Le premier mot qui vient à l'esprit pour qualifier cette série, ou tout du moins ce premier cycle, est déconcertant. En effet, comme il est mentionné dans les avis précédents, Arq est une série hors normes. Différencier réel et irréel relève souvent de l'exploit tant Andreas s'évertue à nous mettre des bâtons dans les roues.
Il faut dire que le scénario, tout en étant béton, est sacrément tordu. Moi qui débute dans le monde d'Andreas avec cette BD, j'ai été sacrément secoué. On oscille constamment entre réel et virtuel, mais même arrivé à la fin du premier cycle on se demande encore dans quel univers on évolue. Bref, totalement déstabilisant, bien qu'on ait une idée sur l'ancrage du réel.
Côté dessin, c'est à l'image de l'histoire. C'est bizarre. On sent que c'est travaillé, que l'auteur a décidé de tout faire pour nous dépayser, nous proposer quelque chose d'original. Cependant, le cachet graphique renvoie à une période révolue au niveau des couleurs, même si l'ensemble ne manque pas de nuances. Il faut également évoquer le remarquable travail effectué au niveau du découpage. Il ajoute encore plus une atmosphère étrange à cette BD.
Dans l'ensemble, c'est une lecture déconcertante, déstabilisante. Si vous souhaitez tenter l'aventure, préparez vous mentalement car il n'est pas dit qu'Arq vous soit ouvert. En résumé, franchement bizarre.
Edit: Après lecture du second cycle (ou du moins des 5 tomes sur 6 :!) je passe la série en culte. Ce second cycle est certes moins déstabilisant que le premier, mais l'histoire est toujours aussi captivante.
Bon allez, tabula rasa de mon précédent avis que j'estime ne pas être à la hauteur de cette magnifique série. Les paroles s'envolent et les écrits restent, peut-on entendre ici et là. Quoi qu'il en soit, mon avis ci-présent restera cette fois ci intact, à l'instar du sentiment que m'inspire cette magnifique épopée salvatrice.
Mais que m'inspire donc cette série ? Eh bien pour commencer, je dirai que l'ambiance est tout bonnement exceptionnelle. On a vraiment l'impression de vivre une quête grandiose. Tout, à part éventuellement le dessin vieillissant, y contribue. Le ton est épique, mais également jalonné de passages comiques, les personnages charismatiques, hauts en couleurs. D'ailleurs, le duo Pélisse-Bragon a véritablement marqué l'Histoire de la Bande Dessinée. Tous deux possèdent en effet un caractère bien trempé, une psychologie savamment étudiée qui ne peut que les rendre attachants, même lors des relectures occasionnelles. Par extension, la compagnie formée par ces sauveurs restera inoubliable tellement la chaleur dégagée par cette troupe les rend si attirants.
De même, l'univers d'Akbar jouit d'un bon background. Chaque région visitée est l'occasion d'étayer cet univers, de lui insuffler une âme. Durant cette quête, on aura ainsi le loisir de croiser différents indigènes, souvent ennemis d'ailleurs. L'histoire, il faut bien en parler un peu, est prenante. Ne brillant pas forcément par son originalité, l'histoire se distingue par ses autres atours évoqués ci-dessus, et également par un rythme soutenu. Mais surtout, la fin est peut-être la plus réussie qu'il m'ait été donné de voir. Originale, émouvante, parfaite, le choc est tel que l'on en ressort changé.
Mais malgré tout, le constat n'est pas vraiment parfait. Je retiendrai quelques broutilles comme un découpage parfois hasardeux (je me suis quelques fois trompé dans le sens de lecture), même critique pour les phylactères, et surtout un dessin daté, point sur lequel il n'est pas besoin de revenir.
Cependant, il serait dommage que ces défauts anecdotiques vous empêchent de découvrir la richesse de cette fabuleuse saga.
Si je ne mets pas un 5/5 sur cette BD, je n'en mettrai jamais !!!!
J'ai adoré, impossible de décrocher malgré l'heure tardive, je n'ai pas eu d'autre choix que d'aller au bout.
