Les derniers avis (9711 avis)

Par Laure B
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon père était boxeur
Mon père était boxeur

"Cadet d’une famille de quatorze enfants, mon père a l’habitude de se faire respecter avec les poings. À 18 ans, galvanisé par un titre de champion de France Espoir, il interpella ma mère dans la cour de la filature Badin [à Barentin, en Seine-Maritime] pour lui raconter un rêve qu’il avait fait la nuit même : l’épouser. Durant dix-sept ans, ma mère accompagna ses victoires et ses défaites. Pourtant, de leur histoire je ne me souviens que des disputes, de mon père fou de rage, fou d’amour, fou de jalousie, fou d'une violence qui le dépassait." - Résumé Futuropolis J'ai lu cette bd hier, et j'en suis encore toute émue. C'était pas une bd facile à "faire" pour les auteurs. Je sais pas comment Kris s'est débrouillé pour "fictionnariser" une histoire vraie, vécue par une petite fille devenue femme, une histoire de liens qui se délient, qui se relient entre une fille et son père. Je ne sais pas comment il a fait pour traiter ça avec respect pour tout le monde, sans pathos, avec pudeur mais sans froideur. Je ne sais pas non plus comment Vincent Bailly a fait pour ingérer cette histoire, ces personnages qui ont existé. Dépasser la caricature de ce père souvent violent, ce type qui prend autant de place, mais dans le fond est tellement fragile. J'ai aimé le dessin de Vincent. Cette aquarelle, ces jaunes qui illuminent les cases et ces rouges de violence. J'ai aimé cette aquarelle transparente qui laissent voir les traits, les bouilles, les sourires, les désarrois. Cette bd là, c'est ce que j'aime trouver dans une bd. Une intelligence, un respect, une humanité chez les auteurs. Je n'ai pas encore visionné le film. Et puis il y a un deuxième thème, que l'on aperçoit après, un peu comme un parfum (vous savez les notes de tête, de coeur et de fond ), c'est l'importance du film. Le film super 8 des souvenirs de famille, donc forcément de joie de la petite fille. Et le film qu'elle fait, adulte, de son père. Et le fait qu'on la voit parler à son père, en même temps qu'elle le fait son film. Un peu comme si elle avait besoin de sa caméra pour entrer en contact avec lui. Et ça, pour moi, ça me laisse une impression bizarre. Le lien se reconstruit, certes. Un lien indirect, tout de même, un début de lien bien fragile. A la fin de l'album, une superbe postface écrite par Barbara Pellerin, qui rend hommage au travail tout en nuance de Kris et Vincent.

16/06/2016 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Buck - La Nuit des Trolls
Buck - La Nuit des Trolls

Doté d’une jolie couverture avec effet de relief, où les motifs en impression « bois » semblent se détacher du fond vernis, cette bande dessinée est une très belle surprise des Editions Soleil. L’auteur Adrien Démont s’est inspiré des légendes scandinaves pour produire un conte envoûtant, où l’onirisme côtoie le bizarre, un conte champêtre puisant au plus profond de nos peurs enfantines les plus délicieuses, de celles qui peuplent nos cauchemars et gardent tout leur mystère. Tout comme ces trolls, qui ne pouvaient naître que dans la longue nuit nordique. Des géants irréels, indistincts et fantomatiques, plus inquiétants que véritablement menaçants. Car l’auteur s’est efforcé de les rendre plus humains, ces affreux trolls. Et il faut reconnaître que la petite trolle elle-même, toute griffue et poilue soit-elle, deviendrait presque drôle voire attachante. Dans des couleurs à dominante marron, le dessin, superbe, dégage une atmosphère ténébreuse mais paradoxalement très chaleureuse, invitant le lecteur à se calfeutrer dans ces grands chalets norvégiens perdus dans la forêt austère et la nuit glacée. Le récit quant à lui possède la démarche cahotante de son étrange chien « enniché », il grince, patine et trébuche régulièrement. Les amateurs d’histoires spectaculaires et rythmées risquent fort d’être déconcertés, mais pour peu que l’on mette entre parenthèses son esprit logique, on peut succomber facilement au charme lié à cette ambiance insolite qui sort des sentiers battus. Au final, Adrien Demont nous propose une rencontre inattendue entre deux mondes opposés : celui de la lumière représentée par la religion chrétienne, rassurante pour les habitants de ces contrées mais d’où paradoxalement tout mystère a disparu, et celui des ténèbres où s’épanouissent les trolls, au fond pas si méchants, presque un peu patauds (même s’il ne faut pas trop les énerver). Car l’auteur, lui, a préféré apprivoiser ces monstres plutôt que de les diaboliser, des monstres indissociables du monde nocturne et de sa magie. Voilà un conte qui devrait faire le bonheur de vos chères têtes, blondes ou pas. Et confidence pour confidence, pour l’adulte que je suis, c’est typiquement l’ouvrage que j’aurais adoré conserver de mes premières années. D’ailleurs pour tout dire, j’entends bien le conserver sur mes étagères.

