Je n'hésite même pas à mettre 5 étoiles...
Je viens de lire les trois premiers tomes, et moi j'aime beaucoup... on sent tout de suite que Mr Roudier s'y connait en préhistoire, les détails dans le dessin... le côté fantastique, le fait qu'ils se transforment en animal, de part leur appartenance à un clan lié à leur "croyance", je trouve l'idée géniale, surtout, qu'il n'abuse pas de ces transformations... enfin moi je trouve...
Il est vrai qu'il y a beaucoup d'écrit, et la tournure des phrases est un peu préhistorique, mais je me suis vite mis dedans, et ce fut un vrai plaisir... merci Mr Roudier, et vivement le tome 4... annoncé pour fin 2011 !!! (Voir le blog !!)
Quelle richesse !!!!
L'auteur Gerry Alanguilan est parti d'une idée saugrenue pour nous pondre un récit d'une rare richesse.
Jake, un poulet, apprend grâce au journal intime de son père, la vérité sur les premiers gallinacés qui sont devenus intelligents. Il aura fallu bien des années et des massacres, pour qu'ils deviennent les égaux des hommes.
Le scénario aborde énormément de sujets contemporains avec précision et sensibilité.
La narration est juste et fluide, la lecture est plaisante et aisée. J'ai été surpris de voir les pages défiler sans m'en rendre compte, j'ai été capté par le récit.
"Elmer" pose beaucoup de questions et y répond globalement avec intelligence. Cet hymne à la tolérance n'épargne pas l'être humain. On découvre avec consternation les réactions classiques de l'homme devant des situations incompréhensibles ou défavorables. Les poulets revêtent pour leur part l'habit de toutes les minorités souffrant de discriminations.
L'auteur ne s'arrête pas en si bon chemin, il aborde la relation père/fils, la famille, l'amitié et tant d'autres valeurs.
On ne peut qu'être touché par "Elmer", le ton sonne vrai de bout en bout, on en oublie l'idée farfelue servant de base au récit car celui-ci prend une rare consistance dans sa progression.
Cerise sur le gâteau, j'ai aimé également le dessin noir et blanc, sobre et assuré.
"Elmer" est indispensable dans toute bonne collection, ce comics ne joue pas la carte du superficiel, son contenu est maitrisé et intelligent, les émotions sont au rendez-vous. C'est à lire absolument car seule une lecture peut retranscrire la richesse de cette merveille.
Jérémie, un excellent souvenir de Bd d’enfance. Le magazine Pif avait imposé d’excellentes bandes dessinées, pas nécessairement pour enfants (Corto, Ragnar, Robin des bois, les Aristocrates (qui s’en souvient ?),…) Jérémie, reste, malgré le personnage, une Bd assez adulte et un chef-d'œuvre méconnu, l’un des plus grands de Gillon, la grâce du dessin, la finesse du trait, le dépouillement des vignettes, un dessin allant à l’essentiel que ne perturbe même pas l’absence des bulles, comme si Gillon voulait nous laisser apprécier pleinement les petits tableaux élégants qu’il peaufinait. Il est dommage que la série ait été colorisée… si vulgairement.
Vagabond, c'est de loin mon manga préféré.
Parce qu'il me touche profondément ;
Parce qu'il est beau ;
Parce que le Japon du XVIIe s'y anime sous mes yeux ;
Parce que l'humanité y respire comme nulle part ailleurs ;
Parce que c'est une philosophie à laquelle j'aspire ;
Parce que Vagabond, c'est simplement vrai.
Vagabond, c'est pour moi une des formes de l'aspiration ultime du mangaka. L'art du manga, de la bande dessinée à son paroxysme, bien au delà de son aspiration commerciale. A savourer impérativement.
Cette série est très belle, et rend compte de la majesté des dieux et des forces surhumaines. Les dessins sont beaux, et mystérieux, comme cette page totalement noire mais qui n'est pas vide : elle fait sens. Le rythme est très particulier aussi, fait d'accélérations tranchantes à l'intérieur d'un récit assez lent, pour rendre compte d'un temps illimité. La construction du récit, par l'intermédiaire de la sorcière (on sait pas trop ce que c'est), rend compte aussi de l'inéluctabilité du destin, d'une approche totale et complète que seuls des dieux peuvent avoir. Et accessoirement permet au lecteur d'être pris par le suspens (quand bien même on connaitrait tout de l'histoire).
