Pyongyang

Note: 3.88/5
(3.88/5 pour 32 avis)

Après "Shenzhen", Guy Delisle nous entraîne sur les traces de ses trois mois passés en Corée du Nord.


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Pyongyang, en Corée du Nord est le lieu où est envoyé Guy Delisle pour contrôler les animations de dessins animés produits par les animateurs locaux. Il arrive donc avec sa valise dans l'un des pays les plus contrôlés du monde, et se pose à l'hôtel pour 3 mois d'une vie complètement nouvelle pour lui.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 2002
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Pyongyang
Les notes (32)
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30/06/2003 | JBT900
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’avais déjà bien aimé le précédent opus du même genre de Delisle, Shenzhen, et j’ai trouvé « Pyongyang » peut-être encore meilleur – je lui attribue en tout cas quatre étoiles avec moins d’hésitation. C’est que l’univers de la Corée du Sud est encore plus sclérosée et ubuesque que celui de la zone franche chinoise. Et que le potentiel de décalage, d’humour est clairement plus important. Toujours est-il que Delisle a très bien exploité ce potentiel, pour faire de ce « carnet » de voyage – fut-il de travail, une vraie réussite. Par petites touches, il découvre une toute petite partie de ce monde improbable – même s’il n’a évidemment pas accès aux campagnes et même au commun des citadins, en grande partie confiné qu’il est dans des ghettos pour « occidentaux capitalistes pro-américains ». Et, au milieu de tout ça, une bonne dose d’humour, de dérision, voire d’autodérision, qui fluidifie la lecture – comme peut le faire le dessin, toujours aussi simple et efficace (mais que je trouve plus accrocheur que pour Shenzhen, car meilleur et plus clair). C’est clairement plus réussi et inspiré que La Faute : Une vie en Corée du Nord, pour prendre un album sur le même sujet (même si les auteurs y étaient restés moins longtemps). Voilà en tout cas un album fortement recommandable !

15/10/2016 (modifier)
Par Puma
Note: 1/5

Mêmes ressorts, et mêmes commentaires que pour la BD Persopolis de Satrapi dans mon post juste ci-avant. Et j'ai dû m'y reprendre à trois fois pour terminer cette lecture tout de même assez nombriliste, autosuffisante, et par trop longuette. La profonde indigence du graphisme me pousse à dire que l’on n’est plus vraiment dans ce qu’il convient d’être appelé « la bande dessinée », mais tout au plus dans un livre (très mal) imagé. Le dessin s'apparente davantage aux caricatures de presse (et encore...). Un point positif néanmoins : le récit imagé fait prendre conscience à ceux qui le lisent de ce qui se passe, où s'est passé, quelque part dans le monde. Alors, tant mieux pour l'éditeur et son auteur s’ils rencontrent un public avide de biographies en dessins de presse ! Ils ont raison de surfer sur la vague tant qu'elle existe ... Pour ma part, une seule fois me suffira.

02/05/2016 (modifier)
Par bab
Note: 4/5
L'avatar du posteur bab

Du Guy Delisle pur souche. Niveau dessin, c’est sobre, mais efficace et surtout juste dans la représentation que ce soit architectural ou dans une ambiance. Je trouve pour ma part, son trait assez frais et plein d’une certaine forme d’humour qui vient parfaitement en contrepoint de situations qui peuvent être un peu compliquées ou lourdes. Niveau scénario, Delisle déroule un peu comme à son habitude ses pérégrinations dans une Corée du Nord à l’ouverture toute relative. Je trouve la vision du monde vue par la lorgnette Nord coréenne offerte par Guy Delisle juste, objective et rare car peu nombreuses sont les occasions d’avoir une vision du quotidien des habitants de Pyongyang. Un bouquin que j’ai trouvé bien intéressant, habile et instructif.

