Les derniers avis (9697 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Heavy Liquid
Heavy Liquid

Et bien moi tout m’a plu dans cet album. J’ai beaucoup aimé le background riche, l’ambiance noire et désespérée du monde dystopique décrit, les personnages attachants, et l’intrigue, certes classique et assez linéaire, mais rondement menée et parfaitement construite. La narration est parfaite, j’ai avalé les 250 page d’une traite, et j’en ai pris plein les mirettes : le dessin est magnifique et très stylisé, et les scènes d’action sont dynamiques et réalistes. La toute fin n’est pas très claire (ou en tout cas ouverte à interprétation), mais c’est bien le seul (petit) reproche que je ferai à ce pavé, recommandable aux amateurs de polars d’anticipation un peu noirs.

12/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Partitions irlandaises
Partitions irlandaises

Crénom d’un chien ! Mais que c’est bon cet album de Kris et de Vincent Bailly ! Belfast aujourd’hui. Tim est protestant. Mary est catholique. Les deux tourtereaux se rapprochent au point qu’une idylle va naitre ! Ils s’aiment bon sang ! la vie est presque belle mais le funeste passé entre les unionistes et les indépendantistes ressurgi. Et dans ce passé pas si lointain, Tim et Mary ont semble t il des liens communs… sanglants ! Le passé va-t-il les rattraper ? Ne vous attendez donc pas à une bluette tranquillou. Au-delà de cette histoire d’amour naissante, c’est toute l’histoire tragique de l’Irlande du Nord qui ressurgit. L’intrigue est bien ficelée. Tous les éléments sont posés dans ce tome 1. Les personnages sont attachants. Il va falloir désormais patienter un peu pour connaitre le dénouement. J’attends donc la suite avec impatience. La mèche est allumée ! Le graphisme de Vincent est plutôt agréable. On peut dire qu’il a un joli coup de crayon le garçon. La violence est camouflée mais je vous l’assure elle est bien là ! Superbe ! Ce premier volet de la série est une vraie réussite. L’introduction est admirable. Je recommande chaudement.

12/06/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Malaterre
Malaterre

Le héros est un personnage horripilant au premier abord, égoïste, têtu et coléreux. Aveuglé par son envie de restaurer la soi-disant grandeur du domaine agricole familial, Gabriel va tout sacrifier pour y arriver, à commencer par sa propre famille. Cerise sur le gâteau, le domaine en question est une exploitation forestière en faillite au cœur de la jungle africaine. C’est très bien écrit, les dialogues sont crus et le ton monte facilement. Notre héros n’a pas beaucoup de patience et toute mise en doute du succès de son opération provoque sa colère. Il ne supporte pas !! Le dessin est à l’image du personnage : nerveux, faussement brouillon et les humeurs des personnages, traduites en bulles, apportent de la nervosité supplémentaire. Les planches de jungles ont superbes, elles dégagent de la moiteur et l’impression d’une immensité que l’homme ne pourra jamais contrôler. Comme le miroir de la tâche démentielle qui les attend pour remettre en état le domaine. Cette vie sauvage contraste évidemment avec la vie que les enfants de Gabriel vont trouver en ville. Là encore, c’est une totale nouveauté pour eux ! Après le désenchantement, vient l’adaptation et la découverte de la liberté. Côté ambiance, c’est très réussi. L’évolution des personnages où chacun se cherche, hésite ou refoule ses sentiments est bien traitée, c’est confus et incertain comme l’est leur situation. C’est très bien écrit, très bien construit et pas aussi simple qu’il y paraît au début de l’album. C’est moite à souhait, c’est nerveux... La complexité des personnages fait réfléchir. Pour moi, cet album est un gros coup de cœur !

