Chroniques Birmanes

Note: 3.17/5
(3.17/5 pour 23 avis)

Guy Delisle a suivi sa compagne durant 14 mois en Birmanie alors qu'elle y collaborait avec Médecins sans Frontières. Il raconte son expérience du pays, comment il a fini par apprivoiser son environnement, et petit à petit, comment il a découvert la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, soutenue elle-même par de puissants groupes industriels.


Auteurs Canadiens Autobiographie Carnets de voyages Documentaires Indochine Les prix lecteurs BDTheque 2007

Guy Delisle a suivi sa compagne durant 14 mois en Birmanie alors qu'elle y collaborait avec Médecins sans Frontières. Il raconte son expérience du pays, comment il a fini par apprivoiser son environnement, et petit à petit, comment il a découvert la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, soutenue elle-même par de puissants groupes industriels. .

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Octobre 2007
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Chroniques Birmanes
Les notes (23)
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22/10/2007 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Guy Delisle continue de visiter les dictatures est-asiatiques, cette fois-ci plus au sud que ce qu’il nous montrait dans ses précédentes chroniques, chinoises et nord-coréennes. Si l’on y retrouve le même dessin simple, mais efficace – et en tout cas fluidifiant la lecture, et le même attachement pointilliste aux détails qui font sens, la construction et l’ensemble sont quelque peu différents de Shenzhen et Pyongyang. D’abord, même si l’on sent bien ici aussi le manque ou l’absence de libertés pour la population locale, c’est peut-être un tout petit peu moins marqué. C’est que là Delisle est resté environ un an, donc plus longtemps, et qu’il a un peu plus « voyagé » dans le pays. C’est aussi que l’album est coupé en une suite de plus ou moins longues « rubriques » thématiques, plus proches de notes que d’une chronique à proprement parler. Cela rend parfois le contenu plus décousu. Quelques passages sont un peu « en dessous » (certains avec son gamin, qui ressemblent à sa série Le Guide du Mauvais Père). Mais j’ai quand même bien aimé cet album, dans lequel Delisle a encore glissé un humour fin et discret, tout en n’oubliant pas de montrer sa curiosité et son esprit critique y compris envers les ONG (il est en Birmanie pour accompagner sa femme responsable de MSF). Si j’ai trouvé cet album un chouia moins bon que Pyongyang (mon préféré de Delisle à ce jour), cela reste vraiment intéressant et je ne saurais que vous recommander de vous plonger dans ses autres albums de « chroniques » (chez l’Association ou chez Delcourt). Note réelle 3,5/5.

18/10/2016 (modifier)

(3,5/5) Toujours très agréable à lire, ces carnets de voyage de Guy Delisle. Je place cet opus sur la 3e marche du podium, derrière Chroniques de Jérusalem et Pyongyang, mais devant Shenzhen. Son fameux trait épuré est toujours au rendez-vous. Il permet une lecture rapide, agréable, fluide, non-ennuyeuse. Les mimiques des personnages sont volontiers comiques. La structure du récit est un peu différente que dans les autres chroniques, puisqu'ici l'histoire est découpée en différentes séquences qui racontent chacune une anecdote particulière. Ma principale critique consiste au fait que ces anecdotes sont de saveur variable: on voit du drôle, de l'étonnant, du choquant, mais aussi parfois de la platitude...Heureusement rarement. Comme toujours, on apprend énormément de choses sur ces microcosmes que représentent ces dictatures fermées au monde, c'est un pur régal. Ca donne une fois de plus envie d'en savoir plus sur le pays visité par notre célèbre dessinateur Canadien et Français d'adoption. Les fans de Delisle comme moi, y trouveront leur compte, c'est certain. (279)

07/02/2014 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
L'avatar du posteur herve

