C'est mon frère, féru d'animé, qui m'avait fait découvrir l'univers déjanté de l'autrice Q-Hayashida avec sa série Dorohedoro. J'étais donc très curieux de découvrir la nouvelle série de Q-Hayashida !
Et le moins qu'on puisse dire c'est que côté barré et déjanté, on est servi ! "Dai Dark" nous plonge dans de la SF mâtinée de dark fantasy, nous immergeant dans un univers où personnages et lieux d'action se tirent la bourre pour être celui qui surprendra le plus. Notre héros Sanko Zaha a en effet des os qui auraient la capacité de réaliser n'importe quel vœux ; c'est donc affublé de son comparse sac à dos Aviakan, une espèce de garde du corps squelettique qui fait autant office de couteau suisse que de compagnon d'arme ou de déconnade, que nos deux loustics vont devoir défendre chèrement leur peau, face à toute sorte de créatures voulant s'approprier ce fameux pouvoir.
On flirte avec un surréalisme spatial où le gore et le dark s'invitent volontiers dès que possible, tout ça emprunt d'une légèreté et d'une insouciance détonante de la part de notre cher Sanko Zaha, créant ainsi une ambiance assez unique qui sera à mon avis clivante pour le lecteur. C'est typiquement le genre de lecture qu'on aime ou qu'on aime pas, mais l'entre deux ne me semble guère possible. Pour ma part, j'ai adoré me faire surprendre chapitre après chapitre, devant telle situation loufoque, gore, ou un personnage complètement barré (mention spéciale à Death Delamore ^^ ).
Côté graphisme on est aussi assez loin des standards du genre, Q-Hayashida proposant un très nerveux et expressif qui colle à merveille à cet univers sombre et unique.
Voilà en tout cas une série atypique qui ravira les lecteurs qui aiment se faire surprendre et sortir des sentiers battus ! Espérons que la suite soit tout aussi déjantée !
*** Tome 2 & 3 ***
Après la (très bonne) surprise du 1er tome qui m'avait scotché par son ton et son originalité tant graphique que scénaristique, restait à voir si la suite serait du même tenant pour transformer l'essai. Mais pour ça, Q-Hayashida semble savoir y faire ! En tout cas pour ma part, je suis fan de cet univers si singulier qu'on continue de découvrir au fil des tomes.
Ah le Spectrum par exemple : voilà le genre de vaisseau spatial qu'on est pas près de croiser dans Star Wars. Taillé comme un chien à coup de serpe (on est pas dans le pur race, mais plutôt dans le croisement de bâtards) dans lequel on s'introduit par le trou du Luc, le Spectrum est un vaisseau dont l'agencement et la décoration laissé au bon soin du chien robot qui le dirige, laissent rêveur. Les pièces sont toutes plus hallucinantes les unes que les autres, et on sent que tout y a été pensé pour le plaisir de Sanko et de ses invités. Et ce bolide n'est qu'UN des délires hallucinants de l'autrice...
Car le reste du récit, que ce soit ses voyages et ses rencontres sont du même tenant, oscillant toujours entre le gore, le trash et l'infantile. Sanko a beau être la personne la plus recherchée et redoutée de l'univers, il n'en reste pas moins qu'un "sale gosse". Et c'est ce contraste qui donne toute sa saveur au personnage. Tout comme ce graphisme rugueux qui fourmille pourtant de détails et qui scelle la patte si singulière du travail de Q-Hayashida.
Un bel OVNI que cette série, j'attends la suite avec impatience !
Il faut avouer que la couverture ne m'incitait pas à me ruer sur cette série. C'est un peu par hasard que j'ai lu cet album et je ne le regrette pas.
J'ai été captivé par l'ambiance du livre dès les premières pages. Tout au long du récit l'excellente mise en scène de Chloé Cruchaudet m'a tenu dans le récit par les différentes péripéties du couple Paul (Suzy)/Louise.
L'autrice nous propose une adaptation vraiment réussie d'une histoire très originale. Elle arrive avec succès à enchaîner des épisodes tendres, cocasses, dramatiques et imprévus. C'est aussi une réflexion assez originale sur le genre et la liberté des moeurs possibles dans les années 20.
La mise en couleur est assez austère faite des gris pour l'ambiance générale et des éléments rouges pour le passionnel ou le tragique.
