Qu'on se le dise, je fais partie de ces nombreux enfants traumatisés par leurs parents qui interdisaient sauvagement les dessins animés du matin jugés trop violent ! J'ai donc passé des récrés seul, à me lamenter de ne connaître les joyeuses péripéties de San-Goku et à subir les joies de mes amis recréant des Kamehameha virtuels sans que je puisse y prendre part, ne connaissant alors des dessins-animés que les aventures de Tom Sawyer que mes fidèles camarades trouvaient bien moins fun.
Mais je fais aussi partie de ces jeunes adultes, plus rares ceux-ci, qui remercient leurs parents de leur avoir épargné la vision d'une adaptation molle, au générique honteux, aux dessins trop rares et dont l'effervescence clipesque et épileptique n'a de cesse de vouloir faire oublier la beauté du matériau d'origine.
Pourtant, c'est bien une œuvre sublime que sont les mangas de Toriyama.
A l'heure où le genre du manga a acquis les lettres de noblesses convoitées par toute œuvre graphique, de par son universalité et son ancrage dans la culture, tant asiatique que, désormais, européenne, il est difficile de donner une critique objective de Dragon Ball, symbole du manga par excellence, soldat-éclaireur de cet Art.
Le manga n’est plus réservé aux ados boutonneux, jeu-videoman, geek et sériephile. Ces malades n’en sont plus et font aujourd’hui la joie des plus grands studios de cinéma du monde qui, loin de les rendre marginaux, en font leur cible numéro un.
Dès lors quelle place peut encore avoir Dragon Ball aujourd’hui ? De fait, ma critique arrive après bien d’autres. Pourquoi écrire encore sur Dragon Ball aujourd’hui ? Pourquoi le relire ? Alors que les One Piece, les Naruto, les FullMetal Alchemist remplissent depuis quelques années déjà les bibliothèques de nos collégiens ?
Par nostalgie ? Pourquoi pas… Par envie ? Aussi… Par devoir ? Sans doute…
Dragon Ball a été pour moi une œuvre honnie par l’autorité parentale et qui a souffert de trop nombreux clichés alimentés par ceux qui n’avaient vu, du manga, que quelques images soigneusement sélectionnées de l’insipide adaptation animée. Résumé à une histoire de guerre, de violence et de barbarie, Dragon Ball fut longtemps vu, même par votre serviteur, dans un cadre réducteur et faux. Pourtant des années plus tard, au lycée, je me suis demandé quelle pouvait être aussi la raison de cet engouement qui transportait nombres de mes congénères.
Je me rappelle avoir lu d’une traite les 42 volumes de ce monument de la littérature manga. Et je ressentis deux impressions assez ambivalentes : d’une part, une grande joie ! J’ai été transporté tout au long des images et de l’histoire de San-Goku. C’est une aventure réellement fabuleuse. D’autre part, je n’avais véritablement aucune déception quant au fait que je n’eus pas connu cette histoire plus tôt. J’aurais pu en vouloir à dieu-sait-qui d’avoir classé Dragon Ball dans un carcan si réducteur. Pourtant non. Chaque chose vient à point à qui sait attendre et je suis positivement ravi d’avoir lu le manga, finalement assez tard, pour avoir la maturité nécessaire à la globale compréhension de l’histoire.
Car, je ne le dirai jamais assez, mais Dragon Ball est d’une stupéfiante richesse. Les références littéraires, religieuses et mythologiques sont, au fil de l’aventure, nombreuses et toujours transposées avec adéquation et inventivité. La création du monde de Toriyama est fantastique de naturel et de réalisme. Tout est fou mais tout se tient. Après quelques pages, les choses extraordinaires n’étonnent plus et semblent naturelles, tant toutes les règles édictées par l’auteur interagissent parfaitement entre elles. Bref, un travail de scénarisation et de mise en scène très approfondi nous est offert ici.
Les personnages sont souvent très attachants et l’humour n’est pas en reste. Cela permet une grande profondeur des relations et, au bout d’une quarantaine de tome, les héros nous sont tellement familiers, qu’il en faut peu au dessinateur pour nous émouvoir.
