Le Trône d'argile

Note: 4/5
(4/5 pour 31 avis)

France 1418, le royaume vacille.


1300 - 1453 : Moyen Âge et Guerre de Cent ans Delcourt Jeanne d'Arc La Normandie Rois et Reines d'Europe

France 1418, le royaume vacille. Le roi Charles le VI sombre dans la folie alors que Armagnacs et Bourguignons s'entre-déchirent dans une guerre civile sanglante. Les armées anglaises assiègent les forteresses normandes qui tombent inexorablement les unes après les autres. La guerre de cent ans. Après quelques années de trêve, s'embrase à nouveau et rien ne semble pouvoir contrer le sort qui s'abat sur la France. Pourtant, le 28 mai, un homme, Tanneguy du Châtel, changea à jamais le cours de l'histoire. Texte : Delcourt

Scénaristes
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Avril 2006
Statut histoire Série en cours 6 tomes parus
Dernière parution : Plus de 3 ans
Couverture de la série Le Trône d'argile
Les notes (31)
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23/04/2006 | ArzaK
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Apres emprunt des 6 tomes en médiathèque, je suis content d’avoir lu cette série (bien côtée sur ce site formidable ;) ) mais ne pense pas y revenir. C’est solidement réalisé et documenté mais j’avoue que le genre n’est pas trop ma came. La période est intéressante (et didactique pour un néophyte comme moi), mais les derniers tomes m’ont un peu plus ennuyé avec la pucelle en 1er plan, à l’inverse j’ai apprécié l’idée de son instrumentalisation préméditée. Rien à dire sur le dessin, constant et détaillé, on sent que le dessinateur apprécie les costumes, châteaux... depuis Théo, dans une autre veine historique, assure la relève sur Murena. Bref du travail de pro qui mérite la lecture. Achat conseillé pour les amoureux du genre mais perso je passe. Et un dernier mot pour les couvertures somptueuses.

06/09/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Ce qui par la suite a pris le nom de « Guerre de cent ans » - plus pour marquer une durée générique et longue que pour marquer une période précise – est une période foisonnante, et par beaucoup d’aspects charnière de l’histoire française, voire européenne. Par là même c’est un sujet qui est difficilement réductible à quelques albums, et l’on perdrait sans doute à le voir traité de façon exhaustive dans une série étalant à l’infini les tomes. Les auteurs (Richemond et Jarry – ce dernier n’officiant que dans les premiers albums) ont choisi de centrer leur intrigue sur une période restreinte, allant de l’après Azincourt au sacre de Charles VII (période noire s’il en est, le parti anglais n’ayant jamais été aussi près, avec un roi Charles VI fou et au milieu de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, d’atteindre son but d’unir les deux couronnes). C’est documenté, et n’interviennent que des personnages « historiques », même si j’aurais bien vu une biographie en fin de volume pour que ceux qui le souhaitent puissent compléter leurs connaissances. Si les interactions entre les personnages sont bien présentées – et globalement conformes à ce que l’on sait, je suis quand même un peu moins convaincu par tout ce qui tourne autour de Jeanne d’Arc. C’est en effet cette partie de l’Histoire qui est le plus sujette à caution, les très nombreuses zones d’ombre ayant été « remplies » par une hagiographie posthume et orientée, de l’Eglise et, à un moindre degré, de la monarchie française. Or les auteurs ont trop délayé la « jeunesse » de la pucelle (et le rôle joué par Yolande d’Anjou me paraît ici franchement douteux). C’est cette partie qui me parait la plus faible de la série, d’autant plus que Jeanne devient carrément personnage central dans les tomes 5 et 6 (jusqu’où va aller le scénario ? Le sacre de Reims est-il l’objectif final de la série ?). Reste que cela se lit très bien, agréablement (les albums sont de plus en plus épais). D’autant plus que le dessin de Théo est bon – malgré quelques facilités dans les derniers tomes parfois. Les décors – en particulier les villes, les sièges et les combats – sont franchement réussis : en cela le siège d’Orléans dans le tome 6 contrebalance les regrets pointés plus haut, c’est vraiment du bel ouvrage. On a donc là sans doute ce qui se fait de mieux en matière de série historique médiévale, et les amateurs se doivent d’y jeter un coup d’œil, ils y trouveront forcément leur bonheur.