Cruchaudet ne fait pas de compromis dans ses scènes de guerre ou ses scènes de sexe. Dans les deux cas point de voyeurisme mais une ambiance qui tombe juste.
L'autrice nous conduit jusqu'à une fin assez inattendue bien pensée grâce à la construction du récit.
Une très bonne surprise de lecture pour ce roman intime qui change de l'ordinaire.
Toute première publication en album de Spirou et Fantasio, cet album recense six récits du groom célèbre écrits et dessinés par Jijé.
Témoin d'une époque, Spirou et l'aventure est d'abord la marque d'une liberté totale accordée aux auteurs. Le récit que Jijé instaure au fil de ces six histoires n'a ni queue ni tête, il n'est que le prétexte à un enchaînement de gags parfois délirants à l'extrême ! Enchaînant les péripéties complètement rocambolesques, l'auteur navigue entre science-fiction débridée et récit policier plus classique, sans oublier le volet "exploration" inhérent aux personnages.
Il ne faut donc pas trop chercher de logique en entamant ce récit, mais plutôt se laisser bercer par la folie douce de Jijé et de sa créativité débordante. Son trait est à l'image du récit, complètement exubérant, très fantaisiste et revêt différentes formes au fur et à mesure des différentes histoires, qui voient plusieurs essais se mettre en place quant au physique des personnages. Jijé s'amuse même à expérimenter un montage étonnamment moderne, dans une séquence futuriste absolument folle où il fait éclater les contours des cases pour mieux se libérer des contraintes formelles qu'il rencontre, et ainsi mieux mettre en scène l'aspect délirant de son univers.
Les gags prêtent très souvent à rire ou sourire, et rythment un récit qui ne manque jamais de dynamisme. On n'a jamais le temps de dire "ouf" et c'est tant mieux, car c'est ainsi qu'on profite au mieux du récit sans jamais interroger ses circonvolutions parfois très artificielles.
Gentiment désuet tant dans la forme que dans le fond (la dernière histoire risque de faire grincer des dents ceux qui voudraient effacer la vision colonisatrice, voire ici ouvertement raciste, qui affectaient certaines bandes de l'époque), Spirou et l'aventure est une de ces petites pépites à découvrir si on est vraiment fan de Jijé ou du Spirou des tout débuts. Il représente en tous cas une jolie pierre dans l'histoire de la bande dessinée franco-belge, et mérite le détour, ne serait-ce que pour cette simple raison.
Caramba ! Mais quelle jolie petite madeleine de Proust que ce Pixel Boy !!!
Déjà l'objet en soi est joli, vous ne le voyez pas ici sur ce site mais le visage du héros est animé par imagerie lenticulaire en surimpression de la couverture. Cela fait son petit effet et met de suite dans l'ambiance. L'histoire de Super Pixel Boy est en fait constituée de petites histoires mettant en scène le jeune garçon et sa famille ou ses copains de classe. Une passion les anime : le jeu vidéo ! Mais Loïc Clément le scénariste met en scène ses propres souvenirs. Cela commence souvent par une anecdote puis se termine sur des cases reproduisant des jeux célèbres des années 80 parfaitement intégrées dans l'histoire. Boris Mirroir maitrise le Pixel Art à la perfection en y ajoutant de savoureux dialogues pas piqués des hannetons et bien souvent rigolos. Ah et c'est souvent le visage de Pixel Boy qui remplace le héros principal qu'il s'agisse de Link ou de Batman. La plupart des jeux sont issus de la première console de salon Nintendo qu'on appelait vulgairement la NES mais il n'est pas non plus nécessaire de connaitre ces jeux par coeur tant ils sont rapidement et ingénieusement expliqués.
Ce premier tome (gageons qu'un second devrait rapidement voir le jour avec une autre machine comme la Super Nintendo par exemple) devrait connaitre un franc succès auprès des quadras ou quinquas de la bande mais il pourrait également séduire un autre public pas forcément geek tant il arrive à reproduire le quotidien d'une bande de copains. C'est donc un véritable coup de cœur pour ce petit livre de mémoire d'un scénariste sincère qui a su trouver le dessinateur idéal pour illustrer une époque vraiment fun où les gosses savaient s'amuser pendant des heures avec de jolis pixels.
