Saga est une chouette série de science-fantasy.
Son intrigue de base est relativement classique, celle d'un couple d'amoureux à la Roméo et Juliette qui fuient avec leur bébé la vindicte mortelle de leurs peuples respectifs qui refusent une union contre-nature. Mais ce sont surtout les personnages et le monde qui forment le décor de cette intrigue qui sont originaux et réjouissants.
C'est un univers un peu foutraque mais qui tient la route. Les lieux et personnages rencontrés présentent une diversité et une légère folie qui m'a rappelé une série comme Le Vagabond des Limbes. Il y a un mélange de science-fiction avec vaisseaux et armes lasers et de fantasy avec des créatures surnaturelles et des formules magiques.
L'ensemble est soutenu par un graphisme que j'aurais aimé un petit peu plus soigné pour les décors mais qui est bien agréable quand même.
Ce sont surtout les personnages et leurs relations qui m'ont plu. J'aime beaucoup le chat-mensonge, de même que la relation entre la Traque et le Testament, ou encore le comportement de ce dernier avec l'orpheline qu'il décide de protéger. La fille fantôme est sympa aussi, ainsi que le caractère assez marqué des deux amoureux. Quant au prince robot, il est assez intriguant.
J'espère que la suite gardera un aussi bon niveau. L'entrée en jeu de Gwendolyne notamment m'inquiète un peu car je n'aime pas les récits de vengeance d'anciennes fiancées revanchardes. Et surtout j'espère que la série ne va pas s'éterniser en nombreux tomes au risque de diluer son intérêt. Le 3e tome qui paraîtra en Avril 2014 rattrapera le niveau de parution aux USA mais la série n'y est pas encore achevée. A voir si l'auteur arrive à clore son intrigue sans trop s'y perdre.
Mais en tout cas, pour le moment, c'est une lecture vraiment réjouissante et divertissante.
Une très bonne série dont j'adore le titre qui prend un deuxième voire même un troisième sens à la fin !
Le dessin réaliste est très beau et j'ai adoré les décors. Un peu moins les personnages, mais au moins le dessinateur sait comment retranscrite leurs émotions sur leurs visages. Le scénario m'a dès le départ plu et au fil des pages j'ai de plus en plus accroché au scénario.
Les points forts selon moi sont les personnages que j'ai trouvés réels. Même les pires connards qu'on croise m'ont semblé être des connards que je pourrais rencontrer dans la vraie vie et non des méchants super-méchants sortis d'un dessin animée pour enfants. La vie de cette pauvre femme née d'un père blanc et d'une mère noire au temps où les relations entre noirs et blancs n'étaient pas roses m'a touché et m'a semblé complètement crédible.
J'espère que cette série a eu du succès parce qu'elle le mériterait amplement.
Surprenant ouvrage, en bien, heureusement...
De mémoire, c'est la première BD aux dessins intégralement en couleurs directes que je lis. C'est assez déconcertant au début, mais finalement, j'ai apprécié ce style, même si je trouve que le graphisme rendu est de qualité irrégulière: certaines cases sont de purs chefs d'oeuvre, alors que d'autres manquent un peu de lisibilité. Mais bon, c'est pour chercher la ptite bête, parce que, globalement, c'est très agréable à regarder !
J'ai trouvé l'histoire originale et intéressante, très entraînante, je l'ai quasiment lue d'une traite. Par contre, j'ai été un poil déçu par la fin qui ne m'a guère convenu, et que j'ai même jugé un peu précipitée...Dommage...
Au final, je suis content d'avoir lu cette BD qui est quand même de bonne qualité, je salue le caractère novateur du scénario et l'originalité du dessin.
A découvrir pour vous faire votre propre idée !
(277)
J'ai bien aimé ce petit (enfin gros...) manga sympathique sans prétention.
Comme pour chaque agréable surprise, je décerne un p'tit coup de coeur à cet ouvrage.
J'ai beaucoup apprécié l'atmosphère du récit. On a vraiment l'impression d'être au Japon dans les années 30, et j'ai appris beaucoup de choses sur cet énigmatique pays, grâce aux nombreuses notes en fin (ou au début, c'est selon...) d'ouvrage.
Plus je lis de mangas de qualité, plus j'ai envie d'en savoir sur le pays du soleil levant !
Je salue aussi la bienveillance de l'éditeur qui a laissé les onomatopées en japonais avec de discrètes astérisques pour nous les expliquer.
L'histoire en elle-même n'est pas vraiment marquante, mais elle est très entraînante. C'est avec grand plaisir que je me replongeais chaque jour dans cette lecture. J'ai bien aimé le mélange du côté authentique, de la vie quotidienne, parfois rude, avec ses coups durs (décès de certains proches de Shigé, par exemple), avec le côté fantastique figuré par les yokaï.
Côté personnages, le héros est attachant, NonNonBâ petite mémé nippone qui maitrise la communication avec les esprits, est excellente !
Concernant le dessin, j'ai un peu moins accroché, c'est pas spécialement beau, notamment les visages, qui sont volontiers caricaturaux, mais bon, ça reste largement lisible et de toute façon je suis moins exigeant sur ce critère.
