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Penss et les plis du monde

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 3 avis)

Dans ce conte philosophique, l’auteur de la Saga de Grimr, fauve d’or 2018, traduit avec force le regard singulier que Penss porte sur le monde, aux antipodes de celui de l’humanité de ces temps préhistoriques…


Mirages Préhistoire

À l’aube des temps, Penss, piètre chasseur, passe ses journées à contempler la beauté de la nature. Rejeté par son clan, il est contraint à la survie en solitaire et promis à une mort certaine. Mais au printemps, il arrache à la terre son plus grand secret : tout dans le monde se déplie inéluctablement. Une nouvelle vie commence pour Penss et, il en est certain, un nouvel avenir pour l’humanité…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Septembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Penss et les plis du monde
Les notes (3)
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09/10/2019 | LuluZifer
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Par Blue boy
Note: 3/5
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Immanquablement, cet album rappelle la précédente fiction de Jérémie Moreau, La Saga de Grimr, fort légitimement récompensée par un Fauve d’Or au Festival d’Angoulême 2018. L’époque et le lieu diffèrent, mais on dénote plusieurs points communs : la nature toute puissante, les grands espaces, et au milieu, un personnage solitaire suivant sa propre voie, hors des sentiers battus. Mais à l’inverse de Grimr, qui faisait corps avec les éléments, Penss, dans un contexte préhistorique où le feu vient à peine d’être découvert, cherche quant à lui à s’en dissocier, son but étant de domestiquer la nature. Avec toujours un fond philosophique et poétique, Jérémie Moreau, en remontant très loin dans le temps, nous livre une fable quasi écologique en reprenant l’éternel postulat sur l’opposition entre la nature et l’Homme. Il n’est pas incongru de penser que les problèmes de l’humanité ont commencé dès l’instant où l’Homme a cherché à modifier son environnement, en quittant le nomadisme pour la sédentarité. [ATTENTION SPOILER] Si le sujet peut paraître rebattu — on pense beaucoup au livre de Roy Lewis, « Pourquoi j’ai mangé mon père », et aussi pour une autre raison qui se devine dans son titre —, l’auteur a choisi de le traiter sous un angle original [FIN DU SPOILER]. Penss est un être contemplatif, et comme son nom l’indique, il pense, pense beaucoup, observe des heures durant la nature autour de lui et y décèle, dans ses « plis » innombrables, le secret de la vie. Contraint par les rigueurs de l’hiver de commettre un acte terrible — ce qui donne lieu à la scène les plus déchirante de l’histoire —, il va partir en guerre contre ce monde qu’il juge cruel, se faisant démiurge et créant un jardin potager, afin de ne plus être « esclave » des aléas climatiques et du gibier hypothétique. De manière prévisible, tout cela finira mal, même si les situations peuvent paraître exagérées, vraisemblablement pour les besoins de cette fable sur l’arrogance, tellement humaine… Une question surgit alors : ne vaut-il alors pas mieux se laisser porter par cette nature plutôt que de vouloir la contrôler ? Graphiquement, Jérémie Moreau développe un style très personnel oscillant entre la peinture et le manga. Les représentations à l’aquarelle des décors, des paysages, et tout particulièrement la flore, sont plaisantes à l’œil par le choix des couleurs, même si on aurait apprécié que les personnages soient un peu plus travaillés. Quant à la mise en page, elle relève presque de l’expérimental, du fameux « pliage-dépliage » cher à l’auteur, avec des cases obliques pour souligner les scènes d’action, ou l’incrustation de vignettes disséminées à l’intérieur des cases ou regroupées en motifs floraux… Un des bémols serait à chercher du côté de la vraisemblance des dialogues, les personnages s’exprimant dans le même langage que le nôtre, avec des phrases parfaitement articulées, un élément plus plausible lorsque le parti pris est humoristique. Au final, sans atteindre le niveau de La Saga de Grimr, « Penss et les plis du monde » reste une lecture agréable, mais qui souffre peut-être aussi de la trop grande proximité calendaire et thématique avec son prédécesseur.

