Les derniers avis (9607 avis)

Par ArzaK
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur désire ?
Monsieur désire ?

Monsieur Oliver est un jeune aristocrate gâté par la vie, sa fortune en fait un des plus beaux partis de tout le royaume. Mais au lieu de faire un beau mariage, chaque nuit il préfère se vautrer dans la luxure dans les bas quartiers de Londres. Lisbeth est une servante parmi d'autres, elle n'est pas très belle et très différente de toutes celles que Monsieur a engrossées au retour d'une soirée trop arrosée. Lord Oliver fait d'elle, non une conquête de plus mais la confidente de sa vie de débauche. A mesure que Lisbeth découvre le vide existentiel de la vie de son maitre, elle commence à craindre pour son sort car cette "promotion" attise la colère de la hiérarchie du personnel de maison et l'expose aux pires mesquineries. Exquise peinture des mœurs et de l'hypocrisie des rapports sociaux dans la société victorienne, "Monsieur désire?" est un solide récit psychologique aux savoureux dialogues.

07/02/2017 (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Watertown
Watertown

J'ai vraiment adoré cette bande dessinée. Tout d'abord le dessin est magnifique, il possède une élégance, un côté pictural extrêmement plaisant. Il donne dans un charme rétro un peu suranné qui pourrait évoquer l'univers des peintures d'Hopper. Par ailleurs, l'intrigue est très romanesque, on est réellement plongé dans la psychologie du personne principal, on partage ses obsessions et ses interrogations. Je ne peux rien dire sur la chute de l'intrigue sans spoiler. Je peux juste vous dire qu'il s'agit d'une enquête passionnante et d'une expérience de lecture déroutante, moderne et délicieuse.

07/02/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Birthright
Birthright

Avis aux posteurs précédents j'ai la chance de n'avoir pas lu la même version que vous. Je m'explique; baguenaudant de ci de là dans la grande bulle d'Angoulême en compagnie du camarade PAco j'avise les couvertures colorisées et accrocheuses de la dite série. Le bougre m'en dit le plus grand bien et faisant quelques pas de plus je vois, sur le stand des éditions "Snorgleux",( le nom déjà est tout un programme), le dessinateur du fameux BirthRight qui dédicace l'objet mais en intégrale, grand format, et dans un somptueux noir et blanc. Du coup, après un feuilletage rapide, je m'insère subrepticement dans la file afin moi aussi de décrocher le petit dessin qui va bien. Andrei Bressan le dessinateur est pour moi un parfait inconnu, mais quel coup de patte me dis je in petto en attendant mon tour, un trait vigoureux, dynamique qui convient parfaitement tant pour les séquences se déroulant à notre époque que celles se passant dans le monde de Terrenos. Alors attention à la vue de certaines planches quelques esprits chafouins pourraient se dire encore un truc mâtiné d'Héroic Fantasy donc réservé aux bourrins accrocs de la chose. Hop là messieurs dames, ici les chose sont bien plus malignes que ça. Grâce à la construction du récit qui nous fait passer d'un monde à l'autre, oui l'idée n'est pas neuve mais ici fort bien agencée et la magie opère, l'ensemble est donc fluide, prenant et personnellement je n'ai pas lâché l'affaire après avoir commencé. C'est aussi cela la magie d'Angoulême, pouvoir se laisser happer par un truc imprévisible qui au final se révèle pour moi excellent. Si comme moi vous êtes amateurs de Fantasy intelligente, n'hésitez pas un instant, les réserves des autres avis sur la colorisation de l'autre version me conforte dans mon achat coup de cœur et qui une fois la lecture achevée en devient aussi un pour cet avis.

