La note maximale ! Sans la moindre hésitation !!!
‘100 bullets’ est la série qui m’a convaincu que les comics ne se limitent pas à de la bande dessinée de qualité inférieure.
Caïds, flics, joueurs et bookmakers, voleurs, tueurs psychopathes et assassins, junkies, barmen et strip-teaseuses, détective privé, taulards… C’est finalement toute la faune des bas fonds urbains que les auteurs ont décidé de mettre en scène.
Le concept de base de ‘100 bullets’ est bien connu : le mystérieux agent Graves révèle à une personne l’identité d’un tiers qui lui a causé du tort et lui offre la possibilité d’une vengeance impunie, en lui fournissant une arme de poing et une centaine de cartouches non identifiables. Ainsi, dans différents récits, indépendants en apparence, le petit jeu de Graves permet d’exposer des losers en tout genre à un choix des plus cornéliens.
Il importe toutefois de ne pas s’y méprendre : l’agent Graves et sa fameuse mallette ne sont que le point de départ. Toutes ces histoires sont imbriquées et interconnectées. La compréhension de la série réclame d’ailleurs un véritable investissement de la part du lecteur. Personnellement, je dois avouer que, sans une relecture attentive et diverses clés de lecture glanées auprès d’autres lecteurs, je serais sans doute passé à côté de différents éléments de l’intrigue. ‘100 bullets’, ce n’est pas du tout le genre de bouquin dont on se dit, après l’avoir lu, que jamais plus on ne l’ouvrira, puisqu’on en connaît à présent la chute. Pas du tout ! Même après une dizaine de lectures de ce comic book, on est susceptible de tomber sur un détail, un raccord qui ne saute pas aux yeux de prime abord, une information d’apparence anodine mais qui prend tout son sens avec une vue d’ensemble.
N’ayons pas peur des mots : Brian Azzarello est un génie ! Au fur et à mesure des épisodes, il tisse soigneusement une toile immense, par le biais d’indices soigneusement parsemés, d’intrigues enchevêtrées et de scènes simultanées. La trame de fond se développe au fil des épisodes et amène progressivement réponse aux questions, que tant les protagonistes que le lecteur se posent : qui est l’agent Graves ? Pourquoi s’intéresse-t-il à tous ces laissés pour compte ? Comment peut-il être à ce point au-dessus des lois ? Qui sont les minutemen ? Qu’est-ce qui a foiré à Atlantic City ?
Concernant Risso, j’ai toujours trouvé son dessin incroyablement classe et élégant. Son graphisme est à la fois épuré et expressif. Ses cadrages sont souvent originaux. Ainsi, il propose, par exemple, au lecteur le point de vue d’un crâne qui rencontre une balle, d’un tableau sur lequel on peint, d’une bouche sur le point d’engouffrer un hotdog, du fond d’une mallette qu’on ouvre, etc. Le dessin de Risso est relativement sombre, ce qui contraste intelligemment avec les couleurs dynamiques qui le rehaussent.
Azzarello et Risso forment un binôme exemplaire. Ces deux-là sont plus que complémentaires : on dirait franchement qu’ils ne font qu’un !
En conclusion, ‘100 bullets’, « c’est de l’art, sous sa forme la plus vitale, la plus vibrante… une forme qui défie toute définition. C’est indescriptible. C’est bruyant, sanglant, extrême et ça repousse les limites fixées par le genre. C’est à la fois un terreau de théorie du complot, une odyssée mafieuse, une saga de justice urbaine ».(*) Pour ce qui me concerne, ‘100 bullets’ est tout simplement la meilleure série de comics et le meilleur polar qui soient ! A découvrir de toute urgence, si ce n’est déjà fait !!!
(*) : Rob Elder, introduction du tome 7.
-------------
M.A.J. 11.XI.2010 – après lecture des tomes 9 et 10
On m’a offert il y a quelques semaines les deux derniers tomes de ‘100 bullets’. J’ai résisté à l’envie de les dévorer sur le champ, en me disant que j’en profiterais encore davantage si je relisais les premiers tomes de la série avant de les attaquer. Ce qui m’a donc permis de redécouvrir tous les personnages et de me rappeler comment chacun d’eux est relié aux autres.
