Alors, oui, je sais ! Je sais que qualifier « Lanfeust de Troy » de culte, ça fait bizarre, tant cette série est réputée commerciale, lourde et à rallonge. Pour ma part, encore aujourd’hui, cette série fait référence, et c’est surtout l’une des séries avec lesquelles j’ai recommencé à m’intéresser à la BD.
Alors, dans cette série, qu’est-ce que l’on a ?
On y trouve tout d’abord une formidable aventure, une quête dans un monde imaginaire. Une aventure rythmée, qui semble véritablement avancer à chaque tome, avec des rebondissements, des moteurs de relance et finalement, on ne s’ennuie pas une seconde dans cette série.
On y trouve ensuite un univers travaillé et maîtrisé, un monde de magie et d’êtres fabuleux, un univers dans lequel j’ai été immergé dès le premier tome et que je n’ai pas quitté avant d’avoir fermé le dernier. Les auteurs ont véritablement réussi à développer une aventure dans un monde cohérent, où rien n’est laissé au hasard. L’ensemble se tient et malgré la distance parcourue par les héros de cette aventure, on retrouve à chaque fois une maîtrise et une rigueur assez appréciable. La diversité des paysages, depuis le petit village de Glinin jusqu’aux mondes enneigés du Darshan, ainsi que la variété et la précision dans les détails (des moyens de locomotion aux habitations, des châteaux aux terres arides) participent grandement à cette impression que le monde présenté est vaste, varié et aussi maîtrisé. Dans ce contexte, le dessin rend véritablement hommage à l’univers imaginé, et permet vraiment de le mettre en valeur. La richesse du monde présenté sera d’ailleurs prétexte à multiplier les aventures ultérieures et de le réutiliser à l’envie pour d’autres séries. Avec cette déclinaison des séries annexes, il n’est pas étonnant que, aujourd’hui, on ait l’impression de tout connaître de ce monde de Troy.
On y trouve également une galerie de personnages sympathiques, et finalement, que ce soient les bons ou les méchants, tous sont véritablement travaillés. Avec l’utilisation de certains personnages dans des rôles ambigus, la série ne tombe pas toujours dans un côté manichéen trop poussé. Mais bon, c’est quand même une aventure qui oppose des gentils et des méchants, pas un traité de psychologie, ce qui explique que l’on trouvera ces personnages tantôt trop gentils, tantôt trop méchants, et peut-être aussi parfois assez naïfs. Par ailleurs, au fil des tomes, les personnages gagnent en maturité : le Lanfeust du tome conclusif n’a plus grand-chose à voir avec le petit forgeron du premier opus.
On y trouve enfin une bonne dose d’humour, qui fait surtout son apparition à partir du tome 3, et qui ne fait qu’enfler jusqu’à la fin de l’histoire. Beaucoup de jeux de mots, beaucoup de références, beaucoup de comique de situation… en bref, beaucoup de moments comiques pour lesquels j’ai été bon public. C’est un peu lourd parfois, c’est pas toujours très fin, mais par cet humour, le scénariste arrive à proposer plus au lecteur qu’une histoire de quête dans un univers HF. Il s’agit donc bien pour moi d’un plus dans cette série, qui n’a d’autre vocation de distraire et détendre…
Il est vrai qu’aujourd’hui, avec toutes les aventures autour du monde de Troy qui se sont développées au fil des ans, on regarde un peu Lanfeust comme un produit marketing, avec méfiance. Mais il n’en reste pas moins que l’ensemble de cette série originelle et originale est d’une très grande richesse et je ne peux qu’encourager sa lecture. Quel beau travail ! Quelle belle série !!
Cette bd ? Je l’ai lit-té-ra-le-ment dévorée ! A ce jour, « Le Ciel au-dessus du Louvre » est incontestablement mon album préféré de la collection « Musée du Louvre » de chez Futuropolis !
« Le Ciel au-dessus du Louvre » est une bd à part par rapport aux autres albums de cette collection car c’est la première fois qu’un auteur nous propose une histoire où le musée du Louvre ne sert que de décors.
En effet, dans cette bd, l’accent est mis sur l’avènement d’un tableau réalisé par David à partir d’une commande de Robespierre. Ça se passe sous la première république, Le Louvre, ancienne demeure des rois de France, est devenu désormais un musée populaire où le peuple pourra admirer les œuvres « révolutionnaires ». Le Louvre est aussi un endroit où les peintres et autres artistes « révolutionnaires » peuvent se côtoyer et y créer sur place leurs réalisations.
