Il y a des bd qui entrent dans votre vie sans crier gare, mais qui restent ancrées en vous, avec une insolente obsession. Avec une légèreté digne d'un Proust de la bande dessinée, Juillard nous dévoile avec pudeur l'intimité d'une étrange histoire d'amour.
À partir de la vision d'une jeune femme nue, il bâtit un suspens amoureux dont les fils qui se dénouent ne cesseront de nous interroger sur le désir et le sentiment. Enfin une bande dessinée qui aborde le sexe, sans qu'il ne soit pour autant montré, et qui nous parle des sentiments, sans pour autant qu'ils ne soient démontrés.
Le trait de Juillard est à l'apogée de son Art, d'une douceur toute sensuelle, et d'une force qui dessine si bien l'entre deux cases.
J'ai découvert cette bande dessinée chez un ami qui l'avait adorée et je regrette de ne plus la trouver en librairie. On est pris par l'atmosphère étrange où le dessin est au service d'une histoire originale. On vit, on respire avec cette jeune fille qui représente tellement ce que l'on peut ressentir à son âge, face à la violence des jeunes gens, face au désir des hommes. On l'aime pour sa personnalité tranchée, ballottée entre une histoire d'amour sans avenir et sa vie sans futur, on est tenu en haleine jusqu'à la fin de la bande dessinée, espérant sans cesse que s'arrêtent les mauvais coups qui s'acharnent contre elle. Une bande dessinée qui porte un regard adulte sur notre vie, avec beaucoup de sensibilité et de poésie, très originale. Les dessins sont juste magnifiques.
La première chose que l'on peut remarquer sur Blacksad, c'est l'extrême qualité des dessins. En effet, ils sont magnifiques avec des décors époustouflants de réalisme et des couleurs adaptées au polar et à l'époque début 20e siècle, avec un effet retro.
Ensuite, les personnages : j'aime beaucoup les bds qui utilisent le monde animalier pour représenter les humains, comme Canardo (pour rester dans le monde du polar sombre) ou Trondheim qui sait si bien le faire. Mais dans le cas de Blacksad, je trouve que les expressions de visage sont représentées à la perfection et que l'animal choisi correspond parfaitement à la personnalité de celui qui est décrit. Ce principe renforce donc le scénario en apportant un plus non négligeable.
Ensuite les scénarios sont assez classiques pour du polar sombre de ces années, mais le détective Blacksad est attachant, honnête au grand cœur et sans le sous comme les préjugés classiques qu'on peut avoir dans ce domaine. Cela dit, ils restent bons et accrochant avec une continuité au fil des tomes des personnages secondaires ce qui permet de développer un peu plus leur personnalité.
Pour conclure, rien que pour les yeux, je conseille l'achat de cette série.
En créant en 1977 la série Cerebus the aardvark, l’auteur canadien Dave Sim souhaitait parodier le fameux Conan le barbare rendu célèbre en comics par Barry Windsor-Smith. Cependant, au fur et à mesure qu'il a fait progresser son récit, il s’est écarté de la parodie pour réaliser une histoire très construite. A travers celle-ci, son héros principal, un oryctérope (un mammifère familier d’Afrique de la famille des fourmiliers), vit de nombreuses aventures. Et paradoxalement, ses aptitudes au combat ne sont pas forcément mises en avant.
Dave Sim développe son récit sur pas moins de 300 chapitres (et au final 16 volumes reliés), formant une œuvre ambitieuse, jusqu’à présent restée inédite en France. Précisons toutefois que l’oryctérope est aussi apparu dans le dixième chapitre de Spawn, mais que son apparition n’est pas contenue dans le premier recueil sorti chez Delcourt (pour d’obscures histoires de droit). Vertige Graphic sort donc aujourd’hui, et pour la première fois en français, un opus de Cerebus.
High society ne correspond pourtant pas au début de la saga, mais au second recueil. A l’origine, Dave Sim avait sorti cet opus avant le premier, qu’il jugeait trop faible au niveau de l’histoire. Afin de mieux appréhender le scénario, l’éditeur a tout de même pris le temps d’effectuer un court résumé des événements passés, en trois pages. Rassurons immédiatement les lecteurs potentiels, cela n’est absolument pas préjudiciable et n’empêche pas de profiter du sale caractère de ce héros pas comme les autres. On découvre tout au long des 25 chapitres composant cet épais volume de plus de 500 pages des péripéties absolument irrésistibles. Cerebus multiplie les tentatives pour devenir riche et il ira même jusqu’à se kidnapper lui-même pour obtenir une rançon !