Un bon moment de lecture.
(276)
Voici un cas très particulier. A peine avais-je entamé la lecture de ce profane Before Watchmen Minutemen que j’étais pressé d’en finir et d’en connaitre la conclusion.
Était-ce pour oublier le choix « infamous » (comme on pourrait lire dans la langue de Shakespeare ?) de cette lecture a priori incongrue et que tous les fans d’Alan Moore rejettent par fidélité sans y poser un œil ?
Absolument pas, contre toute attente, cette préquelle non autorisée par son cultissime auteur barbu est un « must have » absolu qui prolonge de façon immédiate le plaisir de redécouvrir des personnages célèbres ou juste effleurés par la grâce du talent de Darwyn Cooke qui a dû prendre autant de plaisir à l’écrire et à la mettre en page que moi-même à la lire.
Effectivement tout a déjà été écrit, imaginé, pensé et analysé de façon méticuleuse dans l’œuvre somme d’origine et cette mini-série de 6 épisodes n’a pas pour objectif de la supplanter. Il s’agit d’un récit qui pourrait tout à fait se lire indépendamment de la série mère même si de discrètes références et passerelles sont disséminées ici et là.
Hollis Mason, officiellement flic à la retraite et officieusement premier Hibou décide de rétablir la vérité par la publication controversée de son autobiographie faisant largement référence aux Minutemen, premier groupe historique de superhéros dans l’Amérique uchronique des années 40.
Après une introduction présentant chacun des protagonistes, du sombre Juge Masqué à la Silhouette, le récit décolle par le premier « coup d’éclat » des Minutemen, un fiasco complet qu’on manipule pour en faire un acte héroïque…. Et l’aventure commence pour ce groupe atypique aux intérêts divergeants dans un New-York gangréné par le crime et les non-dits.
Les souvenirs de Mason sont passionnants, les personnages extrêmement travaillés mais l’ensemble était déjà, il est vrai, servi sur un plateau d’argent. Cooke ne trahit pas les intentions d’origine en parsemant son récit de scènes d’action comme tout autant de réflexions. Les « héros » sont faits de chair et de sang et certaines révélations suprenantes sont de mise tissant et reliant le schéma tentaculaire d’une existence éphémère, marquante et terriblement humaine.
Chaque protagoniste profite d’un background riche et intéressant s’insérant au fur et à mesure de façon fort habile. Si on ne comprend pas pourquoi les écrits du Hibou, élément tout aussi charismatique et candide que son successeur, engendrent autant d’hostilité à être publiés par les autres survivants du groupe, la noirceur et l’apreté de certaines situations réalistes destinant la lecture à un public adulte finissent par remporter l’adhésion générale.
La construction n’a forcément plus la folle originalité de son modèle mais Darwyn Cooke s’en dédouane par un trait rétro délicieusement élégant et tout à fait en phase avec son univers rendant la lecture fort agréable et aisée à suivre.
Il subsiste un très joli parfum de tolérance et d’humanisme. Malheureusement certaines manipulations et traitrises feront du chapitre final un choc dont on peut ne pas sortir indemne avec le mystérieux Comédien, pivot central des deux mondes de Watchmen.
Au final et sans en attendre grand chose, ce Before Watchmen Minutemen n’est ni plus ni moins qu’un chef d’œuvre que je ne peux que recommander contre vents et marées. La force du récit est de proposer une histoire intelligente et indépendante ou pas, il n’est nullement nécessaire d’avoir lu Watchmen sur le bout des doigts pour suivre les péripéties de l’Homme Insecte, la Silhouette, Bill Dollar et les autres même si je ne saurais que vous encourager à le faire bien évidemment.
N’en déplaise à son auteur d’origine, la préquelle de Darwyn Cooke ne sera jamais une œuvre culte mais mériterait très sincèrement d’être reconnue pour les valeurs sincères qu’elle véhicule. Conscient que Watchmen est insurmontable, Darwyn Cooke livre non seulement un travail sincère mais honnête et respectueux. Comme quoi l’infidélité se doit d’être parfois récompensée, je lui réserve un statut d’œuvre culte immédiatement à la droite du seul et unique Watchmen en espérant que les autres digressions Before Watchmen soient du même calibre…
Une très bonne série que je n'aurais certainement pas lue si elle n'avait pas fait partie du thème des meilleures séries terminées en 2013.
J'avais un peu peur de lire une énième histoire d'un poilu revenant de la guerre avec tous les clichés du genre et heureusement ce ne fut pas le cas. L'histoire se lit très bien sans que j'aie la sensation que tout va trop vite et les personnages sont attachants. L'enquête sur le mystérieux tireur m'a tout de suite plu et au cours des deux albums il y aura des retournements de situation que je n'ai pas du tout vu venir ! J'aime être pris par surprise et c'est bien de savoir que je peux encore l'être après avoir lu autant d'histoires.
Le dessin est bon et je n'ai rien à lui reprocher. Toutefois je n'irai pas jusqu'à dire que le trouve superbe car c'est un style qui me laisse quelconque.