06/03/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5

Comment ? Je n'ai pas avisé "Pyongyang" ? Alors que je l'ai lu (pas qu'une fois), et je trouve que c'est une grande œuvre (comme d'autres travaux de Delisle que sont Shenzhen et Chroniques Birmanes) qui mine de rien contribue à me faire aimer, d'avantage encore, le support de la BD. "Pyongyang" c'est un graphisme simple, le plus lisible possible, faisant dans le stylisé et dans le simple mais qui permet à la narration de laisser s'exprimer un superbe récit. En effet, "Pyongyang" c'est aussi le témoignage de l'occidental capitaliste ayant la chance (?) que peu peuvent se permettre d'avoir, de se glisser dans un pays, totalitaire, ultra-fermé et communiste (un super lieu de vacance en somme), où les habitants vivent un enfer, embrigadés dans un régime atroce, travaillant pour 7 jours sur 7 et qui leur laisse peu de chance pour leur avenir. Delisle brosse un portrait de ce pays derrière un regard à la fois consterné et amusé. Malgré le sujet qui aurait pu être ultra plombant, l'histoire est finalement assez légère, l'auteur pointant du doigt les incongruités (pour un occidental) d'un pays et lance quelques brides de réflexion plus profonde sans aller trop loin : le bouquin est donc assez universel car même sans bagage politique ; la lecture est assez facile et aisée. Drôle, ultra passionnant et instructif mais en ne laissant pas de côté la réflexion, voici une autre œuvre de Delisle marquante dans sa carrière.

05/03/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

J'avais beaucoup aimé les Chroniques Birmanes, qui malgré quelques défauts (à mes yeux) révélaient une critique fine et intelligente de la junte du Myanmar. C'est avec grand appétit que je me suis plongé dans cette chronique nord coréenne. On retrouve le trait simpliste de l'auteur mais pour autant très efficace car il ne prend pas le dessus sur le propos, il le souligne avec malice et à propos. La grande différence avec l'opus que j'ai découvert avant, réside dans l'humour mieux manié encore (était-ce possible). Comme je l'avais souligné, cette patte québécoise dans le traitement humoristique de faits dramatiques est exceptionnelle. Le rapprochement 1984/Corée du Nord, tout est dit dans cette approche. On retrouve avec joie également cette relation à l'autre, tantôt absurde, tantôt égoïste qui faisait le sel des Chroniques. Et cette fois, je pense que le background est plus causant pour les occidentaux et nettement plus présent. Du coup, c'est en tout cas mon ressenti, on est peut-être plus conscient du despotisme ambiant. Décidément, Delisle est un auteur que je prends plaisir à découvrir et dont l'œuvre prendra une grande place dans ma biblio personnelle.

24/11/2012 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
L'avatar du posteur herve

Après Chroniques de Jérusalem ; Chroniques Birmanes , je continue ma lecture des pérégrinations de Guy Delisle avec Pyongyang , petit chef d'oeuvre d'humour et d'esprit subversif. La lecture de cette chronique est à la fois drôle (ah! les pages dédiées à "chercher l'erreur !" à l'ascenceur, au guide, aux "volontaires"...), inquiétante (avec l'omniprésence militaire), voire paranoïaque (avec l'omniscience de Kim Il Sung et de son rejeton de dictateur dans la société coréenne.), le tout avec le fil rouge constitué par la lecture du roman "1984", qui m'a fait hurler de rire. Malgré un dessin très simpliste, Guy Delisle arrive à nous communiquer l'oppression du régime militaire , et surtout l'absurdité de ce régime. Pourtant antérieur aux Chroniques Birmanes, j'ai trouvé cet opus beaucoup plus percutant, et incisif. Rarement un carnet de voyage m'avait autant diverti et surtout instruit sur un pays qui, je l'avoue, ne m'attire vraiment pas, et surtout que je ne connaissais guère. Avec Chroniques de Jérusalem, que j'ai relu trois fois, Pyongyang constitue pour moi un des meilleurs livres de Guy Delisle, voire le meilleur, car il est complétement deconnecté des préoccupations familiales qui seront les siennes dans ses prochains livres. A lire absolument

11/10/2012 (modifier)

