Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce manga; contrairement aux autres avis (mais je ne les contredis absolument pas) ! Effectivement si on ne lis que les premiers tomes on ne voit pas beaucoup les personnages se développer, le début est plutôt lent mais j'apprécie cela, car on s'immerge ainsi plus facilement de mon avis. Je m'identifie un peu au personnage principal, ses hésitations et sa manière de penser en font un personnage que je trouve plutôt attachant au fil des livres; et les autres personnages ne sont pas en reste ! Certains lecteurs n'apprécient sans doute pas la personnalité du bibliothécaire (Oui j'ai oublié son nom désolé), mais encore une fois c'est largement compensé par ses talents de bibliothécaire et notamment sa gentillesse (qui ne ressort pas souvent mais tout de même) ! Les deux autres bibliothécaires sont très attachantes; et les "clients" de la bibliothèque le sont tout aussi ! On trouve rapidement des personnages préférés je trouve. Et ce livre nous fait découvrir la littérature enfantine, livres que les grands ne lisent plus du tout, et ce manga fait réfléchir: devons-nous réduire nos lectures et la découverte d'ouvrages, car nous sommes "trop grands" pour en profiter ! Voilà c'est mon avis, mais à vous d'avoir le vôtre.
L'adaptation du roman de Thibault Vermot, j'en découvre la trame avec cet album.
Un bled perdu au fin fond du Colorado où la misère se dévoile à chaque coin de rue.
Une bande d'adolescents paumés, mais attachants, où le personnage de Suzy se détache à mes yeux, la seule nana du groupe, androgyne et fille d'un shérif alcoolique. Une bande qui va être mêlée à une sordide histoire de meurtre qui évoluera progressivement vers un thriller horrifique.
Un récit qui nous plonge dans un monde glauque où les méfaits de la drogue, de l'alcool mais aussi de la maltraitance côtoieront une violence omniprésente.
Une narration maîtrisée faite de petits chapitres séparés à chaque fois par une pleine page où le dessin d'une cassette audio est accompagnée d'un titre de chanson, un univers musical très grunge (Metallica, The Cure, Aerosmith ...). Les chapitres sont numérotés en nombre de clous, ces clous qui sont plantés dans les traverses des chemins de fer. La voie ferrée serpentant ces paysages désolés jusqu'à cet immense triage qui sera la gueule du reptile.
L'histoire ne serait pas aussi prenante sans ce magnifique noir et blanc au trait charbonneux et crasseux qui retranscrit à merveille l'ambiance oppressante. Des jeux d'ombres aux personnages, on découvre le travail de fourmis qu'a réalisé Alex W. Inker, jusqu'aux visages où on voit la différence entre les bouilles "sympathiques" de nos ados et les gueules abîmées des adultes.
Une mise en page qui fait grimper crescendo la tension.
Du bonheur !
Une adaptation réussie qui plaira aux amateurs de polars.
Un QR code en fin d'album reprenant la playlist des chansons nommant les chapitres.
Étonnant album que ce roman graphique proposé par l'autrice coréenne Yudori ! On est en effet loin des mangas "classiques" qu'on a l'habitude de croiser dans les rayons de nos libraires.
L'objet en lui même surprend par sa qualité éditoriale : format moyen cartonné avec un dos toilé agrémenté d'un signet pour les quelques pauses nécessaires à la lecture de ce petit pavé de plus de 300 pages ; une couverture que je trouve magnifique, qui rend parfaitement hommage à ce qui nous attends au fil des pages... Rares sont les mangas nous proposant un si bel écrin.
Et puis on rentre dans l'univers singulier d'Amélie, jeune catholique hollandaise du XVIe siècle. Issue de la noblesse, elle a pourtant du se résoudre à se marier avec un riche marchand, Hans, pour des intérêts financier. Le jour où ce dernier va ramener une jeune esclave asiatique d'un de ces voyages commerciaux sa vie va changer radicalement. Une étrange relation va naitre entre ces deux femmes que tout oppose pourtant...
J'ai déjà adoré la découverte de cette hollande du XVIe siècle, surtout du point de vu sociologique. Les relations entre maîtres et servant(e)s n'ont rien à voir avec ce que nous avons vécu en France par exemple. La maîtresse de maison se devait par exemple de participer aux tâche journalière de la maisonnée, que ce soit le marché ou encore les tâches ménagères. De même les relations entre époux et la place de chacun divergent aussi, même si évidemment pour l'époque, la femme restait sous la coupe de son mari. Et c'est là que tout l'intérêt de cet album va se former. Car l'introduction de la jeune esclave dans la maisonnée va bouleverser tout ce petit monde. Amélie qui n'a jamais trop supporté l'autorité de son mari (voire l'autorité et la place réservée aux femmes tout court) va commencer par jalouser et prendre en grippe la nouvelle arrivée. Mais petit à petit une relation singulière va finir par s'instaurer entre les deux femmes, qui, dans des situations respectives très différentes, vont pourtant s'entendre sur beaucoup de choses. Leur aspiration commune à la survie et à la liberté sera leur fanal commun...
