Culte, avec La Quête de l'Oiseau du Temps, mes deux BD préférées.
Certes, le rétroprojecteur des photos de Bruce Willis, Johnny Depp, Scott Glenn..., a du marcher à plein régime, mais le résultat est là. Des cadrages dignes du cinéma, une mise en page renforçant tantôt le sentiment de claustrophobie, tantôt le sentiment de profondeur, d'isolement, de délivrance... Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître le succès de la transposition d'émotions. Jusqu'au soin apporté au choix de la couleur de la page de garde comme pour nous donner le ton du chapitre que l'on va découvrir.
Le travail sur la lumière tout autant que l'obscurité est constant comme pour mieux oppresser, mais aussi pour mieux définir les contours, rides, mimiques de chaque faciès qu'incontestablement le dessinateur cisèle avec amour.
Alors bien sûr on peut arguer de plagia, moi je préfère pour rendre hommage au travail de l'artiste parler d'influence. Si vous êtes comme moi, et sans doute l'auteur, de la génération ABYSS, La Forteresse Noire, La Neuvième Porte, Octobre Rouge..., n'hésitez pas. Je l'ai fait lire à mon gamin de onze ans. Le lendemain, il m'avouait en avoir fait des cauchemars. Quand je vous dit que l'exercice est réussi.
Régulièrement je le relis. Je vous conseille le soir avec pour seule lumière, celle qui éclairera cette merveille, car on ne déguste pas un Chassagne Montrachet Blanc sur un quai de gare ! Si vous prenez soin de vous arrêter pour disséquer chaque image, alors comme moi vous rendrez grâce à ces artistes d'un art malheureusement et à tort considéré comme mineur. -Moithib-
Alim le tanneur est une série ayant pour cadre un pseudo-monde oriental où religion et pouvoir se partage un empire. Ce mélange entre fantasy et orient est tout à fait original dans le monde de la BD. Un rythme soutenu et des personnages attachants concourent à la réussite de cette série. Elle est particulièrement intéressante car elle pose une réflexion sur les dérives d’une religion à travers son fanatisme et obscurantisme.
Les dessins sont sublimes, les couleurs très agréables, les décors sont fouillés… Une très bonne série très prometteuse avec une véritable poésie du trait et d'utilisation subtile de la colorisation. Le coup de foudre a d'ailleurs été immédiat. Elle marque pour moi une espèce d'évolution un peu plus marquée de la bd moderne qui s'aventure aux frontières des religions sur des sujets pas très faciles d'accès et souvent assez polémiques. Les tomes se succèdent et ne se ressemblent pas !
Tome 1: Le secret des eaux
Le premier tome apporte un vrai moment de lecture rafraichissante avec une histoire traitée de manière intelligente. Les personnages sont souvent touchants et émouvants. Bref, l'alchimie opère avec le lecteur.
Tome 2: Le vent de l'exil
Le second tome a réussi le coup d'essai avec un final époustouflant. On suit l'exil des personnages en proie à une nature un peu hostile. C'est comme une espèce de course-poursuite. Les couleurs chatoyantes du premier tome laissent la place au blanc froid. Oui, il y a une véritable évolution avec un dessin qui reste toujours aussi beau. On ne peut que souffrir avec les personnages devant tant d'injustice et d'intolérance.
Tome 3: La terre du prophète pâle
Le troisième est un véritable bonheur tant au niveau de l'intrigue que de celui des paysages magnifiques à la vue des couleurs pastelles si bien choisies. Le thème est toujours celui de la dérive du pouvoir théocratique telle que la colonisation et l'asservissement des peuples. Il marque également une rupture certaine car l'action se passe bien des années après. On a perdu de vue certains personnages et pas des moindres. Est-ce que cela sera pour mieux les retrouver ? On suit toujours Alim dans sa nouvelle vie mais en proie avec son passé.
Tome 4: Là où brûlent les regards
Le dernier tome était le plus attendue pour marquer le final de cette saga extraordinaire. Le décors change encore. Bref, la linéarité ne sera pas de mise. L'évolution de cette histoire aura de quoi nous surprendre. Le résultat final sera bien à la hauteur de nos espérances. Alim va rentrer dans la légende d'une certaine bd plus adulte et plus mâture.