[SPOILER]
Le tome 9 se déroule en prison où on retrouve Loop (qu’on avait abandonné à la fin du tome 4) qui, malgré sa réputation de taulard réglo, a réussi à se mettre à dos un des caïds locaux. Les relations de Loop avec le gardien en chef ne sont par ailleurs pas des plus cordiales. Il ne manquait donc plus que l’arrivée d’une vieille connaissance pour achever de noircir le tableau.
Le tome 10, quant à lui, se concentre, au départ, sur Jack (qu’on avait quitté dans le tome 5). Ce dernier se rend à Atlantic City avec son pote Mike. Les deux junkies vont toutefois faire une halte chez Garv’, le cousin de Mike, qui gagne sa vie grâce à un zoo peu commun.
Le quatrième chapitre du tome 10, enfin, met en scène de nouveaux personnages, à savoir une bande de braqueurs, et offre de nombreuses réponses quant aux origines du Trust et des Minutemen.
[/SPOILER]
Je persiste et signe : ‘100 bullets’ est le meilleur comic book qui soit ! À la fois rythmé et intelligent, il s’agit incontestablement du polar le plus efficace que j’aie jamais lu !!! ::
Qui est Thorgal ? L'archer, anarchiste, aventurier. Le juste par excellence, je "kiffe" ce type là.
Je trépigne chaque année à la sortie de l'album, même si j'avoue qu'à partir de l'album 22 la série dégringole dans mon estime jusqu'à vraiment s'essouffler (voir les albums 24 et 25 purement insipides).
Cassant, certes mais j'aime tellement le perso, l'univers qui l'entoure et la féérie de la série que peut-être Rosinski et Sente liront mon post et réagiront pour faire perdurer la série comme ils sont à nouveau en train de le faire avec le cycle de Jolan amorcé par un génial "sacrifice" (n°29).
En tout cas, je resterai fidèle à Thorgal et je lui souhaite longue vie, à lui, ses persos, ses auteurs, ses lecteurs... la liste est très longue.
Mes 3 albums préférés :
- Alinoë
- L'épee Soleil
- Moi, Jolan
Les plus Bof :
- Le mal bleu
- Le royaume sous le sable
Les 3 albums de la série à lire :
- l'enfant des étoiles
- La couronne d'Ogotai
- Le sacrifice
David Mazzucchelli est surtout connu pour son travail dans les années 80 sur les super-héros : Daredevil et Batman. Depuis les années 90, il a commencé un travail plus personnel exploitant parfaitement toutes les possibilités du medium bande dessinée. Cependant, Mazzucchelli n’avait encore jamais écrit de roman graphique aussi long. Il signe peut-être avec Asterios Polyp son chef d’œuvre. En 350 pages, qu’il vaut mieux lire d’une traite, le dessinateur américain dépeint le monde et les angoisses d’Asterios Polyp, architecte cinquantenaire névrosé, sans doute forme de double de papier de l’auteur.
Mazzucchelli élabore une histoire riche, dense, pleine de réflexion philosophique. Le livre est paru l’année dernière aux Etats-Unis et a tout de suite été décrit comme l’œuvre la plus aboutie et surtout la plus personnelle de l’auteur.
Asterios Polyp est un architecte qui classe les hommes en deux catégories : ceux qui sont faits de formes et ceux qui sont faits de lignes, sorte de déformation professionnelle. Le dessin traduit cette vision particulière de manière très cohérente. De plus, les teintes de couleur se superposent et se déplacent suivant le lieu et les personnages. La compagne d’Asterios, une américano-japonaise du nom très symbolique de Fleur, est dépeinte grâce à une dominante rose. Les actions se passant dans la ville d’Apogee avec le bienheureux Stilfy bénéficient de teintes bleues et jaunes.
Livre complexe, livre de l’aboutissement, du dérèglement amoureux, de l’incommunicabilité, Asterios Polyp sait aussi jouer sur l’émotion dans ce qui fait les livres rares et marquants.
D'abord et avant tout comme dirait Baudelaire glorifier le culte des images et de la lumière-couleur.
Car Alban Guillemois, c'est d'abord et avant tout une image hors du commun, une invitation au voyage, un saut dans la vision merveilleuse. C'est la foi en l'inconnu, au rayonnement imprévisible qui surgit derrière l'horizon, à l'inattendu dans les rêves d'un enfant.