Le scénario est un conte maitrisé à la narration parfaite. Les éléments s'imbriquent naturellement. Il y a un côté universel dans cette histoire. La dernière fois que j'ai eu le même ressenti, c'était pour La Quête de l'Oiseau du Temps.
Le dessin est exceptionnel également, Munuera est au sommet de son art. Chaque case se savoure, certains dessins pleine page sont sublimes.
Ce duo d'auteurs se complète à merveille. Je ne trouve vraiment rien à redire à ce projet.
Même l'éditeur apporte sa pierre à l'édifice en limitant le prix car 15,50 pour une BD cartonnée grand format avec une telle pagination, c'est plus qu'honnête.
20/20 sur toute la ligne, un énorme coup de coeur et un 5/5 amplement mérité.
J’ignore si on peut parler de bible pour un livre où la Bible est en toile de fond, mais il est certain que si je devais emmener dix BD sur une île, celle-ci serait à coup sûr du voyage…
L’action se situe dans un monde imaginaire où cohabitent plusieurs races, à une époque indéterminée. Un monde cruel où règnent la guerre et l’esclavage, mais comprenant par ailleurs une part de merveilleux. Il s’agit d’un conte avec pour point d’appui une quête comprenant tous les ingrédients propre au genre, doté d’un humour savamment dosé, ce qui évite d’atténuer la force du récit. Les auteurs nous dévoilent le chaînon manquant expliquant comment un « péché originel » (la soif de pouvoir) a fait de notre Terre un endroit maudit et privé d’harmonie.
Sur le plan de la forme, j’aime beaucoup le trait habile et prolifique de Rosinski, qui permet de s’attarder longuement sur chaque case où fourmillent nombre de détails. Quant au scénario de Van Hamme, il est parfait, comportant pas mal de rebondissements inattendus, avec un dénouement étonnant, à ceux qui ne l’auraient pas encore lu, je n’en dis pas plus… Très bien vu aussi le clin d’œil à « 2001 » au début et à la fin… Les personnages principaux enfin, très attachants… J’ai surtout adoré le côté anti-héros de J’on, qui se demande pourquoi le Dieu-Monolithe U’n lui a collé cette saleté de mission d’unifier les trois immortels pour ramener la paix dans le monde, alors que lui préférerait faire des câlins à sa dulcinée, avoir sa petite maison et cultiver son jardin peinard… La petite compagne de J’on est mignonne et sexy, quant à l’étrange créature Volga la devineresse, je pense qu’elle a dû susciter chez pas mal de lecteurs des rêves plus que torrides…
Cette BD épique possède il me semble le potentiel pour réunir un public très varié, pouvant se lire à plusieurs niveaux. Non seulement elle saura combler les amateurs d’aventures, mais inciter par ailleurs à une réflexion philosophique en procédant à une relecture saisissante de la Bible, un peu comme si les auteurs avaient voulu dire : « on efface tout et on recommence ! » Et il est vrai qu’à force d’être si célèbre, la vraie « Bible » s’est banalisée, et au fil des siècles, les différentes interprétations ont donné lieu à une multitude d’églises parfois ennemies qui ne savent même plus pourquoi elles le sont… à l’encontre total de l’effet recherché ! L’autre force de cette histoire est qu’elle pourra toucher autant les croyants que les athées en expliquant pourquoi Dieu a déserté le monde terrestre et que la solution pour éviter l’apocalypse est entre nos seules mains…
Tout aussi fascinant est le lien fait entre un monde purement fictif situé dans le passé et le nôtre… De la science-fiction à l’envers en quelque sorte; qui se rapproche ainsi de l’« heroic fantasy ». Le constat est certes pessimiste, mais le but est peut-être de nous sortir de notre torpeur face aux menaces présentes et à venir. A la manière du Seigneur des anneaux, cette histoire ne fait que prôner un réenchantement du monde, qui plus que jamais en a grand besoin…
Pour mon centième avis, je tenais absolument à ce qu'il soit dédié à ce chef d'oeuvre authentique qui compte pour l'instant parmi mes histoires préférées. Artiste talentueux, Fabien Vehlmann signe ici son ouvrage le plus abouti pour le moment, ouvrage qui a valeur de manifeste tellement le parti pris est fort dans cette BD.