Il y a énormément de travail sur le rythme, avec des dessins très grands parfois et qui permettent au lecteur de mesurer, peut-être de manière subconsciente, le souffle mythologique de l'histoire, des paroles très fortes en peu de mots... c'est la première fois dans une BD qu'on a un peu de respect pour des divinités en fait. Ca ne rigole pas trop, on pourrait presque dire que c'est lourd (même la petitesse de Mime fait quand même éprouver un certain dégout et n'apporte pas, je trouve, de vraie légèreté)... mais c'est qu'on parle de grandiose ! On peut faire tout à fait les mêmes reproches à Wagner : la puissance c'est pas drôle. Cette BD ne s'écrase justement pas sous le poids de l'histoire, elle se met à la hauteur pour traiter le sujet, c'est d'une ambition formidable et le résultat est unique.
J'attends avec impatience le prochain tomes. Je ne vois pas comment ça pourrait se finir en 3 tomes étant donné tout ce qu'il reste à raconter, à moins d'être rapide sur la fin. Ce serait aussi dommage de ne pas rebondir avec le Crépuscule de dieux... on verra.
C'est pour moi plus que culte, c'est mythique.
Un prix du meilleur album du Festival d'Angoulême largement mérité pour cette reprise très librement inspirée et surtout complètement déjantée du « Pinocchio » de Carlo Collodi. Ici, Pinocchio est un petit robot quasiment indestructible, le seul à ne pas mentir au milieu de personnages tout aussi abjects et méprisables les uns que les autres, y compris Geppetto son créateur, qui cherchera à vendre « son invention » aux militaires. Ces derniers finiront par le considérer comme dangereux alors que c’est davantage leur propre stupidité qui constitue la menace numéro un…
Voilà en tous cas un album ô combien rafraîchissant et complètement hors normes, on en reste littéralement sur le cul ! L’auteur, issu de la BD indépendante tendance destroy, a pris quasiment toutes les libertés graphiques et scénaristiques, les seules limites étant celles imposées par les dimensions de la page… N’hésitant pas à alterner un trait sale à la Vuillemin avec des illustrations superbes, délicates et poétiques, en passant par un fusain délibérément désuet ou encore des crobards minimalistes proches de l’amateurisme, esprit punk oblige, l’auteur nous scotche littéralement tout au long de ce pavé de près de 200 pages.
Ce mélange des genres ne choque même pas, tant la fascination pour cette histoire (quasiment) sans paroles joue à plein. Il s’agit bien là d’un parti pris car sous ses faux airs de bazar graphique, l’auteur sait exactement où il veut nous emmener et suit son fil rouge sans dévier d’un pouce.
Quant au scénario, il est à l’image du graphisme, complètement azimuté : Blanche-Neige y fait même une apparition au milieu de sept nains maniaques sexuels, c’est dire… L’histoire avance à un rythme d’enfer, sans temps mort, un peu comme le robot incontrôlable qu’est ce « punkocchio ». Ce récit picaresque fait d’ailleurs beaucoup penser au Candide de Voltaire, avec un héros qui se finit toujours par se sortir des situations les plus périlleuses. Question textes, seuls les « intermèdes » avec Jiminy Cafard en comportent, et c’est toujours très décalé… Ce dernier, qui se contente de squatter le crâne de Pinocchio au lieu de lui faire la morale comme son double « Cricket » dans la version de Disney, débite des vérités pas toujours bonnes à dire, telle cette sentence prononcée à l’adresse de son pote lors d’une soirée alcoolisée : « Le grand projet, c’est de nous rendre débile pour mieux nous enfiler, mec ! ». Parole d’alcoolo certes mais pas moins lucide pour autant…
C’est donc à la fois créatif, foisonnant, trash, drôle, poétique, et surtout sans compromission pour les âmes sensibles ou inhibées, mais cet OVNI a été conçu un peu comme un cocktail explosif jeté à la gueule du monde, en situation pré apocalyptique du fait de la bêtise, de l’égoïsme et de la rapacité de l’espèce dominante : la nôtre. C’est aussi un joli conte pour enfants qui ne veulent pas s’en laisser conter, ou pour adultes qui ont su garder leur âme d’enfant…
Et comme en guise de pied de nez, l’ouvrage est présenté dans un format luxueux, ce qui en fait un objet magnifique qu’on a peur d’abîmer… Pas très punk, j’en conviens, mais si ça peut servir la cause, après tout… Comment ça, j’ai pas parlé de chef d’œuvre ? Fuck, who cares anyway ?…
Je l'ai découvert avec "La preuve par 3" de l'éditeur Soleil. Regroupant ainsi tous les tomes de la série je me suis lancé dans la lecture.
