J'avais acheté cette BD à cause de la beauté, de la couverture... Première chose, et c'est suffisamment rare pour le noter, le reste de la BD est du même niveau.
Cette BD reste l'une des meilleur que j'ai jamais lue, car elle représente exactement ce que j'aime : un côté ultra primaire et sans concession au premier abord avec la possibilité d'une double lecture qui donne une vraie richesse au récit.
La première fois que j'avais lu cette BD, effectivement, ça peut se résumer à : humains tuer méchantes bêtes...
Mais en vieillissant je trouve de plus en plus de perles dans cet ouvrage ! Lisez la description de "Glimmer" (les lumières) comme une allégorie de notre société, et il n'y a aucun doute que c'est ça ! Je vous assure que cette BD prend une autre dimension ! Le nom de "Glimmer" (Lueur) n'est pas innocent !
Sans parler des quelques aperçus du monde futur dans les premières pages qui est drôlement malin !
Bref, ça n'est pas juste une BD de boeuf, c'est une BD de boeuf cultivée ! Et c'est pour ça que j'aime, c'est aussi fun qu'intelligent !
Au même titre qu'il existe des films cultes, il y a des bd dites incontournables, et "Sasmira" en fait partie à plus d'un titre.
D'une part le dessin de Vicomte est magnifique ; jetez ne serait-ce qu'un coup d'oeil au hasard des pages et vous trouverez le raffinement des costumes, la patine du temps, et des robes d'époques auxquelles il ne manque même pas un pli. Si vous voulez aller plus loin dans le soin que Vicomte a apporté à ce chef d'oeuvre, n'hésitez pas à vous plonger dans "Virages", ouvrage édité par Daniel Maghen et qui retrace à travers de somptueuses planches la carrière dudit Vicomte.
D'autre part, le scénario qui n'est pas s'en rappeler Balade au bout du monde, nous enchante par son ingéniosité.
Enfin, cet album reste remarquable dans le monde de la bande dessinée en ce sens qu'il n'aura certainement pas de suite.
Un album mythique et qui, malgré cette dernière réserve, mérite d'être acheté, lu tant le travail de Vicomte excelle dans ce premier (et dernier, malheureusement) opus.
Alors, oui, pour tout cela, il s'agit d'un album culte.
Jarbinet signe avec cet album une œuvre majeure dans la catégorie des récits de guerre. Son diptyque concilie brillamment rigueur historique, action, romance et suspense et est servi par un trait d’une incroyable maîtrise.
De plus, Philippe Jarbinet a eu la bonne idée de situer son récit à deux pas de chez lui … qui se trouve être à deux pas de chez moi. Par conséquent, et même si peu de lieux sont réellement reconnaissables, les décors (et particulièrement l’architecture des bâtiments) me sont familiers, ce qui ne fait que conforter mon excellente appréciation d’ensemble.
Et il faut bien avouer qu’une région magnifique restituée sous un trait magnifique par un artiste talentueux, … c’est magnifique.
Mais le talent de Jarbinet ne se limite pas à la restitution du décor. Ses scènes d’action sont très bien maîtrisées, ses personnages sont on ne peut plus séduisants et la construction des planches est aussi classique qu’adéquate.
Autre particularité de l’album : la diversité des uniformes militaires proposés. Celle-ci est une preuve manifeste du souci de crédibilité de l’artiste et un incontestable enrichissement pour la série.
Enfin, je voudrais insister sur les passages enneigés. La neige est un élément très difficile à maîtriser selon moi, et les planches de Jarbinet sont parmi les plus réussies qu’il m’ait été donné d’admirer. Le sentiment de froid, mais aussi la substance, la matérialité de cet élément m’ont semblé palpable.
Ajoutez à cela sa maîtrise de la couleur dans un univers pourtant très austère, et vous comprendrez mon enthousiasme débridé.
Mais il n’y a pas de bonne bande dessinée sans un bon scénario. Et celui que Philippe Jarbinet nous propose est d’une richesse indiscutable, et satisfera le lecteur le plus exigeant, tout en demeurant d’un classicisme rassurant.
Rarement il m’a été donné de lire une œuvre aussi riche, aussi rigoureuse, aussi classique, aussi élégante, aussi bien construite, aussi évidente que cet Airborne 44, raison de ma cote enthousiaste.
… et oui, CULTE !
