Voilà, j’ai fini de lire ce qui restera la dernière BD du grand Sokal, emporté par la maladie avant d’avoir pu terminer le tome 2. Le non moins grand François Schuiten (Les Cités obscures entre autres) a dessiné les 12 dernières pages.
Le scenario, peaufiné par les deux auteurs depuis des années, est parfaitement maitrisé. La narration est fluide, et on retrouve cette humanité propre à Sokal. Les différents protagonistes ont certes des personnalités un peu « cliché », mais parfaitement définies – même les pêcheurs « brutes épaisses » ont leurs raisons pour justifier des comportements un peu bestiaux : leurs coutumes, des souvenirs douloureux… vraiment, pas de « méchants » dans cette histoire, juste des êtres humains…
Il y a bien entendu des tons de « Jules Verne » dans cette fable teintée d’écologie… impression renforcée par ces éléments mi-organiques, mi-mécaniques, par le mystère ambiant, par la présence de scientifiques essayant de tout rationaliser… et par le dessin somptueux. Sokal était déjà au sommet de son art dans Kraa, il remet ça, avec des planches magnifiques, un trait maitrisé (j’adore ses personnages), et des couleurs lumineuses.
Le second tome conclut brillement le récit, et propose un petit reportage « making off » super intéressant. Un excellent diptyque, que je recommande chaudement.
Ce quatrième cycle de Kenya aux aventures paranormales permet de retrouver à nouveau la jolie Kathy Austin ; j'ai lu Kenya et Namibia avec grand intérêt, mais j'ai raté Amazonie. J'avoue que la perspective de replonger dans le paranormal en compagnie de la belle espionne du MI6 me faisait envie, mais c'est aussi le décor qui m'a attiré car j'ai toujours eu une fascination pour l'Ecosse.
Dans ce premier tome, les auteurs plantent un début de récit qui promet et distillent une série d'indices et d'éléments intrigants, tout en évitant le cliché des monstres aquatiques écossais dans le loch proche du manoir dont hérite l'héroïne. J'aime ce genre de début qui vous met bien dans l'ambiance, même si ça fait peut-être un peu trop, mais après tout, on est en Ecosse, les auteurs le savent et ne se privent pas de jouer avec la couleur locale, il n'y a plus qu'à se laisser porter, et en cela, je suis beaucoup plus enthousiaste que mes 2 éminents prédécesseurs dans leurs avis. Je suis très réceptif à cette ambiance d'étranges phénomènes agrémentés par des références aux aventures de Kathy Austin dans les précédents cycles, surtout lorsqu'il s'agit d'OVNI... mais peut-être s'agit-il de fausses pistes, car avec Rodolphe et Leo, il faut s'attendre à tout, on le saura sans doute dans les albums suivants.
D'autre part, Rodolphe et Leo ne faillissent pas à leur réputation, non seulement ils baladent le lecteur à travers un méandre de situations typiques de leurs précédentes Bd chargées de mystères, mais ils n'oublient surtout pas le cliffhanger inévitable en fin d'album, après avoir mis en place leur incroyable machine à faits inexplicables et à mystère nébuleux ; tout ceci va sans aucun doute annoncer une série de coups de théâtre et de rebondissements déroutants. Ce schéma reste immuable chez eux, mais ça me plait toujours autant.
De son côté, Bertrand Marchal repart aussi avec son trait esthétisant et soigné dans son style "à la Leo", mais en plus dynamique et un peu moins raide ; il est bien inspiré par les landes écossaises et livre de belles planches qui font honneur au décor, j'aime ce type de fluidité dans ce genre de bande, de même que les colorisations captent bien les ciels incertains de cette Ecosse brumeuse. Un excellent début de série d'atmosphère qui joue à la fois sur le fantastique, le mystère et les péripéties aventureuses.