Yudori nous propose donc au travers de cet album, un récit profondément féministe, où la réflexion sur la place et la condition féminine transpirent au fil des pages. Et quelque soit la condition des femmes, esclave ou bourgeoise installée, les problèmes de fond restent les mêmes pour l'époque, même si la forme change. Il n'est ensuite qu'un pas à franchir pour faire la comparaison avec la condition féminine aujourd'hui ; si les lignes bougent dans certains pays, on est encore loin d'une équité de traitement entre le beau sexe et la gente masculine.
Un album surprenant et engagé qui fait plaisir à lire !
Après avoir obtenu la récompense suprême à Angoulême pour son exaltante "Saga de Grimr", Jérémie Moreau avait-il encore quelque chose à prouver ? A 35 ans, celui-ci fait désormais partie des créateurs les plus originaux de sa génération en matière de 9e art, et cet album vient une nouvelle fois le confirmer, non sans panache. Jérémie Moreau est de ceux qui explorent et tentent constamment de se renouveler, et si l’on ressentait une certaine déception avec Penss et les plis du monde, malgré ses qualités indéniables, Le Discours de la panthère est venu nous rassurer sur sa capacité à nous surprendre. Avec « Les Pizzlys », il s'attaque au sujet du moment, de plus en plus prégnant et souvent anxiogène, le réchauffement climatique, en situant l’action en Alaska, là où les effets sont encore plus visibles et spectaculaires que sous nos latitudes.
La magnifique et mystérieuse couverture à elle seule peut résumer la sensation qui nous étreint à la lecture, celle d’être transporté à travers la flamboyance d’une aurore boréale aux couleurs époustouflantes. Quant au titre, l’auteur fait référence à ces ours issus d’un croisement entre grizzlys et ours polaires, des ours au pelage marbré de blanc et de marron qui ne sont qu’un des effets du changement climatique dans le Grand nord, les ours blancs quittant les pôles en raison de la fonte des glaces. Ainsi, Jérémie Moreau reprend un de ses thèmes de prédilection : l’action de l’Homme sur son environnement et la perte progressive de ses racines favorisée par une technologie toujours plus sophistiquée.
Pour ce faire, l’auteur va nous mettre dans les pas de plusieurs personnages : Nathan, jeune chauffeur de taxi en charge de son frère Etienne et sa sœur Zoé, suite à la mort vraisemblable de ses parents. Lors d’un accident dû au surmenage, il va faire connaissance avec Annie, l’une de ses clientes qui s'apprête à prendre l’avion pour retourner dans son pays natal, l’Alaska. Prise d’empathie pour ces orphelins en proie à la confusion, la vieille dame, d’origine indienne, va les emmener dans sa « cabane » perdue du Grand Nord, où elle n’avait pas remis les pieds depuis son mariage avec un occidental il y a quarante ans. Obligée de laisser derrière elle tous ses repères, la fratrie va devoir réapprendre ce qu’est la vie dans un environnement radicalement différent, loin du tumulte du monde « civilisé ». Le choc est rude, et les écrans tactiles restent le plus souvent noirs. Passée une difficile période de « sevrage technologique », les jeunes enfants finiront par s’accoutumer à leur nouvelle vie, contrairement à Nathan qui ne parvient pas à s’extraire d’un brouillard psychique qui le laisse tel un pantin désarticulé, sans boussole…
Comme souvent seul aux manettes, Moreau nous offre une narration fluide et bien construite, sans surcharge de dialogues, servie par une ligne claire ronde et délicate qui laisse transparaître les influences manga de son auteur. Le tout confère une touche très moderne à l’objet, mais qui ne se limite pas au dessin. A ce titre, c’est le travail sur la couleur qui est juste renversant. L’auteur recourt à une palette audacieuse alliant des tonalités très chamarrées avec des incursions fluos, qui étonnamment ne piquent pas les yeux. Le résultat est même somptueux et ces assemblages atypiques donnent lieu à des planches de toute beauté. Comme on le sait, l’auteur travaille sur ordinateur et apporte ici la preuve que l’on peut le faire à bon escient. Ce traitement numérique des grands espaces nord-américains nous en fait saisir toute leur magnificence mais aussi les bouleversements dramatiques qui les menacent, tels ce terrible feu de forêt représenté vers la fin de l’ouvrage. De même, les séquences décrivant les sensations ou les rêves des personnages sont de véritables œuvres d’art — osons ce terme généralement réservé au domaine musical — néo-psychédéliques, où poésie et chamanisme ne font qu’un — précisons que dans le récit, les habitants de cette région d'Alaska sont d’origine indienne. Et comme Jérémie Moreau ne laisse rien au hasard, sa mise en page est aussi libre que réfléchie : cases de guingois hyper-morcelées alliées à un cadrage dynamique zoomé au max, vues cinématographiques époustouflantes sur deux pages, notre homme ne s’interdit rien…
Si avec « Les Pizzlys » Jérémie Moreau nous éblouit, il nous interroge et nous bouscule aussi, s’abstenant de tout jugement péremptoire et préférant évoquer une responsabilité collective concernant l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. La situation qu’il décrit est un constat, effrayant certes, mais encore une fois, l’auteur ne joue pas sur la peur, qui comme chacun sait, inhibe l’action et peut réveiller nos instincts les plus primaires. Ainsi, la conclusion est assez inattendue, ni pessimiste ni optimiste, pour décrire quelque chose qui nous dépasse et devrait nous rendre plus humbles, désarmés que nous sommes face à la toute puissance de la nature qui ne fait que nous renvoyer les conséquences de nos actes. En ces temps anxiogènes où la confusion semble parfois gagner les esprits, notamment à travers les réseaux sociaux où "fake news", haine et peur font figure de trio infernal, cette bande dessinée est une véritable bouffée d’oxygène. A l’instar de J.R.R. Tolkien, Jérémie Moreau s’efforce de réenchanter le monde, en réconciliant l’Homme moderne avec le « temps du mythe » et la sagesse ancestrale des peuples autochtones. Inutile d’ergoter davantage, « les Pizzlys », par ses qualités artistiques et son propos intelligent qui arrive pile-poil après une période hors-normes (canicules, incendies, sécheresse…), n’est rien de moins que l’album de l’année, un chef d’œuvre « pré-apocalyptique » qui réussit même à surpasser La Saga de Grimr.