J’ai adoré ! Joel Alessandra joue avec les couleurs. La luminosité est magnifique. L’alternance des tons ocres et des tons bleus est fascinante. Les planches sont des aquarelles. Et même si les décors sont plutôt sommaires et le trait pas trop détaillé, la poésie et la sensualité qui se dégagent de ce récit mélo dramatique - un peu autobiographique - sont ensorcelantes. Oui oui ça prend aux tripes. Cela ne peut se lire que d’une traite bien évidement.
Un homme fuit ses responsabilités. Il ne veut pas s’impliquer dans une relation partagée. Il choisit la fuite. Il préfère décamper à toutes jambes au fin fond de l’Afrique pour plonger dans l’alcool et dans la solitude. Sa lâcheté va pourtant le rattraper. Cette expérience va lui ouvrir les yeux. Il va remonter la pente. Lentement. Jusqu’à la rédemption.
Voilà donc un délicieux album émouvant qui pourra provoquer quelques larmes.
Cette BD m'avait été offerte par mon grand frère quand j'étais au lycée, elle m'a baignée, fait rire et beaucoup motivée, boostant ainsi l'idée que j'avais de me spécialiser pendant mes études dans la bande dessinée !
Simple, efficace, vivant, expressif, à lire absolument.
Ohhhh mais c'est énorme ça !
C'est en somme une histoire simple... et complexe. Nous avons deux supposées sorcières, qui aidées par un gamin au coeur sur la main, essaient d'échapper à l'inquisition. Très vite les questions s'accumulent : qui sont-elles vraiment ? D'où viennent leurs pouvoirs ? Comment Georg les a-t-il sorties de leur prison ? Petit à petit on raccroche les wagons, on reconstitue le puzzle... Mais ce n'est pas facile, car Ongle et Pluie elles-mêmes ont oublié jusqu'à leur nom, leur vie d'avant, si tant est qu'elles en aient eu une... Le pauvre Georg, en butte avec ces questions constantes, essaie néanmoins d'aider ces deux malheureuses, armé de ses piètres talents et de sa gentillesse. Ce qui n'est pas facile. D'autant plus que le Mage lancé à leur poursuite, n'a aucune pitié, même si lui-même est en proie à des démons comparables à ceux de ses proies...
Le récit est incroyable, il brasse le traumatisme (j'ai RESSENTI physiquement la souffrance infinie des deux fuyardes), la rédemption et encense l'amitié, envers et contre tout. Les scènes où la tendresse qui lie ces trois personnages mais aussi leur séparation, la frustration de Georg, sont purement déchirantes. A la fin de ce premier volume Aniss El Hamouri laisse encore de nombreuses zones d'ombre au sujet de ses personnages, de leurs origines et de leur destin. Il y a plus de 200 pages, et on ne les voit pas passer, j'ai rarement connu une telle prouesse !
Graphiquement il y a du Sfar dans le style d'El Hamouri, mais dans une dimension différente, à la fois plus maîtrisée et plus torturée. Le tout est réalisé en bichromie, avec un brun savamment dosé. On eût pu croire qu'il utiliserait une autre couleur pour les scènes oniriques, mais elles sont dans les mêmes tons, respectant ainsi l'impression donnée par Ongle, que rêves et réalité sont difficilement différenciables, tellement l'horreur est présente partout...
Il va falloir attendre un an avant de lire la suite, espérons qu'elle sera à la hauteur de ce premier segment.
Voilà le nouveau polar grand format de chez Ki-oon, destiné à un public mature, ou presque, comme en témoigne le nom de la collection dans laquelle il s'inscrit : seinen.
Il s'agit d'une enquête policière menée par un flic un peu sur la touche dans la ville de Londres, en compagnie d'un étudiant que tout désigne comme le coupable idéal. C'est relativement classique, mais l'affaire est contée de manière à la fois efficace et intrigante. Ainsi assiste-t-on à un jeu de manipulation dont ne connaît pas tous les acteurs, ou bien les connaît-on déjà, mais sans le savoir. J'ai ainsi une petite idée du coupable, à moins qu'i ne soit pas seul, ce qui expliquerait certains signes... Du coup je suis curieux de connaître la suite, pour voir si mon hypothèse est la bonne.
Graphiquement le style de l'autrice Shinya Shima est assez novateur : ses origines nipponnes sont manifestes, mais elle lui adjoint des caractéristiques aérées, comme ne les auraient sans doute pas reniées les auteurs de comics des années 1980 et 1990. Logique, puisqu'elle est allée parfaire ses études graphiques en Angleterre, à Bournemouth. C'est vraiment plaisant, même si au début on a un peu de mal à rentrer dans ce mélange.
