New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building) (The Building)

Note: 3.82/5
(3.82/5 pour 11 avis)

Le récit des vies de 4 personnes liées à celle d'un vieux building new-yorkais. Initialement publié sous le titre "Le Building".


Dans mon immeuble... Fantômes Kitchen Sink Press Les meilleurs comics New York One-shots, le best-of Will Eisner (1917-2005)

Ce vieil immeuble new-yorkais était à l'intersection de deux avenues principales. 80 ans de bons et loyaux services. Il était une frontière dont les murs survivaient aux crises de larmes et de rires.... Un jour, ce vieil immeuble fut démoli pour laisser la place à un nouvel immeuble. Au pied de ce nouvel édifice, quatre fantômes étaient là : Monroe MENSCH, Gilda GREEN, Antonio TONATTI et P.J. HAMMOND. Leur vie passée était liée à l'ancien immeuble, leur présence fantômatique à celle du nouveau building...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1989
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)
Les notes (11)
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09/08/2004 | Spooky
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L'avatar du posteur Noirdésir

Ce « Building » est ma première expérience avec cet auteur qui semble majeur pour beaucoup dans la Bande Dessinée américaine, voire la Bande Dessinée tout court. Bon, ben mon ressenti est assez mitigé. Ça se laisse lire, le dessin est même plutôt bon, mais je n’ai pas été accroché plus que ça par cet immeuble, qui n’est au début qu’un décor à plusieurs histoires, pour au final devenir un personnage à part entière de l’album. C’est donc pas mal, certes, mais sans plus. Peut-être ne suis-je pas fait pour ce genre d’œuvre, je ne sais pas. J’essayerai de lire d’autres séries d’Eisner pour voir, mais je n’en ferai pas une priorité.

10/11/2014 (modifier)

Hello les amis, Aujourd’hui j’ai l’esprit léger et le pas guilleret, un peu comme la floraison des cerisiers au Japon, car j’ai déterré pour vous un auteur figure de proue d’un renouveau bd aux US, j’ai nommé Will Eisner (ouais, rien que ça !). Ne prenant que mon courage à deux mains je suis parti tirer les vers du nez de mon libraire, ce qui n’était pas une mince affaire vu son rhume, et j’ai déniché un « pas si vieux que cela » (1987) bouquin portant le nom de « Building ». Pour la petite anecdote, Will Eisner est un gars genre bien mort (1917-2005) mais qui est devenu avec les années un pilier de l’art visuel de la BD américaine grâce notamment à une inventivité graphique en avance sur son temps, un style narratif unique et une vision des choses différente des us et coutumes de l’époque ; du coup il a été une inspiration pour pas mal d’auteurs underground et estampillé « bête de guerre » dans son genre. Il a même défini le concept du « roman graphique » tel qu’on le connait aujourd’hui c’est-à-dire des histoires bd sérieuses et pas forcément chiantes. Alors oui, aujourd’hui c’est presque du petit lait mais à l’époque les comics et bd avaient une connotation infantile et ça faisait un peu rétrograde quand un adulte un poil sérieux en lisait une (pointage du doigt, bonnet d’âne, ricanement, plumes et goudron, etc.). Bref, un auteur des plus célèbres outre-Atlantique à tel point que l’Oscar de la bande dessinée porte son nom. On ne va pas se repasser tout son curriculum en vue mais si l’on doit retenir quelques œuvres notables du gaillard, je ne citerais que The Spirit, A contract with God, Fagin le Juif, The building et j’en passe. The Building va nous téléporter à une époque où la longueur des jupes commençait à rétrécir et les pantalons à pinces étaient toujours à la mode ; nous voilà en plein sixties ! Quatre personnages complètement atypiques vont nous faire découvrir la vie d’un immeuble new-yorkais : un violoncelliste passionné, une femme infidèle éprise d’un poète, un homme aigri par l’argent ainsi qu’une personne ayant eu un traumatisme et qui s’est donné pour mission d’aider les enfants, voilà pour nos guides attitrés. Tous vont partager une histoire, leurs histoires ; parfois triste, mélancolique et avec des sursauts de joies ayant pour lieu commun : l’immeuble (The Building en VO) ; cet immeuble qui est justement l’élément central, et qui sera le témoin de cette tranche de vie, du temps qui passe et des liens entre les hommes. Un immeuble peut-il avoir une âme ? Vous l’aurez compris, ici on ne cogne pas, pas de communistes en mal de destructions massives ni de terroristes palestino-indiens, et encore moins de tripes virevoltantes ne vous laissant pas le temps de faire marcher vos neurones. Au contraire, décapsulez une boisson gazeuse, respirez un bon coup et mettez-vous plutôt à l’aise sous la couette. Visuellement c’est beau, sobre, agréable à lire et est un vrai plaisir à regarder avec sa mise en page hors-norme remplie d’audace graphique et au dessin épuré ; chaque planche est émouvante et emplie d’émotions et vous plongera dans le gris de l’existence comme un bon coup de pelle projetant du mortier dans les dents (désolé, c’est mon côté maçon qui ressort). Mitonné de second degré et d’un double niveau de lecture, vous verrez au fil de la lecture les cases s’effacer pour donner vie à cette histoire au thème humaniste et qui étudie le comportement humain et social sans pour autant porter un quelconque jugement, ni être moralisateur. Non content d’être un excellent album se suffisant à lui-même, celui-ci fait partie d’une trilogie (The building est en fait le tome 2), et est composé de 80 pages nous montrant un instantané de la vie raconté avec une finesse poétique assez rare, à tel point qu’on le termine sans s’en apercevoir. Bref, c’est une lecture un poil étrange, qui sort des sentiers battus et qui est rafraichissante. Au final, voici une œuvre intemporelle, originale et même novatrice vis-à-vis de tout ce qui sort actuellement et qui se résume trop souvent à un gros méchant, un complot et des boy-scouts qui sauvent la princesse à coup de semelle cloutée pointure 44. Alors, pardonnez mon hardiesse, somme toute pas subtile du tout, de vous suggérer la lecture de cette bd sous peine de passer à côté de quelque chose. Si vous aimez les bonnes et belles BD avec une histoire intelligente qui vous ouvrira l’esprit, celle-ci est clairement pour vous !