Engagement fort ne veut pas forcément dire récit réussi. Cependant, Vehlmann maîtrise parfaitement son sujet et semble se jouer des difficultés tant le résultat final est bluffant. Ces Cinq Conteurs de Bagdad nous emmènent pour un temps à la recherche de la plus merveilleuse histoire qui soit, la plus aboutie. Véritable mise en abîme du métier de scénariste, l'auteur use et abuse avec talent de subtils artifices pour amener ses propos. Par exemple, la personnification des différents rôles des histoires allège le récit tout en l'enrichissant. Le passage de la fresque représentant la vie de Jésus me semble aussi être représentatif du talent de l'auteur : bien que ce soit une des parties les plus drôles de l'histoire, le procédé utilisé démontre bien plus efficacement que de longs discours la puissance de la parodie.
Mais comme le disent les auteurs à la fin, pour faire un bon récit il faut aussi que la trame première suive la réflexion. Pari réussi également, puisque je me suis plongé avec délice dans cet univers enchanteur, enrichi par les histoires qu'il colporte. Malgré la fin qui nous est dévoilée dès le départ, le scénario est très prenant, puisque les situations font simultanément avancer l'histoire et la réflexion. Les auteurs ayant choisi de découper leur récit en épisodes, à l'instar de « Dieu qui pue, Dieu qui pète », la narration s'en trouve allégée et dynamique.
Jusqu'ici je n'ai parlé que de l'histoire en elle-même. Il serait plus qu'injuste de ma part de ne pas mentionner l'excellent travail de Franz Duchazeau au dessin. Plus abouti que ses précédentes productions, le graphisme vient souvent flatter les rétines, notamment grâce à l'utilisation judicieuse des hachures. Bien qu'un peu réfractaire à son style particulier, j'ai appris, en découvrant d'autres productions de Duchazeau, à apprécier son style. Et force est de reconnaître sa maîtrise dans ce domaine. Même si certaines cases sont parfois inégales, l'exquise beauté des autres ne peut que nous aider à plonger dans cet univers merveilleux, malgré la réticence de certains à ce style un peu décalé.
En somme, Les Cinq Conteurs de Bagdad est un chef d'oeuvre qui réussit à mixer avec brio humour, intelligence et imagination. Là où les mots ne suffisent plus à exprimer l'admiration, je pose ma plume et m'incline devant vous messieurs Vehlmann et Duchazeau.
J'ai découvert les Watchmen peu de temps après la sortie du film (film qui n'a pas attiré mon attention dans un premier temps). C'est plutôt cette couverture noire, jaune et rouge qui m'a interpellé.
J'ouvre ce livre, jette un oeil sur quelques pages : la première planche me plaît. On a l'impression de lire un story-board, l'effet est sympathique.
Les couleurs me plaisent aussi. Elles sont vives, tranchées, elles mettent une ambiance que j'ai rarement vue dans une bande dessinée.
Ca y est je me lance, j'achète ce gros pavé, on verra bien...
Aucune déception durant la lecture, le niveau graphique (dessins+couleurs) est à la hauteur de mes attentes et de mes premières impressions.
Côté scénario, l'histoire est fluide, on se laisse guider. La BD est parsemée de quelques éléments supplémentaires (type roman), pour apporter de la crédibilité à l'histoire, et des explications qui permettent au lecteur de bien cerner l'environnement des personnages.
Chaque chapitre se concentre sur un personnage à la fois, ce concept me plaît bien...
Et puis arrive déjà la fin. La Fin qui me convient, car elle est à la hauteur de tout le reste (j'avais peur d'une mauvaise fin "en queue de poisson").
5 étoiles, car cette BD est vraiment incontournable, l'ensemble est "puissant" !
Je conseille bien évidemment l'achat de ce livre qui, même acheté sur un coup de tête au départ, aura changé mon regard sur la BD en général.