Longtemps, je suis passé à côté des livres de Guy Delisle. Il a fallu l’éclairage du festival d’Angoulême pour que cet auteur me soit révélé. Avec ses Chroniques de Jérusalem, j’ai reçu une véritable claque, et encore le mot est faible. Véritable huron du monde moderne, Guy Delisle nous offre une vision assez juste des pays qu’il traverse. Avec "Chroniques Birmanes", antérieures à son périple palestinien (ou Israélien, cela dépend de quel côté du mur on se situe), Guy Delisle nous présente des épisodes de sa vie asiatique. Certes, chaque chapitre est assez, voire trop court, mais c’est très pertinent voire abracadabrantesque, comme le disait Rimbaud ou Chirac, je ne sais plus, comme ce déménagement soudain de la capitale. Ce périple, c’est un mélange de Mister Bean et d’Ubu ou encore cela relève d’un monde à la Kafka. Même si le dessin de Delisle est assez simpliste, il suffit à relater l’univers de MSF, ses difficultés d’actions sur le terrain, ses contradictions, mais son dessin souligne surtout, l’absurdité d’un régime militaire. Malgré les 260 pages de l’album, cela se lit d’une traite. J’ai même eu un pincement au cœur à la fin, en quittant les personnages attachants de cet opus. Certes, cet album est un cran en dessous des incontournables Chroniques de Jérusalem mais il se lit avec plaisir. Instructif, drôle, et émouvant vers la fin, je recommande la lecture de cet opus……à tel point que j’entame avec impatience Pyongyang du même auteur, ouvrage qui parait-il reste son meilleur. A suivre donc…

01/10/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 3/5

Voila une oeuvre assez difficile à noter, parce qu'elle oscille entre le 2* et le 4* sans arrêt. Je n'avais jamais lu Delisle et ses précédentes oeuvres sur ses séjours en Asie. En démarrant ma lecture, je m'attendais à une critique bien plus acerbe, ou du moins bien plus visible du régime en place en Birmanie. Et cela démarre pour le moins lentement. Les premiers mini chapitres sont exclusivement tournés vers la vie quotidienne du couple et pour le coup, Guy Delisle est à 1000 lieues de ce que l'on attend. C'est à la fois déroutant, petitement dérangeant (alors qu'on attend cette levée de boucliers) mais à bien y réfléchir très humain, ou comment on donne préférence à la sécurité des siens. Et puis, progressivement, la charge se fait de plus en plus forte. La force de l'oeuvre vient principalement parce que la critique se fait de l'intérieur, par le regard d'un habitant (même si temporaire) et par la vie quotidienne des locaux rencontrés ça et là. Delisle arrive à faire véhiculer la critique de la junte par des petits riens plutôt qu'en enfonçant des portes ouvertes, fussent elles spectaculaires. C'est ce décalage qui est vraiment déroutant mais qui finalement, permet d'aller plus loin dans la découverte de cette dictature et de ses exactions, ainsi que des conséquences qu'elles ont au quotidien. Et puis l'auteur n'hésite pas à égratigner le petit monde des ONG, des occidentaux, parfois en croisade "du bien". De l'incohérence de certaines décisions etc.... C'est bourré d'un humour très fin et on reconnait bien là la patte québecoise. Le principal défaut de l'oeuvre c'est que c'est long, très inégal et certaines pages n'apportent que trop peu. A la relecture, on sent qu'il s'agit plus pour l'auteur de "s'autocritiquer" pour donner un équilibre mais globalement cela nuit à la lecture parce qu'on doit se forcer à aller plus loin. Reste le dessin, plutôt simplifié mais terriblement efficace. Une belle oeuvre, trop inégale malheureusement et dont on ne mesure réellement les intérêts "géopolitiques" qu'au fil de l'eau et il faut donc s'accrocher à cette lecture. Mais on apprend des trucs et donc l'intérêt est là.

