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Chroniques de Jérusalem

Note: 3.82/5
(3.82/5 pour 11 avis)

Angoulême 2012 : Prix du Meilleur Album Guy Delisle et sa famille s'installent pour une année à Jérusalem. Mais pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4 000 ans. Au détour d'une ruelle, à la sortie d'un lieu saint, à la terrasse d'un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l'a jamais vu.


Angoulême : récapitulatif des séries primées Auteurs Canadiens Carnets de voyages Documentaires Le conflit palestinien One-shots, le best-of Proche et Moyen-Orient

Guy Delisle et sa famille s'installent pour une année à Jérusalem. Mais pas évident de se repérer dans cette ville aux multiples visages, animée par les passions et les conflits depuis près de 4 000 ans. Au détour d'une ruelle, à la sortie d'un lieu saint, à la terrasse d'un café, le dessinateur laisse éclater des questions fondamentales et nous fait découvrir un Jérusalem comme on ne l'a jamais vu.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Novembre 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Chroniques de Jérusalem
Les notes (11)
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24/10/2011 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

C’est la quatrième des « chroniques « de Delisle que je lis, et, une nouvelle fois, c’est avec un très grand plaisir. Ce « Jérusalem » est même un très bon cru, ma préférée avec le Pyongyang. On y retrouve ce qui fait la patte de Delisle, à savoir un don d’observation, de mise en avant de petits faits du quotidien, qui finissent par faire sens par leur accumulation, par ce qui finit par les lier. C’est donc par petites touches que nous approchons de cette réalité des territoires occupés – même si c’est centré sur Jérusalem. Avec l’air de ne pas y toucher, Delisle démontre l’absurdité des situations, mais aussi l’enfer quotidien vécu par les Palestiniens, dépossédés de leurs terres et de leurs droits. Comme pour ses Chroniques Birmanes, Delisle accompagne sa femme qui travaille pour MSF, et passe une longue période sur place, ce qui lui permet d’approfondir sa découverte du pays, et de développer certains running gags – même si l’humour est à la fois très présent et aussi en sourdine. Delisle produit là quelque chose de complémentaire des albums de Joe Sacco, mais, s’il est peut-être moins « militant », il n’en est pas moins efficace dans sa dénonciation d’un état de fait à la fois dénoncé par la « communauté internationale » (les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU restant hélas sans effet), mais aussi toléré par passivité ou lâcheté. C’est en tout cas un album hautement recommandable !

02/05/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un Delisle. j'ai lu bien entendu les fameuses Chroniques Birmanes, Pyongyang et Shenzhen en étant assez critique avec la légèreté de l'auteur. Les années ont passé et voici que j'aborde les chroniques de Jérusalem. Je constate une certaine maturité dans l'écriture. C'est plus dense et l'expérience vécue est très intéressante. Oui, il y a beaucoup de progrès. Bon, en même temps, je viens d'enchaîner avec Palestine de Joe Sacco qui traite plus ou moins du même sujet sur un mode beaucoup plus engagé. Cependant, Delisle est venu avec une naïveté et une candeur absolue sans aucun préjugé, ce qui rend son témoignage parfaitement crédible. En effet, il nous fait partager son expérience du quotidien après une année passée à Jérusalem Est. Pour rappel, Joe Sacco n'avait été qu'une seule semaine à Gaza. Et je dois bien avouer que la position des deux auteurs se rejoignent sur le fait qu'Israël est un Etat pas comme les autres qui opprime véritablement les populations palestiniennes. Les exemples sont nombreux mais cela commence par des petits détails qui montrent l'intolérance d'une partie de ce peuple. On pense bien sûr aux ultra et ou colons ou encore aux soldats. L'actualité du conflit israélo-palestinien est assez récente. L'humour sera moins présent car le sujet est grave. On en ressort totalement vidé avec une exaspération. L'évocation des massacres perpétrés par les arabes sont montés en épingle pour les faire passer pour l'incarnation du mal absolue et justifier une politique inique et injuste. Dans ces conditions, c'est difficile de construire un processus de paix. Bref, ces chroniques nous apportent un nouvel éclairage sur un autre mode que celui de Sacco mais tout aussi intéressant. On retiendra que la vie à Jérusalem est bien difficile.

