J'ai lu Arabico... quel choc ! Les BD comme celles-ci sont rares. C'est un récit très engagé car très personnel, subjectif (pour une fois !). Vécu de l'intérieur, avec les tripes, et le cœur!
Certes, l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuillère quand il parle de la violence des institutions policières, mais il confirme le sentiment de malaise et d'urgence dans lequel vit la population pauvre des quartiers qu'on dit sensibles.
Certains n'apprécieront pas du tout les partis pris, parleront de caricature... mais c'est vite oublier que l'auteur est aussi dessinateur de presse ! Qu'il sait de quoi il parle. Et que pour une fois, un récit de banlieue ne parle pas de drogue, d'armes à feu, de délinquance gratuite...
J'ai particulièrement adoré la construction. La tension est la, dès le début... l'intrigue est posée. C'est une formidable intrigue a tiroir ou tout se rejoint pour un final, certes sombre, mais lucide, doux, humain, et implacable!
Cette BD deviendra culte, a coup sûr! J'attends les 2 autres tomes avec impatience. Ils confirmeront tout le talent de son auteur, qui est arrivé avec une oeuvre coup de poing, pour faire bouger les consciences. Salutaire ! Un moment de lecture inoubliable. Merci !!!
Invariablement, il y a quelque chose que j'aime bien chez cet auteur. C'est toujours un plaisir maximum de découvrir ses oeuvres où il se dévoile pas forcément sous le meilleur aspect. L'écriture de la bd semble presque une thérapie à des problèmes de communication avec son entourage. L'auteur nous raconte sa vie et ces petits riens de l'existence sont passionnants. En tout cas, un bel exercice de communication !
Il est loin d'être un marginal de la société. Cependant, il n'aime pas se fondre dans la masse. Par exemple, tous les garçons aiment le football mais pas Fabcaro. Il va s'inscrire dans un club de foot puis en sera rejeté car ce n'est pas sa passion. J'ai connu pareille mésaventure à l'âge de 6 ans. Oui, il y a beaucoup de détail où l'on peut identifier les mêmes situations qu'on a vécu.
Le style d'écriture ainsi que l'humour de l'auteur me correspondent totalement. Au-delà de cela, il y a comme une même façon de penser. J'ai quelques fois tellement de mal avec d'autres auteurs alors qu'ici, cela me parait tout à fait naturel ! Tu m'étonnes ! ;)
Cette série n'est pas "bonne par rapport à", mais excellente de manière absolue.
Le scénario est sans incohérence et fort riche ; les personnages ont tous une personnalité finement travaillée, étudiée d'après des recherches minutieuses de l'auteur pour les personnages qui ont réellement existé (Néron, Agrippine, Claude, Britannicus...). Une réelle densité anime ces pages.
Le dessin est admirable (pas seulement, comme le soulignent les autres internautes, les corps qui nous sont montrés sous un jour "différent" - la nudité est très présente -, mais ô combien pertinent par rapport aux intentions du scénariste : montrer la cruauté, la crudité, etc. telle qu'elle existait) ; les dimensions et la localisation des vignettes sont parfaitement étudiées et produisent toujours le meilleur effet.
Ajoutons, pour les amoureux de l'Antiquité, que le point de vue adopté sur Néron, dont l'évolution psychologique, politique, amoureuse, fait l'objet de la série, n'est pas dépeint à l'image de la tradition noire (fausse), mais conformément à l'image plus positive que les recherches les plus récentes révèlent.
La couleur est à l'image de tout le reste...
La suite (il devrait y avoir trois cycles de quatre tomes) est attendue avec une forte impatience !
Une superbe série liée à la Rome antique, dont les tomes parus jusqu'à maintenant laissent penser qu'elle vaudra vraiment le coup jusqu'au bout.
Elle raconte les destins croisés de deux jeunes gens voués à la haine par leurs nationalités opposées, mais que la vie a rapprochés et qui sont devenus plus que des amis : amour, amitié, ambition militaire, fidélité historique, suspense, profondeur psychologique sont les atouts de cette série, qui permettent son succès.
A lire, et à relire ! A voir et à revoir aussi... : les dessins sont superbes, tant pour les corps (habillés ou nus), que pour les décors.
