Stum

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Univers poétique et underground, rose et noir, à découvrir.


Bichromie Les coups de coeur des internautes Nouveautés BD, comics et manga

Une souris au triste destin se retrouve entre les mains d’une société mystérieuse et tentaculaire, AG-Corp. Accompagnée de sa tumeur maligne (inoculée par AG-Corp), elle va vite découvrir que l’économie de l’entreprise repose, parmi ses diverses activités douteuses, sur la mise en place d’un système de recyclage permettant de transformer des citoyens considérés comme indésirables en matériaux de construction. A elles deux, elles vont semer le trouble dans la mécanique bien huilée d’AG-Corp... Entrecoupée par des histoires courtes racontant les aventures tragi-comiques d’un employé modèle d’A-G corp, d’une pâquerette complexée ou encore de la vie trépidante d’une allumette, cette bande dessinée muette de Yann Taillefer, dessinée entièrement au stylo bille deux couleurs et rappelant sous certains aspects un Dave Cooper ou Vermines de Guerse & Pichelin, détaille toute l’absurdité d’un système qui se nourrit de lui-même. Finalement, le principe du recyclage. Site éditeur

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Octobre 2019
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Stum
Les notes (1)
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04/11/2019 | Noirdésir
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Rhaaaaaaaaaaaa. J’avais déjà amplement dépassé mon budget lors d’une de mes razzias sur Paris lorsque je suis tombé sur cet album. Je l’ai ouvert… et j’ai donc décidé d’oublier mon budget (ceinture, et patates pour quelques temps !). Car c’est typiquement le genre de trucs qui m’attirent. Graphiquement, j’ai immédiatement été accroché. C’est proche par certains aspects de l’univers et des tronches de Winshluss (d’ailleurs son complice Cizo a participé à la couverture), ou des univers déjantés de Dave Cooper – Stéphane Blanquet s’y trouverait à l’aise aussi. On est donc là, on le voit, en terrain miné pour le lecteur lambda. Mais pour les plus curieux, ceux qui sont friands d’univers originaux et décalés, c’est vraiment le genre de chose qui peut déclencher le coup de cœur – comme cela a été le cas pour moi. Car, outre l’univers, très underground – mais pas tant que ça finalement, il faut aussi parler du rendu. En effet, Yann Taillefer use d’une très jolie bichromie – rouge et bleu, en dessinant au stylo bille : cela donne un aspect crayonné très chouette, un peu brouillon, mais que j’ai vraiment beaucoup aimé ! Voilà pour ce qui m’avait scotché lors du feuilletage. Pour ce qui est de l’intrigue, ou plutôt des histoires courtes (plus que des chapitres, car en fait il n’y a pas forcément d’intrigue à proprement parler), il est très difficile de faire un résumé – est-il souhaitable d’ailleurs ? Dès le départ, on est happé par un univers à la fois loufoque et oppressant, une sorte de régime totalitaire, qui élimine les déviants, ceux qui sortent des clous, qui se construit sur les restes de ces rebuts. Société étrange, dont les personnages sont parfois des hybrides objets/humains, des bouts de corps difformes, des freaks tout droit sortis d’un imaginaire débridé et fantasmagorique. C’est parfois un peu trash, parfois énigmatique (mais comme devant un tableau, il faut savoir rester avec une question sans réponse, aimer ne s’explique pas toujours !), parfois poétique (mais alors une poésie très noire, malgré le bleu et le rouge rosâtre qui règnent en maîtres – et qui atténuent quelque peu le côté trash évoqué plus haut). A part quelques bruits et une ou deux onomatopées, c’est entièrement muet. Mais la lecture est très fluide – pour peu qu’on accroche à l’univers développé ici. Je voudrais finir en remerciant les éditeurs – ici Les Requins Marteaux et Super Loto – qui prennent le risque de publier ce qu’ils aiment, de le faire en dépit de certaines contingences, et qui le font très bien. En cela il n’y a pas de petit ou de grand éditeur, ou plus précisément la grandeur ne se mesure pas au chiffre d’affaires. Cela va sans dire, certes, mais ça va encore mieux en le disant. A découvrir !

04/11/2019 (modifier)