J'ai la nette impression qu'on est beaucoup plus sévère dans son jugement quand c'est une femme qui ose écrire des choses sur le sexe sans complexe.
Et puis, il y a également les femmes qui ne pardonnent pas et qui sont encore plus sévères entre elles comme une espèce de jalousie latente. J'ai déjà observé ce phénomène parmi la population lors des dernières élections présidentielles avec une candidate femme.
Bref pour en revenir avec fraise et chocolat, je pense que cette série est nettement sous-estimée à mon avis. C'est réellement dommage. Cependant, je vais essayer de convaincre le lecteur qui ne connaît pas cette oeuvre de la lire pour se faire également une idée.
J'avais souvent entendu parler de cette oeuvre qui a été presque unanimement saluée par les médias presse et radios (le Monde, Libération, France info, RTL...) et qui a bénéficié par ailleurs d'excellentes critiques. C'est une oeuvre intimiste hautement érotique qui dresse le portrait d'un couple pas comme les autres : Aurélia Aurita ainsi que l'auteur de bd Frédéric Boilet qui a 20 ans de plus. Cette différence d'âge ne se remarque pas tant il y a une véritable jeunesse d'esprit au mépris de toutes les conventions sociales.
C'est vrai qu'au début, je me sentais un peu gêné car on a l'impression d'être un voyeur dans des relations très intimes qui ne regardent que le couple en lui-même. C'est quand même assez rare pour des auteurs de faire partager des choses charnelles comme cela. Si encore, ce n'était pas une oeuvre autobiographique. :8
Cependant, fraise (Frédéric) et Chocolat (Chenda) existe bel et bien. Mais qu'importe car c'est assumé ! Petit à petit, on arrive à s'attacher à ces personnages qui nous font vivre une passion amoureuse dans une vision empreinte de lucidité et d'humour. Il y a également ce mélange de crudité et de tendresse que j'ai bien aimé. En effet, cela dépasse l'aspect pornographique qui pourra en choquer plus d'un ou d'une ce qui explique d'ailleurs beaucoup de réactions épidermiques. L'oeuvre est troublante donc cela se comprend. Je rappellerai juste à titre purement informatif que son auteur n'a que 23 ans quand elle commence le premier tome et 25 au second. La sincérité de la jeunesse quand d'autres y verront une forme de maladresse.
J'ai posté il n'y a pas si longtemps une série du nom d'Angora. C'était la première oeuvre d'Aurélia Aurita. J'avais aimé la liberté de ton et ce dessin si attachant. Je n'avais pas aimé par contre le dénudement gratuit qui manquait de charme. Je m'aperçois que l'auteur a parcouru du chemin depuis en construisant ces histoires de manière plus intéressante.
J'ai rarement lu une oeuvre aussi bien faite sur les rapports de couple. Je crois également que c'est une forme de courage pour l'auteur de se dévoiler autant. Je ne crois pas qu'elle soit à la recherche du sensas dans une volonté purement mercantile. Si ce titre rencontre le succès populaire, c'est que c'est bien mérité et qu'il ne faut pas forcément faire la fine bouche. Au regard de la plupart des productions, c'est bien au-dessus de la moyenne ! Cette bd sera certainement culte dans quelques années dans le rayon "érotique". :8
Chier, Merde, Putain....
Les trois premiers mots que Lincoln prononça en étant enfant (et qu'il réutilise régulièrement)...
Le ton est donné : notre héros ne sera pas conventionnel !
Et ce n'est pas la venue de Dieu en personne qui va y changer quelque chose. Non, Lincoln n'en n'a rien à fou... , sauf peut-être s'il lui retire son immortalité donnée dans le tome 1 (ben oui, pour que Lincoln devienne un héros, il faut bien qu'il soit immortel, sinon, il n'a aucune chance d'y arriver).
De même, ce n'est pas le Diable en personne (oui, Lincoln est bien entouré) qui va l'influencer dans l'autre sens.
Alors peut-être une belle mexicaine ? Ou en devenant un flic véreux ? Ou Dieu sait quoi encore... (tiens, qui revoilà !).
Non non, Lincoln est Lincoln et reste lui-même : rien à fou... des autres, sauf quand ça l'arrange...
Ajoutons à cela quelques dialogues succulents, un bon graphisme, des couleurs dans le ton et on obtient une très bonne série qui ne faiblit pas après 6 tomes déjà...
Le héros de la série est atypique et décalé avec son machisme anachronique cachant un coeur gros comme ça ...