Rona et Ninnoc (ex Ninog, ex Ninnog) sont de retour après presque 20 ans d'absence. Ninnoc ? Non, Brigitte ; on n'a pas idée de changer de prénom ainsi !
Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ?
Passons sur cette question existentielle. Malo Louarn est toujours aussi bon dans son coup de crayon (un peu zest parfois), mais il reste parfait dans ses histoires et dialogues. Incontestablement. Non, je ne suis pas aveuglé par la joie (et la frustration de 20 ans d'attente) du retour ce dessinateur, je suis pragmatique, je lis et collectionne de la BD depuis plus d'un quart de siècle, et Malo Louarn peut sembler être un fossile des années 70-80, un "élève" de Fournier, adepte de la BD à la papa. Mais je préfère 10 fois, 20 fois, une BD construite comme celle que je viens de lire à certaines fumosités actuelles. Il ne me reste plus qu'à espérer cette nouvelle aventure des nouvelles (sic) aventures de Rona ait une suite... Parce que Malo Louarn a parfois la sale manie de ne pas conclure certains albums... ou de pondre des albums introuvables ("le Bouclier" par exemple, le bien-nommé). Ah oui, en parlant de nom :
Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ?
Dans cet album que je tiens dans mes mains (parce que pour le Bouclier, j'ai des doutes de l'avoir en main un jour), Malo Louarn y va de bon coeur avec ses compatriotes bretons (et le voisin gallo), mais avec un humour bon enfant. Ses personnages ont des trognes bien campées, aux dialogues souvent à la masse, avec parfois des sous-entendus. Malo Louarn se défend d'ailleurs très bien dans les personnages secondaires, trop même par rapport à Rona trop lisse à côté. Bref, souvent deux niveaux de lecture dans une histoire qui se tient. Comme le titre de son histoire, il y a différents ruisseaux d'histoire qui vont sous peu se mélanger en plus grandes rivières ou en fleuves, c'est selon la proximité de la mer. Diverses pistes, des questions qui se mettent place doucement. En parlant de question :
Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ?
20 ans étant passé, les mangas aussi (mais j'aime aussi les mangas), le "Fan Service" est apparu dans les planches avec quelques dénudés concernant Ninnoc/Brigitte (et pas qu'elle). Comme je l'avais lu ici sur BDthèque, Rona est une sorte de Tintin, mais accompagné d'une Milou très très accorte. C'est le moins que je puisse en dire. Rona attribue du 95D à sa collègue, il n'a pas le compas dans l'oeil, c'est sûr ! Bonnet D, sans doute, 95, c'est largement minoré :) D'ailleurs, on se demande si c'est vraiment Rona qui réellement tire l'aventure à lui seul... Ninnoc, mis à part son physique avantageux, a du caractère et elle est loin d'être bête. C'est souvent elle qui, dans les précédentes aventures, sortait tout le monde du pétrin. Idem pour cet album, elle a largement sa place et droit à son nom sur la couverture comme en Allemagne...
Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ?
Tout ça pour dire que je considère cet album comme très bon. Pourquoi pas ne pas avoir mis 5/5 ? Trop d'attente ? J'ai vieilli un peu en 20 ans ? Un dessin parfois rapide ? Un comique parfois trop appuyé ? La colorisation ? Une histoire à suivre ? Une certaine difficulté à mettre la main sur cet album ? Ou...
Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ? :) :) :)
---Ajout de janvier 2014---
Je viens de lire l'album 3, et relu plusieurs fois. Le dessin est parfois un peu bâclé, mais le tempo reste intense. On sent que l'auteur a dû avoir qq soucis pour garder la pêche au milieu de l'album, mais il l'a fini correctement, sans sortir un lapin de son chapeau. Bref, il savait ou il allait depuis le début (ou bien, il est drôlement fort dans l'impro).
Donc malgré une petite faiblesse constatée dans l'album 3, je reste grand amateur ! (et vu le nbr de dénudés gentillets, je peux même dire : je reste grand mateur :) )
C’est probablement la série qui m’a fait entrer dans le monde de la bande dessinée adulte, il y a bien longtemps – je devais avoir une quinzaine d’années.
Si une partie de l’arrière plan historique m’avait peut-être échappé à l’époque, j’avais été captivé par ce grand récit d’aventure, avec des personnages à la personnalité affirmée. Et probablement aussi attiré par les personnages féminins et leur anatomie tout aussi affirmée !...
Par contre, je n’avais pas été rebuté par la profusion de termes de marine, car je lisais avidement à l’époque les aventures de Richard Bolitho écrites par Alexander Kent.
J’ai depuis régulièrement relue cette série, la dernière fois après la parution des deux derniers tomes. C’est par eux que je veux commencer, car ils ont failli me pousser à ne mettre que 4 étoiles. Failli seulement il est vrai…
D’abord ils ont été publiés longtemps après le reste de la série, cette coupure se ressentant dans le dessin, et étant accentuée par la coupure dans l’intrigue. Moins « maritime », on est là dans un épilogue répondant aux questions que se posaient les lecteurs de cette série à propos du devenir des personnages principaux. Le ton est aussi différent (l’auteur a muri aussi bien sûr).
