident que ses lecteurs aient eu les mêmes, et il est donc possible que ses gags aient été perçus comme des private jokes ou des provocations gratuites.
Yann écrivait à la même époque des scénarios que je trouve fabuleux : Les Innommables et Bob Marone avec Conrad, Les Exploits de Yoyo avec Le Gall ou Les Histoires merveilleuses des Oncles Paul. Depuis, il évolué, a diversifié sa production avec plus ou moins de bonheur et je regrette son humour potache.
Mais je ne désespère pas. Récemment, Yann a donné une suite à Bob Marone, après 28 ans d'attente, alors peut-être que nous aurons la chance de lire un jour la suite de La Patrouille des Libellules. Rien ne me ferait plus plaisir.
En attendant, si vous trouvez ces albums chez un bouquiniste, n'hésitez pas à les acheter. Que vous adhériez ou non à l'humour de Yann ou au dessin de Hardy, vous tiendrez dans vos mains une série qui occupe une place majeure dans la bande dessinée d'humour.
J’ai été très séduit par cette bande dessinée envoûtante qui m’avait déjà interpelé par ses couvertures très réussies, reflétant parfaitement l’atmosphère générale : à l’image de ce train illustrant le troisième tome, cette saga à la fois fiévreuse et ténébreuse nous embarque à tombeau ouvert vers des horizons rougeoyants d’aventures périlleuses et de romanesque débridé.
L’ambiance est souvent très sombre et pourtant jamais glauque. Le dessinateur Alfred a un sacré coup de patte qu’il gère sans coup férir. Toujours intéressantes à détailler, les cases comportent de nombreuses références à la peinture moderne du début du XXème siècle, deux des protagonistes étant d’ailleurs peintres eux-mêmes. Son trait, anguleux et tendu comme un arc, s’inspire d’un néo-expressionnisme à la fois nerveux et menaçant, se voyant renforcé par une composition audacieuse. A souligner une certaine évolution au fil des tomes, inconsciente ou non : perdant en précision, le crayon semble s’adapter, plus naïf, plus abstrait, plus onirique alors que l’histoire s’accélère et que l’abattement semble gagner du terrain. Les couleurs sont superbes, passant avec bonheur des tons chauds bouillants à des nuances obscures et glaciales. Il n’y a quasiment rien à reprocher du point de vue visuel, c’est très original, efficace et stylé, et reflète bien l’atmosphère lourde de menaces de l’entre-deux-guerres sur le vieux continent, ici en l'occurrence dans un pays (imaginaire) qui pourrait être l'URSS.
Le scénario est très bien construit, à la façon d’une sarabande dont le rythme ne cesse de s’accélérer jusqu’à l’apothéose du troisième tome. On suit ce récit tour à tour fasciné, émerveillé et inquiet pour ces héros romantiques (au vrai sens du terme), car on sait que d’une manière ou d’une autre, tout ça finira mal… Cette bande dessinée très riche allie avec grand talent l’aventure, la politique, le monde des arts et le romanesque : l’histoire d’un amour passionné entre une pasionaria et un peintre raté, amour menacé par la folie d’un régime tyrannique. Une ode à la vie et à la liberté, tout simplement. Je regretterais seulement le manque d’émotion (sauf à la fin du dernier tome), peut-être due au caractère un peu simpliste des personnages. Mais que l’on ne s’y trompe pas : cette BD demeure un petit bijou à découvrir absolument.
Cette guerre de 14-18 ne cesse de fasciner les auteurs de BD, les romanciers ou les cinéastes, Tardi lui a consacré une grande partie de son oeuvre, et ici encore on est plongé en plein chaos avec le héros de cette série passionnante, soutenue par le service de santé des armées, et qui m'a fait immédiatement penser à des films français comme Joyeux Noël ou La Chambre des officiers...
