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Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Une découverte géniale ce Derf Backderf ! J'ai adoré son style de dessin d'ado de lycée qui se révèle en fait super précis. Les histoires des 3 volumes sont excellentes, l'Amérique profonde, des types ordinaires dans des vies ordinaires, mais racontées et dessinées de façon extraordinaire ! Une des meilleures séries BD indépendante que j'ai lue depuis longtemps. J'attends avec impatience le prochain opus.

05/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Napoléon (Glénat)
Napoléon (Glénat)

Décidément pour un gars comme moi qui n'était au départ guère attiré par Napoléon, j'en remet une couche ; la bande dessinée m'aurait-elle incité à m'intéresser à ce personnage plus que je ne le croyais ? possible. Conter encore l'histoire de Napoléon Bonaparte, c'est un peu comme pour Jeanne d'Arc, comment se démarquer de ce qui a été fait dans d'autres Bd ? Jean Tulard en consultant historique apporte le poids nécessaire à cette entreprise car il est considéré comme le spécialiste le plus compétent de l'ère napoléonienne, ses nombreux ouvrages faisant référence ; c'est surtout ce qui m'a incité à aborder ce triptyque que je ne souhaitais pas spécialement lire en me faisant la réflexion "encore du Napoléon !", mais l'occasion s'est présentée en bibli, je l'ai saisie. Ce n'est pas le dessin qui fut déterminant dans ce choix, bien qu'il ne soit pas désagréable, il n'a guère de personnalité, mais le dessinateur réussit toutefois de belles pages (le sacre d'après le tableau de David, les 2 pages sur Trafalgar, l'entrevue de Tilsit avec le tsar...), la mise en page des batailles est dynamique, et surtout la restitution du visage du Bonaparte jeune des premières années entre l'école de Brienne et la campagne d'Egypte, est parfaite, ainsi que la plupart des autres protagonistes comme Murat, Kléber, Talleyrand ou Louis XVIII... bref ça reste efficace, même si ce dessin est beaucoup moins soigné dans le tome 3, avec des visages laids, un petit aspect bâclé et beaucoup de cases sombres. Il fallait au moins 3 albums pour cerner le personnage de Napoléon, et je trouve que Noël Simsolo s'en sort pas trop mal, même si la narration n'est pas sans défauts. C'est un journaliste de cinéma qui a publié des ouvrages intéressants, dont un capital sur Hitchcock chez Seghers, il n'est donc pas le premier venu. Mais même si 3 albums permettent une narration moins compressée, il manque quand même plein de choses car il est pratiquement impossible de raconter la bio de Napoléon sans omettre et passer sur des faits. Beaucoup sont évoqués au détour d'une seule case ou dans un dialogue, mais d'autres parfois intéressants sont sacrifiés : c'est dommage d'oublier le traité de Campo Formio, l'île d'Aix, Ney fusillé... ou de passer très vite sur les adieux à Fontainebleau et l'abdication, le débarquement à Golfe-Juan, le ralliement à Laffrey, la détention de Sainte-Hélène (et surtout la mort), on a l'impression qu'à la fin, les auteurs doivent aller vite... L'album que j'ai trouvé le plus intéressant est le tome 1 car il est centré sur une période très courte, 1793-1799, où en 6 ans, Bonaparte connait une ascension fulgurante depuis le collège de Brienne jusqu'aux premières campagnes militaires comme celles d'Italie et d'Egypte, en passant par le siège de Toulon et le 13 Vendémiaire... c'est là qu'il s'affirme. La période Directoire est bien décrite, elle est assez méconnue dans l'Histoire de France, et c'est d'ailleurs ces premières années que j'aime chez le personnage, lorsqu'il est encore Bonaparte ; j'aime beaucoup moins les grandes batailles après Austerlitz. Dans ce tome 1, les auteurs montrent que cet enfant de l'Ancien Régime, un petit Corse ambitieux élevé dans les valeurs de la République, joua ensuite un rôle important de réformateur, de génie militaire et de fondateur d'un Etat moderne. Ce tome 1 contient aussi une remarquable synthèse en flashback sur les débuts de sa carrière. Le tome 2 reprend à peu près tous les grands événements constituant la légende napoléonienne : coup d'Etat du 18 Brumaire, le passage des Alpes, la victoire de Marengo, l'attentat de la rue Saint-Nicaise, l'exécution du duc d'Enghien, le sacre, le camp de Boulogne, Trafalgar, Austerlitz, Iena, Tilsit, la guerre en Espagne, la sanglante bataille d'Essling (où on voit Lannes blessé, mais on passe sur sa mort déchirante), la révocation de Joséphine et le mariage avec Marie-Louise. Certains de ces faits sont survolés, d'autres un peu mieux détaillés, mais ça sent un peu l'énumération. Le tome 3 s'attache aux années 1810-1814 avec la chute de l'Aigle finalement vaincu par des monarchies coalisées, les revers en Espagne, la campagne et la désastreuse retraite de Russie, Waterloo étant la fin de l'aventure et le début de la légende. La détention de Sainte-Hélène est comme je l'ai signalé, un peu rapide. Certains épisodes annexes sont évoqués comme la conspiration de Malet (mais sans expliquer le pourquoi) ou que Corvisart était le médecin personnel de l'Empereur. Je remarque aussi que les auteurs cèdent aux traditions des fameux mots napoléoniens sur lesquels courent de nombreuses légendes, c'est évidemment très tentant, on a donc droit à la harangue en Egypte ("Soldats, songez que du haut de ces pyramides, 40 siècles vous contemplent") et au monologue d'Austerlitz ("Soldats, je suis content de vous..."), mais dans l'ensemble, ils n'abusent pas de cette formule. Au final, je trouve l'ensemble inférieur à ce que j'ai pu voir dans Napoléon (Osi) par exemple, mais la période couverte est plus importante et ça reste quand même de bonne qualité, les actes de Napoléon sont fidèlement répertoriés, et ses batailles sont rapportées de façon détaillée, la marge d'erreurs est donc faible, contrairement à d'autres personnages historiques de cette collection "Ils ont fait l'Histoire".