Très bel album de Batman. L’histoire se situe au début de son parcours de justicier à une époque où le héros paraît encore bien vulnérable. Et c’est sous l’angle psychologique qu’attaque le méchant de l’histoire, le docteur Hugo Strange, psychanalyste de son état. Admirant Batman autant qu’il le déteste, Strange a recourt à une arme pernicieuse et imparable visant à déstabiliser le Dark Knight : l’arme psychologique. Comment fragiliser son pire ennemi ? Comment retourner contre lui l’opinion publique ? Comment détruire son image de justicier ? C’est intelligent et subtil. Après une première histoire mettant en action Hugo Strange, l’album enchaîne avec un second récit faisant entrer en scène l’Épouvantail. Sorti d’Arkham grâce à ce bon professeur Strange, Jonathan Crane est le maître de la peur. Ivre de vengeance, il attend son heure pour régler son compte aux ennemis jurés de sa jeunesse Cette seconde histoire est bien construite elle-aussi, les personnages ont une personnalité très riche et ils sont bien exploités par le scénariste. Les dessins de Gulacy sont très bons, classiques mais efficaces. Belles scènes d’action, s’enchainant parfaitement dans un décor bien choisi comme celui de la maison abandonnée totalement réaménagée au service de la vengeance. Très chouette découverte !
Après leur Coupures irlandaises, qui remonte déjà à 2008, Vincent Bailly et Kris se retrouvent pour nous parler à nouveau de l'Irlande avec cette nouvelle série. J'avais déjà beaucoup apprécié leur premier album, c'est un réel plaisir de les retrouver dans cette Irlande contemporaine où les tensions sont toujours vives et la violence jamais bien loin.
Cette fois donc, point de coupures, même si ça va saigner aux entournures, mais bien des partitions bien huilées que chaque camp va jouer à son corps défendant suivant les fils invisibles d'une tragédie shakespearienne toute tracée. Tim et Mary, nos deux tourtereaux ne vont pas déroger à cette logique. Eux que tout oppose, vont bien malgré eux avec leur amour naissant, s'enfoncer vers un destin funeste draguant leur entourage en faisant ressurgir de bien lourds souvenirs.
C'est donc une histoire de destin tracé, de déterminisme auquel voudraient échapper Tim et Mary mais qui semble bien mal emmanché. En tout cas, j'ai dévoré cet album, pris par cette histoire merveilleusement racontée. Si la trame est classique jusqu'ici, la narration impeccable que nous proposent notre duo d'auteurs nous immerge pleinement dans les tribulations amoureuses de notre jeune couple qui essaye de s'extraire des affres de leur Histoire et celles de leurs familles. Le dessin de Vincent Bailly trouve l'équilibre parfait entre un trait expressionniste fluide et une colorisation qui sublime les ambiances qu'il pose.
Reste maintenant à attendre la suite qui je l'espère confirmera ce très très bon début de série ! LA SUITEUUUU !!!
C'est la superbe couverture et un feuilletage rapide qui m'ont fait craquer. Waouh !!!!
Je découvre Édouard Cour.
Je vais commencer par son dessin, il est renversant. Un véritable patchwork où se mélange, le crayonné, le déstructuré et un peu d'estampes, le tout sous un trait vif et nerveux. Mais le tour de force, c'est que cela reste homogène. Des planches où les détailles pullulent (la dernière planche en est un parfait exemple), où l'inventivité foisonne et où les couleurs apportent ce côté onirique. Que dire de la mise en page audacieuse.
J'en suis pantois.
- Bonjour Gladis
- B... Bonjour
- Souhaitez-vous personnaliser votre pseudonyme et votre avatar ?
- Euh... Non, ça ira.
- Choix enregistrés. Merci. Veuillez patienter......................... Chargement terminé. Bon voyage Gladis.
Dans un futur indéterminé, il existe un monde virtuel, ReV, où l'on peut gagner des niveaux et des points comme dans les jeux vidéos. Gladis va franchir le pas et goûter à sa première expérience. Commence alors un voyage dans l'imaginaire et elle sera accompagnée par Mr_IO, un joueur expérimenté qui ne sera là que pour la conseiller. Ne cherchez pas de logique, le programme travaille avec les souvenirs et le subconscient de Gladis.
Un scénario plus complexe que prévu, il m'aura fallu deux lectures pour bien en appréhender toutes les subtilités et mieux comprendre les dernières pages (enfin j'espère).
