Les derniers avis (9708 avis)

Par clem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Enfants de la Résistance
Les Enfants de la Résistance

Cette série est vraiment géniale. Je n'aime pas l'histoire ni la guerre, pourtant j'adore cette BD. J'attends avec impatience le tome 7. J'espère qu'il va bientôt arriver. Merci au jeu du salon du livre qui m'a fait découvrir cette BD extraordinaire. Quand j'ai commencé cette série, j'ai su tout de suite que cette BD était pour moi. C'est ma BD préférée et cela fait déjà un moment. Merci à tout le monde !!!!!!!!!!!!!!

25/03/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Macadam Byzance
Macadam Byzance

Ça commence avec l'histoire du braquage raté d'une paire de minables zonards de banlieue, piliers de comptoir, incapables de braquer une baraque à frites. Ça sent la loose et à priori rien de palpitant. Mais au fil des histoires courtes que contient cet album, on va apprendre à connaître le petit peuple de cette banlieue ouvrière, ces fameux minables en grande partie alcooliques, bagarreurs et presque tous chômeurs, et on va s'y attacher fortement. C'est un récit empli d'humour, mais aussi d'une bonne dose de sentiments voire même de poésie. Les personnages, tous plus bancaux les uns que les autres, sont pleins de vie, avec des personnalités originales et régulièrement touchantes malgré leur côté loser. Le ton est particulièrement juste. Jamais trop tourné vers l'humour, jamais vers le pathos, jamais trop vers la dérision, il reste crédible et en même temps souvent extrêmement drôle. Il règne une ambiance à la Renaud et un petit côté désuet à la Franck Margerin, rappelant l'ambiance banlieusarde des années 80, mais le récit est sans âge et s'adapte aussi bien à notre cadre de vie actuel. Ce ne sont pas à proprement parler des histoires indépendantes car il y a bien une progression dans le récit et une avancée dans les relations entre les protagonistes et leur entourage. Le dessin de Pierre Place se révèle très bon lui aussi. Il est à la fois plein de personnalité et maîtrisé. Il soigne particulièrement les tronches de ses personnages pour leur donner une vraie âme et en même temps parfois des bouilles franchement marrantes. Alors que l'entame de l'album ne me disait rien, j'ai pris rapidement de plus en plus de plaisir à la lecture de cette BD, à vivre de l'intérieur les petites aventures d'un quotidien un peu minable de cette bande d'amis zonards et de leur quartier. Et alors que certains m'horripilaient au départ - je pense à Hervé notamment, l'ami boulet et sans arrêt bourré - j'ai fini par m'attacher à quasiment chacun d'entre eux, à les trouver touchants et drôles, et à ressentir avec une certaine allégresse la conclusion ensoleillée de cette suite de récits qui aura su me charmer et m'amuser. Clairement un bon moment à passer et une lecture qui m'a fait plaisir.

25/03/2020 (modifier)
Couverture de la série Fleurdelys et Patacrac
Fleurdelys et Patacrac

Quelle joie, enfin un éditeur publie les aventures de cette petite série que j'adorais dans le journal Tintin lorsque j'étais enfant, et qui jusqu'ici, n'avait jamais fait l'objet d'une parution en albums. C'est une création de Luc Mazel qui a eu quelques personnages amusants dans Tintin, et qui a ici bénéficié de l'écriture souvent subtile de Vicq pour des récits courts de 6 à 8 pages ; la série est apparue dans le numéro 907 de Tintin en 1966 sous cette forme, et fera l'objet de 18 récits complets, 1 récit long et 11 planches-gag jusqu'en 1968. Le récit long "Fleurdelys contre les Pirates" paru en 1967 fait l'objet du tome 1 chez Pan Pan, tandis que le second tome reprend des récits courts. Après le dernier récit "la Botte de noeud-vert" en 1968, Mazel quitte le journal Tintin pour aller chez le concurrent Spirou et y créer "Caline et Calebasse" qui deviendra ensuite Les Mousquetaires (Caline et Calebasse), j'avoue que je lui en ai un peu voulu à l'époque de quitter Tintin pour créer une série identique, quand on est gosse, on comprend mal ces choses là. Toujours est-il que la bande qui s'appelait à l'époque "Fleurdelys" est le prédécesseur et la cousine de Caline et Calebasse qui était selon moi un peu plus enfantine ; le lectorat dans Tintin étant un peu plus âgé, "Fleurdelys" était certes humoristique et empilait les gags, mais possédait aussi un petit fond historique et s'adressait plus à un public d'ados. Pan Pan l'a retitrée "Fleurdelys et Patacrac" à juste titre parce que la bande qui fonctionne selon la bonne vieille formule du duo complémentaire, pense que les 2 compères ont autant d'importance l'un que l'autre, et je dirais même que Patacrac qui est l'élément comique du duo, a plus de répondant, c'est lui qui déclenche souvent les aventures, qui fait l'objet des gags et qui courtise la dédaigneuse Artémise, alors que Fleurdelys est le blond et sage mousquetaire sans histoire, il n'est pas fade mais il répare souvent les gaffes et bévues de son comparse. C'est un duo qui fonctionne un peu à l'image de celui d'Astérix et Obélix ou de Tanguy et Laverdure. "Fleurdelys" était selon moi, très drôle et assez subtile grâce aux idées de Vicq qui lançait les 2 mousquetaires dans le siècle de Louis XIII généreusement parodié, tout le monde était plus ou moins gentiment caricaturé, aussi bien le roi, la reine que le cardinal Richelieu ou ses gardes ; Vicq se servait du fond historique qu'il tournait en dérision en le parsemant de situations comiques et de duels d'escrime. Le dessin à la fois expressif et élégant de Mazel accentuait la drolerie tout en respectant costumes et jolis décors, avec notamment une bonne reconstitution de la Bastille. Voila donc une Bd de mes jeunes années que j'avais envie de faire connaitre sur BDT, et qui a fait partie de ces nombreuses séries humoristiques qui ont égayé les pages du journal Tintin à une époque d'insouciance, comme Bob Binn, L'Indésirable Désiré, Tim et Anthime, Strapontin ou Rataplan...