Merci Alban Guillemois de ce prodigieux bond en avant dans la couleur, dans le pays enchanté de tes héros.
Excellent ! C'est tout bonnement excellent !
De l'humour bien noir, efficace, tordant ! J'en ai pleuré de rire ! En un dessin, le message passe, et bien ! Même après plusieurs lectures, on rigole toujours autant (suis-je bon public ?) !!!
Le dessin est vraiment travaillé et très propre ! C'est très bien fait, que ce soit en couleurs ou en noir et blanc ! Le rendu colle parfaitement aux gags (heureusement car c'est le dessin qui est la base de chaque blague me diriez-vous !).
Après, est-ce vraiment une BD ? Je ne saurais répondre...
Le non à l'achat vient du fait que le prix est un peu excessif pour ce que c'est et parce qu'il vaut mieux les lire comme cela, en tombant dessus par hasard ! (Lecture très très rapide).
Le 5/5 se justifie à mes yeux car c'est vraiment un humour implacable et les œuvres de Serre sont restées cultes un moment !
Fanatique de cette série ! ... Fascinant, trépidant !
Cette série je ne l'ai pas lue, je l'ai vécue ! Passionné par ce genre d'intrigues, je n'ai pas encore réussi à trouver aussi bien dans le genre. Le concept de l'amnésie est très fort (cf "La mémoire dans la peau" !). Je me suis rarement autant attaché aux persos d'une BD ...
Pour les fans du genre ... et pas seulement ! Je recommande vivement cette saga.
Cultissime !
Si vous voulez flipper à chaque page, y'a pas ! Faut lire ça !
C'est si rare d'être pris aux tripes par une bande dessinée. Et celle-là ne vous lâche plus à partir du moment où vous l'ouvrez. Vous voulez savoir jusqu'où peut aller l'horreur. Et quand je dis l'horreur, c'est de la pire horreur dont parle ce chef d'oeuvre. Et pour reprendre Antonin Artaud qui dit sur le théâtre ce que je pourrais dire sur cette BD : "Si le théâtre est essentiel comme la peste, ce n'est pas parce qu'il est contagieux, mais parce que comme la peste il est la révélation, la mise en avant, la poussée vers l'extérieur d'un fond de cruauté latente par lequel se localisent sur un individu ou sur un peuple, toutes les possibilités perverses de l'esprit".
L'histoire est celle d'une mère de famille qui, obsédée par la beauté et la jeunesse, obsédée par son passé d'actrice connue, finit par sacrifier sa fille pour satisfaire son obsédant désir de rester ce qu'elle était auparavant.
C'est difficile d'en dire plus sans dévoiler le noeud de l'histoire. Tout ce que je peux dire, c'est que ça saigne pas mal, mais que ce n'est pas dans ces moments là qu'on angoisse le plus ! Et de l'angoisse, y'a que ça.
Le trait est gras, l'ambiance est sombre. C'est tout juste si on entend pas le souffle lugubre du vent. En lisant cette BD, vous ne verrez plus jamais votre mère comme avant........ hé hé hé.
Encore une BD culte !
Déjà le dessin. Un graphisme étonnant, percutant. Des couleurs tranchées. Des cases sans bulle, mais avec un texte collé en bas. Ce qui, étrangement, donne du son dans la case laissée libre "d'écouter" ce que l'imagination perçoit. Et c'est bien de perception dont il s'agit. Car tout dans cette bande dessinée est basée sur du sensitif, de l'émotif. Et côté émotion, il y en a des tonnes.
Côté scénario, c'est le coup de poing dans la tronche. On l'aime cette Line. Et on enrage de la voir ainsi bousculée par tant d'injustices. Une injustice banale, qui ne fera pas la première page des journaux. Non, elle vit en province et subit la violence du travail, la violence des garçons, la violence de sa famille. Rien de bien exceptionnel. Et pourtant, le scénario écrit par un réalisateur connu donne un ton mordant, qui ne lâche pas le lecteur, qui le tient en haleine. Bouhnik a écrit un scénario du genre "La Haine", mais à la campagne, un autre décor qu'il semble parfaitement connaitre, en évitant tous les clichés, et en nous embarquant dans une histoire haletante.
