Les derniers avis (9696 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série November
November

Mise à jour suite à lecture du tome 2. Un polar glauque comme je les aime. Tome 1 J'ai été happé dès les premières planches par cet univers où violence et magouilles sont au centre du récit. Une intrigue qui part dans tous les sens autour de trois femmes très différentes les unes des autres. Aucun point en commun et pourtant elles vont être mêlées à une histoire sordide, volontairement ou non. Une narration non linéaire qui au fur et à mesure commence à lever (très légèrement) une partie du voile. Des héroïnes attachantes, un scénario bien charpenté et une ville mystérieuse sont les points forts de ce comics. Tome 2 Toujours autant de plaisir à retrouver Dee, la junkie éclopée, Kay la flic déchue et Emma-Rose, la belle survoltée. Toujours cette narration maîtrisée qui nous fait passer d'un personnage à l'autre jusqu'à ce qu'elles soient réunies pour un final sanglant et des destins bien différents. Un graphisme qui va à l'essentiel, tout en simplicité et efficacité. Un découpage réussi. Des couleurs qui donnent ce côté rétro que j'aime beaucoup. Un excellent polar que je ne peux que conseiller pour son côté baroque et son ambiance poisseuse. Je peux enfin donner mon coup de cœur.

06/06/2022 (MAJ le 09/11/2022) (modifier)
Couverture de la série Les Animaux dénaturés
Les Animaux dénaturés

Je trouve la couverture particulièrement ratée et si mon libraire n’avait pas accolé un coup de cœur à cet album, je pense sincèrement que je n’y aurais prêté aucune attention… et je serais passé à côté de quelque chose ! Adapté d’un roman dont je viens juste de découvrir qu’il trainait dans ma bibliothèque (mais que je n’ai personnellement jamais lu), ce récit est à la fois un roman d’aventure, une histoire d’amour, une farce et une réflexion sur l’homme et la nature de son humanité. Ecrit en 1952, le roman est un peu daté sur certains aspects mais il reste pertinent à bien des points de vue et nous pousse à réfléchir à ce qui fait qu’un humain est humain, à ce qui nous autorise à exploiter telle ou telle espèce animale, en clair à ce qui nous différencie des autres animaux. L’adaptation que nous proposent Hélène Bruller et Joseph Falzon est fluide et ne souffre absolument pas du passage d’un média à un autre. Hélène Bruller s’est vraiment approprié ce récit pour nous le livrer à sa sauce, bien soutenue par le dessin expressif et caricatural de Joseph Falzon. C’est drôle et vivant, féroce par moments, touchant à d’autres. Je trouve que leur travail commun est assez proche de ce que fait un Pierre-Henri Gomont sur « Slava » par exemple : à la fois drôle et sujet à réflexion. J’ai dévoré le récit, même si à l’occasion, j’ai trouvé que les personnages tergiversaient ou ne se posaient pas les bonnes questions. Mais ça, pour moi, c’est la preuve que j’étais emporté par l’aventure, presque actif aux côtés des personnages. En clair, j’ai vraiment bien aimé et je ne peux que chaudement recommander.