10/07/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Il y a parfois des Bd qu'on souhaite, qu'on désire, qu'on espère, qu'on attend fièvreusement tant on est passionné par un sujet, on se dit : "Si un auteur pouvait exaucer mon voeu". Eh bien pour moi, une sorte de rêve s'est réalisé lorsque je suis tombé sur "le Trône d'argile" ; c'est tout à fait ce que je voulais : une Bd médiévale, mais sur la période que je connais le mieux et que j'ai longtemps étudiée, à savoir la fin de règne de Charles VI le roi fou, au moment où son fils le dauphin Charles est trop fébrile pour lui succéder, juste à l'instant où se fait l'entrée en scène de Jeanne d'Arc pour bouter l'Anglais hors de France. Car à ce moment-là, la France est dans une situation catastrophique, et qui aurait pu l'être encore plus, les Anglais sont quasiment les maîtres du pays, ils sont mauvais, arrogants, envieux, à l'image de leur roi Henry V qui symbolise cette Angleterre conquérante voulant écraser une France qui faillit devenir anglaise. D'emblée, je suis soufflé par le côté extrêmement sérieux et hyper documenté des auteurs dont les recherches ont dû être longues et minutieuses, je le sens constamment au fur et à mesure que le récit avance, dans l'abondance de détails qu'ils assènent. Pour un passionné et un connaisseur, c'est le rêve, pour les lecteurs moins férus de cette période historique, ça risque d'être un peu ardu, car il y a tant d'informations à digérer. Mais tout est clairement expliqué et la narration n'est pas lourde, ça doit intéresser aussi le lecteur basique, et les médaillons en fin d'albums seront très utiles pour identifier ces nombreux personnages. Il faut savoir qu'ici, les acteurs de cette histoire sont tous de très grands personnages, il n'y a aucun personnage fictif, c'est de la grande Histoire de France qui est contée avec justesse, tout est relaté avec une exactitude rigoureuse, malgré l'utilisation de cette Histoire et de personnages réels soulevant des thèses très hardies mais plausibles (le prétendu assassinat des 2 dauphins frères de Charles pour qu'il puisse régner, ou encore le "faux" empoisonnement d'Henry V ; ces faits n'ont jamais été prouvés, surtout le premier). De même que parmi de rares erreurs, j'ai décelé celle de Capeluche, ancien bourreau de Paris qui n'est pas renvoyé hors de la ville comme précisé ici, mais qui fut exécuté sans pitié sur ordre de Jean Sans Peur parce que sa cruauté gênait la politique du duc. Le souci de reproduire les visages de ces grands personnages est à peu près conforme aux gravures connues, et le respect minutieux des armures, des costumes et des décors force le respect ; le dessinateur s'applique dans de somptueuses reconstitutions d'édifices dont plusieurs ont été détruits ou modifiés (le Louvre, l'Hôtel Saint-Pol, le château de Saumur, la cathédrale de Troyes, le château de Montereau...), et le soin apporté aux détails d'architecture est remarquable. On s'aperçoit que la politique est au coeur du problème car les auteurs attachent de l'importance aux scènes de dialogues ; ils soulignent le rôle essentiel joué par Yolande d'Anjou, une femme de tête dont les historiens ont souvent négligé sa part active dans cette période cruciale, son portrait est donc conforme ici, sauf pour son choix porté sur la petite Jeanne qui est une pure invention des auteurs, mais encore une fois, c'est un cas plausible. L'action n'est pas pour autant oubliée, on a droit aussi à de belles scènes de batailles. Mais le grand morceau de bravoure reste l'entrevue sur le pont de Montereau car il conditionne toute la série, c'est un événement considérable par les retombées désastreuses qui découlent de son issue fatale, faisant rebondir la rivalité entre Armagnacs et Bourguignon, et amenant le honteux traité de Troyes ; normalement c'est Tanneguy qui a levé sa hache et abattu le duc parce que celui-ci avait porté la main à son épée, mais certains historiens réfutent aujourd'hui cette hypothèse, et ce serait un certain chevalier Robert de Loire (assimilé ici à Ambroise de Loré) qui l'aurait simplement poignardé. En tout cas, la vision un peu floue donnée par les auteurs est tout à fait plausible elle aussi, car il a dû y avoir une belle panique sur ce pont. Toujours est-il que la guerre de Cent Ans ne touche pas à sa fin, elle s'envenime. Il faut savoir que cette guerre n'a pas été déclarée comme c'est mentionné dans la série parce qu'on a refusé la couronne de France à Edouard III après la mort du dernier Capétien, mais bel et bien parce que ce même Edouard voulait récupérer la Guyenne confisquée, héritage des Plantagenêts acquis depuis Aliénor d'Aquitaine. Je dirais enfin un mot sur le dessin : c'est du travail d'orfèvre, du grand art, il est tellement riche en détails que certaines cases sont un vrai plaisir à scruter ; illustrer un sujet aussi fort avec un graphisme d'une telle perfection, c'est une osmose totale, et j'ai rarement vu une Bd historique aussi précise, aussi juste dans son traitement et aussi belle graphiquement. Un chef-d'oeuvre absolu qui m'a laissé pantois, qui mérite les éloges et dont j'attends anxieux la conclusion. ADDITIF SUR LE TOME 6 C'est toujours aussi somptueux et magnifique, je suis en admiration devant une telle leçon d'Histoire, de la grande Histoire qui m'apporte de grandes sensations, comme si je vivais en live les événements de cette sombre période, et qui dans ce tome montre toute la geste de Jeanne d'Arc telle que c'était préfiguré à la fin du tome précédent, depuis son entraînement par Baudricourt et son départ de Vaucouleurs jusqu'à la belle victoire de Patay, qui succède aux reconquêtes sur les armées anglaises de Jargeau, Beaugency et Meung, et avec en point d'orgue le fameux siège d'Orléans. La description de la reprise des Tourelles (et non des Tournelles comme c'est imprimé par endroits) est remarquable, magnifiée par une double page sensationnelle, de même qu'un plan du siège permet aux néophytes de situer les emplacements. Autre belle double page : quand Jeanne reconnait le dauphin à Chinon (sans jamais l'avoir vu), il aurait été dommage de rater une scène aussi capitale ; aujourd'hui, lorsqu'on visite cette pauvre salle délabrée et sans toiture, l'imagination doit galoper pour recréer tout ça. Le dessin est toujours au top même si je trouve que par endroits, Théo est un peu moins appliqué, mais ce n'est qu'une impression. Il ne devrait plus y avoir qu'1 tome pour conclure enfin cette formidable épopée, ou peut-être est-ce fini, les auteurs ayant décidé de ne pas montrer le sacre à Reims, puis la capture à Compiègne et la fin tragique de Jeanne sur son bûcher ; après tout, le trône d'argile est sauvé, il ne reste plus qu'à finaliser la reconquête sur l'Anglais, ce que fera Charles VII grâce à Dunois, ce n'était pas au départ une Bd de plus sur Jeanne d'Arc, elle n'est qu'un maillon dans cet écheveau.