Si au départ, l’immersion dans le titre n’est pas très aisée, ceux qui persisteront deviendront totalement fan de ce personnage atypique et des seconds-rôles totalement décalés. Mention spéciale, d’ailleurs, au Cafard de lune (qui est un pastiche du Moon Knight) : dès son apparition, il chatouillera vos zygomatiques par ses postures et ses répliques. La narration de Dave Sim est également très inventive dans cet opus, passant du format bande dessinée classique à des images commentées ou à un découpage inédit.
Les dessins de l’auteur sont à ce propos impressionnants. Plus de trois décennies après leur réalisation, ils se révèlent toujours aussi fins et soignés. Signalons au passage la sublime couverture réalisé avec Gerhard, un architecte de métier qui le rejoindra pour la suite des aventures de l’oryctérope, pour la confection des décors.
High society est une parfaite introduction à l’univers de Cerebus. Espérons que cette édition rencontre le succès, afin de découvrir la suite des aventures de cet oryctérope…
Gibrat est le dessinateur des Femmes par excellence. Même si dans Le Sursis , on suivait l'histoire de Julien, c'est l'image de Cécile qui nous revient en tête.
La même chose pour Le Vol du Corbeau où Jeanne vole la vedette à tout le monde.
Pourtant là, avec "Mattéo", je sens un changement, un changement notable car même si Juliette et Amélie sont toutes deux des personnes très attirantes, elles s'effacent devant la Camarde, à savoir la guerre de 14-18, axe principal de cette bande dessinée.
Plus que les personnages, ce sont les évènements qui font de ce premier album une BD exceptionnelle : du pacifiste bellant de 1914, nous passons à l'amoureux transi des tranchées de 1915, le tout dans une atmosphère pesante et oppressante, avec parfois des raccourcis saisissants de la part de Gibrat, scénariste : comme celui du départ à la guerre -page 23- ou de l'amnésie du commandant -page 50-.
Le dessin de Gibrat est toujours aussi bon, aussi bien dans l'horreur de la guerre que dans les méandres de l'amour.
En changeant d'éditeur, de Dupuis à Futuropolis, Gibrat n'a rien perdu de son talent, au contraire ; seules les couleurs me paraissent quelque peu plus transparentes que sur ses précédents albums.
Alors que nous attendions Matteo sur les côtes espagnoles, c'est dans la Russie que nous le retrouvons dans le second album.
Et j'ai littéralement été pris dans le tourbillon de l'histoire.C'est fort bien documenté et ce volume mérite amplement les deux années d'attente.
Quant l'histoire rencontre la grande Histoire, cela peut donner les pires commes les plus belles choses. Ici Gibrat nous plonge avec maestria dans les prémisces de la révolution russe, où bolchevicks, menchevicks, anarchistes et russes blancs se disputent encore le pouvoir vacant.
Dans cet indescriptible chaos, Mattéo,notre héros, est,une fois de plus, embourbé dans des histoires d'amours déçues, tiraillé entre son engagement anarchiste et Léa,pur produit du bolchévisme.
Autant le premier volume,nous nagions dans un monde malheureusement familier et connu(celui de la première guerre mondiale, souvent traité en bande dessinée -voir le magnifique Notre Mère la Guerre de Kris et Maël) autant ce présent opus nous amène vers des territoires moins exploités dans le monde de la bd, à savoir Pétrograd en 1917; même si le retour sur Paris à la fin de l'album nous ramène plus près de chez nous - d'ailleurs la vignette en bas de la page 46 ne vous fait pas songer à un célèbre poète parisien à une table de bar ?
Le dessin de Gibrat est toujours aussi réussi, aussi bien dans les scènes russes, que dans les scènes parisiennes ou champêtre.
Un album dépaysant, riche en dialogues, dense, et , je le répète superbement illustré...bref une réussite, une de plus pour Gibrat.
Une série en passe de devenir incontournable .
J'ai adoré cette B.D. pour la simple est bonne raison que les dessins sont super bons mais surtout parce qu'il aborde le thème de la transexualité et du travestisme... Chose difficile à trouver en B.D. érotique donc j'ai sauté sur l'occasion. Bref, hâte de découvrir la série Féminisation, sur le même thème !!! Vivement que d'autres auteurs nous fassent des récits sur le thème trance / trav ! Merci.