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Ce roman graphique est un véritable chef d’œuvre. Un récit avec beaucoup de sensibilité, de mélancolie et de poésie.
Marc Males exprime son talent à travers cette histoire d’amour peu commune au final époustouflant.
Le dessin noir et blanc nous rappelle ce que furent les années 30 aux États-Unis avec une beauté et une exactitude à vous couper le souffle.
L’ aventure ? C’est ce qui nous éloigne de nos tracas quotidiens, qui nous plonge dans des mondes inconnus et captivants… Et lorsque l’on aime lire, nous aimerions trouver, en bon fan de l’aventure (qui ne l’aime pas ?), une histoire qui permet de s’évader, de rire ou de pleurer.
Quelle est la série à même de nous offrir un tel bonheur ? Je vous le donne en mille, sabre de bois ! Un jeune adulte fougueux, tout de rouge vêtu, calot sur la tête, accompagné de son écureuil pas si bête que ça. Avec ce personnage, un journaliste gaffeur, plus fort dans les calembours que dans les pamphlets.
Qui est donc ce personnage qui a l’air si intéressant ?, demande le jeune lecteur avide. C’est une institution, que dis-je, une légende. C’est Spirou.
Rob Vel crée Spirou en avril 1938, d’un coup de siphon magique. Cette création est à l’origine de 51 albums qui ont créé un univers hors du commun, dont le maître mot est la fantaisie.
Les 19 premiers tomes de cette série sont ceux du maître Franquin. Celui qui a contribué à l’élargissement et au modernisme de l’univers du petit groom, sans qui sûrement ce petit groom serait déjà oublié ! Dessins merveilleux, humour acidulé, beaucoup d’imagination… Franquin a tout inventé, dirait-on ! Le prodigieux Marsupilami, le désopilant Gaston Lagaffe, l’intelligent comte de Champignac, la casse pieds Secottine, le gaffeur Zorglub… mais également la Turbotraction ou encore le Fantacoptère, merveilles de technologie que notre technologie réelle n’a pas réussi à égaler. Des albums comme le Dictateur et le Champignon ou le Nid des marsupilamis sont aujourd’hui des classiques que je ne saurai que trop vous conseiller, tant ils redoublent d’ingéniosité.
Mais, suite à une dépression, Franquin abandonne Spirou en 1968. Cela aurait pu conclure à la fin du personnage et du journal de Spirou. C’est sans compter la volonté du breton Fournier (auteur du délicieux Bizu) de reprendre la série et de créer également son monde (Ororéa, le triangle, Itoh Kata, l’Ankou). Cette période est un cran en dessous de l’ère Franquin, mais je l’aime quand même, car le dessin est dynamique et les scénarios osés, surtout en ce qui concerne l’Ankou, album à message écologique qui a valu à l’auteur des remontrances de l’éditeur et l’arrêt de l’ère Fournier.
Nic et Cauvin/Chaland/Tome et Janry s’occupent de la série en même temps durant les années 80. Nic et Cauvin abandonnent (leurs albums au style humoristique peu proche de Spirou ne restent pas comme étant les meilleurs de la série), et Chaland meurt dans un accident de voiture. Tome et janry s’occupent donc de la série, avec brio. Les scénarios sont inventifs, dans la droite lignée de Franquin, et certains albums donnent lieu à des scènes dramatiques auxquelles les auteurs précédents nous avaient peu habitués. Après un album d’essai de nouveau style, Machine qui rêve, en 2001, Morvan et Munuera reprennent la série le temps de 4 albums au dessin d’un modernisme certain, avec beaucoup d’action, et avec des scénarios osés et assez risqués, qui ont valu des remontrances des lecteurs.
2010. Septembre. Yoann et Velhmann, qui avaient déjà réalisé les géants pétrifiés (2006), un one shot, renouent avec le génie franquinesque avec Alerte aux Zorkons. Cet album au graphisme dynamique permet de retrouver l’univers de Spirou en grande forme, et de régler le problème du paradoxe temporel d’Aux sources du Z (2008 ).