Je fais partie des gens qui, de temps en temps, en ont ras le bol de la fantasy sauce Lanfeust avec toujours les mêmes histoires et les mêmes stéréotypes. Disant cela à mon libraire favori, il me sort alors un gros bouquin avec un titre et un dessin vraiment énigmatiques. Rosinski et Van Hamme étant souvent gage de qualité, je me jette alors à corps perdu dans ce récit épique.
Et oui, disons le tout de suite, le récit est vraiment époustouflant. On suit les aventures de notre petit (anti) héros qui doit sauver le monde en affrontant 3 immortels. L'aventure est vraiment épique, on passe par tous les stades émotionnels avec de la peur, de la crainte, de l'émotion, de la colère, je crois que c'est la seule série qui m'a autant fait vibrer. C'est aussi la seule BD qui navigue entre les genres avec autant de brio, on passe très facilement et sans rupture de la fantasy pure, à la S.F, au fantastique et même à l'érotique, du jamais vu !
Vous l'aurez deviné, le scénario est en béton armé avec des personnages travaillés et attachants et une épopée digne des grands classiques du cinéma.
Les dessins sont assez beaux, mais il faut s'y faire, néanmoins cela est plus facile d'accès que La Quête de l'Oiseau du Temps. Le trait est plus simple et moins brouillon à mes yeux. De plus, je trouve que le noir et blanc donne un aspect encore plus originel à l'œuvre, on a vraiment l'impression de lire un objet précieux et ancien.
Sans compter la fin qui m'a fait pousser un "ouah" de surprise et d'ébahissement.
Une BD magique, intemporelle et donc forcément cultissime!
Etrange et fascinant nouveau volume dans la collection " Le Louvre ".
Les auteurs réussissent l'exercice avec maestria.
Cerise sur le gâteau, Yslaire se surpasse au dessin fournissant une copie où la technique est en phase avec le contenu.
Dans "Le ciel au-dessus du Louvre" on découvre le contexte historique, politique et artistique de l'époque de la création du musée du Louvre.
C'est instructif et bien construit. On sent l'énorme travail documentaire pour arriver à un résultat aussi positif.
Yslaire utilise une technique à mi-chemin entre ses productions classiques et un crayonné avancé mis en couleur. Le rendu est superbe et m'est apparu judicieux pour cette BD artistique où la technique a son importance comme l'on peut s'en douter.
La BD est superbe, l'édition est de qualité, le contenu en phase avec la collection. J'adore, tout est réussi et pertinent dans cet opus.
A découvrir de toute urgence.
Depuis le temps que je lis des avis sur différentes séries, en voici une qui me donne vraiment envie de partager le mien...
En effet, Spoogue gagne franchement à être connu.
Alors ok, ni le héros ni les autres personnages ne sont vraiment sexy, que ce soit au niveau physique ou de leurs motivations, mais c'est justement ça qui est bon !
Si on y rajoute un dessin expressif avec pas mal d'humour notamment en arrière plan (j'adore), beaucoup d'action et de retournement de situation, plus une fin assez inattendu, on obtient une excellente série !
Son seul défaut à mes yeux, tout juste 3 tomes c'est trop court !!! A noter une mention spéciale pour le tome 2 qui est pour moi le meilleur...
Si vous ne connaissez pas déjà Spoogue, vous avez de la chance, vous allez pouvoir découvrir une série culte :-)))
Ah! Corto Maltese, dire qu'il m'a fallu plus d'un an entre ma première lecture (évidemment j'avais commencé par Mû) avant de m'y replonger dedans.
Mais cette fois là je l'avais prise par le bon bout, d'abord la ballade de la mer salée puis les éthiopiques puis les celtiques, et évidemment c'est la crise, la boulimie, un monde envoûtant, fait de fulgurances et de poésie un monde où dès que l'on a entrouvert la porte on est happé.
Sur le personnage de Corto et ses acolytes on a déjà tout dit mais quelle humanisme quel souffle épique, quand je m'engouffre dans ses aventures je rêve d'être à ses côtés et je vis l'aventure.
Bref béni soit saint Hugo Pratt.
Vous l'aurez compris c'est une série qui m'a plu.