Des heures à me demander par où commencer… Des heures à me demander s’il est encore utile d’apporter un avis sur une œuvre qui a déjà remporté la plupart des prix existants… Des heures à me demander si l’on a le droit de juger un support qui, au final, n’est rien au regard du témoignage qu’il porte. Puis en parcourant les pages d’un œil timide, enfin je me réveille et je prends conscience qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une histoire qui met en scène des souris poursuivis par des chats ! Rien de plus normal que ce rapport de force déséquilibré et que cet antagonisme évident, presque enfantin pour ne pas dire infantile ! Avec ce regard d’enfant je me dis alors que le dessin est « tout vilain » et qu’il date d’un temps où cette souris n’était qu’un animal, un nuisible sympathique et non pas comme aujourd’hui un instrument de travail et un moyen de détente…
Art Spiegelman utilise son crayon pour poser un décor qui lui permet de traduire sur le papier l’irracontable vécu de son père, juif polonais (et donc) persécuté durant la seconde guerre mondiale. Un constat froid qui m’a fait penser que j’allai pouvoir aborder cette BD ultra-récompensée avec un œil de critique du dimanche. Je pensai de façon arrogante pouvoir lire Maus avec un certain détachement qui privilégie la connaissance à l’humain. D’ailleurs par le passé la lecture du journal d’Anne Franck en classe de 3ème ne m’avait que peu touché, du moins pas autant que ce que me l’aurait laissé à penser la renommée du témoignage. Alors des souris et des chats crayonnés au HB, à plus de 30 ans, vous pensez… Oui mais voilà en lisant Maus je n’ai pas même fait attention au dessin tant cette histoire est prenante, touchante, incroyable et pourtant bien réelle. Tellement réelle que Spiegelman ne cherche pas à glorifier son père, il ne l’épargne pas de certains traits de caricature que l’on attribuait à tort ou à raison au peuple juif. A l’inverse les Nazis, euh les Chats pardon, ne sont pas diabolisés plus que de raison puisque déshumanisés par leurs avatars animaliers, les seuls à prendre le pas d’ailleurs sur leurs représentations. Ce principe simple a un avantage évident et pourtant magnifique. Il nous évite une énième question : pourquoi ? Je ne me suis jamais demandé pourquoi les chats n’aimaient pas les souris mais je le sais. Libérés de cette interrogation vous demeurez imprégné par le récit ce qui préserve intacte une émotion qui fait la réussite de l’œuvre. Autre aspect essentiel à la compréhension, les allers-retours successifs entre le passé et le présent, entre les récits et les souvenirs, sont eux aussi extrêmement intéressants. D’une part parce ceux-ci nous rappellent régulièrement qu’il s’agit d’un témoignage sur les heures les plus sombres de notre histoire. D’autre part parce que la relation qui unis Art et son père est une dimension très importante du récit qui nous permet d’apprécier d’autant plus la transcription de l’auteur.
Au final on ne peut que remercier Spiegelman d’avoir utilisé des figurés animaliers pour retranscrire l’histoire de son père. Sans eux l’émotion aurait sans doute été moindre et la critique plus facile. Une réussite qui me fait donner la note maximale à un dessin « tout vilain » qui finalement est une réussite au service d’un chef-d’oeuvre… Pour finir je vais m’adresser à tous les professeurs des collèges en les invitant à faire lire cette BD à leurs élèves, à leur offrir une alternative à un journal d’adolescente que je vais d’ailleurs m’empresser de relire. Mais au fait jamais je ne vous avais dit que Maus était une BD ? Sans doute avais-je un temps oublié que s’en était une… Maus n’est pas une histoire, Maus est l’Histoire ! Pour ne pas oublier je ne sais pas mais que l’on oubliera pas ça j’en suis sûr…
J'ai longtemps pensé avant de donner cette évaluation.
L'évaluation maximum est due à au moins trois éléments :
1) Fabio Bono est un dessinateur débutant dans le monde des BD, mais il montre beaucoup de sûreté et un style original. J'adore les dessins et les couleurs de ce tome et je suis curieux de découvrir déjà le second livre.
Bono est sûrement un auteur à suivre et à soutenir.