Je viens de relire l’intégrale … je garde le même ressenti. Une tuerie cet album !!
J’attendais pas grand chose de l’histoire, un spin-off sur un des catcheurs (El Diablo) croisés dans la série mère. Au final, je trouve ça plus réussi que la série d’origine, tous les voyants sont au vert pour me « hype ».
Un récit parfaitement construit de bout en bout, noir, dense, cohérent. C’est magnifiquement séquencé.
A travers le parcours de notre héros, de son plus jeune âge à la maturité, c’est tout un pan méconnu de l’Amérique (et Mexique) que l’on découvre. Chaque chapitre amène une nouvelle pierre à l’édifice, linéaire mais non redondant. Run dans sa préface propose même de marquer un petit temps d’arrêt entre les 6 chapitres, conseil judicieux tant le tout est d’une sacré richesse, des ambiances différentes qui se dégustent, une petite claque à chaque fois.
La violence n’a jamais quitté notre héros, une jeunesse sombre, prison, guerre des gangs, passage chez nos amis de Son of Anarchy, travailleur mexicain exploité … jusqu’à ce qu’il atteigne une certaine forme de plénitude. Un voyage semé d’embûches, très riche et plaisant à suivre.
L’autre bonne nouvelle (sans être maso), c’est que les claques se sont transformés en coup de poing avec la partie graphique. Je suis tombé amoureux du trait de Neyef que je découvrais, c’est fluide, détaillé, coloré … bref ça envoie grave du pâté !!
Je vais me jeter sur ses autres albums, il possède une patte efficace et originale, ses cadrages et couleurs aperçus dans la galerie de Hoka Hey ! m’ont subjugué.
Que dire de plus ?
Un album qui se suffit seul malgré sa ramification à l’univers Mutafukaz, vous n’êtes pas obligé de tout lire ou connaître.
Une édition réussie (encore) de la part d’Ankama, on a même le droit aux 6 couvertures des chapitres (parus au préalable indépendamment en format comics), chacune réalisée par un auteur de la maison (Run, Madoux, Singelin …).
Un prix relativement modique pour une telle densité et qualité, si vous aimez ce style, ne vous privez pas ;)
Coup de cœur !! et pas loin du culte à mes yeux, un album qui me comble.
Cet album m'avait été présenté de belle manière par mon amie Lulu, et son enthousiasme m'avait intrigué, car cela sortait de ce qu'elle lit et aime habituellement.Du coup quand j'ai pu à mon tour aborder ce roman graphique se déroulant dans un decorum historique peu courant, je me suis mis à l'aise.
Ce qui m'a frappé, et plus de prime abord, c'est le niveau graphique, plutôt remarquable pour une autrice débutante. Bien sûr, même si nous sommes dans une ambiance hollandaise du seizième siècle, elle s'est évité des écueils importants comme les gréements de l'époque ou des scènes d'action, même s'il y a quelques "mouvements" dans l'album. J'ai beaucoup aimé la délicatesse du trait, qui garde un caractère asiatique affirmé mais a su se nourrir d'un certain classicisme européen.
Yudori se concentre sur ses personnages, en particulier des femmes de conditions et d'horizons différents, qui se retrouvent sous la coupe d'un marchand hollandais, autant dire qu'il avait quasiment droit de vie et de mort sur elles. Pourtant Amélie, Sahara et Yolente ne s'en laissent pas compter, et cultivent leurs jardins secrets, essayent de remplir leurs objectifs : voler ou faire voler pour l'une, survivre, quitte à devenir une esclave sexuelle pour l'autre, rencontrer un bel homme, honnête et gentil pour la troisième. Même si la servante est la moins présente dans l'histoire principale, elle n'est pas négligée pour autant. Et si Amélie, à la fin de l'histoire, parvient à ses fins, il y a quand même des choses qui me semblent manquantes dans celle-ci, sans que je puisse mettre le doigt dessus. C'est probablement dû au caractère débutant de l'autrice, mais c'est franchement très intéressant, surprenant... Je m'attendais presque à voir les deux rivales débuter une histoire charnelle, mais Yudori évite cet écueil-là également.
Bref, un bon moment de lecture, qui sort des sentiers battus.