Cette bande dégage une authenticité incroyable avec cette vision brutale des tranchées, et le langage populaire des soldats, souvent des gars simples, des ouvriers ou des paysans sans instruction qu'on avait arrachés à leur labeur et à leurs champs pour venir au casse-pipe, servant ainsi de chair à canon pour assouvir les désirs des politiciens. C'est exactement ce qu'on ressent en lisant cette Bd ; ces vies volées, cette liberté volatilisée dans les tranchées, les regards de chien battu de ces pauvres types...tout ça exprime la souffrance de cette guerre où selon les classes sociales, on n'est pas égaux devant la mort.
Les auteurs mettent bien en lumière les absurdités de cette guerre et soulignent la dimension humaine qui a bien souvent été occultée par l'aspect militaire et la gloire, surtout chez les galonnés ; ici, on voit surtout de braves soldats et la douleur des poilus face à 2 ou 3 ganaches stupides, archétypes grotesques de certains officiers.
Le dessin de Mounier restitue parfaitement toute cette ambiance de mort et de souffrance, en ne nous épargnant pas quelques vues horribles de corps mutilés. Une formidable aventure humaine, que je recommande à la lecture et à l'achat.
Je ne connais pas le livre dont est tiré ce roman/fiction dessiné, plutôt moyennement apprécié semble-t-il.
Ma lecture de la BD fut passionnante, de bout en bout. Très bien dessinée, magnifiquement mise en scène, on suit les péripéties de ce roi maudit, qui a enchaîné erreur sur erreur durant toute sa courte vie. Les routes de l'enfer sont pavées de bonnes intentions, comme on dit...
De l'humour (pas mal), de la noirceur (beaucoup) et un livre au final qu'on a envie de relire aussitôt fermé. Vraiment superbe.
Dès le début, on est projeté dans une époque rustre, un Haut Moyen Age brutal et plein d'obscurantisme, avec des scènes violentes et sanglantes. On est en 997, à l'orée de l'An Mil que tout le monde craignait. Il y a juste un détail que je n'ai pas bien compris : le scénariste indique la date et parle du "roi Hugues revenu d'entre les morts" ; or, à cette date, Hugues Capet est mort depuis 1 an, et son fils Robert II lui a succédé, mais comme il s'agit de médiéval fantastique, les auteurs indiquent sans doute le premier indice fantastique (qui dans ce cas me paraît sans intérêt). Pourtant ils situent une époque bien respectée avec ses châteaux de bois sur mottes, et des équipements de soldats conformes au Xème siècle.
C'est un récit dense, très bavard par endroits, mais qui prend son véritable envol dès le second album, le premier se contentant de poser l'histoire. L'intrusion du surnaturel est assez forte, et le fantastique convient mieux à l'univers médiéval que la légère touche de SF qui survole la série, ça n'a pas trop sa place, un peu comme dans Thorgal je trouve, où d'ailleurs ça occupe une place plus grande.
Graphiquement, ce dessinateur que je ne connaissais pas se révèle très brillant ; son dessin est magnifique, un peu dans le style de Swolfs ou Pellet sur Les Forêts d'Opale ; c'est du dessin propre et lisse comme je l'aime, malgré des couleurs sombres, surtout sur les 2 premiers albums, son trait devient plus vigoureux dès le second album, de même que la mise en page fait preuve de plus d'audace. Il réussit également des gueules de brutes et de soudards pittoresques, sans parler des goules, tout en soignant ses décors. En tout cas, c'est un graphisme qui convient parfaitement à ce type de récits fantastico-historiques.
Une belle série au visuel superbe, et qui contient tous les éléments pour plaire aux fans de médiéval et de fantastique.
Une excellente série, qu'il a en effet mieux valu connaitre une fois terminée, tant l'attente a du être insupportable, voire décourageante à l'époque.
Dès le début, on tombe sous le charme de cette bande dessinée, avec ses dessins et couleurs somptueux, ses dialogues soignés, ses personnages attachants et comiques, son univers loufoque, onirique.
