Les derniers avis (9709 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dark Museum
Dark Museum

En voilà une bonne surprise que cette nouvelle série chez Delcourt ! Ce premier tome de "Dark Museum" m'aura en tout cas pleinement convaincu ! Moi qui affectionne l'art et les illustrations, cette idée d'imaginer l'histoire qui se cache derrière un tableau est tout simplement géniale. Et je ne pouvais être mieux servi que par ce premier opus basé sur la tableau "American gothic" de Grant Wood, qui m'a toujours impressionné depuis que je l'ai découvert lors de mes lointaines études d'histoire de l'art. L'autre point fort de cette série c'est que chaque tome propose une histoire complète et peut donc se lire indépendamment. Gihef et Didier Alcante ont tout simplement trouvé LA bonne idée, LA bonne histoire, avec toute la noirceur et la rancœur que m'ont toujours inspiré les deux personnages de ce tableau. Et le coup de crayon de Stephane Perger ainsi que sa magnifique mise en couleur à l'aquarelle donnent toute la force et le saignant imaginé par notre duo de scénariste. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques malgré l'horreur représentée... Alors j'en re-veux, et du même tonneau ! Avec une telle version, l'histoire de l'art n'aura bientôt plus de secrets pour personne :p *** Tome 2 *** Après le premier album tiré du tableau « American Gothic » qui m’avait vraiment botté et qui était pour moi une vraie réussite, voici venir « Le cri » d’Edvard Munch. On retrouve Alcante & Gihef au scénario, mais c’est Luc Brahy qui se colle cette fois au dessin. Si le premier opus s’était « limité » à imaginer l’envers du tableau « American Gothic », Alcante et Gihef impliquent dans cet album le peintre en tant que personnage central. Après le décès de son père, Edvard Munch déjà fragile est interné pour des accès de rages incontrôlés. Une de ses amies intervient pour essayer de remédier à son mal en faisant intervenir un jeune médecin ouvert aux nouvelles théories psychanalytiques naissantes. Après avoir semble-t-il percé l’origine du traumatisme, ils décident d’embarquer tout le monde pour l’Indonésie afin de confronter Edvard Munch à la source de son cauchemar… Le récit est plutôt bien amené et mené, surtout que le dessin réaliste de Luc Brahy est du genre efficace et tend parfaitement à rendre l’ambiance de cette fin XIXe. C’est juste l’extravagance de ce voyage en Indonésie qui m’a fait tiquer… Voilà une personne enfermée plus ou moins secrètement pour son comportement violent et dangereux et qu’on embarque faire un p’tit tour à l’autre bout du monde… Ok c’est pour le soigner, et il est encadré mais vu les connaissances psychanalytiques de l’époque, le temps que représente un tel voyage et son coût, tout cela m’a semblé peu probable… et je ne vous parle pas de l’explication du mal qui ronge notre cher Munch pour ne pas spoiler, mais dans le genre capilotracté, là on va chercher loin. Autant je suis amateur de fantastique et de science-fiction, ce n’est donc pas le genre qui me rebute et je suis ouvert à toute proposition malhonnête pour peu qu’elle soit bien amenée et me fasse triper, autant là j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans l’explication et ce voyage. Du coup forcément, mon appréciation s’en ressent, et même si l’album se laisse lire tranquillement et peut faire passer un agréable moment de lecture, on est loin de la qualité du premier album qui m’avait vraiment scotché.

24/02/2017 (MAJ le 02/10/2017) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doggybags présente
Doggybags présente