2) Le sujet des Templiers a souvent été utilisé dans les BD, mais il est très difficile de trouver une oeuvre si attentive au contexte historique. En effet le récit révèle des aspects peu connus de l'histoire des templiers et jusqu'à présent peu traités. Cependant la trame est très agréable parce que le scénariste Bruno Falba a aussi inséré quelques éléments qui allègent l'enquête historique traditionnelle.
Dans ce cas, je me réfère par exemple à la personnalité fascinante de Nimcha ou à l'enquête d'investigateur du jeune Jacques de Molay.
3) La colorisation est magistrale. Elle est parfaite pour le dessin de Bono et elle donne une atmosphère exotique et magique à tout le récit. Je suis resté surpris de trouver ce type de produit dans le catalogue Soleil qui contient d'habitude des livres avec des couleurs très vives. Un choix courageux des Editions Soleil. Un choix qui doit sûrement être encouragé.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser ma cotation, j’ai un avis assez partagé sur cette série, du moins si je prends chaque tome séparément. Je la considère cependant comme un incontournable de la bande dessinée « d’auteur » dès que je la regarde dans son ensemble.
En effet, tant graphiquement qu’au niveau des scénarios, le duo Schuiten & Peeters a réussi à créer quelque chose de très original, et continue régulièrement à innover en nous proposant des albums … parfois étranges, voire ratés. Tous les tomes de cette série ne sont donc pas des réussites selon moi, mais (paradoxalement) tous méritent que l’on s’y attarde.
La force de ces Cités Obscures réside dans deux caractéristiques.
Tout d’abord, le trait architectural de François Schuiten est vraiment très singulier. Sa patte est reconnaissable entre mille, mais l’artiste évolue constamment. Entre les œuvres rectilignes du début (la fièvre d’Urbicande en est un bel exemple) et les paysages « humanisés » de la Frontière Invisible, entre le noir et blanc d’une précision quasi-mathématique et les chaudes couleurs pastel, l’artiste n’a de cesse de se renouveler, et reste cependant unique. Bien sûr, on peut lui reprocher l’aspect très froid de ses personnages (féminins en particulier), mais la richesse de ses décors, qu’ils fussent architecturaux ou paysagers, est telle que ce petit défaut est vite gommé par la force de ses planches. De plus, l’artiste n’hésite pas à explorer certaines pistes surréalistes « à la belge ». Les trompe-l'oeil sont fréquents et l’originalité (l’incongruité, dirais-je même) de certaines créations est telle que je ne peux que saluer la performance.
Mais si l’artiste peut ainsi exprimer les multiples facettes de son talent, il le doit en grande partie à la complémentarité existant entre son trait et les scénarios de Benoit Peeters. C’est le second point fort de la série. Benoit Peeters fait vraiment du « sur mesure » pour son complice (logique lorsque l’on sait que le processus de création se fait à deux), à un point tel que, parfois, malheureusement, l’intrigue s’efface devant la créativité graphique (la route d’Armilia, la Frontière Invisible). Mais lorsque les deux aspects parviennent à se sublimer, on atteint le chef-d’œuvre ultime (la Tour) ou, du moins, un niveau d’une rare qualité (Brüsel, l’enfant penchée).
Si certaines idées de départ sont tout simplement fabuleuses (le cube de la fièvre d’Urbicande, les couleurs de la Tour ou l’inclinaison de l’Enfant penchée), toutes ne se transforment pas en réussites. Par exemple, je trouve certains paysages de la frontière invisible trop forcés. Et si la dernière planche de ce diptyque est une incontestable réussite au niveau de sa composition, son « rendu » esthétique ne m’émeut pas (et c’est bien malheureux vis-à-vis de sa qualité technique).
Si chaque tome peut être lu séparément, les auteurs ont réussi à créer une réelle série. L’univers des Cités Obscures est cohérent et certaines passerelles sont jetées entre ces différents lieux, mais, aussi, et surtout, un thème récurent se dégage de la lecture de l’ensemble des tomes : celui du faux-semblant. Des murailles de Samaris aux Souvenirs de l’éternel Présent, ce thème revient constamment, parfois en avant-plan, parfois en filigrane, et constitue à mes yeux le véritable sujet central (très intellectualisé) des Cités Obscures.