Bref, en regardant d’un œil admiratif ces 51 albums et ces 72 ans d’aventure, le jeune lecteur avide ne peut s’empêcher de dire : mazette ! Cette série là est cultissime ! Il me la faut.
Chers lecteurs, tout est dit.
Le titre ne m'attirait pas (bof, une histoire de guerre ?), mais en surmontant ma première crainte j'ai découvert une BD IN-CRO-YABLE !
Le graphisme me plaît beaucoup et je trouve les personnages très attachants, mais c'est surtout l'histoire et le scénario qui méritent le détour ! Je n'arrive toujours pas à comprendre comment l'auteur a pu imaginer un scénario aussi bien ficelé et intéressant. Chapeau bas ! Je dois avouer que ce n'est pas toujours facile de suivre, car les voyages dans le temps sont un peu complexes, mais on s'y retrouve malgré tout.
Une BD à lire, à relire et à faire découvrir !
Une BD culte, tout simplement !
Je remercie BD-thèque pour ses avis sur cette bande dessinée, qui m'ont poussé à la lire, sans quoi le graphisme froid et figé m'aurait bloqué avant même d'attaquer. Et puis finalement, une fois lancé, quand on accroche, le graphisme passe au second plan.
L'énorme qualité de cette série, plus que son intrigue, c'est ses dialogues. Je n'étais pas à courir pour apprendre la suite, mais plutôt à déguster au fur et à mesure la prose de Miller, qui est diablement efficace. Sans oublier que l'on en a pour son argent, ces BD prenant du temps à lire. Je n'en avais jamais lu de lui, mais là ça va me motiver à tout dévorer (même Sin City, qui ne me tentait pas du tout après avoir vu le film).
Le graphisme ayant une place importante dans mes critères pour juger une bande dessinée, j'en suis encore étonné d'avoir autant adoré cette série. Je le conseille sans réserve !!!
Un nouvel OVNI signé Lemmens/Nihoul ! Ces deux-là semblent avoir fait du suicide commercial un véritable art de vivre et d'écrire. Toujours barges, cyniques et violents (sur papier), les auteurs s'aventurent sur le terrain du polar.
Tout comme Commando Torquemada est un gigantesque coup de pied dans les parties du polar millénariste façon Da Vinci Code, Snuff est le rejeton bâtard - mais ô combien réussi - de Tarantino, Abel Ferrara et des Marx Brothers partouzant joyeusement au sous-sol XXX d'un parking à étages.
Les histoires à suivre sont toujours un peu frustrantes. Par rapport à l'autre excellente série des auteurs (Commando Torquemada), qui sont des histoires complètes, c'est un peu énervant pour les impatientes comme moi.
D'autant que les pistes lancées dans ce premier volume sont nombreuses...
Cependant, le dessin de Lemmens est de plus en plus maîtrisé et Nihoul s'impose comme un scénariste riche et complexe n'hésitant pas à s'aventurer sur tous les terrains. Il est le maître de l'humour noir tordu et le meilleur dialoguiste de la BD actuelle.
Dans le premier volume de cette trilogie à tiroirs multiples, il parvient à rester fluide et dynamique, offrant un suspense haletant où la tension est parfois insupportable. On rit, beaucoup mais jaune...
Xavier Lemmens se surpasse et nous offre un superbe travail de mise quasi-bichromique et tout en ambiance. Un grand coup de poing dans la gueule, audacieux, original et singulier.
Vivement la suite !
Ce premier tome est vraiment très bon, le récit de Fabien Nury ne coïncide pas entièrement avec la réalité historique, mais c’est finalement très proche.
Les manipulations et les trahisons orchestrées par les potentiels successeurs, pour obtenir le pouvoir après la mort de Staline sont très bien décrites par l’auteur, la terreur qu’inspirait l’homme d’acier est bien ressentie.
Fabian Nury n’épargne pas les prétendants au pouvoir suprême. Ils sont décrits comme lâches, cruels, calculateurs, fourbes (pour la plupart ils ont du sang sur les mains, jusqu’aux coudes est même plus correct).
