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Couverture de la série Mbote Kinshasa - Article 15
Mbote Kinshasa - Article 15

"Mbote Kinshasa !" ou Bonjour Kinshasa ! est un ouvrage qui apporte une bouffée de fraicheur et d'optimisme dans un environnement pas forcément très facile. Car à l'exemple d'un "Good Morning Vietnam !" beaucoup des habitants de l'immense Kin vivent au jour le jour sans vraiment savoir ce qui va leur arriver. La vie est tellement précaire et dépend de tellement d'impondérables (la police, la pluie, la pièce détachée, la fourniture de courant...) qu'il faut avoir une foi en la vie chevillée au corps pour ne pas s'abandonner à une déprime bien occidentale. C'est le sourire et la bonne utilisation de "l'article 15" de la constitution du Congo (RDC) qui va permettre à Samuel du haut de ses 12 ans de contourner tous les obstacles pour aider son papa. Cette production franco-congolaise est un vrai petit trésor de ciel bleu. Le scénario décrit deux journées de la vie de la famille de Samuel. Jeune garçon a l'intelligence rapide mais qui ne peut pas toujours exploiter ses capacités scolaires à cause d'une paire de chaussures trop usagée. Il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions !! C'est bien ce que dit cet article 15 qui permet à Samuel de résoudre tous les ennuis familiaux. Je suis vraiment admiratif du dessin de Kash qui est déjà vraiment abouti et très maîtrisé. En fin connaisseur il nous fait partager mille images de son Congo natal, avec ses petits métiers, sa débrouille, ses magouilles, sa corruption, ses couleurs vives et surtout son sourire et son soleil dans les coeurs. La mise en couleur est à la hauteur de cette illustration bigarrée. Un excellent moment de lecture qui nous éloigne de la grisaille du quotidien.

03/09/2022 (modifier)
Couverture de la série La Jeunesse de Mickey
La Jeunesse de Mickey

Mon album préféré de la collection, je suis d’ailleurs étonné du peu d’avis ?! A sa sortie je m’en suis bien méfié, j’avais trop vite catalogué Tébo en auteur jeunesse pipi caca, une belle bêtise !! Il m’avait déjà agréablement surpris avec Alice au pays des singes mais il n’assurait que le scénario. Cette fois ci, il officie en tant qu’auteur complet et j’y ai découvert véritablement son trait, au potentiel comique indéniable. Je trouve sa version de la célèbre souris : cultissime, à mes yeux une reprise de très haute volée. Je n’imagine même pas les contraintes, vétos etc de la maison mère pour ce genre d’exercice, laissant une liberté toute relative aux différents repreneurs. Tébo s’en sort comme un chef, il a tout compris et trouve le bon angle pour son hommage. Son aventure est une petite friandise, un petit bonbon sucré qui trouve le juste équilibre et joue avec les codes. Ça s’adresse aux petits comme aux grands je trouve, une prouesse. Ce Mickey troisième âge, qui raconte ses nombreuses aventures à un de ses arrières petits neveux, est absolument jubilatoire. C’est varié et fun, une sorte de best of de l’univers. Déjà on a le droit à de nombreux environnements ou périodes (far west, prohibition, espace …), l’apparition de nombreux personnages de la franchise (Dingo, Donald, Pat, Minnie …) et le nouveau, Norbert (le petit neveu) est fort réussi. Mais c’est surtout le ton donné par l’auteur qui relève l’ensemble. Pépé Mickey n’hésitant pas à enjoliver ses histoires, les AR avec Norbert sont drôlissimes. C’est frais et rythmé. Le tout est accentué par le dessin, dynamique et comique, j’adore les bouilles des persos, les pages des chapitres et les dessins double pages. L’ensemble va à cent à l’heure jusqu’à l’épilogue. Je ressors à chaque fois émerveillé de ma lecture. Si il n’y avait qu’un album à posséder de notre héros, ça serait celui la.

02/09/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Perpendiculaire au soleil
Perpendiculaire au soleil