Venant d'une famille de trois garçons, je suis assez touché par les histoires de fraternité. De ce point de vue, j'ai voulu donc en savoir plus. Le scénario est bien amené bien que le thème soit déja exploité dans des films ou autres BD de fantaisies (chacun s'en va faire sa quête puis se lance dans la poursuite du pouvoir et devenir roi etc). L'idée de faire raconter son passé au personnage par un échange entre Owen et Arawn est vraiment sympa. L'idée de départ avec la découverte de Siamh m'a beaucoup plu.
Le reste de l'histoire continue sur une lancée égale et présage beaucoup pour les prochains tomes (même si je pense que cette série n'est pas vouée à un destin commercial avec 20 tomes etc mais plutôt comme une série de 5 ou 6 tomes).
Ce qui met une claque c'est le rendu visuel. De véritables tableaux à chaque planche. Une impression de mobilité, d'action , un réalisme vraiment abouti pour la réalisation d'une fresque que je suis vraiment content de pouvoir resavourer régulièrement. Pour les amateurs du genre, je pense que cette série peux devenir culte. Pour ma part, je suis tout acquis à sa cause !
Si c'était possible, je lui aurais enlevé un demi point pour sa fin en queue de poisson assez décevante.
Hormis cette déception, je ne vois pas quoi reprocher à Run ; en effet, sa création est magistrale. Le premier album est juste envoûtant : des dessins avec un style excellent, des pages de papiers différents, en couleurs, en noir et blanc, et des bonus vraiment superbes ; des photos, des dessins et j'en passe.. Bref, graphiquement, le titre est à mes yeux le plus beau et le plus fun que j'ai pu lire.
Niveau personnage, la BD n'est pas en reste : Vinz et Angelino sont des charismatiques, et leurs ennemis sont aussi mystérieux que rancuniers.
Le scénario vous chope dès les premières pages et ne vous lâche plus, tant la BD se laisse lire et relire indéfiniment. Il faut dire que le fun et l'humour de ce comics n'y sont pas étrangers.
Sous une toile d'un scénario du style des Visiteurs, les péripéties et révélations qui nous sont contées nous mettent l'eau à la bouche de page en page, bien que l'on soit déçu d'une fin si... Hum, pour éviter de spoiler, je dirais qu'on ne se rend pas vraiment compte que c'est une fin, et qu'on reste un moment à se dire à quel point il aurait été ... Oulah, mais c'est que je commence à m'emballer moi, je vous garde la surprise !
Bref, pour conclure, on peut dire que Mutafukaz est une bd tout simplement indispensable, tant parce que son style déjanté en séduira plus d'un, que parce qu'elle représente une oeuvre d'art à elle-même.
Pfiou ! The Goon... J'ai découvert ce comics il y a de cela cinq ans déjà, et je ne suis toujours pas lassé de relire tous mes albums. Simplement parce que Eric Powell est un génie, et que son oeuvre est légendaire : un humour noir décapant, une violence banalisée et fun, une ambiance 50s décalée, des dessins de toute beauté, une histoire prenante, des personnages irrésistiblement dingues et attachants.. Un pur chef-d'oeuvre.
Je n'avais jamais entendu parler de cette BD et c'est un ami qui me l'a offerte.
Eh bien, je suis totalement tombé sous le charme. Du dessin d'abord qui m'a transporté dans cette île aux contours incertains dont parle le livre, peuplée de fées et de faunes, et surtout du petit Gabriel et de Merlin dont les discussions parfois à la limite de l'ésotérique m'ont fait rire et réfléchir à la fois.
Et puis ensuite c'est le texte qui m'a fait voyager, comme un chant magique qui reste encore longtemps en tête après avoir fermé le livre. Moi qui ne suis pas un grand fan de poésie, j'ai trouvé celle-ci complètement assumée et tout-à-fait accessible, beaucoup plus proche d'une chanson ou de la voix du narrateur d'un conte que d'un poème classique.
J'ai lu des commentaires disant qu'il n'y a pas d'histoire et ça me surprend. Pour moi, l'histoire découpée en petits chapitres, comme autant de petites nouvelles de quelques pages, fourmille d'anecdotes et de détails sur ce monde fantastique qui rappelle un peu Tolkien mais sur un ton très différent. J'adore.