Bref, le lecteur suivra donc les péripéties de David pour a pour mission de dessiner « l’Être Suprême », cette représentation devra être le symbole de la pureté et de l’idéal républicain. Je ne sais pas si les autres lecteurs ont eu la même (mauvaise) sensation que moi : celle de voir qu’au XVIIIème siècle, l’idée de la race supérieure existait déjà (et même au-deçà puisque les spartes de l’Antiquité grecque se vantaient d’être un peuple supérieur) …
Cette lecture m’a passionné de bout en bout malgré le fait que la révolution française ne m’a jamais intéressé jusqu’à maintenant ! Le bédéphile suivra les coups tordus des principaux acteurs de la vie politique de cette époque (je pense notamment à Robespierre et Danton). Sur ce dernier point, ce one-shot est très riche en renseignements sur cette période trouble de l’histoire de France, ce qui ne veut pas dire que l’album manque d’humour (noir) à l’image de la fameuse réplique de Danton : « Dommage que Dieu n'ait pas une tête ! On sait bien ce qu'on en ferait ! »
Dans « Le Ciel au-dessus du Louvre », j’ai apprécié la narration (très) dynamique de Jean-Claude Carrière. J’y ai adoré le trait d’Yslaire et sa grande variété de styles (il passe allégrement d’un dessin abouti au crayonné). Vraiment, j’adore le traitement graphique du « Ciel au-dessus du Louvre » !
J’ai vraiment été emballé par cet album que je considère comme le meilleur de la collection « Musée du Louvre » à ce jour. J’ai tout aimé dans cette bd : le graphisme d’Yslaire, sa situation historique, son originalité, sa narration dynamique… Bref, « Le Ciel au-dessus du Louvre » est mon gros coup de cœur du moment !
Alan Moore m'a ouvert les yeux avec V pour Vendetta, il m'a ému avec Watchmen et à présent il me divertit avec La Ligue...
Reprendre des personnages de la littérature fantastique du XiXème siècle aussi divers et variés que l'homme invisible, Dr Jekyll et son double maléfique Mr Hyde, Mina Harker sorti des écrits de Bram Stoker, le capitaine Nemo ainsi que son Nautilus et l'homme de terrain Allan Quatermain pour mieux les détourner et les envoyer via une haute équipe improbable de guilde secrète au service de sa Majesté d'Angleterre.
Sauf que là on a affaire à une véritable équipe de bras cassés : Jekyll est un timide docteur se métamorphosant sur la peur et la colère en monstre de 4 mètres psychopathe et incontrôlable, le capitaine Nemo est un hindou qui travaille par contraintes pour l'empire britannique en mettant à disposition son fantastique submersible, Quattermain est un vieil aventurier déchu par son addiction à la cocaïne et l'homme invisible un profiteur vulgaire et violeur alors que Mina Harker tente d'imposer une cohésion malgré sa condition de femme cachant un lourd passé...
Tout ce beau monde se met au service d'une Angleterre victorienne dans un univers Steampunk des plus réussis où humour, action et références sexuelles se côtoient à travers des dialogues soutenus des plus croustillants.
Les dessins me rebutant lors de l'effeuillage sont là finalement pour desservir des tableaux d'une grande richesse par leur découpage, les personnages ne sont que des ombres étirées donnant un air à la fois réaliste et comics à l'ensemble.
Il n'y a véritablement au premier abord aucune profondeur à tout ce patchwork pop culturel et pourtant si le tout se lit facilement, j'ai eu enfin l'impression de tenir entre mes mains un serial d'une grande richesse me rappelant un Blake & Mortimer perdu dans un monde fantastique et déviant pour adultes...
A savoir que cette série me semble avoir inspiré pas mal d'autres "petits" comme La Brigade Chimérique, nouvelle série prometteuse prenant son essor ou la série des 7 de David Chauvel mais le tout ne se prenant pas au sérieux tout en ménageant les qualités d'un "page turner" pour reprendre cette expression des plus prometteurs...
Indispensable, barré, imaginatif et fou, cette Ligue mérite amplement de figurer dans toute bonne collection que l'on apprécie les autres travaux de Moore ou non.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant cette bd si ce n'est qu'elle est un des incontournables du genre. Et bien j'ai réellement été transporté dans un autre univers en la lisant, qui fait parfois penser à Dark Krystal ou d'autres références du genre.
Le périple de ce petit Chninkel est bourré d'embuches mais également d'humour et d'action, on ne s'ennuie pas une minute. L'aventure est bien menée et le scénario très bon.
Les dessins sont assez jolis et le noir et blanc renforce grandement leur beauté (évitez donc la version couleur).
Si vous aimez l'heroic fantasy vous ne serez certainement pas indifférent au charme de cette BD qui mérite amplement son titre d'incontournable.
Voila pas mal de temps que je suis et que j'apprécie l'oeuvre de Lax, sans jamais lui accorder la note de l'excellence. C'est chose faite!
J'avais peur, en attendant la suite de L'Aigle sans orteils, que Lax nous sorte une rallonge, où finalement on apprendrait que la fin de l'aigle n'était pas ce qu'on croyait, etc... A la Van Hamme, quoi !