09/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Saga de Xam
Saga de Xam

La récente réédition aux éditions Revival de ce « premier concept album de la BD française » (selon l’excellent Groensteen), m’a permis de découvrir cet ovni, publié à l’origine par Eric Losfeld, éditeur non conformiste s’il en était (éditeur des surréalistes, mais aussi, pour s’en tenir à la BD, de « Barbarella » ou des débuts de Druillet – qui participe d’ailleurs à la Saga de Xam, entre autres projets novateurs). On peut déjà souligner le travail de Revival, qui a refait la colorisation (très importante ici, très marquée par son époque !) pour se rapprocher des planches originales, aujourd’hui perdues. L’œuvre originale nécessitait une loupe (fournie avec l’album), cette réédition nous permet de nous en passer, même si je dois reconnaitre que le texte (en style manuscrit) est parfois difficile à lire (petit, présenté de façon peu académique). Le côté original de l’aspect graphique saute aux yeux. Les couleurs psychédéliques signent l’époque – et, parfois les produits ingurgités par les créateurs (pas tant Rollin que Devil et tous ceux qui passaient chez lui et ont un petit peu participé à l’élaboration de cette saga, Druillet en tête). La mise en page, avec des cases complètement déconstruites, est très moderne pour l’époque (Druillet a dû ensuite s’en inspirer). L’histoire est découpée en plusieurs chapitres se déroulant dans des environnements et des époques différents : chaque chapitre a droit à un style et à une colorisation différents (trois coloristes y ont participé). Très pop culture, certaines planches ne dépareilleraient pas sur la pochette d’un disque de « Sweet Smoke » ! Losfeld oblige, l’érotisme est assez présent, dans une liberté des corps où la nudité perd de son côté scandaleux (femmes dénudées, souvent violentées, amours saphiques entre Saga et Zô), tout ceci ne dépareille pas dans les publications de Losfeld, qui a souvent maille à partie avec la censure à l’époque. Plusieurs héroïnes de BD publiées par Losfeld sont d’ailleurs évoquées au détour d’un dialogue (Barbarella, Jodelle), comme des univers poétiques et mystiques développés par Charles Duits semblent avoir en partie inspiré certains dialogues et situations ? Saga est envoyée par les dirigeantes de sa planète (visiblement peuplées d’êtres féminins) pour découvrir sur Terre une solution à la menace des Troggs. Voilà pour le prétexte du départ, Saga ayant la capacité de voyager dans l’espace et le temps. Mais l’aspect purement SF n’est pas trop expliqué, rien ici de jargonneux, on est plus dans une vision esthétique, mystique, poétique et érotique, Saga, comme Barbarella, étant une femme forte et maitresse d’elle-même – et souvent des autres. Toujours est-il que Saga, débarquant nue en plein moyen-âge, se voit menacée de viol. Après y avoir échappé, elle subit les foudres d’une sorte d’inquisition, menée par un comte de Vignancourt, chevalier de Tixier, et le père Papon. Rollin se défoule ainsi contre des personnalités de droite extrême, tout en plaçant certaines références lui plaisant davantage (le nom de Maldoror est évoqué). Dans le deuxième chapitre (qui se déroule dans un univers viking), Saga fait la connaissance, en la sauvant d’un géant nordique, de Zô (qu’elle croit « venue d’Alphaville » : une référence au film de Godard sorti peu avant, de la part de Rollin, lui-même cinéaste ?). Le troisième chapitre se déroule durant la préhistoire, le suivant dans l’Egypte antique, le suivant à Shanghaï à la fin du XIXème siècle. Le sixième chapitre (Xammax), voit Saga de retour sur Xam, attaquée par les Troggs, une union entre les deux races ne semblant pas faire le bonheur des Xamiennes. Quant au dernier chapitre, il se passe dans les États-Unis des sixties, et ressemble par sa « construction » et ses thèmes à un pamphlet situationniste (faisant référence à l’accident nucléaire de Palomares ayant eu lieu en 1966 en Espagne), pour revenir de façon obscur et fourre-tout aux contestations secouant la société américaine de l’époque. Puis, la fin m’a échappé (tout en me captivant visuellement). Les textes, souvent abondants, déclamatoires (et poétiques), sont aussi présents que la couleur, ce qui donne des planches très chargées. Chargées de références aussi, que je n’ai pas forcément toutes saisies. En plus de celles déjà citées, un extrait d’une chanson de Brel (« Ne me quitte pas »), les noms de Moebius (qui côtoyait Devil à l’époque), Lautréamont, Lovecraft apparaissent au détour d’un dialogue. Quant au dessin, si le style et la colorisation changent d’une époque à l’autre, il est techniquement très réussi, remarque valable pour les planches très riches et psychédéliques, comme pour celles, plus épurées et froides de Xammax, seule partie purement SF, avec des Troggs hideux et loufoques, qui cherchent à se mêler aux superbes habitantes de Xam. Si le propos est devenu assez obscur et politique dans le dernier chapitre, certaines planches sont vraiment superbes, et l’on sent là les discussions enfumées, la consommation de drogue (LSD en particulier) qui ont fait dévier l’histoire, plusieurs amis/visiteurs participant de façon discrète à l’avancement du projet, que Rollin ne dirigeait plus vraiment (des photos retouchées montrent une partie de ce « groupe », dont Druillet faisait partie). Certains dessins m’ont alors fait penser à ceux d’Unica Zürn ou de Marianne Van Hirtum. Dans cette dernière partie, le texte est d’ailleurs moins présent (et particulièrement difficile à déchiffrer parfois !). L’album se conclut avec une série de documents autour de l’œuvre de Devil (affiches, extraits de récits inédits) confirmant son talent graphique bien ancré dans cette époque des sixties. Au final que dire de cet album ? Que graphiquement, c’est inégal, éclectique, mais que globalement j’ai trouvé ça très beau, souvent inspiré, parfois superbe. Concernant l’histoire, c’est encore moins résumable (d’où mon avis très long !), et cela se révèle parfois difficile à appréhender. On est là dans quelque chose d’extraordinaire (au sens premier du terme), et je comprends pourquoi cet album est devenu mythique (faible tirage, totalement inclassable mais hyper moderne). Un ovni donc, que les lecteurs curieux – et pas seulement amoureux/nostalgiques de cette époque – se doivent de (re)découvrir.