Je pourrais encore vous parler durant des heures de cette série, tant la créativité féconde du duo est admirable (quand bien même elle ne se transforme pas toujours en réussites), mais je ne ferais que me répéter (à peu de choses près).
Mais si la série vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de ne pas snober les nombreux hors-série qu’offre le duo. Ceux-ci permettent de mieux appréhender la complexité mais aussi l’unicité de sa construction (l’Archiviste et le Guide des Cités sont, à mes yeux, deux compléments indispensables).
Une série complexe, originale, qui recèle de réels chefs-d’œuvre mais aussi de tomes dispensables, dont l’unicité n’apparaît qu’au fil des lectures et dont les auteurs n’hésitent pas à expérimenter de nouvelles voies, quitte à parfois s’égarer, « les Cités Obscures » est à mes yeux un indispensable de la bande dessinée actuelle. Je vous conseillerais cependant de commencer par une location avant de vous lancer tête baissée dans ce merveilleux labyrinthe.
Culte, malgré ses faiblesses.
Quelle excellente aventure du héros chauve-souris ! J’ai vraiment trouvé tout ce que j’apprécie dans cet univers de Gotham City : notre héros, humain fort et faible à la fois, une ville hostile dirigée par les parrains mafieux, Gordon seul contre tous, et les vilains terriblement bien caractérisés et présentés,…
Quelle joie de retrouver le Joker, Poison Ivy, l’Épouvantail, Catwomen, Dent - pile ou face et les autres… Touts nos personnages préférés, réunis qui plus est dans une histoire bien rythmée, bien amenée, et qui arrive à maintenir un suspens jusqu’à la dernière page. Un vrai régal !
Les dessins et les couleurs sont magnifiques, très bien adaptés au côté sombre de l’histoire. Le héros est « classe », bestial et puissant ! Les vilains sont très stylisés ; la recherche esthétique est manifeste.
En conclusion, je vous assure que vous trouverez ici tout ce que vous adorez chez Batman. Avec Batman - Dark Knight, je pense qu’il s’agit d’un must. J’ai opté pour l’édition Absolute qui, malgré un prix élevé, offre une intéressante pré- et postface ainsi que d’autres bonus appréciables. Je ne précise pas que la qualité générale de l’objet est très réussie.
Foncez vous procurer cette série qui a servi de référence aux films Batman begins et The Dark Knight, vous ne regretterez qu’une seule chose : la dernière page…
J'ai attendu très longtemps avant d'acheter les 6 premiers tomes, et encore un bon moment avant de commencer la lecture. J'avais à la fois la peur d'être déçu par une série aussi bien notée, et envie de la lire dans une période où j'étais "préparé pour".
Au final, j'ai adoré, et j'ai regretté cette attente.
Le scénario est vraiment génial, les personnages animaliers ne posent aucun problème, au contraire, c'est à la fois une aventure de cape et d'épée, un récit loufoque, l'humour et les situations décalées sont omniprésents ...
Le dessin est super, collant parfaitement à l'histoire. Un coup de coeur pour la mise en couleur. Voilà une série où l'on voyage avec les personnages, personnages aussi charismatiques et attachant les uns que les autres.
Alors, tous les tomes ne sont pas égaux, certains passages sont un peu long à la relecture, mais c'est vraiment pour pinailler.
J'ai bien évidemment poursuivi mes achats à la sortie des tomes suivants, et attend la suite avec impatience.
A lire et relire.
Voici une série de Jean Dufaux hélas terminée, par décision de l'éditeur. Quel dommage !
Constituée d'histoires indépendantes, "Les Rochester" permettait à Jean Dufaux de pratiquer un humour absent de ses autres séries. Quel plaisir, au fil des albums, de plonger dans cet humour très british parfaitement maîtrisé par le maître du scénario.
Wurm était le dessinateur idéal pour cette série. Entre Hergé et Jacobs, son trait correspond parfaitement au climat mis en place par Dufaux. Pas trop humoristique, mais pas totalement réaliste.
Si le lecteur est au début un peu décontenancé par le style abordé par Dufaux, on s'habitue très vite et on suit avec un réel plaisir les pérégrinations des nombreux personnages qui peuplent cette riche série.
Un pur régal de lecture !