J’adore le dessin, l’expression des visages est un véritable régal, la clarté est au rendez-vous.
Les auteurs nous révèlent au début du récit que le concerto pour piano n° 23 de Mozart était une œuvre très appréciée de Joseph Staline, comme quoi le vieil adage « la musique adoucit les mœurs’ est encore pris en défaut.
Plus je relis les albums d'Achille Talon, plus je me rends compte à quel point j'aime cette série. Les personnages sont attachants tellement ils sont pitoyables et l'humour est très bien recherché. Je peux comprendre que certains n'accrochent pas, mais moi j'aime ces longs dialogues qui me font hurler de rire. De plus, le dessin est dynamique et la lecture n'est donc pas alourdie par ces longues bulles.
Pour ce qui est des longues aventures, elles sont inégales. J'aime bien plusieurs d'entre elles, mais certaines sont moyennes voir même médiocres. Le point fort de ses aventures c'est que Greg sait comment inventer des personnages mémorables et des situations hilarantes.
C'est la série qui m'a fait réver pendant .... trente ans, depuis Pilote. Ses auteurs ont su au fil des albums la faire exploiter le thème des voyages spatio-temporels dans toute ses ambiguités culturelles d'abord, et après matérielles.
La richesses de la distribution des personnages est autant immense que pleine d'humour en fait
très humain. Bien que la terre actuelle (pour nous) vue par les auteurs est plutôt pathétique,
exception faite de Mr Albert et de Lord et Lady Seal, l'ensemble fonctionne parfaitement et les
les interférences restent credibles sans avec le sujet et forme un tout très cohèrent. Les derniers albums cherchaient une fin et chapeau à l'imagination de Christin et Mézières. En ce qui concerne le graphisme il est simple et efficace, pas besoin de grandiloquence (à la Druillet par exemple) mais les idées sont parfaitement bien exprimées par les dessins et les couleurs,
Bref un vrai plaisir même avec le temps.
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Culte, avec La Quête de l'Oiseau du Temps, mes deux BD préférées. Certes, le rétroprojecteur des photos de Bruce Willis, Johnny Depp, Scott Glenn..., a du marcher à plein régime, mais le résultat est là. Des cadrages dignes du cinéma, une mise en page renforçant tantôt le sentiment de claustrophobie, tantôt le sentiment de profondeur, d'isolement, de délivrance... Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître le succès de la transposition d'émotions. Jusqu'au soin apporté au choix de la couleur de la page de garde comme pour nous donner le ton du chapitre que l'on va découvrir. Le travail sur la lumière tout autant que l'obscurité est constant comme pour mieux oppresser, mais aussi pour mieux définir les contours, rides, mimiques de chaque faciès qu'incontestablement le dessinateur cisèle avec amour. Alors bien sûr on peut arguer de plagia, moi je préfère pour rendre hommage au travail de l'artiste parler d'influence. Si vous êtes comme moi, et sans doute l'auteur, de la génération ABYSS, La Forteresse Noire, La Neuvième Porte, Octobre Rouge..., n'hésitez pas. Je l'ai fait lire à mon gamin de onze ans. Le lendemain, il m'avouait en avoir fait des cauchemars. Quand je vous dit que l'exercice est réussi. Régulièrement je le relis. Je vous conseille le soir avec pour seule lumière, celle qui éclairera cette merveille, car on ne déguste pas un Chassagne Montrachet Blanc sur un quai de gare ! Si vous prenez soin de vous arrêter pour disséquer chaque image, alors comme moi vous rendrez grâce à ces artistes d'un art malheureusement et à tort considéré comme mineur. -Moithib-
Alim le tanneur