22/03/2020 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shino ne sait pas dire son nom
Shino ne sait pas dire son nom

Plutôt inattendu ce one-shot, mais ma foi assez réussi. Il raconte l'histoire de Shino, une adolescente un brin titmide, mais hélas porteuse d'un handicap : elle a un trouble de la parole qui l'empêche de dire son nom. Puis d'autres mots. Elle devient rapidement la risée de sa classe. Et quand on sait l'ampleur que peut prendre le harcèlement scolaire, appelé ijime, au Japon... Mais heureusement une de ses camarades va la prendre en amitié, et la secouer en même temps. Si le début de l'histoire est relativement classique, on est vite happé par l'histoire en raison de son côté véridique ; et pour cause, puisqu'il s'agit de celle de l'auteur lui-même, qui a "simplement" changé de sexe et de nom pour l'occasion (même si celui de Shino est phonétiquement assez proche du sien). Et en effet cette véracité lui a permis d'autant mieux de raconter cette histoire, qu'il évite tout enjolivement, et que la fin, pour bizarre qu'elle soit, n'en apparaît que plus réaliste. Côté dessin, la finesse habituelle du trait d'Oshimi est ici visiblement transcendée par l'implication qu'il a dans l'histoire, et c'est un vrai régal, même si c'est un roman graphique. Je recommande, pour le sujet et pour le dessin.

21/03/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Viva l'anarchie ! - La Rencontre de Makhno et Durruti
Viva l'anarchie ! - La Rencontre de Makhno et Durruti

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur l'anarchie. Quand vous étiez plus jeunes à un moment ou un autre vous avez du crier le fameux "Ploum, ploum tralala l'anarchie vaincra !". Personnellement, je l'ai fait mais sans y rien comprendre, l'anarchie n'est pas ce que le plus grand nombre croit, à savoir un modèle où la vie n'est plus qu'un grand foutoir où tout un chacun fait n'importe quoi. Pour plus d'informations, je vous renvoie à cette excellente BD qui n'a rien de didactique tout au contraire. Il faut savoir qu'avant 1914 et pendant toute la période de l'entre-deux-guerres le mouvement libertaire a eu une influence non-négligeable en France ainsi qu'en Espagne notamment en Catalogne. Au début des années 1920, les deux leaders anarchistes se sont réfugiés en France. Bruno Loth imagine qu'à la sortie de prison des deux hommes ceux-ci se sont rencontrés et entourés de compagnons de lutte chacun évoquent son parcours. Nous sommes dans une période ou la violence est un mode d'action en réponse à l'envoi de briseurs de grèves particulièrement violents ainsi que l'intervention de l'armée. Le graphisme est percutant et exprime parfaitement les ambiances en Ukraine ou en Catalogne rehaussé par une colorisation tout en douceur de Corentin Loth. Pour moi c'est une excellente Bd qui redonne à l'anarchie ses lettres de noblesse, qui permet d'y voir un peu plus clair autour de ce mouvement, notant également la présence d'un faux journal avec la BD qui replace le contexte de l'époque et finissant par une bel article intitulé "Et de l'anarchisme naquit l'écologie sociale". Le deuxième tome que j'attends avec impatience, évoquera la Makhnovtchina et les débuts de la guerre civile espagnole. La boucle est bouclée, Bruno, ne reste plus après cela qu'à relire Les Fantômes de Ermo. Coup de cœur évidemment.

