La Saga de Grimr

Note: 3.45/5
(3.45/5 pour 11 avis)

Angoulême 2018 : Fauve d'Or La Saga de Grimr est une quête d’identité tragique dans un décor grandiose. Le héros y est confronté à chacun des piliers de la culture islandaise : le prestige de la généalogie, le culte de la loi et la superstition.


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1783. L’Islande, accablée par la misère, doit encore subir le joug du Danemark. Et le sort de Grimr, devenu orphelin, est plus cruel encore dans ce pays où l’homme se définit d’abord par son lignage. Doté d’une force impressionnante, il se sait capable de rivaliser avec les plus fameux héros de saga même s’il n’est le fils de personne. Il ne lui manque que l’opportunité de prouver sa valeur…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Septembre 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Saga de Grimr
Les notes (11)
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10/08/2017 | PAco
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Par sloane
Note: 3/5
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J'ai longtemps tourné autour de cette BD dont mes petits camarades me disaient le plus grand bien. Dans chaque avis ou presque il est fait référence à Le Singe de Hartlepool du même auteur. Pour moi au niveau du graphisme il n'y a que peu de rapport entre les deux, sur le singe le trait me parait plus fin, alors qu'ici bien que certaines cases soient très belles c'est plus grossier mais cela est sans doute du à la colorisation. Mais surtout il y a l'Islande un pays que je ne connais pas mais qui possède du moins dans mon imaginaire un très fort pouvoir d'attraction. Là c'est clair je suis gâté, seul petit bémol d'ailleurs Mr Moreau parfois en Islande il y a du soleil! Pour en revenir au dessin je trouve cependant que les visages sont un peu trop proches de la caricature, notamment celui de Grimr, étais ce pour renforcer le côté monstre ? Sans doute que cet album a été trop bien vendu, j'en attendais sans doute trop et si je ne me suis jamais ennuyé j'ai été légèrement déçu, il y a un truc que j'ai du mal à définir (bonjour la critique ). Peut être devrais je y revenir un jour. Disons que si cette histoire le lieu de son action et le personnage principal ont un fort potentiel, je ne suis pourtant pas aussi fan que je l’espérais.

07/07/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

J'ai beaucoup aimé la saga de Grimr qui nous plonge dans une Islande inhospitalière. Il y a certes le climat très froid mais également la rudesse de ses habitants ainsi que les volcans qui menacent les biens et les personnes. Le graphisme est assez austère mais cela colle bien avec le décor. Pour l'une de ses premières en tant que dessinateur et scénariste, c'est vraiment une très belle réussite. C'est assez rare qu'un auteur réussisse aussi bien. Quand cela arrive, il faut le faire remarquer car le talent est là. Elle a quand même reçu le fauve d'or au festival d'Angoulême en janvier 2018. Sur le récit, il est à la fois réaliste et onirique par moment. J'ai beaucoup aimé la linéarité de ce scénario qui ne perd pas le nord et ni le lecteur. Certes, cela manque parfois d'un peu de chaleur et de rebondissements. Cependant, cette saga tragique saura contenter le lecteur aussi exigeant soit-il.

30/04/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Calimeranne

Au premier abord, la couverture et les planches de cet album ne m’attiraient pas du tout. Mais à la lecture des critiques très enthousiastes sur le site, et sachant qu’il a obtenu le Fauve d’or à Angoulême, je me suis décidée à l’emprunter à la bibliothèque. Après la lecture, je confirme que ce dessin n’est pas ma tasse de thé. Si j’ai apprécié la représentation de certains personnages, ainsi que leurs expressions, je n’ai pas du tout aimé les décors ou le choix des couleurs. Je rêve d’aller en Islande un jour, mais là pour le coup je ne me suis pas sentie transportée. Au-delà du graphisme, j’ai lu sans déplaisir l’histoire mais elle ne m’a pas passionnée plus que ça. Après une première moitié intéressante, j’ai trouvé que l’histoire commençait à tourner un peu en rond, avant que la fin ne sauve l’ensemble. Si j’ai un peu décroché pendant ma lecture, c’est sans doute en partie à cause du peu d’empathie que j’ai ressenti pour Grimr ; même si je peux comprendre ses réactions, j’aurais apprécié un personnage un peu plus complexe. Le lien qui semble l’unir à la terre est intéressant, mais là encore les scènes qui le décrivent sont un peu gâchées à mon goût par le graphisme qui décidément ne m’a pas emballée. En conclusion, c’est une lecture qui n’est pas désagréable, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

23/02/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
L'avatar du posteur Jetjet

