Les derniers avis (9697 avis)

Par LBS44
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série San-Antonio (Sanlaville)
San-Antonio (Sanlaville)

Grand fan de San-Antonio depuis plus de 35 ans.... j'ai découvert les BD de Sanlaville et franchement pas déçu... Vraiment, on retrouve l'esprit de SAN-A... bravo et une mention pour le 2nd volume, meilleur que le premier.. j'ai hâte du 3ème !

01/06/2022 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Phoolan Devi, reine des bandits
Phoolan Devi, reine des bandits

Excellente idée de mettre en lumière le parcours de cette femme indienne. En tant que pacifiste convaincue, j’ai du mal admettre toute violence d’où qu’elle vienne. Mais je comprends, avec ce qu’elle a subi, qu’elle ait emprunté cette voie qui s’ouvrait à elle pour faire entendre ses droits et ceux des opprimés. Phoolan Devi a souffert du double handicap d’être une femme et de basse caste, née dans un environnement rural très machiste et inféodé aux traditions les plus rétrogrades. La soumission à la violence, physique et mentale, devrait être son lot quotidien mais son caractère la pousse à la désobéissance quelles qu’en soient les conséquences. Elle est devenue une sorte de Robin des Bois et a acquis une notoriété telle qu’elle a été élue députée, une fois libérée de sa peine d’emprisonnement. L’ouvrage nous retrace le parcours de Phoolan Devi de son enfance à ses années de bandit, à partir des mémoires de cette femme. Je ne sais si une part de romance y prend part, mais l’ensemble est bien narré. On comprend les horreurs subies et les rencontres, les influences, le cheminement d’esprit qui mène à son nouveau statut. Le dessin n’est pas celui que je préfère pour un récit d’aventures. Mais justement, ce n’est pas un récit d’aventure. Il m’a permis de mettre de la distance avec les violences trop réelles qu’elle a subies. Il montre l’horreur mais évite le voyeurisme. En cela il m’a paru parfaitement adapté. Un seul regret, effectivement, la bio s’arrête avant son parcours d’élue, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur son combat d’ordre politique. À lire absolument, sans conteste.

01/06/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sweet Home (Ki-oon)
Sweet Home (Ki-oon)

Les auteurs de Bâtard sont de retour avec un nouveau manhwa dérangeant et percutant. Cette fois-ici c'est une histoire de zombies qui nous est proposée, dans laquelle un immeuble et ses habitants sont pris au piège. Rien de bien neuf, des films comme REC sont déjà passés par là. Mais Carnby Kim a suffisamment de ressources et d'imagination pour contourner les lieux communs et nous livrer une histoire assez surprenante, avec des éléments qu'on ne voit pas venir. La mise en scène est centrée sur le spectaculaire, les hors champs, mais aussi des ralentis. Très cinématique comme procédés. Cela procure une véritable atmosphère d'urgence, propre à augmenter l'inquiétude. Le style graphique en lui-même est plutôt réussi, même si je ne suis pas preneur des visages des personnages (hormis les zombies, vraiment inventifs). Dès ce premiir tome plusieurs personnages se dégagent dans le groupe des rescapés, et on peut se demander si tout le monde est du même bord dans cette histoire.. Suffisamment prenant pour qu'on aie envie de lire la suite rapidement.