Mais au final, j’ai quand même bien aimé ces deux albums : le dessin est excellent ! C’est juste que le rythme est plus lent, le temps se dilate, mais on le prend avec Bourgeon, ce temps (aurait-il dû ne faire qu’un tome supplémentaire ? Peut-être, mais bon…). Un peu moins aimé quand même que le reste, mais pas au point d’enlever cette étoile à la série.
Car je dois dire que pour les cinq albums de la première partie, même si je concède quelques « retombées » dans l’action, je reste encore admiratif du scénario de Bourgeon – ce n’est d’ailleurs pas la seule série de lui que je place très haut ! (il faut lire aussi Le Cycle de Cyann ou Les Compagnons du Crépuscule).
Il a su restituer un monde, une époque, le commerce triangulaire, l’aventure outremer, le petit monde de la marine, grâce à un travail incroyable de recherche (plusieurs livres ont été publiés depuis sur son travail, maquettes à l’appui – livres d’ailleurs à découvrir !). C’est d’autant plus bluffant que ça n’alourdit pas le scénario, bien au contraire. Chapeau bas monsieur Bourgeon !
Certains tiquent de voir Bourgeon abuser d’héroïnes peu farouches, aux formes que leurs vêtements plus ou moins mouillés dévoilent parfois trop. Si cette touche d’érotisme avait beaucoup fait pour m’attirer lors des premières lectures d’adolescent, je considère encore qu’il n’y a là aucune fausse note. Atypiques, ses héroïnes le sont, certes. Mais pas improbables (il n’y a qu’à voir la littérature du XVIIIème siècle, de Laclos à Sade pour leur reconnaître une parenté avec les créatures de Bourgeon). En tout cas, c’est pour moi un plus pour le lecteur que je suis. Un érotisme qui s’intègre à l’épopée et lui donne encore plus de souffle.
Le dessin lui est vraiment très bon – et c’est souvent peu de le dire ! Et il ne fait vraiment pas son âge je trouve. S’il a bien sûr évolué – voir ma remarque concernant les deux derniers albums, il a d’emblée été remarquable, et l’est resté. Cette remarque est valable pour les décors comme pour les personnages.
C’est donc tout autant les qualités intrinsèques de cette série qui me font la considérer comme culte, mais aussi l’importance qu’elle a eu dans ma découverte de la bande dessinée adulte, et dans la bande dessinée tout court d’ailleurs.
Une grande histoire à lire et relire, c’est ample et détaillé, c’est lyrique et dépouillé, c’est une grande œuvre que tout amoureux de bande dessinée se doit d’avoir lue !
Ce one-shot est un bon petit moment de lecture !
S’il se lit assez rapidement, je dois dire que l’album, bien qu’un peu maigre, a su me tenir en haleine du début à la fin. La tension monte au fur-et-à-mesure et en cela, je trouve l’album bien réussi. De même, des réponses arrivent au compte-gouttes alors que certaines questions demeurent sans réponse. Fondamentalement, cela ne me dérange pas, dans la mesure où l’album arrive à me surprendre, et ce fût le cas. Une histoire agréable à lire donc, sans qu’elle ne soit tout de même géniale.
Graphiquement, Herman reste dans son registre réaliste qu’il maîtrise à merveille. Les couleurs employées sont souvent ternes, sombres, parti pris, sans doute, eu égard à l’histoire.
En conclusion, je ne regrette pas mon achat et le conseille. L’histoire est sombre et navigue dans les eaux troubles de l’horreur… Un album sympa à lire, que je vous conseille !
Les romans, les films et maintenant… les BD. Je suis très prudent sur les adaptations et je commence souvent ces albums avec un solide apriori. Il faut bien le dire que les adaptations sont plus souvent ratées (et/ou bâclées) que réussies.
Pour ce qui nous concerne, vous l’aurez compris en voyant ma note, j’ai adoré. Dans le thème du polar, c’est une très grande réussite. L’histoire est d’abord très prenante, ce qui est moins étonnant étant donné le succès des romans. Mais le découpage du livre en diptyque BD est très réussi. Je ne suis passé à côté de rien, malgré certains va-et-vient ou certains chapitres présentés en parallèle de l’histoire principale. Et quelle enquête ! C’est intriguant, noir et violent… du pur bonheur pour le lecteur que je suis !
Comment ne pas évoquer la qualité exceptionnelle du trait de Homs ? Les visages sont particulièrement réussis ce qui est, à un tel niveau, relativement rare. J’ai la chance d’avoir lu l’histoire en noir et blanc et la dynamique du trait en noir et blanc force le respect.
En conclusion, il s’agit pour moi du meilleur polar que j’ai lu ces dernières années. J’attends de lire les histoires suivantes pour éventuellement élever ma note. D’ores et déjà, c’est pour moi un gros coup de cœur que je n’hésiterai pas à relire. Une bombe, tout simplement !