Les épisodes conjuguent avec bonheur poésie, action, filles aussi dangereuses que sexy et intrigue sur un ton léger et dans un futur proche d'inspiration cyberpunk allégée (avec les corporations mais sans la cybernétique).
Il y a des BD que je range dans mon placard et que je n'ouvre pas souvent. En ce qui concerne cette série, elle est sur l'étagère et je la relis de temps en temps, quand un besoin d'évasion ou d'inspiration se fait sentir :)
En bref, j'ai adoré !
C’est parfait, tout simplement …
Le duo Loisel / Le Tendre nous prend par la main pour un grand voyage riche en émotion. Après un départ mouvementé et quasiment burlesque (l’humour est omniprésent au début de cette série), la quête gagnera en émotion et en profondeur tout le long de ces quatre tomes pour se terminer d’une manière incroyablement touchante (j’en ai encore les yeux embués).
L’univers créé par le duo d’artistes est d’une merveilleuse richesse et d’une belle inventivité. Les personnages secondaires sont souvent excellents (le Rige, par exemple) et peu d’éléments de cette quête me semblent gratuits tant chacun contribue à la construction du récit.
Bien sûr, le thème de la quête est tellement classique que les auteurs n’évitent pas certains clichés, mais ils parviennent à les détourner. Et le plus bel exemple en est donné par ce Mystérieux Inconnu, l’élément humoristique du début, le maladroit qui se met toujours dans des situations inextricables et qui quittera cette quête empli de maturité et de sagesse.
Graphiquement, le premier tome est encore assez brouillon à mes yeux. Le trait de Loisel est encore incertain et les planches sont couvertes de traits, au détriment de leur lisibilité. Mais l’artiste allait rapidement évoluer vers un style plus net tout simplement excellent. Ses créations graphiques sont majestueuses et permettent au lecteur que je suis de rentrer dans ce monde à la fois fantastique et proche du nôtre.
Que dire d'autre que "culte" ?
N'y allons pas par quatre chemins cette série pré-steampunk est tout simplement géniale.
L'approche européenne des super-héros est du peu vu en Bande dessinée et ce concept au prime abord surprenant titille notre imaginaire et nous ravis.
Le dessin dans un premier temps peut rebuter, néanmoins on attend d'un dessin qui colle à une histoire pas un dessin stéréotypé et édulcoré. En cela je conseille de ne pas feuilleter cette ouvrage mais bien de le lire car c'est en refermant le premier volume que l'on se dit " ah oui j'aime bien ce gout enivrant d'une histoire naissante pleine de promesse".
L'histoire des deux premiers volumes me fait penser aux cinquante premières pages du seigneur des anneaux, longues en description mais que l'on sent nécessaires à l'histoire qui doit suivre.
Une mention particulière aussi au site sur lequel on peut trouver de nombreuses explications sur les différents personnages que l'on rencontre dans cette série mais aussi une succulente description du chemin de création de ces ouvrages.
Cette série fait donc partie de mes livres de chevet et je ne saurai que vous la conseiller.
La série qu’il ne faut pas lire tant la frustration est grande. Un must complètement inclassable.
Corbeyran s’est surpassé, c’est du jamais vu, jamais lu. Je ne vais pas gâcher les surprises d’un scénario totalement inédit mais disons juste que rien n’est attendu. On va de surprise en surprise que ce soit pour la trame principale, les historiques des personnages… jusqu’au moindre détail.
Le dessin est tout aussi surprenant, du travail d’orfèvre qui vous déconnecte complètement de la réalité sans pour autant en faire des tonnes. J’ai vraiment pris une bonne claque graphique. Rien à redire sinon que j’espère que Cécil continuera malgré les difficultés rencontrées.
Et maintenant, je suis comme tous les autres qui attendent la suite depuis si longtemps sans aucune certitude, la situation des humano n’arrangeant rien à l’affaire. Que c’est rageant, que c’est rageant.
Superbe ! J'adore cette série, traitant du même sujet que Les Aigles de Rome, mais dans un style complètement différent, et j'aime bien les deux, même si Murena à quand même quelque chose de plus pour le moment. C'est une BD qui vous fait parfois réfléchir, pour comprendre les événements, et dans laquelle il y a des sous-entendus. C'est une BD très fine.