Hé bien non ! Même s'il est préférable de lire l'aventure d'Amédée Fario, cette suite, qui nous décrit une autre course légendaire, le Paris-Roubaix, et un autre univers, le nord industriel et minier, se suffit à elle même.
Avec quel talent Lax nous décrit le quotidien des "gueules noires" ! Et la course, dont l'engouement populaire est un pied de nez aux "patrons exploiteurs".
En parallèle, nous suivons les déboires de Camille Peyroulet, l'ami d'Amédée, tentant de récupérer une fillette dans un orphelinat sordide, dans une France d'après guerre qui a du mal à panser ses blessures.
Et les dessins : un plaisir pour les yeux, des expressions travaillées, le souci du détail, des couleurs chaleureuses. Lax est ici au sommet de son art.
Vivement la suite.
Tout a déjà été dit et redit. Mon intérêt pour Gaston date de l'époque où je n'étais pas bien grand et où je possédais le tome du "Bureau des gaffes en gros", que j'ai dû lire des dizaines de fois sans me lasser. J'ai par la suite toujours voulu découvrir et posséder l'intégralité de la série, sans jamais réussir à trouver tous les tomes d'une même édition. Voilà qui est chose faite depuis quelques jours, avec la toute récente édition (novembre 2009) de l'intégralité des gags, publiés dans l'ordre chronologique (enfin !), et avec en prime tous les dessins annexes de Franquin non repris (paraît-il) dans les précédentes éditions.
Plus de 40 ans après la parution des premiers strips, cette BD est toujours un pur bonheur.
Une œuvre intemporelle pour petits et grands.
Un chef d'œuvre de divertissement et de réflexion.
Ah la la, qu'est-ce que j'ai eu plaisir à lire et à relire cette histoire "ordinaire". Pour la petite histoire (qui ne va pas intéresser grand monde), c'est cette bande dessinée là qui m'a fait plonger corps et âme dans la bande dessinée. C'est après avoir lu Le Combat Ordinaire que je me suis mis à dévorer les bandes dessinées de ma bibliothèque universitaire, à la recherche d'une oeuvre qui aurait autant de force que celle-ci.
Croyez-moi ou non, je cherche toujours !
Pour conclure sur quelque chose de moins personnel, je conseille bien évidemment cette bd au plus grand nombre, même s'il est clair qu'elle n'aura pas le même impact sur tout le monde. Moi, elle m'a insufflé la passion de la bd! (zut j'avais dit moins personnel ^^)
Blacksad est la BD par excellence que j'offrirais à quelqu'un en guise d'introduction à la bande dessinée. C'est magnifique, bien mené, et doté d'une atmosphère puissante d'un niveau rarement atteint.
Les relectures n'ont fait que me conforter dans l'idée que cette série accumule les qualités, nous offrant un cocktail non pas explosif mais bel et bien du genre de ceux qu'on sirote doucement, appréciant chaque gorgée à sa juste valeur : dessins, dialogues, mise en scène, suspens, drame, humour. Tous ces ingrédients sont dispensés intelligemment et avec bon goût.
J'en redemande !
Vaste chantier traçant des destinées dans des architectures magnifiques d’un monde étrange et complexe. Je ne traiterai que les tomes suivants :
Les murailles de Samaris
Album étrange mais ne le sait-on pas en ouvrant n’importe quel opus des cités obscures ?
Ce premier opus désarçonne le lecteur tout au long du récit. Le voyage d’une part, inquiétant, fantastique donne un sentiment surnaturel tout à fait intéressant. Je devrai dire les voyages, car si le retour se développe moins, il tient tout autant le lecteur en haleine. La ville enfin, les masques tombent, tout parait si confus si instrumentalisé, si figé, le lecteur rentre dans l’histoire et se promène dans la ville par une lecture captivée. Voila le point fort du récit. En soi à posteriori l’histoire n’est pas si extraordinaire, mais l’immersion dans l’univers totale permet au lecteur de participer pleinement à la lecture. Le scénario habilement construit se sert d’un dessin magistral pour faire rentrer le lecteur dans cet univers si étrange.
Parlons dessins tout de même puisque ce point donne au récit tout son intérêt. L’univers architectural magistral donne au lecteur des repères à la fois solides et déroutant, solides comme ces pièces architecturales mais déroutantes par la créativité associée. Les voyages et autres machines de mouvement mettent en relief une technologie déroutante associant efficacité et beauté, curiosité et crédibilité. La colorisation ancienne de ce premier tome reste de nos jours agréable et participe de l’ambiance étrange qui se dégage de l’album.
Un album magnifique à connaître absolument
La fièvre d’Urbicande
Cet opus en noir et blanc nous plonge dans une ville partagée, qu’un événement extraordinaire va perturber pour détruire un équilibre existant afin d’en instituer un autre.