Une excellente bande dessinée qui parle de politique sans tomber dans la caricature ou la moralisation facile. Les situations présentes dans l'album sont à la fois instructives (on voit comment fonctionne le Ministère des Affaires Etrangères et cela sent le vécu) et marrantes. J'ai ri aux éclats plusieurs fois pendant ma lecture et cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri. Aucun temps mort !
La force de cet ouvrage réside dans deux choses. Tout d'abord, il y a les dialogues qui sont tout simplement savoureux. J'ai même lu certaines répliques deux ou trois fois de suite ! Ensuite il ya Alexandre Taillard de Vorms. Ce personnage est fabuleux ! Il impose le respect même lorsqu'il fait des choses totalement ridicules. Je n'aimerais pas l'avoir comme patron parce qu'il serait capable de me faire faire n'importe quoi.
Je ne suis pas un grand fan de Blain, mais ici je trouve qu'il se débrouille très bien avec les décors qui sont magnifiques. La seule chose que je n'aime pas, ce sont les longs nez de ses personnages. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me dérange un peu.
Après relecture des deux tomes, je mets la note maximum. C'est vraiment la meilleur BD politique que j'ai lu jusqu'à présent, particulièrement grâce à ce fabuleux personnage qu'est Alexandre Taillard de Vorms.
J'ai d'abord été attiré par l'étiquette ''Du même scénariste que Il était une fois en France'', et en feuilletant l'album, j'ai de suite adhéré au dessin, à l'ambiance.
Après un premier album d'introduction, et un second beaucoup plus exotique, la lecture ne m'a pas déçu. Les personnages hauts en couleurs, attachants, des situations cocasses et très bien mises en valeur, de l'humour, de l'aventure, de l'émotion... que du bonheur!
La suite est plus tragique, avec toujours en toile de fond cette amitié virile et un peu naïve, un contexte politique très bien exposé, et un final des plus romantiques...C'est beau.
Cette bande dessinée, réalisée d'une main de maître, compte parmi les meilleurs éléments de la collection "Signé".
Le scénario est très bien ficelé, la mise en page impeccable pour transmettre les émotions et le dessin sérieux de Dany colle parfaitement à l'ambiance d'huis clos et de danger.
Cette BD s'impose pour ses qualités graphiques mais aussi par la capacité des auteurs à raconter une histoire pour ce qu'elle est, sans chercher à créer une série ou à lancer une franchise.
La suite dans la même collection, "20 ans après", est du même acabit, autosuffisante dans son excellence.
Excellent ! J’ai adoré ma lecture, et j’ai littéralement dévoré les 3 tomes !
Le voyage des pères nous raconte comment 3 pères partent à la recherche de leurs fils partis de la maison pour se faire apôtres de Jésus. Le ton est définitivement humoristique avec des situations drôles mais surtout des dialogues « modernes » qui contrastent avec l’époque (mais ça fonctionne, bien mieux d’ailleurs que ce que l’on peut trouver dans « Le Casse - Le troisième jour »), le décalage est amusant, surprenant, je me suis souvent marrée et j’ai eu le sourire aux lèvres pendant la presque totalité de ma lecture. L’humour rend les personnages plus que sympathiques et du coup, lorsque dans le tome 3, bien plus sombre que les précédents, ils souffrent, c’est vraiment émouvant. Et puis cette manière de masquer son désarroi sous des dehors bougons (je pense au personnage de Jonas), j’adore... Je crois que je suis définitivement accro aux personnages grincheux au grand coeur (je pense notamment à mon récent coup de cœur pour « Nous ne serons jamais des héros ») !
Le dessin est excellent, les couleurs douces et lumineuses. La mise en image et la construction sont intelligentes, jouant avec les non dits et les scènes d’arrière plans avec efficacité. L’humour fait mouche, tant par les dialogue que par le dessin.
Le voyage des pères est pour moi l’illustration d’un parfait équilibre de tout ce qui fait une très bonne BD, et pourtant je suis très loin d’être intéressée et encore moins passionnée par le sujet dont il est question ici. C’est un vrai petit rayon de soleil. A lire, acheter et offrir sans hésiter.