08/11/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Assiégés
Les Assiégés

Cet album est une claque. Sombre, violent, crasseux, tout y est pour plonger le lecteur dans l’ambiance noire d’une banlieue déshéritée d’une ville du sud de l’Italie où règnent en maitres des bandes rivales de trafiquants et de mafieux. Peu d’espoir d’en sortir… Les premières pages particulièrement austères donnent le ton. Ciro, un ado de 15 ans se réfugie dans un immeuble pour échapper à une bagarre dans laquelle il a peu de chance de sortir indemne. Mais cet immeuble n’est pas n’importe quel immeuble, c’est un énorme squat que la municipalité veut détruire. La décision est déjà prise et l’expulsion des habitants n’est plus qu’une question d’heures. Retranché malgré lui dans l’énorme bâtiment qui défie les forces de l’ordre, Ciro se retrouve dans l’appartement de celui qu’on surnomme le peintre fou. La police encercle le bâtiment. Un long siège commence. La discussion s’engage et au fil des heures, ce peintre étrange se livre sur sa vie. Je n’en dirai pas plus pour garder son secret. C’est poignant, noir, sans espoir. L’histoire est racontée sous trois angles différents, à trois époques différentes et les récits s’entremêlent et se répondent sans jamais perdre le lecteur, sans incohérences et retombe parfaitement sur ses pieds à la fin de l’album. Le dessin est en accord parfait avec un scénario qui se développe sans temps mort et gagne en profondeur au fil des pages. Le découpage cinématographique entraine le lecteur dans les profondeurs de l’histoire. La colorisation superbe accentue la tension dramatique et l’ambiance glauque, crasseuse où la violence est partout. Un album poignant et visuellement très fort.

08/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Celle qui fit le bonheur des insectes
Celle qui fit le bonheur des insectes

Une merveilleuse lecture. Zidrou et Salomone ont su me toucher avec cette fable sensuelle, cruelle et émouvante. Un beau travail des éditions Daniel Maghen. Un titre qui interpelle et quelque peu trompeur puisque d'insectes, on en verra qu'un et très furtivement. En Inde, la reine Shikhara fait prospérer son royaume de Shandramabad jusqu'au décès tragique de son fils. Doucement, son immense tristesse va la faire basculer dans la folie, au point de faire exterminer tous les oiseaux. Un deuil impossible et une culpabilité qui la rongent. Sa fille Jalna ne sera pas épargnée par sa colère aveugle. Une narration onirique où la voix off de .... (il faut garder la surprise) apporte une touche de poésie et de mystère au récit. Un drame où l'amour sera l'élément clef d'une nouvelle résurrection. Un voyage dans un monde imaginaire et son ambiance douce/amère légèrement épicée. Un Zidrou qui maîtrise son sujet de bout en bout. Un récit poignant qui ne m'a pas laissé insensible. La partie graphique est somptueuse, un trait fin, précis, doux et expressif avec une colorisation dans les tons chauds et humides qui font penser à des aquarelles. Une mise en page immersive. Féerique. Pour ceux qui ont gardé une âme d'enfant. Coup de cœur.

07/11/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Mémoires du Dragon Dragon
Les Mémoires du Dragon Dragon

