Les derniers avis (9697 avis)

Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Naduah
Naduah

Naduah est une histoire forte dont le sous-titre "Coeur enterré deux fois" illustre bien la vie. Séverine Vidal dans l'interview de fin d'album indique toujours partir des personnages quand elle commence ses histoires. C'est là sa grande force celle de brosser des personnages bien construits auxquels on s'attache. Elle utilise ici un personnage fictif, une petite fille se prénommant Annabel, pour faire le lien entre Naduah et le lecteur. L'enfant est en dehors des préjugés de son époque et pose un regard innocent sur l'indienne. La tragédie de Naduah n'est pas dans son premier enlèvement, même s'il est violent, car elle s'adapte et trouve le bonheur dans la tribu. Non, la tragédie vient du second enlèvement celui censé la sauver de la sauvagerie mais qui la sépare de son mari et de deux de ses enfants ce qui la rendra malheureuse pour le restant de sa vie. Le récit s'attarde moins sur les épisodes violents que sur les moments d'échanges et de bonheur de Naduah renforçant l'impact des uns et des autres. Le dessin de Vincent Sorel retranscrit parfaitement le scénario. On trouve de belles cases pleine page pour les grands espaces et d'autres mettant bien en avant les émotions des personnages. La colorisation douce la plupart du temps est plus ''forte'' lors des deux scènes de bataille avec le choix du rouge et de couleurs sombres. C'est un très bel album pour découvrir le destin de cette femme maltraitée qui aurait pu vivre heureuse mais dont les hommes ont choisi le destin.

17/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Sorcière en haut de la montagne
La Sorcière en haut de la montagne

C'est au festival des Journées de la BD du Pellerin que j'ai découvert cet auteur danois. Amateur de fantastique et toujours curieux de découvrir de nouveaux horizons, j'ai flashé sur la couverture de cet album : aventure et fantastique s'invitent au menu ! Cette BD sans texte nous plonge dans les basques d'une aventurière qui rappellera forcément Lara Croft aux amoureux du genre "aventure". Déterrant la relique d'une tête momifiée, notre belle dégourdie va rapidement se retrouvée poursuivie par une horde de squelettes déchaînés... C'est fun, ça gicle, ça défouraille et ça bataille, Rune Ryberg a le sens de la narration efficace et concise. Tellement qu'on avale d'ailleurs son album d'une traite de façon assez rapide, c'est le seul reproche que je ferais à cette BD, qui derrière un premier degré très classique s'interroge sur la place et le rôle de chacun tout en allant au bout de ses objectifs. Côté dessin Rune Ryberg aime jouer avec des couleurs saturées, ici le rose, pour assoir un dessin très cartoonesque (on voit que monsieur a bossé dans l'animation) qui passe à merveille dans ce registre aventuro-fantastique. A la fois drôle, percutant et tout en esbroufe, cet album haut en couleur vaut le coup d'oeil ! (3.5/5)

17/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Méridien
Méridien

Pfiouuu !!! Quelle claque graphique encore ! Et pas que ! Briac et Arnaud Le Gouëfflec nous embarquent dans une aventure originale en pleine période des Lumières ! Une expédition de savants français part de Brest pour l'Amérique du Sud afin de mesurer la forme de la Terre. Entre le cartésianisme de ces nobles scientifiques français mandatés par le roi et le mysticisme et la dure réalité de ces terres sauvages, le choc des cultures va être rude ! Ajoutez à cela des égos que n'auraient pas renié les frères Montgolfier pour faire voler leurs fiers engins, des autochtones et/ou colons espagnols pas si avenants que ça, et vous n'avez là qu'un infime aperçu du terrain de jeu sur lequel vont évoluer nos scientifiques de salon ! Dès les premières pages on est happé par le graphisme de Briac, qui, avec sa palette bigarrée et ses planches texturées nous embarque dans ce monde tortueux et contrasté. Les différentes ambiances dans lesquelles évoluent nos protagonistes sont (dé)peintes de façon merveilleuses, hypnotisantes pour le lecteur. Que ce soit les nuits brumeuses sur les hauteurs andines, dans les salons rutilants de la noblesse hispanique ou dans les profondeurs de la jungle amazonienne, l'immersion est totale ! Il n'est qu'à se laisser porter pour découvrir l'histoire de cette expédition méconnue qui a pourtant marqué son époque. Un album magnifique à découvrir sans attendre !