Ce n'est pas une bande dessinée classique. Elle est d'une modernité étonnante. Peut être même en avance sur son temps. Car quand on voit les 5000 BD qui sortent chaque année, combien d'artistes tentent une nouvelle écriture ? À part Thomas Ott, je ne vois pas beaucoup d'Artistes qui se sont permis une telle liberté que Thanneur et Bouhnik.
Un superbe boulot, à lire de toute urgence !
Justement.
Oui, justement parce que cette bande dessinée aborde l'innommable dans le récit du quotidien des victimes, dans un graphisme râpeux, aux traits presque grossiers, simplistes, qui est loin des critères traditionnels du beau qui sert à enjoliver et rendre acceptable le dessin, pour rendre acceptable ce que l'on ne peut accepter.
Il faut se rendre à l'évidence de l'immense intelligence de l'auteur qui a su nous offrir une œuvre au ton juste, sans utiliser d'artifice pour nous plonger dans cette période atroce de l'humanité. Ses personnages ne sont pas sympathiques, oui, ses personnages sont comme des souris que bouffent les chats, sans une once d'humanité, oui, et c'est justement ainsi que l'on se rend compte de l'horreur absolu de ce récit. Oui, les nazis ont éliminé des gens, pas parce qu'ils étaient particulièrement beaux, pas parce qu'ils étaient particulièrement forts, pas parce qu'ils étaient particulièrement intelligents, mais seulement parce qu'ils étaient juifs.
Une œuvre remarquable, immense. Juste !
Il y a des bd qui entrent dans votre vie sans crier gare, mais qui restent ancrées en vous, avec une insolente obsession. Avec une légèreté digne d'un Proust de la bande dessinée, Juillard nous dévoile avec pudeur l'intimité d'une étrange histoire d'amour.
À partir de la vision d'une jeune femme nue, il bâtit un suspens amoureux dont les fils qui se dénouent ne cesseront de nous interroger sur le désir et le sentiment. Enfin une bande dessinée qui aborde le sexe, sans qu'il ne soit pour autant montré, et qui nous parle des sentiments, sans pour autant qu'ils ne soient démontrés.
Le trait de Juillard est à l'apogée de son Art, d'une douceur toute sensuelle, et d'une force qui dessine si bien l'entre deux cases.
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100 bullets
La note maximale ! Sans la moindre hésitation !!! ‘100 bullets’ est la série qui m’a convaincu que les comics ne se limitent pas à de la bande dessinée de qualité inférieure. Caïds, flics, joueurs et bookmakers, voleurs, tueurs psychopathes et assassins, junkies, barmen et strip-teaseuses, détective privé, taulards… C’est finalement toute la faune des bas fonds urbains que les auteurs ont décidé de mettre en scène. Le concept de base de ‘100 bullets’ est bien connu : le mystérieux agent Graves révèle à une personne l’identité d’un tiers qui lui a causé du tort et lui offre la possibilité d’une vengeance impunie, en lui fournissant une arme de poing et une centaine de cartouches non identifiables. Ainsi, dans différents récits, indépendants en apparence, le petit jeu de Graves permet d’exposer des losers en tout genre à un choix des plus cornéliens. Il importe toutefois de ne pas s’y méprendre : l’agent Graves et sa fameuse mallette ne sont que le point de départ. Toutes ces histoires sont imbriquées et interconnectées. La compréhension de la série réclame d’ailleurs un véritable investissement de la part du lecteur. Personnellement, je dois avouer que, sans une relecture attentive et diverses clés de lecture glanées auprès d’autres lecteurs, je serais sans doute passé à côté de différents éléments de l’intrigue. ‘100 bullets’, ce n’est pas du tout le genre de bouquin dont on se dit, après l’avoir lu, que jamais plus on ne l’ouvrira, puisqu’on en connaît à présent la chute. Pas du tout ! Même après une dizaine de lectures de ce comic book, on est susceptible de tomber sur un détail, un raccord qui ne saute pas aux yeux de prime abord, une