Une narration fluide, certains passages peuvent sembler simplistes et/ou abscons, c'est Alice au pays du virtuel. Édouard Cour fait écho à Joseph Campbell et à sa théorie du mono-mythe qui consiste à démontrer que tous les mythes antiques ont le même schéma narratif. Et ce schéma est ici reproduit.
Ai-je tout compris ? Pas certain, mais j'ai aimé me plonger dans ce monde de geek, il s'en dégage une ambiance de conte futuriste.
Coup de cœur pour le graphisme étourdissant.
J'étais un peu vénère en apprenant que Soleil a repoussé la sortie du tome 3, tellement je suis entré dans cette série à très fort potentiel dramatique et émotionnel.
Initialement achetée pour donner du corps à un exposé CE2 sur l'Afrique du Sud, j'ai littéralement été happé par cette histoire.
Tout d'abord, les couvertures sont très belles. Lucia et Nelson sont rassemblés dans une sorte de constellation argentée dans cet immense espace de liberté, j'adore.
La liberté est bien le thème central de la série. Liberté irréfléchie de Lucia, la petite Italienne à qui tout est permis, même de prendre un bateau Sud-Africain toute seule avec un grand sourire du capitaine.
Liberté à conquérir pour Nelson et son papa au risque de leur vie dans les pas de "Madiba". Mais qu'est la liberté sans la justice ? C'est le deuxième apprentissage de Lucia. Le "petit bourdon" à la tête si dure met en péril tous ceux qu'elle aime par son comportement égocentré de petite européenne.
Heureusement si Lucia ne réfléchit pas beaucoup, elle a du coeur pour dix. Cela nous la rend très empathique mais surtout Lucia va découvrir qu'il y a la justice des hommes et la justice du coeur.
Découvrir l'opposition entre droit positif et droit naturel à 10 ans peut être traumatisant surtout dans un pays comme l'Afrique du Sud en 1964.
Charlotte Girard, Jean Marie Omont et Aurélie Neyret nous livrent là une série de premier ordre. Il/elles abordent ces thèmes fondamentaux de liberté, justice et égalité en direction d'un public 8/12 avec une justesse remarquable.
Il/elles y ajoutent deux éléments qui pimentent le récit à l'extrême. Une intrigue dramatique à deux niveaux, le sort du papa de Lucia à la merci d'un juge et le sort du papa de Nelson à la merci d'Hendrick le fermier raciste qui élabore un plan démoniaque.
A ce propos, réussir à faire tenir des propos racistes dans la bouche de Hendrick, ce qui est légitime dans le scénario mais avec la distance nécessaire pour qu'un jeune public ne se les approprie pas à dû être un casse-tête pour les auteurs. Exercice toujours périlleux mais réussi et qui fait coller le scénario au plus près de la réalité.
Car la réalité historique est bien présente. "Madiba" est encore libre et enflamme d'espoir les millions d'Africains dans son pays et bien au-delà. "Madiba", c'est évidemment Nelson Mandela et la dernière page du tome 2 explique son parcours entre 1918 et 1964 l'année de son procès.
Le deuxième élément est la rencontre de ces beaux animaux libres au cours des vagabondages des deux enfants dans la savane.
De plus le dessin d'Aurélie Neyret est très beau avec ces bouilles à la Gazzotti dans Seuls. Un découpage très bien travaillé, des planches sur la savane et la faune Sud-Africaine qui raviront les jeunes et les moins jeunes. Des couleurs qui tombent piles avec les ambiances voulues.
Du très très bon à mon goût. J'attends le tome 3 avec fébrilité tellement le scénar peut partir dans des voies différentes. (Nous sommes en 1964, pas en 1994).
Si cette série était primée en 2023 à Angoulême, j'en serais très content.
C'est en lisant récemment Toutes les morts de Laila Starr avec la belle préface de Fábio Moon que j'ai eu envie de relire cet album. Deux comics qui traitent des mêmes thématiques, la vie et la mort, avec des ressemblances dans la construction narrative.
Un récit qui à travers la vie ou plutôt les vies de Brás est un hymne au bonheur.
On va suivre le parcours de Brás à plusieurs périodes de son existence et à chaque fois la mort sera au rendez-vous.
Une narration non chronologique qui prend le temps de déployer son sujet pour mieux nous en donner sa vision, savoir profiter du moment présent.