Une lecture vertigineuse que ce pavé de 436 pages. Par militantisme contre la peine de mort, en 2016 Valentine Cuny-Le Callet, alors âgée de 19 ans, commence une correspondance avec Renaldo McGirth, jeune noir dans le couloir de la mort. Il avait 18 ans à l'époque des faits. Dix années se sont écoulées depuis. Un album à quatre mains, mais le nom de Renaldo n'y figure pas, la loi l'interdit. J'ai par contre ajouté son nom sur la fiche, il le mérite amplement. Valentine est une jeune autrice qui a étudié les arts décoratifs à Paris et d'autres techniques à la School of the Art Institute de Chicago pendant six mois. Le monde carcéral, celui du couloir de la mort, est dépeint sans concessions et avec justesse. Un monde où le prisonnier doit toujours payer pour améliorer son quotidien. Un monde dur qui ne laisse plus place à l'humain dans sa cage de cinq m² éclairée au néon où il est difficile de reconstruire sa vie. De cette relation va naître une amitié et l'amour pour la musique, l'écriture et enfin le dessin n'y seront pas étrangers. Le pouvoir de l'art à rapprocher les gens. Une narration faite d'échanges épistolaires où les seules voix off de nos deux protagonistes donnent un ton étrange au récit, presque hors du temps et qui fait ressentir cette effroyable solitude. La censure appliquée par le pénitencier ne va les aider dans ce projet commun, celui de réaliser cette bande dessinée. Persévérance et obstination seront plus fortes que les moments de découragement. Cette idée naîtra suite à leurs rencontres en prison. Une bd qui fait aussi référence au racisme par le biais d'Ida B. Wells, ancienne esclave devenue journaliste, pionnière des droits des noirs et de l'émancipation des femmes, lorsqu'elle emménage à Chicago. Édifiant ! Une œuvre touchante qui fait froid dans le dos et qui pose des questions. A chacun d'y apporter des réponses. Un titre énigmatique qui prendra tout son sens en fin d'album. Un dessin d'une réelle beauté évocatrice dans un noir et blanc aux différentes textures, du charbonneux au trait gras, mais toujours au service du récit avec une mise en page qui supprime la frontière entre textes et dessins. Des planches de Renaldo parsèment l'album, elles sont souvent colorisées et font transpirer ses émotions. Elles sont réalisées au crayon papier, stylo bille et gouaches. Mais que c'est BEAU ! Pour un premier coup d'essai, c'est un coup de maître. Une œuvre remplie d'humanité où l'espoir demeure toujours vivant. Une œuvre puissante et déstabilisante. Gros coup de cœur.

02/09/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bastos et Zakousky
Bastos et Zakousky

Cette série ne m'attirait que modérément de base, car j'avais peur que ce ne soit qu'un pastiche maladroit de la BD des années 60, trop tardif pour en retrouver le génie. Je me trompais du tout au tout ! Bien au contraire, Bastos et Zakousky est une merveille d'équilibre très impressionnante. La bande dessinée de Corteggiani et Tranchand synthétise tout ce que j'adore trouver dans une bonne bande dessinée : des personnages bien croqués, des péripéties très prenantes qui se déroulent à un rythme très soutenu, des touches d'humour qui ne pervertissent pas le récit, un contexte historique intéressant, un dessin classique et efficace... Il est difficile de ne pas se laisser immerger dès les premières pages du premier tome, tant l'atmosphère est extrêmement réussie. On se retrouve vite plongé dans ce qui ressemble à un cousin, proche dans le ton, lointain dans le temps, de Spirou et Fantasio ou de Gil Jourdan. Les auteurs y font preuve du même brio que Franquin et Tillieux pour narrer leurs aventures avec un second degré permanent, tout en prenant le récit au sérieux. Ainsi, Corteggiani et Tranchand déroulent le fil de leur récit, très sûrs d'eux, et ils ont raison, car Bastos et Zakousky trouve un équilibre rare entre le classicisme de l'histoire et les effets de surprise qui la parsèment pour montrer qu'ils savent sortir des sentiers balisés quand il le faut. Seul petit regret : le traitement réservé à Nicolas II me paraît excessif. Déjà, les auteurs se précipitent assez allègrement dans le cliché du peuple russe écrasé par le pouvoir tsariste, ce qui demande un très grand nombre de nuances. Mais en plus, Corteggiani s'acharne sur la figure supposément tyrannique du tsar Nicolas II avec une véhémence parfois déconcertante. Je pense notamment à tout l'arc narratif où on voit Nicolas II droguer ses sujets et les humilier après en public en les faisant mettre à quatre pattes et embrasser ses bottes : je ne sais pas si cela fait référence ou non à des rumeurs qui auraient été colportées sur le tsar par ses détracteurs, mais ça donne l'impression que l'auteur veut à tout prix nous faire entrer dans le crâne l'image de Nicolas II comme celle d'un tyran sanguinaire et inhumain, quitte à en faire trop. Et c'est précisément le fait qu'il en fasse trop qui diminue l'efficacité de la charge portée par l'auteur, surtout que je ne suis pas certain que cette image soit historiquement très justifiée... Elle aurait en tous cas très certainement mérité d'être nuancée. Quoiqu'il en soit, cette représentation caricaturale est un défaut très mineur qui n'entache sérieusement que le 3e tome, la figure de Nicolas II n'étant plus avancée que comme une menace lointaine mais omniprésente dans les autres tomes, sa police prenant la relève dans le rôle de l'antagoniste principal. A ce titre, on est aussi dans la caricature, mais avec des personnages fictifs, tout est permis, et on goûtera bien mieux les colères de l'irascible colonel Kolbak, sorte de Louis de Funès en uniforme qui nous garantit des scènes craquantes à chacun des échecs de sa police. Les protagonistes aussi sont particulièrement bien brossés, et on s'attache vite à ce Samoyède très amusant qu'est Zakousky, à ce bandit à peine anarchiste qu'est Bastos, initialement plus occupé par son propre sort que par celui de tout un pays qui n'est même pas le sien, et au professeur Lakonik, complètement anarchiste qui découvre un peu tard la portée de ses discours et de leur mise en oeuvre... Il faut dire que Corteggiani sait articuler à merveille ces caractères avec le sort du peuple russe, qui sous-tend les six tomes de cette merveilleuse saga. Leur positionnement (ou non-positionnement) dans ce conflit qui les dépasse est souvent mis à rude épreuve, ce qui permet d'ajouter une jolie touche de tragique au récit. A ce titre, les deux derniers tomes font savamment monter la pression jusqu'à un final grandiose (quoique beaucoup trop rapide) où le tragique culmine sans pour autant basculer dans le too much. A la fin, tout le monde ne meurt pas, mais on ne peut clairement pas dire qu'on termine sur une happy end. L'amertume et la noirceur dominent dans cette conclusion qui, à l'image de la saga, sait faire preuve d'une jolie poésie. Ainsi, Bastos et Zakousky est un pur récit d'aventures dans la grande tradition du genre, avec des péripéties spectaculaires (évasion d'une prison sibérienne, braquage d'un train, attaque d'une ville) qui offrent à chaque album des climax remarquables. S'appuyant sur des personnages parfois drôles, souvent touchants, toujours très humains, la saga de Corteggiani et Tranchand témoigne d'une atmosphère restituant toute l'ambivalence de l'âme slave, entre résilience extrême et désir latent de révolte. Il est peut-être dommage que les auteurs n'aient pas davantage exploité cette dichotomie entre les deux penchants d'une même âme, mais ils en tirent un récit furieusement captivant et parfaitement maîtrisé de bout en bout. De quoi en faire un nouvel incontournable de ma bédéthèque !