Un autre carnet de voyage de Delisle, toujours aussi agréable à lire...L'auteur parait tout aussi sympathique. Toutefois, j'ai été moins surpris qu'à la lecture de Chroniques de Jérusalem. Disons que je savais vraiment pas sur quoi j'allais tomber avec le voyage en Israël, alors que dans cet opus, je savais plus ou moins à quoi m'attendre: un pays deconnecté du reste du monde, à la mentalité complètement bornée, étroit d'esprit au possible, vivant sur les vestiges des postulats communistes Staliniens. Cependant, j'ai trouvé que Pyongyang était aussi un brin plus drôle. J'ai notamment bien ri lors du passage qui raconte le fait qu'un coréen s'obstine à discuter avec Guy Delisle alors que les deux hommes ne se comprennent pas. Du coup, notre héros-narrateur lui sort volontairement, d'un air agacé, des répliques d'une conversation insignifiante typique. C'était tordant ! Je vous recommande la lecture et l'achat de cet ouvrage, qui n'en finira pas de vous étonner sur l'incommensurable bêtise humaine, puit sans fond de l'inspiration des humoristes. (160)

08/09/2012 (modifier)

Dans ce style de BD, récit autobiographique avec une plongée dans une culture méconnue, je n'y trouve aucun défaut même après une relecture quelques années plus tard. C'est toujours aussi drôle, très instructif et... réel ! Après la lecture du bouquin, tu te demandes comment les nord-coréens ont pu en arriver là. Cela me laisse perplexe. Le dessin qui est très simpliste n'en demeure pas moins très expressif et lisible. Les lieux et les personnages se reconnaissent sans difficulté. En tout cas, moi j'ai craqué, j'ai fini par l'acheter.

04/06/2012 (modifier)
Par raistlin
Note: 4/5

Voilà un récit singulier et terriblement intéressant : le récit quotidien de son passage en Corée du Nord par un dessinateur envoyé là bas pour un boulot... Ce qui m'a plu dans ce livre, c'est que l'auteur a su se mettre à la portée de tout lecteur peu informé de ce qu'est la Corée du Nord (c'est mon cas) : il y explique certaines choses, et son discours reste relativement neutre, plus de l'ordre du récit que du manifeste. Et je trouve que c'est parfait du coup car ce qu'il y vit est suffisamment parlant. C'est drôle, grâce aux décalages ressentis, mais c'est aussi sidérant et captivant. Je n'imaginais pas ce pays ainsi, et pour moi, cette BD a été une petite claque. Une BD qui vous fait sourire et qui vous instruit, c'est plutôt sympa non ? Le dessin colle très bien à ce type de récit, rien à dire, le gris employé renforçant la sensation apportée par la lecture. Bref, à tout dire, au début, je pensais m'ennuyer ferme vu le sujet (et le titre!!!), mais ça n'a pas été le cas du tout. Un ou deux passages sont peut-être un peu longuets et creux, mais globalement et vu la longueur du récit, c'est juste une incroyable découverte parfaitement écrite et racontée... Merci à l'auteur !!!

03/06/2012 (modifier)

Les carnets de voyage restent un style particulièrement subjectif. Et quand Guy Delisle raconte ses voyages, j’accroche. Le ton me parle, le graphisme fait mouche alors que de prime abord je ne vois rien qui serait particulièrement brillant. Dans cet opus voici notre voyageur embarqué pour l’un des coins les plus fermés de notre planète, un de ces endroits que quelques rares personnages pourront visiter. Enfin visiter, entendons nous… Ce témoignage magnifique trouve un ton particulièrement pertinent. Pas question d’écrire un manifeste, notre auteur va raconter ce qui lui arrive sans fioritures. J’avoue un plaisir certain dans le prêt de 1984 au guide pour perfectionner son Français ! Cela et toutes les autres anecdotes décrites sur un ton libre fournissent au récit un intérêt à mi chemin entre l’humour et le reportage. Pour le contenu lisez le cela ne pourra que vous faire du bien ! Le graphisme épuré de l’auteur m’a toujours fasciné, de prime abord il parait simpliste et brouillon mais la fluidité du récit et la pertinence du propos rendent cette apparente simplicité suspecte ! Et une seconde lecture permet de voir un talent certain pour la mise en situation, la simplification et la transmission d’un concept. Ce récit fournit un livre de chevet fortement agréable pendant la lecture, tout comme la relecture. Voici pourquoi je conseille l’achat au contraire des autres albums parus de l’auteur : parce que son subtil mélange de reporter neutre et d’humour trouve un très bel équilibre dans cet opus.

11/05/2012 (modifier)