14/04/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Yannis

Mettre une telle note à Will Eisner est assez facile dans le sens où il est un très bon dessinateur mais surtout car c'est un observateur incroyable et un conteur génial. J'ai lu les trois tomes de cette série en un peu plus d'une heure happé par les histoires tantôt joyeuses mais plus souvent tristes voire cyniques. Une oeuvre admirable de l'un des plus grands noms de la BD US. Dans le premier tome l'auteur nous parlait de sa ville en général, là il s'attache à nous brosser le portrait de quatre personnes au destin tragique d'un même immeuble. Remarquable une fois de plus.

05/04/2014 (modifier)

Le meilleur des trois albums de la trilogie New York. Le trait noir et blanc d'Eisner reste diablement efficace, avec une facilité de lecture très appréciable. La première histoire, la plus longue, n'est pas très gaie, c'est le moins que l'on puisse dire, mais elle se laisse lire, et j'ai tiré plaisir de cette lecture. En deuxième partie, on a aussi des petites histoires relatant les aléas de personnages dans le quotidien de la grosse pomme, dans le même style que dans le tome 1: " New York trilogie (Big City)" . Et là, c'est pareil, la qualité est inconstante, certaines histoires m'ont paru ennuyeuses et j'ai vite tourné les pages, d'autres sont plus sympa et se laissent lire. A découvrir. Vous n'êtes pas obligés de lire les différents tomes de la trilogie dans l'ordre pour cela. (244)

03/08/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
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Ce deuxième tome est en quelque sorte une « étude archéologique » de New York, comme le dit lui-même Eisner. Dans la première partie, l’auteur s’intéresse à un vieil immeuble ressemblant étrangement au célèbre Flatiron Building, qui a été détruit pour laisser place à un building de verre sans âme, imaginant les gens qui ont pu laisser un peu ou beaucoup de leur histoire à ses pieds. Ainsi, l’auteur nous conte quatre petites fables, quatre histoires de fantômes urbains liés d’une façon ou d’une autre à cet immeuble, des inconnus aux destins aussi tragiques que différents. La deuxième partie est consacrée aux éléments indissociables de la vie d’une mégapole, principalement l’espace et le temps qui contribuent à transformer de manière inéluctable l’espèce urbaine. Plusieurs saynètes viennent illustrer ce phénomène, révélant tout l’humour et la finesse d’observation de son auteur. New Yorkais dans l’âme, Will Eisner a promené dans Big Apple son carnet de croquis pour nous faire partager, grâce à son talent d’observateur secondé par un coup de crayon vif et précis, des anecdotes sur la vie de ses habitants, sans cesse confrontés à la course effrénée du temps, aux contraintes de l’espace, et aux menaces de déchéance sociale, autant de facteurs beaucoup plus prégnants en milieu urbain. C’est drôle, souvent grinçant voire tragi-comique. L’auteur se moque gentiment de ces pauvres citadins empêtrés dans leur recherche illusoire d’une vie meilleure, et dénonce indirectement l’asservissement d’un système fondé sur les inégalités tels que celui qui domine à New York comme dans le reste des USA. Certaines scènes m’ont bien fait marrer, notamment celle avec ce provincial fraichement débarqué qui finira contre son gré par marcher comme tout le monde, d’un pas rapide et tête en avant, emporté par le flux incessant des citadins pressés. Le découpage est toujours très efficace, on a parfois l’impression de regarder un dessin animé, et la mise en page est vraiment étonnante, au point de rompre avec les codes de la bédé les plus courants. En cela, Eisner est un peu un maître du temps et de l’espace, et cela n’est sans doute pas par hasard s’il a aujourd’hui atteint ce niveau de reconnaissance avec un prix qui porte son nom. Un très léger bémol notamment grâce à une ou deux bizarreries, notamment à la fin de la première partie dans la scène où le laveur de vitres fait une chute, qui selon moi dure un peu trop longtemps par rapport à la hauteur qui le sépare du sol. Difficile pourtant d’en vouloir à son auteur, dont l’incontestable talent narratif et poétique fait oublier de telles approximations. Et après tout, c’est un peu pareil dans les dessins animés…

