Les derniers avis (7656 avis)

Par scaph
Note: 5/5
Couverture de la série Les Aigles de Rome
Les Aigles de Rome

Attention ami bédéphage, si ta jeunesse a été marquée par les péplums médiocres des années 70, si tu penses que Russel Crow botterait le cul d'Achille dans Troie et que Leonidas n'est pas seulement du chocolat alors cette bande dessinée est pour toi. Marini (Monsieur Marini), dessinateur et scénariste de la série nous livre ici une œuvre graphique et historique en concurrence directe avec Murena. Violence, sexe, action, suspense tout y est. Les scènes de batailles cadrées au cœur des combats et le découpage de l'action immergent totalement le lecteur au sein même de l'histoire. Le travail effectué sur les couleurs renforce les ambiances si différentes entre les bois humides du nord de l'Europe et le climat méditerranéen de Rome. On notera également une accélération du rythme dans le quatrième tome où les combats ont remplacé les scènes d'orgies. Vivement la suite.

14/01/2014 (modifier)
Par bouche
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Camargue rouge
Camargue rouge

Camargue rouge est une bande dessinée historique de qualité tant par le dessin que par le texte. Elle traite d'un épisode historique peu connu, la rencontre entre des indiens d’Amérique et du peuple camarguais (issu de peuples d'origines différentes comme les gitans, éleveurs de bétails...). Cette rencontre qui dura plusieurs mois est le fruit du hasard. Elle aura pour cadre un bateau transportant les indiens d'Amérique et des rangers qui faisaient un show représentant les principales batailles de la conquête de l'Ouest dans toute l'Europe fortement endommagée. Les indiens découvrent alors un peuple nomade aux multiples croyances... Michel Faure, auteur de nombreuses bandes dessinées historiques, donne envie d'une part de redécouvrir notre belle Camargue, et montre d'autre part l'image que l'on se faisait du Far-West. Une image d'Epinal encore importante de nos jours (à travers des shows ou aujourd'hui des films). En effet, l'image du cow-boy et de l'indien que nous avons est malheureusement erronée, peu de garçons vachers avaient une arme, au niveau des vêtements aussi... Comme la venus noire, on souhaitait montrer une image... rien qu'une image... Lors de ma rencontre avec Michel Faure au festival de BD de Saint-Denis de la Réunion, nous avons longuement discuté ensemble. Là où il vit depuis longtemps, c'est amusant, il dispose d'un petit ranch...

13/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Gilles Hamesh
Gilles Hamesh

J'ai adoré l'humour très noir et les situations très trash de cet album avec une pointe de fantastique qui passe super bien. Un détective bien crasseux, reflet de la ville dans laquelle il opère. Perso, j'en redemande.

12/01/2014 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 5/5
Couverture de la série Jérôme K. Jérôme Bloche
Jérôme K. Jérôme Bloche

Aaah Jérôme K, ça c'est une série qui m'est très chère. Les histoires sont bien souvent rythmées, denses, costaudes (le tome 4 est un incontournable par ex, la scène de filature dans le tome 19 est un régal de découpage...) où l’action et le suspense sont bien présents, rendant la lecture des plus savoureuses. Quelques situations sont parfois un peu grosse, loufoque mais pourquoi pas après tout...il se passe tellement de choses dans ce monde de fous. Les dessins sont plaisants, limpides, plein de petits détails sans esbroufe rendant les expressions des personnages assez réalistes, subtiles, notamment dans les « grimaces » faciales et les gestes du quotidien dans lesquels on peut se reconnaître. Certains personnages sont parfois touchants, mélancoliques avec une psychologie bien élaborée (la jeune fille dans le tome 7 et 17, le vagabond dans le tome 8,...) Bref, je passe souvent un très bon moment de détente avec ce détective au grand cœur qui est incontestablement l'un de mes héros favoris en BD sans oublier sa ravissante compagne Babette.

11/01/2014 (modifier)
Par Puma
Note: 5/5
Couverture de la série Mattéo
Mattéo

Gibrat est vraiment un magicien ! Voilà une histoire où il ne se passe pas grand chose, et pour le tome 3, absolument rien avant les dernières pages où il re-catapulte son récit, et où l'on ne s'ennuie pourtant jamais ! Et quel beau graphisme ! Et que les femmes qu'il dessine sont belles. Je suis toujours abasourdi comme il a pu, tel en littérature Anton Tchékhov dans ses nouvelles, peindre des scènes de vie anodines avec tellement de talent, et qu'aussi banales qu'elles soient, aussi bien dessinées et présentées, elles en deviennent passionnantes ! C'est pour moi le nirvana de l'art de tout conteur. Et un énorme moment de ravissement que de lire cette série. Bravo à son auteur ! Vivement la suite ....