05/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Sykes
Sykes

Voici un grand western signé Pierre Dubois qui n'est pas connu pour être un spécialiste du genre, c'est peut-être ça qui rend ce western si intéressant car il travaille en profondeur le personnage de Sentence Sykes, un marshall rude et impitoyable avec les outlaws qu'il poursuit, mais doté paradoxalement d'un profond humanisme, et surtout tiraillé par des démons intérieurs. Sykes apparait comme un être torturé, cherchant l'oubli dans une vie aventureuse remplie de danger et de violence. Il fallait cette originalité dans le caractère du personnage pour que ce western se hisse parmi les grandes oeuvres du genre. Sinon les autres personnages comme le cabochard O'Malley, le pisteur indien Renard Gris, et même le couple de fermiers amis sont des archétypes qu'on rencontre dans le western en BD et à l'écran, à la fois rudes et attachants. L'intrigue en elle-même adopte une démarche très classique, il s'agit d'une traque, Sykes et ses compagnons pistent une bande d'ignobles salopards, ce qui occupe les 3/4 de l'album, et l'ensemble utilise des éléments typique du western hollywoodien mais revisités par une vision plus actuelle et très réaliste. La seconde partie de l'album qui occupe le dernier tiers me dérange un peu par son côté un peu trop rapide qui tranche avec la première partie, car elle montre les 2 héros vieillissants courant vers un destin inexorable mais finalement logique car ce genre d'aventuriers ne pouvaient pas finir leur vie paisiblement dans un ranch, ils allaient au bout de leur destin, leur vie étant dirigée par les armes devait se conclure dans une mort sanglante. Sans révéler la fin, je peux dire que je la trouve cruellement logique et finalement assez belle, même si j'aurais préféré que ça reste focalisé sur cette traque. C'est un grand western sombre, empli de noirceur, mélancolique et crépusculaire qui s'inspire directement de certains westerns hollywoodiens des années 70 en évitant toute analogie au western spaghetti, mais qui m'a fait penser au film Impitoyable de Clint Eastwood, à True Grit des frères Coen, et aussi à Appaloosa de Ed Harris ; le traitement de Dubois est dans cette lignée de westerns récents au cinéma qui donnent une vision beaucoup plus sombre que les westerns à l'ancienne, les héros sont fatigués, dépassés par leur époque qui voit l'Ouest se transformer et où ils n'ont plus leur place. On notera aussi quelques allusions au western spaghetti (assez ironique d'ailleurs) à propos du Django de Corbucci, qui "traîne une mitrailleuse dans un cercueil", ainsi qu'à John Ford avec le nom de Doniphon (nom du personnage de J. Wayne dans L'homme qui tua Liberty Valance, au ton déjà crépusculaire)... Quand en plus, c'est illustré par le crayon de Dimitri Armand, c'est franchement éblouissant, son dessin est superbe avec un style très cinématographique, repérable dans la plupart des cadrages, et avec un trait épais qui magnifie de splendides paysages, il offre de très belles images, et d'ailleurs l'album s'ouvre par une pleine page magnifique. Je trouve que Armand fait preuve d'un plus grand soin et d'une grande maîtrise par rapport à sa reprise de Bob Morane Renaissance au trait plus simple et moins travaillé ; le visuel qu'il offre ici contribue énormément à cette atmosphère crépusculaire et cette noirceur qui parsèment toute cette histoire, renforcées par des images à la violence crue qui donnent un ton ultra réaliste. Enfin, ça me réjouit de voir que le western est revenu en force en BD ces derniers temps, surtout quand il a une telle densité. Bref, c'est une vraie pépite !