03/02/2017 (modifier)
Couverture de la série Saint-Barthélémy
Saint-Barthélémy

Boisserie et Stalner se retrouvent après La Croix de Cazenac pour un sujet très fort, sur les guerres de Religion, mais au contraire de Les Chemins de Malefosse qui brassait une période plus étalée, ils centrent leur récit sur cette Saint-Barthélémy qui a ravagé les rues de Paris en aout 1572, pour l'un des plus effroyables massacres de cette période en France. La Bd aborde aussi le sujet de façon beaucoup plus construite que ce que j'ai pu lire dans la série Vécu de chez Glénat intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable qui bien qu'intéressante, n'était pas sans quelques défauts narratifs, mais elle vise surtout le grand début de ce massacre religieux entre papistes et huguenots, et aussi ce qui m'a intéressé, c'est que les auteurs évoquent les vrais débuts de ce conflit sanglant avec le massacre de Wassy par les Guise, ainsi que la bataille de Jarnac où Condé trouva la mort. On sent toute la haine exacerbée par les 2 factions, et on comprend que la Saint-Barthélémy est le massacre emblématique de cette sombre période, avec une Catherine de Médicis plus dure et plus déterminée que dans d'autres Bd sur le sujet, on sent sa volonté à annihiler le parti huguenot. Quelques épisodes célèbres sont montrés, comme l'attentat contre Coligny qui le blessa à l'épaule, puis sa mort atroce cette fameuse nuit de la Saint-Barthélémy, également les paroles choc du faible Charles IX entièrement sous le contrôle de sa mère, "Tuez-les tous pour qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher"... de même qu'on assiste à cette vague de violence frénétique, une véritable boucherie dans les rues de Paris comme au Louvre, à peu près semblable à ce que l'on voit dans le film "la Reine Margot" en 1993 ; je ne serais pas étonné d'apprendre que Stalner s'en est inspiré pour certaines scènes. Pour éviter le côté trop didactique de ce sujet horrible mais passionnant pour l'amateur d'Histoire que je suis, les auteurs content ce récit à travers un jeune hobereau provincial, Elie de Sauveterre, qui recherche son jeune frère et sa soeur enlevés tous deux par les papistes ; son combat se mêle à celui de la Saint-Barthélémy, et je subodore que pour lui, la quête n'est pas finie, donc rendez-vous au tome 2 qui promet d'être captivant. Quand en plus, c'est dessiné par Stalner dont j'aime beaucoup le style graphique, ayant suivi toutes ses séries, je ne peux que me réjouir. Il se surpasse littéralement ici, où son dessin d'une finesse et d'une précision impeccables, magnifie aussi bien les décors, les édifices, les costumes, les petits détails que les visages des personnages, bref un vrai régal graphique et narratif.

03/02/2017 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monkey Bizness
Monkey Bizness

