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Pereira prétend

Note: 3.57/5
(3.57/5 pour 7 avis)

2016 : Grand prix RTL de la bande dessinée. L'histoire est celle d'un journaliste portugais qui travaille pour le compte d'un journal de la capitale, le "Lisboa". Le protagoniste, Pereira, est décrit comme un homme calme, sans idées politiques et passionné de littérature française.


Grand prix RTL de la bande dessinée Journalistes Portugal

Son rythme de vie est bouleversé lorsqu'il engage un jeune homme fougueux et plein de vie, Monteiro Rossi, pour l'aider dans la rubrique culturelle du journal. On comprend très vite que Monteiro Rossi et sa bien-aimée Marta sont des "subversifs", lorsque Monteiro Rossi écrit un article sur un écrivain de tendance fasciste, Gabriele D'Annunzio, article virulent et très critique, impubliable dans un journal fidèle au régime. Dès lors, Pereira est tiraillé entre la volonté d'aider Monteiro pour qui il a une affection particulière, ce qui lui causera assurément de nombreux problèmes, et le désir de ne pas chercher les ennuis. Mais petit à petit, le journaliste commence à ouvrir les yeux sur la réalité du régime Salazariste, comme lorsqu'il est témoin de la violente répression de la police envers des manifestants. Quelque chose s'est passé en lui. L'envie de rompre avec la routine a émergé et fait son chemin. Il se décide alors à perdre du poids, et entre dans une clinique de thalassothérapie où il fait la connaissance du Docteur Cardoso. Le médecin apprend à Pereira une théorie à propos de l'âme, qu'il n'avait jamais entendue auparavant : La Confédération des âmes, théorie des médecins philosophes. Pereira ressort de sa cure en ayant perdu quelques kilos et gagné des idées nouvelles. Au fil du texte, le lecteur devient le témoin de la métamorphose du journaliste. Métamorphose symbolisée par le changement des habitudes alimentaires du gros homme, qui commence à manger autre chose que ses sempiternelles omelettes, et caractérisée par un glissement du mode de pensée et de son rapport au monde qui l'entoure. Pereira choisira finalement d'aider Monteiro Rossi, allant même jusqu'à héberger le cousin du jeune homme, un révolutionnaire cherchant à recruter des volontaires pour combattre aux côtés des Républicains espagnols, alors que la Guerre d'Espagne atteint son paroxysme. (source : wikipédia)

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Septembre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Pereira prétend
Les notes (7)
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16/11/2016 | herve
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Je me rappelle qu'à ma première lecture, je n'étais pas tombé sous le charme de cet album. Sans doute en attendais-je trop... ou m'attendais-je à autre chose... ou n'étais-je pas dans de bonnes dispositions. Toujours est-il que si je n'avais pas accroché, j'avais bien senti que cet album avait 'quelque chose'. Je l'ai donc longtemps laissé de côté, me promettant d'y revenir un jour ou l'autre avec de meilleures dispositions et sans plus en attendre monts et merveilles. C'est ce que j'ai fait dernièrement et, oh miracle, cette fois l'alchimie a opéré : j'ai beaucoup aimé cette relecture. Le personnage central m'a touché dans sa prise de conscience, le contexte historique m'a intéressé, le dessin m'a plu avec ses couleurs chaudes et son trait simple et brut. Donc voilà, ce n'est peut-être pas un album très accessible et sans doute faut-il être dans certaines dispositions pour pleinement le savourer (et ne pas s'attendre à un chef-d'oeuvre) mais, réflexion faite, je trouve que c'est quand même un putain de bon album !