Les dessins magnifiques de cette cité forment un voyage architectural très intéressant passant des grands édifices type soviétiques aux petits quartiers urbains occidentaux européens tout en voyageant dans des intérieurs. L’écrin graphique nous transporte une fois encore dans une cité très intéressante.
Le scénario nous conte comment un phénomène peut transformer les pseudo acquis discriminatoires d’une ville. C’est un peu l’historie de Berlin qui nous est conté d’abord l’inconnu va contre l’ordre en place qui se croit supérieur, puis le régime prend peur, l’homme profite pour se retrouver, on s’habitue, le commerce s’arrange de la nouvelle situation, puis ça devient normal et lorsque le phénomène continue d’évoluer pour finalement disparaître, il vient à manquer et l’homme va chercher à le reproduire.
Magistral scénario avec cette magnifique phrase de cette homme empêtré dans ses idées « le pourvoir : pour quoi faire », il restera dans le questionnement tandis que celui qui agit habilement se verra au contraire légitimé aux yeux de la société. Chapeau pour cet album.
La Tour
La tour nous raconte une fois encore une histoire de voyage dans un univers architectural riche et étonnant. En sus d’un univers extraordinaire, le personnage principal se trouve pris dans sa quête initiatique et emmène le lecteur dans les méandres de cette tour de Babel et de ses propres questions. Ce récit jouit non seulement d’un plaisir graphique au sommet mais d’un thème magistralement traité. L’album en noir et blanc démontre une technique inouïe et s’achève sur cette découverte de la couleur qui finit l’album en feu d’artifice, en apothéose intellectuelle et graphique. Ce récit représente pour moi le summum des citées obscures, la métaphore de l’ascension, les réflexion sur l’art, les moyens et le but, la connaissance et le progrès se trouvent sublimés par un environnement architectural grandiose. On peut tout à la fois passer sur les images dans une aventure graphique légère ou réfléchir à chaque case et voir le travail d’orfèvre mêlant scénario et graphisme pour des réflexions qui vont au-delà du message basique.
Inégalé
La route d'Armilia
Dans ce récit Les auteurs s’éloignent de la BD pour un récit illustré accompagné passages en mode bande dessinée. L’ensemble de fort belle facture graphique se laisse suivre avec tentation. Le voyage éternel thème se décline ici dans les airs. Le scénario en revanche se simplifie : il n’est question ici que d’une basique histoire de voyage. Il faut tout le talent des auteurs pour faire d’un scénario où il ne se passe rien (ou si peu) un bel album agréable à lire. La fin et la découverte de cette vile du nord sauve l’album d’un vide en ajoutant un vague thème écologiste.
La frontière invisible
Première série en deux tomes, le premier ne m’avait pas fait forte impression. Certes graphiquement, nous sommes toujours dans le très beau, très créatif, très vivant, mais le scénario avait du mal à se lancer. Le second tome en revanche ajoute un piment et permet à l’ensemble de trouver une cohérence globale. Notre jeune héros se perd dans des chimères dans un monde peu enviable. Il est toujours question de pouvoir plus ou moins dictatorial, d’une administration forte de conflit politique et armé. Les dernières planches et cette prise de conscience de l’erreur de notre jeune parachuté par la naissance nous bouleversent sans toutefois trouver autant de profondeur que dans les premiers tomes.
Pas encore lu les hors série
Au final, chaque album parle d’un univers propre et il parait délicat de donner une note globale. Toutefois l’ensemble forme une œuvre majeure. Il n’est pas inutile de lire les moins bons pour participer à l’ambiance globale de cet univers si proche par nombre de repères comme l’architecture mais si lointain par la créativité des moyens de transport, la géographie et le régime de gouvernance. A connaître impérativement.
J'ai découvert cette œuvre il y a quelques semaines et depuis je l'ai relue une bonne vingtaine de fois. Winshluss, que j'ai connu avec les planches de Wizz et Buzz parues dans Picsou Magazine, est au sommet de son art. Son dessin est absolument superbe, chaque case est de toute beauté et certains passages sont de véritables chef d'œuvres comme les pages 132-133 que j'ai regardées une bonne centaine de fois !
Le scénario est lui aussi excellent. La force de Winshluss est de faire un récit qui reste cohérent même si ça part dans tous les sens. Les personnages apparaissent, disparaissent et réapparaissent au fil des pages pour notre plus grand plaisir. J'aime particulièrement le flic Bob Javer et son cynisme. Les thèmes abordés sont très adultes. Toute la cruauté dont sont capables les humains est réunie dans ces pages !
Bref, cet album fait partie de mon top 10 des meilleures séries que j'ai jamais lues et je suis sûr qu'elle deviendra culte au fil du temps. Elle le mérite amplement.