18.5/20
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Le Temps des Lumières
J'avais acheté cette BD à cause de la beauté, de la couverture... Première chose, et c'est suffisamment rare pour le noter, le reste de la BD est du même niveau. Cette BD reste l'une des meilleur que j'ai jamais lue, car elle représente exactement ce que j'aime : un côté ultra primaire et sans concession au premier abord avec la possibilité d'une double lecture qui donne une vraie richesse au récit. La première fois que j'avais lu cette BD, effectivement, ça peut se résumer à : humains tuer méchantes bêtes... Mais en vieillissant je trouve de plus en plus de perles dans cet ouvrage ! Lisez la description de "Glimmer" (les lumières) comme une allégorie de notre société, et il n'y a aucun doute que c'est ça ! Je vous assure que cette BD prend une autre dimension ! Le nom de "Glimmer" (Lueur) n'est pas innocent ! Sans parler des quelques aperçus du monde futur dans les premières pages qui est drôlement malin ! Bref, ça n'est pas juste une BD de boeuf, c'est une BD de boeuf cultivée ! Et c'est pour ça que j'aime, c'est aussi fun qu'intelligent !
Sasmira
Au même titre qu'il existe des films cultes, il y a des bd dites incontournables, et "Sasmira" en fait partie à plus d'un titre. D'une part le dessin de Vicomte est magnifique ; jetez ne serait-ce qu'un coup d'oeil au hasard des pages et vous trouverez le raffinement des costumes, la patine du temps, et des robes d'époques auxquelles il ne manque même pas un pli. Si vous voulez aller plus loin dans le soin que Vicomte a apporté à ce chef d'oeuvre, n'hésitez pas à vous plonger dans "Virages", ouvrage édité par Daniel Maghen et qui retrace à travers de somptueuses planches la carrière dudit Vicomte. D'autre part, le scénario qui n'est pas s'en rappeler Balade au bout du monde, nous enchante par son ingéniosité. Enfin, cet album reste remarquable dans le monde de la bande dessinée en ce sens qu'il n'aura certainement pas de suite. Un album mythique et qui, malgré cette dernière réserve, mérite d'être acheté, lu tant le travail de Vicomte excelle dans ce premier (et dernier, malheureusement) opus. Alors, oui, pour tout cela, il s'agit d'un album culte.
Airborne 44
Jarbinet signe avec cet album une œuvre majeure dans la catégorie des récits de guerre. Son diptyque concilie brillamment rigueur historique, action, romance et suspense et est servi par un trait d’une incroyable maîtrise. De plus, Philippe Jarbinet a eu la bonne idée de situer son récit à deux pas de chez lui … qui se trouve être à deux pas de chez moi. Par conséquent, et même si peu de lieux sont réellement reconnaissables, les décors (et particulièrement l’architecture des bâtiments) me sont familiers, ce qui ne fait que conforter mon excellente appréciation d’ensemble. Et il faut bien avouer qu’une région magnifique restituée sous un trait magnifique par un artiste talentueux, … c’est magnifique. Mais le talent de Jarbinet ne se limite pas à la restitution du décor. Ses scènes d’action sont très bien maîtrisées, ses personnages sont on ne peut plus séduisants et la construction des planches est aussi classique qu’adéquate. Autre particularité de l’album : la diversité des uniformes militaires proposés. Celle-ci est une preuve manifeste du souci de crédibilité de l’artiste et un incontestable enrichissement pour la série. Enfin, je voudrais insister sur les passages enneigés. La neige est un élément très difficile à maîtriser selon moi, et les planches de Jarbinet sont parmi les plus réussies qu’il m’ait été donné d’admirer. Le sentiment de froid, mais aussi la substance, la matérialité de cet élément m’ont semblé palpable. Ajoutez à cela sa maîtrise de la couleur dans un univers pourtant très austère, et vous comprendrez mon enthousiasme débridé. Mais il n’y a pas de bonne bande dessinée sans un bon scénario. Et celui que Philippe Jarbinet nous propose est d’une richesse indiscutable, et satisfera le lecteur le plus exigeant, tout en demeurant d’un classicisme rassurant. Rarement il m’a été donné de lire une œuvre aussi riche, aussi rigoureuse, aussi classique, aussi élégante, aussi bien construite, aussi évidente que cet Airborne 44, raison de ma cote enthousiaste. … et oui, CULTE !