13/03/2014 (MAJ le 15/03/2016) (modifier)

(Après lecture des 6 premiers tomes) Le Trône d’Argile commence très bien, avec un premier tome vivant, qui présente bien les personnages et la situation politique, tout en faisant bien démarrer l’action. Il se lit de façon très fluide, d’autant plus que le dessin et la colorisation sont d’excellente facture, ce qui se confirmera tout au long de la série. Certains décors, notamment, sont tout bonnement magnifiques. Le deuxième tome laisse déjà entrevoir ce que seront, pour moi, les défauts majeurs de la série. C’est encore léger à ce moment, mais ces points négatifs s’amplifieront dans les tomes suivants. Déjà, ça commence à être un peu bavard. Certains dialogues sont trop longs, avec finalement pas tant que ça d’informations nouvelles : ça ralentit la progression de l’histoire. D'autres sont longs aussi, mais avec une avalanche d’infos historiques, généalogiques et stratégiques qui ne sont pas toujours très digestes. Plutôt qu’avoir ces infos de manière indirecte, il aurait souvent été plus habile de nous les donner de manière directe : au lieu d’un perso qui dit « Untel a fait ça, Untel a dit ça, Untel a pensé ça », autant nous montrer une scène où Untel fait, dit et pense, c’est tout de même plus simple. Par ailleurs, tout ce qu’on apprend n’est pas toujours crucial pour la suite, et il aurait été possible d’élaguer un peu les personnages et les rebondissements mineurs. Pour plus de clarté, j’aurais aussi souhaité plus de « redondance » dans l’identification des personnages. Par exemple, quand un personnage (qu’on n’a pas trop vu avant) dit « mon frère », ça n’aurait pas coûté grand-chose de lui faire dire « mon frère Henri » pour rappeler que le locuteur est le frère d’Henri, roi d’Angleterre. Je me suis fait des remarques de ce type à de nombreuses reprises : c’est une toute petite différence d’écriture qui aurait grandement fluidifié la lecture, puisqu'elle aurait pu éviter presque totalement de consulter la liste des personnages en fin d’ouvrage. Certaines scènes de bataille sont racontées lors de longs dialogues, alors qu’il aurait été plus naturel de les montrer explicitement (T. 5, p. 33-35, par exemple). Par ailleurs, des cartes n’auraient parfois pas été de trop, et il aurait été facile d’en laisser apercevoir lors des multiples scènes de conseil de guerre. Là, les batailles se succèdent (et surtout les conseils de guerre verbeux), sans que l’enjeu ou la spécificité de chacune d’elles soit toujours très bien mis en valeur. En général, j’ai trouvé qu’il y avait une transformation insuffisante entre une encyclopédie qui présente les événements de façon très détaillée, à la troisième personne, etc. ; et ce que j’aurais attendu d’une telle BD, qui sélectionne des événements à décrire en détails et d’autres à passer rapidement, qui campe davantage des situations, des personnages, qui trouve un équilibre entre dialogues et scènes d’action, etc. D'ailleurs, je n’ai pas du tout apprécié le découpage, avec des scènes qui commencent et qui se terminent à n’importe quel endroit de la planche. Ça n’a l’air de rien, mais j’ai trouvé que ça contribuait à ruiner de nombreux effets dramatiques. Par exemple, une saillie verbale qui clôt un dialogue aurait beaucoup plus de force en fin de planche qu’au milieu, parce qu’on a le temps de la tourne pour l’entendre résonner. Bref, globalement, mon premier reproche concerne la narration. Mon second reproche est