*** Tome 1 South Central Stories *** C'est bien du Ankama, c'est bien du Label 619, même format et codes graphiques que le Doggybags... mais ce n'est pas du Doggybags. C'est du "Doggybags présente", ok ?! Tout le monde suit ?! "South Central Stories", entièrement réalisé par Neyef, avait tout pour rentrer dans un Doggybags classique, si ce n'était la très bonne trame scénaristique qui demandait plus qu'un bon tiers d'album que propose le concept habituel. Qu'à cela ne tienne, RUN emballé par le projet lance cette déclinaison du concept pour permettre à Neyef de nous proposer un récit complet et plus que réussi ! C'est comme si habitués à une excellente collection de courts métrages, vous passiez au format long. "Enlarge your Comics !" sic. Avec "South Central stories" on plonge dans le L.A. des street gangs. Une fashion week assez peu recherchée sur les codes couleurs, des conflits de voisinages récurrents pour des bouts de trottoirs, des pharmacies particulières aux normes hygiéniques déplorables et des mômes très bruyants : South Central, c'est pas particulièrement "Ze Place 2 Be" si t'es pas né là-bas, que t'es un peu pâle de peau ou simplement si tu ne rentres pas dans le dichotomique code couleur local : rouge ou blanc ; 66 ou slain. Vouloir échapper à cette sordide réalité tient plus du miracle ou du vœu pieux et se paie chaque jour comptant comme le vérifiera Jacob, l'un des personnages centraux du récit. Je ne rentrerais pas plus dans les détails de l'intrigue pour vous en préserver les bonnes surprises qui jalonnent ce récit. Je dirais juste que Neyef a su très malicieusement mêler ce bouillonnant univers du street gang avec un des ressorts classiques de la littérature, le tout de la plus belle des façons... On est dans le drame en trois actes rondement mené et digéré. Graphiquement, Neyef s'en donne aussi à cœur joie ! Son style bien particulier, très inspiré par Guillaume Singelin ou Run quand même, a de la gueule et de la tenue. Il prend de l'assurance par rapport au dernier Doggybags auquel il avait contribué. Il sait donner à son histoire toute l'énergie que requiert la violence et l'horreur qu'il nous balance. Un trait faussement simpliste et hyper expressif au niveau des personnages, rehaussé d’onomatopées et de codes graphiques souvent très bien trouvés lui permettent de nous faire claquer ses planches pleine poire ! Ajoutez à cela une mise en couleur que j'ai adoré. Il sait parfaitement jouer sur les palettes qu'il propose pour gérer les ambiances en fonction des séquences de son récit : juste parfait ! Alors, plus d'excuses pour les amateurs du Label 619 qui n'auraient pas encore plongé dans ce "Doggybags présente" ! "South Central Stories" c'est du tout bon ! A acheter les yeux fermés pour les amateurs de la collection et une très belle manière de rentrer dans l'univers de Doggybags pour ceux qui ne connaitraient pas encore. *** Tome 2 Heart Breaker *** 2e opus de la série « Doggy bags présente », « Heart Breaker » s’inscrit dans la suite du 6e opus de « Doggy Bags ». Reprenant le personnage de Celyna, alias Heart Breaker, l’album composé de trois nouveaux récits s’ouvre sur la suite directe du tome 6 qui nous avait fait la découvrir. Petite déception à mon gout déjà, car ce que j’avais apprécié avec le premier « Doggy Bags présente » c’était justement de ne proposer qu’UN récit mais plus long et approfondit par rapport au format classique des courtes histoires cinglantes et sanglantes de « Doggy bags » tout court. D’autant que là, pas de chance, aucun des trois graphismes des auteurs qui ont participé à l’aventure ne m’a vraiment transcendé. Si le premier de Hasteda et Sourya est celui qui m’a le moins déplu, je trouve qu’il manque quand même d’assise. Pour un dessin s’inspirant du manga, je comprends cette volonté de mettre en avant le mouvement pour souligner l’action ; mais le reste manque de précision et donne au tout un petit côté flottant qui ne sert pas forcément le récit. Le second scénarisé par Run avec Chariospirale au dessin m’a encore moins convaincu. Ok, le trait a de la personnalité, j’aime ce qui sort du cadre et me faire surprendre, mais là, bof, vraiment pas accroché, d’autant que l’histoire en elle-même ne casse pas des briques et n’apporte pas grand-chose à la trame scénaristique qu’on suivait jusque-là. Le dernier volet enfin scénarisé par Céline Tran avec Maria Llovet au dessin reprend la trame scénaristique principale : Celyna veut retrouver celui qui l’a transformé en ce qu’elle est devenue. L’encrage est très épais et le trait minimaliste pour un rendu pourtant réaliste ; là, c’est l’ancrage et la colorisation qui ne sont pas ma tasse de thé. Autant en peinture je peux aimer la matière, là, le rendu est assez étrange et un brin grossier. Et si j’arrive parfois à passer par-dessus mes réticences question graphisme, il faut que le scénario soit raccord avec ce qu’on me propose et qu’il m’accroche vraiment. Là, on est loin de tout ça. Moi qui suis plutôt fan du genre et du concept, j’avoue que là c’est une réelle déception. Je vous renvoie plutôt au 1er tome de « Doggy Bags présente », « South Central Stories », qui lui tient toutes ses promesses.