29/05/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Méridien
Méridien

Avec cet album vous n’avez pas entre vos mains une BD quelconque ! Non non ! Vous avez entre vos mains, un chef d’œuvre dessiné de toute beauté. C’est beau. C’est magnifique. C’est admirable. Les mots me manquent pour décrire les émotions ressenties à la lecture de cet album. C’est jouissif de lire un tel ouvrage. Tout est parfait ! L’histoire de cette expédition scientifique est véridique. Vous allez plonger allégrement dans le voyage de Charles-Marie de la Condamine au Pérou qui s’étale de 1735 à 1745. C’est un scientifique chargé par l’académie des sciences sur ordre du roi, de se rendre en Amérique centrale pour mesurer la longueur d’un arc de méridien. La terre est-elle une mandarine ou un citron ? Autrement dit, la terre est-elle une sphère parfaite ou plutôt une sphère enflée à l’équateur et aplatie aux pôles comme Newton le prétend ? Il faut le démontrer grâce aux mathématiques... Allez zou vous êtes prêts pour embarquer dans une expédition pas comme les autres, au siècle des lumières ! Au-delà de l’aventure scientifique, les auteurs s’attachent à la psychologie des nombreux personnages de ce périple au bout du monde. Les sentiments se mélangent. Des plus louables aux moins honorables. Que c’est délicieux ! Au scénario, Arnaud le Gouëfflec a travaillé son sujet. C’est du coup captivant de découvrir un pan entier de notre histoire même si une part de liberté est de mise pour ce genre de récit mais la vérité n’est pas loin. Le dessin de Briac est sublissime. 6 années de travail pour ce rendu exceptionnel. Des touches de couleurs encore inconnues dans ses précédents albums. Du vert ! Du bleu clair. Des couleurs qui éclatent. Et toujours ce graphisme qui va faire que vos pupilles vont se dilater. Un régal. C’est délicat et poétique à la fois. Les encres, les pastels, les acryliques et les gouaches se mélangent. C’est remarquable. La jungle luxuriante comme si vous y étiez. Briac est au sommet de son art ! Un mot concernant le lettrage de Philippe Marlu. C’est raffiné. Belle lisibilité. Les bulles n’obturent pas le dessin. Admirable. Je ne vous recommande qu’une chose ! Foncez vous procurer cet album ! Un mixte d’Apocalypse now sous Louis XV et de Fitzcarraldo ! L’album de l’année à coup sûr. D’ailleurs pour prolonger mon plaisir je me suis procuré la couverture originale et une planche de Méridien. A découvrir l’exposition de planches originales à la chapelle St Sauveur les 4 5 6 juin dans le cadre du festival « les étonnants voyageurs » à St Malo. Qu’on se le dise !

29/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série RIP
RIP

Vraiment un excellent polar que je recommande aux amateurs du genre. J'ai dévoré les albums les uns après les autres et j'attends la suite avec impatience. J'adore les histoires où on suit le point de vue de différents personnages et ici c'est merveilleusement bien fait. Le scénario est très bien construit et s'épaissie aux fils des tomes lorsqu'on en apprend plus sur chaque personnages qui ont tous des choses à cacher et on voit des événements aperçus dans les tomes précédant d'une autre manière. La mécanisme est parfait et on ne se perds pas du tout. J'aime aussi le ton noir du récit et cette galerie de personnages paumés dont certains finissent par être malgré attendrissant. Le dessin est vraiment excellent. C'est un style que j'adore et les couleurs sont justes superbes. J'espère que la fin va être exceptionnelle !

26/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Saveurs du béton
Les Saveurs du béton

