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Couverture de la série Le Labyrinthe inachevé
Le Labyrinthe inachevé

Nouveau très bel album signé Jeff Lemire. Dans celui-ci l’auteur canadien nous parle du deuil et de l’acceptation au travers d’un récit qui, comme souvent chez lui, flirte avec les limites du fantastique. Le récit est touchant et Lemire parvient à nous faire partager l’état d’égarement de ce père endeuillé qui ne parvient pas à tourner la page, angoissé, terrorisé même du fait qu’il commence à oublier les traits du visage de sa fille. L’allégorie du labyrinthe dont ce père va devoir trouver le centre est très bien trouvée puisque justement elle se réfère directement à cet état d’égarement et à cette nécessité de terminer quelque chose avant de pouvoir en commencer une autre. L’opposition entre le caractère insensé de la quête du père et son environnement très réaliste m’a fait penser au « Fisher King » de Terry Gilliam (film dans lequel un personnage sombre dans une folie douce après le décès de sa compagne et s’imagine investi d’une mission divine). La mise en page est inventive. Ici, un fil rouge symbolise la marche à suivre tel le fil d’Ariane. Là, le découpage plonge directement le personnage au cœur d’un labyrinthe. Le trait de Lemire convient toujours aussi bien pour illustrer ce genre de personnage au bord de la rupture, il s’en dégage une fragilité touchante, encore accentuée par une colorisation qui donne à ses traits un air maladif tout à fait adéquat. Avec ce récit, l’auteur parvient à cristalliser les angoisses des parents devant ce qui, je suppose, doit être leur plus grande crainte (la perte d’un enfant) mais il le fait grâce à un récit original et créatif… et, en définitive, optimiste. J’ai vraiment bien aimé.

12/09/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trois filles debout
Trois filles debout

Chaque jour qui passe rapproche l'humanité de sa fin, et le temps s'accélère singulièrement ces dernières années. L'espoir est peut-être du côté des jeunes générations, qui prennent conscience de cette urgence climatique et décident de passer à l'action. L'album brosse le portrait de trois représentantes de cette génération, dont la très médiatique Greta Thunberg. Elle est ici rejointe par la Canadienne Autumn Peltier, appartenant à l'une des Premières Nations, qui prend conscience de la problématique liée à l'eau potable dans son pays, puis au niveau mondial, et par Ellyanne Wanjiku, qui décide de planter des arbres au Kénya. Toutes trois oeuvrent pour un monde meilleur, et les histoires vont à l'essentiel les concernant, sans négliger les critiques et les moqueries dont elles font l'objet. Chaque récit est suivi d'une petite présentation synthétique des intentions des jeunes filles. C'est un ouvrage destiné à la jeunesse, qui met de nombreux faits sur la table et propose des pistes pour agir, même au niveau individuel, pour construire un avenir meilleur. Le dessin d'Anne-Olivia Messana est dans une veine ligne claire très lisible, ce qui permet de bien faire passer les messages.

12/09/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Haarmann - Le Boucher de Hanovre
Haarmann - Le Boucher de Hanovre

Une série de disparitions et de meurtres inexpliqués d’un côté, un fripier/indic de la police qui fait du trafic de viande et de vêtements d’occasion de l’autre, et au milieu : une police qui ne fait même pas semblant de prendre en compte les signalements qui s’accumulent contre ce monsieur Haarman. Face aux preuves et à cet aveuglement volontaire des forces de l’ordre, le lecteur sent monter la tension dramatique. C’est bien écrit, très bien dessiné. La misère humaine sur fond de laquelle se déroule le scénario fait d’autant plus ressortir la cruauté de celui qu’on appellera « le boucher de Hanovre » dans sa folie sanguinaire. Un album sombre de grande qualité.