26/02/2015 (modifier)
Par Cécilia
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Comme dans chacun de ses récits/reportages, Guy Delisle nous transporte et nous fait découvrir une région du monde, plutôt inaccessible autrement. Ses errances restent curieuses et instructives pour le lecteur. Il présente ses découvertes de manière assez objective, ne prenant pas vraiment part au conflit, mais en gardant un regard assez naïf sur les évènements. J'apprécie également la manière dont il assume ses défauts et ses vilains penchants (qui surgissent parfois... un peu comme pour chacun d'entre nous non ?). Son trait est à la fois simple et détaillé. Poétique et non surfait. Bref, un récit très instructif sur cet endroit et ce conflit qui ne sont pas simples. Je recommande vivement !

26/03/2014 (modifier)

J'ai passé un bon moment avec cette BD qui m'a littéralement fait voyager en Israël. Delisle apparait comme sympathique, ce qui facilite bien évidemment la lecture. Au début, je n'étais pourtant pas très enthousiaste, à l'instar de notre personnage, qui, en arrivant, découvre un pays pas spécialement accueillant... Mais une fois rentré dans le vif du sujet, je n'ai pas pu lâcher l'album. Ca m'a couté quelques réveils difficiles... Le trait est très sobre, les cases très lisibles et épurées, ça va direct à l'essentiel, et la lecture est donc très rapide: n'ayez pas peur de ce qui parait comme un "pavé" au premier abord. A travers l'expérience de Guy Delisle, j'ai l'impression de connaitre un peu mieux ce pays très compliqué. C'est un peu comme s'il m'avait fait une visite guidée. J'ai bien aimé certaines de ses remarques perspicaces, dont certaines ont confirmé mes griefs envers les religieux plus ou moins bornés. A titre d'exemple, j'ai trouvé amusant le fait que l'auteur soit décontenancé par le fait que l'on demande la profession de ses grands-parents pour avoir le droit d'aller à Gaza, et aussi sa remarque sur le fait que les arabes et les juifs ne peuvent pas jeter le pain, alors que les chrétiens, qui estiment que parfois il s'agit du corps du Christ, le jettent, eux. Enfin, on réalise encore le ridicule de certaines situations lorsque l'on voit tous les détours que les habitants doivent faire pour se rendre à quelques mètres de chez eux, à cause des hauts-murs. J'ai vraiment apprécié cette lecture, et j'ai presque eu un sentiment de tristesse en refermant l'album, comme si Delisle allait me manquer... En tout cas, ça m'a donné une énorme envie de découvrir ses autres carnets de coyage, comme Shenzhen, Chroniques Birmanes, ou Pyongyang. (153) Edit: Finalement, près de 2 mois après avoir posté mon avis, je mets la note maximale. Impossible pour moi d'oublier cet ouvrage.

12/08/2012 (MAJ le 20/10/2012) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage à plus d’un titre. Tout d’abord, la forme. Un pavé de 320 pages divisé en petites histoires courtes – qui sont plus des anecdotes en fait -, bénéficiant du style minimaliste impeccable de l’auteur. Le fond ensuite. Il était impossible de parler de Jérusalem sans évoquer la situation politique complexe et épineuse, à fortiori il fallait éviter de froisser les susceptibilités aiguisées par les religieux et le pouvoir politique. Delisle a su aborder la question de la manière la plus simple et la plus judicieuse qui soit. En se mettant dans la peau du candide – comme il l’a fait avec ses autres productions – et en racontant sa vie au quotidien, aussi bien à coup d’anecdotes personnelles que de témoignages d’habitants, avec toute l’objectivité possible du voyageur, mais aussi avec humilité, sensibilité et humour. Le résultat est plus que probant. D’un sujet grave et plombant, l’auteur a produit quelque chose d’équilibré voire ludique, recourant à l’humour lorsque le choc visuel était trop fort, lorsque l’impensable entrait en scène, devant ses yeux atterrés… à l’image de ce mur séparant une église chrétienne d’une congrégation de religieuses, qui devaient prendre la voiture pour se rendre à ladite église. Mais ce qu’on retient surtout, c’est l’omniprésence écrasante du Mur, qui tel une énorme cicatrice maléfique, divise des communautés qui ont beaucoup plus en commun qu’elles ne veulent l’admettre. C’est aussi cette obsession maladive des Israéliens extrémistes de conquérir chaque parcelle de territoire palestinien au mépris du droit international (un simple campement est considéré comme une colonie, et peut être relié au réseau électrique et à l’eau courante quelques jours après son installation), avec bien souvent les ultrareligieux en fer de lance – ces épouvantails à papillotes déments arc-boutés sur leur « mauvaise foi » - dont la priorité n’est certainement pas de prêcher l’amour, mais bien plutôt de pratiquer l’épuration ethnique vis-à-vis des Palestiniens. La lecture de cet ouvrage, bien qu’enrichissante, n’incite guère à l’optimisme, et on voit mal comment l’issue pourrait être positive, d’autant que la situation n’a cessé de s’aggraver au fil des ans. Vers la fin, l’auteur demande à un haut diplomate chargé de faire avancer le processus de paix entre Israël et la Palestine : « Vous passez par des phases optimistes de temps en temps, ou c’est plutôt pessimiste la plupart du temps ? » Et le diplomate de répondre sans détour : « C’est plutôt pessimiste la plupart du temps… » La BD se termine sur cette image extrêmement forte, incroyable, d’un Israélien trônant fièrement sur le toit d’une maison dont il vient d’éjecter, à l’aide d’une milice privée, leurs occupants palestiniens, et clamant avec arrogance : « It’s my house, now ! ». Circulez, y a rien à voir. Delisle nous rappelle, en dépeignant la communauté juive des Orthodoxes et des ultras, que la folie peut être collective. Et on a toujours du mal à croire que ces gens-là, qui ont certainement des aïeuls ou des grands-parents ayant subi la barbarie nazie, puissent se transformer à leur tour en bourreaux d’un peuple. A croire que décidément, l’Homme n’apprend rien du passé.