07/04/2014 (MAJ le 02/10/2017) (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Ombre de l'aigle
L'Ombre de l'aigle

Mon coup de cœur de l’année ! De tous les récits traitant des batailles de Napoléon, celui-ci est pour ma part le plus surprenant car il relate une action que l’empereur lui-même n’aurait jamais pu imaginer. En effet, l'auteur espagnol s’attache à nous faire découvrir un fait historique méconnu : la tentative d’évasion d’un régiment ibérique en entier au nez et à la barbe de l’empereur. La construction narrative est exemplaire. Seul un natif, à mon sens, pouvait donner une telle intensité à ce récit où toute l’inimitié des Espagnols envers le nain corse sue à grosses gouttes. Cette BD est aussi un formidable témoignage sur le déroulement des batailles napoléoniennes vu de l’intérieur (et pas des élites). La marche sur Moscou en 1812 a beau être triomphale, il plane sur la retraite des troupes françaises comme un parfum de défaite. Cette BD éveille donc les sens et donne la pleine mesure de toute la démesure des desseins expansionnistes de Napoléon. Un must have.

29/09/2017 (modifier)
Couverture de la série Sales mioches !
Sales mioches !

Voici une série très sympathique que j'ai trouvée dans la partie jeunesse de ma médiathèque, mais qui peut plaire à un adulte, la preuve. Je l'ai trouvée très rafraîchissante et très agréable à lire, bien élaborée dans son environnement, par ses personnages typés et son décor lyonnais des années 60 avant la disparition des terrains vagues. Né à Lyon, Berlion a eu plus de facilités pour reproduire le décor des quartiers de sa ville natale, et dans l'approche des mentalités et de son folklore populaire. Ses 4 gones constituant la petite bande de chapardeurs et de galopins sont très attachants et forment une intéressante association avec le vieux brocanteur surnommé L'Elégant, philosophe et généreux, qui est aussi un peu receleur et qui achète le produit de leurs rapines. Pour une fois, Corbeyran ne dérape pas et tisse des histoires bien troussées, palpitantes et originales, toujours liées à quelques sombres affaires lyonnaises, où ses gosses des rues sont confrontés à des individus bien plus dangereux qu'eux. La narration est le plus souvent rapide et bien rythmée, j'aime ce style et j'aime ce côté nostalgique plein de tendresse donné à la série, sur un mode de vie et de fonctionnement révolus. On peut voir "Sales mioches" comme la version urbaine de la précédente série du duo d'auteurs, Le Cadet des Soupetard qui elle, se déroulait en milieu rural, mais je trouve "Sales mioches" plus réussie par son approche plus humaine, et mieux pensée, Corbeyran ayant su trouver des détails plus typés et une ambiance pleins de générosité, notamment les traboules (un truc typique de la ville) et le parler populaire lyonnais. Berlion dessine de belle façon sa ville de Lyon, avec justement ses traboules, et ses personnages ; je préfère nettement ce type de graphisme à celui qu'il adoptera plus tard sur Tony Corso et d'autres Bd que j'ai lues de lui comme Garrigue, où son dessin est plus approximatif, moins appliqué, c'est une chose qui m'étonnera toujours chez certains dessinateurs, un peu comme une régression, alors qu'en principe, lorsqu'un dessinateur débute, son dessin est plus fébrile et il s'améliore en suivant pour atteindre parfois des sommets, il suffit de voir Marini, Delaby ou même des anciens comme Franquin et Uderzo... Je n'ai lu que les 5 albums dessinés par Berlion, je ne pense pas lire les autres, mais c'est une bonne série divertissante à fond social.

