Les derniers avis (9592 avis)

Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dernier week-end de janvier
Dernier week-end de janvier

Bastien Vivès nous offre, après un très décalé "Burne-out", un ouvrage plus sage avec "Dernier week-end de janvier", très belle chronique sur fond de festival d’Angoulême. Sur près de 180 pages, Vivès prend le temps de nous présenter les personnages : un dessinateur assez blasé par les séances de dédicaces, un chasseur de dédicaces presque caricatural aussi bien sur le plan graphique (son visage, à la Largo Winch, tranche volontairement avec la galerie de portraits de l'album), que sur le plan personnel. Et surtout, une femme, Vanessa, fragile, attachante, complètement étrangère au monde de la bande dessinée, pour qui le lecteur ne peut que ressentir une certaine sympathie. Ayant fréquenté, à une époque de ma vie, le festival d'Angoulême, j'avoue avoir retrouvé à travers cette bd, l'atmosphère de cet événement. Vivès nous offre une histoire presque banale, digne d'un film de Claude Sautet, mais qui par son traitement graphique mérite de s'y attarder Car, il faut l'avouer que les planches sont magnifiques, avec mention spéciale pour les scènes de danse, qui sont parfaites Même les scènes d'amour au lit, que le lecteur attendait vu le précédent album sulfureux de Vivès, sont d'une sensualité et d'une délicatesse sans pareil Cet album va rejoindre des titres comme Polina ou encore Une Soeurque je relis régulièrement avec plaisir Un très bel album, une très belle chronique où on se demande où s'arrête la réalité et où commence la fiction J'en recommande évidemment la lecture.

07/09/2022 (modifier)
Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Je l'avoue, je ne suis pas convaincu que j'aurais acquis cette bd sans le tapage consécutif à son Fauve à Angoulême. Cela aurait été dommage. Comme quoi, les prix, même s'ils peuvent nous apparaître trop élitistes par moments, peuvent être utiles... J'ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans ce pavé. L'expérience visuelle est incroyable. Le dessin est absolument somptueux. C'est, certes, aller un peu loin mais certains portraits sont proches de la photographie, tellement ils s'approchent de la réalité (en tout cas, celle qui nous est présentée). Là, où je me dis que je suis clairement un client de ce genre graphique, c'est quand je me revois, pendant ma lecture, avancer de quelques pages pour essayer de trouver une planche particulièrement belle, un peu comme un accro ayant besoin de sa dose, ou revenir en arrière pour en explorer une autre, déjà vue, en quête d'un deuxième shoot. Le dessin mérite clairement un 5/5, de mon avis en tout cas. Côté scénario, on est sur du solide aussi. Deux histoires, deux parcours qui s'imbriquent dans l'Histoire, de façon assez habile la plupart du temps. Bon, on n'est pas tout à fait dans du Spiegelman ou du Levi pour la partie contant la période pré-nazisme et nazie mais l'émotion passe et certains passages, peut-être moins importants pour l'Histoire (je pense ici aux scènes dans le bordel ou aux passages avec l'ami-protecteur noir de Karen, rejeté par la société de bien trop de manières), sont bien décrits et fond froid dans le dos. Et c'est là où on touche à ce qui m'a le plus plu dans le scénario d'Emil Ferris : les détails. Ces petites choses, ces petits évènements, qui rendent une histoire (l'Histoire ?) plus consistante et accessible finalement. J'ai adoré l'héroïne, cette gamine en marge qui choisit de cultiver sa marge, pour se protéger sûrement, mais aussi parce que c'est vachement plus drôle d'être à contre-courant. C'est sans doute un peu caricatural par moment, en particulier dans ses relations avec son frère et sa mère, mais c'est convaincant, on entre dans leur intimité volontiers et on pleure avec eux, on rit aussi. Je ne veux pas trop en dire, pour ne pas spoiler les futurs lecteurs, mais certains twists, même si je m'y attendais pour quelques-uns, font le sel du scénario. Pour conclure, il ne faut pas avoir peur de ce pavé, le début est certes plus dense, plus contraignant également, que la suite mais le dessin happe le lecteur que je suis, et je l'espère que vous serez en plongeant dans cette œuvre. Œuvre que je classerai sans doute "culte" après la lecture du tome 2, si celui-ci est du même niveau.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Retour de flammes (Glénat)
Retour de flammes (Glénat)