N’ayant jamais eu un goût prononcé pour les grandes batailles historiques, cette bande dessinée ne m’a pas tant attiré pour son sujet en lui-même que pour la façon iconoclaste dont il promettait d’être traité. Nicolas Juncker, auteur dont l’appétence pour l’Histoire se vérifie à travers plusieurs de ses ouvrages (dont les remarqués Seules à Berlin et Un général, des généraux), s’est donc emparé de cette fameuse bataille de Valmy, considérée comme décisive pour la France révolutionnaire, alors que paradoxalement, la victoire fut obtenue sans grande résistance de la part de l’ennemi. Il a ainsi introduit son grain de sable fictionnel dans cette grosse machine un brin figée qu’est l’Histoire de France, ce qui provoquera peut-être quelques toussotements chez ses scrupuleux gardiens. Ce que l’on apprécie, c’est l’angle original et espiègle sous lequel est abordé ce récit. Ou comment un soldat imaginaire, Pierre-Marie Dragon, lâche et veule, mais à la sexualité débridée va faire gagner la guerre au camp révolutionnaire… Cette fiction historique serait-elle de la part des auteurs une sorte de métaphore antimilitariste suggérant que la révolution peut être aussi sexuelle, et que tant qu’on b****, on ne pense pas à tuer son prochain ? Dragon adore enfoncer son « sabre enflammé » dans toutes les fesses qui passent à sa portée, qu’elles soient lisses comme la pêche ou velues comme le kiwi. C’est plus fort que lui et ça passe crème (si on peut dire) ! Trop vieux de deux cent ans, le dragon Dragon n’a jamais milité en faveur de la libération sexuelle, ni défilé à la Gay Pride, non, le jeune étalon s’en moque bien, pense d’abord à son plaisir immédiat et ne demande la permission à personne pour tâter du fessier. Chez ce fieffé roublard, tout est dans le ça, aucune place pour le surmoi. Et si l’on vient à se refuser à lui, il a, d’une façon presque candide, beaucoup de mal à le comprendre ! Mettre la main au fondement d’un futur roi (Louis-Philippe en l’occurrence) ne lui donne pas froid aux yeux. Sa liberté est littéralement indécente voire obscène et pourtant, nul ne songe à l’incriminer ou à le faire pendre ! S’en sortirait-il mieux de nos jours ? S’il vivait aujourd’hui, nul doute que sa conduite lubrique (on peut y voir bien sûr une forme de harcèlement mais il n’est jamais question de viol ni a fortiori de violence) serait vilipendée sur les réseaux sociaux ! Cela en fait-il pour autant un être détestable ? Le plus étonnant, c’est qu’il parvient même à se rendre attachant, ce dragon plus matois que malfaisant, malgré sa couardise qui en fait l’opposé d’un mâle dominant. Simplement, il ne peut se passer de sexe plus d’une heure, une activité aussi vitale pour lui que manger ou respirer. Comme on peut s’y attendre, cela créé moult situations cocasses auxquelles il est difficile de contenir un fou-rire. Simon Spruyt délaisse le superbe style vaporeux et impressionniste de son Tambour de la Moskova pour une approche plus « grand public », en optant pour des contours clarificateurs et des couleurs simplifiées. L’ensemble demeure d’une belle qualité, l’auteur possède une patte bien à lui et on appréciera particulièrement ses planches inspirées de gravures d’époque qui contribuent à casser le rythme du récit. Si « Valmy c’est fini », cet épisode ne fait que marquer le début des aventures de notre dragon, et l’on se dit que l’on remettrait volontiers les couverts… C’est une lecture assez jubilatoire, qui évoquera à certains le ton baudelairien du regretté Jean Teulé, disparu tout récemment. Une des BD les plus politiquement incorrectes de ces dernières années et un vrai coup de cœur.

04/11/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série November
November

La nouvelle série de Matt Fraction (Sex Criminals) débarque en France chez… Sarbacane, un éditeur pas forcément spécialisé dans les comics, mais qui ont eu du flair sur le coup. J’avais découvert le tome 1 VO en librairie, attiré par la couverture élégante et le résumé vraiment intriguant… une semaine plus tard j’achetais le reste ! « November » raconte les mésaventures de 3 femmes sans lien apparent, qui se retrouvent malgré elles réunies et confrontées à une organisation criminelle mise en place par des flics aussi pourris que violents. Mais, ça, on ne le comprend que beaucoup plus tard. La narration « Tarantinesque » est en effet volontairement nébuleuse, l’auteur passe d’une protagoniste à l’autre et fait de nombreux sauts temporels pas toujours très clairs. Il faut s’accrocher, surtout lors des premiers chapitres, les réponses finissant par arriver. En tout cas l’histoire est tellement haletante que j’ai avalé les 4 tomes VO d’une traite (la VF est en 2 tomes). L’intrigue est bien construite, noire et pessimiste au possible, avec une brochette de personnages désespérés aux personnalités bien définies. La fin est bien amenée, avec une vision de l’unité des victimes assez poignante. Un détail intéressant : les victimes innocentes sont tous des femmes (y compris leurs partenaires, Dee et Key étant lesbiennes), et les « méchants » tous des hommes. La mise en image de Elsa Charretier et les couleurs pastelles de Matt Hollingsworth donnent vraiment du cachet aux albums. Le dessin est élégant, et le découpage alterne entre grandes cases et petites cases plus nombreuses montrant divers détails dans les décors. Les cadrages sont réussis, les scènes d’action sont dynamiques… bref, les planches ont de la gueule. Voila, un chouette polar noir et violent, terminé en 2 tomes VF (ou 4 tomes VO).