J'ai adoré les nombreux passages faisant référence aux rêves, symbolisés par des dessins volontairement plus enfantins, c'est très bien trouvé, comme astuce.
L'univers d'eauxfolles est très plaisant, on retombe vraiment en enfance avec ce château, son roi, ses complots, ses engins bizarres, sa milice maladroite, et la liqueur de coloquinte !
Bravo à Turf pour avoir réussi à imaginer un tel monde, avec ses termes, ses lois, et son propre calendrier, dont les mois peuvent compter d'un à plusieurs centaines de jours !
Vu le nombre de tomes, j'avais peur que la qualité baisse au fur et à mesure de ma lecture, au niveau graphique, mais aussi et surtout au niveau du scénario...Que nenni ! Même si je pense qu'on aurait pu se dispenser d'un tome, la sauce étant tout de même un peu rallongée, le scénario se tient et est parfaitement bouclé !
C'est un vraie histoire originale, parfaitement bien pensée et construite, avec deux univers parallèles bien reliés.
Bref, une histoire en 7 tomes presque parfaite, une de ces BD qui ne deviennent que trop rare.....
(275)
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Très peu amateur de polar, je suis allé à reculons vers cette BD malgré l'abondance d'avis positifs à son sujet. Mais je réalise que Wilfrid Lupano ne m'a jamais déçu en tant que scénariste. Alim le tanneur, Célestin Gobe-la-lune, Le Singe de Hartlepool, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu et beaucoup d'autres, toutes ses oeuvres se démarquent par une véritable originalité dans les intrigues et par des récits particulièrement bien construits et surprenants. Et c'est exactement comme cela que pourrait être défini le scénario de Ma Révérence : surprenant, original tant dans son idée que dans sa narration, et on ne s'y ennuie pas un seul instant. Les personnages sont inattendus et pourtant réalistes ; on s'y attache très rapidement et plus l'album avance plus ils gagnent en intérêt. Le scénario est dense et plein de rebondissements. Il est raconté de manière assez spéciale, avec une narration emplie de flash-back parfaitement agencés, et cela coule comme de l'eau claire. L'histoire ne plonge jamais vraiment dans la trame de polar que je craignais et flirte plutôt du côté du roman graphique autour de la vie des personnages. Il y a également une vraie part d'humour, humour dans le comportement de personnages truculents tels que Gaby Rocket mais aussi humour de la vie avec ses petites ironies et malgré tout ses espoirs. Et Rodgen soutient l'ensemble avec un dessin semi-réaliste, dynamique et très agréable. C'est prenant, amusant, touchant, divertissant et surtout on ne lâche pas l'album du début à la fin. Une très bonne lecture.
Mon Papa
Voilà probablement mon album préféré de cet auteur, qui a eu une production assez prolifique et inégale. Le dessin est assez épuré, peut-être plus lisible que sur certaines oeuvres ultérieures, avec un trait efficace, proche de Sempé (ce qui est un compliment). Je trouve que Reiser n’est jamais aussi percutant que lorsqu’il se lance dans la critique sociale, en usant d’un sens de l’humour décapant. Et ici, c’est essentiellement la famille qui voit sa valeur repensée à coup d’historiettes « bêtes et méchantes » (pour reprendre le slogan d’un magazine qui s’en faisait la spécialité). C’est souvent bien fait, fort, et si on le replace dans le contexte de la France pompidolienne et giscardienne des années 1970, on peut imaginer l’impact de ce genre de publication – qui pourrait paraître « anodine » aujourd’hui. L’humour est parfois con, souvent noir, mais pas aussi trash que ça finalement. Il y a aussi beaucoup de poésie – noire évidemment. On sent que le regard de Reiser pour l’enfant qui parle de son père – je ne sais ce qu’il peut y avoir d’autobiographique dans ces « anecdotes » - est empli d’empathie, et qu’il n’y a pas de méchanceté gratuite. C’est donc un album à lire, vraiment, et à acheter (il se trouve très facilement et pas cher en Folio).