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Lanfeust de Troy
Alors, oui, je sais ! Je sais que qualifier « Lanfeust de Troy » de culte, ça fait bizarre, tant cette série est réputée commerciale, lourde et à rallonge. Pour ma part, encore aujourd’hui, cette série fait référence, et c’est surtout l’une des séries avec lesquelles j’ai recommencé à m’intéresser à la BD. Alors, dans cette série, qu’est-ce que l’on a ? On y trouve tout d’abord une formidable aventure, une quête dans un monde imaginaire. Une aventure rythmée, qui semble véritablement avancer à chaque tome, avec des rebondissements, des moteurs de relance et finalement, on ne s’ennuie pas une seconde dans cette série. On y trouve ensuite un univers travaillé et maîtrisé, un monde de magie et d’êtres fabuleux, un univers dans lequel j’ai été immergé dès le premier tome et que je n’ai pas quitté avant d’avoir fermé le dernier. Les auteurs ont véritablement réussi à développer une aventure dans un monde cohérent, où rien n’est laissé au hasard. L’ensemble se tient et malgré la distance parcourue par les héros de cette aventure, on retrouve à chaque fois une maîtrise et une rigueur assez appréciable. La diversité des paysages, depuis le petit village de Glinin jusqu’aux mondes enneigés du Darshan, ainsi que la variété et la précision dans les détails (des moyens de locomotion aux habitations, des châteaux aux terres arides) participent grandement à cette impression que le monde présenté est vaste, varié et aussi maîtrisé. Dans ce contexte, le dessin rend véritablement hommage à l’univers imaginé, et permet vraiment de le mettre en valeur. La richesse du monde présenté sera d’ailleurs prétexte à multiplier les aventures ultérieures et de le réutiliser à l’envie pour d’autres séries. Avec cette déclinaison des séries annexes, il n’est pas étonnant que, aujourd’hui, on ait l’impression de tout connaître de ce monde de Troy. On y trouve également une galerie de personnages sympathiques, et finalement, que ce soient les bons ou les méchants, tous sont véritablement travaillés. Avec l’utilisation de certains personnages dans des rôles ambigus, la série ne tombe pas toujours dans un côté manichéen trop poussé. Mais bon, c’est quand même une aventure qui oppose des gentils et des méchants, pas un traité de psychologie, ce qui explique que l’on trouvera ces personnages tantôt trop gentils, tantôt trop méchants, et peut-être aussi parfois assez naïfs. Par ailleurs, au fil des tomes, les personnages gagnent en maturité : le Lanfeust du tome conclusif n’a plus grand-chose à voir avec le petit forgeron du premier opus. On y trouve enfin une bonne dose d’humour, qui fait surtout son apparition à partir du tome 3, et qui ne fait qu’enfler jusqu’à la fin de l’histoire. Beaucoup de jeux de mots, beaucoup de références, beaucoup de comique de situation… en bref, beaucoup de moments comiques pour lesquels j’ai été bon public. C’est un peu lourd parfois, c’est pas toujours très fin, mais par cet humour, le scénariste arrive à proposer plus au lecteur qu’une histoire de quête dans un univers HF. Il s’agit donc bien pour moi d’un plus dans cette série, qui n’a d’autre vocation de distraire et détendre… Il est vrai qu’aujourd’hui, avec toutes les aventures autour du monde de Troy qui se sont développées au fil des ans, on regarde un peu Lanfeust comme un produit marketing, avec méfiance. Mais il n’en reste pas moins que l’ensemble de cette série originelle et originale est d’une très grande richesse et je ne peux qu’encourager sa lecture. Quel beau travail ! Quelle belle série !!