17/06/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Itinéraire d'une garce
Itinéraire d'une garce

J'ai rarement lu une bd aussi bien écrite, aussi juste et avec une belle âme. J'y reviendrai. D'abord, présentation des autrices : - Céline Tran, 43 ans, a étudié à Sciences Po, mais elle est plus connue sous son pseudo d'actrice de films X de 2001 à 2013, Katsuni. - Grazia La Padula, dessinatrice italienne de 41 ans. En 2007, elle gagne le prix "jeunes talents" au festival d'Angoulême. Élise a 52 ans, elle est journaliste pour un magazine féminin à Paris. Avec son mari, c'est le train train quotidien, mais sa vie va basculer, elle va découvrir l'infidélité de celui-ci et cerise sur le gâteau, la ménopause arrive. La force de cette bd, c'est sa narration, chaque chapitre dévoile l'évolution progressive d'Élise, son cheminement pour devenir la "vraie" Élise, celle qui va découvrir et accepter son corps, le plaisir qu'il peut lui procurer, le pouvoir qu'elle peut avoir sur les hommes et surtout de s'aimer. Je disais donc, une qualité d'écriture d'une justesse qui fait mouche à chaque fois avec une émotion à fleur de peau. "Je te faisais confiance. Pourquoi nous as-tu abîmés ? Tu es mon homme, la pièce maîtresse de mon équilibre et ses petits bonheurs. Aujourd'hui, je ne suis plus vraiment sûre. Qui es-tu vraiment ?" "Je suis désarmée, petite, laide, impuissante. Périmée ? Tu as peut-être raison, après tout. Les garces ont gagné." "Si le sexe peut se faire blessure,  humiliation, vide, frustration, il peut être tout autre chose. Quelque chose de rare, d'inestimable. ..... Quelle tristesse de ne découvrir cela qu'aujourd'hui, quel gâchis !" Quelques extraits de textes glissés entre chaque chapitre pour vous mettre l'eau à la bouche. Ces textes sont des atouts supplémentaires pour comprendre les émois d'Élise. De la prose. L'évolution d'Élise ne se fera pas naturellement et le dénouement vous surprendra. Mais comment ne pas s'attacher à Élise, à s'y identifier. C'est drôle, tendre, bouleversant, jamais vulgaire et surtout, cela émeut.  Vous n'emploierez plus les mots "garce et salope" de la même manière. Une belle âme disais-je. Un superbe dessin tout en rondeur qui est sublimé par une colorisation dans les tons sépia et qui retranscrit toute la sensibilité et la sensualité de ce one shot. A lire absolument, que vous soyez adepte ou non de bd érotique, mais on se rapproche plus du roman graphique. Une bd profonde par les thèmes explorés et qui vous fera peut-être réfléchir sur votre sexualité. ;-) Note réelle : 4,5.