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Arq
Le premier mot qui vient à l'esprit pour qualifier cette série, ou tout du moins ce premier cycle, est déconcertant. En effet, comme il est mentionné dans les avis précédents, Arq est une série hors normes. Différencier réel et irréel relève souvent de l'exploit tant Andreas s'évertue à nous mettre des bâtons dans les roues. Il faut dire que le scénario, tout en étant béton, est sacrément tordu. Moi qui débute dans le monde d'Andreas avec cette BD, j'ai été sacrément secoué. On oscille constamment entre réel et virtuel, mais même arrivé à la fin du premier cycle on se demande encore dans quel univers on évolue. Bref, totalement déstabilisant, bien qu'on ait une idée sur l'ancrage du réel. Côté dessin, c'est à l'image de l'histoire. C'est bizarre. On sent que c'est travaillé, que l'auteur a décidé de tout faire pour nous dépayser, nous proposer quelque chose d'original. Cependant, le cachet graphique renvoie à une période révolue au niveau des couleurs, même si l'ensemble ne manque pas de nuances. Il faut également évoquer le remarquable travail effectué au niveau du découpage. Il ajoute encore plus une atmosphère étrange à cette BD. Dans l'ensemble, c'est une lecture déconcertante, déstabilisante. Si vous souhaitez tenter l'aventure, préparez vous mentalement car il n'est pas dit qu'Arq vous soit ouvert. En résumé, franchement bizarre. Edit: Après lecture du second cycle (ou du moins des 5 tomes sur 6 :!) je passe la série en culte. Ce second cycle est certes moins déstabilisant que le premier, mais l'histoire est toujours aussi captivante.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Bon allez, tabula rasa de mon précédent avis que j'estime ne pas être à la hauteur de cette magnifique série. Les paroles s'envolent et les écrits restent, peut-on entendre ici et là. Quoi qu'il en soit, mon avis ci-présent restera cette fois ci intact, à l'instar du sentiment que m'inspire cette magnifique épopée salvatrice. Mais que m'inspire donc cette série ? Eh bien pour commencer, je dirai que l'ambiance est tout bonnement exceptionnelle. On a vraiment l'impression de vivre une quête grandiose. Tout, à part éventuellement le dessin vieillissant, y contribue. Le ton est épique, mais également jalonné de passages comiques, les personnages charismatiques, hauts en couleurs. D'ailleurs, le duo Pélisse-Bragon a véritablement marqué l'Histoire de la Bande Dessinée. Tous deux possèdent en effet un caractère bien trempé, une psychologie savamment étudiée qui ne peut que les rendre attachants, même lors des relectures occasionnelles. Par extension, la compagnie formée par ces sauveurs restera inoubliable tellement la chaleur dégagée par cette troupe les rend si attirants. De même, l'univers d'Akbar jouit d'un bon background. Chaque région visitée est l'occasion d'étayer cet univers, de lui insuffler une âme. Durant cette quête, on aura ainsi le loisir de croiser différents indigènes, souvent ennemis d'ailleurs. L'histoire, il faut bien en parler un peu, est prenante. Ne brillant pas forcément par son originalité, l'histoire se distingue par ses autres atours évoqués ci-dessus, et également par un rythme soutenu. Mais surtout, la fin est peut-être la plus réussie qu'il m'ait été donné de voir. Originale, émouvante, parfaite, le choc est tel que l'on en ressort changé. Mais malgré tout, le constat n'est pas vraiment parfait. Je retiendrai quelques broutilles comme un découpage parfois hasardeux (je me suis quelques fois trompé dans le sens de lecture), même critique pour les phylactères, et surtout un dessin daté, point sur lequel il n'est pas besoin de revenir. Cependant, il serait dommage que ces défauts anecdotiques vous empêchent de découvrir la richesse de cette fabuleuse saga.