Le Ciel au-dessus du Louvre
Cette bd ? Je l’ai lit-té-ra-le-ment dévorée ! A ce jour, « Le Ciel au-dessus du Louvre » est incontestablement mon album préféré de la collection « Musée du Louvre » de chez Futuropolis ! « Le Ciel au-dessus du Louvre » est une bd à part par rapport aux autres albums de cette collection car c’est la première fois qu’un auteur nous propose une histoire où le musée du Louvre ne sert que de décors. En effet, dans cette bd, l’accent est mis sur l’avènement d’un tableau réalisé par David à partir d’une commande de Robespierre. Ça se passe sous la première république, Le Louvre, ancienne demeure des rois de France, est devenu désormais un musée populaire où le peuple pourra admirer les œuvres « révolutionnaires ». Le Louvre est aussi un endroit où les peintres et autres artistes « révolutionnaires » peuvent se côtoyer et y créer sur place leurs réalisations. Bref, le lecteur suivra donc les péripéties de David pour a pour mission de dessiner « l’Être Suprême », cette représentation devra être le symbole de la pureté et de l’idéal républicain. Je ne sais pas si les autres lecteurs ont eu la même (mauvaise) sensation que moi : celle de voir qu’au XVIIIème siècle, l’idée de la race supérieure existait déjà (et même au-deçà puisque les spartes de l’Antiquité grecque se vantaient d’être un peuple supérieur) … Cette lecture m’a passionné de bout en bout malgré le fait que la révolution française ne m’a jamais intéressé jusqu’à maintenant ! Le bédéphile suivra les coups tordus des principaux acteurs de la vie politique de cette époque (je pense notamment à Robespierre et Danton). Sur ce dernier point, ce one-shot est très riche en renseignements sur cette période trouble de l’histoire de France, ce qui ne veut pas dire que l’album manque d’humour (noir) à l’image de la fameuse réplique de Danton : « Dommage que Dieu n'ait pas une tête ! On sait bien ce qu'on en ferait ! » Dans « Le Ciel au-dessus du Louvre », j’ai apprécié la narration (très) dynamique de Jean-Claude Carrière. J’y ai adoré le trait d’Yslaire et sa grande variété de styles (il passe allégrement d’un dessin abouti au crayonné). Vraiment, j’adore le traitement graphique du « Ciel au-dessus du Louvre » ! J’ai vraiment été emballé par cet album que je considère comme le meilleur de la collection « Musée du Louvre » à ce jour. J’ai tout aimé dans cette bd : le graphisme d’Yslaire, sa situation historique, son originalité, sa narration dynamique… Bref, « Le Ciel au-dessus du Louvre » est mon gros coup de cœur du moment !
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
Alan Moore m'a ouvert les yeux avec V pour Vendetta, il m'a ému avec Watchmen et à présent il me divertit avec La Ligue... Reprendre des personnages de la littérature fantastique du XiXème siècle aussi divers et variés que l'homme invisible, Dr Jekyll et son double maléfique Mr Hyde, Mina Harker sorti des écrits de Bram Stoker, le capitaine Nemo ainsi que son Nautilus et l'homme de terrain Allan Quatermain pour mieux les détourner et les envoyer via une haute équipe improbable de guilde secrète au service de sa Majesté d'Angleterre. Sauf que là on a affaire à une véritable équipe de bras cassés : Jekyll est un timide docteur se métamorphosant sur la peur et la colère en monstre de 4 mètres psychopathe et incontrôlable, le capitaine Nemo est un hindou qui travaille par contraintes pour l'empire britannique en mettant à disposition son fantastique submersible, Quattermain est un vieil aventurier déchu par son addiction à la cocaïne et l'homme invisible un profiteur vulgaire et violeur alors que Mina Harker tente d'imposer une cohésion malgré sa condition de femme cachant un lourd passé... Tout ce beau monde se met au service d'une Angleterre victorienne dans un univers Steampunk des plus réussis où humour, action et références sexuelles se côtoient à travers des dialogues soutenus des plus croustillants. Les dessins me rebutant lors de l'effeuillage sont là finalement pour desservir des tableaux d'une grande richesse par leur découpage, les personnages ne sont que des ombres étirées donnant un air à la fois réaliste et comics à l'ensemble. Il n'y a véritablement au premier abord aucune profondeur à tout ce patchwork pop culturel et pourtant si le tout se lit facilement, j'ai eu enfin l'impression de tenir entre mes mains un serial d'une grande richesse me rappelant un Blake & Mortimer perdu dans un monde fantastique et déviant pour adultes... A savoir que cette série me semble avoir inspiré pas mal d'autres "petits" comme La Brigade Chimérique, nouvelle série prometteuse prenant son essor ou la série des 7 de David Chauvel mais le tout ne se prenant pas au sérieux tout en ménageant les qualités d'un "page turner" pour reprendre cette expression des plus prometteurs... Indispensable, barré, imaginatif et fou, cette Ligue mérite amplement de figurer dans toute bonne collection que l'on apprécie les autres travaux de Moore ou non.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant cette bd si ce n'est qu'elle est un des incontournables du genre. Et bien j'ai réellement été transporté dans un autre univers en la lisant, qui fait parfois penser à Dark Krystal ou d'autres références du genre. Le périple de ce petit Chninkel est bourré d'embuches mais également d'humour et d'action, on ne s'ennuie pas une minute. L'aventure est bien menée et le scénario très bon. Les dessins sont assez jolis et le noir et blanc renforce grandement leur beauté (évitez donc la version couleur). Si vous aimez l'heroic fantasy vous ne serez certainement pas indifférent au charme de cette BD qui mérite amplement son titre d'incontournable.