15/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Malcolm Max
Malcolm Max

Après lecture du premier cycle de trois tomes, je n’espère qu’une seule chose : que de nouveaux cycles d’une égale qualité voient le jour ! Malcolm Max est une série policière mêlant un univers steampunk à des références fantastiques. Une assistante à moitié vampire, un savant fou digne du docteur Frankenstein, l’ombre de Sherlock Holmes, voisin de deux gamines surdouées, des personnages illustres tels que la reine Victoria ou Nellie Bly, un tueur en série digne de Jack l’Eventreur revenu d’entre les morts, des spectres exigeantes, des humanoïdes serviles, un Londres en pleine mutation... Il n’y a pas à ergoter : l’univers est riche et multiplie les clins d’œil. L’enquête tient incontestablement la route. Il s’agit en fait d’une double enquête qui, d’une part, débute avec la disparition de nombreux cadavres et, d’autre part s’intéresse aux agissements d’un tueur en série aux méthodes similaires à celles d’un condamné à mort exécuté depuis peu. Le dessin est précis et élégant. La colorisation assez terne cadre bien avec l’ambiance de la série sans entacher la lisibilité des planches. Les compositions sont relativement diversifiées même s’il ne s’agit à aucun moment de nous offrir des planches « de démonstration », le dessin restant toujours avant tout au service de l’histoire. La narration est très présente. A l’ancienne, elle décrit bien souvent ce que l’on voit dans la case… mais elle use d’un style souvent décalé, sarcastique ou pince-sans-rire, et du coup, c’est un réel plaisir de lire ces textes. Les personnages sont tous intéressants et tous présentent plusieurs facettes. Ainsi Malcolm Max peut à la fois se montrer brillant détective ou redoutable boxeur et se couvrir de ridicule ou s’en prendre plein la tronche en fonction des circonstances et de ses opposants, ce qui le rend d’autant plus attachant. A la fin du troisième tome, nous avons toutes les réponses attendues et la série pourrait sans problème s’arrêter là… mais bon ! Pour ma part, je suis prêt à en reprendre une petite louche ! C’est Allemand, c’est verbeux, c’est steampunk, c’est fantastique, c’est bourré de références, c’est Victorien, c’est joliment dessiné, c’est dynamique, c’est Malcolm Max (et c’est du tout bon).

10/09/2020 (MAJ le 15/06/2022) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon destin... entre les mains des femmes
Mon destin... entre les mains des femmes