Fraise et Chocolat
J'ai la nette impression qu'on est beaucoup plus sévère dans son jugement quand c'est une femme qui ose écrire des choses sur le sexe sans complexe. Et puis, il y a également les femmes qui ne pardonnent pas et qui sont encore plus sévères entre elles comme une espèce de jalousie latente. J'ai déjà observé ce phénomène parmi la population lors des dernières élections présidentielles avec une candidate femme. Bref pour en revenir avec fraise et chocolat, je pense que cette série est nettement sous-estimée à mon avis. C'est réellement dommage. Cependant, je vais essayer de convaincre le lecteur qui ne connaît pas cette oeuvre de la lire pour se faire également une idée. J'avais souvent entendu parler de cette oeuvre qui a été presque unanimement saluée par les médias presse et radios (le Monde, Libération, France info, RTL...) et qui a bénéficié par ailleurs d'excellentes critiques. C'est une oeuvre intimiste hautement érotique qui dresse le portrait d'un couple pas comme les autres : Aurélia Aurita ainsi que l'auteur de bd Frédéric Boilet qui a 20 ans de plus. Cette différence d'âge ne se remarque pas tant il y a une véritable jeunesse d'esprit au mépris de toutes les conventions sociales. C'est vrai qu'au début, je me sentais un peu gêné car on a l'impression d'être un voyeur dans des relations très intimes qui ne regardent que le couple en lui-même. C'est quand même assez rare pour des auteurs de faire partager des choses charnelles comme cela. Si encore, ce n'était pas une oeuvre autobiographique. :8 Cependant, fraise (Frédéric) et Chocolat (Chenda) existe bel et bien. Mais qu'importe car c'est assumé ! Petit à petit, on arrive à s'attacher à ces personnages qui nous font vivre une passion amoureuse dans une vision empreinte de lucidité et d'humour. Il y a également ce mélange de crudité et de tendresse que j'ai bien aimé. En effet, cela dépasse l'aspect pornographique qui pourra en choquer plus d'un ou d'une ce qui explique d'ailleurs beaucoup de réactions épidermiques. L'oeuvre est troublante donc cela se comprend. Je rappellerai juste à titre purement informatif que son auteur n'a que 23 ans quand elle commence le premier tome et 25 au second. La sincérité de la jeunesse quand d'autres y verront une forme de maladresse. J'ai posté il n'y a pas si longtemps une série du nom d'Angora. C'était la première oeuvre d'Aurélia Aurita. J'avais aimé la liberté de ton et ce dessin si attachant. Je n'avais pas aimé par contre le dénudement gratuit qui manquait de charme. Je m'aperçois que l'auteur a parcouru du chemin depuis en construisant ces histoires de manière plus intéressante. J'ai rarement lu une oeuvre aussi bien faite sur les rapports de couple. Je crois également que c'est une forme de courage pour l'auteur de se dévoiler autant. Je ne crois pas qu'elle soit à la recherche du sensas dans une volonté purement mercantile. Si ce titre rencontre le succès populaire, c'est que c'est bien mérité et qu'il ne faut pas forcément faire la fine bouche. Au regard de la plupart des productions, c'est bien au-dessus de la moyenne ! Cette bd sera certainement culte dans quelques années dans le rayon "érotique". :8
Lincoln
Chier, Merde, Putain.... Les trois premiers mots que Lincoln prononça en étant enfant (et qu'il réutilise régulièrement)... Le ton est donné : notre héros ne sera pas conventionnel ! Et ce n'est pas la venue de Dieu en personne qui va y changer quelque chose. Non, Lincoln n'en n'a rien à fou... , sauf peut-être s'il lui retire son immortalité donnée dans le tome 1 (ben oui, pour que Lincoln devienne un héros, il faut bien qu'il soit immortel, sinon, il n'a aucune chance d'y arriver). De même, ce n'est pas le Diable en personne (oui, Lincoln est bien entouré) qui va l'influencer dans l'autre sens. Alors peut-être une belle mexicaine ? Ou en devenant un flic véreux ? Ou Dieu sait quoi encore... (tiens, qui revoilà !). Non non, Lincoln est Lincoln et reste lui-même : rien à fou... des autres, sauf quand ça l'arrange... Ajoutons à cela quelques dialogues succulents, un bon graphisme, des couleurs dans le ton et on obtient une très bonne série qui ne faiblit pas après 6 tomes déjà...