Aussi une chose que je trouve particulièrement réussie est le renouveau dans les combats. A chaque combat, qui sont je l’admets nombreux, il y a quelque chose de différent. Et plus on avance, plus le héros devient fort, plus ses adversaires le deviennent aussi. Mais loin d’imposer des schémas tactiques simplistes et vite lassants, l’auteur trouve toujours une astuce nouvelle et toujours plausible qui débloque et renouvelle l’action. Et l’évolution du héros se fait avec un naturel désarmant. Pour l’exemple, dans les 10 premiers tomes, Tortue Génial est un maître, une star du combat, un héros ! Et le plus naturellement du monde, il se retrouve parmi les plus faibles déjà au milieu de l’œuvre !
Enfin, les dessins, sont tout simplement sublimes. Le trait est clair, précis, rythmé et inspiré. Les images bougent ! Et certaines sont véritablement des prouesses techniques ! C’est donc l’union parfaite d’une grande maitrise graphique qui sert une histoire captivante et inoubliable.
Une œuvre culte hier…
Une œuvre culte aujourd’hui…
Une œuvre que je ferai lire à mes enfants ! (mais pas trop jeune non plus ! Et oui… J’ai des restes…)
Personnellement, je ne suis pas un fan de Corto Maltese. Certaines des aventures ne me touchent pas. Cependant, La ballade de la mer salée m'a conquis. J'aime beaucoup le caractère onirique et l'ambiance de l'histoire. Les aventures ne sont pas faites de succession d'évènements mais plutôt de rencontres entre les personnages haut en couleur, heu, en noir et blanc, je veux dire. Car le graphisme inimitable d'Hugo Prat, sert à exacerber les caractères des personnages en leur faisant arborer tout un panel d'expressions. En clair, l'ouvrage fait partie de la liste des ouvrages nécessaires dans toute bibliothèque.
Le vagabond des limbes est une série culte. L'intrigue se déroule dans un univers de science fiction complètement déjanté, plein de cynisme et bourré de détails truculents, amplifiant à l'infini les perversions de notre société. Le dessin de Ribera sert à merveille les dessins du scenario.
Dès les premiers épisodes, la série démarre très fort. Avec "Les démons du temps immobile", un des meilleurs de la série, la série bascule petit à petit dans une dimension onirique. Les tomes qui suivent sont tous excellents et chacun a son préféré. A mon avis, la série atteint un sommet avec "Pour trois graines d'éternité".
Ensuite, la série alterne quelques excellents volumes, "Muskie, encore et toujours" et d'autres un peu redondants ou avec un scenario un peu trop linéaire.
Axle Munshine est un personnage romantique du même niveau qu'Elric, et son compagnon/sa compagne Musky puis Muskie est un personnage inédit dans les univers de science-fiction. Sa complexité ne saurait être décrite en quelques lignes.
Ce fut une de mes toutes premières BDs. En version noir et blanc bien sur.
Pour moi, une BD culte du grand Van Hamme et dessiné par un Rosinski très inspiré. Un duo d'auteurs évidemment reconnu pour la série Thorgal mais qui signent avec cette histoire de Chninkels une superbe fable sur le commencement de notre planète.
Les différents lieux sont magnifiquement illustrés. Le scénario, tout en s'inspirant de la Bible, reste original et prenant avec un final qui ne déçoit pas.
Un pur chef-d'oeuvre...
Cet ouvrage est sans doute ce qu'il y a de plus beau en matière de bd aujourd'hui. L'histoire peut paraître simple, il n'empêche que d'un point de vue technique, Blacksad est un ravissement ultime à chaque page. Preuve de la qualité du dessin : je trouve les scènes d'action "sonores". C'est à dire que, a l'instar d'une scène d'action bien écrite dans un roman, "j'entends" la scène comme dans un film et je suis pris à la gorge devant la force du dessin.
Tout art, à mon sens, est une question de rythme. Et Guarnido a un sacré groove ! La scène où Blacksad tue le rat (tome 1), la scène finale du hangar (tome 2), la scène de l'explosion de la voiture et où il plaque le croco contre la vitrine du magasin de chaussures (tome 3) sont autant d'exemples prouvant le génie et la maîtrise dans le mouvement, les couleurs et la force de l'oeuvre.