bien plus simple : c’est une BD orientée, en l’occurrence en faveur du parti du dauphin Charles. Dans son camp, on a essentiellement des « gentils » (lui-même, Tanneguy du Châtel, Jeanne d’Arc, Pierre de Rieux et, dans une certaine mesure, Yolande d’Anjou). À l’inverse, chez les Anglais et les Bourguignons, on a des « méchants » (Jean sans Peur, Henri V, Pierre de Giac, Jeanne de Naillac, Philippe le Bon…). Par ailleurs, la présentation des événements est généralement assez favorable au camp du dauphin : par exemple, l’assassinat de Jean sans Peur, Duc de Bourgogne, est vu sous une hypothèse très indulgente pour Charles et Tanneguy du Châtel. Le pire reste quand même les résumés des épisodes précédents en début d’album, avec cette accroche : « Allons-nous devenir anglais » ? Bref, tout cela n’a simplement pas de sens. À la limite, ça pourrait se justifier pour une série plus légère, type aventure-historique, mais pour une série comme celle-ci, qui se présente plutôt comme historique-historique, je trouve que c’est un énorme faux pas. Mon troisième reproche concerne les personnages. Malheureusement, je ne me suis presque attaché à aucun. Tanneguy du Châtel est le héros du premier tome, et c’est le seul personnage pour lequel j’ai ressenti une certaine empathie ; mais on le voit de moins en moins dans les tomes suivants. Le dauphin Charles est intéressant au début, mais son personnage devient rapidement répétitif (tout comme celui de son père, d’ailleurs). Henri de Lancastre, Jean sans Peur, Pierre de Giac auraient mérité d’être moins caricaturaux, pour qu’on ressente au moins une empathie coupable pour ces « méchants ». Yolande d’Anjou, présentée comme un des plus grands génies politiques de son temps, aurait pu être un personnage super, mais elle est victime de l’écriture un peu plate des dialogues et aurait mérité plus de traits d’esprit pour la mettre en valeur. Le personnage du fou, également, rappelle pas mal d’illustres prédécesseurs (la vieille dans Les 7 vies de l'épervier, etc.), mais je trouve qu’il tombe toujours un peu à plat. À partir du tome 3, mais surtout du 4 et des suivants, on s’intéresse également au personnage de Jeanne d’Arc. Malheureusement, les auteurs semblent avoir eu du mal à choisir entre une approche historique et une approche légendaire. Ainsi, l’explication des « voix » est certes un peu tarabiscotée, mais pourquoi pas ; elle a au moins le mérite de ne pas être surnaturelle, ce qui est cohérent avec le style général de cette série. En revanche, plusieurs épisodes (la découverte de la croix dans la grotte ; la scène de reconnaissance du roi, déguisé, parmi les membres de la cour) cèdent au genre messianique, ce qui paraît parfaitement incongru par rapport au reste. Par ailleurs, les scènes de l’enfance de Jeanne ne m’ont pas convaincu : aussi bien pour l’écriture que pour le dessin, j’ai trouvé que le genre détonnait (avec, par exemple, ces bouilles d’enfants très caricaturales, qui surprennent un peu dans le contexte). Ceci dit, globalement, jusqu'au tome 3, j’ai trouvé que ça se lisait relativement bien. À partir du tome 4, j’ai été un peu moins intéressé. Et dans le tome 5, l’ennui s’est franchement installé. Malgré tout, j’ai hésité à mettre 3 étoiles à cette série, parce qu’elle semble très sérieusement documentée, qu’elle est très bien dessinée et colorisée, et que j’ai sincèrement apprécié le début. Ma note réelle sera donc plutôt de 2 étoiles et demie.