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Saga
Saga est une chouette série de science-fantasy. Son intrigue de base est relativement classique, celle d'un couple d'amoureux à la Roméo et Juliette qui fuient avec leur bébé la vindicte mortelle de leurs peuples respectifs qui refusent une union contre-nature. Mais ce sont surtout les personnages et le monde qui forment le décor de cette intrigue qui sont originaux et réjouissants. C'est un univers un peu foutraque mais qui tient la route. Les lieux et personnages rencontrés présentent une diversité et une légère folie qui m'a rappelé une série comme Le Vagabond des Limbes. Il y a un mélange de science-fiction avec vaisseaux et armes lasers et de fantasy avec des créatures surnaturelles et des formules magiques. L'ensemble est soutenu par un graphisme que j'aurais aimé un petit peu plus soigné pour les décors mais qui est bien agréable quand même. Ce sont surtout les personnages et leurs relations qui m'ont plu. J'aime beaucoup le chat-mensonge, de même que la relation entre la Traque et le Testament, ou encore le comportement de ce dernier avec l'orpheline qu'il décide de protéger. La fille fantôme est sympa aussi, ainsi que le caractère assez marqué des deux amoureux. Quant au prince robot, il est assez intriguant. J'espère que la suite gardera un aussi bon niveau. L'entrée en jeu de Gwendolyne notamment m'inquiète un peu car je n'aime pas les récits de vengeance d'anciennes fiancées revanchardes. Et surtout j'espère que la série ne va pas s'éterniser en nombreux tomes au risque de diluer son intérêt. Le 3e tome qui paraîtra en Avril 2014 rattrapera le niveau de parution aux USA mais la série n'y est pas encore achevée. A voir si l'auteur arrive à clore son intrigue sans trop s'y perdre. Mais en tout cas, pour le moment, c'est une lecture vraiment réjouissante et divertissante.
L'Appel des Origines
Une très bonne série dont j'adore le titre qui prend un deuxième voire même un troisième sens à la fin ! Le dessin réaliste est très beau et j'ai adoré les décors. Un peu moins les personnages, mais au moins le dessinateur sait comment retranscrite leurs émotions sur leurs visages. Le scénario m'a dès le départ plu et au fil des pages j'ai de plus en plus accroché au scénario. Les points forts selon moi sont les personnages que j'ai trouvés réels. Même les pires connards qu'on croise m'ont semblé être des connards que je pourrais rencontrer dans la vraie vie et non des méchants super-méchants sortis d'un dessin animée pour enfants. La vie de cette pauvre femme née d'un père blanc et d'une mère noire au temps où les relations entre noirs et blancs n'étaient pas roses m'a touché et m'a semblé complètement crédible. J'espère que cette série a eu du succès parce qu'elle le mériterait amplement.
Jésus Marie Joseph
Surprenant ouvrage, en bien, heureusement... De mémoire, c'est la première BD aux dessins intégralement en couleurs directes que je lis. C'est assez déconcertant au début, mais finalement, j'ai apprécié ce style, même si je trouve que le graphisme rendu est de qualité irrégulière: certaines cases sont de purs chefs d'oeuvre, alors que d'autres manquent un peu de lisibilité. Mais bon, c'est pour chercher la ptite bête, parce que, globalement, c'est très agréable à regarder ! J'ai trouvé l'histoire originale et intéressante, très entraînante, je l'ai quasiment lue d'une traite. Par contre, j'ai été un poil déçu par la fin qui ne m'a guère convenu, et que j'ai même jugé un peu précipitée...Dommage... Au final, je suis content d'avoir lu cette BD qui est quand même de bonne qualité, je salue le caractère novateur du scénario et l'originalité du dessin. A découvrir pour vous faire votre propre idée ! (277)
NonNonBâ
J'ai bien aimé ce petit (enfin gros...) manga sympathique sans prétention. Comme pour chaque agréable surprise, je décerne un p'tit coup de coeur à cet ouvrage. J'ai beaucoup apprécié l'atmosphère du récit. On a vraiment l'impression d'être au Japon dans les années 30, et j'ai appris beaucoup de choses sur cet énigmatique pays, grâce aux nombreuses notes en fin (ou au début, c'est selon...) d'ouvrage. Plus je lis de mangas de qualité, plus j'ai envie d'en savoir sur le pays du soleil levant ! Je salue aussi la bienveillance de l'éditeur qui a laissé les onomatopées en japonais avec de discrètes astérisques pour nous les expliquer. L'histoire en elle-même n'est pas vraiment marquante, mais elle est très entraînante. C'est avec grand plaisir que je me replongeais chaque jour dans cette lecture. J'ai bien aimé le mélange du côté authentique, de la vie quotidienne, parfois rude, avec ses coups durs (décès de certains proches de Shigé, par exemple), avec le côté fantastique figuré par les yokaï. Côté personnages, le héros est attachant, NonNonBâ petite mémé nippone qui maitrise la communication avec les esprits, est excellente ! Concernant le dessin, j'ai un peu moins accroché, c'est pas spécialement beau, notamment les visages, qui sont volontiers caricaturaux, mais bon, ça reste largement lisible et de toute façon je suis moins exigeant sur ce critère. Un bon moment de lecture. (276)