Je n'avais pas prévu de lire cette Bd, je suis tombé dessus par hasard en bibli, ce fut une excellente surprise. Les auteurs font revivre de superbe façon le cinéma français dans le Paris occupé de 1941, avec notamment la firme Continental Films, société de production française financée par des capitaux allemands ; créée en 1940 par Goebbels dans un but de propagande, elle sera destinée à produire des films légers et à la limite un peu crétins, de façon à endormir le peuple français, mais Alfred Greven, son patron francophile suivra très peu les directives de Berlin, produisant au contraire de bons films qui étaient loin d'être infantiles ou stupides, tels la Main du diable, l'Assassin habite au 21, les Inconnus dans la maison, le Corbeau, l'Assassinat du Père-Noël... qui sont devenus de grands classiques. Plusieurs vedettes tourneront pour la Continental, comme Raimu, Fernandel, Danielle Darrieux, Suzy Delair, Bernard Blier, Pierre Fresnay, Michel Simon... posant ainsi l'épineux dilemme de l'art placé au-dessus de la politique ou celui de la collaboration honteuse avec l'occupant, on en apprend d'ailleurs beaucoup à travers cette Bd, sur les milieux artistiques de l'époque. C'est donc une excellente idée d'évoquer cette période riche pour le cinéma français à travers ce polar historique, matiné de thriller, émaillé de rebondissements, qui bénéficie d'une remarquable reconstitution d'époque richement documentée. On y voit plein de têtes connues pour qui connait ce cinéma français des années 40, des acteurs ou des réalisateurs comme Clouzot. Le récit est prenant, l'enquête est bien ficelée, et les personnages sont consistants, au travers du contexte politico-historique d'une période sombre en France. L'ambiance est bien rendue grâce à de nombreuses références, et le tout est joliment illustré par le dessin d'Alicia Grande ; j'ai d'ailleurs l'impression de connaître ce dessin, il me rappelle d'autres dessinateurs, en tout cas, il est précis dans les détails et les décors, son travail est aussi remarquable au niveau recherches et documentation pour faire revivre cette période d'Occupation à Paris, bref c'est un vrai plaisir de lecture.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Mystères de Tana
Les Mystères de Tana

Ce fut un vrai plaisir de lire cette série de deux volumes écrite et dessinée par Franco Clerc. Ce dernier est un auteur malgache dont je découvre le talent. Il nous propose un récit de type thriller/polar dans la face cachée de Tananarive. Son récit est classique mais très bien construit facile à suivre malgré les divers clans rivaux. Vaness et Ed forment un couple bien improbable au début du récit mais l'aventure montrera qu'ils ont bien plus de points communs qu'ils ne le pensaient. J'ai trouvé beaucoup de points positifs dans la série de Franco Clerc. Un récit bien élaboré depuis le début, des personnages à la personnalité formée et crédible, une description de l'intérieur des quartiers de Tana et de sa brousse environnante. Le récit est dynamique, sans longueur avec des rebondissements intéressants. La fin est un peu convenue mais s'accorde bien avec l'esprit positif et bon enfant du récit. La vraie surprise a été pour le graphisme de Franco Clerc. J'y ai trouvé du Corto Maltese dans ses personnages et ses ambiances en clairs-obscurs. Pour moi une vraie découverte d'un talent de Madagascar.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Châteaux Bordeaux - A table !
Châteaux Bordeaux - A table !

Après plus de 10 ans de Châteaux Bordeaux, Corbeyran et Espé se lancent en 2018 dans un spin off qui après le vin, vise la gastronomie 4 étoiles, les deux étant complémentaires ; on ne peut apprécier un bon vin qu'avec un bon plat, c'est bien connu. On est donc toujours en Gironde, au Chêne Courbe, chez Alexandra Baudricourt et ses 2 frères. Il est d'ailleurs assez rare de retrouver tous les mêmes personnages de base dans un spin off. On sent instantanément la grande aisance narrative de Corbeyran dans ce projet, il est de plus en terrain connu, son angle d'attaque est certes classique mais très bien conçu, avec des personnages bien pensés et au caractère bien trempé, du suspense, une bonne progression et des rouages bien élaborés, le tout étant bien documenté et s'appuyant comme dans Châteaux Bordeaux, sur du réel. Son inséparable complice Espé améliore encore son style graphique, c'est un dessin propre, très soigné, qui reproduit parfaitement des lieux bordelais et des paysages médocains : les îles sur la Garonne existent vraiment, on en compte une dizaine, de taille différente, elles s'étalent surtout sur la Garonne qui ensuite devient la Gironde lorsqu'elle est rejointe par sa grande soeur Dordogne au Bec d'Ambès. Je connais par exemple l'île de Patiras (non loin de Blaye) où il y a un restaurant gastronomique au milieu de nulle part, un peu comme celui d'Alexandra, j'ai eu l'occasion d'y aller avec mon association culturelle, l'endroit est très dépaysant. Au final, à défaut d'être originale dans son fond, cette Bd prolonge très agréablement la série mère, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire, elle est sans doute plus parlante pour un Girondin ou un Bordelais par quelques détails connus des locaux (les fameux cannelés bordelais, les Capus, une institution bordelaise, ou encore Jean-Pierre Xiradakis, chef qui officie à la Tupina, restaurant très coté, situé non loin des quais, où descendaient Johnny Hallyday ou François Mitterrand lors de leurs passages à Bordeaux). Je regrette même que la Bd ne se décline qu'en un seul diptyque, je trouve que Corbeyran aurait pu pousser un peu plus sur un autre diptyque, c'est dommage, le potentiel est bon.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Loup (Dillies)
Loup (Dillies)