Guarnido travaille chez Disney. Une info que l'on aurait même pu trouver tout seul en voyant à quel point il traduit à merveille l'humain chez l'animal (ce qui fait la griffe toute particulière du studio américain.)
Pour le scénario, je disais, c'est un peu en deçà au vu de la beauté du dessin. Mais qu'à cela ne tienne. Il est tout de même très bon. Le 1 très manichéen et simple (voire simpliste) alors que les 2 suivants instillent des thématiques plus actuelles et s'en trouvent plus complexes. Tout dans Blacksad est une question d'ambiance et cet élément est complètement réussi bien que le scénario puisse apparaître ambivalent.
Je conseille par ailleurs le très bon "Blacksad. Histoire des aquarelles". Un trésor pour ceux qui apprécient la beauté du dessin et des couleurs de maître Guarnido.
Fan de Van Hamme, n'hésitez pas, cette BD (dans sa version originale) est une de ses meilleures réussites.
Une trilogie futuriste (pas tant que ça malheureusement) en plusieurs scènes qui vont finir par se recouper.
Un scénario bien ficelé avec un final recherché qui fait une fois de plus la force de cette série de Van Hamme.
A lire dans des moments de doute métaphysique sur le devenir de notre société.
Pas grand chose à ajouter.
Pour tous les fans de Science-fiction, c'est la BD de référence.
Des personnages qui ont du caractère dans une histoire à rebondissements.
Il faut parfois s'accrocher pour suivre l'auteur et ses héros dans son parcours du temps mais tout est parfaitement maîtrisé via un scénario millimétré dans le temps et dans l'espace.
Le dernier tome est livré avec un schéma temporel ce qui permet de relire la série sans se perdre et d'en apprécier toutes les subtilités.
Le dessin est en plus excellent.
Bref, du grand art !
On m'a offert le coffret des 3 premiers tomes... et j'ai évidemment acheté la suite.
Un monde étrange, une BD effectivement inclassable entre le conte et la science-fiction.
Une série pleine d'humour avec des personnages aussi étranges qu'attachants qui vivent des histoires séparées mais qui s'entrecroisent tout au long du récit.
Tout un univers délirant dans une série à lire et à relire.
Depuis le temps que je n'avais pas lâché cette note...
Stéphane Levallois le mérite amplement. J'avais aimé La Résistance du sanglier mais "Le dernier modèle" m'a subjugué avec ce dessin exceptionnel très artistique et non comprimé dans de petites cases. L'auteur utilise l'espace à merveille pour faire éclater son talent.
Le scénario est simple mais direct. Stéphane Levallois y relate une période de sa vie remontant à une quinzaine d'années où il se lança dans un projet d'exposition de dessins de nus dans une galerie. N'ayant pas d'argent pour payer des mannequins professionnels, il met à contribution des connaissances. Il va de soit que ce travail ne sera pas au goût de tout le monde.
J'aime le ton fluide et la sensibilité se dégageant de cette BD. Il y a d'autres histoires en parallèle comme sa relation fusionnelle avec sa grand-mère.
Ce récit intimiste, bien loin d'une oeuvre érotique comme pourrait le faire penser la couverture, est une merveille de justesse dans un écrin de beauté.
Il est à noter la belle initiative d'édition : les dernières pages représentent des travaux de dessin en couleur de Stéphane Levallois en rapport avec la présente BD.
Voilà un vrai petit bijou. Un album magnifiquement réalisé, un huis clos captivant dans une ambiance à la fois sombre et enivrante.
Clarke nous sert un dessin plus esthétique, bien loin de ce que l'on connait dans Mélusine. Lapière, lui, en scénariste confirmé reste fidèle à lui-même tout en faisant un travail d'introspection très détaillé du béguinage.
J'ai lu cet album d'une traite, avec un réel intérêt. Une excellente sortie que je vous conseille vivement.