information d’apparence anodine mais qui prend tout son sens avec une vue d’ensemble. N’ayons pas peur des mots : Brian Azzarello est un génie ! Au fur et à mesure des épisodes, il tisse soigneusement une toile immense, par le biais d’indices soigneusement parsemés, d’intrigues enchevêtrées et de scènes simultanées. La trame de fond se développe au fil des épisodes et amène progressivement réponse aux questions, que tant les protagonistes que le lecteur se posent : qui est l’agent Graves ? Pourquoi s’intéresse-t-il à tous ces laissés pour compte ? Comment peut-il être à ce point au-dessus des lois ? Qui sont les minutemen ? Qu’est-ce qui a foiré à Atlantic City ? Concernant Risso, j’ai toujours trouvé son dessin incroyablement classe et élégant. Son graphisme est à la fois épuré et expressif. Ses cadrages sont souvent originaux. Ainsi, il propose, par exemple, au lecteur le point de vue d’un crâne qui rencontre une balle, d’un tableau sur lequel on peint, d’une bouche sur le point d’engouffrer un hotdog, du fond d’une mallette qu’on ouvre, etc. Le dessin de Risso est relativement sombre, ce qui contraste intelligemment avec les couleurs dynamiques qui le rehaussent. Azzarello et Risso forment un binôme exemplaire. Ces deux-là sont plus que complémentaires : on dirait franchement qu’ils ne font qu’un ! En conclusion, ‘100 bullets’, « c’est de l’art, sous sa forme la plus vitale, la plus vibrante… une forme qui défie toute définition. C’est indescriptible. C’est bruyant, sanglant, extrême et ça repousse les limites fixées par le genre. C’est à la fois un terreau de théorie du complot, une odyssée mafieuse, une saga de justice urbaine ».(*) Pour ce qui me concerne, ‘100 bullets’ est tout simplement la meilleure série de comics et le meilleur polar qui soient ! A découvrir de toute urgence, si ce n’est déjà fait !!! (*) : Rob Elder, introduction du tome 7. ------------- M.A.J. 11.XI.2010 – après lecture des tomes 9 et 10 On m’a offert il y a quelques semaines les deux derniers tomes de ‘100 bullets’. J’ai résisté à l’envie de les dévorer sur le champ, en me disant que j’en profiterais encore davantage si je relisais les premiers tomes de la série avant de les attaquer. Ce qui m’a donc permis de redécouvrir tous les personnages et de me rappeler comment chacun d’eux est relié aux autres. [SPOILER] Le tome 9 se déroule en prison où on retrouve Loop (qu’on avait abandonné à la fin du tome 4) qui, malgré sa réputation de taulard réglo, a réussi à se mettre à dos un des caïds locaux. Les relations de Loop avec le gardien en chef ne sont par ailleurs pas des plus cordiales. Il ne manquait donc plus que l’arrivée d’une vieille connaissance pour achever de noircir le tableau. Le tome 10, quant à lui, se concentre, au départ, sur Jack (qu’on avait quitté dans le tome 5). Ce dernier se rend à Atlantic City avec son pote Mike. Les deux junkies vont toutefois faire une halte chez Garv’, le cousin de Mike, qui gagne sa vie grâce à un zoo peu commun. Le quatrième chapitre du tome 10, enfin, met en scène de nouveaux personnages, à savoir une bande de braqueurs, et offre de nombreuses réponses quant aux origines du Trust et des Minutemen. [/SPOILER] Je persiste et signe : ‘100 bullets’ est le meilleur comic book qui soit ! À la fois rythmé et intelligent, il s’agit incontestablement du polar le plus efficace que j’aie jamais lu !!! ::
Thorgal
Qui est Thorgal ? L'archer, anarchiste, aventurier. Le juste par excellence, je "kiffe" ce type là. Je trépigne chaque année à la sortie de l'album, même si j'avoue qu'à partir de l'album 22 la série dégringole dans mon estime jusqu'à vraiment s'essouffler (voir les albums 24 et 25 purement insipides). Cassant, certes mais j'aime tellement le perso, l'univers qui l'entoure et la féérie de la série que peut-être Rosinski et Sente liront mon post et réagiront pour faire perdurer la série comme ils sont à nouveau en train de le faire avec le cycle de Jolan amorcé par un génial "sacrifice" (n°29). En tout cas, je resterai fidèle à Thorgal et je lui souhaite longue vie, à lui, ses persos, ses auteurs, ses lecteurs... la liste est très longue. Mes 3 albums préférés : - Alinoë - L'épee Soleil - Moi, Jolan Les plus Bof : - Le mal bleu - Le royaume sous le sable Les 3 albums de la série à lire : - l'enfant des étoiles - La couronne d'Ogotai - Le sacrifice