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Vo'Hounâ
Je n'hésite même pas à mettre 5 étoiles... Je viens de lire les trois premiers tomes, et moi j'aime beaucoup... on sent tout de suite que Mr Roudier s'y connait en préhistoire, les détails dans le dessin... le côté fantastique, le fait qu'ils se transforment en animal, de part leur appartenance à un clan lié à leur "croyance", je trouve l'idée géniale, surtout, qu'il n'abuse pas de ces transformations... enfin moi je trouve... Il est vrai qu'il y a beaucoup d'écrit, et la tournure des phrases est un peu préhistorique, mais je me suis vite mis dedans, et ce fut un vrai plaisir... merci Mr Roudier, et vivement le tome 4... annoncé pour fin 2011 !!! (Voir le blog !!)
Elmer
Quelle richesse !!!! L'auteur Gerry Alanguilan est parti d'une idée saugrenue pour nous pondre un récit d'une rare richesse. Jake, un poulet, apprend grâce au journal intime de son père, la vérité sur les premiers gallinacés qui sont devenus intelligents. Il aura fallu bien des années et des massacres, pour qu'ils deviennent les égaux des hommes. Le scénario aborde énormément de sujets contemporains avec précision et sensibilité. La narration est juste et fluide, la lecture est plaisante et aisée. J'ai été surpris de voir les pages défiler sans m'en rendre compte, j'ai été capté par le récit. "Elmer" pose beaucoup de questions et y répond globalement avec intelligence. Cet hymne à la tolérance n'épargne pas l'être humain. On découvre avec consternation les réactions classiques de l'homme devant des situations incompréhensibles ou défavorables. Les poulets revêtent pour leur part l'habit de toutes les minorités souffrant de discriminations. L'auteur ne s'arrête pas en si bon chemin, il aborde la relation père/fils, la famille, l'amitié et tant d'autres valeurs. On ne peut qu'être touché par "Elmer", le ton sonne vrai de bout en bout, on en oublie l'idée farfelue servant de base au récit car celui-ci prend une rare consistance dans sa progression. Cerise sur le gâteau, j'ai aimé également le dessin noir et blanc, sobre et assuré. "Elmer" est indispensable dans toute bonne collection, ce comics ne joue pas la carte du superficiel, son contenu est maitrisé et intelligent, les émotions sont au rendez-vous. C'est à lire absolument car seule une lecture peut retranscrire la richesse de cette merveille.
Jeremie dans les îles
Jérémie, un excellent souvenir de Bd d’enfance. Le magazine Pif avait imposé d’excellentes bandes dessinées, pas nécessairement pour enfants (Corto, Ragnar, Robin des bois, les Aristocrates (qui s’en souvient ?),…) Jérémie, reste, malgré le personnage, une Bd assez adulte et un chef-d'œuvre méconnu, l’un des plus grands de Gillon, la grâce du dessin, la finesse du trait, le dépouillement des vignettes, un dessin allant à l’essentiel que ne perturbe même pas l’absence des bulles, comme si Gillon voulait nous laisser apprécier pleinement les petits tableaux élégants qu’il peaufinait. Il est dommage que la série ait été colorisée… si vulgairement.
Vagabond
Vagabond, c'est de loin mon manga préféré. Parce qu'il me touche profondément ; Parce qu'il est beau ; Parce que le Japon du XVIIe s'y anime sous mes yeux ; Parce que l'humanité y respire comme nulle part ailleurs ; Parce que c'est une philosophie à laquelle j'aspire ; Parce que Vagabond, c'est simplement vrai. Vagabond, c'est pour moi une des formes de l'aspiration ultime du mangaka. L'art du manga, de la bande dessinée à son paroxysme, bien au delà de son aspiration commerciale. A savourer impérativement.