17/07/2012 (modifier)
Par Jérem
Note: 2/5

Je suis allé au bout de l'album mais que ce fut dur... Ce genre de BD n'est malheureusement pas fait pour moi. Les chroniques de la vie quotidienne de cet expatrié m’ont très vite ennuyé. L’auteur parle trop de lui et de son petit train-train quotidien et pas assez d’un pays peu connu en Occident (histoire, politique, économie, traditions, etc…). De plus, les dessins sont vraiment moches et simplistes, ce qui ne permet pas de se rendre compte de l’environnement birman. Cependant, ce témoignage a une vraie valeur documentaire et conviendra aux lecteurs intéressés par la Birmanie.

08/12/2011 (modifier)
Par Tomeke
Note: 1/5

Pfff ! C’est bien de lire un peu de tout, comme cela je me rends compte qu’il y a des albums qui ne sont vraiment pas faits pour moi. Je dois dire qu’étant dans cette phase découverte, il y a pas mal de trucs, bien que présentant des qualités certaines, qui ne m’accrochent pas le moins du monde. Et c’est le cas avec cet album. Alors oui, il m’en apprend un peu plus sur les conditions de vie au Myanmar (du moins pendant les 40 premières pages parce qu’après j’ai lâché prise) mais je ne me suis jamais senti intéressé ou pris par le récit. Exposer un an de vie d’un occidental auprès des Birmans, pourquoi pas ? Mais pas comme ça ! J’aime me divertir en lisant et cela peut prendre énormément de formes. Ici, je ne me suis pas diverti, je n’ai été touché par rien du tout et j’ai fermé l’album dans l’indifférence la plus complète. Je passe à autre chose…

20/11/2011 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Ce récit collecte un ensemble d’impressions, de réflexions de Guy Delisle lors de son long séjour en Birmanie. J’ai retrouvé ce sens de l’observation, ce goût du détail absurde qui est, à mes yeux, le principal point fort de l’auteur. Par contre, cette juxtaposition de courts chapitres donne à l’ensemble un aspect décousu. Voyons le positif : c’est très facile d’interrompre sa lecture. Contrairement à Shenzhen et Pyongyang qui me collaient aux doigts, j’ai pu étaler ma lecture sur deux, trois jours de vacances sans éprouver d’état de manque lorsqu’il me fallait délaisser l’album. Mais ça me l’a rendu aussi plus monotone, plus répétitif et non dénué de certaines longueurs inutiles. En clair, c’est toujours plaisant à lire mais moins passionnant, tout de même. Au niveau du dessin, Guy Delisle va à l’essentiel mais parvient à rendre ses personnages expressifs. Son découpage est très bon et donne un rythme de lecture équilibré (avec des arrêts sur image muets et très expressifs). Un très bon album, une fois de plus.

22/06/2011 (modifier)
Par cac
Note: 3/5

Guy Delisle auteur d'origine canadienne connu pour Pyongyang narrant ses aventures dans la très fermée Corée du Nord parle ici de son expérience d'un an en Birmanie. Il accompagne sa femme qui travaille pour Médecins Sans Frontières et évoque différentes anecdotes de sa vie locale. L'album fait environ 300 pages et permet d'apprendre des choses sur la situation politique et le régime de la junte du Myanmar mais surtout sur la vie quotidienne dans ce pays où la censure fait rage, l'internet est limité et surveillé, l'électricité capricieuse, la monnaie faible (qui permet de temps en temps certains passe droits :)), la température parfois insupportable car étouffante, les fêtes locales comme la fête de l'eau qui dure 4 jours. Il y parle aussi des différentes organisations humanitaires sur place et de ses visites d'hôpitaux, du club australien dont il devient membre et sa participation en tant que père au foyer s'occupant de son fils. C'est dans l'ensemble agréable à lire, parfois drôle sur quelques histoires mais on y fait la liste de tous les petits pépins de santé de l'auteur, ce dont on aurait pu aussi se passer. Le dessin est d'un style simple mais il est lisible et sert bien le sujet. Le tout fait un album agréable à lire pour qui s'intéresse un tant soit peu au sujet ou aux voyages dans des contrées différentes.