Rares sont les ouvrages aussi faciles d'accès à la lecture que celui-ci qui parvient à captiver lentement mais surement au fil des pages et ne délivre son véritable message humaniste qu'aux toutes dernières pages tout en expliquant son titre. Jérémie Moreau tente et réussit le challenge de raconter l'histoire d'un paria rouquin évoluant dans une contrée inhospitalière : l'Islande du XVIIIème siècle. Il serait aisé de faire le parallèle entre Sans Famille de Hector Malot et cette histoire tant les similarités surgissent (survie dans un milieu hostile et malchance à tous les étages) mais les mésaventures de Grimr sont présentées dès le départ comme les origines d'une Saga légendaire.... Le style graphique choisi ici peut décontenancer : si les paysages sont de toute beauté, les personnages sont mis à mal principalement davantage pour leurs expressions fermées et/ou horrifiées (on ne croisera ici pour la plupart que de sombres personnages). Si l'histoire ne manque pas d'intérêt, il faudra vraiment attendre les dernières pages de l'intrigue pour en percevoir son véritable intérêt. La Saga de Grimr est une jolie curiosité, à lire de préférence avec le moral, mais qui ne restera pas gravée dans toutes les mémoires. Un bon choix pour l'audace mais pas si sur d'y revenir pour une relecture ultérieure.

05/09/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai je crois découvert le travail de Jérémie Moreau par sa collaboration avec Lupano sur Le Singe de Hartlepool. J’avais eu du mal à me faire à son trait – pourtant original est beau. C’est encore le cas ici. J’apprécie son travail, réellement, mais je crois que ce n’est pas ce qui m’accroche le plus. Quant à l’histoire proprement dite, j’avoue avoir ressenti une légère déception en la parcourant. En effet, les très bonnes critiques recueillies par cet album depuis sa sortie – et son prix récolté à Angoulême – me l’avaient sans doute placé plus haut qu’il n’aurait fallu. En effet, si l’histoire se laisse lire, agréablement et relativement rapidement – eu égard à la pagination importante – je ne l’ai pas trouvée suffisamment captivante, et je ne sais pas si j’y reviendrais. Une localisation géographique et temporelle peu commune (l'Islande du XVIIIème siècle), avec des Îliens maltraités par les occupants Danois comme le seront plus tard les Irlandais par les Anglais. Un album sympa, mais sans plus, serais-je tenté de dire.

05/06/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un autre album que plein de gens trouvent extraordinaire et que moi je trouve pas mal sans plus. C'est intéressant de voir un pan de l'histoire de l'Islande qui n'est pas souvent traitée en bande dessinée. Cela change des vikings. Personnellement, le dessin ne m'a pas dérangé même si je ne l'aime pas trop. Je me suis vite habitué au style de l'auteur. Quant au scénario, il y a des bons moment dont le procès, mais globalement je trouvais que cela se lisait bien, mais sans plus. Le problème c'est que le personnage principal m'a laissé indifférent et je me foutais de voir à quel point sa vie est misérable. En fait, j'ai pas trop compris comment ce qu'il a fait au cours de sa vie est si extraordinaire pour que tout le monde se souvienne de lui. D'ailleurs je trouve que le type qui devient un poète après avoir perdu toute sa famille est plus charismatique et plus intéressant que Grimr.

13/03/2018 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'avoue que j'attendais un peu mieux de cet album. Du fait de la bonne critique que j'avais lue un peu partout, parce qu'il a gagné le Fauve d'Or cette année, mais aussi parce que j'ai beaucoup aimé la première moitié de son récit. J'ai apprécié son décor original : l'Islande au 18e siècle. Pas de vikings, pas d'aventures merveilleuses et irréalistes, mais au lieu de ça un contexte historique réaliste et intéressant présentant le vrai quotidien des Islandais à l'époque, pour ce qui reste malgré tout un conte du fait de la trajectoire et de la force étonnante du héros. Dans ce contexte, l'histoire a bien su me capter au départ. J'étais curieux de savoir ce qui allait arriver au fameux Grimr, comment il en viendrait à écrire sa propre saga. Et j'ai aussi aimé découvrir la vie rude et étonnante des Islandais sur leur île superbe mais sous le joug Danois à l'époque. Le dessin par contre m'a moins enthousiasmé. Si la peinture des paysages islandais est la plupart du temps jolie, son style graphique ne m'a pas vraiment charmé. Et je ne suis pas fan de la façon dont les visages des personnages sont dessinés, en particulier Grimr lui-même avec ses grosses lèvres charnues. Enfin, la seconde moitié du récit m'a un peu ennuyé. Passé un moment, j'en avais un peu marre de voir toute la misère du monde tomber sur le dos de ce héros acharné mais bien malheureux. Et quand il est entré dans son mutisme un peu bestial vers la fin de l'album, je m'étais complètement détaché du personnage. Si bien que quand vient la fin et qu'on comprend en quoi consistait ses actes et en quoi il a pu laisser sa trace dans la légende islandaise, je n'ai été que moyennement convaincu. L'album reste quand même bon, par l'originalité de son histoire et de son décor et par la personnalité de son graphisme. Mais je ne suis pas vraiment fan.