Alim le tanneur est une série ayant pour cadre un pseudo-monde oriental où religion et pouvoir se partage un empire. Ce mélange entre fantasy et orient est tout à fait original dans le monde de la BD. Un rythme soutenu et des personnages attachants concourent à la réussite de cette série. Elle est particulièrement intéressante car elle pose une réflexion sur les dérives d’une religion à travers son fanatisme et obscurantisme. Les dessins sont sublimes, les couleurs très agréables, les décors sont fouillés… Une très bonne série très prometteuse avec une véritable poésie du trait et d'utilisation subtile de la colorisation. Le coup de foudre a d'ailleurs été immédiat. Elle marque pour moi une espèce d'évolution un peu plus marquée de la bd moderne qui s'aventure aux frontières des religions sur des sujets pas très faciles d'accès et souvent assez polémiques. Les tomes se succèdent et ne se ressemblent pas ! Tome 1: Le secret des eaux Le premier tome apporte un vrai moment de lecture rafraichissante avec une histoire traitée de manière intelligente. Les personnages sont souvent touchants et émouvants. Bref, l'alchimie opère avec le lecteur. Tome 2: Le vent de l'exil Le second tome a réussi le coup d'essai avec un final époustouflant. On suit l'exil des personnages en proie à une nature un peu hostile. C'est comme une espèce de course-poursuite. Les couleurs chatoyantes du premier tome laissent la place au blanc froid. Oui, il y a une véritable évolution avec un dessin qui reste toujours aussi beau. On ne peut que souffrir avec les personnages devant tant d'injustice et d'intolérance. Tome 3: La terre du prophète pâle Le troisième est un véritable bonheur tant au niveau de l'intrigue que de celui des paysages magnifiques à la vue des couleurs pastelles si bien choisies. Le thème est toujours celui de la dérive du pouvoir théocratique telle que la colonisation et l'asservissement des peuples. Il marque également une rupture certaine car l'action se passe bien des années après. On a perdu de vue certains personnages et pas des moindres. Est-ce que cela sera pour mieux les retrouver ? On suit toujours Alim dans sa nouvelle vie mais en proie avec son passé. Tome 4: Là où brûlent les regards Le dernier tome était le plus attendue pour marquer le final de cette saga extraordinaire. Le décors change encore. Bref, la linéarité ne sera pas de mise. L'évolution de cette histoire aura de quoi nous surprendre. Le résultat final sera bien à la hauteur de nos espérances. Alim va rentrer dans la légende d'une certaine bd plus adulte et plus mâture. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
L'Autre Laideur l'Autre Folie
Ce roman graphique est un véritable chef d’œuvre. Un récit avec beaucoup de sensibilité, de mélancolie et de poésie. Marc Males exprime son talent à travers cette histoire d’amour peu commune au final époustouflant. Le dessin noir et blanc nous rappelle ce que furent les années 30 aux États-Unis avec une beauté et une exactitude à vous couper le souffle.
Spirou et Fantasio
L’ aventure ? C’est ce qui nous éloigne de nos tracas quotidiens, qui nous plonge dans des mondes inconnus et captivants… Et lorsque l’on aime lire, nous aimerions trouver, en bon fan de l’aventure (qui ne l’aime pas ?), une histoire qui permet de s’évader, de rire ou de pleurer. Quelle est la série à même de nous offrir un tel bonheur ? Je vous le donne en mille, sabre de bois ! Un jeune adulte fougueux, tout de rouge vêtu, calot sur la tête, accompagné de son écureuil pas si bête que ça. Avec ce personnage, un journaliste gaffeur, plus fort dans les calembours que dans les pamphlets. Qui est donc ce personnage qui a l’air si intéressant ?, demande le jeune lecteur avide. C’est une institution, que dis-je, une légende. C’est Spirou. Rob Vel crée Spirou en avril 1938, d’un coup de siphon magique. Cette création est à l’origine de 51 albums qui ont créé un univers hors du commun, dont le maître mot est la fantaisie. Les 19 premiers tomes de cette série sont ceux du maître Franquin. Celui qui a contribué à l’élargissement et au modernisme de l’univers du petit groom, sans qui sûrement ce petit groom serait déjà oublié ! Dessins merveilleux, humour acidulé, beaucoup d’imagination… Franquin a tout inventé, dirait-on ! Le