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Dai Dark
C'est mon frère, féru d'animé, qui m'avait fait découvrir l'univers déjanté de l'autrice Q-Hayashida avec sa série Dorohedoro. J'étais donc très curieux de découvrir la nouvelle série de Q-Hayashida ! Et le moins qu'on puisse dire c'est que côté barré et déjanté, on est servi ! "Dai Dark" nous plonge dans de la SF mâtinée de dark fantasy, nous immergeant dans un univers où personnages et lieux d'action se tirent la bourre pour être celui qui surprendra le plus. Notre héros Sanko Zaha a en effet des os qui auraient la capacité de réaliser n'importe quel vœux ; c'est donc affublé de son comparse sac à dos Aviakan, une espèce de garde du corps squelettique qui fait autant office de couteau suisse que de compagnon d'arme ou de déconnade, que nos deux loustics vont devoir défendre chèrement leur peau, face à toute sorte de créatures voulant s'approprier ce fameux pouvoir. On flirte avec un surréalisme spatial où le gore et le dark s'invitent volontiers dès que possible, tout ça emprunt d'une légèreté et d'une insouciance détonante de la part de notre cher Sanko Zaha, créant ainsi une ambiance assez unique qui sera à mon avis clivante pour le lecteur. C'est typiquement le genre de lecture qu'on aime ou qu'on aime pas, mais l'entre deux ne me semble guère possible. Pour ma part, j'ai adoré me faire surprendre chapitre après chapitre, devant telle situation loufoque, gore, ou un personnage complètement barré (mention spéciale à Death Delamore ^^ ). Côté graphisme on est aussi assez loin des standards du genre, Q-Hayashida proposant un très nerveux et expressif qui colle à merveille à cet univers sombre et unique. Voilà en tout cas une série atypique qui ravira les lecteurs qui aiment se faire surprendre et sortir des sentiers battus ! Espérons que la suite soit tout aussi déjantée ! *** Tome 2 & 3 *** Après la (très bonne) surprise du 1er tome qui m'avait scotché par son ton et son originalité tant graphique que scénaristique, restait à voir si la suite serait du même tenant pour transformer l'essai. Mais pour ça, Q-Hayashida semble savoir y faire ! En tout cas pour ma part, je suis fan de cet univers si singulier qu'on continue de découvrir au fil des tomes. Ah le Spectrum par exemple : voilà le genre de vaisseau spatial qu'on est pas près de croiser dans Star Wars. Taillé comme un chien à coup de serpe (on est pas dans le pur race, mais plutôt dans le croisement de bâtards) dans lequel on s'introduit par le trou du Luc, le Spectrum est un vaisseau dont l'agencement et la décoration laissé au bon soin du chien robot qui le dirige, laissent rêveur. Les pièces sont toutes plus hallucinantes les unes que les autres, et on sent que tout y a été pensé pour le plaisir de Sanko et de ses invités. Et ce bolide n'est qu'UN des délires hallucinants de l'autrice... Car le reste du récit, que ce soit ses voyages et ses rencontres sont du même tenant, oscillant toujours entre le gore, le trash et l'infantile. Sanko a beau être la personne la plus recherchée et redoutée de l'univers, il n'en reste pas moins qu'un "sale gosse". Et c'est ce contraste qui donne toute sa saveur au personnage. Tout comme ce graphisme rugueux qui fourmille pourtant de détails et qui scelle la patte si singulière du travail de Q-Hayashida. Un bel OVNI que cette série, j'attends la suite avec impatience !
Mauvais genre
Il faut avouer que la couverture ne m'incitait pas à me ruer sur cette série. C'est un peu par hasard que j'ai lu cet album et je ne le regrette pas. J'ai été captivé par l'ambiance du livre dès les premières pages. Tout au long du récit l'excellente mise en scène de Chloé Cruchaudet m'a tenu dans le récit par les différentes péripéties du couple Paul (Suzy)/Louise. L'autrice nous propose une adaptation vraiment réussie d'une histoire très originale. Elle arrive avec succès à enchaîner des épisodes tendres, cocasses, dramatiques et imprévus. C'est aussi une réflexion assez originale sur le genre et la liberté des moeurs possibles dans les années 20. La mise en couleur est assez austère faite des gris pour l'ambiance générale et des éléments rouges pour le passionnel ou le tragique. Cruchaudet ne fait pas de compromis dans ses scènes de guerre ou ses scènes de sexe. Dans les deux cas point de voyeurisme mais une ambiance qui tombe juste. L'autrice nous conduit jusqu'à une fin assez inattendue bien pensée grâce à la construction du récit. Une très bonne surprise de lecture pour ce roman intime qui change de l'ordinaire.