14/02/2018 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
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Cette BD est très étrange, à la fois par son graphisme et son histoire, tout les deux bien surprenants. La surprise vient probablement de la façon dont l'histoire se développe, bien loin de ce que j'imaginais en lisant le début. De plus, le dessin développe quelque chose d'assez unique, mais transmettant à merveille une ambiance islandaise de grands paysages et de pauvreté des hommes, dans une terre dure et violente. L'histoire est bien tournée, nous présentant toute la vie de Grimr, sans que l'on ne sache au final vers quoi tout ceci se dirige. L'auteur a su à merveille transmettre une ambiance d'époque et une histoire en adéquation avec celle-ci, mêlant moeurs et culture avec le fond de la BD. On est révolté avec ces pauvres islandais sous un joug impitoyable, mais en même temps on se prend au jeu de la saga et de son personnage, inculte et pauvre, fort et têtu. Un vrai héros de saga, qui incarne à la fois le côté héroïque, capable d'exploits que ne peuvent prétendre faire les mortels, mais également le côté humain de tout ce qui est faible et mortel en nous. Une belle dualité épique qui ressort de cette BD. Une belle histoire, qui arrive à donner un souffle épique à ce que je n'aurais pas pensé, et qui contient de jolies surprises. A découvrir !

03/01/2018 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
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J'avoue avoir eu du mal au début à m'habituer au style graphique de Jérémie Moreau, un style assez simple mais au fil des pages, son talent s'affirme. Et les scènes nocturnes, toutes en aquarelles, sont superbes (les premières pages du chapitre 4 sont d'une beauté à couper le souffle). L'auteur nous offre une histoire forte dans une Islande du XVIIIème siècle, dominée par le Danemark, et où une nature hostile rend la vie difficile aux habitants. A travers les aventures de Grimr, l'auteur relate tout un pan d'une certaine histoire de l'Islande, histoire méconnue par la plupart d'entre-nous (légendes, société ...) De l'injustice des hommes aux caprices de la nature, rien ne sera épargné au jeune Grimr, dès les premières pages d'ailleurs. Le scénario est bien construit, le chapitre 1 faisant écho aux planches de fin, et repose finalement sur une touche d'humanité que l'on n'attendait (presque) pas. Un très bel album.

21/10/2017 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

De manière frappante, c’est la première scène qui va donner le ton de l’histoire, lorsque Grimr, encore tout jeune enfant, échappe miraculeusement à l’épais nuage de cendres provoqué par une éruption volcanique, tandis que ses parents trouvent la mort. C’est à ce moment précis que le lecteur entrevoit la capacité de résistance exceptionnelle du jeune héros. Pourtant, à peine tiré d’affaire, Grimr sera pris pour un démon sorti des enfers par des trafiquants d’enfants passant là par hasard. Les odieux personnages vont néanmoins le capturer, réalisant bien vite le prix qu’il pourrait en tirer…Un être maléfique doublé d’un paria, c’est ainsi qu’il sera considéré par les habitants de l’île, lui, le cœur pur et sensible enserré dans une enveloppe « monstrueuse ». Si au premier abord le trait peu paraître assez grossier, force est d’admettre au fil des pages qu’il cadre parfaitement avec le contexte où la vie semble reposer sur le caractère indomptable de l’Islande, une île aride au climat peu hospitalier, cernée par l’océan et menacée par ses volcans, où la nature a pu demeurer sauvage et belle… Le personnage principal symbolise à lui seul cette géographie, imprévisible et colérique, mais doté d’une âme pure. Totalement lié au pays qui l’a vu naître, Grimr est l’Islande ! S’attardant peu sur les contours et les détails, Jérémie Moreau semble avoir laissé libre cours à son intuition, axant davantage son travail sur les couleurs (les paysages à l’aquarelle sont superbes) et le mouvement, comme la lave s’échapperait d’un volcan, sans avoir pour autant négligé l’expressivité des visages. Quant à l’histoire, elle est bien construite et d’une légèreté très appropriée, permise par le retrait des textes (d’excellente qualité) derrière le dessin, comme pour laisser la nature, puissante et silencieuse, dominer l’ensemble. Une nature qui se révèle être un personnage à elle seule, en quelque sorte l’alter ego de Grimr. Ainsi, cette « saga » extraordinaire rappelle en partie, à travers le personnage de Grimr, le mythe de Frankenstein. C’est un fait, l’être humain n’apprécie guère la différence, a fortiori quand elle est monstrueuse, mais il se moque bien de savoir si les apparences sont trompeuses, et demeure sans pitié pour quiconque s’écarte de la norme, préférant bien souvent hurler avec les loups… Le cinquième opus de Jérémie Moreau, jeune auteur déjà remarqué pour Le Singe de Hartlepool, s’impose comme une très belle œuvre pour un personnage maudit et attachant, qui connaîtra même une histoire d’amour déchirante…

11/08/2017 (modifier)