prodigieux Marsupilami, le désopilant Gaston Lagaffe, l’intelligent comte de Champignac, la casse pieds Secottine, le gaffeur Zorglub… mais également la Turbotraction ou encore le Fantacoptère, merveilles de technologie que notre technologie réelle n’a pas réussi à égaler. Des albums comme le Dictateur et le Champignon ou le Nid des marsupilamis sont aujourd’hui des classiques que je ne saurai que trop vous conseiller, tant ils redoublent d’ingéniosité. Mais, suite à une dépression, Franquin abandonne Spirou en 1968. Cela aurait pu conclure à la fin du personnage et du journal de Spirou. C’est sans compter la volonté du breton Fournier (auteur du délicieux Bizu) de reprendre la série et de créer également son monde (Ororéa, le triangle, Itoh Kata, l’Ankou). Cette période est un cran en dessous de l’ère Franquin, mais je l’aime quand même, car le dessin est dynamique et les scénarios osés, surtout en ce qui concerne l’Ankou, album à message écologique qui a valu à l’auteur des remontrances de l’éditeur et l’arrêt de l’ère Fournier. Nic et Cauvin/Chaland/Tome et Janry s’occupent de la série en même temps durant les années 80. Nic et Cauvin abandonnent (leurs albums au style humoristique peu proche de Spirou ne restent pas comme étant les meilleurs de la série), et Chaland meurt dans un accident de voiture. Tome et janry s’occupent donc de la série, avec brio. Les scénarios sont inventifs, dans la droite lignée de Franquin, et certains albums donnent lieu à des scènes dramatiques auxquelles les auteurs précédents nous avaient peu habitués. Après un album d’essai de nouveau style, Machine qui rêve, en 2001, Morvan et Munuera reprennent la série le temps de 4 albums au dessin d’un modernisme certain, avec beaucoup d’action, et avec des scénarios osés et assez risqués, qui ont valu des remontrances des lecteurs. 2010. Septembre. Yoann et Velhmann, qui avaient déjà réalisé les géants pétrifiés (2006), un one shot, renouent avec le génie franquinesque avec Alerte aux Zorkons. Cet album au graphisme dynamique permet de retrouver l’univers de Spirou en grande forme, et de régler le problème du paradoxe temporel d’Aux sources du Z (2008 ). Bref, en regardant d’un œil admiratif ces 51 albums et ces 72 ans d’aventure, le jeune lecteur avide ne peut s’empêcher de dire : mazette ! Cette série là est cultissime ! Il me la faut. Chers lecteurs, tout est dit.
Universal War One
Le titre ne m'attirait pas (bof, une histoire de guerre ?), mais en surmontant ma première crainte j'ai découvert une BD IN-CRO-YABLE ! Le graphisme me plaît beaucoup et je trouve les personnages très attachants, mais c'est surtout l'histoire et le scénario qui méritent le détour ! Je n'arrive toujours pas à comprendre comment l'auteur a pu imaginer un scénario aussi bien ficelé et intéressant. Chapeau bas ! Je dois avouer que ce n'est pas toujours facile de suivre, car les voyages dans le temps sont un peu complexes, mais on s'y retrouve malgré tout. Une BD à lire, à relire et à faire découvrir !
Batman - The Dark Knight returns
Une BD culte, tout simplement ! Je remercie BD-thèque pour ses avis sur cette bande dessinée, qui m'ont poussé à la lire, sans quoi le graphisme froid et figé m'aurait bloqué avant même d'attaquer. Et puis finalement, une fois lancé, quand on accroche, le graphisme passe au second plan. L'énorme qualité de cette série, plus que son intrigue, c'est ses dialogues. Je n'étais pas à courir pour apprendre la suite, mais plutôt à déguster au fur et à mesure la prose de Miller, qui est diablement efficace. Sans oublier que l'on en a pour son argent, ces BD prenant du temps à lire. Je n'en avais jamais lu de lui, mais là ça va me motiver à tout dévorer (même Sin City, qui ne me tentait pas du tout après avoir vu le film). Le graphisme ayant une place importante dans mes critères pour juger une bande dessinée, j'en suis encore étonné d'avoir autant adoré cette série. Je le conseille sans réserve !!!