Le label 619 est souvent synonyme de qualité à mes yeux. Cette collection menée par Run, le créateur de Mutafukaz promet souvent des œuvres décalées et originales comme ce fut le cas avec "Rocakbilly Zombie Superstar" et surtout Freaks' Squeele sans oublier la série culte de Run. Aussi quand Ankama laisse carte blanche aux créateurs des Lascars et que les avis positifs fusent comme des suppositoires ici même forcément ça titille ma curiosité alors que la référence des auteurs, à savoir la série télé Les Lascars me laisse de glace. Et j’ai bien fait car ce Monkey Bizness sortant de nulle part pour atterrir sur ma bibliothèque y a tout à fait sa place tant le coté décalé, trash et second degré sont devenus des évidences à mes yeux ! Mais ça parle de quoi ? En fait imaginez un monde dévasté par la fameuse bombe nucléaire inversant les roles dans l’évolution de Darwin ! Les quelques êtres humains survivants sont revenus à l’état primitif et vivent comme des betes sauvages dans la nature alors que les animaux ont vu leur intelligence se développer et ont investi les lieux civilisés. Ce postulat complètement foutraque peint juste le décor dont l’intérêt est ailleurs étant donné que tous les anciens habitants des zoos sont devenus aussi stupides que leurs modèles humains !!! On va s’intéresser dans tout ça à un babouin alcoolique et un gorille aimant le cigare, hommes de main à leur compte et glandeurs reconnus vivant de menus larcins.. Ils vivent en parfaite harmonie avec eux-mêmes et n’ont aucun tabou : meurtres, magouille tout y passe dans un délicieux fumet trash sur des petites histoires courtes prêtant à rire et à sourire. Il y a aussi cet astronaute humain qui atterrit sur terre pensant être sur une autre planète et dont les origines nous seront révélées dans un flash back hilarant ! Et l’histoire de la prison où nos deux macaques se jouent des différentes communautés dans une explosion de machoires…. Le hic c’est le dessin. A peine maîtrisé et à la main levée dans un style animalier lorgnant davantage sur les blogs que la ligne claire ou comics. Il sied finalement bien aux propos qu’il met en œuvre mais est difficile à déchiffrer au début. La colorisation est par contre magnifique avec de beaux effets bichromiques… Ce qui est incroyable c'est que dès le tome 2, le découpage est encore plus maitrisé et dynamique. On y gagne en fluidité pour se retrouver avec un film d'animation entre les mains ! Par contre et outre le dessin, la vulgarité et la violence des propos ne plairont clairement pas à tout le monde. Certaines situations vont parfois assez loin dans le scabreux mais à condition de prendre tout ceci au 3ème degré on risque davantage de passer un excellent moment de divertissement que d’en sorti horrifié ou choqué ! Après tout ce n’est pas Preacher :) Une excellente friandise qui prouve à elle toute seule la bonne santé d’une certaine bd indépendante qui a compris et digéré les erreurs des œuvres style Echo des Savanes en y injectant une bonne dose de créativité et de sang neuf… Tout à tour Buddy Movie, farce Trash plutôt osée, défouloir façon Tarantinesque, voyage dans le temps subtil et culotté, Eldiablo et Pozla viennent de créer sans le vouloir ce qui se fait de mieux en Franco-Belge. Définitivement indispensable !

07/03/2011 (MAJ le 30/01/2017) (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Spider-Man - Ramenez-moi le Bouffon Vert
Spider-Man - Ramenez-moi le Bouffon Vert

Quel plaisir ce fut pour moi de retrouver cet album qui m'avait marqué durant ma jeunesse. Ce fut pour longtemps la seule histoire de Spider-Man en BD que j'ai lu avant que Panini Comics édite les intégrales. Cette histoire est deux parties est selon moi la meilleure histoire du duo qui a créé Spider-Man: Steve Ditko et Stan Lee. On retrouve le Bouffon Vert à l'époque où son identité était encore secrète. D'ailleurs, il faudra encore une dizaine de numéros avant que Norman Osborn ne soit réellement introduit (avant il faisait quelques apparitions comme un ami riche sans nom de JJJ). Le bouffon Vert s'est allié avec un autre criminel masqué le Maître du crime, mais ce dernier a décidé de faire cavalier seul. En prime, le journaliste Frederick Foswell qui a déjà été un criminel masqué à la tête d'un gang agit de manière étrange et semble cacher quelque chose. C'est donc une histoire de Spider-Man où le mystère domine. L'intrigue m'avait tenu en haleine lorsque j'étais petit et c'est encore le cas lorsque je suis adulte et que je connais toutes les solutions. J'ai dû relire cette histoire une bonne dizaine de fois (que ce soit dans cet album ou dans l'intégrale de Spider-Man) et je ressens toujours les mêmes émotions. C'est le genre d'histoire que je peux relire en gardant mon plaisir intact. Le récit est assez peu conventionnel pour l'époque. La seconde partie commence par une bagarre qui dure quelques pages et le reste est un peu plus un récit policer où on trouve la solution aux différentes énigmes. C'est différent du récit typique de super-héros où ça se termine dans une bataille où le héros vainc le méchant. Le dessin de Ditko est excellent. Il sait créer une ambiance parfaite pour Spider-Man. Je regrette que la couverture reprenne un dessin de Romita Sr d'une autre histoire avec le bouffon Vert. C'est complètement hors sujet et donne une fausse idée de ce que l'on retrouve à l'intérieur. La traduction peut faire peu vieillot comparé à la qualité d'aujourd'hui (Spider-Man est appelé L'araignée par exemple). Il est à noter qu'on retrouve aussi comme bonus l'histoire sur les origines de Docteur Strange et c'est sympathique.