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Dragon Ball
Qu'on se le dise, je fais partie de ces nombreux enfants traumatisés par leurs parents qui interdisaient sauvagement les dessins animés du matin jugés trop violent ! J'ai donc passé des récrés seul, à me lamenter de ne connaître les joyeuses péripéties de San-Goku et à subir les joies de mes amis recréant des Kamehameha virtuels sans que je puisse y prendre part, ne connaissant alors des dessins-animés que les aventures de Tom Sawyer que mes fidèles camarades trouvaient bien moins fun. Mais je fais aussi partie de ces jeunes adultes, plus rares ceux-ci, qui remercient leurs parents de leur avoir épargné la vision d'une adaptation molle, au générique honteux, aux dessins trop rares et dont l'effervescence clipesque et épileptique n'a de cesse de vouloir faire oublier la beauté du matériau d'origine. Pourtant, c'est bien une œuvre sublime que sont les mangas de Toriyama. A l'heure où le genre du manga a acquis les lettres de noblesses convoitées par toute œuvre graphique, de par son universalité et son ancrage dans la culture, tant asiatique que, désormais, européenne, il est difficile de donner une critique objective de Dragon Ball, symbole du manga par excellence, soldat-éclaireur de cet Art. Le manga n’est plus réservé aux ados boutonneux, jeu-videoman, geek et sériephile. Ces malades n’en sont plus et font aujourd’hui la joie des plus grands studios de cinéma du monde qui, loin de les rendre marginaux, en font leur cible numéro un. Dès lors quelle place peut encore avoir Dragon Ball aujourd’hui ? De fait, ma critique arrive après bien d’autres. Pourquoi écrire encore sur Dragon Ball aujourd’hui ? Pourquoi le relire ? Alors que les One Piece, les Naruto, les FullMetal Alchemist remplissent depuis quelques années déjà les bibliothèques de nos collégiens ? Par nostalgie ? Pourquoi pas… Par envie ? Aussi… Par devoir ? Sans doute… Dragon Ball a été pour moi une œuvre honnie par l’autorité parentale et qui a souffert de trop nombreux clichés alimentés par ceux qui n’avaient vu, du manga, que quelques images soigneusement sélectionnées de l’insipide adaptation animée. Résumé à une histoire de guerre, de violence et de barbarie, Dragon Ball fut longtemps vu, même par votre serviteur, dans un cadre réducteur et faux. Pourtant des années plus tard, au lycée, je me suis demandé quelle pouvait être aussi la raison de cet engouement qui transportait nombres de mes congénères. Je me rappelle avoir lu d’une traite les 42 volumes de ce monument de la littérature manga. Et je ressentis deux impressions assez ambivalentes : d’une part, une grande joie ! J’ai été transporté tout au long des images et de l’histoire de San-Goku. C’est une aventure réellement fabuleuse. D’autre part, je n’avais véritablement aucune déception quant au fait que je n’eus pas connu cette histoire plus tôt. J’aurais pu en vouloir à dieu-sait-qui d’avoir classé Dragon Ball dans un carcan si réducteur. Pourtant non. Chaque chose vient à point à qui sait attendre et je suis positivement ravi d’avoir lu le manga, finalement assez tard, pour avoir la maturité nécessaire à la globale compréhension de l’histoire. Car, je ne le dirai jamais assez, mais Dragon Ball est d’une stupéfiante richesse. Les références littéraires, religieuses et mythologiques sont, au fil de l’aventure, nombreuses et toujours transposées avec adéquation et inventivité. La création du monde de Toriyama est fantastique de naturel et de réalisme. Tout est fou mais tout se tient. Après quelques pages, les choses extraordinaires n’étonnent plus et semblent naturelles, tant toutes les règles édictées par l’auteur interagissent parfaitement