Spirou et l'aventure
Toute première publication en album de Spirou et Fantasio, cet album recense six récits du groom célèbre écrits et dessinés par Jijé. Témoin d'une époque, Spirou et l'aventure est d'abord la marque d'une liberté totale accordée aux auteurs. Le récit que Jijé instaure au fil de ces six histoires n'a ni queue ni tête, il n'est que le prétexte à un enchaînement de gags parfois délirants à l'extrême ! Enchaînant les péripéties complètement rocambolesques, l'auteur navigue entre science-fiction débridée et récit policier plus classique, sans oublier le volet "exploration" inhérent aux personnages. Il ne faut donc pas trop chercher de logique en entamant ce récit, mais plutôt se laisser bercer par la folie douce de Jijé et de sa créativité débordante. Son trait est à l'image du récit, complètement exubérant, très fantaisiste et revêt différentes formes au fur et à mesure des différentes histoires, qui voient plusieurs essais se mettre en place quant au physique des personnages. Jijé s'amuse même à expérimenter un montage étonnamment moderne, dans une séquence futuriste absolument folle où il fait éclater les contours des cases pour mieux se libérer des contraintes formelles qu'il rencontre, et ainsi mieux mettre en scène l'aspect délirant de son univers. Les gags prêtent très souvent à rire ou sourire, et rythment un récit qui ne manque jamais de dynamisme. On n'a jamais le temps de dire "ouf" et c'est tant mieux, car c'est ainsi qu'on profite au mieux du récit sans jamais interroger ses circonvolutions parfois très artificielles. Gentiment désuet tant dans la forme que dans le fond (la dernière histoire risque de faire grincer des dents ceux qui voudraient effacer la vision colonisatrice, voire ici ouvertement raciste, qui affectaient certaines bandes de l'époque), Spirou et l'aventure est une de ces petites pépites à découvrir si on est vraiment fan de Jijé ou du Spirou des tout débuts. Il représente en tous cas une jolie pierre dans l'histoire de la bande dessinée franco-belge, et mérite le détour, ne serait-ce que pour cette simple raison.
Super Pixel Boy
Caramba ! Mais quelle jolie petite madeleine de Proust que ce Pixel Boy !!! Déjà l'objet en soi est joli, vous ne le voyez pas ici sur ce site mais le visage du héros est animé par imagerie lenticulaire en surimpression de la couverture. Cela fait son petit effet et met de suite dans l'ambiance. L'histoire de Super Pixel Boy est en fait constituée de petites histoires mettant en scène le jeune garçon et sa famille ou ses copains de classe. Une passion les anime : le jeu vidéo ! Mais Loïc Clément le scénariste met en scène ses propres souvenirs. Cela commence souvent par une anecdote puis se termine sur des cases reproduisant des jeux célèbres des années 80 parfaitement intégrées dans l'histoire. Boris Mirroir maitrise le Pixel Art à la perfection en y ajoutant de savoureux dialogues pas piqués des hannetons et bien souvent rigolos. Ah et c'est souvent le visage de Pixel Boy qui remplace le héros principal qu'il s'agisse de Link ou de Batman. La plupart des jeux sont issus de la première console de salon Nintendo qu'on appelait vulgairement la NES mais il n'est pas non plus nécessaire de connaitre ces jeux par coeur tant ils sont rapidement et ingénieusement expliqués. Ce premier tome (gageons qu'un second devrait rapidement voir le jour avec une autre machine comme la Super Nintendo par exemple) devrait connaitre un franc succès auprès des quadras ou quinquas de la bande mais il pourrait également séduire un autre public pas forcément geek tant il arrive à reproduire le quotidien d'une bande de copains. C'est donc un véritable coup de cœur pour ce petit livre de mémoire d'un scénariste sincère qui a su trouver le dessinateur idéal pour illustrer une époque vraiment fun où les gosses savaient s'amuser pendant des heures avec de jolis pixels.