J'ai encore pris beaucoup de plaisir à me replonger dans ce comics.
La mise en images est une réussite, tant dans la mise en page que dans les couleurs choisies. Le trait est tout en finesse, avec de nombreux détails et tous les personnages ont "des gueules".
A lire et à relire, c'est comme les vaccins, il faut faire une dose de rappel de temps en temps.
Forcément, toujours un coup de cœur.
Je n'ai jamais lu une bd sur la trisomie chez les enfants. Réussite totale sur le graphisme et l'approche discrète mais profonde psychologiquement du scenario qui contribue à l'intérêt du titre et d'une suite.
Quelle belle série ce « Marquis d’Anaon » ! J’ai emprunté l’intégrale de cette bande dessinée en souvenirs des bons avis des bédéphiles et je ne le regrette pas !
Et pourtant, son feuilletage n’a pas été évident au début car les aventures de ce marquis démarraient mal pour moi au premier tome, je m’explique : je n’aime pas les récits fantastiques, ésotériques et cet album « L’île de Brac » commençait justement par des rumeurs et des croyances qui sortaient du moyen-âge, ça me bardait ! Et puis, j’ai persévéré ma lecture et j’ai découvert un héros pragmatique sachant garder la tête froide au beau milieu de personnages irrationnels… Ce marquis, je l’ai adoré au fil des tomes, j’ai aimé son humanité, sa logique, sa sensibilité… Fabien Vehlmann, le scénariste, nous a vraiment pondu un héros intéressant comme je les apprécie !
Ce qui est captivant dans cette bande dessinée, c’est que les évènements se déroulent à mi-chemin entre l’époque moyenâgeuse et le siècle des lumières, c’est comme si nous lecteurs assistaient au passage de l’obscurantisme vers une ère faite de découvertes scientifiques à travers les péripéties de notre héros. Bien sûr, tous les récits racontés par nos deux auteurs ne sont pas réels, ce n’est pas des récits historiques que nous proposent Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme, le tout est romancé mais on a affaire à une très bonne série d’aventures.
Cinq tomes du « Marquis d’Anaon » sont sortis jusqu’à ce jour, les auteurs auraient pu continuer cette série mais les chiffres de vente n’étaient pas à la hauteur des espoirs, ils ont donc dû l’arrêter… non pas brutalement puisque chaque album peut être lu indépendamment. A part le premier album « L’île de Brac » qui ne m’avait pas vraiment totalement enthousiasmé, tous les autres sont vraiment excellents parce qu’ils nous font voyager et parce que leurs récits sont suffisamment variés pour retenir l’attention sur les péripéties du marquis.
Le graphisme de Matthieu Bonhomme est particulier. Le dessinateur était considéré comme partisan de la nouvelle génération d’auteurs, celle qui fréquentait l’atelier de la place des Vosges à Paris avec comme artistes Christophe Blain, Joann Sfar, etc… Rien que ça ! J’avoue que j’aime ce trait vivant parfois nerveux, parfois léger comme si les auteurs nous invitaient à ressentir les sentiments vécus par nos héros à travers leurs coups de crayon. Il y a quand même de sacrées belles planches dans cette bande dessinée au point que je serais curieux de feuilleter leurs versions noir et blanc…
Dommage que la série soit arrêtée parce que je la considère comme une des meilleures bandes dessinées d’aventures que j’ai pues lire. Mais, il semble que les auteurs ne seraient pas contre le fait de redémarrer « Le Marquis d’Anaon » pour notre plus grand plaisir de bédéphiles… Je croise les doigts !
Une très chouette série qui décolle vraiment avec son tome 2 !
Le ton est agréable et l'écriture fluide. Le dessin de Lissa Treiman (une animatrice Disney) est vraiment cool et expressif. Et si la série change de dessinateur par la suite c'est pour évoluer avec le trait encore plus cool de Max Sarin qui fait des expressions absolument géniales aux personnages.
C'est comme une chouette série à binger qui était pas mal en avance sur plein de sujets (les débats sur le féminisme, les amours LGBTQ+, les galères étudiantes etc.) mais en restant toujours drôle.