16/06/2016 (modifier)
Couverture de la série Mexicana
Mexicana

Des paysages de l'Ouest américain à la frontière mexicaine, une violence comme dans les films américains modernes, un dessin puissant et vigoureux au trait épais, des cases larges dans une mise en page aérée... des arguments convaincants qui malgré sa flopée de clichés et ses personnages stéréotypés, m'ont procuré un réel plaisir de lecture, c'est aussi ce que je cherche... Certes, j'ai l'impression d'avoir vu à l'écran pas mal de situations présentes dans cette trilogie, tout est très classique, et il assez difficile de se renouveler dans ce type de situations, mais étrangement, ça ne m'a pas barbé, j'ai suivi tout ça en étant avide d'action ; j'aime bien quand un type se dresse seul face à une bande ou un mafieux tout puissant, et dans le cas présent, ce flic de la border patrol se retrouve pris dans un engrenage infernal, mais lutte et arrive à remuer la merde chez ces trafiquants de drogue. J'aime aussi ces ambiances Tex-Mex qui flottent autour. Le déroulement de l'histoire est bon, c'est une bonne intrigue, bien rythmée, où les auteurs font monter la tension en crescendo, ça flingue sec par endroits, et vers la fin, l'intrigue prend un virage assez radical et surprenant, j'aime bien ce genre de changement de ton... bref un solide polar de l'Ouest, violent et très actuel.

15/06/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Eté Diabolik
L'Eté Diabolik

Je n'avais pas trop aimé le seul album de ce duo d'auteurs que j'avais lu (le dessin était bien, mais le scénario ennuyeux), mais les bonnes notes sur cet album m'ont donné envie de le lire et je ne suis pas du tout déçu ! C'est l'un des meilleurs albums sortis cette année jusqu'à présent. L'histoire mélange plusieurs genres et j'ai vite trouvé le scénario prenant. Je n'ai pas pu m'arrêter tellement je voulais savoir la solution aux trucs mystérieux qui se passaient et je ne suis pas du tout déçu par les révélations finales. Le scénario est intelligent et bien construit quoiqu'il y ait encore un détail dont je ne suis pas certain si j'ai bien compris ou non, mais ce n'est pas grave. J'aime aussi le rôle de Diabolik dans cette histoire, mais je ne veux pas en dire plus. Le dessin est encore une fois excellent et j'adore quand le dessinateur fait du psychédélique. Ça sent vraiment les années 60 et c'est un excellent travail.

11/06/2016 (modifier)
Par Pierig
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Morgane
Morgane

Un album d’exception, tout simplement. Et pas seulement pour les amateurs (éclairés) de la légende arthurienne. Graphiquement d’abord, je vous invite à voir la galerie, ça se passe de commentaires. C’est pictural avec un jeu d’esquisses où les couleurs finissent par envoûter le lecteur. Narrativement ensuite (et surtout), la légende arthurienne est complètement revisitée, voire chamboulée, malmenée, maltraitée. La femme qui était jusqu’alors reléguée au second plan et qui servait de potiche (pardon, de faire-valoir) est au centre du récit en la personne de Morgane. Merlin est un vil manipulateur (avec les traits du diable) et Arthur un sombre imbécile. Et … la sauce prend. Très bien même. Tout se tient. C’est bluffant. J’en suis pantois. Chaudement recommandé !

10/06/2016 (modifier)
Couverture de la série Une nuit de pleine lune
Une nuit de pleine lune

Hermann revient au dessin normal, délaissant un temps la couleur directe, mais son style a bien changé, ce n'est plus comme dans Comanche, les derniers Bernard Prince ou même Les Tours de Bois-Maury ; il y a comme un côté moins appliqué, moins fouillé qui me déçoit un peu, mais ça reste quand même du bon travail. L'intrigue n'a pourtant pas grand chose d'original et accumule clichés et défauts, mais c'est digne des plus grands thrillers, un vrai paradoxe ! La bande hésite entre aventure et polar, en fait c'est un récit plutôt inclassable, un bon suspense qui installe une tension qui monte en crescendo, les auteurs ayant donné une excellente atmosphère d'angoisse, avec un personnage qui bascule soudainement en surprenant le lecteur, un peu comme Nicholson dans Shining de Kubrick, et qui révèle sa vraie personnalité. Bon on a l'impression d'avoir vu ça plein de fois dans des films américains, mais c'est bien construit, avec un suspense bien entretenu. La partie muette à la fin est remarquable par l'enchainement des images vers l'inéluctable dénouement qui ne peut qu'être tragique. Parmi les défauts qui m'ont un peu agacé, il y a un peu trop de répliques ironiques ou provoc', je trouve cet artifice un peu forcé pour être tendance ; et aussi la fille du petit gang de bras cassés n'a qu'un rôle secondaire, à la limite inutile, je me demandais tout le temps de ma lecture ce qu'elle foutait là ; au départ, je croyais que c'était pour un effet racoleur, genre la mettre à poil, mais même pas, donc elle ne sert à rien... Malgré un sentiment de déjà vu, j'ai bien aimé cet album qui ne renouvelle rien dans le genre mais qui procure de bonnes sensations.