Ouch !!!! Mais quel album !!!
C'est BEAU déjà ! C'est grave ! C'est dur... cruel... mesquin... Mais ça respire d'humanité ! Que ce soit pour le pire ou le meilleur, l'âme humaine est ici capturée et mise à plat, à l'image de Renaldo McGirth, qui à l'aube de sa vie termine dans le couloir de la mort.
Valentine Cuny-Le Callet a 19 ans quand elle entame une correspondance épistolaire avec lui. Commence alors l'histoire d'une amitié compliquée qui au fil des ans donnera naissance à ce pavé de 436 pages.
La force de cet album tient pour moi avant tout dans l'absence de jugement de Valentine ; elle n'est pas là pour juger, mais découvrir quelqu'un (qui par ailleurs a toujours nié le meurtre dont on l'accuse) qui passe son temps dans 5m², isolé, sans aucune lumière naturelle. Au fil des échanges compliqués, on découvre petit à petit le quotidien spartiate de Renaldo. Compliqué est un doux euphémisme quand on prend connaissance des règles à respecter concernant le contenu des courriers... La liste des interdits est juste hallucinante et surtout laissée à l'appréciation de l'institution pénitentiaire. Valentine ne comptera plus les courriers découpés, tronqués ou qui ne parviendront jamais à Renaldo. Autant dire que quand leur projet de BD a commencé, cela a été un vrai casse tête ! Lire cet album aujourd'hui est donc un petit miracle en soi ! Ultime humiliation pour Renaldo, les condamnés à mort n'ont pas le droit de toucher de l'argent en produisant quoi que ce soit relatif au motif de leur incarcération : il ne sera donc même pas crédité en tant qu'auteur sur cet album pourtant paru en France chez Delcourt...
Concernant le graphisme, chaque page est une pure merveille qu'on pourrait admirer de longues minutes. Que c'est beau ! Le travail de dessin et de gravure de Valentine est juste sublime ! Les dessins de Renaldo ne sont pas en reste, et les siens sont souvent très colorés, ce qui contraste d'autant avec le noir et blanc brut de Valentine.
Un choc tant esthétique qu'intellectuel qui fait beaucoup réfléchir sur cette peine de mort et sa marchandisation par un système pénitencier qui semble avoir oublié ses objectifs...
Pas très emballé à l'idée de lire cette BD, bien m'en a fallu de naviguer sur un célèbre site d'enchères et de trouver les deux tomes à bas prix. N'ayant jamais été fan de Picsou, Donald et Cie, la lecture des origines de Picsou n'avait que peu d'intérêt à mes yeux. Ce sont les notes dithyrambiques sur la Jeunesse de Picsou présentes sur ce site qui m'ont convaincu d'acheter cette dernière.
Et là je dis merci à tous les "aviseurs" qui ont fait de cette bd un immanquable ! Parce que oui, le travail de Don Rosa frôle le génie.
Je me suis éclaté à lire ses planches. Le dessin est beau. Le scénario est génial. Retracer l'enfance, l'adolescence, la vie d'adulte de Picsou est une prouesse réalisée avec brio par Don Rosa. Preuve de mon revirement d'avis sur ce sujet : j’en suis arrivé à être déçu des nombreuses ellipses présentes dans l’œuvre... Mais je ne perds pas espoir de lire un jour les épisodes manquants...
Je salue au passage le travail titanesque de l'auteur, il y a peu d'incohérences, tout est calculé et réfléchi. Bravo l'artiste !
A lire, absolument, même sans être fan de l'univers Picsou.
A posséder dans toute bonne collection de BD.