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Aquarica
Voilà, j’ai fini de lire ce qui restera la dernière BD du grand Sokal, emporté par la maladie avant d’avoir pu terminer le tome 2. Le non moins grand François Schuiten (Les Cités obscures entre autres) a dessiné les 12 dernières pages. Le scenario, peaufiné par les deux auteurs depuis des années, est parfaitement maitrisé. La narration est fluide, et on retrouve cette humanité propre à Sokal. Les différents protagonistes ont certes des personnalités un peu « cliché », mais parfaitement définies – même les pêcheurs « brutes épaisses » ont leurs raisons pour justifier des comportements un peu bestiaux : leurs coutumes, des souvenirs douloureux… vraiment, pas de « méchants » dans cette histoire, juste des êtres humains… Il y a bien entendu des tons de « Jules Verne » dans cette fable teintée d’écologie… impression renforcée par ces éléments mi-organiques, mi-mécaniques, par le mystère ambiant, par la présence de scientifiques essayant de tout rationaliser… et par le dessin somptueux. Sokal était déjà au sommet de son art dans Kraa, il remet ça, avec des planches magnifiques, un trait maitrisé (j’adore ses personnages), et des couleurs lumineuses. Le second tome conclut brillement le récit, et propose un petit reportage « making off » super intéressant. Un excellent diptyque, que je recommande chaudement.
Scotland
Ce quatrième cycle de Kenya aux aventures paranormales permet de retrouver à nouveau la jolie Kathy Austin ; j'ai lu Kenya et Namibia avec grand intérêt, mais j'ai raté Amazonie. J'avoue que la perspective de replonger dans le paranormal en compagnie de la belle espionne du MI6 me faisait envie, mais c'est aussi le décor qui m'a attiré car j'ai toujours eu une fascination pour l'Ecosse. Dans ce premier tome, les auteurs plantent un début de récit qui promet et distillent une série d'indices et d'éléments intrigants, tout en évitant le cliché des monstres aquatiques écossais dans le loch proche du manoir dont hérite l'héroïne. J'aime ce genre de début qui vous met bien dans l'ambiance, même si ça fait peut-être un peu trop, mais après tout, on est en Ecosse, les auteurs le savent et ne se privent pas de jouer avec la couleur locale, il n'y a plus qu'à se laisser porter, et en cela, je suis beaucoup plus enthousiaste que mes 2 éminents prédécesseurs dans leurs avis. Je suis très réceptif à cette ambiance d'étranges phénomènes agrémentés par des références aux aventures de Kathy Austin dans les précédents cycles, surtout lorsqu'il s'agit d'OVNI... mais peut-être s'agit-il de fausses pistes, car avec Rodolphe et Leo, il faut s'attendre à tout, on le saura sans doute dans les albums suivants. D'autre part, Rodolphe et Leo ne faillissent pas à leur réputation, non seulement ils baladent le lecteur à travers un méandre de situations typiques de leurs précédentes Bd chargées de mystères, mais ils n'oublient surtout pas le cliffhanger inévitable en fin d'album, après avoir mis en place leur incroyable machine à faits inexplicables et à mystère nébuleux ; tout ceci va sans aucun doute annoncer une série de coups de théâtre et de rebondissements déroutants. Ce schéma reste immuable chez eux, mais ça me plait toujours autant. De son côté, Bertrand Marchal repart aussi avec son trait esthétisant et soigné dans son style "à la Leo", mais en plus dynamique et un peu moins raide ; il est bien inspiré par les landes écossaises et livre de belles planches qui font honneur au décor, j'aime ce type de fluidité dans ce genre de bande, de même que les colorisations captent bien les ciels incertains de cette Ecosse brumeuse. Un excellent début de série d'atmosphère qui joue à la fois sur le fantastique, le mystère et les péripéties aventureuses.