entre elles. Bref, un travail de scénarisation et de mise en scène très approfondi nous est offert ici. Les personnages sont souvent très attachants et l’humour n’est pas en reste. Cela permet une grande profondeur des relations et, au bout d’une quarantaine de tome, les héros nous sont tellement familiers, qu’il en faut peu au dessinateur pour nous émouvoir. Aussi une chose que je trouve particulièrement réussie est le renouveau dans les combats. A chaque combat, qui sont je l’admets nombreux, il y a quelque chose de différent. Et plus on avance, plus le héros devient fort, plus ses adversaires le deviennent aussi. Mais loin d’imposer des schémas tactiques simplistes et vite lassants, l’auteur trouve toujours une astuce nouvelle et toujours plausible qui débloque et renouvelle l’action. Et l’évolution du héros se fait avec un naturel désarmant. Pour l’exemple, dans les 10 premiers tomes, Tortue Génial est un maître, une star du combat, un héros ! Et le plus naturellement du monde, il se retrouve parmi les plus faibles déjà au milieu de l’œuvre ! Enfin, les dessins, sont tout simplement sublimes. Le trait est clair, précis, rythmé et inspiré. Les images bougent ! Et certaines sont véritablement des prouesses techniques ! C’est donc l’union parfaite d’une grande maitrise graphique qui sert une histoire captivante et inoubliable. Une œuvre culte hier… Une œuvre culte aujourd’hui… Une œuvre que je ferai lire à mes enfants ! (mais pas trop jeune non plus ! Et oui… J’ai des restes…)
Corto Maltese
Personnellement, je ne suis pas un fan de Corto Maltese. Certaines des aventures ne me touchent pas. Cependant, La ballade de la mer salée m'a conquis. J'aime beaucoup le caractère onirique et l'ambiance de l'histoire. Les aventures ne sont pas faites de succession d'évènements mais plutôt de rencontres entre les personnages haut en couleur, heu, en noir et blanc, je veux dire. Car le graphisme inimitable d'Hugo Prat, sert à exacerber les caractères des personnages en leur faisant arborer tout un panel d'expressions. En clair, l'ouvrage fait partie de la liste des ouvrages nécessaires dans toute bibliothèque.
Le Vagabond des Limbes
Le vagabond des limbes est une série culte. L'intrigue se déroule dans un univers de science fiction complètement déjanté, plein de cynisme et bourré de détails truculents, amplifiant à l'infini les perversions de notre société. Le dessin de Ribera sert à merveille les dessins du scenario. Dès les premiers épisodes, la série démarre très fort. Avec "Les démons du temps immobile", un des meilleurs de la série, la série bascule petit à petit dans une dimension onirique. Les tomes qui suivent sont tous excellents et chacun a son préféré. A mon avis, la série atteint un sommet avec "Pour trois graines d'éternité". Ensuite, la série alterne quelques excellents volumes, "Muskie, encore et toujours" et d'autres un peu redondants ou avec un scenario un peu trop linéaire. Axle Munshine est un personnage romantique du même niveau qu'Elric, et son compagnon/sa compagne Musky puis Muskie est un personnage inédit dans les univers de science-fiction. Sa complexité ne saurait être décrite en quelques lignes.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Ce fut une de mes toutes premières BDs. En version noir et blanc bien sur. Pour moi, une BD culte du grand Van Hamme et dessiné par un Rosinski très inspiré. Un duo d'auteurs évidemment reconnu pour la série Thorgal mais qui signent avec cette histoire de Chninkels une superbe fable sur le commencement de notre planète. Les différents lieux sont magnifiquement illustrés. Le scénario, tout en s'inspirant de la Bible, reste original et prenant avec un final qui ne déçoit pas.