« Glace » est la BD la plus « british » que j’ai lue depuis un moment… jusqu’au concept de « camion à glaces », véritable institution en Angleterre (où j’habite depuis 22 ans). Le climat anglais étant ce qu’il est, vivre purement de ce commerce est difficile, la concurrence est rude et les échauffourées fréquentes entre vendeurs servent de point de départ à ce roman graphique original.
Les personnages sont barges et attachants, à commencer par l’ami de Howard, Jasper, gardien de musée mais aussi président de l’association de secours en montagne de Dobbiston, qui se bat contre le reclassement de la seule montagne de la région en colline. On apprend par ailleurs qu’il avait dans sa jeunesse été arrêté en France pour avoir « converti » des panneaux français en unités impériales (miles, yards) avec de la peinture. Bref, le ton est décalé au possible, mais l’histoire « feel good » aborde aussi les thèmes de l’amitié, de la persévérance, et je suis ressorti ravi de ma lecture.
Il s’agit d’un premier album pour l’auteur anglais Matthew Dooley, et techniquement c’est une réussite. Le style minimaliste et les cases relativement petites rappellent un peu le style de Chris Ware, mais aussi d’un autre auteur anglais, Jon McNaught (voir L'Eté à Kingdom Fields par exemple). En tout cas la narration est fluide et maitrisée.
Une histoire très humaine qui déborde de charme et d’humour anglais. Un coup de cœur en ce qui me concerne. Et pour plus d’info sur les « ice cream vans », voir la page Wikipédia dédiée.
Vraiment un bel album ce « dernier week-end de Janvier » ! Tout en finesse, en subtilité, en délicatesse et également en sensualité ! Pourtant, l’auteur, Bastien Vivès, n’a rien inventé de neuf dans ce récit puisqu’il s’agit d’une énième variation sur le thème de l’amour.
Seules originalités de cette histoire : ça se passe pendant le festival de bandes dessinées d’Angoulème où on peut y reconnaitre facilement de nombreux lieux, sentir l’atmosphère particulière de cet évènement, et le personnage principal est un… dessinateur qui se soumet en trainant les pieds aux séances de dédicaces !
Mais tout cela ne présente pas l’intérêt essentiel du « Dernier week-end de Janvier » car Bastien Vivès a centré son récit sur la rencontre entre deux adultes bien établis : Denis, c’est-à-dire le dessinateur, et Vanessa. Quelques regards entre eux, quelques mots… et c’est le coup de foudre… et au diable leurs train-train habituels ! Et au placard, leurs vies de couple bien monotones et sans saveur ! Oui, il y a de l’adultère dans l’air… Je ne vous ferai ni un dessin pour que vous compreniez, ni la morale, je vous laisse juge ! Mais qu’est ce que ce récit est attachant et subtil !
Il faut dire que j’aime beaucoup le coup de crayon de Bastien Vivès et son sens de la narration qui siéent à merveille avec son scénario. Il suffit de feuilleter, parmi d’autres, la séquence en boîte de nuit pour entrevoir le talent de cet auteur, un régal de fluidité et de sensualité ! Et puis, Vanessa… qu’est-ce qu’elle est charmante !
Un bon, un très bon roman graphique, voilà ce que je retiens du « Dernier week-end de Janvier ». Bastien Vivès a un tel talent qu’il peut transformer facilement un récit banal en une histoire attachante et joliment mise en page. Vivement son prochain album !
Je commence ma découverte de Torpedo par cet album se situant en 1972, soit quarante ans après la série mère.
Un prologue en début d'album retrace une petite biographie de notre gangster, des années 1930 à 1972. Le décor est planté.
Forcément notre coupe-jarret a pris quelques rides, parkinson fait trembloter sa main gauche et une petite surcharge pondérale n'en font plus un tueur sanguinaire. Mais il faut se méfier de l'eau qui dort. D'ailleurs, malgré son grand âge, il n'aura pas besoin de la fameuse pilule bleue. Son acolyte, Rascal, est toujours présent après toutes ces années, avec un penchant pour le bourbon. Une sacrée paire de truands.
Abuli décrit un monde sombre et décalé où le cynisme, la violence et l'humour noir seront de la partie.
Ce n'est pas l'intrigue du siècle, mais elle est rondement menée. Une narration maîtrisée qui va droit au but et elle ne fait pas dans la dentelle.
Un personnage central, qui ne laisse pas indifférent, il a un caractère de merde, il n'est pas tendre avec la gente féminine (un euphémisme) et il a la gâchette facile. Pourtant, je me suis pris d'une certaine affection pour ce triste sir.
Je vais faire le même reproche que ci-dessous, c'est trop court (46 planches).
J'aime beaucoup le dessin de Risso, il est percutant et efficace, avec des arrières plans minimalistes et une mise en page cinématographique.
Un style qui se rapproche du comics.
Un polar qui décoiffe (avec ou sans borsalino). Je recommande chaudement.