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Le Cahier bleu
Il y a des bd qui entrent dans votre vie sans crier gare, mais qui restent ancrées en vous, avec une insolente obsession. Avec une légèreté digne d'un Proust de la bande dessinée, Juillard nous dévoile avec pudeur l'intimité d'une étrange histoire d'amour. À partir de la vision d'une jeune femme nue, il bâtit un suspens amoureux dont les fils qui se dénouent ne cesseront de nous interroger sur le désir et le sentiment. Enfin une bande dessinée qui aborde le sexe, sans qu'il ne soit pour autant montré, et qui nous parle des sentiments, sans pour autant qu'ils ne soient démontrés. Le trait de Juillard est à l'apogée de son Art, d'une douceur toute sensuelle, et d'une force qui dessine si bien l'entre deux cases.
Mauvaise Line
J'ai découvert cette bande dessinée chez un ami qui l'avait adorée et je regrette de ne plus la trouver en librairie. On est pris par l'atmosphère étrange où le dessin est au service d'une histoire originale. On vit, on respire avec cette jeune fille qui représente tellement ce que l'on peut ressentir à son âge, face à la violence des jeunes gens, face au désir des hommes. On l'aime pour sa personnalité tranchée, ballottée entre une histoire d'amour sans avenir et sa vie sans futur, on est tenu en haleine jusqu'à la fin de la bande dessinée, espérant sans cesse que s'arrêtent les mauvais coups qui s'acharnent contre elle. Une bande dessinée qui porte un regard adulte sur notre vie, avec beaucoup de sensibilité et de poésie, très originale. Les dessins sont juste magnifiques.
Blacksad
La première chose que l'on peut remarquer sur Blacksad, c'est l'extrême qualité des dessins. En effet, ils sont magnifiques avec des décors époustouflants de réalisme et des couleurs adaptées au polar et à l'époque début 20e siècle, avec un effet retro. Ensuite, les personnages : j'aime beaucoup les bds qui utilisent le monde animalier pour représenter les humains, comme Canardo (pour rester dans le monde du polar sombre) ou Trondheim qui sait si bien le faire. Mais dans le cas de Blacksad, je trouve que les expressions de visage sont représentées à la perfection et que l'animal choisi correspond parfaitement à la personnalité de celui qui est décrit. Ce principe renforce donc le scénario en apportant un plus non négligeable. Ensuite les scénarios sont assez classiques pour du polar sombre de ces années, mais le détective Blacksad est attachant, honnête au grand cœur et sans le sous comme les préjugés classiques qu'on peut avoir dans ce domaine. Cela dit, ils restent bons et accrochant avec une continuité au fil des tomes des personnages secondaires ce qui permet de développer un peu plus leur personnalité. Pour conclure, rien que pour les yeux, je conseille l'achat de cette série.
Une Histoire de Cerebus
En créant en 1977 la série Cerebus the aardvark, l’auteur canadien Dave Sim souhaitait parodier le fameux Conan le barbare rendu célèbre en comics par Barry Windsor-Smith. Cependant, au fur et à mesure qu'il a fait progresser son récit, il s’est écarté de la parodie pour réaliser une histoire très construite. A travers celle-ci, son héros principal, un oryctérope (un mammifère familier d’Afrique de la famille des fourmiliers), vit de nombreuses aventures. Et paradoxalement, ses aptitudes au combat ne sont pas forcément mises en avant. Dave Sim développe son récit sur pas moins de 300 chapitres (et au final 16 volumes reliés), formant une œuvre ambitieuse, jusqu’à présent restée inédite en France. Précisons toutefois que l’oryctérope est aussi apparu dans le dixième chapitre de Spawn, mais que son apparition n’est pas contenue dans le premier recueil sorti chez Delcourt (pour d’obscures histoires de droit). Vertige Graphic sort donc aujourd’hui, et pour la première fois en français, un opus de Cerebus. High society ne correspond pourtant pas au début de la saga, mais au second recueil. A l’origine, Dave Sim avait sorti cet opus avant le premier, qu’il jugeait trop faible au niveau de l’histoire. Afin de mieux appréhender le scénario, l’éditeur a tout de même pris le temps d’effectuer un court résumé des événements passés, en trois pages. Rassurons immédiatement les lecteurs potentiels, cela n’est absolument pas préjudiciable et n’empêche pas de profiter du sale caractère de ce héros pas comme les autres. On découvre tout au long des 25 chapitres composant cet épais volume de plus de 