Pain d'Alouette
Voila pas mal de temps que je suis et que j'apprécie l'oeuvre de Lax, sans jamais lui accorder la note de l'excellence. C'est chose faite! J'avais peur, en attendant la suite de L'Aigle sans orteils, que Lax nous sorte une rallonge, où finalement on apprendrait que la fin de l'aigle n'était pas ce qu'on croyait, etc... A la Van Hamme, quoi ! Hé bien non ! Même s'il est préférable de lire l'aventure d'Amédée Fario, cette suite, qui nous décrit une autre course légendaire, le Paris-Roubaix, et un autre univers, le nord industriel et minier, se suffit à elle même. Avec quel talent Lax nous décrit le quotidien des "gueules noires" ! Et la course, dont l'engouement populaire est un pied de nez aux "patrons exploiteurs". En parallèle, nous suivons les déboires de Camille Peyroulet, l'ami d'Amédée, tentant de récupérer une fillette dans un orphelinat sordide, dans une France d'après guerre qui a du mal à panser ses blessures. Et les dessins : un plaisir pour les yeux, des expressions travaillées, le souci du détail, des couleurs chaleureuses. Lax est ici au sommet de son art. Vivement la suite.
Gaston Lagaffe
Tout a déjà été dit et redit. Mon intérêt pour Gaston date de l'époque où je n'étais pas bien grand et où je possédais le tome du "Bureau des gaffes en gros", que j'ai dû lire des dizaines de fois sans me lasser. J'ai par la suite toujours voulu découvrir et posséder l'intégralité de la série, sans jamais réussir à trouver tous les tomes d'une même édition. Voilà qui est chose faite depuis quelques jours, avec la toute récente édition (novembre 2009) de l'intégralité des gags, publiés dans l'ordre chronologique (enfin !), et avec en prime tous les dessins annexes de Franquin non repris (paraît-il) dans les précédentes éditions. Plus de 40 ans après la parution des premiers strips, cette BD est toujours un pur bonheur. Une œuvre intemporelle pour petits et grands.
Le Combat ordinaire
Un chef d'œuvre de divertissement et de réflexion. Ah la la, qu'est-ce que j'ai eu plaisir à lire et à relire cette histoire "ordinaire". Pour la petite histoire (qui ne va pas intéresser grand monde), c'est cette bande dessinée là qui m'a fait plonger corps et âme dans la bande dessinée. C'est après avoir lu Le Combat Ordinaire que je me suis mis à dévorer les bandes dessinées de ma bibliothèque universitaire, à la recherche d'une oeuvre qui aurait autant de force que celle-ci. Croyez-moi ou non, je cherche toujours ! Pour conclure sur quelque chose de moins personnel, je conseille bien évidemment cette bd au plus grand nombre, même s'il est clair qu'elle n'aura pas le même impact sur tout le monde. Moi, elle m'a insufflé la passion de la bd! (zut j'avais dit moins personnel ^^)
Blacksad
Blacksad est la BD par excellence que j'offrirais à quelqu'un en guise d'introduction à la bande dessinée. C'est magnifique, bien mené, et doté d'une atmosphère puissante d'un niveau rarement atteint. Les relectures n'ont fait que me conforter dans l'idée que cette série accumule les qualités, nous offrant un cocktail non pas explosif mais bel et bien du genre de ceux qu'on sirote doucement, appréciant chaque gorgée à sa juste valeur : dessins, dialogues, mise en scène, suspens, drame, humour. Tous ces ingrédients sont dispensés intelligemment et avec bon goût. J'en redemande !
Les Cités obscures
Vaste chantier traçant des destinées dans des architectures magnifiques d’un monde étrange et complexe. Je ne traiterai que les tomes suivants : Les murailles de Samaris
Album étrange mais ne le sait-on pas en ouvrant n’importe quel opus des cités obscures ?
Ce premier opus désarçonne le lecteur tout au long du récit. Le voyage d’une part, inquiétant, fantastique donne un sentiment surnaturel tout à fait intéressant. Je devrai dire les voyages, car si le retour se développe moins, il tient tout autant le lecteur en haleine. La ville enfin, les masques tombent, tout parait si confus si instrumentalisé, si figé, le lecteur rentre dans l’histoire et se promène dans la ville par une lecture captivée. Voila le point fort du récit. En soi à posteriori l’histoire n’est pas si extraordinaire, mais l’immersion dans l’univers totale permet au lecteur de participer pleinement à la lecture. Le scénario habilement construit se sert d’un dessin magistral pour faire rentrer le lecteur dans cet univers si étrange.
Parlons dessins tout de même puisque ce point donne au récit tout son intérêt. L’univers architectural magistral donne au lecteur des repères à la fois solides et déroutant, solides comme ces pièces architecturales mais déroutantes par la créativité associée. Les voyages et autres machines de mouvement mettent en relief une technologie déroutante associant efficacité et beauté, curiosité et crédibilité. La colorisation ancienne de ce premier tome reste de nos jours agréable et participe de l’ambiance étrange qui se dégage de l’album.
Un album magnifique à connaître absolument
La fièvre d’Urbicande
Cet opus en noir et blanc nous plonge dans une ville partagée, qu’un événement extraordinaire va perturber pour détruire un équilibre existant afin d’en instituer un autre.