27/01/2017 (modifier)
Couverture de la série Hâsib et la reine des serpents
Hâsib et la reine des serpents

Voilà une éternité que j’attendais le second tome de cet opus. Le temps semblait s’écouler à un rythme aussi lent que celui des 1001 nuits. Et puis l’anonymat de ces parutions dans la horde fit que je ne vis pas le second tome. Je craignais l’abandon voire l'infini devoir d'attendre 1001 jours avant de mériter un tome 2. Ma fille de 5 ans qui avait vu le tome 1 à sa sortie avait été marqué par les images, elle me le demande régulièrement pour le feuilleter et même le montrer à ses copines. A chaque fois, il fallait expliquer que le tome 2 allait peut être sortir, et soudain au détour d’une recherche je l’ai vu. Evidemment non disponible, il fallut commander et ré-attendre mais cette fois ci c’était une histoire de jours et plus question de douter sur un abandon. Il arrive que trop attendre fait monter trop de pression et engendre une déception lorsque l’objet chéri apparait finalement accessible, ce fut un peu le cas ici, mais entrons dans le vif du sujet puisque je vois que même en ces lieux de qualité cette série est passé inaperçue, il faut vite réparer et cela va me faire sortir de la retraite pour prendre la plume comme au plus beau jour. Hasib, c’est un DavidB en pleine forme et possession de sa technique qui s’approprie le Conte de Hâsib Karîm ad-Dîm. Les codes du récit initial restent présents et j’ai pu retrouver le mélange d’émerveillement, de naïveté, de simplicité, lié au mode narratif originel. Evidemment il ne faut pas chercher une intrigue contemporaine et tout ceci peut paraitre de prime abord naïf, probablement même est ce dû au choix de la collection jeunesse par l’éditeur, mais ne nous trompons pas, tout le talent de David B pour transmettre le monde intérieur d’un personnage à son lecteur déjà vu dans L'Ascension du Haut Mal se magnifie ici par une couleur extraordinaire. Voilà la clé, évidemment qu’il n’y aura pas de surprise dans l’histoire, mais quel voyage en ouvrant l’album, quelle claque visuelle l’auteur nous met en tête. Le tome 1 m’a totalement annihilé, épuisé, vidé. Je me souviens qu’après la première lecture j’étais totalement incapable de bouger de mon fauteuil comme si c’était moi qui avait enduré les milles aventures toutes plus effrayantes, physiques, merveilleuses et épouvantables que je venais de lire. Les détails fourmillent, les références pullulent et surtout la technique narrative de la mise en page de David B trouve ici toute sa pertinence avec les djinn. Les couleurs nous explosent les pupilles et font vivre les fantasmes et mythes qu’ils représentent. La force du tome 1 réside dans le foisonnement parfaitement maitrisé pour une lecture fluide sans ennui magnifié par une mise en page extraordinaire servi par une mise en couleur envoutante. Que demander de plus ! Je mettrai sans aucun doute à ce tome 1 Et vient le tome 2 après tant d’attente, tous les ingrédients reviennent en bouche dès la couverture, un cocktail de références culturelles émaillent la lecture adulte avec des emprunts aux mythes des Amériques maya et amérindiennes. Et pourtant quelque chose manque, un petit je ne sais quoi qui a rendu ma lecture moins passionnante que le premier tome, un petit peu comme si alors que le premier tome était un ru de montagne virevoltant sortant de son lit pour aller taquiner les éléments alentours, celui-ci était maintenant plus sage et moins impertinent. Certes nous sommes toujours très au-dessus du niveau moyen de qualité des sorties hebdomadaires, mais nous ne sommes plus face à un chef d’œuvre, seulement un bon opus qui finit trop vite. Au final comment envisager l’ensemble, le tome 1 me semble un chef d’œuvre de sensibilité et de narration grâce à un graphisme sublime qui rend une histoire classique sublime, le tome 2 poursuit le rêve mais on sent qu’il va s’achever un peu trop vite, que notre envolée si puissante et agréable va nous ramener trop vite dans notre quotidien et que la dernière page sera trop vite tournée. Encore oserais-je réclamer, nous n’en sommes qu’à la 498eme nuit pourrais on continuer le plaisir !