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Arabico
J'ai lu Arabico... quel choc ! Les BD comme celles-ci sont rares. C'est un récit très engagé car très personnel, subjectif (pour une fois !). Vécu de l'intérieur, avec les tripes, et le cœur! Certes, l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuillère quand il parle de la violence des institutions policières, mais il confirme le sentiment de malaise et d'urgence dans lequel vit la population pauvre des quartiers qu'on dit sensibles. Certains n'apprécieront pas du tout les partis pris, parleront de caricature... mais c'est vite oublier que l'auteur est aussi dessinateur de presse ! Qu'il sait de quoi il parle. Et que pour une fois, un récit de banlieue ne parle pas de drogue, d'armes à feu, de délinquance gratuite... J'ai particulièrement adoré la construction. La tension est la, dès le début... l'intrigue est posée. C'est une formidable intrigue a tiroir ou tout se rejoint pour un final, certes sombre, mais lucide, doux, humain, et implacable! Cette BD deviendra culte, a coup sûr! J'attends les 2 autres tomes avec impatience. Ils confirmeront tout le talent de son auteur, qui est arrivé avec une oeuvre coup de poing, pour faire bouger les consciences. Salutaire ! Un moment de lecture inoubliable. Merci !!!
Le Steak Haché de Damoclès
Invariablement, il y a quelque chose que j'aime bien chez cet auteur. C'est toujours un plaisir maximum de découvrir ses oeuvres où il se dévoile pas forcément sous le meilleur aspect. L'écriture de la bd semble presque une thérapie à des problèmes de communication avec son entourage. L'auteur nous raconte sa vie et ces petits riens de l'existence sont passionnants. En tout cas, un bel exercice de communication ! Il est loin d'être un marginal de la société. Cependant, il n'aime pas se fondre dans la masse. Par exemple, tous les garçons aiment le football mais pas Fabcaro. Il va s'inscrire dans un club de foot puis en sera rejeté car ce n'est pas sa passion. J'ai connu pareille mésaventure à l'âge de 6 ans. Oui, il y a beaucoup de détail où l'on peut identifier les mêmes situations qu'on a vécu. Le style d'écriture ainsi que l'humour de l'auteur me correspondent totalement. Au-delà de cela, il y a comme une même façon de penser. J'ai quelques fois tellement de mal avec d'autres auteurs alors qu'ici, cela me parait tout à fait naturel ! Tu m'étonnes ! ;)
Murena
Cette série n'est pas "bonne par rapport à", mais excellente de manière absolue. Le scénario est sans incohérence et fort riche ; les personnages ont tous une personnalité finement travaillée, étudiée d'après des recherches minutieuses de l'auteur pour les personnages qui ont réellement existé (Néron, Agrippine, Claude, Britannicus...). Une réelle densité anime ces pages. Le dessin est admirable (pas seulement, comme le soulignent les autres internautes, les corps qui nous sont montrés sous un jour "différent" - la nudité est très présente -, mais ô combien pertinent par rapport aux intentions du scénariste : montrer la cruauté, la crudité, etc. telle qu'elle existait) ; les dimensions et la localisation des vignettes sont parfaitement étudiées et produisent toujours le meilleur effet. Ajoutons, pour les amoureux de l'Antiquité, que le point de vue adopté sur Néron, dont l'évolution psychologique, politique, amoureuse, fait l'objet de la série, n'est pas dépeint à l'image de la tradition noire (fausse), mais conformément à l'image plus positive que les recherches les plus récentes révèlent. La couleur est à l'image de tout le reste... La suite (il devrait y avoir trois cycles de quatre tomes) est attendue avec une forte impatience !
Les Aigles de Rome
Une superbe série liée à la Rome antique, dont les tomes parus jusqu'à maintenant laissent penser qu'elle vaudra vraiment le coup jusqu'au bout. Elle raconte les destins croisés de deux jeunes gens voués à la haine par leurs nationalités opposées, mais que la vie a rapprochés et qui sont devenus plus que des amis : amour, amitié, ambition militaire, fidélité historique, suspense, profondeur psychologique sont les atouts de cette série, qui permettent son succès. A lire, et à relire ! A voir et à revoir aussi... : les dessins sont superbes, tant pour les corps (habillés ou nus), que pour les décors.