04/01/2020 (modifier)
Par Hervé
Note: 1/5
L'avatar du posteur Hervé

Pourtant fortement conseillé par mon libraire, j'ai finalement emprunté ce livre à la médiathèque,et j'ai bien fait... En effet, je pense être passé à côté de quelque chose, tant ce one shot m'a déçu. Je n'ai pas compris l'engouement de certains autour de cette fable écolo qui n'a m'a guère touché. Autant La Saga de Grimr m'avait emballé, autant les aventures de Penss, personnage que je ne trouve pas sympathique,m'ont laissé perplexe. Seules les pages sur le sort que Penss réserve à sa mère, après sa mort, m'ont littéralement étonné voire dérangé. Sinon, le sort de Penss m'a laissé complétement indifférent. Je passe sans doute à côté d'un bon album, mais je n'ai guère trouvé un intérêt dans cette histoire.

22/11/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur LuluZifer

Le week-end dernier j'ai lu 'Penss et les plis du monde' le dernier petit bébé du talentueux Jérémie Moreau. Ouvrage récemment publié, puisqu'en septembre dernier, aux éditions Delcourt. Premièrement, la fab de l'album est totalement somptueuse. On dirait un objet d'art, un tableau et c'est un peu normal je dirais au vu de ce que nous propose l'auteur à l'intérieur. Le déroulement des pages de gardes, de la page de titre et même de la page de fin (normalement ça n'existe pas mais bon), la C1C4 et le dos participent concrètement à l'œuvre principale. C'est beau, simple et efficace. Nous allons suivre le récit de Penss, à l'aube des temps, où les cueilleurs déambulaient sur la Terre. Penss est un rêveur. Un poète. Il regarde le monde avec des yeux différents par rapport à ses pairs. Il est en quelque sorte considéré, par son clan, comme un bon à rien. Il ne sait pas chasser ou pêcher. Mais il possède le sens de la beauté. La beauté de la nature et donc celle de la terre nourricière. Juste avant la saison de l'hiver et de la période blanche, lui et sa mère, se retrouvent seuls abandonnés par leur clan. S'ensuit une tragédie qui va le marquer à jamais et tout en retrouvant un mode de vie assez typique puisqu'un second clan va venir s'installer avec lui, Penss va partir en guerre contre la terre et va vouloir contrecarrer les plans de celle-ci en essayent de passer outre le douloureux cycle de la vie. Jusqu'à ce qu'il puisse se reconstruire et aller de l’avant. Le récit est très porteur. Il met en évidence notre incapacité à assimiler la nature et le cycle de la vie. En voulant combattre tout cela et en passant outre notre besoin de vivre en adéquation avec la Terre. Ce qui est intéressant également c'est le ton qu'emploie Jérémie Moreau pour conter son récit qui est moderne. C’est un parti pris assez bien foutu car ne vous attendez pas à lire 'un parler néandertalien' ou de lire 'une énième histoire de la Guerre du feu'. Bon ensuite, l’auteur n’est pas historien et moi non plus. D’ailleurs, nous ne sommes pas là pour lire une histoire sur la préhistoire mais sur la pensée du monde ou ses plis. De l’être humain, de sa quête et de l’ascension de la pensée philosophique. C’est à prendre de toute manière avec des pincettes car c’est ce que je pense et surement qu’un autre lecteur y verra autre chose. Et ça c’est l’apparat d’un bon roman graphique. À chaque lecture d'un Jérémie Moreau, nous entrons dans un monde bien particulier. À chaque nouvel album, son style graphique se bonifie, change, prend des tournures différentes en rapport avec l’histoire contée. C’est un auteur conteur, un troubadour, un poète et il ne cesse de sublimer son art. Présentement, Penss pousse les limites de la bd et prend une tournure au niveau de la maquette du déroulement des cases et des planches assez folles et inattendues. C’est tellement beau, contemplatif parfois, âpre, dur, dramatique et poétique tout en étant métaphorique qu’on n’essaie même pas de se poser mais de se laisser porter par le récit et le design. Je suis certaine que je reprendrais en main cet album, bien après l’avoir dévoré, juste pour lire des passages et me rincer les mirettes. Voilà, j’aime, j’adore cet auteur et je pense sincèrement que même s’il a eu le Fauve d’or durant le festival d’Angoulême 2019 avec La Saga de Grimr, il continuera à dépoter et nous en mettre plein de la vue et l’esprit. Toutefois, son oeuvre que je préfère et que je trouve toujours aussi magnifique, car plein de subtilité et d'émotion, c'est son Max Winson. <3

09/10/2019 (modifier)