Siegfried
Cette série est très belle, et rend compte de la majesté des dieux et des forces surhumaines. Les dessins sont beaux, et mystérieux, comme cette page totalement noire mais qui n'est pas vide : elle fait sens. Le rythme est très particulier aussi, fait d'accélérations tranchantes à l'intérieur d'un récit assez lent, pour rendre compte d'un temps illimité. La construction du récit, par l'intermédiaire de la sorcière (on sait pas trop ce que c'est), rend compte aussi de l'inéluctabilité du destin, d'une approche totale et complète que seuls des dieux peuvent avoir. Et accessoirement permet au lecteur d'être pris par le suspens (quand bien même on connaitrait tout de l'histoire). Il y a énormément de travail sur le rythme, avec des dessins très grands parfois et qui permettent au lecteur de mesurer, peut-être de manière subconsciente, le souffle mythologique de l'histoire, des paroles très fortes en peu de mots... c'est la première fois dans une BD qu'on a un peu de respect pour des divinités en fait. Ca ne rigole pas trop, on pourrait presque dire que c'est lourd (même la petitesse de Mime fait quand même éprouver un certain dégout et n'apporte pas, je trouve, de vraie légèreté)... mais c'est qu'on parle de grandiose ! On peut faire tout à fait les mêmes reproches à Wagner : la puissance c'est pas drôle. Cette BD ne s'écrase justement pas sous le poids de l'histoire, elle se met à la hauteur pour traiter le sujet, c'est d'une ambition formidable et le résultat est unique. J'attends avec impatience le prochain tomes. Je ne vois pas comment ça pourrait se finir en 3 tomes étant donné tout ce qu'il reste à raconter, à moins d'être rapide sur la fin. Ce serait aussi dommage de ne pas rebondir avec le Crépuscule de dieux... on verra. C'est pour moi plus que culte, c'est mythique.
Pinocchio (Winshluss)
Un prix du meilleur album du Festival d'Angoulême largement mérité pour cette reprise très librement inspirée et surtout complètement déjantée du « Pinocchio » de Carlo Collodi. Ici, Pinocchio est un petit robot quasiment indestructible, le seul à ne pas mentir au milieu de personnages tout aussi abjects et méprisables les uns que les autres, y compris Geppetto son créateur, qui cherchera à vendre « son invention » aux militaires. Ces derniers finiront par le considérer comme dangereux alors que c’est davantage leur propre stupidité qui constitue la menace numéro un… Voilà en tous cas un album ô combien rafraîchissant et complètement hors normes, on en reste littéralement sur le cul ! L’auteur, issu de la BD indépendante tendance destroy, a pris quasiment toutes les libertés graphiques et scénaristiques, les seules limites étant celles imposées par les dimensions de la page… N’hésitant pas à alterner un trait sale à la Vuillemin avec des illustrations superbes, délicates et poétiques, en passant par un fusain délibérément désuet ou encore des crobards minimalistes proches de l’amateurisme, esprit punk oblige, l’auteur nous scotche littéralement tout au long de ce pavé de près de 200 pages. Ce mélange des genres ne choque même pas, tant la fascination pour cette histoire (quasiment) sans paroles joue à plein. Il s’agit bien là d’un parti pris car sous ses faux airs de bazar graphique, l’auteur sait exactement où il veut nous emmener et suit son fil rouge sans dévier d’un pouce. Quant au scénario, il est à l’image du graphisme, complètement azimuté : Blanche-Neige y fait même une apparition au milieu de sept nains maniaques sexuels, c’est dire… L’histoire avance à un rythme d’enfer, sans temps mort, un peu comme le robot incontrôlable qu’est ce « punkocchio ». Ce récit picaresque fait d’ailleurs beaucoup penser au Candide de Voltaire, avec un héros qui se finit toujours par se sortir des situations les plus périlleuses. Question textes, seuls les « intermèdes » avec Jiminy Cafard en comportent, et c’est toujours très décalé… Ce dernier, qui se contente de squatter le crâne de Pinocchio au lieu de lui faire la morale comme son double « Cricket » dans la version de Disney, débite des vérités pas toujours bonnes à dire, telle cette sentence prononcée à l’adresse de son pote lors d’une soirée alcoolisée : « Le grand projet, c’est de nous rendre débile pour mieux nous enfiler, mec ! ». Parole d’alcoolo certes mais pas moins lucide pour autant… C’est donc à la fois créatif, foisonnant, trash, drôle, poétique, et surtout sans compromission pour les âmes sensibles ou inhibées, mais cet OVNI a été conçu un peu comme un cocktail explosif jeté à la gueule du monde, en situation pré apocalyptique du fait de la bêtise, de l’égoïsme et de la rapacité de l’espèce dominante : la nôtre. C’est aussi un joli conte pour enfants qui ne veulent pas s’en laisser conter, ou pour adultes qui ont su garder leur âme d’enfant… Et comme en guise de pied de nez, l’ouvrage est présenté dans un format luxueux, ce qui en fait un objet magnifique qu’on a peur d’abîmer… Pas très punk, j’en conviens, mais si ça peut servir la cause, après tout… Comment ça, j’ai pas parlé de chef d’œuvre ? Fuck, who cares anyway ?…
Arawn
Je l'ai découvert avec "La preuve par 3" de l'éditeur Soleil. Regroupant ainsi tous les tomes de la série je me suis lancé dans la lecture. Venant d'une famille de trois garçons, je suis assez touché par les histoires de fraternité. De ce point de vue, j'ai voulu donc en savoir plus. Le scénario est bien amené bien que le thème soit déja exploité dans des films ou autres BD de fantaisies (chacun s'en va faire sa quête puis se lance dans la poursuite du pouvoir et devenir roi etc). L'idée de faire raconter son passé au personnage par un échange entre Owen et Arawn est vraiment sympa. L'idée de départ avec la découverte de Siamh m'a beaucoup plu. Le reste de l'histoire continue sur une lancée égale et présage beaucoup pour les prochains tomes (même si je pense que cette série n'est pas vouée à un destin commercial avec 20 tomes etc mais plutôt comme une série de 5 ou 6 tomes). Ce qui met une claque c'est le rendu visuel. De véritables tableaux à chaque planche. Une impression de mobilité, d'action , un réalisme vraiment abouti pour la réalisation d'une fresque que je suis vraiment content de pouvoir resavourer régulièrement. Pour les amateurs du genre, je pense que cette série peux devenir culte. Pour ma part, je suis tout acquis à sa cause !