12/06/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Difficile de ne pas tomber amoureux de Shangri-La dès qu'on a l'objet en main... Magnifique bande dessinée épaisse (220 pages) au dos relié en toile et à la couverture majestueuse, doté d'un excellent rapport qualité-prix, l'œuvre de Mathieu Bablet hypnotise avant même d'avoir été ouverte. L'impression de grandeur renvoyée par la couverture nous happe déjà. Et quand on l'ouvre, on n'est pas déçus... Chaque page est l'occasion pour Mathieu Bablet de nous offrir des compositions somptueuses, aux décors colossaux, et au trait extrêmement maîtrisé. Et de fait, la patte graphique de l'auteur-dessinateur est sans aucun doute ce qui séduit le plus. On est emportés, entraînés, envoûtés par Bablet et on découvre à sa suite les tenants et les aboutissants d'un monde futuriste aussi terrible que fascinant. Deux maladresses majeures subsistent néanmoins. Comme cela a été dit par la majorité des lecteurs, le dessin des personnages est très douteux. Autant les décors sont d'une rigueur et d'une majesté qui en imposent, autant les personnages sont simplistes, schématiques ; ils se ressemblent tous, ce n'est pas à la hauteur de ce qui les entoure. L'autre maladresse est peut-être plus grave : en voulant s'immiscer (et nous avec) dans les codes de l'anticipation, Bablet tombe dans tous les poncifs où on espère ne pas le voir tomber. On a donc droit à une situation qu'on a déjà vu dans des centaines de récits d'anticipation : humanité réduite à vivre entassée dans des espaces métalliques et restreints, grande organisation surpuissante qui dirige le monde (ou ce qu'il en reste), rébellion qui essaye de s'organiser en secret, (anti ?)-héros qui accomplit sagement sa mission sans en connaître tous les aspects, description au vitriol d'une humanité décérébrée, qui discrimine et martyrise les plus faibles pour mieux asseoir son orgueil... Tout cela n'est pas déplaisant en soi, mais c'est du réchauffé, et Bablet prend le risque de se confronter aux plus grands œuvres de science-fiction qui ont déjà fait tout ça en mieux. Et pourtant... Plus le récit avance, plus on se rend compte que Mathieu Bablet ne fait appel aux poncifs de la SF que pour mieux les détourner. Ainsi, il rebat peu à peu les cartes qu'on croyait avoir en main, et de là, développe une réflexion étonnamment puissante sur l'humanité, sur la frontière entre le Bien et le Mal, et surtout, sur la servitude volontaire. Décrivant une forme de totalitarisme bien moins héritier d'Orwell que d'Huxley (voir son brillant Le Meilleur des mondes), Bablet décrit la pire forme de totalitarisme qui soit, une forme de totalitarisme consenti où la population serait consciente de sa servitude, mais l'accepterait sans problèmes tant que celle-ci servirait son confort individuel. Certains dialogues sont ainsi d'une remarquable intelligence, en refusant d'opposer systématiquement le gentil peuple qui n'a rien demandé et les quelques personnes avides qui le dominent sans aucune empathie. Ici, les choses sont présentées d'une manière bien plus subtile et aussi bien plus noire, car montrer les humains participant à leur propre esclavage est sans doute une des visions les plus noires du futur que l'on puisse imaginer... mais peut-être aussi une des plus réalistes, tant j'ai l'impression, en regardant autour de moi, que nous y sommes parfois déjà ! Ainsi, malgré le simplisme apparent de la première moitié du récit, la deuxième moitié pousse les curseurs beaucoup plus loin, donnant à l'œuvre une portée philosophique, sociale et politique extrêmement captivante, fine et nuancée. Cela occasionne d'ailleurs quelques scènes d'une noirceur assez pénible à supporter (je ne me suis pas encore tout-à-fait remis de la séquence dans l'Arche), mais de ce fait, d'autant plus percutante. A ce titre, la mise en scène de Mathieu Bablet renforce le côté épique de ce space opera, qui ne manque pas de morceaux de bravoure. Que ce soit lors des moments tragiques ou des moments héroïques, le montage des planches, les jeux de couleur (le sang qui gicle lors de la révolte, brisant l'harmonie d'images presque toutes bleues), l'impression de grandeur et de vide accentuent les sensations presque physiques du lecteur, ébahi devant une telle intensité. Certes, la mise en scène est parfois un peu confuse (le combat entre les trois mékas) tout comme la narration (la fin est un peu absconse), mais elle est toujours à la hauteur de la narration : ample et grandiose. Elle nous prend aux tripes pour nous immiscer dans la peau et dans la perception des personnages. Alors certes, Shangri-La possède trop de légers défauts pour être hissée au rang de chef-d'oeuvre, mais elle revêt une telle puissance qu'on peut tout de même y voir une grande œuvre de science-fiction, qui se donne les moyens d'être l'épopée humaine et spatiale qu'elle cherche à être. On n'a plus qu'à attendre qu'un grand réalisateur s'empare de l'affaire pour donner à ce récit l'adaptation qu'il mérite...

11/06/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pulp
Pulp

Max Winter est un vieil homme qui écrit des histoires de cowboys inspirées de sa jeunesse. Mais les temps sont durs et de jeunes auteurs ne demandent pas mieux que de prendre la relève. Max a besoin d’argent et il ne voit qu’une façon d’en trouver : revenir à ses anciennes activités de hors-la-loi. Ce vieux monsieur qui n’a pas compris que les temps avaient changé depuis longtemps inspire la pitié. L’histoire se passe dans le New York des années 1930 alors que la montée du nazisme se fait sentir même aux Etats-Unis. C’est bien glauque, bien noir et il se dégage une très belle émotion de cette histoire. Les allers et retours entre le présent et le passé de Max sont très élégants graphiquement. Chacun est prisonnier de son destin pourrait être un des enseignements de ce récit.