L'Ambulance 13
Une immersion totale dans l'horreur de la seconde guerre mondiale. On tremble sous les coups d'obus et les membres arrachés, on sent les odeurs des chairs qui pourrissent, on s'offusque devant le manque de considération de la vie humaine des personnages hauts placés qui n'hésitent pas à envoyer les noirs en première ligne car jugés moins précieux et qui exécutent de faux espions et de vrais poilus pour donner l'exemple. Le personnage principal, le sous-lieutenant Bouteloup, que l'on suit de ses débuts sur le front à sa transformation en vrai poilu, est profondément humain et n'hésite pas à reprocher à ses supérieurs leurs injustices, même si cela doit lui apporter des problèmes. Son caractère est bien trempé, même s'il garde toujours ses bonnes manières bourgeoises, ce qui confère au personnage un aspect charismatique. Le dessin n'est pas figé comme les couvertures pourraient le laisser penser et il révèle bien l'horreur des combats. A la fin du second cycle, on commence à percevoir le changement d'opinion des civils sur les poilus, qu'ils commencent à considérer comme "dérangeants", ce qui laisse entrevoir une suite très intéressante.
Adrastée
Mathieu Bablet entame son deuxième album en tant qu'auteur complet, avec ce récit prenant pied dans l'Antiquité grecque, avec ses dieux, ses créatures mi-hommes mi-animaux et ses héros plus grands que la vie. Le sujet est en fait la rémanence du souvenir lorsque le temps s'étire et s'allonge jusqu'à devenir éternel. Notre héros est un personnage sans nom (ou bien il l'a lui-même oublié, mais en tous les cas tout le monde se demande comment il s'appelle) qui sécrète des petits cailloux à longueur de temps (non, ce ne sont pas des calculs rénaux). Mille ans après le début de son règne, il se réveille dans les ruines de son royaume, privé de son peuple, et avide de croiser la vie, des gens. Mais au fil de son errance, et malgré son entêtement à se réciter des épisodes-clés de sa vie, ses souvenirs vont s'étioler, et le visage de celle qu'il a aimée va s'estomper... C'est vraiment très intrigant, même si certaines mises en abyme ou passages sont un peu obscurs ; le deuxième volet du diptyque vient en éclaircir une partie, d'autres restent dans l'ombre, laissant au lecteur la possibilité d'imaginer le reste. C'est donc un récit sur le souvenir, la mort et le temps qui nous est proposé, dans une belle galerie reprenant une bonne partie du decorum, du bestiaire et du panthéon de la Grèce antique... Si le style de Mathieu Bablet est un peu étrange, brut, un peu sketch-book sur les personnages que je trouve un peu anguleux parfois, il en va tout autrement sur ses décors, auxquels il va comme un gant : vertigineux, monumentaux, audacieux, somptueux. Bablet est tout simplement prodigieux dans ses décors. Le dessinateur ne s'interdit rien, d'autant plus qu'il choisit des ambiances bien différenciées suivant les lieux. Par contre la mise en couleurs privilégie par moment des teintes sombres qui écrasent un peu la foultitude de détails, c'est un peu dommage. Nul doute que ses planches en noir et blanc sont vraiment exceptionnelles. Une vraie curiosité, et une découverte visuelle indéniable.