25/09/2017 (modifier)
Par graveen
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kingdom Come
Kingdom Come

Je ne suis pas un gros fan de DC, mais je n'ai pas eu besoin de grand chose pour comprendre (même si certains détails n'ont trouvé leurs réponses que lorsque j'ai compris quels étaient les super-heros en action). Emprunté à la médiathèque locale, j'ai laissé trainé... Erreur ! Le dessin est fantastique, chaque case est travaillée. Le scénario est bien ficelé et comment dire.... fin. Voilà, fin c'est le mot. La narration 3eme personne "mais pas trop" permet de se place en observateur d'une histoire qui mèle comme souvent le paradoxe entre "ce qu'il faudrait faire, ce que je fais". J'ai personnellement plus pris mon pied sur cette histoire que sur Watchmen - un commentaire en parle - ce qui en fait une oeuvre majeure pour DC; et pour ma bibliothèque, très bientot.

24/09/2017 (modifier)
Couverture de la série La Règle du jeu
La Règle du jeu

Que dire encore sur ces reprises par Mosquito sur ces histoires de Serpieri que je n'ai pas dit dans mes autres avis sur les précédents albums ? Des histoires qui ne peuvent évidemment que me ravir, étant passionné de western et par le monde indien. Tout comme Serpieri et Derib qui restent des auteurs ayant consacré leurs Bd à ces peuples ; on sent que Serpieri les aime. 2 récits seulement ici, donc plus étoffés, parus en Italie dans Lancio Story en 1978 et 80, mais que j'ai déjà lus car ils figurent dans d'autres albums publiés chez d'autres éditeurs. Le premier titré "Porter le coup" s'attache à une coutume indienne qui symbolise la bravoure d'un guerrier ; c'était très important un premier coup sur un ennemi, ça valorisait un jeune guerrier auprès de ses aînés, et ça se traduisait souvent selon les tribus par le langage des plumes. Ce récit est une histoire de vengeance au dénouement tragique entre tuniques bleues et Cheyennes, j'ai adoré. Le second qui donne son titre à l'album, est une histoire sur le Pony Express, avec une ironie du sort implacable et une chute qui vous cloue au sol. J'ai lu ce récit ailleurs il n'y a pas très longtemps, ça m'a énormément marqué par sa fin. Je reste émerveillé comme toujours par le visuel, le dessin de Serpieri est d'une force incroyable avec son crayonné magique à l'encrage épais, qui compose des images chargées et foisonnantes où il excelle dans les gros plans de visages burinés. Comme chez Derib, on sent une vraie passion pour le monde indien chez Serpieri, bref, c'est vraiment splendide !

23/09/2017 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Extases
Extases

« Extases » c’est d’abord l’album de la liberté, de la liberté sexuelle telle que l’a vécue Jean-Louis Tripp à l’heure où le SIDA ne sévissait pas. Mais c’est aussi celui de l’amour joyeux, fou voire gai (sans jeux de mots, bien que sur certaines pages….vous verrez). Est-ce du courage, de la folie ou un défi, en tout cas, Jean-Louis Tripp se met littéralement à nu dans cette nouvelle série (qui comprendra 3 ou 4 albums) qui retrace sa vie sexuelle depuis son enfance ou adolescence. Quelle vie sexuelle, mon dieu ! Il se livre sans tabou. De la découverte de l’onanisme à la partouze (mais qu’est-ce qu’il lui reste donc à découvrir pour les prochains volumes ?), tout y passe, y compris le candaulisme, l’amour libre, l’échangisme, l’expérience homosexuelle…. Mais ce premier opus est aussi drôle (ah ! le sympathique satyre bien membré est assez réussi !) et Jean-Louis Tripp nous livre des dessins exagérés de pénis et autres organes, qui ne donnent pas à cet album une connotation pornographique (on est assez loin du genre bd dite pour adultes), mais au contraire apporte un côté assez pédagogique sur les questions sexuelles. Comme beaucoup, j’avais découvert Jean-Louis Tripp avec la série « Magasin général », qui rétrospectivement, avec le personnage Marie, brise aussi les tabous de l’époque. Je trouve évidemment que son dessin est très proche de celui de cette série, à tel point que je me demande quel était l’apport de Loisel comme dessinateur. La narration est fluide, même si parfois elle ne suit pas toujours la chronologie, et le fait de passer de la description narrative à la confession (avec le passage au « je » au bout de quelques pages) donne un côté encore plus fort au récit. C’est certainement l’album de la rentrée.