11/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Paco les mains rouges
Paco les mains rouges

Cette BD a reçu le prix décerné par … Lulu la nantaise ! excusez-moi du peu ! je vois bien que vous êtes perplexes ! La rédaction de tous les sites du réseau ARTS dont fait partie 9ièmeArt est basée à Nantes. Je ne peux donc pas passer sous silence un prix nantais décerné à une bande dessinée d’auteurs nantais ! Wouais je suis peut-être un peu chauvin mais franchement cette série est une tuerie ! Mon palpitant en a pris un coup ! Lecture d’une seule traite. La Guyane et son bagne ! C’est le décor de l’histoire. Une narration comme si vous y étiez. L’atmosphère sordide qu’ont vécu les condamnés aux travaux forcés va vous coller à la peau. La descente aux enfers est subjuguante. Pas une minute de répit. Vous serez tenu en haleine et surtout vous ne pouvez sortir de votre lecture indemne. Tout est réglé comme du papier à musique. Les dialogues sont étudiés. Le rythme est cadencé. Pas de modération dans les propos. C’est cru mais bien dans le tempo de l’histoire. Nous sommes bien en territoire oppressant où règne la loi du plus fort. Paradoxalement dans ce climat putride et violent, c’est bien une histoire d’amitié (voir plus !) qu’Eric Sagot et Fabien Vehlmann nous relate ! Le ton est juste. Un peu d’humanité et d’espoir dans ce monde de brutes ! C’est magnifique. Le graphisme est tortueux et anguleux. Le trait est épais. La colorisation est en tons sépia. Même si pas un grand fan de ce type de dessin, j’avoue que c’est adapté pour décrire cette atmosphère suffocante. C’est brillant. Cette BD un petit bonbon acidulé à déguster sans modération. Je recommande chaudement.

10/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Feuilles volantes
Feuilles volantes

Alexandre Clérisse est un auteur singulier dont on reconnait le style instantanément. Son trait faussement naïf, ses couleurs vives et franches, ses compositions travaillées, ses mises en pages variées et régulièrement originales sont autant de signes indicateurs d’un talent unique. Mais pour pouvoir mettre ce trait en avant, l’auteur doit pouvoir s’appuyer sur un récit capable de s’en nourrir. Et c’est le cas avec cet album dont il signe également le scénario. Déjà parce que ce scénario se déroulant à trois époques différentes, Alexandre Clérisse peut laisser voguer son imaginaire sur la partie futuriste et user avec talent de son trait naïf sur la partie moyenâgeuse. Seule la ligne narrative se déroulant sur le temps présent demeure plus conventionnelle… mais dispose de son charme personnel. Ensuite, ce scénario fonctionnant à la manière d’une mise en abyme, il offre des passages dans lesquels la mise en page peut se libérer des carcans classiques. Un passage en particulier, dans lequel les trois lignes temporelles s’entrechoquent, démontre toute l’originalité dont Alexandre Clérisse est capable. L’histoire, elle, permet à l’auteur de développer une réflexion sur l’innovation nécessaire dans l’univers de la création (et dans celui des récits illustrés dans le cas présent). Pour ceux qui ont pu profiter de l’expérience du ‘Ruban Monde’ au musée de la bande dessinée à Angoulême, ils retrouveront ici certaines créations qui s’en inspirent, confirmant tout l’intérêt d’Alexandre Clérisse pour les nouvelles technologies et les possibilités d’innovation et d’expérimentation qu’elles proposent. Si j’avais eu la certitude d’avoir tout compris à la conclusion de ce récit et à la résolution du mystère qui lie les trois personnages (et surtout le rôle et les capacités que possède un quatrième), j’aurais accordé le 4/5 sans hésiter. J’ai adoré la partie visuelle, j’ai bien aimé l’originalité du récit, il me manque juste cette limpidité dans les explications finales qui m’aurait laissé sur le cul. Gros coup de cœur, en tous les cas, visuellement parlant.