12/03/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ro

Avant cette série, on aurait pu oublier que les BDs historiques pouvaient à la fois être totalement réalistes, superbement dessinées et en même temps passionner le lecteur par un récit plein d'aventure, de politique et d'action. Le Trône d'Argile possède toutes ces qualités. Le dessin est vraiment excellent. Moderne, dynamique, détaillé, il donne vie et beauté aux décors français du 15e siècle. Personnages et décors sont soignés, détaillés, beaux et parfaitement documentés sur le plan historique. La narration est impeccable, réalisée aux petits oignons. Et les couvertures rivalisent d'excellence. Le récit nous place dans une époque peu usitée dans le domaine de la BD historique. Je me suis en effet rendu compte à sa lecture que je ne connaissais quasiment rien de l'époque de la Guerre de Cent Ans, ou du moins que j'avais oublié ce que j'en avais appris en lisant la série Jhen. Ma surprise en découvrant la vision du Louvre tel qu'il était à l'époque en début du tome 1 est assez symptomatique de ma méconnaissance par exemple. J'avais oublié la folie du Roi Charles VI ou du moins je ne l'imaginais pas à ce point là. Et je ne savais (plus) rien de ce conflit entre Bourguignons et Armagnacs qui offrait ainsi le Royaume de France à la merci des Anglais. Gros avantage de cette BD, le réalisme historique cède parfaitement le pas à l'aventure et on suit l'Histoire avec un grand H comme on suivrait un récit de cape et d'épée, avec des chevaliers sans peur et sans reproche, un dauphin de France attachant et des intrigues politiques et stratégiques tout à fait prenantes. Le récit de la guerre de 100 ans se révèle incroyablement dense en événements variés et complexes. C'est très instructif, souvent épique et en même temps parfois édifiant. J'ai appris une somme incroyable de choses grâce à cette lecture qui donne vie aux événements de l'époque. J'ai ressenti un petite baisse de rythme aux alentours du 4e tome, ou plutôt une légère confusion, mais c'est essentiellement parce que la chronologie avance un peu plus vite alors que les faits eux-mêmes restent toujours aussi denses. Quand, à cela, s'ajoute un dessin superbe et très vivant, une narration dynamique et des personnages aussi charismatiques que réalistes, c'est vraiment là un chef d'oeuvre de la BD historique. Vraiment à conseiller !