La Patrouille des Libellules
En relisant mes vieilles BD, je me répète que La Patrouille des Libellules représente un des sommets du genre. En trois albums, Yann, plus méchant et incisif que jamais, manie toutes les ficelles de l'humour avec une aisance impressionnante. Bien sûr, je reconnais que le scénario est décousu, qu'il y a des ellipses et des sauts spatio-temporels parfois déstabilisants, mais l'histoire se tient incontestablement et Yann va là où il veut nous amener. Le premier album constitue un récit complet parodique où se mêlent trépidations scoutes et espionnage à la fin des années 1930. Les deux suivants entament un cycle durant lequel l'histoire de la Seconde Guerre mondiale fournit une trame de fond, sans être pesante ni didactique. Car l'important dans La Patrouille des Libellules c'est l'humour, et chacun en prend pour son grade. Si l'humour de Yann est aussi efficace, c'est qu'il écorne avec une rare pertinence les travers de la BD franco-belge bien pensante. La Patrouille des Libellules est l'antithèse de La Patrouille des Castors. Cette dernière série qui relate les aventures d'un groupe de scouts parés des plus grandes qualités chrétiennes (courage, honnêteté, fidélité, foi en Dieu…) est emblématique des valeurs traditionnelles (pour ne pas dire traditionalistes) que Charles Dupuis voulait défendre dans le magazine Spirou, pour l'édification de la jeunesse. Il est évident que Yann a lu Spirou, ainsi que les romans à succès de la littérature scoute, tels que Le Prince Éric (qui apparaît d'ailleurs dans la série en tant que parangon des valeurs chrétiennes et patriotiques). Peut-être a-t-il aussi quelques comptes à régler avec la religion, le gaullisme, la propagande colonialiste… Toujours est-il qu'il détourne les codes d'avant 1968 pour réécrire une page d'histoire dont le récit a été largement mythifié après-guerre. La Patrouille des Libellules tape juste et appuie là où ça fait mal : le peuple français n'est pas digne dans la défaite, il est volontiers mesquin, stupide, raciste et lâche, De Gaulle est un illuminé qui se prend pour le sauveur, et les fillettes scoutes cachent une libido torride derrière leur idéalisme patriotique. Ce n'est pas politiquement correct, mais bon sang que c'est drôle : je suis mort de rire à chaque fois que je vois la planche qui compare les cauchemars d'Hitler, Churchill et De Gaulle. Du grand art, je vous dis ! Au dessin, Hardy assure complètement dans la peinture de personnages qui ne sont que des caricatures. Après plusieurs essais (Arkel avec Desberg, Lolo et Sucette avec Yann), il a fini par rencontrer un certain succès avec la série Pierre Tombal, et a choisi d'y consacrer tout son talent. C'est gentillet… je préférais ses œuvres de jeunesse, mais le métier est rude et il faut bien manger. L'un de mes plus grands regrets en BD est que la série ait été abandonnée, probablement définitivement, car je doute que Yann parvienne à reprendre cette série jugée « pas assez vendeuse » par l'éditeur. Je crois que si La Patrouille des Libellules a été un échec commercial, ce n'est pas à cause de son ton irrévérencieux. Car dans les années 1980, les humoristes se permettaient d'aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui sans s'auto-censurer. L'humour dans cette œuvre repose sur des références qui ont sans doute bercé l'enfance de Yann, à la fin des années 1950 et dans les années 1960. Il n'est pas évident que ses lecteurs aient eu les mêmes, et il est donc possible que ses gags aient été perçus comme des private jokes ou des provocations gratuites. Yann écrivait à la même époque des scénarios que je trouve fabuleux : Les Innommables et Bob Marone avec Conrad, Les Exploits de Yoyo avec Le Gall ou Les Histoires merveilleuses des Oncles Paul. Depuis, il évolué, a diversifié sa production avec plus ou moins de bonheur et je regrette son humour potache. Mais je ne désespère pas. Récemment, Yann a donné une suite à Bob Marone, après 28 ans d'attente, alors peut-être que nous aurons la chance de lire un jour la suite de La Patrouille des Libellules. Rien ne me ferait plus plaisir. En attendant, si vous trouvez ces albums chez un bouquiniste, n'hésitez pas à les acheter. Que vous adhériez ou non à l'humour de Yann ou au dessin de Hardy, vous tiendrez dans vos mains une série qui occupe une place majeure dans la bande dessinée d'humour.