08/06/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Airboy
Airboy

Que faire lorsqu'on accepte de reprendre les aventures d'un héros de légende et qu'on n'a pas le moindre soupçon de début d'idée ? Eh bien on part en virée, on se saoûle à mort, on sniffe tout ce qu'il est possible de sniffer, on partouze... Voici l'argument -probablement un poil romancé- avancé par James Robinson pour écrire cette histoire. Du coup, même si l'idée n'est pas neuve, cela donne un joyeux foutoir, où drogue, alcool et sexe se mélangent allègrement. Et on se marre, on se marre devant les mésaventures de ces deux cloches que sont Robinson et Hinkle, qui se retrouvent à fuir à moitié à poil dans la rue, à se battre contre des robots soldats géants, à discuter avec un personnage censé ne pas exister... Le dessin de Hinkle est vigoureux, sans doute un peu flatteur pour certains des attributs de leurs alter-ego de papier, mais ce côté déjanté est plutôt rafraîchissant. Et l'album se termine sur des extraits de scénario et quelque explications de Hinkle sur son processus créatif, c'est sympathique.

07/06/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Train des Orphelins
Le Train des Orphelins

Le train des orphelins est une excellente série. En la prenant en main, par le biais du dessin de couverture, on pense avoir affaire à une série jeunesse. Mais le sujet est bien plus profond et sérieux que cette approche ne laisse présager. Même si la série est accessible au plus grand nombre, la trame dramatique de cette histoire, basée sur le placement de jeunes orphelins (ou abandonnés) de la côte Est dans les terres du Middle West et leur sort souvent sordide la réserve aux adultes pour en tirer toute la substance. Je ne connaissais pas cette partie de l'histoire de la conquête de l'Ouest du début du XXe et elle est très intéressante. Le traitement graphique est excellent, il rend le tout fluide, chaque personnage est bien croqué et facilement reconnaissable, à 8 ou 88 ans. Les personnages sont intéressants, même si par moment ils sont trop dans leur rôle. Nous sommes happés, à la fois par l'aventure de la jeunesse et les retrouvailles de tous ces personnages enrichis et abîmés par la vie. Le rythme est excellent, les changements de période bien maîtrisés, dans le bon tempo. Bref du tout bon. Une série dont je conseille vivement la lecture et l'achat. A noter dans les 2 premiers volumes un dossier complémentaire sur ces Orphelins.

07/06/2016 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Douce, tiède et parfumée
Douce, tiède et parfumée

Je relis « Douce, tiède et parfumée »... j'adore ! Des dessins merveilleux, parfaits, des ambiances pleines de détails, une époque (et en plus le steampunk) réinventée par le talent d'un dessinateur. L'histoire est tellement envoûtante qu'on désire toujours plus et plus de développements ! Et après... j' ai appris que la série est abandonnée !!! C'était une de mes meilleures surprises en BD les dernières années... Si quelqu'un pouvait convaincre Noé de continuer un jour !

06/06/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Locke & Key
Locke & Key

Je lis très peu de comics. J'ai longtemps été hermétique à la BD américaine mais j'y fais de plus en plus d'incursions. J'ai découvert l'existence de cette série sur ce site et les nombreux avis élogieux m'ont convaincu d'en tenter la lecture en dépit d'un visuel qui, de prime abord, me rebutait quelque peu. J'ai attendu la sortie du sixième et dernier tome pour lire la saga d'une traite. En fait, je l'ai plutôt dévorée ! Véritable hommage au génial Lovecraft, Locke & Key a su jouer avec les thématiques du maître du fantastique tout en développant un univers singulier et moderne. Le système des clés (que je ne développe pas pour ne pas spoiler) est tout simplement génial et incroyablement original. La créativité de l'écrivain Joe Hill, que je découvre à cette occasion, semble sans limite. Narration, suspense et rebondissements sont parfaitement maîtrisés. Le scénariste arrive à donner une atmosphère toute particulière à son histoire. Les (très nombreux) personnages sont soignés et intéressants et prennent rapidement de la densité psychologique . Les dessins qui m'avaient un peu gênés au début de ma lecture se révèlent finalement magnifiques et collent avec beaucoup de justesse à cette ambiance horreur / fantastique. Le travail de Rodriguez gagne progressivement en qualité et en audace. Bref, c'est du très beau boulot ! Locke & Key est sans conteste l'une des meilleures séries fantastiques actuelles et comblera tous les amateurs d'imaginaire.

03/06/2016 (modifier)