Maus
Des heures à me demander par où commencer… Des heures à me demander s’il est encore utile d’apporter un avis sur une œuvre qui a déjà remporté la plupart des prix existants… Des heures à me demander si l’on a le droit de juger un support qui, au final, n’est rien au regard du témoignage qu’il porte. Puis en parcourant les pages d’un œil timide, enfin je me réveille et je prends conscience qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une histoire qui met en scène des souris poursuivis par des chats ! Rien de plus normal que ce rapport de force déséquilibré et que cet antagonisme évident, presque enfantin pour ne pas dire infantile ! Avec ce regard d’enfant je me dis alors que le dessin est « tout vilain » et qu’il date d’un temps où cette souris n’était qu’un animal, un nuisible sympathique et non pas comme aujourd’hui un instrument de travail et un moyen de détente… Art Spiegelman utilise son crayon pour poser un décor qui lui permet de traduire sur le papier l’irracontable vécu de son père, juif polonais (et donc) persécuté durant la seconde guerre mondiale. Un constat froid qui m’a fait penser que j’allai pouvoir aborder cette BD ultra-récompensée avec un œil de critique du dimanche. Je pensai de façon arrogante pouvoir lire Maus avec un certain détachement qui privilégie la connaissance à l’humain. D’ailleurs par le passé la lecture du journal d’Anne Franck en classe de 3ème ne m’avait que peu touché, du moins pas autant que ce que me l’aurait laissé à penser la renommée du témoignage. Alors des souris et des chats crayonnés au HB, à plus de 30 ans, vous pensez… Oui mais voilà en lisant Maus je n’ai pas même fait attention au dessin tant cette histoire est prenante, touchante, incroyable et pourtant bien réelle. Tellement réelle que Spiegelman ne cherche pas à glorifier son père, il ne l’épargne pas de certains traits de caricature que l’on attribuait à tort ou à raison au peuple juif. A l’inverse les Nazis, euh les Chats pardon, ne sont pas diabolisés plus que de raison puisque déshumanisés par leurs avatars animaliers, les seuls à prendre le pas d’ailleurs sur leurs représentations. Ce principe simple a un avantage évident et pourtant magnifique. Il nous évite une énième question : pourquoi ? Je ne me suis jamais demandé pourquoi les chats n’aimaient pas les souris mais je le sais. Libérés de cette interrogation vous demeurez imprégné par le récit ce qui préserve intacte une émotion qui fait la réussite de l’œuvre. Autre aspect essentiel à la compréhension, les allers-retours successifs entre le passé et le présent, entre les récits et les souvenirs, sont eux aussi extrêmement intéressants. D’une part parce ceux-ci nous rappellent régulièrement qu’il s’agit d’un témoignage sur les heures les plus sombres de notre histoire. D’autre part parce que la relation qui unis Art et son père est une dimension très importante du récit qui nous permet d’apprécier d’autant plus la transcription de l’auteur. Au final on ne peut que remercier Spiegelman d’avoir utilisé des figurés animaliers pour retranscrire l’histoire de son père. Sans eux l’émotion aurait sans doute été moindre et la critique plus facile. Une réussite qui me fait donner la note maximale à un dessin « tout vilain » qui finalement est une réussite au service d’un chef-d’oeuvre… Pour finir je vais m’adresser à tous les professeurs des collèges en les invitant à faire lire cette BD à leurs élèves, à leur offrir une alternative à un journal d’adolescente que je vais d’ailleurs m’empresser de relire. Mais au fait jamais je ne vous avais dit que Maus était une BD ? Sans doute avais-je un temps oublié que s’en était une… Maus n’est pas une histoire, Maus est l’Histoire ! Pour ne pas oublier je ne sais pas mais que l’on oubliera pas ça j’en suis sûr…
Confessions d'un Templier
J'ai longtemps pensé avant de donner cette évaluation. L'évaluation maximum est due à au moins trois éléments : 1) Fabio Bono est un dessinateur débutant dans le monde des BD, mais il montre beaucoup de sûreté et un style original. J'adore les dessins et les couleurs de ce tome et je suis curieux de découvrir déjà le second livre. Bono est sûrement un auteur à suivre et à soutenir. 2) Le sujet des Templiers a souvent été utilisé dans les BD, mais il est très difficile de trouver une oeuvre si attentive au contexte historique. En effet le récit révèle des aspects peu connus de l'histoire des templiers et jusqu'à présent peu traités. Cependant la trame est très agréable parce que le scénariste Bruno Falba a aussi inséré quelques éléments qui allègent l'enquête historique traditionnelle. Dans ce cas, je me réfère par exemple à la personnalité fascinante de Nimcha ou à l'enquête d'investigateur du jeune Jacques de Molay. 3) La colorisation est magistrale. Elle est parfaite pour le dessin de Bono et elle donne une atmosphère exotique et magique à tout le récit. Je suis resté surpris de trouver ce type de produit dans le catalogue Soleil qui contient d'habitude des livres avec des couleurs très vives. Un choix courageux des Editions Soleil. Un choix qui doit sûrement être encouragé.