01/09/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Orbital
Orbital

Je réécris mon avis suite à la lecture des 8 tomes parus à ce jour, et je laisse ma note à 4. J’ai presque tout aimé dans cette série. Les intrigues « space opera diplomatique » sont intéressantes et bien écrites, et font reflet à notre monde (les magouilles de l’ODI ont selon les auteurs été inspirées par les déboires de l’Union Européenne). Les personnages sont attachants, le design des vaisseaux, des planètes et des races alien est réussi. Mon intérêt a un peu fluctué lors des différents albums, mais je ne me suis jamais désintéressé des évènements, et surtout le dernier tome en date m’a vraiment scotché, donc pour moi la qualité évolue dans le bon sens ! La mise en image de Serge Pellé est exemplaire. Le graphisme est très joli, et surtout très lisible, notamment sur les scènes d’action, superbement mise en scène. Mon seul reproche sera cette obstination à parler de cycles de 2 tomes (y compris dans la toute dernière interview des auteurs incluse dans la 2eme intégrale) - voir le cliffhanger inouï en « fin » de deuxième cycle. Voilà, un « block buster » space opera dans le bon sens du terme, vivement la suite !

16/07/2006 (MAJ le 30/08/2022) (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jessica Jones - L'enfant pourpre
Jessica Jones - L'enfant pourpre