Blacksad
Un pur chef-d'oeuvre... Cet ouvrage est sans doute ce qu'il y a de plus beau en matière de bd aujourd'hui. L'histoire peut paraître simple, il n'empêche que d'un point de vue technique, Blacksad est un ravissement ultime à chaque page. Preuve de la qualité du dessin : je trouve les scènes d'action "sonores". C'est à dire que, a l'instar d'une scène d'action bien écrite dans un roman, "j'entends" la scène comme dans un film et je suis pris à la gorge devant la force du dessin. Tout art, à mon sens, est une question de rythme. Et Guarnido a un sacré groove ! La scène où Blacksad tue le rat (tome 1), la scène finale du hangar (tome 2), la scène de l'explosion de la voiture et où il plaque le croco contre la vitrine du magasin de chaussures (tome 3) sont autant d'exemples prouvant le génie et la maîtrise dans le mouvement, les couleurs et la force de l'oeuvre. Guarnido travaille chez Disney. Une info que l'on aurait même pu trouver tout seul en voyant à quel point il traduit à merveille l'humain chez l'animal (ce qui fait la griffe toute particulière du studio américain.) Pour le scénario, je disais, c'est un peu en deçà au vu de la beauté du dessin. Mais qu'à cela ne tienne. Il est tout de même très bon. Le 1 très manichéen et simple (voire simpliste) alors que les 2 suivants instillent des thématiques plus actuelles et s'en trouvent plus complexes. Tout dans Blacksad est une question d'ambiance et cet élément est complètement réussi bien que le scénario puisse apparaître ambivalent. Je conseille par ailleurs le très bon "Blacksad. Histoire des aquarelles". Un trésor pour ceux qui apprécient la beauté du dessin et des couleurs de maître Guarnido.
S.O.S. Bonheur
Fan de Van Hamme, n'hésitez pas, cette BD (dans sa version originale) est une de ses meilleures réussites. Une trilogie futuriste (pas tant que ça malheureusement) en plusieurs scènes qui vont finir par se recouper. Un scénario bien ficelé avec un final recherché qui fait une fois de plus la force de cette série de Van Hamme. A lire dans des moments de doute métaphysique sur le devenir de notre société.
Universal War One
Pas grand chose à ajouter. Pour tous les fans de Science-fiction, c'est la BD de référence. Des personnages qui ont du caractère dans une histoire à rebondissements. Il faut parfois s'accrocher pour suivre l'auteur et ses héros dans son parcours du temps mais tout est parfaitement maîtrisé via un scénario millimétré dans le temps et dans l'espace. Le dernier tome est livré avec un schéma temporel ce qui permet de relire la série sans se perdre et d'en apprécier toutes les subtilités. Le dessin est en plus excellent. Bref, du grand art !
La Nef des fous
On m'a offert le coffret des 3 premiers tomes... et j'ai évidemment acheté la suite. Un monde étrange, une BD effectivement inclassable entre le conte et la science-fiction. Une série pleine d'humour avec des personnages aussi étranges qu'attachants qui vivent des histoires séparées mais qui s'entrecroisent tout au long du récit. Tout un univers délirant dans une série à lire et à relire.
Le Dernier modèle
Depuis le temps que je n'avais pas lâché cette note... Stéphane Levallois le mérite amplement. J'avais aimé La Résistance du sanglier mais "Le dernier modèle" m'a subjugué avec ce dessin exceptionnel très artistique et non comprimé dans de petites cases. L'auteur utilise l'espace à merveille pour faire éclater son talent. Le scénario est simple mais direct. Stéphane Levallois y relate une période de sa vie remontant à une quinzaine d'années où il se lança dans un projet d'exposition de dessins de nus dans une galerie. N'ayant pas d'argent pour payer des mannequins professionnels, il met à contribution des connaissances. Il va de soit que ce travail ne sera pas au goût de tout le monde. J'aime le ton fluide et la sensibilité se dégageant de cette BD. Il y a d'autres histoires en parallèle comme sa relation fusionnelle avec sa grand-mère. Ce récit intimiste, bien loin d'une oeuvre érotique comme pourrait le faire penser la couverture, est une merveille de justesse dans un écrin de beauté. Il est à noter la belle initiative d'édition : les dernières pages représentent des travaux de dessin en couleur de Stéphane Levallois en rapport avec la présente BD.
Urielle
Voilà un vrai petit bijou. Un album magnifiquement réalisé, un huis clos captivant dans une ambiance à la fois sombre et enivrante. Clarke nous sert un dessin plus esthétique, bien loin de ce que l'on connait dans Mélusine. Lapière, lui, en scénariste confirmé reste fidèle à lui-même tout en faisant un travail d'introspection très détaillé du béguinage. J'ai lu cet album d'une traite, avec un réel intérêt. Une excellente sortie que je vous conseille vivement.