Ce qui est un peu triste avec les mangas c'est que souvent dans une série que j'adore il y a un ou des éléments du scénario qui m'agace voire même m'horripile. Par exemple, un manga avec des moments sombres qui finit sur une bonne fin heureuse un peu gnangnan ou encore un manga harem qui finit avec le héros qui se fait violer par la plupart des filles pendant qu'il était dans le coma et lorsqu'il se réveille il se fait tabasser par deux autres filles pour être un gros pervers. Ici, le problème est clair si on a lu le résumé : notre pauvre héros meurt et se retrouve dans un jeu vidéo pour filles (plus précisément, un otome game, un jeu où on joue une héroïne qui a plusieurs amoureux potentiels) où les femmes dominent les hommes (et en plus le résumé exagère vraiment cet aspect, je pense que ça a été écrit par un stagiaire qui a dû lire la moitié du premier chapitre) et tout de suite ça sent le truc misogyne du genre 'oh mon dieu les femmes au pouvoir ça va être la fin du monde pour les hommes' et il y a un peu de ça au début, mais heureusement il y a des trucs qui contrebalancent par la suite. En fait, je recommande de lire ce manga après la sortie de 3-4 tomes parce que cela s'améliore vraiment au fil des chapitres et la plupart des pires éléments de ce côté se retrouvent dans les premiers chapitres qui sont vraiment exagérés. Non parce que non seulement notre pauvre héros est forcé de travailler depuis qu'il est enfant, et lui et ses frères dorment dans un entrepôt, mais en plus sa méchante belle-mère veut le fiancer à une femme de 50 ans et l'envoyer dans l'armée juste dans l'espoir qu'il se fasse tuer et que sa femme touche sa pension. Après ça, on s'attend presque à ce qu'un groupe de méchantes féministes débarque et viole le héros et ensuite le poursuive pour harcèlement sexuel. Le pire est qu'en fait, contrairement à ce que dit le résumé la société n'est pas 100% dominée par les femmes. Ce n'est pas le cas chez les nobles de hauts rangs (vous savez ceux qui ont le plus de pouvoir dans une société monarchiste), cette situation se retrouve uniquement chez les petits nobles pour une raison que je n'ai pas comprise (le moment où on explique la situation n'a pas encore été adapté en manga... j'ai lu l'explication sur internet et j'ai pas trop compris si cela faisait sens ou non). En fait, on aurait pu facilement faire un scénario où l'oppression est basée uniquement sur la hiérarchie sociale, il y a déjà plusieurs éléments comme ça dans le scénario : la belle-mère du héros agit plus comme un propriétaire terrain qui fait chier ses parents issus de rang inférieur, les 5 héros du jeu vidéo peuvent agir comme des gros cons à l'académie parce qu'ils sont des nobles importants (le prince peut même traiter sa fiancée comme de la merde en public, les autres étudiants ont trop peur de lui pour faire quoique ce soit), l'héroïne se fait harceler parce que c'est la seule roturière dans une école de nobles... Bref, vu que le héros est un petit noble, il n'y avait pas besoin d'ajouter des méchants femmes misandres dans le scénario, ou alors juste donner ce rôle à la belle-mère méchante et puis c'est tout. Le pire pour moi est que les filles nobles jouissent d'une liberté sexuelle que l'auteur ne semble pas approuver et qui me semble hypocrite vu la vie sexuelle de plusieurs héros d'autres light novels. Bon maintenant que je me suis plaint de ce que je n'ai pas aimé dans le scénario, pourquoi est-ce que je mets tout de même 4 étoiles et qu'en plus je mets un coup de cœur ? Eh ben tout simplement parce qu'il y a aussi de bonnes choses et en fait pour le moment c'est un manga/light novel qui me passionne. J'ai regardé l'anime (dont le dernier épisode va sortir dimanche prochain) et ce n'est pas une très bonne adaptation, mais il y avait des éléments dans le scénario qui m'ont poussé à regarder les nouveaux épisodes et très vite je suis allé voir l'adaptation en manga que j'ai fini par dévorer. Premièrement, histoire de clore le côté 'guerre des sexes 'du récit, après 4-5 chapitres où on a l’impression que toutes les filles nobles sont méchantes, il y a des contre exemples qui sont introduits et aussi il y a plein de nobles de sexe masculin qui agissent comme des cons. Et lorsque plusieurs volumes plus loin, les vrais méchants sont finalement introduits, la plupart sont des hommes et ne sont pas décrits de manière très sympathique. C'est pas juste un scénario 'toutes les femmes sont des garces et les hommes des pauvres victimes' comme le fait croire le résumé. Deuxièmement, les personnages principaux sont terriblement attachants. Le personnage principal, Leon, a un côté troll amusant et aussi le scénario montre lorsqu'il va trop loin ou fait des erreurs. C'est pas un connard qui peut agir comme un connard parce que la société est trop trop méchante avec lui et c'est correct de faire du mal aux autres personnages parce qu'ils sont tous mauvais (éléments qu'on retrouve dans plusieurs light novels où le héros peut se venger sans problème de la société en commettant des crimes). Les deux héroïnes, Olivia et Angelica, sont très bien décrites. L'originalité est que dans le jeu vidéo la première était l'héroïne et la deuxième la méchante rivale riche, mais des événements vont changer le cours du scénario et va les affecter et changer leurs rôles. Leur relation avec Leon est aussi intéressante. Contrairement à plein d'autres mangas ou d'animes, la relation entre les deux filles est aussi forte qu'entre elles et le héros. C'est vraiment une relation égale entre les trois et on imagine que s'ils finissent ensemble, c'est parce que tous les trois s'aiment et c'est pas juste deux filles qui aiment le même mec et décident qu’elles n’ont aucun problème à le partager. Ces deux personnages féminins sont très bien écrits, surtout que le scénario prend son temps pour développer leurs relations avec le héros et aussi il y a peu de fan-service donc ce ne sont pas deux belles filles sexy qui se retrouvent à poil toutes les 5 pages et veulent immédiatement coucher avec le héros après un ou deux chapitres parce qu'il les a sauvées d'un méchant monstre ou un truc du genre (en fait, on peut se demander si l'auteur du light novel originel n'a pas juste remplacé une misogynie très fréquente dans ce type d'œuvres par une autre). Le scénario est prenant, si certains éléments du scénario ne sont pas très bien pensés, d'autres au contraire sont très bien pensés. Ainsi, les actions des personnages ont des répercussions même si dans le monde clos de l'académie, les hauts nobles semblent faire ce qui leur plait. Le scénario s'amuse avec les codes des jeux de types otome game. Ainsi, la grosse méchante fille n'est peut-être pas aussi méchante que ça et a des raisons valables pour agir comme elle le fait. Ou encore le héros qui détestait ce jeu vidéo finit par trouver des éléments positifs et comprendre qu'il s'est trompé sur certains points. L'humour est très drôle, le drame fonctionne bien. Cerise sur le gâteau, le dessin est très bon alors que sur d'autres adaptations de light novels c'est clairement une œuvre de commande avec des dessins peu inspirants. Donc voilà un manga avec des défauts et des qualités que j'aime bien malgré tout. Il faut juste attendre la sortie de quelques tomes avant de le lire. Le seul point vraiment négatif est que j'ai lu plusieurs critiques négatives disant qu'après le premier arc narratif, la série devient moins bonne. En ce moment, le manga adapte le dernier tiers du premier arc... On espère que cette adaptation se termine après, histoire de finir sur une bonne note ?