Je ne connaissais rien à l'univers de Jessica Jones, c'est le nom de Filipe Andrade après son formidable travail sur Toutes les morts de Laila Starr qui a fait me pencher sur ce comics. Et je ne le regrette pas. Jessica Jones est en couple avec Luke Cage (Power Man), ils ont une petite fille,  Danielle, et un jour elle se retrouve avec la peau violette. Un cauchemar pour Jessica, son pire ennemi, l'Homme Pourpre, serait-il derrière cette transformation ? Pourtant il est mort. Un scénario bien ficelé, on suit l'enquête de Jessica pour découvrir qui se cache derrière cette machination. Une Jessica au bord de l'implosion et qui retombe dans l'abus d'alcool, se pourrait-il que son ennemi juré soit le père de son enfant ? Une narration qui dépeint à merveille la psychologie de notre héroïne, ses questionnements, ses doutes, qui met à jour sa fragilité et qui la poussera dans ses derniers retranchements. Une narration où la voix off de notre héroïne apporte une profondeur au récit. L'humour n'y est pas absent avec les seins d'Emma Frost. Côté dessin, deux dessinateurs aux manettes et je dois avouer que l'idée est excellente. D'abord, Filipe Andrade s'occupe de la partie où Jessica laisse une tiers personne prendre les commandes de son cerveau (17 planches) et sa proposition graphique est superbe. Ensuite, Mattia De Iulis s'occupe du reste du récit avec un trait très comics, expressif, détaillé et efficace. Enfin, le même principe est appliqué pour la colorisation pour un très beau rendu. J'ai adoré ce principe, la différence est marquée et elle permet de bien différencier les deux Jessica, les deux mondes où se situe l'action. Sans oublier le découpage qui donne du rythme à l'ensemble. Quelques Guest Star: Daredevil, Daniel Rand (Iron Fist) et La Reine Blanche (devenue le Roi Noir). En tant que novice sur ce personnage Marvel, j'ai pris du plaisir avec ce one shot. Il n'est pas nécessaire de connaître les antécédents du personnage. Note réelle : 3,5. Vraiment pas loin du quatre étoiles. Coup de cœur.

29/08/2022 (modifier)
Par Patrick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Aviateur
L'Aviateur

Pour une fois,je m'en réfère aux autres commentateurs ! Sauf que je mets cinq étoiles ! J'aime énormément cette nouvelle ligne moderne dont un des précurseurs est un auteur culte, à savoir Léo ( Luis Eduardo de Oliveira), scénariste-dessinateur, brésilien et francophone !

29/08/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Conan le Cimmérien
Conan le Cimmérien

J'ai lu les 13 tomes de la série Conan le Cimmérien (série en cours) et j'ai tout simplement adoré. Les Comics, Marvel et Dark Horse, que ce soit l'illustre Roy Thomas ou plus récemment Kurt Busiek, reprenaient les histoires de Howard mais également celles des continuateurs Lyon Sprague de Camps et Lin Carter, et essayaient d'en faire une geste en mettant du liant entre les épisodes (et en en inventant pas mal). Là, les BD sont un vrai travail de puriste, elles adaptent uniquement les écrits de Howard, tels qu'ils les a publiés. On a donc des histoires qui ne sont que des one shots, qui ne suivent pas un ordre chronologique, on passe de Conan à peine sorti de ses montagnes, à Conan pirate, à Conan roi, à Conan pillard, sans aucun ordre chronologique, mais c'est ainsi qu'Howard publiait ses histoires. Souvent l'histoire démarre avec Conan dans une situation sans qu'on sache comment il est arrivé là. Les personnages secondaires ne sont pas récurrents et on y fait plus référence dans les histoires suivantes. Même la personnalité de Conan peut changer d'une histoire à l'autre, d'un barbare qui ne pense qu'à piller et violer à un aventurier à l'esprit chevaleresque à un roi responsable, qui aime son peuple. Ce n'est pas illogique que sa personnalité évolue vu toutes les aventures vécues par Conan, mais on ne voit pas cette évolution, ça passe de l'un à l'autre brutalement d'une histoire à l'autre (avec des retours en arrière d'un numéro à l'autre) C'est assez inhabituel dans la fantasy mais c'est le mode de publication habituel des pulps de l'époque. Et les histoires sont tellement excellentes et puissantes prises séparément que ça ne pose aucun problème pour rentrer dedans. Chaque numéro est scénarisé et dessiné par une équipe différente, ce qui ne pose pas vraiment de problème de cohérence scénaristique puisque le jeu est d'être le plus fidèle possible à Howard. Mais c'est vrai que les dessins sont très hétérogènes, même si globalement le niveau est très bon, il y en a que j'ai préféré à d'autre. Chaque numéro est post-facé par Patrice Louinet, directeur de la fondation Howard, qui est clairement un grand connaisseur, mais également un archi puriste de chez puriste. C'est à la fois assez instructif mais aussi un peu gênant parce qu'il ne se prive de chier sur tout le boulot fait par les continuateurs de Howard, il se prend pour un gardien du temple autoproclamé qui pète plus haut que son cul. Franchement c'était pas nécessaire. Si les écrits de Howard sont globalement puissants et excellents, ce n'est pas pour ça que tout ce qui a été fait après sur Conan sans suivre cet esprit puriste relève de la merde. Conan de Howard et l'univers de Lovecraft ont tous deux été publiés initialement dans la revue de pulps "Weird Tales" et c'est assez intéressant de voir que ces deux séries ont toutes les deux eu un "univers étendus" par des continuateurs comme Star Wars mais bien avant. Et comme Star Wars, il y a à boire et à manger dans cet univers étendu, y a clairement du mauvais, mais tout n'est pas à jeter, loin de là.