Le Désespoir du Singe
J’ai été très séduit par cette bande dessinée envoûtante qui m’avait déjà interpelé par ses couvertures très réussies, reflétant parfaitement l’atmosphère générale : à l’image de ce train illustrant le troisième tome, cette saga à la fois fiévreuse et ténébreuse nous embarque à tombeau ouvert vers des horizons rougeoyants d’aventures périlleuses et de romanesque débridé. L’ambiance est souvent très sombre et pourtant jamais glauque. Le dessinateur Alfred a un sacré coup de patte qu’il gère sans coup férir. Toujours intéressantes à détailler, les cases comportent de nombreuses références à la peinture moderne du début du XXème siècle, deux des protagonistes étant d’ailleurs peintres eux-mêmes. Son trait, anguleux et tendu comme un arc, s’inspire d’un néo-expressionnisme à la fois nerveux et menaçant, se voyant renforcé par une composition audacieuse. A souligner une certaine évolution au fil des tomes, inconsciente ou non : perdant en précision, le crayon semble s’adapter, plus naïf, plus abstrait, plus onirique alors que l’histoire s’accélère et que l’abattement semble gagner du terrain. Les couleurs sont superbes, passant avec bonheur des tons chauds bouillants à des nuances obscures et glaciales. Il n’y a quasiment rien à reprocher du point de vue visuel, c’est très original, efficace et stylé, et reflète bien l’atmosphère lourde de menaces de l’entre-deux-guerres sur le vieux continent, ici en l'occurrence dans un pays (imaginaire) qui pourrait être l'URSS. Le scénario est très bien construit, à la façon d’une sarabande dont le rythme ne cesse de s’accélérer jusqu’à l’apothéose du troisième tome. On suit ce récit tour à tour fasciné, émerveillé et inquiet pour ces héros romantiques (au vrai sens du terme), car on sait que d’une manière ou d’une autre, tout ça finira mal… Cette bande dessinée très riche allie avec grand talent l’aventure, la politique, le monde des arts et le romanesque : l’histoire d’un amour passionné entre une pasionaria et un peintre raté, amour menacé par la folie d’un régime tyrannique. Une ode à la vie et à la liberté, tout simplement. Je regretterais seulement le manque d’émotion (sauf à la fin du dernier tome), peut-être due au caractère un peu simpliste des personnages. Mais que l’on ne s’y trompe pas : cette BD demeure un petit bijou à découvrir absolument.
L'Ambulance 13
Cette guerre de 14-18 ne cesse de fasciner les auteurs de BD, les romanciers ou les cinéastes, Tardi lui a consacré une grande partie de son oeuvre, et ici encore on est plongé en plein chaos avec le héros de cette série passionnante, soutenue par le service de santé des armées, et qui m'a fait immédiatement penser à des films français comme Joyeux Noël ou La Chambre des officiers... Cette bande dégage une authenticité incroyable avec cette vision brutale des tranchées, et le langage populaire des soldats, souvent des gars simples, des ouvriers ou des paysans sans instruction qu'on avait arrachés à leur labeur et à leurs champs pour venir au casse-pipe, servant ainsi de chair à canon pour assouvir les désirs des politiciens. C'est exactement ce qu'on ressent en lisant cette Bd ; ces vies volées, cette liberté volatilisée dans les tranchées, les regards de chien battu de ces pauvres types...tout ça exprime la souffrance de cette guerre où selon les classes sociales, on n'est pas égaux devant la mort. Les auteurs mettent bien en lumière les absurdités de cette guerre et soulignent la dimension humaine qui a bien souvent été occultée par l'aspect militaire et la gloire, surtout chez les galonnés ; ici, on voit surtout de braves soldats et la douleur des poilus face à 2 ou 3 ganaches stupides, archétypes grotesques de certains officiers. Le dessin de Mounier restitue parfaitement toute cette ambiance de mort et de souffrance, en ne nous épargnant pas quelques vues horribles de corps mutilés. Une formidable aventure humaine, que je recommande à la lecture et à l'achat.