Before Watchmen - Minutemen
Voici un cas très particulier. A peine avais-je entamé la lecture de ce profane Before Watchmen Minutemen que j’étais pressé d’en finir et d’en connaitre la conclusion. Était-ce pour oublier le choix « infamous » (comme on pourrait lire dans la langue de Shakespeare ?) de cette lecture a priori incongrue et que tous les fans d’Alan Moore rejettent par fidélité sans y poser un œil ? Absolument pas, contre toute attente, cette préquelle non autorisée par son cultissime auteur barbu est un « must have » absolu qui prolonge de façon immédiate le plaisir de redécouvrir des personnages célèbres ou juste effleurés par la grâce du talent de Darwyn Cooke qui a dû prendre autant de plaisir à l’écrire et à la mettre en page que moi-même à la lire. Effectivement tout a déjà été écrit, imaginé, pensé et analysé de façon méticuleuse dans l’œuvre somme d’origine et cette mini-série de 6 épisodes n’a pas pour objectif de la supplanter. Il s’agit d’un récit qui pourrait tout à fait se lire indépendamment de la série mère même si de discrètes références et passerelles sont disséminées ici et là. Hollis Mason, officiellement flic à la retraite et officieusement premier Hibou décide de rétablir la vérité par la publication controversée de son autobiographie faisant largement référence aux Minutemen, premier groupe historique de superhéros dans l’Amérique uchronique des années 40. Après une introduction présentant chacun des protagonistes, du sombre Juge Masqué à la Silhouette, le récit décolle par le premier « coup d’éclat » des Minutemen, un fiasco complet qu’on manipule pour en faire un acte héroïque…. Et l’aventure commence pour ce groupe atypique aux intérêts divergeants dans un New-York gangréné par le crime et les non-dits. Les souvenirs de Mason sont passionnants, les personnages extrêmement travaillés mais l’ensemble était déjà, il est vrai, servi sur un plateau d’argent. Cooke ne trahit pas les intentions d’origine en parsemant son récit de scènes d’action comme tout autant de réflexions. Les « héros » sont faits de chair et de sang et certaines révélations suprenantes sont de mise tissant et reliant le schéma tentaculaire d’une existence éphémère, marquante et terriblement humaine. Chaque protagoniste profite d’un background riche et intéressant s’insérant au fur et à mesure de façon fort habile. Si on ne comprend pas pourquoi les écrits du Hibou, élément tout aussi charismatique et candide que son successeur, engendrent autant d’hostilité à être publiés par les autres survivants du groupe, la noirceur et l’apreté de certaines situations réalistes destinant la lecture à un public adulte finissent par remporter l’adhésion générale. La construction n’a forcément plus la folle originalité de son modèle mais Darwyn Cooke s’en dédouane par un trait rétro délicieusement élégant et tout à fait en phase avec son univers rendant la lecture fort agréable et aisée à suivre. Il subsiste un très joli parfum de tolérance et d’humanisme. Malheureusement certaines manipulations et traitrises feront du chapitre final un choc dont on peut ne pas sortir indemne avec le mystérieux Comédien, pivot central des deux mondes de Watchmen. Au final et sans en attendre grand chose, ce Before Watchmen Minutemen n’est ni plus ni moins qu’un chef d’œuvre que je ne peux que recommander contre vents et marées. La force du récit est de proposer une histoire intelligente et indépendante ou pas, il n’est nullement nécessaire d’avoir lu Watchmen sur le bout des doigts pour suivre les péripéties de l’Homme Insecte, la Silhouette, Bill Dollar et les autres même si je ne saurais que vous encourager à le faire bien évidemment. N’en déplaise à son auteur d’origine, la préquelle de Darwyn Cooke ne sera jamais une œuvre culte mais mériterait très sincèrement d’être reconnue pour les valeurs sincères qu’elle véhicule. Conscient que Watchmen est insurmontable, Darwyn Cooke livre non seulement un travail sincère mais honnête et respectueux. Comme quoi l’infidélité se doit d’être parfois récompensée, je lui réserve un statut d’œuvre culte immédiatement à la droite du seul et unique Watchmen en espérant que les autres digressions Before Watchmen soient du même calibre…
Pour un peu de bonheur
Une très bonne série que je n'aurais certainement pas lue si elle n'avait pas fait partie du thème des meilleures séries terminées en 2013. J'avais un peu peur de lire une énième histoire d'un poilu revenant de la guerre avec tous les clichés du genre et heureusement ce ne fut pas le cas. L'histoire se lit très bien sans que j'aie la sensation que tout va trop vite et les personnages sont attachants. L'enquête sur le mystérieux tireur m'a tout de suite plu et au cours des deux albums il y aura des retournements de situation que je n'ai pas du tout vu venir ! J'aime être pris par surprise et c'est bien de savoir que je peux encore l'être après avoir lu autant d'histoires. Le dessin est bon et je n'ai rien à lui reprocher. Toutefois je n'irai pas jusqu'à dire que le trouve superbe car c'est un style qui me laisse quelconque.