15/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X
Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X

Ouah 15 ans déjà !! Je me souviens encore de l’achat de ce petit album, ça avait l’air terrible et ça ne s’est pas démenti après lecture. L’impression d’avoir trouvé une petite œuvre sous le manteau, un rien confidentielle et toujours (malheureusement) injustement méconnue. La petite relecture récente n’a pas modifié mon ressenti, toujours aussi bon, une œuvre fort attachante. L’album compile 4 (faux) fanzines, les couvertures et dos sont à chaque fois en papier glacé, une édition de qualité. On retrouve à l’intérieur le format classique fanzine : sommaire, édito, petites annonces, pubs … entrecoupé de nombreux strips. J’ai adoré de bout en bout, il faut tout lire, certains détails sont hilarants (le coupon d’abonnement, l’organigramme etc …). Le fond épingle le médium de la bande dessinée sous toutes ses formes (éditeur, auteur, lecteur, critiques …), le tout sous la moulinette caustique de James et de la tête X, leurs fameuses humeurs. Quelques vérités bien senties, le tout est franchement bien vu et très drôle, alors que certaines critiques vont sur des choses que j’apprécie grandement. Pendant longtemps, j’ai cru que seul James était à la barre et que la tête X était un acolyte fictif pour la mise en scène. Grave erreur, derrière ce nom se cache Boris Mirroir. Les 2 auteurs forment une bonne équipe, une belle osmose. N’étant pas encore de grands noms, on sent le début, le(s) dessin(s) n’est pas encore à son apogée mais le ton est très libre, personne n’est épargnée. A noter le clin d’œil de quelques guest star (Trondheim, Sfar, Bouzard et B. Mirror) qui jouent le jeu de la carte blanche pour un jeune auteur, la grande classe. A (re)noter que depuis, les auteurs ont publié dans des collections ou chez des éditeurs écornés gentiment. Un bien chouette album, une lecture dense, mordante, originale, amusante et qui me ravit à chaque fois. Franchement bien +

14/06/2022 (modifier)
Par Laure B
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Assiégés
Les Assiégés