22/09/2017 (modifier)
Couverture de la série Betty Boob
Betty Boob

Virevoltant, étonnant, amusant, touchant, séduisant, généreux, audacieux, talentueux, original. Je ne sais quel superlatif utiliser pour qualifier cet album tant tous ceux qui précèdent peuvent lui convenir sans totalement le cerner. Différent ? Oui, clairement ! Car les auteures partent d’un thème que l’on imaginerait bien plus vite traité à la manière d’un roman graphique réaliste avec des larmes, des vérités, des phylactères grands comme le monde et remplis des réflexions des acteurs, des petites notes scientifiques… mais le traitent à la manière d’un film muet de la belle époque, burlesque, sur-joué bien comme il faut, tendre et drôle à la fois. Et ça marche incroyablement bien ! Pourquoi ? Tout d’abord pour une question de rythme. Comme je disais, cet album est virevoltant et le dessin de Julie Rocheleau explose de dynamisme et d’émotion. Ce trait, graphique et séduisant, envoûte le regard du lecteur. A titre personnel, j’ai été happé, hypnotisé, fasciné. Mais cette fascination n’aurait été que temporaire si le récit en lui-même n’avait tenu la route. Et là encore le découpage est excellent. L’exercice délicat de la narration muette est parfaitement maîtrisé. Le message passe, les sentiments se partagent, les scènes burlesques gardent une rare élégance. Oui, mais le fond ? Me direz-vous. Ce récit nous parle du cancer du sein et de son impact sur l’image de la femme. Comment il est ressenti, accepté dans notre société, tellement basée sur le paraître. Un sujet sérieux s’il en est. Et très bien traité dans cette comédie burlesque, en fait. Cette approche différente, inattendue, dédramatise le sujet mais force le lecteur à réfléchir sur son propre regard, sa propre vision de la féminité et son acceptation de la différence. Donc voilà ! Cet album n’a l’air de rien, là, comme ça, et le lecteur distrait pourrait même croire qu’il s’agit d’une biographie imaginaire de Betty Boop. Il passerait alors à côté d’une petite perle burlesque et touchante, intelligente et vive, drôle et belle. Bon ! J’arrête là avec mes superlatifs. Lisez-le et puis c’est tout. On en reparlera après si vous voulez.

14/09/2017 (modifier)
Par jujub
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Nouvelles Aventures de Lapinot
Les Nouvelles Aventures de Lapinot

Et revoilà Lapinot. Trondheim fait dans la continuité, avec un album cartonné couleur au format classique (nouveauté pour la maison d'édition "L'Association"). J'ai beaucoup aimé cet album, qui, comme les autres Lapinot, contient son lot de petites réflexions sur la vie. Concernant l'intrigue, je la trouve plutôt davantage travaillée que dans les albums précédents. De plus, Trondheim fait passer quelques messages politiques, sur le journalisme, les réseaux sociaux, dont il ne me semblait pas être coutumier dans les albums précédents. Côté dessin, on retrouve le trait de Trondheim, avec des décors plus détaillés qu'avant. Bref, du tout bon.