Les Nouvelles Aventures de Rona
Rona et Ninnoc (ex Ninog, ex Ninnog) sont de retour après presque 20 ans d'absence. Ninnoc ? Non, Brigitte ; on n'a pas idée de changer de prénom ainsi ! Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ? Passons sur cette question existentielle. Malo Louarn est toujours aussi bon dans son coup de crayon (un peu zest parfois), mais il reste parfait dans ses histoires et dialogues. Incontestablement. Non, je ne suis pas aveuglé par la joie (et la frustration de 20 ans d'attente) du retour ce dessinateur, je suis pragmatique, je lis et collectionne de la BD depuis plus d'un quart de siècle, et Malo Louarn peut sembler être un fossile des années 70-80, un "élève" de Fournier, adepte de la BD à la papa. Mais je préfère 10 fois, 20 fois, une BD construite comme celle que je viens de lire à certaines fumosités actuelles. Il ne me reste plus qu'à espérer cette nouvelle aventure des nouvelles (sic) aventures de Rona ait une suite... Parce que Malo Louarn a parfois la sale manie de ne pas conclure certains albums... ou de pondre des albums introuvables ("le Bouclier" par exemple, le bien-nommé). Ah oui, en parlant de nom : Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ? Dans cet album que je tiens dans mes mains (parce que pour le Bouclier, j'ai des doutes de l'avoir en main un jour), Malo Louarn y va de bon coeur avec ses compatriotes bretons (et le voisin gallo), mais avec un humour bon enfant. Ses personnages ont des trognes bien campées, aux dialogues souvent à la masse, avec parfois des sous-entendus. Malo Louarn se défend d'ailleurs très bien dans les personnages secondaires, trop même par rapport à Rona trop lisse à côté. Bref, souvent deux niveaux de lecture dans une histoire qui se tient. Comme le titre de son histoire, il y a différents ruisseaux d'histoire qui vont sous peu se mélanger en plus grandes rivières ou en fleuves, c'est selon la proximité de la mer. Diverses pistes, des questions qui se mettent place doucement. En parlant de question : Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ? 20 ans étant passé, les mangas aussi (mais j'aime aussi les mangas), le "Fan Service" est apparu dans les planches avec quelques dénudés concernant Ninnoc/Brigitte (et pas qu'elle). Comme je l'avais lu ici sur BDthèque, Rona est une sorte de Tintin, mais accompagné d'une Milou très très accorte. C'est le moins que je puisse en dire. Rona attribue du 95D à sa collègue, il n'a pas le compas dans l'oeil, c'est sûr ! Bonnet D, sans doute, 95, c'est largement minoré :) D'ailleurs, on se demande si c'est vraiment Rona qui réellement tire l'aventure à lui seul... Ninnoc, mis à part son physique avantageux, a du caractère et elle est loin d'être bête. C'est souvent elle qui, dans les précédentes aventures, sortait tout le monde du pétrin. Idem pour cet album, elle a largement sa place et droit à son nom sur la couverture comme en Allemagne... Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ? Tout ça pour dire que je considère cet album comme très bon. Pourquoi pas ne pas avoir mis 5/5 ? Trop d'attente ? J'ai vieilli un peu en 20 ans ? Un dessin parfois rapide ? Un comique parfois trop appuyé ? La colorisation ? Une histoire à suivre ? Une certaine difficulté à mettre la main sur cet album ? Ou... Mais pourquoi, diable, s'appeler Brigitte ? :) :) :) ---Ajout de janvier 2014--- Je viens de lire l'album 3, et relu plusieurs fois. Le dessin est parfois un peu bâclé, mais le tempo reste intense. On sent que l'auteur a dû avoir qq soucis pour garder la pêche au milieu de l'album, mais il l'a fini correctement, sans sortir un lapin de son chapeau. Bref, il savait ou il allait depuis le début (ou bien, il est drôlement fort dans l'impro). Donc malgré une petite faiblesse constatée dans l'album 3, je reste grand amateur ! (et vu le nbr de dénudés gentillets, je peux même dire : je reste grand mateur :) )
Les Passagers du vent
C’est probablement la série qui m’a fait entrer dans le monde de la bande dessinée adulte, il y a bien longtemps – je devais avoir une quinzaine d’années. Si une partie de l’arrière plan historique m’avait peut-être échappé à l’époque, j’avais été captivé par ce grand récit d’aventure, avec des personnages à la personnalité affirmée. Et probablement aussi attiré par les personnages féminins et leur anatomie tout aussi affirmée !... Par contre, je n’avais pas été rebuté par la profusion de termes de marine, car je lisais avidement à l’époque les aventures de Richard Bolitho écrites par Alexander Kent. J’ai depuis régulièrement relue cette série, la dernière fois après la parution des deux derniers tomes. C’est par eux que je veux commencer, car ils ont failli me pousser à ne mettre que 4 étoiles. Failli seulement il est vrai… D’abord ils ont été publiés longtemps après le reste de la série, cette coupure se ressentant dans le dessin, et étant accentuée par la coupure