La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
Très bel album de Batman. L’histoire se situe au début de son parcours de justicier à une époque où le héros paraît encore bien vulnérable. Et c’est sous l’angle psychologique qu’attaque le méchant de l’histoire, le docteur Hugo Strange, psychanalyste de son état. Admirant Batman autant qu’il le déteste, Strange a recourt à une arme pernicieuse et imparable visant à déstabiliser le Dark Knight : l’arme psychologique. Comment fragiliser son pire ennemi ? Comment retourner contre lui l’opinion publique ? Comment détruire son image de justicier ? C’est intelligent et subtil. Après une première histoire mettant en action Hugo Strange, l’album enchaîne avec un second récit faisant entrer en scène l’Épouvantail. Sorti d’Arkham grâce à ce bon professeur Strange, Jonathan Crane est le maître de la peur. Ivre de vengeance, il attend son heure pour régler son compte aux ennemis jurés de sa jeunesse Cette seconde histoire est bien construite elle-aussi, les personnages ont une personnalité très riche et ils sont bien exploités par le scénariste. Les dessins de Gulacy sont très bons, classiques mais efficaces. Belles scènes d’action, s’enchainant parfaitement dans un décor bien choisi comme celui de la maison abandonnée totalement réaménagée au service de la vengeance. Très chouette découverte !
Partitions irlandaises
Après leur Coupures irlandaises, qui remonte déjà à 2008, Vincent Bailly et Kris se retrouvent pour nous parler à nouveau de l'Irlande avec cette nouvelle série. J'avais déjà beaucoup apprécié leur premier album, c'est un réel plaisir de les retrouver dans cette Irlande contemporaine où les tensions sont toujours vives et la violence jamais bien loin. Cette fois donc, point de coupures, même si ça va saigner aux entournures, mais bien des partitions bien huilées que chaque camp va jouer à son corps défendant suivant les fils invisibles d'une tragédie shakespearienne toute tracée. Tim et Mary, nos deux tourtereaux ne vont pas déroger à cette logique. Eux que tout oppose, vont bien malgré eux avec leur amour naissant, s'enfoncer vers un destin funeste draguant leur entourage en faisant ressurgir de bien lourds souvenirs. C'est donc une histoire de destin tracé, de déterminisme auquel voudraient échapper Tim et Mary mais qui semble bien mal emmanché. En tout cas, j'ai dévoré cet album, pris par cette histoire merveilleusement racontée. Si la trame est classique jusqu'ici, la narration impeccable que nous proposent notre duo d'auteurs nous immerge pleinement dans les tribulations amoureuses de notre jeune couple qui essaye de s'extraire des affres de leur Histoire et celles de leurs familles. Le dessin de Vincent Bailly trouve l'équilibre parfait entre un trait expressionniste fluide et une colorisation qui sublime les ambiances qu'il pose. Reste maintenant à attendre la suite qui je l'espère confirmera ce très très bon début de série ! LA SUITEUUUU !!!
ReV
C'est la superbe couverture et un feuilletage rapide qui m'ont fait craquer. Waouh !!!! Je découvre Édouard Cour. Je vais commencer par son dessin, il est renversant. Un véritable patchwork où se mélange, le crayonné, le déstructuré et un peu d'estampes, le tout sous un trait vif et nerveux. Mais le tour de force, c'est que cela reste homogène. Des planches où les détailles pullulent (la dernière planche en est un parfait exemple), où l'inventivité foisonne et où les couleurs apportent ce côté onirique. Que dire de la mise en page audacieuse. J'en suis pantois. - Bonjour Gladis - B... Bonjour - Souhaitez-vous personnaliser votre pseudonyme et votre avatar ? - Euh... Non, ça ira. - Choix enregistrés. Merci. Veuillez patienter......................... Chargement terminé. Bon voyage Gladis. Dans un futur indéterminé, il existe un monde virtuel, ReV, où l'on peut gagner des niveaux et des points comme dans les jeux vidéos. Gladis va franchir le pas et goûter à sa première expérience. Commence alors un voyage dans l'imaginaire et elle sera accompagnée par Mr_IO, un joueur expérimenté qui ne sera là que pour la conseiller. Ne cherchez pas de logique, le programme travaille avec les souvenirs et le subconscient de Gladis. Un scénario plus complexe que prévu, il m'aura fallu deux lectures pour bien en appréhender toutes les subtilités et mieux comprendre les dernières pages (enfin j'espère). Une narration fluide, certains passages peuvent sembler simplistes et/ou abscons, c'est Alice au pays du virtuel. Édouard Cour fait écho à Joseph Campbell et à sa théorie du mono-mythe qui consiste à démontrer que tous les mythes antiques ont le même schéma narratif. Et ce schéma est ici reproduit. Ai-je tout compris ? Pas certain, mais j'ai aimé me plonger dans ce monde de geek, il s'en dégage une ambiance de conte futuriste. Coup de cœur pour le graphisme étourdissant.