26/01/2017 (modifier)
Par soutric
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Java des Gaspards
La Java des Gaspards

La bande dessinée qui m'a lancé dans la collection de BD, en me lançant dans la recherche de l'album 2. Dessins plaisants, avec des personnages atypiques et attachants.

26/01/2017 (modifier)
Par Sasma
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Birdy's
Birdy's

Que dire sur Birdy's ????? C'est l'histoire d'oiseaux plumes....à la recherche de plumes un peu spéciales car c'est le temps du LID. Pour l'instant, notre histoire tient en deux tomes mystérieux, oniriques et d'une beauté saisissante. Le scénario laisse la part belle à l'imaginatin du lecteur et peut se lire sur plusieurs niveaux. Bien que le monde créé reste très mystérieux, j'ai été happée dans cet univers. Le coup de crayon m'a littéralement hypnotisé, les couleurs sont, à mon avis, sublimes et j'ai plongé dans les pages. J'espère que le tome 3 sortira un jour et nous apportera un petit peu plus de farfelu et pourquoi pas, quelques réponses plus terre à terre. En résumé, Birdy's est pour moi un bel exemple de bande dessinée. Imaginatif, original, je ne suis pas sure que les clés de ce monde soient jamais totalement révélées mais en tout cas c'est une lecture qui vous fera rêver et vous transportera loin... très loin de la réalité. Je suis conquise !

25/01/2017 (modifier)
Couverture de la série Une fessée et au lit
Une fessée et au lit

Contrairement à ce que son titre pourrait laisser supposer, cet album n’est ni un recueil bondage rempli de femmes soumises, et encore moins une historiette pour marmot en mal d’endormissement ! Résumer cette histoire n’est ni possible ni souhaitable, et je pense que l’auteur (que je ne connaissais pas avant de découvrir cette « fessée ») n’avait pas lui-même de trame, d’intrigue linéaire à suivre : c’est clairement livré au premier jet d’une écriture quasi automatique, sans les filtres de la raison ni du réalisme. En cela, mais pas seulement je vais y revenir, le surréalisme innerve cet ovni. S’il faut livrer quelques indices au lecteur friand de découverte, prêt à donner toute licence au rêve, je me résous à jeter quelques noms, quelques « proches », qui permettront aux amateurs de ces références de s’y retrouver. Le surréalisme bien entendu, avec quelques planches s’inspirant des romans-collages de Max Ernst (« Une semaine de bonté » y est même cité), un corps à corps menant à une « poupée » que ne renierait pas Bellmer, etc. Certains passages font aussi écho à « La liberté au l’amour ! » de Desnos. Mais cette « histoire » loufoque fait aussi appel à Lewis Caroll, et aux maîtres anglais du non-sens. Un érotisme et un humour tous deux en retenu, mais complémentaires de ce « récit de rêves » accompagnent une histoire des plus folles. Cet univers absurde est traversé par des personnages hauts en couleurs, du bébé très mature et grossier aux flics déjantés, en passant par une reine des égouts (bien en chairs et catcheuse à ses heures), des gays très « Village People », etc. J’ajoute que le dessin est très réussi, classique lui !, utilisant un beau Noir et Blanc (cases et gaufrier absents). Les éditions The Hoochie Coochie ont – comme bien souvent – osé prendre des risques, et l’on ne peut que les remercier de laisser encore entrouvertes les fenêtres du rêves, de laisser passer la poésie là où on ne l’attend pas. Mon conseil d’achat s’accompagne évidemment d’un conseil de feuilletage préalable, car on n’est pas dans le main stream, c’est clair. Mais les curieux et/ou ceux qui sont réceptifs à ce type d’œuvres, influencées par une forme de surréalisme, se doivent d’y jeter un œil.

24/01/2017 (modifier)