Les Cités obscures
Contrairement à ce que pourrait laisser penser ma cotation, j’ai un avis assez partagé sur cette série, du moins si je prends chaque tome séparément. Je la considère cependant comme un incontournable de la bande dessinée « d’auteur » dès que je la regarde dans son ensemble. En effet, tant graphiquement qu’au niveau des scénarios, le duo Schuiten & Peeters a réussi à créer quelque chose de très original, et continue régulièrement à innover en nous proposant des albums … parfois étranges, voire ratés. Tous les tomes de cette série ne sont donc pas des réussites selon moi, mais (paradoxalement) tous méritent que l’on s’y attarde. La force de ces Cités Obscures réside dans deux caractéristiques. Tout d’abord, le trait architectural de François Schuiten est vraiment très singulier. Sa patte est reconnaissable entre mille, mais l’artiste évolue constamment. Entre les œuvres rectilignes du début (la fièvre d’Urbicande en est un bel exemple) et les paysages « humanisés » de la Frontière Invisible, entre le noir et blanc d’une précision quasi-mathématique et les chaudes couleurs pastel, l’artiste n’a de cesse de se renouveler, et reste cependant unique. Bien sûr, on peut lui reprocher l’aspect très froid de ses personnages (féminins en particulier), mais la richesse de ses décors, qu’ils fussent architecturaux ou paysagers, est telle que ce petit défaut est vite gommé par la force de ses planches. De plus, l’artiste n’hésite pas à explorer certaines pistes surréalistes « à la belge ». Les trompe-l'oeil sont fréquents et l’originalité (l’incongruité, dirais-je même) de certaines créations est telle que je ne peux que saluer la performance. Mais si l’artiste peut ainsi exprimer les multiples facettes de son talent, il le doit en grande partie à la complémentarité existant entre son trait et les scénarios de Benoit Peeters. C’est le second point fort de la série. Benoit Peeters fait vraiment du « sur mesure » pour son complice (logique lorsque l’on sait que le processus de création se fait à deux), à un point tel que, parfois, malheureusement, l’intrigue s’efface devant la créativité graphique (la route d’Armilia, la Frontière Invisible). Mais lorsque les deux aspects parviennent à se sublimer, on atteint le chef-d’œuvre ultime (la Tour) ou, du moins, un niveau d’une rare qualité (Brüsel, l’enfant penchée). Si certaines idées de départ sont tout simplement fabuleuses (le cube de la fièvre d’Urbicande, les couleurs de la Tour ou l’inclinaison de l’Enfant penchée), toutes ne se transforment pas en réussites. Par exemple, je trouve certains paysages de la frontière invisible trop forcés. Et si la dernière planche de ce diptyque est une incontestable réussite au niveau de sa composition, son « rendu » esthétique ne m’émeut pas (et c’est bien malheureux vis-à-vis de sa qualité technique). Si chaque tome peut être lu séparément, les auteurs ont réussi à créer une réelle série. L’univers des Cités Obscures est cohérent et certaines passerelles sont jetées entre ces différents lieux, mais, aussi, et surtout, un thème récurent se dégage de la lecture de l’ensemble des tomes : celui du faux-semblant. Des murailles de Samaris aux Souvenirs de l’éternel Présent, ce thème revient constamment, parfois en avant-plan, parfois en filigrane, et constitue à mes yeux le véritable sujet central (très intellectualisé) des Cités Obscures. Je pourrais encore vous parler durant des heures de cette série, tant la créativité féconde du duo est admirable (quand bien même elle ne se transforme pas toujours en réussites), mais je ne ferais que me répéter (à peu de choses près). Mais si la série vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de ne pas snober les nombreux hors-série qu’offre le duo. Ceux-ci permettent de mieux appréhender la complexité mais aussi l’unicité de sa construction (l’Archiviste et le Guide des Cités sont, à mes yeux, deux compléments indispensables). Une série complexe, originale, qui recèle de réels chefs-d’œuvre mais aussi de tomes dispensables, dont l’unicité n’apparaît qu’au fil des lectures et dont les auteurs n’hésitent pas à expérimenter de nouvelles voies, quitte à parfois s’égarer, « les Cités Obscures » est à mes yeux un indispensable de la bande dessinée actuelle. Je vous conseillerais cependant de commencer par une location avant de vous lancer tête baissée dans ce merveilleux labyrinthe. Culte, malgré ses faiblesses.