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Le Maître des livres
Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce manga; contrairement aux autres avis (mais je ne les contredis absolument pas) ! Effectivement si on ne lis que les premiers tomes on ne voit pas beaucoup les personnages se développer, le début est plutôt lent mais j'apprécie cela, car on s'immerge ainsi plus facilement de mon avis. Je m'identifie un peu au personnage principal, ses hésitations et sa manière de penser en font un personnage que je trouve plutôt attachant au fil des livres; et les autres personnages ne sont pas en reste ! Certains lecteurs n'apprécient sans doute pas la personnalité du bibliothécaire (Oui j'ai oublié son nom désolé), mais encore une fois c'est largement compensé par ses talents de bibliothécaire et notamment sa gentillesse (qui ne ressort pas souvent mais tout de même) ! Les deux autres bibliothécaires sont très attachantes; et les "clients" de la bibliothèque le sont tout aussi ! On trouve rapidement des personnages préférés je trouve. Et ce livre nous fait découvrir la littérature enfantine, livres que les grands ne lisent plus du tout, et ce manga fait réfléchir: devons-nous réduire nos lectures et la découverte d'ouvrages, car nous sommes "trop grands" pour en profiter ! Voilà c'est mon avis, mais à vous d'avoir le vôtre.
Colorado train
L'adaptation du roman de Thibault Vermot, j'en découvre la trame avec cet album. Un bled perdu au fin fond du Colorado où la misère se dévoile à chaque coin de rue. Une bande d'adolescents paumés, mais attachants, où le personnage de Suzy se détache à mes yeux, la seule nana du groupe, androgyne et fille d'un shérif alcoolique. Une bande qui va être mêlée à une sordide histoire de meurtre qui évoluera progressivement vers un thriller horrifique. Un récit qui nous plonge dans un monde glauque où les méfaits de la drogue, de l'alcool mais aussi de la maltraitance côtoieront une violence omniprésente. Une narration maîtrisée faite de petits chapitres séparés à chaque fois par une pleine page où le dessin d'une cassette audio est accompagnée d'un titre de chanson, un univers musical très grunge (Metallica, The Cure, Aerosmith ...). Les chapitres sont numérotés en nombre de clous, ces clous qui sont plantés dans les traverses des chemins de fer. La voie ferrée serpentant ces paysages désolés jusqu'à cet immense triage qui sera la gueule du reptile. L'histoire ne serait pas aussi prenante sans ce magnifique noir et blanc au trait charbonneux et crasseux qui retranscrit à merveille l'ambiance oppressante. Des jeux d'ombres aux personnages, on découvre le travail de fourmis qu'a réalisé Alex W. Inker, jusqu'aux visages où on voit la différence entre les bouilles "sympathiques" de nos ados et les gueules abîmées des adultes. Une mise en page qui fait grimper crescendo la tension. Du bonheur ! Une adaptation réussie qui plaira aux amateurs de polars. Un QR code en fin d'album reprenant la playlist des chansons nommant les chapitres.
Le Ciel pour conquête
Étonnant album que ce roman graphique proposé par l'autrice coréenne Yudori ! On est en effet loin des mangas "classiques" qu'on a l'habitude de croiser dans les rayons de nos libraires. L'objet en lui même surprend par sa qualité éditoriale : format moyen cartonné avec un dos toilé agrémenté d'un signet pour les quelques pauses nécessaires à la lecture de ce petit pavé de plus de 300 pages ; une couverture que je trouve magnifique, qui rend parfaitement hommage à ce qui nous attends au fil des pages... Rares sont les mangas nous proposant un si bel écrin. Et puis on rentre dans l'univers singulier d'Amélie, jeune catholique hollandaise du XVIe siècle. Issue de la noblesse, elle a pourtant du se résoudre à se marier avec un riche marchand, Hans, pour des intérêts financier. Le jour où ce dernier va ramener une jeune esclave asiatique d'un de ces voyages commerciaux sa vie va changer radicalement. Une étrange relation va naitre entre ces deux femmes que tout oppose pourtant... J'ai déjà adoré la découverte de cette hollande du XVIe siècle, surtout du point de vu sociologique. Les relations entre maîtres et servant(e)s n'ont rien à voir avec ce que nous avons vécu en France par exemple. La maîtresse de maison se devait par exemple de participer aux tâche journalière de la maisonnée, que ce soit le marché ou encore les tâches ménagères. De même les relations entre époux et la place de chacun divergent aussi, même si évidemment pour l'époque, la femme restait sous la coupe de son mari. Et c'est là que tout l'intérêt de cet album va se former. Car l'introduction de la jeune esclave dans la maisonnée va bouleverser tout ce petit monde. Amélie qui n'a jamais trop supporté l'autorité de son mari (voire l'autorité et la place réservée aux femmes tout court) va commencer par jalouser et prendre en grippe la nouvelle arrivée. Mais petit à petit une relation singulière va finir par s'instaurer entre les deux femmes, qui, dans des situations respectives très différentes, vont pourtant s'entendre sur beaucoup de choses. Leur aspiration commune à la survie et à la liberté sera leur fanal commun... Yudori nous propose donc au travers de cet album, un récit profondément féministe, où la réflexion sur la place et la condition féminine transpirent au fil des pages. Et quelque soit la condition des femmes, esclave ou bourgeoise installée, les problèmes de fond restent les mêmes pour l'époque, même si la forme change. Il n'est ensuite qu'un pas à franchir pour faire la comparaison avec la condition féminine aujourd'hui ; si les lignes bougent dans certains pays, on est encore loin d'une équité de traitement entre le beau sexe et la gente masculine. Un album surprenant et engagé qui fait plaisir à lire !