Angoulême 2022 prix de la BD du Musée de l'Intégration. J'ai beaucoup aimé ce témoignage de madame Kei Lam sur ses années de préadolescente lors de l'installation de sa famille dans la cité La Noue à Bagnolet en Seine-Saint-Denis. C'est un témoignage très intéressant d'une enfant unique immigrée non francophone et sans lien historique avec la France. C'est une oeuvre fraiche, touchante et pleine d'espoir car elle donne l'exemple d'un parcours d'excellence dans un environnement peu favorable. C'est un point très important du livre, une enfant de la première génération peut aujourd'hui en France aspirer à devenir ingénieur(e), docteur, architecte ou fonctionnaire (en devenant Français). Je confirme que c'est possible dans toutes les banlieues et toutes les cités même avec des mamans célibataires femmes de ménage, comme le travail de la maman de Kei. Et pas seulement pour des enfants "Asiats" stéréotypés "intellos". Kei Lam ne s'en rend pas compte dans son livre mais c'est un progrès considérable qui a été effectué par la République en peu de décennies. Ce que j'aime le plus, c'est son regard neuf et naïf vis à vis de l'accueil en France. Kei ne porte pas avec elle le fardeau d'une guerre d'Algérie ou d'une colonisation brutale. Sa famille ne représente pas l'espoir d'une vie meilleure pour tout un village. Venant de Hong Kong elle ne déprime pas au souvenir de plages ensoleillées. Kei nous présente son témoignage avec beaucoup de spontanéité en ne cachant ni les bons côtés de sa cité ni les difficultés. Elle développe une bonne dose d'humour à certains passages comme ses visites en préfecture avec, quelquefois, une certaine injustice de ton (cela semble évident que tous les documents doivent être en français et certifiés conformes). Le scénario de Kei Lam intéressera les personnes concernées par un pan important de la vie sociale de notre pays. Derrière son parcours personnel Kei Lam nous décrit aussi une histoire d'amour entre sa famille et la cité de La Noue. Il y a des saveurs, des bonnes (la solidarité, les copines, les rêves de grandeur) et les moins bonnes (la violence, l'entretien) Mais in fine c'est plutôt l'image de 25 ans de vie heureuse qui se dégage. Le dessin est un peu minimaliste mais cela ne nuit pas au récit. C'est très fluide et dynamique. Je ne me suis jamais ennuyé tout au long du livre, c'est assez drôle et parfois dramatique. Une très bonne lecture qui m'incite à découvrir d'autres oeuvres de Kei Lam.

24/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Toutes les morts de Laila Starr
Toutes les morts de Laila Starr

Des BDs qui parlent du sens de la vie, de la mort etc… j’en ai beaucoup lues, c’est une thématique qui me plait. « Toutes les morts de Laila Starr » se place directement en haut de panier ! Les thèmes sont certes éculés. Le message n’est pas foncièrement original, mais délivré de façon magistrale. L’histoire de Laila Starr et Darius est poignante et prenante au possible. Le personnage de Laila, déesse de la Mort renvoyée de son boulot, est attachant et cocasse, et ses morts successives permettent des sauts temporels qui font avancer l’histoire de façon originale. Les réflexions philosophiques sont justes et bien intégrées à l’intrigue. J’ai notamment adoré le dernier chapitre, son message est en parfait accord avec mon point de vue personnel. Je m’imagine citer des répliques de ce chapitre à mes enfants, si jamais ils me posent des questions sur le sens de la vie, sur la peur de la mort. La mise en image est magnifique. Le dessin est maitrisé, et les couleurs criardes et psychédéliques me rappellent un peu le style de Moebius. En tout cas que c’est beau. Un album que j’ai englouti d’une traite, et que je pense relire, ce qui est rare. Un coup de cœur.

23/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Sirocco
Sirocco

Deuxième œuvre que je lis de cet auteur italien et deuxième coup au cœur ! Et si « Basilicò » avait réussi à me surprendre par un scénario plus original qu’attendu, « Sirocco » m’a séduit par la sincérité et l’émotion qui s’en dégagent. Nous sommes ici devant un pur roman graphique dans lequel l’auteur nous parle de la vie, l’amour et la mort. Des thèmes extrêmement classiques et déjà souvent exposés, et pourtant Giulio Macaione a réussi à me toucher. Peut-être le fait qu’il ait réalisé cet album dans un contexte bien particulier lui a t’il apporté ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Peut-être est-ce tout simplement dû au grand talent de cet artiste, à son dessin simple et élégant, à sa narration fluide, à ses dialogues d’une grande justesse. En tous les cas, moi, je suis fan. Trois personnages pour trois générations animent ce récit. Trois personnages qui chacun endosse trois statuts : la femme, la mère, la grand-mère ; l’homme, le père et le fils ; la jeune femme, la fille et la petite-fille. Ce qui est remarquable dans l’étude des caractères est que chacun d’eux a sa propre histoire, aucun n’est enfermé dans un statut rigide. Et grâce à cela, le récit sonne juste et aborde énormément de thématiques liées à la vie, à la liberté de choix, au deuil, à l’amour, à la mort. Autour de ces personnages gravitent quelques rôles secondaires qui permettent d’encore étoffer la richesse de ces rapports humains. Aucun rôle n’est négatif même face à la mort ou à la maladie, tous sont constructifs et bienveillants, même si cela n’empêche pas les frictions, et en cela cet album fait aussi du bien. J’ai vraiment été ému par la fin de l’album et si le thème de la danse classique n’est pas vraiment celui qui m’attire a priori, les planches qui lui sont consacrées sont parmi celles qui m’ont le plus touché. Il est question d’art, d’amour, de la nécessité de profiter de l’instant présent et de celle de s’accrocher à ses rêves -quand bien même l’une semble être un obstacle pour l’autre- il est question de la vie, tout simplement… et de la mort. Un très bel album.