Le Signe de la Lune
Si je ne mets pas un 5/5 sur cette BD, je n'en mettrai jamais !!!! J'ai adoré, impossible de décrocher malgré l'heure tardive, je n'ai pas eu d'autre choix que d'aller au bout. Le scénario est un conte maitrisé à la narration parfaite. Les éléments s'imbriquent naturellement. Il y a un côté universel dans cette histoire. La dernière fois que j'ai eu le même ressenti, c'était pour La Quête de l'Oiseau du Temps. Le dessin est exceptionnel également, Munuera est au sommet de son art. Chaque case se savoure, certains dessins pleine page sont sublimes. Ce duo d'auteurs se complète à merveille. Je ne trouve vraiment rien à redire à ce projet. Même l'éditeur apporte sa pierre à l'édifice en limitant le prix car 15,50 pour une BD cartonnée grand format avec une telle pagination, c'est plus qu'honnête. 20/20 sur toute la ligne, un énorme coup de coeur et un 5/5 amplement mérité.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
J’ignore si on peut parler de bible pour un livre où la Bible est en toile de fond, mais il est certain que si je devais emmener dix BD sur une île, celle-ci serait à coup sûr du voyage… L’action se situe dans un monde imaginaire où cohabitent plusieurs races, à une époque indéterminée. Un monde cruel où règnent la guerre et l’esclavage, mais comprenant par ailleurs une part de merveilleux. Il s’agit d’un conte avec pour point d’appui une quête comprenant tous les ingrédients propre au genre, doté d’un humour savamment dosé, ce qui évite d’atténuer la force du récit. Les auteurs nous dévoilent le chaînon manquant expliquant comment un « péché originel » (la soif de pouvoir) a fait de notre Terre un endroit maudit et privé d’harmonie. Sur le plan de la forme, j’aime beaucoup le trait habile et prolifique de Rosinski, qui permet de s’attarder longuement sur chaque case où fourmillent nombre de détails. Quant au scénario de Van Hamme, il est parfait, comportant pas mal de rebondissements inattendus, avec un dénouement étonnant, à ceux qui ne l’auraient pas encore lu, je n’en dis pas plus… Très bien vu aussi le clin d’œil à « 2001 » au début et à la fin… Les personnages principaux enfin, très attachants… J’ai surtout adoré le côté anti-héros de J’on, qui se demande pourquoi le Dieu-Monolithe U’n lui a collé cette saleté de mission d’unifier les trois immortels pour ramener la paix dans le monde, alors que lui préférerait faire des câlins à sa dulcinée, avoir sa petite maison et cultiver son jardin peinard… La petite compagne de J’on est mignonne et sexy, quant à l’étrange créature Volga la devineresse, je pense qu’elle a dû susciter chez pas mal de lecteurs des rêves plus que torrides… Cette BD épique possède il me semble le potentiel pour réunir un public très varié, pouvant se lire à plusieurs niveaux. Non seulement elle saura combler les amateurs d’aventures, mais inciter par ailleurs à une réflexion philosophique en procédant à une relecture saisissante de la Bible, un peu comme si les auteurs avaient voulu dire : « on efface tout et on recommence ! » Et il est vrai qu’à force d’être si célèbre, la vraie « Bible » s’est banalisée, et au fil des siècles, les différentes interprétations ont donné lieu à une multitude d’églises parfois ennemies qui ne savent même plus pourquoi elles le sont… à l’encontre total de l’effet recherché ! L’autre force de cette histoire est qu’elle pourra toucher autant les croyants que les athées en expliquant pourquoi Dieu a déserté le monde terrestre et que la solution pour éviter l’apocalypse est entre nos seules mains… Tout aussi fascinant est le lien fait entre un monde purement fictif situé dans le passé et le nôtre… De la science-fiction à l’envers en quelque sorte; qui se rapproche ainsi de l’« heroic fantasy ». Le constat est certes pessimiste, mais le but est peut-être de nous sortir de notre torpeur face aux menaces présentes et à venir. A la manière du Seigneur des anneaux, cette histoire ne fait que prôner un réenchantement du monde, qui plus que jamais en a grand besoin…
Les Cinq Conteurs de Bagdad