Dikhil
J’ai adoré ! Joel Alessandra joue avec les couleurs. La luminosité est magnifique. L’alternance des tons ocres et des tons bleus est fascinante. Les planches sont des aquarelles. Et même si les décors sont plutôt sommaires et le trait pas trop détaillé, la poésie et la sensualité qui se dégagent de ce récit mélo dramatique - un peu autobiographique - sont ensorcelantes. Oui oui ça prend aux tripes. Cela ne peut se lire que d’une traite bien évidement. Un homme fuit ses responsabilités. Il ne veut pas s’impliquer dans une relation partagée. Il choisit la fuite. Il préfère décamper à toutes jambes au fin fond de l’Afrique pour plonger dans l’alcool et dans la solitude. Sa lâcheté va pourtant le rattraper. Cette expérience va lui ouvrir les yeux. Il va remonter la pente. Lentement. Jusqu’à la rédemption. Voilà donc un délicieux album émouvant qui pourra provoquer quelques larmes.
Anatomie de l'éponge
Cette BD m'avait été offerte par mon grand frère quand j'étais au lycée, elle m'a baignée, fait rire et beaucoup motivée, boostant ainsi l'idée que j'avais de me spécialiser pendant mes études dans la bande dessinée ! Simple, efficace, vivant, expressif, à lire absolument.
Ils brûlent
Ohhhh mais c'est énorme ça ! C'est en somme une histoire simple... et complexe. Nous avons deux supposées sorcières, qui aidées par un gamin au coeur sur la main, essaient d'échapper à l'inquisition. Très vite les questions s'accumulent : qui sont-elles vraiment ? D'où viennent leurs pouvoirs ? Comment Georg les a-t-il sorties de leur prison ? Petit à petit on raccroche les wagons, on reconstitue le puzzle... Mais ce n'est pas facile, car Ongle et Pluie elles-mêmes ont oublié jusqu'à leur nom, leur vie d'avant, si tant est qu'elles en aient eu une... Le pauvre Georg, en butte avec ces questions constantes, essaie néanmoins d'aider ces deux malheureuses, armé de ses piètres talents et de sa gentillesse. Ce qui n'est pas facile. D'autant plus que le Mage lancé à leur poursuite, n'a aucune pitié, même si lui-même est en proie à des démons comparables à ceux de ses proies... Le récit est incroyable, il brasse le traumatisme (j'ai RESSENTI physiquement la souffrance infinie des deux fuyardes), la rédemption et encense l'amitié, envers et contre tout. Les scènes où la tendresse qui lie ces trois personnages mais aussi leur séparation, la frustration de Georg, sont purement déchirantes. A la fin de ce premier volume Aniss El Hamouri laisse encore de nombreuses zones d'ombre au sujet de ses personnages, de leurs origines et de leur destin. Il y a plus de 200 pages, et on ne les voit pas passer, j'ai rarement connu une telle prouesse ! Graphiquement il y a du Sfar dans le style d'El Hamouri, mais dans une dimension différente, à la fois plus maîtrisée et plus torturée. Le tout est réalisé en bichromie, avec un brun savamment dosé. On eût pu croire qu'il utiliserait une autre couleur pour les scènes oniriques, mais elles sont dans les mêmes tons, respectant ainsi l'impression donnée par Ongle, que rêves et réalité sont difficilement différenciables, tellement l'horreur est présente partout... Il va falloir attendre un an avant de lire la suite, espérons qu'elle sera à la hauteur de ce premier segment.
Lost Lad London
Voilà le nouveau polar grand format de chez Ki-oon, destiné à un public mature, ou presque, comme en témoigne le nom de la collection dans laquelle il s'inscrit : seinen. Il s'agit d'une enquête policière menée par un flic un peu sur la touche dans la ville de Londres, en compagnie d'un étudiant que tout désigne comme le coupable idéal. C'est relativement classique, mais l'affaire est contée de manière à la fois efficace et intrigante. Ainsi assiste-t-on à un jeu de manipulation dont ne connaît pas tous les acteurs, ou bien les connaît-on déjà, mais sans le savoir. J'ai ainsi une petite idée du coupable, à moins qu'i ne soit pas seul, ce qui expliquerait certains signes... Du coup je suis curieux de connaître la suite, pour voir si mon hypothèse est la bonne. Graphiquement le style de l'autrice Shinya Shima est assez novateur : ses origines nipponnes sont manifestes, mais elle lui adjoint des caractéristiques aérées, comme ne les auraient sans doute pas reniées les auteurs de comics des années 1980 et 1990. Logique, puisqu'elle est allée parfaire ses études graphiques en Angleterre, à Bournemouth. C'est vraiment plaisant, même si au début on a un peu de mal à rentrer dans ce mélange.