21/07/2010 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Comme toutes les BD « documentaires » de Guy Delisle, je trouve ce livre très bien écrit et très intéressant. Servi par un dessin simple mais efficace et compréhensible, l’auteur raconte sa vie pendant un an en Birmanie, une dictature (comme la plupart du temps dans ses livres). C’est très intéressant de le suivre dans ce pays à l’autre bout de la planète, tellement diffèrent du nôtre, tant au niveau des coutumes que du rythme de vie. Une BD très intéressante.

08/11/2009 (modifier)
Par Cévenol
Note: 2/5

Chroniques ordinaires, d’un homme ordinaire dans un pays moins ordinaire… Tel aurait pu être le titre de ce one-shot exposé fièrement au rayon coup de cœur de certaines « librairies militantes ». Influencé par cette étiquette j’entamai le récit avec une certaine curiosité… Le postulat de base est simple puisque l’auteur, Guy Delisle, nous raconte sa propre histoire, celle qu’il a vécu au cours d’un voyage en Birmanie. Il nous brode le portrait de ce pays vu par un occidental retrouvé là presque par hasard. Il y élève son petit Louis tandis que sa femme, Médecin Sans Frontière, mène une mission de quatorze mois auprès des populations locales. Une trame simple qui avait de quoi séduire. L’autobiographie est en effet une forme en vogue qui, dans certains cas, a de quoi fournir des scénarios surprenants à l’image d’un Persepolis passionnant du début à la fin ou d’un Gen d'Hiroshima qui marque les esprits et « prend aux tripes ». Oui mais voilà tout, le monde n’a pas eu la vie de Marjane Satrapi ou de Nakazawa, et tant mieux. Dans le cas présent Delisle nous offre sa vision très personnelle d’un pays totalitaire par de petits épisodes qui se succèdent sans suivre de véritable fil rouge. Et c’est là que le bât blesse… Me rapprochant d’un avis précédent, j’aime qu’une BD me force à rester éveillé en me disant le soir « ah non je ne peux pas dormir là, je ne peux pas lâcher l’histoire comme ça », au risque bien entendu de me donner l’allure d’un lapin myxomatosé quand arrive l’heure précoce d’aller travailler (mauditS réveilS). En ce sens la multitude de nouvelles qui composent l’ouvrage aurait à mes yeux trouvé un impact plus grand en sortant par épisodes décalés dans le temps. J’entends par exemple une histoire hebdomadaire insérée dans les pages BD de Télérama (bon d’accord… Télé Z). Il en ressort un manque de consistance dans le récit. Si certaines scènes quasi-ubuesques m’ont fait sourire et ont retenu mon attention sur la situation (imagée) d’un pays totalitaire dont on parle finalement peu, nombreuses sont celles à m’avoir traversé l’esprit sans plus d’impact sur ma mémoire. J’ai même par moments eu l’impression que Delisle nous donne un récit de voyage, certes moins ennuyeux que les diapositives de vacances de votre grand-tante, mais dont on a du mal à saisir l’intérêt. Dur de s’y plonger si on ne connaît ni l’auteur, ni MSF, ni la Birmanie. Vous l’aurez compris j’ai eu beaucoup de mal avec cette BD qui est pourtant loin d’être dénuée d’intérêt puisqu’elle a au moins le mérite de nous rappeler que la Birmanie existe (ce qui à proprement parler n’est pas totalement vrai…). En outre les saynettes prises individuellement peuvent séduire, certaines sont d’ailleurs assez drôles, notamment celles illustrant les vicissitudes de MSF. En revanche, l’ouvrage pris dans son ensemble peut paraître un peu long, voire répétitif : Birmans, MSF, famille, Birmans, MSF, famille, etc. Et comme les notes émises sont là pour donner notre avis personnel je ne mets qu’un tout petit 1/5 sans crier au scandale à la lecture d’avis plus élogieux auxquels je n’adhère pas mais que je respecte. Je regrette presque déjà cette note compte tenu de son impact sur la moyenne générale, allez je mets 2/5…

09/01/2009 (modifier)