03/08/2016 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Déploiement
Le Déploiement

Nick Sousanis est professeur de bandes dessinées et publie de nombreux articles sur les bienfaits de l’apprentissage par ce medium. Il démontre la validité de son discours d’une façon pour le moins originale : cet album est la première thèse de doctorat réalisée entièrement en bande dessinée ! Le thème central est philosophique : les limites de notre système perceptif, nos conditionnements et les moyens de nous en libérer pour déployer nos potentialités. En s’aidant de nombreuses références scientifiques et philosophiques, l’auteur nous démontre que notre compréhension est bridée par nos perceptions dimensionnelles et temporelles, nos acquis, nos expériences passées, notre langage, notre société et ses règles établies… et comment s’en libérer pour mieux s’émanciper et se « déployer ». Il en profite aussi pour nous exposer sa passion pour le medium de la bande dessinée. Son discours est assez similaire à celui de Scott McCloud dans L'Art Invisible. Il explique comment la fusion de deux langages (textuel et graphique) permet de mieux représenter des concepts complexes en se libérant des contraintes et des limites linguistiques. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la démonstration est réussie. Les planches sont époustouflantes et font preuve d’une lisibilité et d’une ingénuité narrative rarement vues… sans oublier d’être magnifique esthétiquement parlant. Un album incroyable, passionnant, pas forcément facile d’accès (il s’agit d’une thèse, le langage employé est parfois un peu lourd, et les références académiques abondent), mais indispensable… un sans-faute selon moi !

03/08/2016 (modifier)
Couverture de la série Aspic Détectives de l'étrange
Aspic Détectives de l'étrange

J'ai suggéré à ma médiathèque municipale d'acheter cette Bd que je voulais lire depuis longtemps, et je suis le premier à l'étrenner. C'est le genre d'atmosphère que j'aime particulièrement, un fantastique policier, aux frontières de l'irrationnel, et surtout bourré de références au sein d'un décor de Belle Epoque parisienne. Pourtant, j'étais un peu méfiant avec Thierry Gloris, dans le genre fantastique, j'avais encore en mémoire le désagréable souvenir de Le Codex angélique, mais aussi le bon souvenir de Meridia ; aussi avec cette Bd, je souscris entièrement même si parfois ses scénarios comportent de petits flottements, et même si le tome 4 marque un léger essoufflement de la série, un peu comme une sorte de virage dû au fait que l'ambiance sherlockienne qui faisait tout le sel de la bande au départ, a été troquée pour un aspect fantastique vampirique qui risque de faire plonger la série dans un fantastique assez commun et trop rebattu. Certes, les allusions référencées, Erzebeth Bathory, Max Shrek, le Nosferatu de Murnau... qui vivent au château du Haut-Koenigsbourg (qui logiquement devrait être en ruines, il ne sera reconstruit que par le kaiser Guillaume II), la présence de Bram Stoker qui entrevoit la trame de son futur Dracula, celles de Michel Strogoff ou du comte de Tiffauges (autre allusion subtile)... tout ceci est plaisant pour l'amateur de littérature et de cinéma, mais on s'écarte du côté étrange, insolite et paranormal qui typait bien la bande dès son début, ce savant mélange d'organisation criminelle, d'ésotérisme et d'ectoplasmes. On a nettement l'impression que Gloris fait feu de tout bois pour embobiner le lecteur. Sinon, dès le début, les références au Gavroche de Victor Hugo, au détective Dupin d'Edgar Poe (avec rappel de ses 3 uniques enquêtes) et qui cite Gaboriau, à Moriarty et à Sherlock Holmes sont très astucieuses (excellent clin d'oeil à la fin du tome 2) ; il y a même des allusions à Tintin (notamment la tête de vache dans le théâtre) et plein d'autres détails pittoresques. Bref un brassage référentiel qui fait toujours plaisir au lecteur. Certains lecteurs pourront reprocher que trop d'éléments s'enchevêtrent, comme les intrigues qui s'entrelacent entre les tomes 3 et 4, et même à la fin du tome 4, ce n'est pas clairement la fin d'un diptyque, c'est une fin ouverte pour une autre histoire qui va s'imbriquer dans la précédente, bref tout ça peut faire un peu fouillis, sans compter un final un peu rapide dans ce tome 4. Mais ce qui m'a réellement séduit dans cette Bd, c'est son atmosphère d'enquête mystérieuse à déduction, comme dans les nouvelles de Poe ou dans les Sherlock Holmes. Et aussi bien sûr ce qui est très plaisant, c'est ce dessin de J. Lamontagne que j'avais déjà apprécié dans Les Druides ; ici il restitue un Paris entre fin XIXème-début 20ème, au moment où certains progrès font leur apparition, et on y reconnait des lieux connus bien retranscrits. Son dessin est véritablement superbe, très esthétique, très soigné, fin, détaillé, avec des visages très jolis, surtout celui de Flora, des costumes bien choisis et un background très documenté. A tout ceci s'ajoutent une pointe d'humour et la richesse des dialogues déjà entrevue dans d'autres Bd scénarisées par Gloris ; le seul petit bémol étant des lettrages un peu petits. Une Bd prometteuse et captivante qui espérons-le, ne sombrera pas dans le grotesque ou le n'importe quoi.