Batman - Un long Halloween
Quelle excellente aventure du héros chauve-souris ! J’ai vraiment trouvé tout ce que j’apprécie dans cet univers de Gotham City : notre héros, humain fort et faible à la fois, une ville hostile dirigée par les parrains mafieux, Gordon seul contre tous, et les vilains terriblement bien caractérisés et présentés,… Quelle joie de retrouver le Joker, Poison Ivy, l’Épouvantail, Catwomen, Dent - pile ou face et les autres… Touts nos personnages préférés, réunis qui plus est dans une histoire bien rythmée, bien amenée, et qui arrive à maintenir un suspens jusqu’à la dernière page. Un vrai régal ! Les dessins et les couleurs sont magnifiques, très bien adaptés au côté sombre de l’histoire. Le héros est « classe », bestial et puissant ! Les vilains sont très stylisés ; la recherche esthétique est manifeste. En conclusion, je vous assure que vous trouverez ici tout ce que vous adorez chez Batman. Avec Batman - Dark Knight, je pense qu’il s’agit d’un must. J’ai opté pour l’édition Absolute qui, malgré un prix élevé, offre une intéressante pré- et postface ainsi que d’autres bonus appréciables. Je ne précise pas que la qualité générale de l’objet est très réussie. Foncez vous procurer cette série qui a servi de référence aux films Batman begins et The Dark Knight, vous ne regretterez qu’une seule chose : la dernière page…
De Cape et de Crocs
J'ai attendu très longtemps avant d'acheter les 6 premiers tomes, et encore un bon moment avant de commencer la lecture. J'avais à la fois la peur d'être déçu par une série aussi bien notée, et envie de la lire dans une période où j'étais "préparé pour". Au final, j'ai adoré, et j'ai regretté cette attente. Le scénario est vraiment génial, les personnages animaliers ne posent aucun problème, au contraire, c'est à la fois une aventure de cape et d'épée, un récit loufoque, l'humour et les situations décalées sont omniprésents ... Le dessin est super, collant parfaitement à l'histoire. Un coup de coeur pour la mise en couleur. Voilà une série où l'on voyage avec les personnages, personnages aussi charismatiques et attachant les uns que les autres. Alors, tous les tomes ne sont pas égaux, certains passages sont un peu long à la relecture, mais c'est vraiment pour pinailler. J'ai bien évidemment poursuivi mes achats à la sortie des tomes suivants, et attend la suite avec impatience. A lire et relire.
Les Rochester
Voici une série de Jean Dufaux hélas terminée, par décision de l'éditeur. Quel dommage ! Constituée d'histoires indépendantes, "Les Rochester" permettait à Jean Dufaux de pratiquer un humour absent de ses autres séries. Quel plaisir, au fil des albums, de plonger dans cet humour très british parfaitement maîtrisé par le maître du scénario. Wurm était le dessinateur idéal pour cette série. Entre Hergé et Jacobs, son trait correspond parfaitement au climat mis en place par Dufaux. Pas trop humoristique, mais pas totalement réaliste. Si le lecteur est au début un peu décontenancé par le style abordé par Dufaux, on s'habitue très vite et on suit avec un réel plaisir les pérégrinations des nombreux personnages qui peuplent cette riche série. Un pur régal de lecture !