Je lis Renaud Dillies comme l'un des auteurs majeurs contemporains dans le neuvième art. Pas d'esbrouffe dans ses récits, au contraire une approche poétique très forte soutenue par un graphisme personnel très abouti. Déjà dans Sumato ou dans Betty Blues, Dillies abordait les thèmes de la mort et de la séparation d'une manière onirique et sensible. Notre bon Loup est-il un cousin de Wolf qui s'était fait plaquer par Sally dans Sumato ? Ou est-il tout simplement Wolf qui veut garder son anonymat derrière son loup ? Va savoir ? Après 15 ans il semble avoir bien tourné la page jusqu'à ce virage. Son réveil est-il réel ou peut être un ressenti de cette froideur et de ces bruits entendus dans l'ambulance. Dillies ne nous propose-t-il pas le rêve de Loup sur son lit de coma qui revit sa rencontre avec Miss Ti/ Sally fantasmée par son sommeil profond ? Toute la suite devient logique et poignante dans le récit de Dillies. Jusqu'au réveil entouré de ces masques qui tentent une dernière intervention ? Peu importe l'issue puisque l'amour a triomphé. Inutile de revenir sur l'excellence du graphisme de Dillies si abouti et si maîtrisé. J'ai beaucoup aimé les couleurs de C.Bouchard qui renforcent le côté onirique du récit. Un album bien personnel de l'auteur qui peut conduire à plusieurs lectures possibles. Perso j'y ai trouvé une lecture très émouvante.

07/09/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Sauveurs
Les Sauveurs

« Les Sauveurs » est un ouvrage passionnant et très humain, qui raconte la vie de 7 défenseurs des droits des animaux… 7 hommes et femmes incroyables, qui font preuve d’une détermination inébranlable et d’une ingéniosité qui force le respect. « Le véganisme, c’est pas trop mon truc » vous entends-je dire. Oui mais non. Sans aborder ce débat sensible, il faut quand même préciser que les combats présentés ici sont difficilement débattables : braconnage et massacre d’animaux (gorilles, requins) pour n’en prélever qu’une petite partie (pour des raisons souvent douteuses - traditions, fétichisme, croyances etc.) et rejeter le reste, injection de produits chimiques dans les yeux de lapins vivants pour tester du maquillage, torture de bétail dans les abattoirs français, abandon d’animaux dans les zoos de zones de guerre… Bref, vous voyez le tableau. Je suis ressorti de ma lecture dégouté par les faits, mais surtout exalté et revitalisé par le travail de ces « sauveurs » infatigables, véritables sources d’inspiration qui risquent souvent leur vie pour leurs idéaux. A noter que l’histoire poignante de Dian Fossey a déjà inspiré le film de 1988 « Gorilles dans la brume » avec Sigourney Weaver. La réalisation graphique est certes académique mais parfaite pour un album de ce genre. Le dessin tout en rondeur est efficace et lisible, la narration est claire et aérée, et quelques touches d’humour bienvenues viennent alléger la lecture. Un album poignant, à mettre entre toutes les mains, et surtout celles des enfants, qui ont plus que jamais besoin de ce genre de modèle.

07/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Slava
Slava

A l’heure actuelle, j’en suis arrivé à ne plus réfléchir lorsqu’une œuvre signée Pierre-Henri Gomont est annoncée. J’achète, on verra ensuite de quoi ça cause. Et une fois de plus, je sors enchanté de ma lecture. Le sujet est très intéressant et nous sort des sentiers battus. Il est historiquement pertinent et développé avec humour et sérieux. Humour car les personnages sont souvent hauts en couleurs et les qualités de conteur de Pierre-Henri Gomont assurent des dialogues drôles et vivants (ahh, cet art de recourir à un petit dessin pour développer une idée). Sérieux car ce qui nous est conté est dramatique par plus d’un aspect et nous force à réfléchir aux raisons qui poussent aujourd’hui beaucoup de Russes à regretter l’époque de la grande URSS. La mise en page, le style graphique et le style narratif sont dans la ligne directe de ceux employés sur « La Fuite du cerveau » mais sans élément absurde et fantastique ici : tout cela reste très réaliste même si raconté avec beaucoup de gouaille. J’attends la suite avec grande impatience.