01/08/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Thanos - La Quête de Thanos
Thanos - La Quête de Thanos

Un peu d'histoire pour ceux qui ne connaissent pas trop l'Univers Marvel. Dans les années 70, Jim Starlin crée Thanos, un méchant puissant et intelligent qui est amoureux de la Mort qui dans l'univers Marvel existe et ressemble à une femme. Après quelques histoires, Starlin finit par tuer Thanos. Il va le faire revenir dans les années 90 lorsqu'il écrit la série du Surfeur d'Argent. Cet album contient les épisodes où on voit revenir Thanos ainsi que la minisérie oû Thanos s'empara des joyaux de l'infini ce qui va conduire aux événements de la mini-serie Le Gant de l'Infini. Il est à noter qu'entre ces deux mini-séries il y a encore quelques épisodes du Surfeur d'Argent avec Thanos qui ne sont pas dans l'album. J'aime bien aime cet album. Le personnage de Thanos est charismatique et c'est intéressant de le voir agir. Sa confrontation avec le surfeur d'argent me donne la confirmation que j'aurais plus aimé la trilogie de l'Infini s'il y avait eu moins de personnages inutiles. Ici, tout le monde à un rôle à jouer et il y a un excellent mélange d'aventure, de drame et aussi d'un peu d'humour. Le dessin de Ron Lim est excellent. À lire si on aime Marvel.

01/08/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hulk - L'intégrale
Hulk - L'intégrale

Si la première intégrale contient les premières histoires d'Hulk (histoires qui ont un peu mal vieilli, mais qui ont un charme grace au talent de Stan Lee et Jack Kirby), les autres portent sur le long run de Peter David. C'est l'auteur qui est considéré comme le meilleur scénariste d'Hulk. Son premier run dure de 1987 à 1998 et il écrira d'autres histoires d'Hulk par la suite. Pour le moment, je trouve son run excellent. Il utilise bien le personnage d'Hulk et aussi son univers. J'aime bien comment il utilise les anciens ennemis d'Hulk, notamment le Leader qui est vraiment l'ennemi numéro 1 d'Hulk. J'adore comment il est intelligent et charismatique. Un point fort chez Peter David c'est qu'il change souvent le statu quo de la créature verte ce qui permet de varier les histoires. En plus, Hulk est la plupart du temps intelligent et je préfère ça que lorsque Hulk agit comme un enfant. J'aime surtout la version Hulk grise aussi appelé Joe Fixit. Un des points forts de ce long run est que Peter David change souvent le statut quo de Hulk, ce qui permet d'éviter la répétition. Peter David mélange habilement la psychologie, l'humour, l'aventure et le drame. Les histoires sont souvent intelligentes et risquent de surprendre ceux qui ne connaissent pas trop Hulk et qui s'imaginent que Hulk ne fait que tout casser. J'ai vraiment hate de lire la suite et de voir quelques autres extraordinaires aventures Peter David a écrit. Les différents dessinateurs sont bien. Après lecture de l'intégrale de 1992, je mets la note maximum. C'est vrai un des meilleurs comics jamais fait.