29/07/2012 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur herve

Sans le coup de projecteur du festival d'Angoulème, je serais sans nul doute passé à côté de ce pavé. C'est le premier livre de Guy Delisle que je découvre, et malgré ses 335 pages, je l'ai dévoré dans la journée. Ce carnet de voyage est vraiment époustouflant. Je ne m'y suis pas ennuyé une seule seconde. Ouvrage très instructif, drôle et avec des réflexions pertinentes. Delisle nous relate avec ce côté "huron" à la Voltaire ces choses que nous connaissons tous à travers les reportages télé : les check points, l'intifada, les juifs orthodoxes, les juifs non orthodoxes et surtout ce mur, très présent dans cet ouvrage, à un point que je n'imaginais pas. Le tout sur un fond assez décalé, celui de la situation d'homme au foyer de dessinateur. Ayant été dans cette position pendant longtemps, je me suis reconnu dans certaines situations. Bref, un livre que j'ai adoré.

18/05/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

C'est toujours un plaisir pour moi de lire un carnet de voyage de Delisle ! Ça commence doucement et après une vingtaine de pages je suis complètement embarqué dans le récit. L'auteur a le don pour rendre ses voyages passionnants. J'ai beaucoup appris durant ma lecture, notamment les différentes mentalités que l'on retrouve à Jérusalem. C'est pas une ville où j'aimerais habiter ! Il y a trop de religieux emmerdeurs à mon goût ! Ce que j'aime surtout c'est que l'auteur ne prend jamais position. On voit par ses réactions ce qu'il doit sûrement penser, mais il ne fait jamais de discours moralisateur. Il ne fait que montrer ce qu'il voit et c'est une démarche que j'ai appréciée tant le sujet Israël-Palestine est controversé et qu'il est facile de tomber dans la caricature.

15/05/2012 (modifier)