06/01/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série V pour Vendetta
V pour Vendetta

Ah, cette saga anarchiste de Alan Moore ... La première lecture fut très retardée pour la simple raison que le graphisme me semblait atroce, et j'avoue qu'après plusieurs lectures il reste le principal problème de cette série. Il est lisible, bien qu'il m'ait fallu un temps d'adaptation à chaque lecture, mais contient de gros points noirs, notamment dans la reconnaissance des visages. Plusieurs fois je n'ai reconnu les personnages que quand un autre l'interpelait. C'est surtout le cas des personnages secondaires qui prennent de l'importance ensuite. Mis à part ce petit détail, j'ai adoré tout le reste. La BD est parfaite, dans la trame, dans les idées, dans le développement, dans les personnages, l'histoire, tout est bien fait. Tout est parfait. J'ai aimé chaque discours, chaque dialogue, la justesse des propos et aussi des idées. Certes, je suis assez d'accord avec et certainement moins objectif que je ne le voudrais, mais il faut reconnaitre à Alan Moore l'incroyable prouesse dont il fait ici preuve, avec tout son talent habituel, construisant un monde complet, le faisant évoluer, jouant du caractère de chaque personnages, arrivant à retomber sur ses pieds mais également à développer son idée principale : l'anarchie. D'ailleurs je ne peux que admirer la façon de mettre en scène cette anarchie, V jouant le rôle de Dieu omnipotent et omniprésent qui reconstruit un monde débarrassé de ses dirigeants. L'idéologie est très forte et confère une dimension supplémentaire à l'ensemble du récit. Sans compter toutes les tares humaines exposées, le point de vue sur l'homme est assez sombre. Sans trop m'épancher de détails, la BD est selon moi excellent, extraordinaire, unique en son genre. Alan Moore à réussi son pari, et la BD reste un incontournable, bien au-delà de son adaptation cinématographique -qui reste pourtant bonne aussi-, et qui vaut largement qu'on s'y attarde. Pour moi, un incontournable de la BD.

05/01/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

J’ai profité de ces vacances de Noël pour relire l’intégrale (4 tomes) de la série « Le combat ordinaire » de Manu Larcenet. Cela fait déjà plusieurs années que j’ai dans ma bibliothèque cette série, qui à l’époque m’avait fait découvrir ce fabuleux auteur et dessinateur qu’est Manu Larcenet. J’ai d’ailleurs depuis découvert d’autres oeuvres de cet auteur, notamment la série « Retour à la Terre » et plus récemment « Blast ». Quel plaisir j’ai eu à relire ces 4 tomes et à rentrer à nouveau dans l’univers de Marco, photographe reporter névrosé, régulièrement pris de crises d’angoisse, toujours dans le doute. J’ai avalé d’une traite les 4 tomes, qui déroulent la vie de Marco. Le premier tome pose l’univers du personnage, ses parents, son frère, son psychanalyste, son chat « Adolf », sa maison loin de Paris et de sa Bretagne natale, son travail qui ne lui dit plus rien… Dans les autres tomes nous le suivons dans son initiation à sa vrai vie d’adulte, de sa rencontre avec Emilie, jusqu’à la naissance de sa fille, en passant par le décès de son père, et on accompagne son évolution dans ce monde qui l’angoisse tant. J’avoue cependant que le tome 4, plus politique, m’a un peu moins emballé. Tout au long des albums, sont abordés de très nombreux thèmes qui nous amènent rapidement à s’identifier à Marco: l’angoisse de la page blanche de l’artiste, sa relation aux femmes (peur de s’engager…), la relation à l’image paternelle et la difficulté d’être père lui même… Par ailleurs, sous un trait tout de même humoristique, Manu Larcenet évoque de nombreux sujets qui nous amènent à réfléchir: la psychanalyse, la politique et la montée du Front National ou bien encore la guerre d’Algérie… Cette série est donc extrêmement riche et captivante. Côté graphisme, le dessin est plutôt simple, les traits des personnages sont typiques de l’univers de l’auteur, avec pour les hommes une forte importance donnée à leur nez ! Les tomes sont parsemés de plusieurs planches entièrement en sépia, emplis de paysages vides et évoquant les réflexions de Marco. Bref, une superbe série à avoir à tout prix de mon point de vue dans sa bibliothèque.