20/03/2020 (MAJ le 20/03/2020) (modifier)
Couverture de la série El Paso
El Paso

Il y a ici clairement un style propre à cette oeuvre tant graphique que scénaristique. Le dessin est difficile à décrire. Représentations simplistes, paysages contours et personnages un peu flous, souvent baignés de jaune, orange, rouge. Mais il retranscrit à merveille ce que l'on imagine de ces routes américaines qui traversent déserts poussiéreux et patelins paumés. Au final, avec un découpage qui suit bien le rythme de l'aventure ou des moments plus intimes, l'ensemble reste compréhensif et se lit facilement. L'histoire du road trip du père et de son fils semble assez classique voir banale : ce voyage leur donne l'occasion de se découvrir et peut-être de nouer un amour père-fils? Mais la spécificité de ce voyage est comme dans la vraie vie, on ne donne pas toutes les clefs en une fois, non, il faut être patient et écouter, regarder, attendre. Il n'y a pas de grands discours mais plutôt des petites attentions discrètes. Et c'est comme cela, au long du voyage que l'on comprend leur histoire et qu'on s'attache à ce petit garçon triste et ce père paumé.

18/03/2020 (modifier)
Couverture de la série Paul au parc
Paul au parc

Cela faisait plusieurs années que j'avais envie de découvrir cette série, mais je n'avais jamais franchi le pas. Le festival d'Angoulême a été l'occasion d'y remédier, l'auteur y étant présent cette année. Grand bien m'en a pris ! Dès les premières pages j'ai été happée par cette BD. Le trait en apparence très simple fourmille de détails qui nous immergent dans la petite ville où habite Paul. J'aime beaucoup ressentir l'atmosphère d'un lieu quand je lis une bande dessinée, et là c'était le cas du début à la fin. On suit Paul durant deux années dans les différents aspects de sa vie. J’ai aimé le suivre dans ses déambulations en solitaire propices à la rêverie. J’ai souri aux scènes de sa vie de famille, théâtre de l’opposition entre sa mère et une grand-mère quelque peu envahissante. J’ai ressenti l’enthousiasme débordant propre à cet âge lorsqu’il se lance dans ses premières BD. J’ai aimé découvrir son parcours chez les scouts, partir avec lui en camp d’été et ressentir cette douce insouciance des grandes vacances. Il plane sur l’album un doux parfum de nostalgie, et chaque détail semble tellement juste que j’avais le sentiment d’y être. À tel point que des souvenirs d'enfance refaisaient surface tout au long de ma lecture, alors même que mon enfance n'avait pas grand chose en commun avec la sienne. Le récit est également jalonné de sujets plus graves reliés à l'actualité de l'époque, évoquant les actions menées par le FLQ et en particulier la crise d’octobre. J’avoue honteusement que je ne me souviens pas avoir entendu parler de ces événements auparavant, mais c'était justement intéressant de plonger dans ce contexte politique particulier. Et puis il y a la fin… je n’en dirai pas grand-chose pour ceux qui ne l’ont pas lue, mais je peux dire que j’avais les larmes aux yeux après le mot « Fin »… Ma première rencontre avec Paul est donc une totale réussite, j’ai d’ores et déjà hâte de lire les autres albums de la série.

18/03/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Harley Quinn & les Sirènes de Gotham
Harley Quinn & les Sirènes de Gotham

Un album qui réunit les 10 premiers numéros de la série Gotham City Sirens qui est parue il y a une dizaine d'années et qui mettait en vedette les trois super-vilaines les plus connues de l'univers de Batman, à savoir Catwoman, Poison Ivy et Harley Quinn. La plupart des épisodes sont écrits par Paul Dini, un scénariste que j'aime bien et c'est la raison principale pour laquelle je voulais lire cet album. Je ne fus pas déçu. Ce sont des histoires mettant en vedette trois personnages que j'aime bien dans des rôles d'anti-héroïnes. Elles sont capables de faire le bien, mais elles restent tout de même des criminels. Leurs motivations et psychologies sont bien maîtrisées et exploitées. Les histoires mélangent le drame, le comique, l'aventure et un peu de psychologie. La narration est fluide même lorsque les personnages faisaient des monologues intérieurs alors que souvent je trouve ce procédé un peu lourd. C'est de l'aventure dont le but principal est le divertissement donc je pense que pour apprécier cet album il faut aimer un peu les comics de super-héros et aussi l'univers de Batman. J'aime bien comment Paul Dini exploite cet univers. Il a des idées géniales et il sait comment faire du comics de super-héros de divertissement sans tomber dans les travers du genre. Pour le genre, ses histoires sont intelligentes et j'adore quand il met en avant les pensées des personnages. Le dessin est pas mal pour du comics moderne quoique je préviens que le dessinateur principal met bien en avant le look sexy des personnages, alors ceux qui trouvent ça putassier des plans de fesses toutes les deux-trois pages risquent de moins aimer que moi. Ah oui, ces épisodes se passent à la même époque que Paul Dini écrivait d'autres histoires de Batman et qui ont été réunies dans la série ''Paul Dini présente Batman''. Comme Dini fait souvent des références à ses récits, peut-être qu'il faudrait mieux lire cette série avant celle-ci.