Asterios Polyp
David Mazzucchelli est surtout connu pour son travail dans les années 80 sur les super-héros : Daredevil et Batman. Depuis les années 90, il a commencé un travail plus personnel exploitant parfaitement toutes les possibilités du medium bande dessinée. Cependant, Mazzucchelli n’avait encore jamais écrit de roman graphique aussi long. Il signe peut-être avec Asterios Polyp son chef d’œuvre. En 350 pages, qu’il vaut mieux lire d’une traite, le dessinateur américain dépeint le monde et les angoisses d’Asterios Polyp, architecte cinquantenaire névrosé, sans doute forme de double de papier de l’auteur. Mazzucchelli élabore une histoire riche, dense, pleine de réflexion philosophique. Le livre est paru l’année dernière aux Etats-Unis et a tout de suite été décrit comme l’œuvre la plus aboutie et surtout la plus personnelle de l’auteur. Asterios Polyp est un architecte qui classe les hommes en deux catégories : ceux qui sont faits de formes et ceux qui sont faits de lignes, sorte de déformation professionnelle. Le dessin traduit cette vision particulière de manière très cohérente. De plus, les teintes de couleur se superposent et se déplacent suivant le lieu et les personnages. La compagne d’Asterios, une américano-japonaise du nom très symbolique de Fleur, est dépeinte grâce à une dominante rose. Les actions se passant dans la ville d’Apogee avec le bienheureux Stilfy bénéficient de teintes bleues et jaunes. Livre complexe, livre de l’aboutissement, du dérèglement amoureux, de l’incommunicabilité, Asterios Polyp sait aussi jouer sur l’émotion dans ce qui fait les livres rares et marquants.
L'Ile aux Mille Mystères
D'abord et avant tout comme dirait Baudelaire glorifier le culte des images et de la lumière-couleur. Car Alban Guillemois, c'est d'abord et avant tout une image hors du commun, une invitation au voyage, un saut dans la vision merveilleuse. C'est la foi en l'inconnu, au rayonnement imprévisible qui surgit derrière l'horizon, à l'inattendu dans les rêves d'un enfant. Merci Alban Guillemois de ce prodigieux bond en avant dans la couleur, dans le pays enchanté de tes héros.
Serre
Excellent ! C'est tout bonnement excellent ! De l'humour bien noir, efficace, tordant ! J'en ai pleuré de rire ! En un dessin, le message passe, et bien ! Même après plusieurs lectures, on rigole toujours autant (suis-je bon public ?) !!! Le dessin est vraiment travaillé et très propre ! C'est très bien fait, que ce soit en couleurs ou en noir et blanc ! Le rendu colle parfaitement aux gags (heureusement car c'est le dessin qui est la base de chaque blague me diriez-vous !). Après, est-ce vraiment une BD ? Je ne saurais répondre... Le non à l'achat vient du fait que le prix est un peu excessif pour ce que c'est et parce qu'il vaut mieux les lire comme cela, en tombant dessus par hasard ! (Lecture très très rapide). Le 5/5 se justifie à mes yeux car c'est vraiment un humour implacable et les œuvres de Serre sont restées cultes un moment !
XIII
Fanatique de cette série ! ... Fascinant, trépidant ! Cette série je ne l'ai pas lue, je l'ai vécue ! Passionné par ce genre d'intrigues, je n'ai pas encore réussi à trouver aussi bien dans le genre. Le concept de l'amnésie est très fort (cf "La mémoire dans la peau" !). Je me suis rarement autant attaché aux persos d'une BD ... Pour les fans du genre ... et pas seulement ! Je recommande vivement cette saga.