Les Pizzlys
Après avoir obtenu la récompense suprême à Angoulême pour son exaltante "Saga de Grimr", Jérémie Moreau avait-il encore quelque chose à prouver ? A 35 ans, celui-ci fait désormais partie des créateurs les plus originaux de sa génération en matière de 9e art, et cet album vient une nouvelle fois le confirmer, non sans panache. Jérémie Moreau est de ceux qui explorent et tentent constamment de se renouveler, et si l’on ressentait une certaine déception avec Penss et les plis du monde, malgré ses qualités indéniables, Le Discours de la panthère est venu nous rassurer sur sa capacité à nous surprendre. Avec « Les Pizzlys », il s'attaque au sujet du moment, de plus en plus prégnant et souvent anxiogène, le réchauffement climatique, en situant l’action en Alaska, là où les effets sont encore plus visibles et spectaculaires que sous nos latitudes. La magnifique et mystérieuse couverture à elle seule peut résumer la sensation qui nous étreint à la lecture, celle d’être transporté à travers la flamboyance d’une aurore boréale aux couleurs époustouflantes. Quant au titre, l’auteur fait référence à ces ours issus d’un croisement entre grizzlys et ours polaires, des ours au pelage marbré de blanc et de marron qui ne sont qu’un des effets du changement climatique dans le Grand nord, les ours blancs quittant les pôles en raison de la fonte des glaces. Ainsi, Jérémie Moreau reprend un de ses thèmes de prédilection : l’action de l’Homme sur son environnement et la perte progressive de ses racines favorisée par une technologie toujours plus sophistiquée. Pour ce faire, l’auteur va nous mettre dans les pas de plusieurs personnages : Nathan, jeune chauffeur de taxi en charge de son frère Etienne et sa sœur Zoé, suite à la mort vraisemblable de ses parents. Lors d’un accident dû au surmenage, il va faire connaissance avec Annie, l’une de ses clientes qui s'apprête à prendre l’avion pour retourner dans son pays natal, l’Alaska. Prise d’empathie pour ces orphelins en proie à la confusion, la vieille dame, d’origine indienne, va les emmener dans sa « cabane » perdue du Grand Nord, où elle n’avait pas remis les pieds depuis son mariage avec un occidental il y a quarante ans. Obligée de laisser derrière elle tous ses repères, la fratrie va devoir réapprendre ce qu’est la vie dans un environnement radicalement différent, loin du tumulte du monde « civilisé ». Le choc est rude, et les écrans tactiles restent le plus souvent noirs. Passée une difficile période de « sevrage technologique », les jeunes enfants finiront par s’accoutumer à leur nouvelle vie, contrairement à Nathan qui ne parvient pas à s’extraire d’un brouillard psychique qui le laisse tel un pantin désarticulé, sans boussole… Comme souvent seul aux manettes, Moreau nous offre une narration fluide et bien construite, sans surcharge de dialogues, servie par une ligne claire ronde et délicate qui laisse transparaître les influences manga de son auteur. Le tout confère une touche très moderne à l’objet, mais qui ne se limite pas au dessin. A ce titre, c’est le travail sur la couleur qui est juste renversant. L’auteur recourt à une palette audacieuse alliant des tonalités très chamarrées avec des incursions fluos, qui étonnamment ne piquent pas les yeux. Le résultat est même somptueux et ces assemblages atypiques donnent lieu à des planches de toute beauté. Comme on le sait, l’auteur travaille sur ordinateur et apporte ici la preuve que l’on peut le faire à bon escient. Ce traitement numérique des grands espaces nord-américains nous en fait saisir toute leur magnificence mais aussi les bouleversements dramatiques qui les menacent, tels ce terrible feu de forêt représenté vers la fin de l’ouvrage. De même, les séquences décrivant les sensations ou les rêves des personnages sont de véritables œuvres d’art — osons ce terme généralement réservé au domaine musical — néo-psychédéliques, où poésie et chamanisme ne font qu’un — précisons que dans le récit, les habitants de cette région d'Alaska sont d’origine indienne. Et comme Jérémie Moreau ne laisse rien au hasard, sa mise en page est aussi libre que réfléchie : cases de guingois hyper-morcelées alliées à un cadrage dynamique zoomé au max, vues cinématographiques époustouflantes sur deux pages, notre homme ne s’interdit rien… Si avec « Les Pizzlys » Jérémie Moreau nous éblouit, il nous interroge et nous bouscule aussi, s’abstenant de tout jugement péremptoire et préférant évoquer une responsabilité collective concernant l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. La situation qu’il décrit est un constat, effrayant certes, mais encore une fois, l’auteur ne joue pas sur la peur, qui comme chacun sait, inhibe l’action et peut réveiller nos instincts les plus primaires. Ainsi, la conclusion est assez inattendue, ni pessimiste ni optimiste, pour décrire quelque chose qui nous dépasse et devrait nous rendre plus humbles, désarmés que nous sommes face à la toute puissance de la nature qui ne fait que nous renvoyer les conséquences de nos actes. En ces temps anxiogènes où la confusion semble parfois gagner les esprits, notamment à travers les réseaux sociaux où "fake news", haine et peur font figure de trio infernal, cette bande dessinée est une véritable bouffée d’oxygène. A l’instar de J.R.R. Tolkien, Jérémie Moreau s’efforce de réenchanter le monde, en réconciliant l’Homme moderne avec le « temps du mythe » et la sagesse ancestrale des peuples autochtones. Inutile d’ergoter davantage, « les Pizzlys », par ses qualités artistiques et son propos intelligent qui arrive pile-poil après une période hors-normes (canicules, incendies, sécheresse…), n’est rien de moins que l’album de l’année, un chef d’œuvre « pré-apocalyptique » qui réussit même à surpasser La Saga de Grimr.