Les dessins magnifiques de cette cité forment un voyage architectural très intéressant passant des grands édifices type soviétiques aux petits quartiers urbains occidentaux européens tout en voyageant dans des intérieurs. L’écrin graphique nous transporte une fois encore dans une cité très intéressante.
Le scénario nous conte comment un phénomène peut transformer les pseudo acquis discriminatoires d’une ville. C’est un peu l’historie de Berlin qui nous est conté d’abord l’inconnu va contre l’ordre en place qui se croit supérieur, puis le régime prend peur, l’homme profite pour se retrouver, on s’habitue, le commerce s’arrange de la nouvelle situation, puis ça devient normal et lorsque le phénomène continue d’évoluer pour finalement disparaître, il vient à manquer et l’homme va chercher à le reproduire.
Magistral scénario avec cette magnifique phrase de cette homme empêtré dans ses idées « le pourvoir : pour quoi faire », il restera dans le questionnement tandis que celui qui agit habilement se verra au contraire légitimé aux yeux de la société. Chapeau pour cet album.
La Tour
La tour nous raconte une fois encore une histoire de voyage dans un univers architectural riche et étonnant. En sus d’un univers extraordinaire, le personnage principal se trouve pris dans sa quête initiatique et emmène le lecteur dans les méandres de cette tour de Babel et de ses propres questions. Ce récit jouit non seulement d’un plaisir graphique au sommet mais d’un thème magistralement traité. L’album en noir et blanc démontre une technique inouïe et s’achève sur cette découverte de la couleur qui finit l’album en feu d’artifice, en apothéose intellectuelle et graphique. Ce récit représente pour moi le summum des citées obscures, la métaphore de l’ascension, les réflexion sur l’art, les moyens et le but, la connaissance et le progrès se trouvent sublimés par un environnement architectural grandiose. On peut tout à la fois passer sur les images dans une aventure graphique légère ou réfléchir à chaque case et voir le travail d’orfèvre mêlant scénario et graphisme pour des réflexions qui vont au-delà du message basique.
Inégalé
La route d'Armilia
Dans ce récit Les auteurs s’éloignent de la BD pour un récit illustré accompagné passages en mode bande dessinée. L’ensemble de fort belle facture graphique se laisse suivre avec tentation. Le voyage éternel thème se décline ici dans les airs. Le scénario en revanche se simplifie : il n’est question ici que d’une basique histoire de voyage. Il faut tout le talent des auteurs pour faire d’un scénario où il ne se passe rien (ou si peu) un bel album agréable à lire. La fin et la découverte de cette vile du nord sauve l’album d’un vide en ajoutant un vague thème écologiste.
La frontière invisible
Première série en deux tomes, le premier ne m’avait pas fait forte impression. Certes graphiquement, nous sommes toujours dans le très beau, très créatif, très vivant, mais le scénario avait du mal à se lancer. Le second tome en revanche ajoute un piment et permet à l’ensemble de trouver une cohérence globale. Notre jeune héros se perd dans des chimères dans un monde peu enviable. Il est toujours question de pouvoir plus ou moins dictatorial, d’une administration forte de conflit politique et armé. Les dernières planches et cette prise de conscience de l’erreur de notre jeune parachuté par la naissance nous bouleversent sans toutefois trouver autant de profondeur que dans les premiers tomes.
Pas encore lu les hors série
Au final, chaque album parle d’un univers propre et il parait délicat de donner une note globale. Toutefois l’ensemble forme une œuvre majeure. Il n’est pas inutile de lire les moins bons pour participer à l’ambiance globale de cet univers si proche par nombre de repères comme l’architecture mais si lointain par la créativité des moyens de transport, la géographie et le régime de gouvernance. A connaître impérativement.
Pinocchio (Winshluss)
J'ai découvert cette œuvre il y a quelques semaines et depuis je l'ai relue une bonne vingtaine de fois. Winshluss, que j'ai connu avec les planches de Wizz et Buzz parues dans Picsou Magazine, est au sommet de son art. Son dessin est absolument superbe, chaque case est de toute beauté et certains passages sont de véritables chef d'œuvres comme les pages 132-133 que j'ai regardées une bonne centaine de fois ! Le scénario est lui aussi excellent. La force de Winshluss est de faire un récit qui reste cohérent même si ça part dans tous les sens. Les personnages apparaissent, disparaissent et réapparaissent au fil des pages pour notre plus grand plaisir. J'aime particulièrement le flic Bob Javer et son cynisme. Les thèmes abordés sont très adultes. Toute la cruauté dont sont capables les humains est réunie dans ces pages ! Bref, cet album fait partie de mon top 10 des meilleures séries que j'ai jamais lues et je suis sûr qu'elle deviendra culte au fil du temps. Elle le mérite amplement.