28/08/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Poids des héros
Le Poids des héros

Un univers graphique très frappant qui ressuscite les années 70 et nous fait partager le poids des héros (les grand-parents de l'auteur, l'un revenu d'un camp de concentration et l'autre échappé d'un peloton d'exécution) . C'est le premier album de David Sala que je lis, et je suis soufflée par la capacité d'évocation des images. Qu'il s'agisse des fantasmes de l'enfant entendant ses parents et grands-parents raconter l'époque de la deuxième guerre mondiale, ou les intérieurs aux tapisseries géométriques et contrastées, aux tapis profonds (pour isoler du froid du carrelage en-dessous), au sol verdâtres du couloir, aux fauteuils marrons en velours boursouflés de reliefs, aux devantures de boulangeries en pierres collées, même les posters des tableaux de Magritte, tout remonte à la surface de notre conscience alors que c'était resté enfoui jusque là. La peau tellement lisse de l'enfant confronté au passé lourd et immérité de ses grand-parents, mais tout cela par le filtre des conversations et vocabulaires quotidiens des parents et de leurs amis dans le cocon familial, dans le salon, avec notre regard qui suit le motif répétitif du tapis, en même temps que l'enfant écoute l'électrophone en fond sonore. On perçoit le parlé lyonnais de ses parents, fils d'immigrés espagnol. Ces noms espagnols à rallonge, prononcés avec fierté, dans cet univers gris de la banlieue hexagonale. Le portrait du grand-père jeune, qui se retrouve au grenier du petit-fils, et qu'un autre enfant, la génération suivante, découvre à l'occasion d'un moment d'ennui... Et pour finir, un atout supplémentaire : cette album a la tranche (ou est-ce le dos ? La partie qui reste visible quand le livre est rangé ) rose bonbon, ce qui est un atout non-négligeable pour le retrouver dans une bibliothèque !

21/08/2022 (MAJ le 27/08/2022) (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un général, des généraux
Un général, des généraux

Toutes les BD de François Boucq sont pour moi comme les fantasmes, soit drôles soit violents, d'un grand frère imaginaire. Son trait si reconnaissable transforme tout visage en trogne étrange, et les femmes ont souvent des allures à la limite de la monstruosité. Ses inventions scénaristiques gaguesques ou tragiques tiennent en halène grâce à la qualité de leur mécanique de construction. Mais ici le scénario échoit à Nicolas Juncker (inconnu de moi) et le sujet est historique : Le coup d'état du "quarteron de généraux en retraite" . En tout cas j'ai trouvé le titre bien inspiré, et j'ai acheté l'album. L'épisode est traité en short cuts, avec différents points de vue qui se succèdent (Paris /Alger/ la retraite du général de Gaulle). Mais comme on connait la fin de l'histoire, le sel du déroulement vient surtout de l'interprétation des personnages et des faits, et du caractère profondément humain (pour ne pas dire foireux), que Boucq sait leurs donner par son trait (ici dans la veine de la caricature flamboyante) et aussi par le coté audiardesque des dialogues. De Gaulle à la sauce "tontons flingueurs". Bref c'est drôle, mais on rit jaune. On se rend bien compte que politiques et militaires ne sont pas beaucoup plus aptes à gouverner que Sam et Jean-louis les deux piliers de mon bistro communal.. Bref on reconnait notre pauvre virilité quotidienne dans les excès, les magouilles, les atermoiements, les emportements de ces généraux, assez dépassés par les évènements et manipulés par des seconds couteaux plus jeunes qui referont surface plus tard. On y voit donc (avec leur pédigrée affiché au cours des évènements) : - Salan, sa casquette de général basculée en arrière , l'oeil ahuri et le front brillant de sueur, - le menton volontaire de Massu, en treillis et croquenots, le béret écrasé sur le coté, - le sourcil en l'air de Chassin surplombant une moue dissymétrique, la cravate ouverte et en bras de chemise - les tempes grises et accablées de Pflimlin ... et j'en passe des moins connus mais tout aussi pathétiques - et le silence Du général... Je n'étais pas familière de cette période (évitée par l'éducation nationale parce que trop récente pour mes professeurs de l'époque) et l'interprétation moqueuse qui en est faite m'amuse et m'inquiète en même temps, par sa ressemblance avec certains personnages ridicules des nos gouvernements récents...

27/08/2022 (modifier)