30/07/2007 (MAJ le 23/11/2015) (modifier)

Avis après le tome 6 : Une série historique sur la guerre de cent ans, un parti pris audacieux d'explications rationnelles sur le phénomène Jeanne d'Arc, des intrigues de château et des personnages forts. Moi, il m'en faut pas plus pour me contenter, et même si des largesses avec l'Histoire sont prises, je ne boude pas mon plaisir avec le trône d'argile. Le dessin très académique sur les 3-4 premiers tomes prend une ampleur grandiose sur les 5 et 6, à l'image des couvertures somptueuses. A boire et à manger dans cette série, et sans modération. Deux points plus négatifs cependant : des raccourcis temporels qui auraient gagné quelques explications et il ne reste a priori qu'un volet à sortir.

30/07/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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Pour mon avis n° 800, il fallait quelque chose de vraiment important et c'est donc sur cette magnifique série historique que je me décide à dire quelques mots. D'aucuns l'ont dit avant moi, voilà donc une série pour l'instant en six tomes, qui renouvelle totalement le genre de la BD historique. Alors oui, pour une autre époque il y avait le grandiose Murena. Mais en ce qui concerne l'histoire de France, je ne vois à ce jour aucune série qui arrive à la cheville de celle-ci. Et quoi ?, me direz vous, et Les Chemins de Malefosse, et Les 7 vies de l'épervier, et toutes les autres répertoriées dans le thème des immanquables historiques. Oui mais non, pourquoi détacher celle-ci ?, celles citées plus haut sont bien plus qu'honorables. Mon avis est que pour la première fois et dans un style moderne, une série sait et arrive à vous passionner pour une histoire réelle. De faits historiques, elle vous fait un roman, une épopée, un truc auquel on devient accro avec une seule envie, que va t-il se passer après ? Comment une histoire que nous avons pour la plupart effleurée au cours de nos humanités est-elle rendue aussi passionnante ? Rappelons-nous nos cours d'histoire ! Jeanne d'Arc était bien sûr évoquée (grandeur de la France et icône nationale obligent !) et puis basta ! Nous apprenions que les Anglais étaient très méchants et hop suite du programme, nous attaquions sur le siècle de Louis XIV. Ah joie de l'apprentissage non chronologique des choses. Mais revenons à ce "Trône d'argile", c'est donc l'esprit vierge de toutes connaissances historiques sur la période que je me suis lancé dans cette lecture. A cette époque la France est dans un état de déliquescence complet. Des querelles territoriales et de prise de pouvoir sont à l’œuvre partout et il faudra encore attendre longtemps avant que la notion d’État-nation telle que nous la connaissons aujourd'hui prenne tout son sens. Avec cette lecture je ne peux m'empêcher de penser qu'une alchimie particulière a du avoir lieu. OK, j'aime l'histoire, elle éclaire de bien des manières l'actualité d'aujourd'hui ; et pour moi le grand succès de cette série vient de sa construction d'une part et de son graphisme hallucinant de véracité d'autre part. Au fil des six tomes pas de grandes batailles, pas de combats échevelés, des affrontements certes mais beaucoup d'évènements se règlent finalement dans les coulisses où œuvrent des personnages, tous ayant existé, qui trament des complots visant à leur faire acquérir plus de pouvoir, tandis que d'autres plus nobles pensent avant tout au destin de leur pays. Je suis un grand fan d'héroic-fantaisy et j'aime bien ces grosses bastons un peu bourines où le sang gicle ; je ne vous ferais pas l’offense de citer une autre histoire de trône ! Ici point de tout cela mais j'ai quand même fortement apprécié ce foisonnement de liens, d'intrigues qui se lient, se délient au fil du temps, des acteurs et de leurs ambitions. L'ensemble est parfaitement construit avec une rigueur qui ne se dément jamais. Dire que l'on apprend des choses est un euphémisme mais jamais ce n'est didactique au sens chiant du terme. Un mot sur le dessin que personnellement je qualifierai de grandiose, en tout état de cause il est en parfaite adéquation avec l'histoire. D'un bout à l'autre de la "chaine" il est d'une extrême précision, (il n'y manque pas un bouton de guêtre !) mais il sait rester vivant dynamique et certaines planches méritent vraiment un coup d’œil attentif. Que dire de plus qui n'est pas déjà été dit ? Si, outre l'achat plus que conseillé bien sur, un petit conseil ou plutôt une proposition aux gens savants qui concoctent les programmes scolaires : que diriez-vous, messieurs, de mettre au programme ce type d'ouvrage ? Ne pensez vous pas que cela pourrait aider quelques-unes de nos chères têtes blondes à se réconcilier avec l'histoire ?