11/09/2022 (modifier)
Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Papeete 1914
Papeete 1914

C'est en parcourant le sujet du forum réservé aux plus belles couvertures de BD que je suis tombé sur celle du tome 1 de Papeete. Quelle claque visuelle ! Sublime. Tout comme celle du tome 2. Le dessin de Morice est d'ailleurs très beau. J'ai adoré me plonger dans ses planches. L'art de la perspective est maîtrisé à l'absolu, par exemple. Bel artiste. Et gentil bonhomme qui plus est. Rencontré deux fois à Angougou en 2012 et 2013 pour deux dédicaces des deux tomes de Papeete, Morice est vraiment un homme abordable et adorable (cela va souvent ensemble me direz-vous). Je le suivrai désormais, c'est sûr. L'histoire maintenant. Un tome 1 alléchant. Envoûtant. La petite histoire dans la grande Histoire. Tout est bien ficelé, tout donne envie de tourner les pages. A partir d'un évènement peu connu de la Grande Guerre, Didier Quella-Guyot nous emmène dans un polar efficace qui nous transporte dans Tahiti. J'ai vraiment adoré ce tome. Le rythme, les coups de théâtre, les odeurs, les couleurs sont bien retranscrites à travers le dessin, certes, mais aussi par le scénario. Le tome 2 est dans la même veine. Sauf qu'il manque peut-être un tome 3 en effet. Je ne sais pas si c'est de la frustration ou si, en effet, l'histoire se termine trop vite mais j'ai trouvé ce tome 2 un peu trop rapide. Mais il faut bien une fin à tout... J'ai vraiment beaucoup aimé ce diptyque et je le conseille à tous les amateurs de polars et à toutes les personnes qui aiment voyager et apprendre des autres.

09/09/2022 (modifier)
Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De mal en pis
De mal en pis

J'aime bien ces bouquins où il ne se passe vraiment pas grand chose mais qui nous font vivre un pan de la vie de plusieurs personnes. "De mal en pis" est exactement dans cette veine. Un bon gros pavé qui nous plonge dans New-York, ville fascinante, et dans la vie de trentenaires à la croisée des chemins. J'ai vraiment pris du plaisir à suivre les "aventures" amoureuses, amicales et professionnelles de ces jeunes en quête d'identité. C'est vraiment divertissant et cela m'a bien détendu dans mon lit le soir pendant 2 ou 3 jours. Non, vraiment, il ne se passe pas grand chose mais on veut connaître la suite, alors on tourne les pages inlassablement... Que dire de plus sur l'histoire ? Je ne saurais dire. C'est la vie, avec ses questions existentielles, ses déboires, ses moments de joie ou de franche rigolade... Le dessin est joli. En noir et blanc. Il colle bien à l'ambiance un peu "plate" de l’œuvre, un peu underground en effet. Très bon roman graphique. A lire. Vraiment.

09/09/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pereira prétend
Pereira prétend

Un album bien écrit, profond et avec beaucoup de nuances dans le caractère du personnage principal : Doutor Pereira, journaliste en charge de la page culturelle du Journal de Lisbonne. Ce bon bonhomme, solitaire depuis la mort de sa femme, se passionne pour la littérature et pour les traductions qu’il fait pour son journal. Sa vie s’écoule lentement, mollement, sans surprise. Une question le hante : la vie après la mort. Cette question va l’amener à rencontrer un jeune étudiant en philosophie, Francesco Monteiro Rossi, rencontre qui va bouleverser sa vie. Lui qui vivait en marge de la politique, sous un régime totalitaire, il va devoir se confronter à l’engagement et au courage d’exprimer ses opinions. Fin de la petite vie tranquille pour Doutor Pereira en proie à des sentiments contradictoires et obligé de regarder ce qu’il ne voulait pas voir. J’aime beaucoup les albums de Pierre Henri Gaumont, j’aime ses scénarios et son dessin nerveux, l’expression des pensées contradictoire qui tiraillent Pereira et toutes les petites bulles qui évoquent ses soupirs et ses angoisses. Un album qui amène à réfléchir, un album plein d’émotion. Pierre Henri Gaumont nous emmène dans les quartiers bien connus de Lisbonne. Les couleurs sont chaudes et les pages superbes. Un gros coup de cœur pour le scénario et le dessin.