16/09/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Il est toujours difficile de juger l’adaptation d’une œuvre que l’on n’a pas lue, mais à en juger par la qualité de cette bande dessinée, le materiau "Sostiene Pereira" a quelques atouts pour y contribuer. L’écrivain italien Antonio Tabucchi, dont le Portugal était la seconde patrie, évoque à travers ce roman l’engagement politique et la responsabilité de chacun face à un contexte politique particulier, en l’occurrence ici la dictature qui a sévi près de quarante années dans la péninsule ibérique. Le livre et son principal protagoniste, le Pereira du titre, sont d’ailleurs devenus une référence pour les opposants à Berlusconi dans l’Italie des années 90. Tabucchi y cite une théorie à la fois séduisante et troublante, celle des « médecins-philosophes » selon laquelle il y a plusieurs âmes cohabitant en l’Homme. Celles-ci délibèrent pour imposer un moi hégémonique qui définira le contour de sa personnalité, jusqu’à ce qu’un autre moi prenne sa place... Pierre-Henri Gomont, dessinateur et accessoirement scénariste, a non seulement donné corps au personnage de Pereira avec un certain brio, mais s’est complètement approprié ce livre d’un auteur engagé, démontrant indubitablement son admiration pour ce dernier. Gomont reprend les codes du neuvième art avec originalité et humour en se gardant de tout académisme. Il possède un trait semi réaliste flamboyant et dynamique, restituant avec bonheur, grâce à une colorisation très bien sentie, l’ambiance chaude et lumineuse de la « ville aux sept collines » avec son tram sillonnant le quartier pittoresque de l’Alfama. De façon nuancée, il a su rendre le personnage pataud de Pereira attachant dans ses questionnements existentiels et son obsession pour la mort. Avec « Pereira prétend », ce bédéaste au style très affirmé n’en est pas à son coup d’essai (il s’agit de son sixième album depuis 2011) et n’est pas très loin du coup de maître… Cette adaptation réussie n’est d’ailleurs pas passée inaperçue lors de sa sortie en 2016, récompensée notamment par le Grand prix RTL de la bande dessinée. Un auteur que l’on va donc forcément suivre avec intérêt…

27/10/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

La première chose qui m'a frappé en lisant les premières pages c'est à quel point j'aime le dessin. C'est le genre de style réaliste que j'aime. C'est dynamique et la narration est très fluide. J'ai aussi bien aimé les couleurs. C'est le genre de dessin qui me donne envie de lire un album d'une traite sans problème. Quant au scénario, c'est l'adaptation d'un roman que je n'ai pas lu et donc je ne peux pas comparer avec l'oeuvre originale. Tout ce que je peux dire c'est que son adaptation en bande dessinée est pas mal. C'est intéressant que l'action se passe au Portugal durant la période de la dictature fasciste, c'est une période historique qu'on ne voit pas trop en bande dessinée (et d'ailleurs il y a peu de séries se passant au Portugal). Le point fort de l'album est le personnage principal qui est attachant et complexe. J'ai bien aimé voir son évolution psychologique au fil des rencontres qu'il fait même si au final c'est un peu prévisible. C'est peut-être pour ça que malgré les qualités que j'ai mentionnées je n'ai pas réussi à trouver l'album mieux que 'pas mal'. C'est le genre d'album dont je comprends très bien pourquoi certains crient au chef d'oeuvre, mais que personnellement je ne trouve que 'sympa' parce que je n'ai pas réussi à le trouver captivant à lire. À lire pour les amateurs de roman graphique. Il ne faut pas avoir peur des histoires un peu lentes avec peu d'actions pour apprécier cet album.

11/11/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

J'ai bien aimé ce récit d'un journaliste portugais qui pendant la dictature de Salazar a commencé progressivement à ouvrir les yeux courageusement pour dénoncer des choses pas très démocratiques. Il y a bien sûr tout le contexte de la surveillance policière qui se fait via des informateurs comme la concierge de l'immeuble par exemple. On dit qu'il n'y a rien de pire qu'une vieille concierge acariâtre et dénonciatrice. Pereira prétend beaucoup de choses mais certaines vont paraître assez justes. La vie de cet homme solitaire, obèse et veuf était plutôt triste. Elle va progressivement commencer à prendre un tout autre sens. J'aime bien les transformations des individus en quelque chose de meilleur même si le prix a payer peut-être assez lourd. C'est un roman graphique d'une grande maturité qui nous prévient ce qu'a été la vie sous une dictature pour un petit pays qui a rejoint depuis l'Europe.

11/08/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

Intéressante cette histoire d'un homme relativement ordinaire, presque effacé, qui travaille pour la rubrique culturelle d'un journal lisboète en période de dictature, et dont la conscience politique va se réveiller au contact d'un jeune homme exalté qu'il embauche pour d'autres raisons. On comprend vite que Pereira est attiré, presque subjugué par ce jeune homme et sa compagne. A un moment donné on se demande même si cet intérêt n'est pas celui de la chair... Mais on comprend qu'il n'en est rien, et que Pereira va tout simplement se mettre à réfléchir. Une réflexion matérialisée par ses conversations avec le portrait de sa femme défunte ou des petits avatars colorés représentant ses différentes facettes. Un procédé somme toute classique, mais toujours aussi efficace. Cela peut amener le lecteur à se poser la question sur soi. Graphiquement Pierre-Henry Gomont commence à muer, et pour mieux s'immerger dans l'ambiance lisboète, est parti sur place pendant plusieurs mois, prenant des centaines de croquis qui ont nourri les décors de son albums. Le résultat est assez bluffant, on se croirait vraiment dans la capitale portugaise, que je vous incite grandement à découvrir. Ma note n'est pas très enthousiaste, car au-delà du plaisir de lecture dû à ses qualités déjà énumérées, j'ai trouvé que le récit avançait un peu par à-coups, par bonds, j'aurais aimé qu'elle soit un peu plus progressive...