Lulu et Nelson
J'étais un peu vénère en apprenant que Soleil a repoussé la sortie du tome 3, tellement je suis entré dans cette série à très fort potentiel dramatique et émotionnel. Initialement achetée pour donner du corps à un exposé CE2 sur l'Afrique du Sud, j'ai littéralement été happé par cette histoire. Tout d'abord, les couvertures sont très belles. Lucia et Nelson sont rassemblés dans une sorte de constellation argentée dans cet immense espace de liberté, j'adore. La liberté est bien le thème central de la série. Liberté irréfléchie de Lucia, la petite Italienne à qui tout est permis, même de prendre un bateau Sud-Africain toute seule avec un grand sourire du capitaine. Liberté à conquérir pour Nelson et son papa au risque de leur vie dans les pas de "Madiba". Mais qu'est la liberté sans la justice ? C'est le deuxième apprentissage de Lucia. Le "petit bourdon" à la tête si dure met en péril tous ceux qu'elle aime par son comportement égocentré de petite européenne. Heureusement si Lucia ne réfléchit pas beaucoup, elle a du coeur pour dix. Cela nous la rend très empathique mais surtout Lucia va découvrir qu'il y a la justice des hommes et la justice du coeur. Découvrir l'opposition entre droit positif et droit naturel à 10 ans peut être traumatisant surtout dans un pays comme l'Afrique du Sud en 1964. Charlotte Girard, Jean Marie Omont et Aurélie Neyret nous livrent là une série de premier ordre. Il/elles abordent ces thèmes fondamentaux de liberté, justice et égalité en direction d'un public 8/12 avec une justesse remarquable. Il/elles y ajoutent deux éléments qui pimentent le récit à l'extrême. Une intrigue dramatique à deux niveaux, le sort du papa de Lucia à la merci d'un juge et le sort du papa de Nelson à la merci d'Hendrick le fermier raciste qui élabore un plan démoniaque. A ce propos, réussir à faire tenir des propos racistes dans la bouche de Hendrick, ce qui est légitime dans le scénario mais avec la distance nécessaire pour qu'un jeune public ne se les approprie pas à dû être un casse-tête pour les auteurs. Exercice toujours périlleux mais réussi et qui fait coller le scénario au plus près de la réalité. Car la réalité historique est bien présente. "Madiba" est encore libre et enflamme d'espoir les millions d'Africains dans son pays et bien au-delà. "Madiba", c'est évidemment Nelson Mandela et la dernière page du tome 2 explique son parcours entre 1918 et 1964 l'année de son procès. Le deuxième élément est la rencontre de ces beaux animaux libres au cours des vagabondages des deux enfants dans la savane. De plus le dessin d'Aurélie Neyret est très beau avec ces bouilles à la Gazzotti dans Seuls. Un découpage très bien travaillé, des planches sur la savane et la faune Sud-Africaine qui raviront les jeunes et les moins jeunes. Des couleurs qui tombent piles avec les ambiances voulues. Du très très bon à mon goût. J'attends le tome 3 avec fébrilité tellement le scénar peut partir dans des voies différentes. (Nous sommes en 1964, pas en 1994). Si cette série était primée en 2023 à Angoulême, j'en serais très content.
Daytripper (au jour le jour)
C'est en lisant récemment Toutes les morts de Laila Starr avec la belle préface de Fábio Moon que j'ai eu envie de relire cet album. Deux comics qui traitent des mêmes thématiques, la vie et la mort, avec des ressemblances dans la construction narrative. Un récit qui à travers la vie ou plutôt les vies de Brás est un hymne au bonheur. On va suivre le parcours de Brás à plusieurs périodes de son existence et à chaque fois la mort sera au rendez-vous. Une narration non chronologique qui prend le temps de déployer son sujet pour mieux nous en donner sa vision, savoir profiter du moment présent. J'ai encore pris beaucoup de plaisir à me replonger dans ce comics. La mise en images est une réussite, tant dans la mise en page que dans les couleurs choisies. Le trait est tout en finesse, avec de nombreux détails et tous les personnages ont "des gueules". A lire et à relire, c'est comme les vaccins, il faut faire une dose de rappel de temps en temps. Forcément, toujours un coup de cœur.