Pour mon centième avis, je tenais absolument à ce qu'il soit dédié à ce chef d'oeuvre authentique qui compte pour l'instant parmi mes histoires préférées. Artiste talentueux, Fabien Vehlmann signe ici son ouvrage le plus abouti pour le moment, ouvrage qui a valeur de manifeste tellement le parti pris est fort dans cette BD. Engagement fort ne veut pas forcément dire récit réussi. Cependant, Vehlmann maîtrise parfaitement son sujet et semble se jouer des difficultés tant le résultat final est bluffant. Ces Cinq Conteurs de Bagdad nous emmènent pour un temps à la recherche de la plus merveilleuse histoire qui soit, la plus aboutie. Véritable mise en abîme du métier de scénariste, l'auteur use et abuse avec talent de subtils artifices pour amener ses propos. Par exemple, la personnification des différents rôles des histoires allège le récit tout en l'enrichissant. Le passage de la fresque représentant la vie de Jésus me semble aussi être représentatif du talent de l'auteur : bien que ce soit une des parties les plus drôles de l'histoire, le procédé utilisé démontre bien plus efficacement que de longs discours la puissance de la parodie. Mais comme le disent les auteurs à la fin, pour faire un bon récit il faut aussi que la trame première suive la réflexion. Pari réussi également, puisque je me suis plongé avec délice dans cet univers enchanteur, enrichi par les histoires qu'il colporte. Malgré la fin qui nous est dévoilée dès le départ, le scénario est très prenant, puisque les situations font simultanément avancer l'histoire et la réflexion. Les auteurs ayant choisi de découper leur récit en épisodes, à l'instar de « Dieu qui pue, Dieu qui pète », la narration s'en trouve allégée et dynamique. Jusqu'ici je n'ai parlé que de l'histoire en elle-même. Il serait plus qu'injuste de ma part de ne pas mentionner l'excellent travail de Franz Duchazeau au dessin. Plus abouti que ses précédentes productions, le graphisme vient souvent flatter les rétines, notamment grâce à l'utilisation judicieuse des hachures. Bien qu'un peu réfractaire à son style particulier, j'ai appris, en découvrant d'autres productions de Duchazeau, à apprécier son style. Et force est de reconnaître sa maîtrise dans ce domaine. Même si certaines cases sont parfois inégales, l'exquise beauté des autres ne peut que nous aider à plonger dans cet univers merveilleux, malgré la réticence de certains à ce style un peu décalé. En somme, Les Cinq Conteurs de Bagdad est un chef d'oeuvre qui réussit à mixer avec brio humour, intelligence et imagination. Là où les mots ne suffisent plus à exprimer l'admiration, je pose ma plume et m'incline devant vous messieurs Vehlmann et Duchazeau.
Watchmen
J'ai découvert les Watchmen peu de temps après la sortie du film (film qui n'a pas attiré mon attention dans un premier temps). C'est plutôt cette couverture noire, jaune et rouge qui m'a interpellé. J'ouvre ce livre, jette un oeil sur quelques pages : la première planche me plaît. On a l'impression de lire un story-board, l'effet est sympathique. Les couleurs me plaisent aussi. Elles sont vives, tranchées, elles mettent une ambiance que j'ai rarement vue dans une bande dessinée. Ca y est je me lance, j'achète ce gros pavé, on verra bien... Aucune déception durant la lecture, le niveau graphique (dessins+couleurs) est à la hauteur de mes attentes et de mes premières impressions. Côté scénario, l'histoire est fluide, on se laisse guider. La BD est parsemée de quelques éléments supplémentaires (type roman), pour apporter de la crédibilité à l'histoire, et des explications qui permettent au lecteur de bien cerner l'environnement des personnages. Chaque chapitre se concentre sur un personnage à la fois, ce concept me plaît bien... Et puis arrive déjà la fin. La Fin qui me convient, car elle est à la hauteur de tout le reste (j'avais peur d'une mauvaise fin "en queue de poisson"). 5 étoiles, car cette BD est vraiment incontournable, l'ensemble est "puissant" ! Je conseille bien évidemment l'achat de ce livre qui, même acheté sur un coup de tête au départ, aura changé mon regard sur la BD en général.