30/07/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

Voilà une série qui m'a longtemps résisté depuis le temps que je voulais la lire. Je dois bien avouer que ce fut un plaisir à la lecture car il y a là un riche travail historique avec des dessins magnifiques avec ce trait réaliste et fluide. L'aventure évite la narration pesante et ennuyeuse. La guerre de 100 ans devient en quelque sorte passionnante à lire. C'est une période que je ne connaissais pas bien. Je ne savais pas à quel point le royaume de France était divisé entre les armagnacs et les bourguignons alors que le danger d'une menace extérieure atteignait son paroxysme. En effet, dans ce contexte de guerres civiles, l'Angleterre rêve de reprendre les destinées du royaume et il faudra le courage de certains hommes pour s'y opposer. Pourtant, le roi est fou et son premier connetable a fait assassiner ses deux héritiers pour mettre sur le dos des ennemis au parti. Attention, le trône d'argile n'est pas un livre d'histoire mais une oeuvre de fiction avec son scénario propre. En ce qui concerne le fameux mystère Jeanne d'Arc, les scénaristes vont faire appel à l'alchimie comme pour rationaliser cette thèse parmi d'autres. Pour autant, je trouve que c'est la plus crédible. En conclusion, une excellente série qui évite les pièges du genre didactique. Une lisibilité parfaite associé au charisme des personnages feront le reste. Magistralement dessiné et mise en scène, le trône d'argile ne pourra que vous séduire. Rares sont désormais les séries que j'achète. J'ai atteint un point de saturation et il me faut surtout compléter toutes les séries existantes. Et pourtant, j'ai fais une réelle exception pour le trône d'argile que j'ai découvert bien tardivement. Une récente relecture n'a fait que confirmer tout le bien que je pense de cette série historique. C'est l'une des meilleures d'un genre que j'affectionne. Note Dessin:4/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.25/5

10/03/2013 (MAJ le 17/03/2014) (modifier)
Par David
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Indispensable pour tous les passionnés d'histoire...!!! J'étais récemment un peu déçu par toutes les séries qui revisitaient un peu trop l'histoire, qui la romançaient outre mesure. J'ai trouvé au travers de ces 5 tomes avalés en un rien de temps des détails et un respect de l'histoire notables. Une lecture qui donne envie d'approfondir encore plus ses connaissances sur cette période. D'ailleurs le fait de choisir une période aussi restreinte de l'histoire de France au premier abord peut rebuter mais on se rend vite compte que cette période d'une trentaine d'année regorge de rebondissements. Vivement la suite !!!

15/04/2013 (modifier)
Par Thaugor
Note: 4/5

Le scénario de cette bd historique se situe à la fin de la guerre de 100 ans. Je ne suis pas un fan d'histoire et je me suis demandé au début si l'histoire était fidèle à la réalité ou bien si c'était de l'historique librement inspiré. Quelques recherches après avoir fini la lecture m'ont montré que c'était tout de même relativement fidèle à la réalité. Sur le premier tome, j'ai tout d'abord eu du mal à accrocher au scénario, je pense que c'est dû à la présentation de tous les personnages et du contexte politique qui n'est pas forcément simple à appréhender. Puis, la suite m'a tenu en haleine et je trouve que la trame scénaristique est bonne sur un exercice pas facile que de décrire des faits historiques qui s'étalent sur de longues périodes. J'aime la façon de traiter les relations et tractations politiques sans trop s'attarder sur de longs combats ou guerre tout en montrant un peu l'horreur que ça devait être à l'époque. Côté dessin, les paysages et les dessins des villes ou châteaux sont superbes, d'un réalisme et d'un détail remarquable. Les dessins des personnages sont par contre un peu inégaux parfois (surtout au début) où des gros plans (sur les visages) sont complétement inutiles et un peu trop a la manga à mon goût ; mais dans l'ensemble ils sont bien dessinés avec des costumes plein de détails et fouillés. Pour résumer, c'est une bd incontournable pour les fans de médiéval dont j'attends la suite avec impatience.

29/09/2010 (modifier)