500 pages des péripéties absolument irrésistibles. Cerebus multiplie les tentatives pour devenir riche et il ira même jusqu’à se kidnapper lui-même pour obtenir une rançon ! Si au départ, l’immersion dans le titre n’est pas très aisée, ceux qui persisteront deviendront totalement fan de ce personnage atypique et des seconds-rôles totalement décalés. Mention spéciale, d’ailleurs, au Cafard de lune (qui est un pastiche du Moon Knight) : dès son apparition, il chatouillera vos zygomatiques par ses postures et ses répliques. La narration de Dave Sim est également très inventive dans cet opus, passant du format bande dessinée classique à des images commentées ou à un découpage inédit. Les dessins de l’auteur sont à ce propos impressionnants. Plus de trois décennies après leur réalisation, ils se révèlent toujours aussi fins et soignés. Signalons au passage la sublime couverture réalisé avec Gerhard, un architecte de métier qui le rejoindra pour la suite des aventures de l’oryctérope, pour la confection des décors. High society est une parfaite introduction à l’univers de Cerebus. Espérons que cette édition rencontre le succès, afin de découvrir la suite des aventures de cet oryctérope…
Mattéo
Gibrat est le dessinateur des Femmes par excellence. Même si dans Le Sursis , on suivait l'histoire de Julien, c'est l'image de Cécile qui nous revient en tête. La même chose pour Le Vol du Corbeau où Jeanne vole la vedette à tout le monde. Pourtant là, avec "Mattéo", je sens un changement, un changement notable car même si Juliette et Amélie sont toutes deux des personnes très attirantes, elles s'effacent devant la Camarde, à savoir la guerre de 14-18, axe principal de cette bande dessinée. Plus que les personnages, ce sont les évènements qui font de ce premier album une BD exceptionnelle : du pacifiste bellant de 1914, nous passons à l'amoureux transi des tranchées de 1915, le tout dans une atmosphère pesante et oppressante, avec parfois des raccourcis saisissants de la part de Gibrat, scénariste : comme celui du départ à la guerre -page 23- ou de l'amnésie du commandant -page 50-. Le dessin de Gibrat est toujours aussi bon, aussi bien dans l'horreur de la guerre que dans les méandres de l'amour. En changeant d'éditeur, de Dupuis à Futuropolis, Gibrat n'a rien perdu de son talent, au contraire ; seules les couleurs me paraissent quelque peu plus transparentes que sur ses précédents albums. Alors que nous attendions Matteo sur les côtes espagnoles, c'est dans la Russie que nous le retrouvons dans le second album. Et j'ai littéralement été pris dans le tourbillon de l'histoire.C'est fort bien documenté et ce volume mérite amplement les deux années d'attente. Quant l'histoire rencontre la grande Histoire, cela peut donner les pires commes les plus belles choses. Ici Gibrat nous plonge avec maestria dans les prémisces de la révolution russe, où bolchevicks, menchevicks, anarchistes et russes blancs se disputent encore le pouvoir vacant. Dans cet indescriptible chaos, Mattéo,notre héros, est,une fois de plus, embourbé dans des histoires d'amours déçues, tiraillé entre son engagement anarchiste et Léa,pur produit du bolchévisme. Autant le premier volume,nous nagions dans un monde malheureusement familier et connu(celui de la première guerre mondiale, souvent traité en bande dessinée -voir le magnifique Notre Mère la Guerre de Kris et Maël) autant ce présent opus nous amène vers des territoires moins exploités dans le monde de la bd, à savoir Pétrograd en 1917; même si le retour sur Paris à la fin de l'album nous ramène plus près de chez nous - d'ailleurs la vignette en bas de la page 46 ne vous fait pas songer à un célèbre poète parisien à une table de bar ? Le dessin de Gibrat est toujours aussi réussi, aussi bien dans les scènes russes, que dans les scènes parisiennes ou champêtre. Un album dépaysant, riche en dialogues, dense, et , je le répète superbement illustré...bref une réussite, une de plus pour Gibrat. Une série en passe de devenir incontournable .
tranSFrancisCo
J'ai adoré cette B.D. pour la simple est bonne raison que les dessins sont super bons mais surtout parce qu'il aborde le thème de la transexualité et du travestisme... Chose difficile à trouver en B.D. érotique donc j'ai sauté sur l'occasion. Bref, hâte de découvrir la série Féminisation, sur le même thème !!! Vivement que d'autres auteurs nous fassent des récits sur le thème trance / trav ! Merci.