28/07/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme (L'Homme qui tua Lucky Luke / Wanted Lucky Luke)

Réaliser une BD hommage reprenant un personnage célèbre, c'est toujours un exercice casse-gueule. D'abord parce qu'il faut être au moins à la hauteur de l'oeuvre originale mais aussi parce qu'il faut éviter de le dénaturer, ou d'offrir un scénario frileux et sans intérêt, ou encore d’alourdir le tout avec trop de références et de clins d'oeil, ou tout simplement de fournir une mauvaise histoire ou un mauvais dessin. Et en même temps, il faut offrir quelque chose d'original car sinon quel intérêt de faire un hommage si c'est juste pour fournir un album de plus pour une série qui en comptait déjà suffisamment à elle seule ? Eh bien, Mathieu Bonhomme a su éviter tous ces écueils et fournir un excellent album hommage à Lucky Luke. Pour commencer, il y a son dessin qui est excellent. Plus réaliste que celui de Morris, il donne une très belle ambiance aux planches et met en scène un Lucky Luke crédible et plus mature. Les personnages sont dynamiques, les scènes d'action parfaitement rendues. Et en même temps les décors sont beaux et dépaysants. Mais l'histoire n'est pas en reste. Dès les premières pages, on se doute plus ou moins de ce qu'il va se passer et ce que certains cherchent à nous cacher, mais la suite nous révèle pourtant son lot de surprises. Et c'est surtout la manière dont les choses se déroulent qui est plaisante car tout est raconté de manière réaliste et intelligente. Il règne dans le récit une vraie tension qui n'existe pas dans les albums de Morris et on craint pour de bon que Lucky Luke ne s'en sorte pas indemne pour une fois. Mathieu Bonhomme réussit en outre à éviter tout manichéisme et ça, ça me plait bien plus qu'un méchant trop basique à combattre à coups de revolvers. En même temps, le ton réussit à rester suffisamment léger pour que cela reste du divertissement. Le gag récurrent d'un Lucky Luke en manque de tabac finit par être vraiment amusant et à avoir même son incidence sur le déroulement du scénario. Du début à la fin, cet album ne m'aura pas déçu. Vraiment une excellent hommage qui vaut le coup à lui seul comme une bonne histoire à part entière.

26/07/2016 (modifier)
Par Chéreau
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les 7 vies de l'épervier
Les 7 vies de l'épervier

Je note enfin cette série magnifique des années après l'avoir dévorée à deux reprises. On suit en parallèle les aventures d'Ariane de Troïl et de sa famille et celles d'Henri IV et de la sienne, liées par un mystérieux destin commun. L'atmosphère du XVIIe siècle est merveilleusement rendue, que ce soit dans les dessins, superbes, élégants, souples à la colorisation subtile, de Didier Convard, ou dans le caractère des personnages, qui évitent avec brio le piège de l'anachronisme. Les personnages "sonnent" Renaissance. Ils sont aussi suffisamment fouillés et complexes pour satisfaire un lecteur adulte. Et on se réjouit particulièrement de découvrir le Vert Galant en père de famille rougeaud, braillard et bonne pâte, accablée par une épouse acariâtre -Marie de Médicis- et perplexe face à un fils renfermé et rigide, son exact opposé : le futur Louis XIII. Le décor, très documenté, nous permet de replonger dans le Paris bruyant, crasseux, boueux du début du Grand Siècle et dans l'ambiance encore un peu inquiétante des campagnes et des forêts françaises de l'époque. Parmi les très nombreuses séries historiques, les 7 Vies de l’Épervier, qui a donné lieu à plusieurs suites ou histoires parallèles, est clairement au dessus du lot.

25/07/2016 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sept Nains
Sept Nains

La série Sept, qui semble destiner à tester des dessinateurs, des scénaristes ou des tandems, est de qualité assez inégale. L'injonction de faire tenir une histoire complète en 46 pages conduit certains auteurs à des ellipses maladroites ou à des fins bâclées. Ce n'est pas le cas ici. L'album revisite d'une manière assez robuste le conte de Blanche-Neige, en retrouvant finalement sa vocation d'origine, qui n'était certainement pas d'endormir les petits enfants... Les personnages se retrouvent tous, à un moment ou à un autre, dans un contre-emploi réjouissant, du prince plus si charmant à la fin du livre aux nains, bien plus dégourdis que ceux de Walt Disney. La douce et naïve Blanche-Neige semble échapper un temps au cynisme ambiant ? Un temps seulement... Les auteurs prennent des libertés avec les personnages. Ils s'en accordent aussi avec l'histoire, les nains fomentant un cambriolage du château royal depuis leur tunnel. Je ne vous en dis pas plus. Lisez cet album drôle et méchant, vous n'aurez plus jamais envie de chanter "un jour mon prince viendra".

25/07/2016 (modifier)