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Je fais partie des gens qui, de temps en temps, en ont ras le bol de la fantasy sauce Lanfeust avec toujours les mêmes histoires et les mêmes stéréotypes. Disant cela à mon libraire favori, il me sort alors un gros bouquin avec un titre et un dessin vraiment énigmatiques. Rosinski et Van Hamme étant souvent gage de qualité, je me jette alors à corps perdu dans ce récit épique. Et oui, disons le tout de suite, le récit est vraiment époustouflant. On suit les aventures de notre petit (anti) héros qui doit sauver le monde en affrontant 3 immortels. L'aventure est vraiment épique, on passe par tous les stades émotionnels avec de la peur, de la crainte, de l'émotion, de la colère, je crois que c'est la seule série qui m'a autant fait vibrer. C'est aussi la seule BD qui navigue entre les genres avec autant de brio, on passe très facilement et sans rupture de la fantasy pure, à la S.F, au fantastique et même à l'érotique, du jamais vu ! Vous l'aurez deviné, le scénario est en béton armé avec des personnages travaillés et attachants et une épopée digne des grands classiques du cinéma. Les dessins sont assez beaux, mais il faut s'y faire, néanmoins cela est plus facile d'accès que La Quête de l'Oiseau du Temps. Le trait est plus simple et moins brouillon à mes yeux. De plus, je trouve que le noir et blanc donne un aspect encore plus originel à l'œuvre, on a vraiment l'impression de lire un objet précieux et ancien. Sans compter la fin qui m'a fait pousser un "ouah" de surprise et d'ébahissement. Une BD magique, intemporelle et donc forcément cultissime!
Le ciel au-dessus du Louvre
Etrange et fascinant nouveau volume dans la collection " Le Louvre ". Les auteurs réussissent l'exercice avec maestria. Cerise sur le gâteau, Yslaire se surpasse au dessin fournissant une copie où la technique est en phase avec le contenu. Dans "Le ciel au-dessus du Louvre" on découvre le contexte historique, politique et artistique de l'époque de la création du musée du Louvre. C'est instructif et bien construit. On sent l'énorme travail documentaire pour arriver à un résultat aussi positif. Yslaire utilise une technique à mi-chemin entre ses productions classiques et un crayonné avancé mis en couleur. Le rendu est superbe et m'est apparu judicieux pour cette BD artistique où la technique a son importance comme l'on peut s'en douter. La BD est superbe, l'édition est de qualité, le contenu en phase avec la collection. J'adore, tout est réussi et pertinent dans cet opus. A découvrir de toute urgence.
Spoogue
Depuis le temps que je lis des avis sur différentes séries, en voici une qui me donne vraiment envie de partager le mien... En effet, Spoogue gagne franchement à être connu. Alors ok, ni le héros ni les autres personnages ne sont vraiment sexy, que ce soit au niveau physique ou de leurs motivations, mais c'est justement ça qui est bon ! Si on y rajoute un dessin expressif avec pas mal d'humour notamment en arrière plan (j'adore), beaucoup d'action et de retournement de situation, plus une fin assez inattendu, on obtient une excellente série ! Son seul défaut à mes yeux, tout juste 3 tomes c'est trop court !!! A noter une mention spéciale pour le tome 2 qui est pour moi le meilleur... Si vous ne connaissez pas déjà Spoogue, vous avez de la chance, vous allez pouvoir découvrir une série culte :-)))
Corto Maltese
Ah! Corto Maltese, dire qu'il m'a fallu plus d'un an entre ma première lecture (évidemment j'avais commencé par Mû) avant de m'y replonger dedans. Mais cette fois là je l'avais prise par le bon bout, d'abord la ballade de la mer salée puis les éthiopiques puis les celtiques, et évidemment c'est la crise, la boulimie, un monde envoûtant, fait de fulgurances et de poésie un monde où dès que l'on a entrouvert la porte on est happé. Sur le personnage de Corto et ses acolytes on a déjà tout dit mais quelle humanisme quel souffle épique, quand je m'engouffre dans ses aventures je rêve d'être à ses côtés et je vis l'aventure. Bref béni soit saint Hugo Pratt. Vous l'aurez compris c'est une série qui m'a plu.