Quai d'Orsay
Une excellente bande dessinée qui parle de politique sans tomber dans la caricature ou la moralisation facile. Les situations présentes dans l'album sont à la fois instructives (on voit comment fonctionne le Ministère des Affaires Etrangères et cela sent le vécu) et marrantes. J'ai ri aux éclats plusieurs fois pendant ma lecture et cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri. Aucun temps mort ! La force de cet ouvrage réside dans deux choses. Tout d'abord, il y a les dialogues qui sont tout simplement savoureux. J'ai même lu certaines répliques deux ou trois fois de suite ! Ensuite il ya Alexandre Taillard de Vorms. Ce personnage est fabuleux ! Il impose le respect même lorsqu'il fait des choses totalement ridicules. Je n'aimerais pas l'avoir comme patron parce qu'il serait capable de me faire faire n'importe quoi. Je ne suis pas un grand fan de Blain, mais ici je trouve qu'il se débrouille très bien avec les décors qui sont magnifiques. La seule chose que je n'aime pas, ce sont les longs nez de ses personnages. Je ne sais pas trop pourquoi, mais ça me dérange un peu. Après relecture des deux tomes, je mets la note maximum. C'est vraiment la meilleur BD politique que j'ai lu jusqu'à présent, particulièrement grâce à ce fabuleux personnage qu'est Alexandre Taillard de Vorms.
L'Or et le Sang
J'ai d'abord été attiré par l'étiquette ''Du même scénariste que Il était une fois en France'', et en feuilletant l'album, j'ai de suite adhéré au dessin, à l'ambiance. Après un premier album d'introduction, et un second beaucoup plus exotique, la lecture ne m'a pas déçu. Les personnages hauts en couleurs, attachants, des situations cocasses et très bien mises en valeur, de l'humour, de l'aventure, de l'émotion... que du bonheur! La suite est plus tragique, avec toujours en toile de fond cette amitié virile et un peu naïve, un contexte politique très bien exposé, et un final des plus romantiques...C'est beau.
Histoire sans Héros
Cette bande dessinée, réalisée d'une main de maître, compte parmi les meilleurs éléments de la collection "Signé". Le scénario est très bien ficelé, la mise en page impeccable pour transmettre les émotions et le dessin sérieux de Dany colle parfaitement à l'ambiance d'huis clos et de danger. Cette BD s'impose pour ses qualités graphiques mais aussi par la capacité des auteurs à raconter une histoire pour ce qu'elle est, sans chercher à créer une série ou à lancer une franchise. La suite dans la même collection, "20 ans après", est du même acabit, autosuffisante dans son excellence.
Le Voyage des Pères
Excellent ! J’ai adoré ma lecture, et j’ai littéralement dévoré les 3 tomes ! Le voyage des pères nous raconte comment 3 pères partent à la recherche de leurs fils partis de la maison pour se faire apôtres de Jésus. Le ton est définitivement humoristique avec des situations drôles mais surtout des dialogues « modernes » qui contrastent avec l’époque (mais ça fonctionne, bien mieux d’ailleurs que ce que l’on peut trouver dans « Le Casse - Le troisième jour »), le décalage est amusant, surprenant, je me suis souvent marrée et j’ai eu le sourire aux lèvres pendant la presque totalité de ma lecture. L’humour rend les personnages plus que sympathiques et du coup, lorsque dans le tome 3, bien plus sombre que les précédents, ils souffrent, c’est vraiment émouvant. Et puis cette manière de masquer son désarroi sous des dehors bougons (je pense au personnage de Jonas), j’adore... Je crois que je suis définitivement accro aux personnages grincheux au grand coeur (je pense notamment à mon récent coup de cœur pour « Nous ne serons jamais des héros ») ! Le dessin est excellent, les couleurs douces et lumineuses. La mise en image et la construction sont intelligentes, jouant avec les non dits et les scènes d’arrière plans avec efficacité. L’humour fait mouche, tant par les dialogue que par le dessin. Le voyage des pères est pour moi l’illustration d’un parfait équilibre de tout ce qui fait une très bonne BD, et pourtant je suis très loin d’être intéressée et encore moins passionnée par le sujet dont il est question ici. C’est un vrai petit rayon de soleil. A lire, acheter et offrir sans hésiter.