Charly 9
Je ne connais pas le livre dont est tiré ce roman/fiction dessiné, plutôt moyennement apprécié semble-t-il. Ma lecture de la BD fut passionnante, de bout en bout. Très bien dessinée, magnifiquement mise en scène, on suit les péripéties de ce roi maudit, qui a enchaîné erreur sur erreur durant toute sa courte vie. Les routes de l'enfer sont pavées de bonnes intentions, comme on dit... De l'humour (pas mal), de la noirceur (beaucoup) et un livre au final qu'on a envie de relire aussitôt fermé. Vraiment superbe.
Millénaire
Dès le début, on est projeté dans une époque rustre, un Haut Moyen Age brutal et plein d'obscurantisme, avec des scènes violentes et sanglantes. On est en 997, à l'orée de l'An Mil que tout le monde craignait. Il y a juste un détail que je n'ai pas bien compris : le scénariste indique la date et parle du "roi Hugues revenu d'entre les morts" ; or, à cette date, Hugues Capet est mort depuis 1 an, et son fils Robert II lui a succédé, mais comme il s'agit de médiéval fantastique, les auteurs indiquent sans doute le premier indice fantastique (qui dans ce cas me paraît sans intérêt). Pourtant ils situent une époque bien respectée avec ses châteaux de bois sur mottes, et des équipements de soldats conformes au Xème siècle. C'est un récit dense, très bavard par endroits, mais qui prend son véritable envol dès le second album, le premier se contentant de poser l'histoire. L'intrusion du surnaturel est assez forte, et le fantastique convient mieux à l'univers médiéval que la légère touche de SF qui survole la série, ça n'a pas trop sa place, un peu comme dans Thorgal je trouve, où d'ailleurs ça occupe une place plus grande. Graphiquement, ce dessinateur que je ne connaissais pas se révèle très brillant ; son dessin est magnifique, un peu dans le style de Swolfs ou Pellet sur Les Forêts d'Opale ; c'est du dessin propre et lisse comme je l'aime, malgré des couleurs sombres, surtout sur les 2 premiers albums, son trait devient plus vigoureux dès le second album, de même que la mise en page fait preuve de plus d'audace. Il réussit également des gueules de brutes et de soudards pittoresques, sans parler des goules, tout en soignant ses décors. En tout cas, c'est un graphisme qui convient parfaitement à ce type de récits fantastico-historiques. Une belle série au visuel superbe, et qui contient tous les éléments pour plaire aux fans de médiéval et de fantastique.
La Nef des fous
Une excellente série, qu'il a en effet mieux valu connaitre une fois terminée, tant l'attente a du être insupportable, voire décourageante à l'époque. Dès le début, on tombe sous le charme de cette bande dessinée, avec ses dessins et couleurs somptueux, ses dialogues soignés, ses personnages attachants et comiques, son univers loufoque, onirique. J'ai adoré les nombreux passages faisant référence aux rêves, symbolisés par des dessins volontairement plus enfantins, c'est très bien trouvé, comme astuce. L'univers d'eauxfolles est très plaisant, on retombe vraiment en enfance avec ce château, son roi, ses complots, ses engins bizarres, sa milice maladroite, et la liqueur de coloquinte ! Bravo à Turf pour avoir réussi à imaginer un tel monde, avec ses termes, ses lois, et son propre calendrier, dont les mois peuvent compter d'un à plusieurs centaines de jours ! Vu le nombre de tomes, j'avais peur que la qualité baisse au fur et à mesure de ma lecture, au niveau graphique, mais aussi et surtout au niveau du scénario...Que nenni ! Même si je pense qu'on aurait pu se dispenser d'un tome, la sauce étant tout de même un peu rallongée, le scénario se tient et est parfaitement bouclé ! C'est un vraie histoire originale, parfaitement bien pensée et construite, avec deux univers parallèles bien reliés. Bref, une histoire en 7 tomes presque parfaite, une de ces BD qui ne deviennent que trop rare..... (275)