08/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Ma vie dans les bois
Ma vie dans les bois

J’aime beaucoup ce manga… et, encore aujourd’hui, les raisons de cette appréciation continuent de me poser question. Pourquoi, en effet, me suis-je passionné pour ce récit d’un mangaka qui s’en va construire sa maison au milieu des bois et se passionne pour la pêche ? Les réponses à cette question sont multiples et parfois franchement étonnantes. La plus étonnante de toutes à mes yeux, c’est le dessin. Pourquoi celui-ci m’a t’il fait penser au regretté Michel Plessix (oui, je sais, quand on regarde la couverture, c’est encore plus étonnant) ? J’ai d’abord pensé à la calligraphie employée (ce qui n’était pas idiot)… mais il n’y a pas que ça. La manière de dessiner la forêt et ses arbres, mais aussi les visages des personnages a un petit quelque chose de Plessix (période Julien Boisvert ou, mieux encore, La Déesse aux Yeux de Jade). Ce trait m’a beaucoup plu, même lorsqu’il se fait plus caricatural. Il est expressif et dynamique, ce qui convient parfaitement au thème, mais aussi détaillé et différent du style employé dans la majorité des mangas actuels (pour lesquels on pourrait véritablement interchanger les auteurs sans que personne n’y remarque quoique ce soit). Ensuite vient le thème en lui-même. Il y a dans celui-ci un léger parfum du mythe de l’île déserte. Depuis l’île mystérieuse (véritable livre de chevet durant ma jeune adolescence), j’ai toujours été fasciné par les récits dans lesquels des humains parviennent à construire quelque chose à la seule force de leurs mains, de leur courage, de leur ingéniosité et de leur obstination. Et d’autant plus fasciné lorsque les techniques employées nous sont livrées sans pour autant que l’intrigue en souffre. J’ai retrouvé un peu de cet esprit dans cet album, qui nous explique très clairement et dans le détail mais sans que cela ne devienne trop technique comment construire une maison en rondins au cœur d’une forêt pour un budget réduit, comment construire un four, comment fabriquer une canne à pêche à partir de bambous... Franchement, ça donne envie de se lancer dans l’aventure même si tout n'est pas réalisable sous nos latitudes. Et puis, il y a le ton employé et la personnalité de Shin Morimura. Obstiné et positif, le mangaka fait montre d’humilité et d’humour mais parvient à donner vie à ce qui ressemblait pourtant à une douce utopie. Ce retour à la nature et aux travaux manuels a certes un franc côté bobo (je ne sais pas s’ils emploient ce qualificatif au Japon mais dans l’esprit on en est proche) mais un bobo réaliste, un rêveur pragmatique. Les questionnements du personnage sont une des composantes essentielles du récit… et donc de mon appréciation. L’humour est également bien présent, et comme souvent dans les mangas en relation directe avec la scatologie. En temps normal, je peux trouver ça très vite gonflant mais ici, ça passe plutôt bien. Les photos qui viennent illustrer la fin de nombreux chapitres jouent aussi dans mon appréciation d'ensemble, car elles matérialisent ce récit, le font rentrer dans le concret. Bon, je dois admettre qu'il y a une petite baisse de régime entre la fin du tome 4 et le tome 7. Le fait que Shin Morimura semblait avoir réalisé tout ce qui était possible et nécessaire à son habitation après ces quatre premiers tomes est certainement la cause principale de cette baisse d'intérêt de ma part. La part prise par ses récits de pêche depuis le tome 3, et qui ne cesse de grandir depuis est une autre raison (et une conséquence de la première ?) Les changements de traducteurs ont aussi joué un rôle (principalement dans le cas du tome 6). Heureusement les trois derniers tomes ont réussi à réveiller mon intérêt. Le tome 9 qui aborde la thématique de la transmission ainsi que les voyages en chien de traineau m'a particulièrement plu, le positionnant au même niveau que les tout premiers tomes de la série dans mon classement personnel. Quoiqu'il en soit, pour l'évocation de ses chiens, pour les pages consacrées à sa perception de la catastrophe de Fukushima (il habite à seulement 80 km de la centrale nucléaire et son habitat naturel, maison, potager, forêt nourricière, a donc été exposé aux radiations), pour la bonhomie qui se dégage de ses récits, pour son ingéniosité et son obstination (on ne peut pas dire que je me passionne pour une canne à pêche mais les siennes sont vraiment des œuvres d'art autant que d'artisan), je considère cette série comme un de mes mangas préférés, sinon mon préféré. Vraiment à découvrir !