Perpendiculaire au soleil
Ouch !!!! Mais quel album !!! C'est BEAU déjà ! C'est grave ! C'est dur... cruel... mesquin... Mais ça respire d'humanité ! Que ce soit pour le pire ou le meilleur, l'âme humaine est ici capturée et mise à plat, à l'image de Renaldo McGirth, qui à l'aube de sa vie termine dans le couloir de la mort. Valentine Cuny-Le Callet a 19 ans quand elle entame une correspondance épistolaire avec lui. Commence alors l'histoire d'une amitié compliquée qui au fil des ans donnera naissance à ce pavé de 436 pages. La force de cet album tient pour moi avant tout dans l'absence de jugement de Valentine ; elle n'est pas là pour juger, mais découvrir quelqu'un (qui par ailleurs a toujours nié le meurtre dont on l'accuse) qui passe son temps dans 5m², isolé, sans aucune lumière naturelle. Au fil des échanges compliqués, on découvre petit à petit le quotidien spartiate de Renaldo. Compliqué est un doux euphémisme quand on prend connaissance des règles à respecter concernant le contenu des courriers... La liste des interdits est juste hallucinante et surtout laissée à l'appréciation de l'institution pénitentiaire. Valentine ne comptera plus les courriers découpés, tronqués ou qui ne parviendront jamais à Renaldo. Autant dire que quand leur projet de BD a commencé, cela a été un vrai casse tête ! Lire cet album aujourd'hui est donc un petit miracle en soi ! Ultime humiliation pour Renaldo, les condamnés à mort n'ont pas le droit de toucher de l'argent en produisant quoi que ce soit relatif au motif de leur incarcération : il ne sera donc même pas crédité en tant qu'auteur sur cet album pourtant paru en France chez Delcourt... Concernant le graphisme, chaque page est une pure merveille qu'on pourrait admirer de longues minutes. Que c'est beau ! Le travail de dessin et de gravure de Valentine est juste sublime ! Les dessins de Renaldo ne sont pas en reste, et les siens sont souvent très colorés, ce qui contraste d'autant avec le noir et blanc brut de Valentine. Un choc tant esthétique qu'intellectuel qui fait beaucoup réfléchir sur cette peine de mort et sa marchandisation par un système pénitencier qui semble avoir oublié ses objectifs...
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
Pas très emballé à l'idée de lire cette BD, bien m'en a fallu de naviguer sur un célèbre site d'enchères et de trouver les deux tomes à bas prix. N'ayant jamais été fan de Picsou, Donald et Cie, la lecture des origines de Picsou n'avait que peu d'intérêt à mes yeux. Ce sont les notes dithyrambiques sur la Jeunesse de Picsou présentes sur ce site qui m'ont convaincu d'acheter cette dernière. Et là je dis merci à tous les "aviseurs" qui ont fait de cette bd un immanquable ! Parce que oui, le travail de Don Rosa frôle le génie. Je me suis éclaté à lire ses planches. Le dessin est beau. Le scénario est génial. Retracer l'enfance, l'adolescence, la vie d'adulte de Picsou est une prouesse réalisée avec brio par Don Rosa. Preuve de mon revirement d'avis sur ce sujet : j’en suis arrivé à être déçu des nombreuses ellipses présentes dans l’œuvre... Mais je ne perds pas espoir de lire un jour les épisodes manquants... Je salue au passage le travail titanesque de l'auteur, il y a peu d'incohérences, tout est calculé et réfléchi. Bravo l'artiste ! A lire, absolument, même sans être fan de l'univers Picsou. A posséder dans toute bonne collection de BD.
Ishanti Danseuse sacrée
J'ai adoré ! J'attendais la suite avec impatience ! Et rien ! Vraiment très dommage ! J'aurais fait la collection avec grand plaisir !