Gipsy
Le héros de la série est atypique et décalé avec son machisme anachronique cachant un coeur gros comme ça ... Les épisodes conjuguent avec bonheur poésie, action, filles aussi dangereuses que sexy et intrigue sur un ton léger et dans un futur proche d'inspiration cyberpunk allégée (avec les corporations mais sans la cybernétique). Il y a des BD que je range dans mon placard et que je n'ouvre pas souvent. En ce qui concerne cette série, elle est sur l'étagère et je la relis de temps en temps, quand un besoin d'évasion ou d'inspiration se fait sentir :) En bref, j'ai adoré !
La Quête de l'Oiseau du Temps
C’est parfait, tout simplement … Le duo Loisel / Le Tendre nous prend par la main pour un grand voyage riche en émotion. Après un départ mouvementé et quasiment burlesque (l’humour est omniprésent au début de cette série), la quête gagnera en émotion et en profondeur tout le long de ces quatre tomes pour se terminer d’une manière incroyablement touchante (j’en ai encore les yeux embués). L’univers créé par le duo d’artistes est d’une merveilleuse richesse et d’une belle inventivité. Les personnages secondaires sont souvent excellents (le Rige, par exemple) et peu d’éléments de cette quête me semblent gratuits tant chacun contribue à la construction du récit. Bien sûr, le thème de la quête est tellement classique que les auteurs n’évitent pas certains clichés, mais ils parviennent à les détourner. Et le plus bel exemple en est donné par ce Mystérieux Inconnu, l’élément humoristique du début, le maladroit qui se met toujours dans des situations inextricables et qui quittera cette quête empli de maturité et de sagesse. Graphiquement, le premier tome est encore assez brouillon à mes yeux. Le trait de Loisel est encore incertain et les planches sont couvertes de traits, au détriment de leur lisibilité. Mais l’artiste allait rapidement évoluer vers un style plus net tout simplement excellent. Ses créations graphiques sont majestueuses et permettent au lecteur que je suis de rentrer dans ce monde à la fois fantastique et proche du nôtre. Que dire d'autre que "culte" ?
La Brigade Chimérique
N'y allons pas par quatre chemins cette série pré-steampunk est tout simplement géniale. L'approche européenne des super-héros est du peu vu en Bande dessinée et ce concept au prime abord surprenant titille notre imaginaire et nous ravis. Le dessin dans un premier temps peut rebuter, néanmoins on attend d'un dessin qui colle à une histoire pas un dessin stéréotypé et édulcoré. En cela je conseille de ne pas feuilleter cette ouvrage mais bien de le lire car c'est en refermant le premier volume que l'on se dit " ah oui j'aime bien ce gout enivrant d'une histoire naissante pleine de promesse". L'histoire des deux premiers volumes me fait penser aux cinquante premières pages du seigneur des anneaux, longues en description mais que l'on sent nécessaires à l'histoire qui doit suivre. Une mention particulière aussi au site sur lequel on peut trouver de nombreuses explications sur les différents personnages que l'on rencontre dans cette série mais aussi une succulente description du chemin de création de ces ouvrages. Cette série fait donc partie de mes livres de chevet et je ne saurai que vous la conseiller.
Le Réseau Bombyce
La série qu’il ne faut pas lire tant la frustration est grande. Un must complètement inclassable. Corbeyran s’est surpassé, c’est du jamais vu, jamais lu. Je ne vais pas gâcher les surprises d’un scénario totalement inédit mais disons juste que rien n’est attendu. On va de surprise en surprise que ce soit pour la trame principale, les historiques des personnages… jusqu’au moindre détail. Le dessin est tout aussi surprenant, du travail d’orfèvre qui vous déconnecte complètement de la réalité sans pour autant en faire des tonnes. J’ai vraiment pris une bonne claque graphique. Rien à redire sinon que j’espère que Cécil continuera malgré les difficultés rencontrées. Et maintenant, je suis comme tous les autres qui attendent la suite depuis si longtemps sans aucune certitude, la situation des humano n’arrangeant rien à l’affaire. Que c’est rageant, que c’est rageant.
Murena
Superbe ! J'adore cette série, traitant du même sujet que Les Aigles de Rome, mais dans un style complètement différent, et j'aime bien les deux, même si Murena à quand même quelque chose de plus pour le moment. C'est une BD qui vous fait parfois réfléchir, pour comprendre les événements, et dans laquelle il y a des sous-entendus. C'est une BD très fine. 18.5/20