04/09/2017 (MAJ le 08/09/2022) (modifier)
Couverture de la série Royal City
Royal City

Depuis que j’ai découvert cet auteur, j’ai longtemps entretenu un drôle de rapport avec Jeff Lemire et ses productions. Systématiquement, j’étais attiré par ses albums, leur synopsis originaux, l’humanisme qui s’en dégage malgré la dimension souvent fantastique des scénarios proposés. Systématiquement, j’avais envie d’essayer… et systématiquement, je n’étais jamais aussi séduit que je l’espérais. Puis est venu Royal City… Une fois de plus la couverture m’intrigue. Ce dessin un peu brouillon, brut, duquel se dégagent une étrange sensibilité, une espèce de fêlure attire mon regard aussi surement qu’un être tortueux au milieu d’une plantation de bouleaux. Petit coup d’œil sur le résumé qui laisse sourdre l’idée qu’il s’agit plus ici d’une sorte de roman graphique –avec une touche de fantastique tout de même- que d’un récit fantastique pur et dur et me voilà définitivement ferré. A la lecture, je suis charmé. Ce récit aux allures classiques (la petite ville paumée, la fratrie réunie suite au coma du paternel, les tensions entre habitants devant le projet de fermeture de la principale usine du bled) prend une autre dimension grâce à une pointe de fantastique. Cet aspect fantastique n’est pas du tout artificiel. Je dirais même qu’il est essentiel au récit car c’est lui qui va révéler chaque personnage, l’éclairant sous un autre angle. Du coup, même si nous sommes devant un récit fantastique, son côté roman graphique prédomine… et inversement (oui, je sais, difficile d’être moins clair mais c’est vraiment mon ressenti). Le dessin très brut pourra déplaire à certains. A titre personnel, et même si je trouve que Jeff Lemire aurait pu un peu mieux fignoler certains visages, je suis plutôt séduit. Comme dit plus haut, je trouve que ce dessin dégage une certaine fêlure, une fragilité, une maladresse qui cadrent bien avec le propos. Je me suis jeté sur chaque tome à sa sortie, et ce jusqu’au terme de la série (même si aujourd’hui, on parle d’une suite dont je ne comprends pas bien l’intérêt). A chaque tome, j’ai trouvé ce que j’espérais jusqu’à la conclusion que je trouve juste et touchante. Royal City a constitué ma porte d’entrée dans l’univers de Jeff Lemire et depuis lors je me suis penché sur d’autres productions de l’auteur (parfois antérieure à cette série) sans toujours retrouver un tel niveau d’émotion. Pour moi, cette série gardera donc toujours un goût particulier.