Sortie en avril 2022, cette bd fait l'unanimité parmi les lecteurs de BD. Et pourtant : Pourtant il faut passer l'étape du résumé : "encore une histoire sordide d'immeuble squatté ?", "encore un polar ?" Pourtant il faut passer l'étape de l'image de couverture avec cet énigmatique immeuble orange qui barre l'horizon. Pourtant il faut passer les premières vignettes, très grises et très sombres. C'est une histoire à tiroirs, qui commence et finit par la réunion d'une bande de braqueurs qui vient de se faire le bureau de poste du coin, et qui va entamer le partage des gains. L'un d'eux remarque une drôle de peinture accrochée au mur, signée d'un drôle de peintre "Faustino, le peintre fou". C'est l'occasion pour le chef de la bande de raconter cette histoire. Une histoire de crime, de vengeance, de caïds, de banlieue, de flics. Une histoire d'amour aussi, et l'histoire sombre tragique de ce peintre, reclus volontaire dans cet immeuble. Le scénario est impeccable dans sa maitrise et sa noirceur. L'album se dévore très facilement. Et le dessin. C'est extrêmement rare que je sois séduite par un dessin. Là, tout est juste. Un dessin expressionniste qui s'accorde à merveille aux propos. C'est véritablement un très bel album.

14/06/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La saga de Pelle (Snaergard, Nordlys)
La saga de Pelle (Snaergard, Nordlys)

Quelle aventure ! Mosquito réédite cet album originellement paru aux défuntes Editions Du Long Bec, et bon sang que c’est bon. L’histoire est une grande saga historique de 180 pages, remplie d’aventure, d’action, de trahisons, de malédictions, de conflits familiaux… L’intrigue est passionnante, j’ai avalé l’album d’une traite, impossible de le refermer avant d’apprendre si Pelle et ses compagnons vont réussir dans leur quête désespérée. Surtout que la mise en image est sublime, les paysages scandinaves anguleux et majestueux sont parfaitement représentés, et l’auteur a clairement fait beaucoup de recherches sur les accoutrements, bâtiments, armes etc. comme en témoigne d’ailleurs l’excellent « making off » inclus dans cette réédition. Un délice pour les yeux. Une aventure épique. Je me laisse emporter sous le coup de l’émotion et j’attribue la note maximale… et un coup de cœur, bien entendu !

14/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Seraphin Cantarel
Seraphin Cantarel