25/05/2022 (MAJ le 03/11/2022) (modifier)
Par Gaëlle
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Maudit manoir
Maudit manoir

Bienvenue dans l'histoire drôlement cauchemardesque d'un manoir hanté, demeure d'un savant fou où cohabitent fantômes, squelettes et monstres (plus ou moins radioactifs) ...Une BD pleine d'humour, des dessins bien exécutés, un création qui attise l'imagination...un univers à découvrir !

03/11/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Banquier du Reich
Le Banquier du Reich

Vous voulez savoir comment financièrement le parti nazi a pu appliquer son programme et comment l’Allemagne tout particulièrement a réussi à se reconstruire après la première guerre mondiale malgré toutes les contraintes qui ont été dicté par les « vainqueurs » ? Vous trouverez pratiquement toutes les réponses dans cet ouvrage « Le Banquier du Reich » réalisé par Pierre Boisserie et Philippe Guillaume au scénario, et par Cyrille Ternon au dessin. Le lecteur est invité à suivre Hjalmar Schacht considéré comme le grand argentier du Reich et comme l’un des plus grands économistes de l’époque. Cet homme a été tellement obsédé par les conséquences néfastes du traité de Versailles sur son pays qu’il n’avait qu’un seul but : relancer l’économie de l’Allemagne afin d’endiguer l’extrême pauvreté et l’effrayant taux de chômage qui ont plongé son pays dans une grave récession suite à la signature de ce fameux traité. Tellement obsédé par cet objectif qu’il a laissé passer non sans remords au second plan l’idéologie du parti nazi. On suit donc l’itinéraire de ce banquier antipathique ayant une haute opinion de lui-même, hautain, très sûr de lui et relativement dégradant envers tous ceux qui ne partagent pas ses opinions. Et pourtant, j’ai été vachement fasciné par ce personnage ! Il faut dire que les auteurs nous ont pondu une bande dessinée particulièrement agréable à feuilleter que ce soit scénaristiquement que graphiquement. On a là une mini-série qui nous prend par la main jusqu’à ce qu’on ne lâche plus la lecture jusqu’à son dénouement. Ceux qui ont adoré « Il était une fois en France » retrouveront de nombreuses similitudes avec « Le Banquier du Reich »… et il y a fort à parier qu’ils vont se régaler à sa lecture ! Fans d’histoire et lecteurs curieux des questions relatives à la seconde guerre mondiale, ne ratez pas cette bande dessinée qui mériterait une plus grande visibilité qu’il ne l’est actuellement. Quant aux autres bédéphiles, laissez-vous tenter tout de même par son feuilletage parce que ce personnage s’avère attachant malgré ses nombreux travers.

03/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hoka Hey !
Hoka Hey !

Un superbe western. Hoka Hey est le cri de guerre des indiens Lakota. Changement d'éditeur, mais la qualité est toujours présente avec le label 619. Dos toilé et pagination importante. Je vais commencer par le dessin qui m'a transporté dans ces paysages grandioses de l'ouest américain. Un trait fin, précis et foisonnant de détails. Les couleurs sont tantôt chaudes pour les vastes plaines, tantôt froides dans les forêts avec juste quelques rayons du soleil qui transpercent la canopée. Les effets de lumière sont à tomber par terre. Une mise en page cinématographique pour une immersion totale dans un Far West sauvage et immense. Un western qui met en lumière un peuple parqué dans des réserves. C'est dans l'une d'entre elles que vit Georges dans le Dakota, jeune amérindien de la tribu Lakota élevé par un pasteur et sa route va croiser un trio improbable. Un irlandais allergique au savon, une indienne qui cache son visage derrière un foulard et Little Knife, un guerrier Lakota au tempérament sanguin. Georges, bien malgré lui, va accompagner cette troupe en quête de vengeance. Mais un chasseur de primes est à leurs trousses. Le long périple ne sera pas de tout repos, la violence et la mort seront du voyage. Une narration qui alterne les moments d'action et ceux plus calmes qui permettent d'approfondir les relations qui se nouent entre Georges et ses trois acolytes. Des personnages attachants aux passés torturés. Un récit qui est aussi le prétexte pour montrer la tentative des États-Unis d'anéantir un peuple par l'absorption, de transformer en "blanc" tous les amérindiens par la culture et la religion. Un album sur le déracinement et sa place dans ce nouveau monde. Neyef a fait un travail remarquable de recherches sur la culture des Lakota, un mode de vie très proche de la nature. Elle est formidablement retranscrite et par les temps qui courent, on ferait bien de prendre exemple. Mais aussi un monde avec quelques coutumes barbares. Un scénario maîtrisé de bout en bout. Un album pour les aficionados du western, mais aussi pour tous les autres. Coup de cœur. Hoka Hey !

02/11/2022 (modifier)