12/03/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Enfin libre
Enfin libre

Chouette, un nouvel album d’Enfin Libre, duo d’auteurs dont j’ai apprécié toutes les œuvres parues à ce jour… et rebelote avec ce nouvel album éponyme. L’originalité est à nouveau de mise : on suit l’enquête d’un papa désespéré pour retrouver sa fille disparue… mais qu’en est-il vraiment ? Le ton tourne rapidement au loufoque, à l’onirisme, et des indices parsemés çà et là nous suggèrent que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent. Ma lecture fut stimulante, je participais à l’enquête, j’observais les indices dissimulés dans les planches, je me posais plein de questions sur les noms de personnages, de lieux, (qui est ce Shaun T. ? Une référence à l’auteur Shaun Tan ? Et pourquoi ne voit-on jamais son visage ?) Je n’ai pas vu venir le dénouement, mais j’en avais perçu des bribes… et je ressors vraiment satisfait de ma lecture. Je pense avoir compris où les auteurs voulaient en venir, mais je serais quand même curieux de discuter de ce dénouement avec d’autres lecteurs. La mise en image est sublime. Le dessin fourmille de milles détails, et les couleurs aquarelles illuminent les planches. De nombreuses trouvailles graphiques contribuent grandement à la narration et à l’onirisme ambiant. Pour conclure, « Enfin libre » est un excellent album, qui devrait ravir les amateurs de ces deux auteurs hors du commun.

11/03/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Voix de la Nuit
Voix de la Nuit

Je me suis mis en tête de référencer sur le site l’intégralité du catalogue des éditions Cà et Là (notamment grâce à mon abonnement Izneo, qui propose de nombreux albums de cet éditeur). Ce genre d’exercice complétiste un peu fastidieux fait que je tombe sur des œuvres en tout genre, et que de temps en temps, au détour d’albums moyens ou bizarroïdes, je me prends une grosse baffe dans la gueule. Et BAF. Mince, je ne l’avais pas vu venir celle-là. J’ai entamé ma lecture sans grande conviction, rebuté par le nombre de pages (364 quand même), et par un début d’album un peu abscons. Mais une fois que l’histoire décolle, je n’ai plus vu passer les pages. La double narration suit deux personnages aux destins amenés à se croiser : Hermann Karnau, un acousticien obsédé par les sons humains, qui finira par mettre ses services (et sa folie ?) aux services des nazis dans des expériences scientifiques qui font froid dans le dos. Et Helga, ainée du ministre de la propagande nazie, qui tente tant bien que mal de s’occuper de ses 5 frères et sœurs dans des circonstances de plus en plus difficiles, à l’approche de la défaite Allemande. C’est cet aspect du récit qui m’a le plus marqué, presque traumatisé par moments : ces enfants naïfs et innocents pris dans une tourmente dont ils ne comprennent rien. Mon cœur se serre juste à l’écriture de ces lignes, en repensant à certains passages. La réalisation même est superbe. Le dessin est beau et plein de petites trouvailles graphiques, et les couleurs aquarelles sont non seulement superbes, mais participent aussi judicieusement au jeu narratif, avec ces deux tons chromiques (sombre pour l’acousticien, rose bonbon pour les enfants) qui se rejoignent petit à petit. Si je devais chipoter, je dirais que la narration semble inutilement lourde et confuse par moment. Je n’ai pas lu le roman, je ne peux donc pas juger du travail d’adaptation, mais je note quand même des passages assez lourds en textes, défaut inhérent à ce genre d’exercice. Mais rien de bien grave, et en tout cas rien qui n’ait gâché ma lecture. Un album coup de cœur, et surtout « coup de poing dans le bide » en ce qui me concerne.

11/03/2020 (modifier)