L’exercice de carnet de voyage se révèle souvent a posteriori d’une grande utilité. Combien de chercheurs épluchent encore de nos jours les carnets de voyage des voyageurs du XVème siècle ! Le format Bd me semble particulièrement pertinent pour ce genre de format car cela permet de transmettre certains ressentis que les mots ne sauraient qualifier de manière aussi immédiate et percutante. L’opus n’est franchement pas reluisant pour les Israéliens… Et contrairement à Jo Sacco qui montre une démarche largement partisane, on ne peut pas reprocher à l’auteur de vouloir orienter les débats ! En fait ce statut de conjoint d’un expat me semble effroyablement « dangereux » pour des états : étant libre et ayant le temps, un esprit curieux va forcément voir tous les fonctionnements intimes que d’aucun préfèreraient ne pas montrer. Toute la complexité des courants de pensée va se lire dans ce récit sans jamais que l’auteur ne donne l’impression de donner un cours. Là réside à mon sens le tour de force : arriver à présenter cette explosion de courants de pensée religieux souvent antagonistes sans se prendre la tête et avec une grosse dose d’humour ou disons de recul. Car si le Judaisme est particulièrement présent, le christianisme et l’islam se voient également confrontés à l’incohérence de certains de leurs courants pour le plus grand désarroi du lecteur qui finit par se demander si l’on peut simplement imaginer une solution à ce nœud de l’Histoire où se concentrent tant de tensions... Le graphique simple mais très clair de l’auteur permet un immersion totale dans l’univers qu’il nous choisit de décrire, c’était déjà le cas dans Pyongyang, le style ne change pas. Certes son trait primaire peut paraitre simpliste, mais il excelle dans le développement narratif, malgré cette simplicité le lecteur comprend parfaitement et s’immerge dans le récit narré. Et puis quitte à voir de l’intolérance perpétuelle, j’aime autant que le dessin ne soit pas super précis… Au final, merci pour cet opus. Il permettra à des gens n’ayant jamais mis les pieds dans ce pays de concevoir autre chose que le contenu des guides touristiques. Merci pour ce ton neutre qui raconte simplement ce qu’il vit et voit, cela libère d’un problème de subjectivité tant rencontré dans d’autres volumes. Maintenant il ne faut pas non plus crier au génie, ce carnet de voyage est un excellent témoignage qui porte en lui les défauts de ce style, c'est-à-dire par exemple qu’il reste superficiel dans ce qu’il rencontre. Au cœur du conflit ce témoignage n’est finalement pas plus précis que ce qui se lit dans les médias, voire moins. Beaucoup de points méritent un approfondissement et non juste une focalisation à un instant t dans un certain contexte. Voici un très bon album, ce que je traduis par 3 avec achat car il manque soit un peu de poésie, soit un peu de précision pour arriver au vraiment bien du 4 étoiles.

03/05/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Guy Delisle a vraiment créé un genre depuis Shenzhen. Et ce genre, j’en suis fan ! Voici donc un nouveau journal d’un de ses voyages, à Jérusalem celui-ci (vous l’aurez deviné). Le ton est toujours teinté d’humour même si j’ai quand même le sentiment que l’auteur perd de plus en plus de sa désinvolture face à l’absurdité des situations qu’il décrit. Et certaines situations décrites ne font pas rire du tout, et l’on sent bien qu’elles n’ont pas du tout fait rire l’auteur non plus. Le découpage en courtes séquences permet au lecteur de progresser dans sa lecture à son rythme et sans se sentir obligé de tout finir rapidement. Ce sont en effet de courtes chroniques, des instantanés décrivant une impression, un sentiment, une absurdité, une incompréhension que l’auteur nous offre à lire. L’ensemble peut paraître décousu et pourtant, au fil des pages, nous avons vraiment droit à une vue d’ensemble sur une situation très complexe. On n’entre jamais dans des discours abstrait. Guy Delisle est sur le terrain et nous parle des gens qu’il croise, des difficultés matérielles qu’il rencontre. Il ne se pose pas en analyste mais en témoin. Cette approche, je l’apprécie grandement. Le dessin est des plus simplistes mais parvient toujours à transmettre en peu de traits l’émotion recherchée. C’est extrêmement efficace à défaut d’être visuellement attirant. Un bon album que je placerais un peu en deçà de Shenzhen et de Pyongyang mais que j’ai préféré à Chroniques Birmanes.

30/04/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 2/5
L'avatar du posteur PAco

Déception certaine après la lecture de cet album primé à Angoulême cette année... Un fauve d'or du meilleur album qui me laisse un peu perplexe. Certes, c'est sympa, léger, tout en collant à la réalité difficile d'une des régions les plus troublées de notre globe. Mais bon, passées les premières pages et le plaisir de la découverte (oui, c'est mon premier Guy Delisle), j'ai trouvé que ça manquait de rythme. La vie quotidienne du mari d'une femme travaillant pour MSF... mouais, pourquoi pas, mais ça tourne vite en rond. Malgré l'entrain que met Guy Delisle à nous narrer son année, avec ses anecdotes plus ou moins drôles ou consternantes, je me suis assez vite ennuyé. Pas bon signe... Surtout que cette année à Jérusalem tient en 350 pages... Et puis graphiquement, c'est bien fait, clair, mais c'est pas vraiment ce que je préfère comme approche graphique. J'ai d'ailleurs trouvé la narration assez hachée, avec ce côté journal qui, abruptement, au coin d'un changement de page, passe à une autre journée et à autre chose. Du coup le rythme s'en ressent, et la narration perd en fluidité. Bref, je vais tout de même aller faire mon curieux du côté de Pyongyang que j'ai sous le coude pour approfondir mon avis sur Delisle, mais je suis déçu de cette première rencontre.

12/02/2012 (modifier)