13/09/2017 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sunstone
Sunstone

Maintenant que cette série est finie et que les cinq tomes sont relus, je peux le dire : c'est probablement la meilleure BD que j'ai lue cette année. Et c'est pas peu de le dire. Nom de nom, ça fait longtemps que j'avais pas lu une BD comme celle-là ! Et c'est pas rien de le dire. Je m'attendais à une série vaguement érotique/pornographique dans un univers BDSM, j'en ai pris plein les mirettes. Dans le genre couverture racoleuse pour intérieur encore meilleur, on fait pas mieux ! Déjà, c'est un récit érotique, certes, mais largement plus versé dans l'histoire que dans des scènes de nu (qui sont quand même bien fréquentes, rassurez-vous petit(e)s libidineu(se)s). D'ailleurs on est bel et bien sur de l'érotisme, tout le reste n'est que suggéré, mais avec de l'imagination, on va sans doute plus loin que ce que l'auteur aurait voulu en faire. L'auteur m'aura surpris sur à peu près tout : le dessin, qui varie pas mal selon les scènes et donne de très belles planches ou des strips efficaces, le tout très coloré, agréable à l’œil; mais également des explications très intéressantes sur le BDSM, pratique que je connaissais à peine et mal. Le tout est cadré dans un scénario aux relations humaines très bien développées, aux retournements bienvenus, et aux personnages extrêmement bien campés. Et, en prime, un humour qui m'aura fait couler plusieurs larmes, tant je me suis étranglé de rire sur certaines situations. Bref, tout est là pour notre plaisir, et j'en suis ravi. J'ai adoré les incartades de l'auteur dans l'ensemble de la BD, qui utilise plusieurs fois tout le potentiel d'une BD en pagination, en utilisation (parfois géniale) des bulles, des encarts de textes et des strips au milieu du reste. Les albums sont enrichis également de petites notes sur la genèse de la BD, aussi intéressantes que le reste. On en ressort avec un sentiment de chaleur humaine très bienvenu, et ça ne laisse pas indifférent. Pas que sur le plan érotique, s'entend. Ce qui me fait tellement apprécier cette BD, outre que c'est exactement le genre de romance que j'affectionne tout particulièrement, c'est que l'auteur arrive à nous développer quelques chose de pointu et de très intéressant sur le BDSM. Le développement est très fin sur les relations humaines, ce qui fait un être humain, nos envies et nos fantasmes, tout en exposant une vision de la vie parfois à l'encontre de la morale bienpensante. Le BDSM est une pratique un peu marginale et pas très bien considérée, mais cela peut concerner n'importe quel genre d'activités que vous affectionnez. Du jeu de rôle à la collection de BD, n'importe quelle personne peut se retrouver dans cette idée de plaisir qui ne colle pas aux normes. Et c'est là la force de ce propos, qui dépasse la simple idée d'une sexualité pour déborder sur une réflexion humaine. Bien sûr, je suis conscient de certains défauts de la BD : abondance de personnages féminins aux proportions généreuses (c'est le genre qui veut ça, on va dire ...), tendance à un "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", des rencontres qui se transforment en amitiés en deux jours ... Oui, le scénario se laisse aller plusieurs fois à des facilités qui auraient pu être évitables, mais je ne boude pas mon plaisir pour autant. L'auteur se paye même le luxe de détourner certaines de ces facilités dans le récit, en les transformant en gags. Les quatre premiers tomes m'avaient pris aux tripes, mais le cinquième m'a laissé rêveur. Déjà par l'idée d'une suite, mais aussi par l'approfondissement qu'il confère aux personnages. C'est finalement une romance, une simple romance, traitée sous un jour pas très courant. Et ça fait plaisir à voir. Alors pourquoi cinq étoiles ? Parce que finalement... tout me plait : le dessin, les personnages, l'histoire, l'humour, le propos, la morale, même l'histoire de la création de cette BD est une belle histoire ! J'ai versé des larmes (de rire et parce que je reste un grand sensible) et j'ai gardé pendant un long moment un grand sourire sur ma face après cette lecture. J'en fais peut-être trop, sans doute d'ailleurs, mais en terme de coup de cœur, je crois qu'on est sur celui de l'année. Je ne peux que recommander la lecture, que j'ai appréciée et que j'espère que vous apprécierez tout autant. C'est toujours pareil : quand je trouve une histoire d'amour bien faite ... je tombe amoureux !

27/07/2017 (MAJ le 13/09/2017) (modifier)