Snuff
Un nouvel OVNI signé Lemmens/Nihoul ! Ces deux-là semblent avoir fait du suicide commercial un véritable art de vivre et d'écrire. Toujours barges, cyniques et violents (sur papier), les auteurs s'aventurent sur le terrain du polar. Tout comme Commando Torquemada est un gigantesque coup de pied dans les parties du polar millénariste façon Da Vinci Code, Snuff est le rejeton bâtard - mais ô combien réussi - de Tarantino, Abel Ferrara et des Marx Brothers partouzant joyeusement au sous-sol XXX d'un parking à étages. Les histoires à suivre sont toujours un peu frustrantes. Par rapport à l'autre excellente série des auteurs (Commando Torquemada), qui sont des histoires complètes, c'est un peu énervant pour les impatientes comme moi. D'autant que les pistes lancées dans ce premier volume sont nombreuses... Cependant, le dessin de Lemmens est de plus en plus maîtrisé et Nihoul s'impose comme un scénariste riche et complexe n'hésitant pas à s'aventurer sur tous les terrains. Il est le maître de l'humour noir tordu et le meilleur dialoguiste de la BD actuelle. Dans le premier volume de cette trilogie à tiroirs multiples, il parvient à rester fluide et dynamique, offrant un suspense haletant où la tension est parfois insupportable. On rit, beaucoup mais jaune... Xavier Lemmens se surpasse et nous offre un superbe travail de mise quasi-bichromique et tout en ambiance. Un grand coup de poing dans la gueule, audacieux, original et singulier. Vivement la suite !
La Mort de Staline
Ce premier tome est vraiment très bon, le récit de Fabien Nury ne coïncide pas entièrement avec la réalité historique, mais c’est finalement très proche. Les manipulations et les trahisons orchestrées par les potentiels successeurs, pour obtenir le pouvoir après la mort de Staline sont très bien décrites par l’auteur, la terreur qu’inspirait l’homme d’acier est bien ressentie. Fabian Nury n’épargne pas les prétendants au pouvoir suprême. Ils sont décrits comme lâches, cruels, calculateurs, fourbes (pour la plupart ils ont du sang sur les mains, jusqu’aux coudes est même plus correct). J’adore le dessin, l’expression des visages est un véritable régal, la clarté est au rendez-vous. Les auteurs nous révèlent au début du récit que le concerto pour piano n° 23 de Mozart était une œuvre très appréciée de Joseph Staline, comme quoi le vieil adage « la musique adoucit les mœurs’ est encore pris en défaut.
Achille Talon
Plus je relis les albums d'Achille Talon, plus je me rends compte à quel point j'aime cette série. Les personnages sont attachants tellement ils sont pitoyables et l'humour est très bien recherché. Je peux comprendre que certains n'accrochent pas, mais moi j'aime ces longs dialogues qui me font hurler de rire. De plus, le dessin est dynamique et la lecture n'est donc pas alourdie par ces longues bulles. Pour ce qui est des longues aventures, elles sont inégales. J'aime bien plusieurs d'entre elles, mais certaines sont moyennes voir même médiocres. Le point fort de ses aventures c'est que Greg sait comment inventer des personnages mémorables et des situations hilarantes.
Valérian
C'est la série qui m'a fait réver pendant .... trente ans, depuis Pilote. Ses auteurs ont su au fil des albums la faire exploiter le thème des voyages spatio-temporels dans toute ses ambiguités culturelles d'abord, et après matérielles. La richesses de la distribution des personnages est autant immense que pleine d'humour en fait très humain. Bien que la terre actuelle (pour nous) vue par les auteurs est plutôt pathétique, exception faite de Mr Albert et de Lord et Lady Seal, l'ensemble fonctionne parfaitement et les les interférences restent credibles sans avec le sujet et forme un tout très cohèrent. Les derniers albums cherchaient une fin et chapeau à l'imagination de Christin et Mézières. En ce qui concerne le graphisme il est simple et efficace, pas besoin de grandiloquence (à la Druillet par exemple) mais les idées sont parfaitement bien exprimées par les dessins et les couleurs, Bref un vrai plaisir même avec le temps. Rare.