Quand je vois les avis négatifs sur cette Bd, j'ai envie de la défendre parce que moi j'y vois avant tout un intérêt patrimonial, poussé par ma passion des monuments que je photographie depuis près de 30 ans. Je pense que cette Bd s'adresse sans doute plus à des gars comme moi, amoureux du patrimoine plutôt qu'à de vrais amateurs de polar, cet élément faisant certes partie de l'ensemble mais n'étant en fait qu'accessoire pour servir les formidables décors dans lesquels sont situés des meurtres. En cela, ça me fait un peu penser à la série TV "Meurtres à ..." dont chaque épisode se déroule dans une région de France (ou une ville célèbre comme La Rochelle, ma ville natale) destinées à valoriser des lieux magnifiques. Sauf que dans ces épisodes d'ailleurs très inégaux, les enquêtes sont privilégiées et une petite part psychologique intervient. Corbeyran habitant Bordeaux, a choisi pour le 1er album le phare de Cordouan, ce n'est sans doute pas un hasard, j'avoue avoir été de suite attiré par cet album, même si j'adore autant le Mont Saint-Michel, mais comme j'en ai parlé dans d'autres Bd, notamment dernièrement dans Les Flammes de l'Archange, je veux surtout m'intéresser au phare des rois, au roi des phares parce que c'est chez moi, Cordouan étant situé au bout de l'estuaire de la Gironde, entre le Verdon-s/Mer en Gironde, et Royan en face en Charente Maritime. Je le connais parfaitement, je ne l'ai visité qu'une fois, il y a une dizaine d'années, mais ça vous marque à vie parce que c'est une véritable aventure ; j'avais pris le bateau au Verdon, à marée haute, le bateau vous dépose non pas sur les marches du phare comme il est dit dans l'album, pour des raisons évidentes de sécurité, mais sur la jetée submersible reliée à la porte du phare. On est accueilli par les gardiens, et on commence à être émerveillé par le décor Renaissance du monument (dans sa partie basse, le fut ayant été rehaussé au XIXème). C'est le dernier phare de France encore gardienné, tous les autres phares du littoral français ont été automatisés. La visite est très instructive, on apprend plein de trucs, les gardiens nous racontent les jours de tempête, les déprédations subies par le phare par des abrutis qui ne respectent rien, la vie sur le site, les jours de relève etc... la solitude maritime est indescriptible, et le retour se fait à pied à marée basse (faut enlever ses godasses, ça on ne nous le dit pas au départ, c'est la surprise) pour rejoindre une barge qui vous ramène au bateau. Je me souviens que marchant sur les bancs de sable entourant le phare, ça m'avait permis de prendre de belles photos, c'est vraiment impressionnant. Voila, c'était mon p'tit moment anecdotique, passons à la Bd. Il s'agit encore d'un détective amateur et à l'ancienne, on avait déja La Brigade de l'étrange et Fanch Karadec pour le côté breton, Le Sang de la vigne autour d'enquêtes viticoles (scénarisées déja par Corbeyran)... bref c'est un secteur qui marche bien, mais ici, le personnage de Cantarel est avant tout Conservateur des monuments nationaux, c'est donc un petit plus et un atout pour mettre en lumière des lieux patrimoniaux. Et la série débute par 2 énormes vedettes du patrimoine architectural français, ça ne pouvait que m'intéresser. Je ne connaissais pas cette série de romans régionaux, mais tout ce qui concerne le patrimoine maritime surtout (la côte Atlantique, la Vendée, la Bretagne, la Normandie) ne peut que m'attirer. Alors évidemment, je sens bien qu'il y a de l'approximation dans tout ceci, les intrigues sont simples, avec des raccourcis et quelques petites incohérences, les rouages sont classiques et sans grande surprise, la psychologie est laissée de côté, sans doute que Corbeyran a eu besoin d'élaguer des éléments, une partie géographique et sociale de ces romans a été sacrifiée au profit du développement des enquêtes et des découvertes macabres, mais tout ceci ne m'affecte pas dans la lecture, je trouve les enquêtes prenantes, je considère que les décors se prêtent à une enquête policière, et ce but principal est visé, je préfère ce type de polar dans des lieux isolés de grandes régions en France plutôt que de sempiternelles enquêtes urbaines à Paris ou dans des grandes villes. Maintenant, est-ce que ces formidables décors sont suffisamment bien utilisés ? je dirais oui et non, je sens que c'est un peu bridé, il y a juste ce qu'il faut, peut-être que ces adaptations de romans auraient mérité un traitement en diptyque. Je relève enfin un humour bienvenu, surtout dans le tome 2. Quoi qu'il en soit, j'ai aimé ces 2 albums, en faisant fi des défauts, pour moi ça n'est que secondaire, mais je peux comprendre que ça puisse décevoir ou laisser sur sa faim. L'atout supplémentaire de cette Bd, c'est le dessin de Suro, j'aime bien cet auteur, et je trouve qu'il a réussi à reproduire correctement les lieux en mettant bien en valeur Cordouan et le Mont grâce à de belles images en pleine page et à de multiples détails ; le port de Royan, le village de Talmont sont aussi bien restitués, je connais très bien ces lieux. Le seul truc, c'est qu'il n'y a plus d'ex-voto dans l'église de Talmont car il y a eu des vols ; l'hiver, ce village (classé dans les Plus Beaux Villages de France) n'a que peu de résidents, et l'église a souvent été pillée ou endommagée la nuit, il y a des abrutis partout hélas.

13/06/2022 (modifier)