Baptism
Cultissime ! Si vous voulez flipper à chaque page, y'a pas ! Faut lire ça ! C'est si rare d'être pris aux tripes par une bande dessinée. Et celle-là ne vous lâche plus à partir du moment où vous l'ouvrez. Vous voulez savoir jusqu'où peut aller l'horreur. Et quand je dis l'horreur, c'est de la pire horreur dont parle ce chef d'oeuvre. Et pour reprendre Antonin Artaud qui dit sur le théâtre ce que je pourrais dire sur cette BD : "Si le théâtre est essentiel comme la peste, ce n'est pas parce qu'il est contagieux, mais parce que comme la peste il est la révélation, la mise en avant, la poussée vers l'extérieur d'un fond de cruauté latente par lequel se localisent sur un individu ou sur un peuple, toutes les possibilités perverses de l'esprit". L'histoire est celle d'une mère de famille qui, obsédée par la beauté et la jeunesse, obsédée par son passé d'actrice connue, finit par sacrifier sa fille pour satisfaire son obsédant désir de rester ce qu'elle était auparavant. C'est difficile d'en dire plus sans dévoiler le noeud de l'histoire. Tout ce que je peux dire, c'est que ça saigne pas mal, mais que ce n'est pas dans ces moments là qu'on angoisse le plus ! Et de l'angoisse, y'a que ça. Le trait est gras, l'ambiance est sombre. C'est tout juste si on entend pas le souffle lugubre du vent. En lisant cette BD, vous ne verrez plus jamais votre mère comme avant........ hé hé hé.
Mauvaise Line
Encore une BD culte ! Déjà le dessin. Un graphisme étonnant, percutant. Des couleurs tranchées. Des cases sans bulle, mais avec un texte collé en bas. Ce qui, étrangement, donne du son dans la case laissée libre "d'écouter" ce que l'imagination perçoit. Et c'est bien de perception dont il s'agit. Car tout dans cette bande dessinée est basée sur du sensitif, de l'émotif. Et côté émotion, il y en a des tonnes. Côté scénario, c'est le coup de poing dans la tronche. On l'aime cette Line. Et on enrage de la voir ainsi bousculée par tant d'injustices. Une injustice banale, qui ne fera pas la première page des journaux. Non, elle vit en province et subit la violence du travail, la violence des garçons, la violence de sa famille. Rien de bien exceptionnel. Et pourtant, le scénario écrit par un réalisateur connu donne un ton mordant, qui ne lâche pas le lecteur, qui le tient en haleine. Bouhnik a écrit un scénario du genre "La Haine", mais à la campagne, un autre décor qu'il semble parfaitement connaitre, en évitant tous les clichés, et en nous embarquant dans une histoire haletante. Ce n'est pas une bande dessinée classique. Elle est d'une modernité étonnante. Peut être même en avance sur son temps. Car quand on voit les 5000 BD qui sortent chaque année, combien d'artistes tentent une nouvelle écriture ? À part Thomas Ott, je ne vois pas beaucoup d'Artistes qui se sont permis une telle liberté que Thanneur et Bouhnik. Un superbe boulot, à lire de toute urgence !
Maus
Justement. Oui, justement parce que cette bande dessinée aborde l'innommable dans le récit du quotidien des victimes, dans un graphisme râpeux, aux traits presque grossiers, simplistes, qui est loin des critères traditionnels du beau qui sert à enjoliver et rendre acceptable le dessin, pour rendre acceptable ce que l'on ne peut accepter. Il faut se rendre à l'évidence de l'immense intelligence de l'auteur qui a su nous offrir une œuvre au ton juste, sans utiliser d'artifice pour nous plonger dans cette période atroce de l'humanité. Ses personnages ne sont pas sympathiques, oui, ses personnages sont comme des souris que bouffent les chats, sans une once d'humanité, oui, et c'est justement ainsi que l'on se rend compte de l'horreur absolu de ce récit. Oui, les nazis ont éliminé des gens, pas parce qu'ils étaient particulièrement beaux, pas parce qu'ils étaient particulièrement forts, pas parce qu'ils étaient particulièrement intelligents, mais seulement parce qu'ils étaient juifs. Une œuvre remarquable, immense. Juste !
Le Cahier bleu
Il y a des bd qui entrent dans votre vie sans crier gare, mais qui restent ancrées en vous, avec une insolente obsession. Avec une légèreté digne d'un Proust de la bande dessinée, Juillard nous dévoile avec pudeur l'intimité d'une étrange histoire d'amour. À partir de la vision d'une jeune femme nue, il bâtit un suspens amoureux dont les fils qui se dénouent ne cesseront de nous interroger sur le désir et le sentiment. Enfin une bande dessinée qui aborde le sexe, sans qu'il ne soit pour autant montré, et qui nous parle des sentiments, sans pour autant qu'ils ne soient démontrés. Le trait de Juillard est à l'apogée de son Art, d'une douceur toute sensuelle, et d'une force qui dessine si bien l'entre deux cases.