Glace
« Glace » est la BD la plus « british » que j’ai lue depuis un moment… jusqu’au concept de « camion à glaces », véritable institution en Angleterre (où j’habite depuis 22 ans). Le climat anglais étant ce qu’il est, vivre purement de ce commerce est difficile, la concurrence est rude et les échauffourées fréquentes entre vendeurs servent de point de départ à ce roman graphique original. Les personnages sont barges et attachants, à commencer par l’ami de Howard, Jasper, gardien de musée mais aussi président de l’association de secours en montagne de Dobbiston, qui se bat contre le reclassement de la seule montagne de la région en colline. On apprend par ailleurs qu’il avait dans sa jeunesse été arrêté en France pour avoir « converti » des panneaux français en unités impériales (miles, yards) avec de la peinture. Bref, le ton est décalé au possible, mais l’histoire « feel good » aborde aussi les thèmes de l’amitié, de la persévérance, et je suis ressorti ravi de ma lecture. Il s’agit d’un premier album pour l’auteur anglais Matthew Dooley, et techniquement c’est une réussite. Le style minimaliste et les cases relativement petites rappellent un peu le style de Chris Ware, mais aussi d’un autre auteur anglais, Jon McNaught (voir L'Eté à Kingdom Fields par exemple). En tout cas la narration est fluide et maitrisée. Une histoire très humaine qui déborde de charme et d’humour anglais. Un coup de cœur en ce qui me concerne. Et pour plus d’info sur les « ice cream vans », voir la page Wikipédia dédiée.
Dernier week-end de janvier
Vraiment un bel album ce « dernier week-end de Janvier » ! Tout en finesse, en subtilité, en délicatesse et également en sensualité ! Pourtant, l’auteur, Bastien Vivès, n’a rien inventé de neuf dans ce récit puisqu’il s’agit d’une énième variation sur le thème de l’amour. Seules originalités de cette histoire : ça se passe pendant le festival de bandes dessinées d’Angoulème où on peut y reconnaitre facilement de nombreux lieux, sentir l’atmosphère particulière de cet évènement, et le personnage principal est un… dessinateur qui se soumet en trainant les pieds aux séances de dédicaces ! Mais tout cela ne présente pas l’intérêt essentiel du « Dernier week-end de Janvier » car Bastien Vivès a centré son récit sur la rencontre entre deux adultes bien établis : Denis, c’est-à-dire le dessinateur, et Vanessa. Quelques regards entre eux, quelques mots… et c’est le coup de foudre… et au diable leurs train-train habituels ! Et au placard, leurs vies de couple bien monotones et sans saveur ! Oui, il y a de l’adultère dans l’air… Je ne vous ferai ni un dessin pour que vous compreniez, ni la morale, je vous laisse juge ! Mais qu’est ce que ce récit est attachant et subtil ! Il faut dire que j’aime beaucoup le coup de crayon de Bastien Vivès et son sens de la narration qui siéent à merveille avec son scénario. Il suffit de feuilleter, parmi d’autres, la séquence en boîte de nuit pour entrevoir le talent de cet auteur, un régal de fluidité et de sensualité ! Et puis, Vanessa… qu’est-ce qu’elle est charmante ! Un bon, un très bon roman graphique, voilà ce que je retiens du « Dernier week-end de Janvier ». Bastien Vivès a un tel talent qu’il peut transformer facilement un récit banal en une histoire attachante et joliment mise en page. Vivement son prochain album !
Torpedo 1972
Je commence ma découverte de Torpedo par cet album se situant en 1972, soit quarante ans après la série mère. Un prologue en début d'album retrace une petite biographie de notre gangster, des années 1930 à 1972. Le décor est planté. Forcément notre coupe-jarret a pris quelques rides, parkinson fait trembloter sa main gauche et une petite surcharge pondérale n'en font plus un tueur sanguinaire. Mais il faut se méfier de l'eau qui dort. D'ailleurs, malgré son grand âge, il n'aura pas besoin de la fameuse pilule bleue. Son acolyte, Rascal, est toujours présent après toutes ces années, avec un penchant pour le bourbon. Une sacrée paire de truands. Abuli décrit un monde sombre et décalé où le cynisme, la violence et l'humour noir seront de la partie. Ce n'est pas l'intrigue du siècle, mais elle est rondement menée. Une narration maîtrisée qui va droit au but et elle ne fait pas dans la dentelle. Un personnage central, qui ne laisse pas indifférent, il a un caractère de merde, il n'est pas tendre avec la gente féminine (un euphémisme) et il a la gâchette facile. Pourtant, je me suis pris d'une certaine affection pour ce triste sir. Je vais faire le même reproche que ci-dessous, c'est trop court (46 planches). J'aime beaucoup le dessin de Risso, il est percutant et efficace, avec des arrières plans minimalistes et une mise en page cinématographique. Un style qui se rapproche du comics. Un polar qui décoiffe (avec ou sans borsalino). Je recommande chaudement.