20/04/2017 (modifier)
Par montane
Note: 5/5

Je ne me souviens pas avoir lu une Bande Dessinée aussi remarquable depuis bien longtemps, et je comprends pourquoi cette histoire a fait l'objet de critiques aussi positives. De quoi s'agit-il? A l'époque de la Dictature du général Salazar au Portugal, le "Doutor Pereira" comme on l'appelle, écrit des articles dans la rubrique culturelle du plus grand journal de Lisbonne. Bien sur , il est conscient que la censure veille sur ses écrits, et que le pouvoir en place commet des actes bien peu catholiques. Mais il s'en accommode. Sa femme est morte, il n'a pas d'enfant et plus rien ne semble avoir d'importance. Pourtant il croise un jour le chemin d'un jeune Italien, soutien des troupes républicaines, qui luttent contre Franco dans l'Espagne voisine. Ayant besoin d'argent, il lui propose d'écrire sur des écrivains de son temps. Mais ces écrits très engagés s'avèrent impubliables. Pereira a bien mauvaise conscience, il aimerait l'aider mais n'ose pas franchir le pas, et rompre avec son petit confort. Alors qu'il se trouve en soin sur la cote Portugaise, bien loin de Lisbonne, il rencontre alors un médecin qui l'aide à résoudre le conflit entre ses sentiments ambivalents et à enfin prendre une décision de rupture. Adaptation du livre d'un écrivain Italien que je ne connaissais pas, cette histoire nous décrit un peu le dilemme qui a du se poser à bien des gens pendant l'occupation allemande en France par exemple. Doit-on se soumettre et se compromettre ou doit-on lutter en coulisse ? Si on nous posait cette question aujourd'hui, tout le monde serait résistant bien entendu. Oui mais à l'époque, en aurait -il été de même ? Cette histoire ravira les amateurs d'histoires contemporaines. Je ne connaissais pas non plus ce dessinateur dont le trait se rapproche parfois de l'italien Fiore, avec des couleurs pastel qui changent au gré des ambiances. On y voit aussi Pereira converser avec le portrait de son épouse décédée, et avec des petits bonhommes qui représentent ses sentiments contradictoires. Une manière efficace de représenter les contradictions de ce héros qui s'ignore. Je vous laisse le soin de lire cette histoire pour en connaitre la suite. Vous ne le regretterez pas.

27/02/2017 (modifier)
Par herve
Note: 3/5
L'avatar du posteur herve

Tout d’abord, je dois préciser que je ne connaissais pas du tout Antonio Tabucchi, écrivain italien qui vivait au Portugal (je me suis renseigné depuis), ni le roman éponyme d’où est inspiré cette bande dessinée. L’histoire de cette prise de conscience politique de Pereira, journaliste responsable de la rubrique culturelle du journal « Le Lisboa », nous est contée sur près de 150 pages. Le récit se situe pendant la dictature de Salazar, sur un fonds de guerre d’Espagne. Il fallait effectivement au moins 150 pages pour cerner le personnage de Pereira, personnage complexe, hermétique à l’actualité et passionné de littérature française. Le suivi de cette métamorphose, qui passera de la neutralité au militantisme, n’est certes pas très original mais cela se lit bien. Quelques scènes m’ont fait sourire, surtout celle avec le père Antonio et son avis sur Claudel ! Connaissant assez bien le Portugal, j’ai surtout apprécié les planches de Pierre-Henry Gomont : on s’y croirait. Loin d’avoir adopté un style réaliste, bien au contraire, il nous baigne dans l’ambiance de Lisbonne avec brio : couleurs, décors, tramway, les ruelles, la chaleur, le Tage…tout y est. C’est parfait. Par contre, si la qualité aussi bien scénaristique que graphique est au rendez-vous, je ne sais pas si je relirai cette bande dessinée.

16/11/2016 (modifier)