05/09/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Homme à la tête de lion
L'Homme à la tête de lion

Ce qui m’aura particulièrement marqué à la lecture de cet album, c’est l’osmose qui se dégage du thème, du style graphique et du style narratif. Cette complémentarité entre ces trois éléments est pour beaucoup dans mon appréciation générale. Le thème central, comme l’indique on ne peut plus clairement le titre de l’album, se développe autour d’un personnage : l’homme à la tête de lion, monstre de foire que nous allons suivre durant une bonne partie de sa vie. Le portrait est sensible et complexe, le personnage n’est pas une simple victime exploitée même s’il souffre de sa particularité. Grâce à lui, Xavier Coste nous plonge dans le quotidien des grands cirques du début du XXème siècle, nous parle de ce qui fait d’un homme un humain et traite bien entendu de la différence et de son acceptation dans nos sociétés (monstres qui effrayent les visiteurs ou objets de curiosité qui émoustillent les médecins, qu’est-ce qui est le pire ?) La narration à la première personne nous plonge dans les pensées du personnage central et cet album se lit à la manière d’un journal intime. Ses réflexions sur sa vie, sur sa dualité homme/animal, sa frustration face à sa quête d’amour, son goût pour l’art, ses besoins de solitudes alors même que son métier exige de lui qu’il fasse représentations sur représentations… Tout cela nous le rend intime et touchant, même s’il présente de mauvais côtés. Enfin la grosse claque vient du style graphique, magnifique hommage à celui que l’on pouvait trouver dans les journaux de l’époque. Chaque planche est une composition, un tableau avec lequel joue l’auteur pour nous raconter son histoire. Je craignais que ce style soit usant à la longue… mais j’ai adoré du début à la fin, ne ressentant jamais aucune lassitude. Je ne sais pas ce que cet album aurait donné si un seul des trois éléments avait été différent. Qu'aurait donné cette histoire de cirque sans ce dessin à l'aspect vieillot ? Qu'aurait donné ce récit d'une vie de freak sans cet emploi de la narration à la première personne ? Qu'aurait donné ce dessin sur un autre sujet ? Je ne saurais dire. Ce qui est sûr, c'est que ces trois éléments associés se complètent parfaitement dans le cas présent. Franchement bien !

05/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Vie de Carabin
Vie de Carabin

J'ai été très surpris que "Vie de Carabin" ne soit pas dans la banque du site. C'est chose faite et je trouve que c'est justice tellement ces trois albums sont hors du commun dans les BD d'humour. Car pour créer cette série avec une telle efficacité, il fallait une conjonction de 5 éléments assez rares. Être Interne en médecine, être bon dessinateur, ne pas mettre son empathie et son regard critique sous sa blouse, trouver du temps (si précieux) et être courageux pour ne pas craindre l'ire d'un système qui ne communique que sur son brillant. Védécé a réussi cet exploit assez unique dans l'histoire de la médecine et dans celui de la BD à mon avis. Pour qui a des liens avec le milieu hospitalier, les trois volumes de "Vie de Carabin" sont à pleurer de rire (grinçant). L'auteur touche juste à presque tous les coups. Bien sûr il concentre des faits qui sont souvent dilués dans le temps. Mais c'est le propre d'un humoriste et d'un caricaturiste est de mettre en lumière de façon intelligente et grossie, les défauts que d'autres voudraient cacher. Beaucoup des défauts du système sont mis en lumière avec une rare perspicacité (c'est le propre d'un dessinateur de talent). Tous y passent : des chefs de services imbus, aux patients qui confondent soins et société de consommation, sans oublier la politique qui a réorienté les priorités de financement et de gestion. Le graphisme de Védécé est à la hauteur de son humour et de ses récits. Je le trouve vraiment bon et il réussit à garder une expressivité très forte malgré ses "Gueules Noires". Ce qui est très fort, c'est que Védécé a gardé son humanité pour être proche de ses patients (ce qui n'est pas forcément conseillé par la hiérarchie). En témoigne ce très touchant passage du T3 avec Léonie et son " Dessine-moi un crocodile". La mise en couleur, a minima au début et plus présente dans le tome 3, donne un peu de chaleur à une ambiance qui reste pesante malgré l'humour de Védécé. Une vision de l'intérieur qui décrypte les manquements d'un système fondamental. Unique.

04/09/2022 (modifier)