09/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ours
Ours

Belle surprise que cet album jeunesse ! Que ce soit sur le sujet abordé et la façon de le traiter, nos deux auteurs nous proposent un album tout en finesse qui ravira autant les jeunes lecteurs que les adultes. Ours, qui n'en est pas un, mais qui est un chien dévoué à son maître Patrick, va soudainement perdre la vue. Un comble pour un chien d'aveugle qui voit son univers s'écrouler ainsi que sa raison de vivre... Suivants les pernicieux conseils d'une bande de ratons laveurs, Ours va se retrouver à battre la campagne en espérant trouver une solution pour recouvrer la vue. Ben Queen et Joe Todd-Stanton réussissent un petit coup de maître avec cet album carré en trouvant un équilibre parfait. Que ce soit les idées originales pour faire comprendre au lecteur l'utilisation de ses autres sens, l'universalité du propos et des publics qui transpire de ce graphisme simple mais pas simpliste, on se laisse captiver et embarquer dans cette aventure. Au fil des rencontres animales que va faire Ours on apprendra également pas mal de choses sur la cécité sans que cela devienne didactique ou barbant. Voilà donc un album jeunesse (mais pas que !) qui mérite le détour pour le sujet qu'il aborde de façon intelligente tout en restant divertissant.

09/06/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Safrane Chu
Safrane Chu

Après Tony, le détective cannibale, série absolument généralissime, cette préquel nous propose de découvrir les aventures de sa soeur. La trame et le découpage sont semblables en tout point à la série mère. Un découpage en chapitres bien ficelé, des prologues loufoques, une voie off aux petits oignons qui rythme la narration et apporte régulièrement une petite touche d'humour. Et bien sur, en plat de résistance un polar teinté de pouvoirs alimentaires, évidemment, mais sans en abuser. On n'est pas dépaysé et c'est tant mieux. Si l'intérêt de certains spin-off est discutable, les aventures de Safrane ne sont pas du tout de ceux là. On garde l'esprit et le style d'origine et on enrichit l'univers. Cette histoire se passe avant Tony Chu, on y apprendra pleins de choses interessantes, sur Tony, sur sa famille, sur les éléments à l'origine de cette crise du poulet... Ce n'est pas juste un prétexte à nous servir des idées qui n'aurait pas été utilisée dans la série principale. Le scénariste se renouvelle juste ce qu'il faut et la trame de l'intrigue se révèle être très interessante. Et les touches de déconne sont tout aussi efficaces. Un petit effort malin est fait sur les nombreux pseudonymes des personnages et ça marche nickel. Le dessinateur n'est pas le même, et sans atteindre la maestria de Rob Guillory, le dénommé Dan Boultwood s'en sort très bien. Légèrement plus cartoon mais toujours dans l'esprit, son style colle également bien à l'esprit et l'histoire. Bref, c'est un plaisir de se replonger dans l'univers de Tony Chu. Le second tome enfonce le clou. On laisse Tony de coté et on est maintenant focalisé sur les aventures de Safrane. On pourrait dire que le premier tome a permit d'introduire l'histoire en faisant lien avec la série principale, et que maintenant la série trace sa propre route et prend son indépendance. L'esprit barré est toujours autant jubilatoire, évidement il faut aimer ce style décalé, mais en la matière je crois que le scénariste est un génie. Il y a des bonnes idées dans tous les chapitres (pour pas dire toutes les pages). Une fois c'est un flash back hyper malin, une fois c'est un découpage hyper original, une autre fois ce sont des détails rigolos cachés dans les planches, une autre fois ce sont les dialogues marrants qui font mouche, ... bref ça fourmille d'éléments excellents du début à la fin. Et comme tout ça est au service d'une intrigue de plus en plus captivante, que demander de plus ? Vivement la suite !

31/10/2021 (MAJ le 08/06/2022) (modifier)
Par Alix
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Pays de la nuit
Le Pays de la nuit

Rodolphe et Marcelé ont collaboré sur plusieurs albums, dont Markheim et Une nuit avec Lovecraft qui m’avaient beaucoup plu. Je me suis donc tout naturellement intéressé à cette histoire de science-fiction, et je ressors assez satisfait de ma lecture. Le scenario est pourtant assez convenu. La ficelle scénaristique qui explique les évènements mystérieux est usée, et j’ai compris assez rapidement de quoi il retournait. La fin m’a à ce titre pas du tout surpris. J’ai toutefois adoré suivre les mésaventures un peu loufoques et oniriques de nos 3 protagoniste, j’adore ce genre d’ambiance étrange et inquiétante. Le style graphique de Philippe Marcelé est particulier et très charbonneux, mais moi j’aime beaucoup. Un album que certains trouveront peut-être trop convenu. J’ai personnellement passé un bon (mais court) moment de lecture.

08/06/2022 (modifier)