23/05/2022 (modifier)
Par Pharise
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Temps des Ombres
Le Temps des Ombres

C'est une découverte par hasard le jour même de sa sortie. La couverture était attirante. Mais on sait que ça ne fait pas tout ! Heureusement, ici, ça fonctionne, et ça fonctionne même très bien. Le scénario est bien amené, tout en douceur, le premier tome est là pour poser l'ambiance et l'univers, mais il glisse plusieurs points intrigants savamment dosés qui incitent à vouloir en savoir plus. Le point futé : je pense qu'il y a des informations déjà glissées dans ce tome pour les tomes suivants. La série a été pensée pour être un ensemble, et j'en vois l'effet dans quelques détails qui mettent en éveil ma curiosité (et mon impression que je vais devoir relire les tomes à chaque nouvelle sortie pour y trouver de nouveaux indices invisibles jusqu'à présent.) Le scénariste fait du jeu de rôle (découverte très sympa de sa chaîne dédiée au sujet d'ailleurs !) et on voit bien la patte du rôliste. Bref, je ne m'attendais pas à une aussi bonne accroche, surtout pour une série que je pensais essentiellement destinée à un public jeune. Encore !

23/05/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ?
Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ?

Je suis juste à l'âge où je me demande comment je vais me débrouiller avec mes parents, quand ils vont devenir moins autonomes. Cette BD remue le couteau dans la plaie et ne parle pas d'autre chose. Ici nous sommes avec une fille unique, comme moi, mais juive new-yorkaise, qui essaye de se démerder avec ses parents qui perdent pied tout en conservant leur identité, certains défauts, certaines habitudes liées à leur histoire et leur culture, mais aussi en lâchant prise par bien des aspects. Roz décrit avec humour mais aussi avec désespoir la faiblesse grandissante de ses parents, qui petit-à-petit perdent le contact avec une vie de tous les jours "normale". Pour nous montrer ces dérives, elle raconte son histoire et celle de ses parents et essaye de repérer la part des déraillements due à leur histoire et celle due à la vieillesse. C'est une observation que nous pourrons tous faire un jour ou l'autre, j'en ai peur. Elle décrit aussi les institutions qui prennent en charge la fin de vie aux États-Unis. Pendant des décennies notre société a évacué ce qui n'était pas beau à voir : les déchets, le caca, les menstrues, la mort, la vieillesse, le viol, la douleur... Notre époque est en train d'essayer de réparer ces oublis (pêle-mêle : les couches lavables, les toilettes sèches, Me-too, le recyclage des déchets, la réparation des objets plutôt que l'enfouissement, le réemploi des matériaux plutôt que le rejet à la mer, des colocations de personnes âgées, des logements intergénérationnels, des expériences en France pour autoriser des inhumations dans des bois du souvenir, la sédation...) Cette BD ne va pas du tout vers ce coté général et politique, elle reste sur le témoignage au plus proche de son cas personnel et, comme souvent, c'est là que cela devient universel. Elle découpe son histoire en chapitres assez courts pour que l'on puisse interrompre la lecture facilement et ainsi "parler d'autre chose". Les dessins et l'esprit qui rappellent Tom-Tom et Nana par l'aspect caricatural et bon enfant des personnages, ne s'adressent assurément pas à des enfants. Pourtant ce contraste bizarre entre l'image, la drôlerie des dialogues et le fond de l'affaire, qui est sans issue, semble la seule manière d'"en" parler.

22/05/2022 (modifier)