06/11/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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Will Eisner est vraiment un conteur hors pair. Il a le pouvoir quasi-magique de nous faire revivre l'histoire d'un immeuble à travers quatre personnages : des fantômes du passé qui reviennent hanter nos mémoires au moment de la destruction de cet édifice. Du coup, cet immeuble new-yorkais devient comme un personnage à part entière où se croisent les destins dans une grande cohérence. Oui, Will Eisner avait incontestablement du génie. C'est certainement l'une des oeuvres du grand maître que j'ai le plus appréciée. C'est fascinant, c'est impressionnant, c'est captivant ! Un bonheur de lecture absolu !

28/03/2010 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5

Quatre fantômes nous font un peu participer, à leur manière, à quatre histoires tragi-comiques. Car, vivants, leur vie était liée à un ancien immeuble. Fantômes maintenant, leur présence l’est avec ce nouveau building construit sur place de l’ancien. Un album au dessin noir et blanc. J’aime déjà. Et puis, c’est « du Eisner » ; un auteur qui –une fois de plus- fait preuve d’une grande finesse, fait montre d’un regard vif sur la société. On passe d’une page à l’autre, admirant ce trait vif qui nous entraîne à la rencontre de ces quatre fantômes. Avec eux, par eux, on suit les entrelacs de l’âme humaine, de la pensée ; plongeant de bonne grâce dans quelque chose de malicieux, de touchant, d’amical aussi… Ces gens qu’Eisner nous fait rencontrer sont irréels, oui, mais ne font-ils pas –en quelque sorte- partie de notre futur ?… donc de nous mêmes ?… Suivant ainsi la balade de cet « inventeur des sens » qu’est Eisner, nous nous rencontrons comme devant un miroir à deux faces ; celle d’avant et celle d’après. C’est vrai, je n’ai pas tout compris. Eisner n’a pas la même vision des choses que nous, Européens… et inversement. Et c’est une partie du charme de cet album : « voir » quelqu’un d’autre, se projeter avec lui dans un moment de son œuvre, se laisser aller à ses visions. On n’en ressort pas « changé », non, mais on a vu quelque chose d’autre. Et ce « quelque chose » on ne peut que l’apprécier.

23/09/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
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Du Will Eisner comme je l'aime. On suit quatre histoires de gens plutôt malheureux qui ont comme unique lien le building. Chaque histoire est un petit bijou de tendresse et de psychologie humaine comme seul Eisner sait faire. J'aime bien la fin qui a quelque chose d'assez particulier. Je n'ai jamais vu cela avant. Le dessin est très bien comme d'habitude.

06/03/2008 (MAJ le 06/03/2008) (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
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Une histoire de fantôme original et agréable à lire. On commence par suivre le destin de 4 personnages très différents, on découvre leur vie et leur relation avec ce fameux building, on est témoin de leur mort, puis de leur retour pour une scène finale inattendue et bien orchestrée. Bon ce n’est pas une BD indispensable, mais si vous appréciez ce que fait Will Eisner généralement, ce one-shot ne devrait pas vous décevoir. Il est bien dans le ton du reste de l’œuvre de cet auteur.

22/05/2006 (modifier)
Par Picado
Note: 4/5

C'est un album qu'on lit avec beaucoup de plaisir, mais qui je pense ne sera pas lu et relu. L'histoire est vraiment sympa : je trouve que les 4 "petites" histoires s'articulent très bien avec l'histoire en général. Il s'en dégage un peu de nostalgie et de mélancolie à voir ces tranches de vie défiler. J'apprécie réellement la simplicité de l'histoire et le côté très véridique et poétique des choses. Le dessin est sympa... C'est assez particulier car il m'a amené à me détacher de l'histoire et à regarder ce qu'on me racontait avec recul et détachement. Je ne saurais expliquer pourquoi.

05/05/2005 (modifier)