Mon année
Je n'ai jamais lu une bd sur la trisomie chez les enfants. Réussite totale sur le graphisme et l'approche discrète mais profonde psychologiquement du scenario qui contribue à l'intérêt du titre et d'une suite.
Le Marquis d'Anaon
Quelle belle série ce « Marquis d’Anaon » ! J’ai emprunté l’intégrale de cette bande dessinée en souvenirs des bons avis des bédéphiles et je ne le regrette pas ! Et pourtant, son feuilletage n’a pas été évident au début car les aventures de ce marquis démarraient mal pour moi au premier tome, je m’explique : je n’aime pas les récits fantastiques, ésotériques et cet album « L’île de Brac » commençait justement par des rumeurs et des croyances qui sortaient du moyen-âge, ça me bardait ! Et puis, j’ai persévéré ma lecture et j’ai découvert un héros pragmatique sachant garder la tête froide au beau milieu de personnages irrationnels… Ce marquis, je l’ai adoré au fil des tomes, j’ai aimé son humanité, sa logique, sa sensibilité… Fabien Vehlmann, le scénariste, nous a vraiment pondu un héros intéressant comme je les apprécie ! Ce qui est captivant dans cette bande dessinée, c’est que les évènements se déroulent à mi-chemin entre l’époque moyenâgeuse et le siècle des lumières, c’est comme si nous lecteurs assistaient au passage de l’obscurantisme vers une ère faite de découvertes scientifiques à travers les péripéties de notre héros. Bien sûr, tous les récits racontés par nos deux auteurs ne sont pas réels, ce n’est pas des récits historiques que nous proposent Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme, le tout est romancé mais on a affaire à une très bonne série d’aventures. Cinq tomes du « Marquis d’Anaon » sont sortis jusqu’à ce jour, les auteurs auraient pu continuer cette série mais les chiffres de vente n’étaient pas à la hauteur des espoirs, ils ont donc dû l’arrêter… non pas brutalement puisque chaque album peut être lu indépendamment. A part le premier album « L’île de Brac » qui ne m’avait pas vraiment totalement enthousiasmé, tous les autres sont vraiment excellents parce qu’ils nous font voyager et parce que leurs récits sont suffisamment variés pour retenir l’attention sur les péripéties du marquis. Le graphisme de Matthieu Bonhomme est particulier. Le dessinateur était considéré comme partisan de la nouvelle génération d’auteurs, celle qui fréquentait l’atelier de la place des Vosges à Paris avec comme artistes Christophe Blain, Joann Sfar, etc… Rien que ça ! J’avoue que j’aime ce trait vivant parfois nerveux, parfois léger comme si les auteurs nous invitaient à ressentir les sentiments vécus par nos héros à travers leurs coups de crayon. Il y a quand même de sacrées belles planches dans cette bande dessinée au point que je serais curieux de feuilleter leurs versions noir et blanc… Dommage que la série soit arrêtée parce que je la considère comme une des meilleures bandes dessinées d’aventures que j’ai pues lire. Mais, il semble que les auteurs ne seraient pas contre le fait de redémarrer « Le Marquis d’Anaon » pour notre plus grand plaisir de bédéphiles… Je croise les doigts !
Giant Days
Une très chouette série qui décolle vraiment avec son tome 2 ! Le ton est agréable et l'écriture fluide. Le dessin de Lissa Treiman (une animatrice Disney) est vraiment cool et expressif. Et si la série change de dessinateur par la suite c'est pour évoluer avec le trait encore plus cool de Max Sarin qui fait des expressions absolument géniales aux personnages. C'est comme une chouette série à binger qui était pas mal en avance sur plein de sujets (les débats sur le féminisme, les amours LGBTQ+, les galères étudiantes etc.) mais en restant toujours drôle.