22/02/2018 (MAJ le 08/09/2022) (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dernier week-end de janvier
Dernier week-end de janvier

Bastien Vivès nous offre, après un très décalé "Burne-out", un ouvrage plus sage avec "Dernier week-end de janvier", très belle chronique sur fond de festival d’Angoulême. Sur près de 180 pages, Vivès prend le temps de nous présenter les personnages : un dessinateur assez blasé par les séances de dédicaces, un chasseur de dédicaces presque caricatural aussi bien sur le plan graphique (son visage, à la Largo Winch, tranche volontairement avec la galerie de portraits de l'album), que sur le plan personnel. Et surtout, une femme, Vanessa, fragile, attachante, complètement étrangère au monde de la bande dessinée, pour qui le lecteur ne peut que ressentir une certaine sympathie. Ayant fréquenté, à une époque de ma vie, le festival d'Angoulême, j'avoue avoir retrouvé à travers cette bd, l'atmosphère de cet événement. Vivès nous offre une histoire presque banale, digne d'un film de Claude Sautet, mais qui par son traitement graphique mérite de s'y attarder Car, il faut l'avouer que les planches sont magnifiques, avec mention spéciale pour les scènes de danse, qui sont parfaites Même les scènes d'amour au lit, que le lecteur attendait vu le précédent album sulfureux de Vivès, sont d'une sensualité et d'une délicatesse sans pareil Cet album va rejoindre des titres comme Polina ou encore Une Soeurque je relis régulièrement avec plaisir Un très bel album, une très belle chronique où on se demande où s'arrête la réalité et où commence la fiction J'en recommande évidemment la lecture.

07/09/2022 (modifier)
Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Je l'avoue, je ne suis pas convaincu que j'aurais acquis cette bd sans le tapage consécutif à son Fauve à Angoulême. Cela aurait été dommage. Comme quoi, les prix, même s'ils peuvent nous apparaître trop élitistes par moments, peuvent être utiles... J'ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans ce pavé. L'expérience visuelle est incroyable. Le dessin est absolument somptueux. C'est, certes, aller un peu loin mais certains portraits sont proches de la photographie, tellement ils s'approchent de la réalité (en tout cas, celle qui nous est présentée). Là, où je me dis que je suis clairement un client de ce genre graphique, c'est quand je me revois, pendant ma lecture, avancer de quelques pages pour essayer de trouver une planche particulièrement belle, un peu comme un accro ayant besoin de sa dose, ou revenir en arrière pour en explorer une autre, déjà vue, en quête d'un deuxième shoot. Le dessin mérite clairement un 5/5, de mon avis en tout cas. Côté scénario, on est sur du solide aussi. Deux histoires, deux parcours qui s'imbriquent dans l'Histoire, de façon assez habile la plupart du temps. Bon, on n'est pas tout à fait dans du Spiegelman ou du Levi pour la partie contant la période pré-nazisme et nazie mais l'émotion passe et certains passages, peut-être moins importants pour l'Histoire (je pense ici aux scènes dans le bordel ou aux passages avec l'ami-protecteur noir de Karen, rejeté par la société de bien trop de manières), sont bien décrits et fond froid dans le dos. Et c'est là où on touche à ce qui m'a le plus plu dans le scénario d'Emil Ferris : les détails. Ces petites choses, ces petits évènements, qui rendent une histoire (l'Histoire ?) plus consistante et accessible finalement. J'ai adoré l'héroïne, cette gamine en marge qui choisit de cultiver sa marge, pour se protéger sûrement, mais aussi parce que c'est vachement plus drôle d'être à contre-courant. C'est sans doute un peu caricatural par moment, en particulier dans ses relations avec son frère et sa mère, mais c'est convaincant, on entre dans leur intimité volontiers et on pleure avec eux, on rit aussi. Je ne veux pas trop en dire, pour ne pas spoiler les futurs lecteurs, mais certains twists, même si je m'y attendais pour quelques-uns, font le sel du scénario. Pour conclure, il ne faut pas avoir peur de ce pavé, le début est certes plus dense, plus contraignant également, que la suite mais le dessin happe le lecteur que je suis, et je l'espère que vous serez en plongeant dans cette œuvre. Œuvre que je classerai sans doute "culte" après la lecture du tome 2, si celui-ci est du même niveau.

07/09/2022 (modifier)