dans l’intrigue. Moins « maritime », on est là dans un épilogue répondant aux questions que se posaient les lecteurs de cette série à propos du devenir des personnages principaux. Le ton est aussi différent (l’auteur a muri aussi bien sûr). Mais au final, j’ai quand même bien aimé ces deux albums : le dessin est excellent ! C’est juste que le rythme est plus lent, le temps se dilate, mais on le prend avec Bourgeon, ce temps (aurait-il dû ne faire qu’un tome supplémentaire ? Peut-être, mais bon…). Un peu moins aimé quand même que le reste, mais pas au point d’enlever cette étoile à la série. Car je dois dire que pour les cinq albums de la première partie, même si je concède quelques « retombées » dans l’action, je reste encore admiratif du scénario de Bourgeon – ce n’est d’ailleurs pas la seule série de lui que je place très haut ! (il faut lire aussi Le Cycle de Cyann ou Les Compagnons du Crépuscule). Il a su restituer un monde, une époque, le commerce triangulaire, l’aventure outremer, le petit monde de la marine, grâce à un travail incroyable de recherche (plusieurs livres ont été publiés depuis sur son travail, maquettes à l’appui – livres d’ailleurs à découvrir !). C’est d’autant plus bluffant que ça n’alourdit pas le scénario, bien au contraire. Chapeau bas monsieur Bourgeon ! Certains tiquent de voir Bourgeon abuser d’héroïnes peu farouches, aux formes que leurs vêtements plus ou moins mouillés dévoilent parfois trop. Si cette touche d’érotisme avait beaucoup fait pour m’attirer lors des premières lectures d’adolescent, je considère encore qu’il n’y a là aucune fausse note. Atypiques, ses héroïnes le sont, certes. Mais pas improbables (il n’y a qu’à voir la littérature du XVIIIème siècle, de Laclos à Sade pour leur reconnaître une parenté avec les créatures de Bourgeon). En tout cas, c’est pour moi un plus pour le lecteur que je suis. Un érotisme qui s’intègre à l’épopée et lui donne encore plus de souffle. Le dessin lui est vraiment très bon – et c’est souvent peu de le dire ! Et il ne fait vraiment pas son âge je trouve. S’il a bien sûr évolué – voir ma remarque concernant les deux derniers albums, il a d’emblée été remarquable, et l’est resté. Cette remarque est valable pour les décors comme pour les personnages. C’est donc tout autant les qualités intrinsèques de cette série qui me font la considérer comme culte, mais aussi l’importance qu’elle a eu dans ma découverte de la bande dessinée adulte, et dans la bande dessinée tout court d’ailleurs. Une grande histoire à lire et relire, c’est ample et détaillé, c’est lyrique et dépouillé, c’est une grande œuvre que tout amoureux de bande dessinée se doit d’avoir lue !
Station 16
Ce one-shot est un bon petit moment de lecture ! S’il se lit assez rapidement, je dois dire que l’album, bien qu’un peu maigre, a su me tenir en haleine du début à la fin. La tension monte au fur-et-à-mesure et en cela, je trouve l’album bien réussi. De même, des réponses arrivent au compte-gouttes alors que certaines questions demeurent sans réponse. Fondamentalement, cela ne me dérange pas, dans la mesure où l’album arrive à me surprendre, et ce fût le cas. Une histoire agréable à lire donc, sans qu’elle ne soit tout de même géniale. Graphiquement, Herman reste dans son registre réaliste qu’il maîtrise à merveille. Les couleurs employées sont souvent ternes, sombres, parti pris, sans doute, eu égard à l’histoire. En conclusion, je ne regrette pas mon achat et le conseille. L’histoire est sombre et navigue dans les eaux troubles de l’horreur… Un album sympa à lire, que je vous conseille !
Millenium
Les romans, les films et maintenant… les BD. Je suis très prudent sur les adaptations et je commence souvent ces albums avec un solide apriori. Il faut bien le dire que les adaptations sont plus souvent ratées (et/ou bâclées) que réussies. Pour ce qui nous concerne, vous l’aurez compris en voyant ma note, j’ai adoré. Dans le thème du polar, c’est une très grande réussite. L’histoire est d’abord très prenante, ce qui est moins étonnant étant donné le succès des romans. Mais le découpage du livre en diptyque BD est très réussi. Je ne suis passé à côté de rien, malgré certains va-et-vient ou certains chapitres présentés en parallèle de l’histoire principale. Et quelle enquête ! C’est intriguant, noir et violent… du pur bonheur pour le lecteur que je suis ! Comment ne pas évoquer la qualité exceptionnelle du trait de Homs ? Les visages sont particulièrement réussis ce qui est, à un tel niveau, relativement rare. J’ai la chance d’avoir lu l’histoire en noir et blanc et la dynamique du trait en noir et blanc force le respect. En conclusion, il s’agit pour moi du meilleur polar que j’ai lu ces dernières années. J’attends de lire les histoires suivantes pour éventuellement élever ma note. D’ores et déjà, c’est pour moi un gros coup de cœur que je n’hésiterai pas à relire. Une bombe, tout simplement !