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L'Eté à Kingdom Fields (Kingdom)

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Jon McNaught met des mots et des images sublimes sur le rythme de la nature, le temps qui passe, l'adolescence, l'ennui et la beauté des vacances d'été avec un talent unique : transformer l'ordinaire en extraordinaire.


Auteurs britanniques Iles Britanniques Nobrow Editions Vacances à la plage

Une famille part pour un séjour dans un camp de bungalows sur la côte britannique. Les décors familiers à tout à chacun défilent : autoroute, stations-services, falaises sur la mer, musées décrépits, boutiques pour touristes, absence de réseau, visite à la lointaine famille, amitiés estivales.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 31 Janvier 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Eté à Kingdom Fields
Les notes (1)
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16/09/2020 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Eloge de l'ennui... Jon McNaught est un artiste singulier. Sa maîtrise graphique est manifeste et son découpage est exceptionnel. Cet artiste a l’art de ralentir le temps et d’attirer notre regard vers ces détails anodins dont est fait notre quotidien. Avec une technique telle, ses thématiques sont limitées et les albums que j’ai lus de lui nous parlent tous d’un quotidien monotone. L’ennui et la nostalgie se dégagent de chaque planche, de chaque passage. Avec 'L’Eté à Kingdom Fields', il a, je pense, trouvé le sujet parfait. En tous les cas, ce sujet m’a énormément parlé tant je me suis reconnu dans chacun des trois personnages. 'L’Eté à Kingdom Fields', ce sont les vacances à la mer vécues par une mère de famille et ses deux enfants. L’une encore gamine, l’autre est un adolescent tout ce qu’il y a de plus adolescent. Et l’auteur nous décortique ce séjour vécu sans passion, avec ennui même (la visite à la tante dont on n’a rien à faire) où les souvenirs nostalgiques de la mère (une grotte ‘secrète', les galets, les coquillages à ramasser) se confrontent aux préoccupations de l’enfant (une vieille capsule de bière, un crabe aux pattes arrachées), où l’adolescent traîne sa solitude au cœur des dunes ou devant sa console de jeux. Même les disputes ne sont pas sources de tension, on s'emmerde, on laisse pisser et on attend que ça passe... C’est, je trouve, finement observé… Bien sûr, il n’y a rien de passionnant dans ce récit. Pas de suspense, pas de passage larmoyant ou hilarant, mais au fil des planches, la nostalgie m’a envahi. Une nostalgie de l’ennui, un regret d'un temps passé où l’on regrettait alors… qu’il passe si lentement… C’est étonnant, c’est ‘autre chose’, c’est Jon McNaught, le maître de la lenteur et de l’anodin. C'est un génie qui va laisser de marbre plus d'un lecteur mais qui m'a séduit avec cet album.

16/09/2020 (modifier)