Mutafukaz - Puta Madre
Je viens de relire l’intégrale … je garde le même ressenti. Une tuerie cet album !! J’attendais pas grand chose de l’histoire, un spin-off sur un des catcheurs (El Diablo) croisés dans la série mère. Au final, je trouve ça plus réussi que la série d’origine, tous les voyants sont au vert pour me « hype ». Un récit parfaitement construit de bout en bout, noir, dense, cohérent. C’est magnifiquement séquencé. A travers le parcours de notre héros, de son plus jeune âge à la maturité, c’est tout un pan méconnu de l’Amérique (et Mexique) que l’on découvre. Chaque chapitre amène une nouvelle pierre à l’édifice, linéaire mais non redondant. Run dans sa préface propose même de marquer un petit temps d’arrêt entre les 6 chapitres, conseil judicieux tant le tout est d’une sacré richesse, des ambiances différentes qui se dégustent, une petite claque à chaque fois. La violence n’a jamais quitté notre héros, une jeunesse sombre, prison, guerre des gangs, passage chez nos amis de Son of Anarchy, travailleur mexicain exploité … jusqu’à ce qu’il atteigne une certaine forme de plénitude. Un voyage semé d’embûches, très riche et plaisant à suivre. L’autre bonne nouvelle (sans être maso), c’est que les claques se sont transformés en coup de poing avec la partie graphique. Je suis tombé amoureux du trait de Neyef que je découvrais, c’est fluide, détaillé, coloré … bref ça envoie grave du pâté !! Je vais me jeter sur ses autres albums, il possède une patte efficace et originale, ses cadrages et couleurs aperçus dans la galerie de Hoka Hey ! m’ont subjugué. Que dire de plus ? Un album qui se suffit seul malgré sa ramification à l’univers Mutafukaz, vous n’êtes pas obligé de tout lire ou connaître. Une édition réussie (encore) de la part d’Ankama, on a même le droit aux 6 couvertures des chapitres (parus au préalable indépendamment en format comics), chacune réalisée par un auteur de la maison (Run, Madoux, Singelin …). Un prix relativement modique pour une telle densité et qualité, si vous aimez ce style, ne vous privez pas ;) Coup de cœur !! et pas loin du culte à mes yeux, un album qui me comble.
Le Ciel pour conquête
Cet album m'avait été présenté de belle manière par mon amie Lulu, et son enthousiasme m'avait intrigué, car cela sortait de ce qu'elle lit et aime habituellement.Du coup quand j'ai pu à mon tour aborder ce roman graphique se déroulant dans un decorum historique peu courant, je me suis mis à l'aise. Ce qui m'a frappé, et plus de prime abord, c'est le niveau graphique, plutôt remarquable pour une autrice débutante. Bien sûr, même si nous sommes dans une ambiance hollandaise du seizième siècle, elle s'est évité des écueils importants comme les gréements de l'époque ou des scènes d'action, même s'il y a quelques "mouvements" dans l'album. J'ai beaucoup aimé la délicatesse du trait, qui garde un caractère asiatique affirmé mais a su se nourrir d'un certain classicisme européen. Yudori se concentre sur ses personnages, en particulier des femmes de conditions et d'horizons différents, qui se retrouvent sous la coupe d'un marchand hollandais, autant dire qu'il avait quasiment droit de vie et de mort sur elles. Pourtant Amélie, Sahara et Yolente ne s'en laissent pas compter, et cultivent leurs jardins secrets, essayent de remplir leurs objectifs : voler ou faire voler pour l'une, survivre, quitte à devenir une esclave sexuelle pour l'autre, rencontrer un bel homme, honnête et gentil pour la troisième. Même si la servante est la moins présente dans l'histoire principale, elle n'est pas négligée pour autant. Et si Amélie, à la fin de l'histoire, parvient à ses fins, il y a quand même des choses qui me semblent manquantes dans celle-ci, sans que je puisse mettre le doigt dessus. C'est probablement dû au caractère débutant de l'autrice, mais c'est franchement très intéressant, surprenant... Je m'attendais presque à voir les deux rivales débuter une histoire charnelle, mais Yudori évite cet écueil-là également. Bref, un bon moment de lecture, qui sort des sentiers battus.