Mutafukaz
Si c'était possible, je lui aurais enlevé un demi point pour sa fin en queue de poisson assez décevante. Hormis cette déception, je ne vois pas quoi reprocher à Run ; en effet, sa création est magistrale. Le premier album est juste envoûtant : des dessins avec un style excellent, des pages de papiers différents, en couleurs, en noir et blanc, et des bonus vraiment superbes ; des photos, des dessins et j'en passe.. Bref, graphiquement, le titre est à mes yeux le plus beau et le plus fun que j'ai pu lire. Niveau personnage, la BD n'est pas en reste : Vinz et Angelino sont des charismatiques, et leurs ennemis sont aussi mystérieux que rancuniers. Le scénario vous chope dès les premières pages et ne vous lâche plus, tant la BD se laisse lire et relire indéfiniment. Il faut dire que le fun et l'humour de ce comics n'y sont pas étrangers. Sous une toile d'un scénario du style des Visiteurs, les péripéties et révélations qui nous sont contées nous mettent l'eau à la bouche de page en page, bien que l'on soit déçu d'une fin si... Hum, pour éviter de spoiler, je dirais qu'on ne se rend pas vraiment compte que c'est une fin, et qu'on reste un moment à se dire à quel point il aurait été ... Oulah, mais c'est que je commence à m'emballer moi, je vous garde la surprise ! Bref, pour conclure, on peut dire que Mutafukaz est une bd tout simplement indispensable, tant parce que son style déjanté en séduira plus d'un, que parce qu'elle représente une oeuvre d'art à elle-même.
The Goon
Pfiou ! The Goon... J'ai découvert ce comics il y a de cela cinq ans déjà, et je ne suis toujours pas lassé de relire tous mes albums. Simplement parce que Eric Powell est un génie, et que son oeuvre est légendaire : un humour noir décapant, une violence banalisée et fun, une ambiance 50s décalée, des dessins de toute beauté, une histoire prenante, des personnages irrésistiblement dingues et attachants.. Un pur chef-d'oeuvre.
Yaxin
Je n'avais jamais entendu parler de cette BD et c'est un ami qui me l'a offerte. Eh bien, je suis totalement tombé sous le charme. Du dessin d'abord qui m'a transporté dans cette île aux contours incertains dont parle le livre, peuplée de fées et de faunes, et surtout du petit Gabriel et de Merlin dont les discussions parfois à la limite de l'ésotérique m'ont fait rire et réfléchir à la fois. Et puis ensuite c'est le texte qui m'a fait voyager, comme un chant magique qui reste encore longtemps en tête après avoir fermé le livre. Moi qui ne suis pas un grand fan de poésie, j'ai trouvé celle-ci complètement assumée et tout-à-fait accessible, beaucoup plus proche d'une chanson ou de la voix du narrateur d'un conte que d'un poème classique. J'ai lu des commentaires disant qu'il n'y a pas d'histoire et ça me surprend. Pour moi, l'histoire découpée en petits chapitres, comme autant de petites nouvelles de quelques pages, fourmille d'anecdotes et de détails sur ce monde fantastique qui rappelle un peu Tolkien mais sur un ton très différent. J'adore. Un total petit bonheur !