03/01/2014 (modifier)
Par Ducky
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ibicus
Ibicus

Une BD que j'ai lue il y a de cela des années. Et j'en ai toujours un souvenir intact, c'est l'une des oeuvres qui m'ont fait me tourner définitivement vers la bande dessinée. Chaque planche, que dis-je, chaque case, est un chef d'oeuvre d'expressionnisme (si je puis dire) en noir et blanc. J'aime à l'ouvrir pour en admirer ou faire admirer les planches. L'histoire, fleuve, avec ses nombreux rebondissements nous tient en haleine sur plus de 500 pages. C'est grandiose. C'est une oeuvre que j'ai offerte plusieurs fois, sans déceptions aucune. L'intégrale est à un prix plus qu'honnête (25€, contre 18€ par tome), certes le format est plus petit, mais cela ne gâche rien. Tiens, d'en parler me donne envie de me replonger dans ce pavé.

03/01/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série Alim le tanneur
Alim le tanneur

Ah ben voilà ! Ça c'est ce que j'appelle du scénario ! Et un vrai scénario, maitrisé et complet, surprenant et inventif. Et en plus, intelligent. Un vrai de vrai scénario quoi. J'avoue qu'en lisant le premier tome, je m'attendais à un dénouement tout autre. Parce que la façon dont l'histoire va progresser et proprement géniale, avec ce pauvre petit tanneur qui est mêlé à une histoire qui va le dépasser bien vite. Mais en fait, ce tanneur devient vite un prétexte à une histoire plus travaillée dans laquelle Alim n'est qu'un personnage et pas forcément le héros. Le propos est en fait la religion et le pouvoir, et la façon de concevoir les deux, et à cet égard le tome 4 est proprement génial, prenant des détours complètement inattendus. J'étais scié en lisant la dernière page, parce qu'on se rend compte que l'auteur savait exactement où nous emmener et qu'il l'a fait de façon très intelligente, laissant le lecteur seul juge de ce qu'il a vu. Et l'on se rend compte qu'il n'est pas si simple d'être juge, surtout lorsque l'histoire prend une telle tournure. Ajoutez à cela un dessin bien fait et qui colle à merveille à cette ambiance, changeant selon les tomes qui se déroulent en des lieux bien différents. Il tient le coup jusqu'à la fin et l'atmosphère gentille et sympathique du premier tome se dissipe rapidement pour une conclusion plus grave et plus intelligente. Si je ne devais retenir qu'un scénario de BD, je pense que celle-ci se disputerait la place avec Watchmen, car elle a su allier un scénario efficace et prenant avec un propos intelligent sur un sujet épineux. Pour moi, c'est un véritable joyau qu'il faut avoir lu.

01/01/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gorazde
Gorazde

Enfin fini ce Gorazde ! C'est sans doute la première fois que j'ai gardé une BD pendant six mois sans la lire. Je ne sais pas vraiment la raison de cette attente, peut-être la taille du livre, ou le sujet qui m'effrayait un peu. La peur d'être déprimé aussi. Mais j'ai franchi le cap, et une fois commencé, je n'ai pas réussi à m'arrêter. En terme de documentaire, ce récit est proprement époustouflant. J'ai très peu de connaissance sur la guerre en Bosnie, sauf ce que m'a expliqué une amie (en partie serbe) l'année dernière, et j'ai eu envie depuis d'en apprendre un peu plus sur cette guerre qui s'est déroulée si près de chez nous voila moins de vingt ans. La BD Gorazde me semblait un bon moyen de toucher d'un peu plus près la réalité du conflit. Et quelle claque ! J'ai rarement vu un reportage en BD aussi bien mené, excusez du peu. C'est proprement hallucinant ! Sacco parviens à nous mêler pendant plus de 200 planches la vie des gens qu'il a rencontré à Gorazde, sa propre expérience des voyages qu'il y a mené et l'histoire générale de la guerre de Bosine. Le tout mené avec un tel brio qu'on ne se rend pas compte qu'on a le droit à un reportage, des témoignages et un carnet de voyage. Le tout mené par un graphisme excellent, bien que très particulier, qui rend à merveille les paysages, les têtes et surtout les ambiances. Parce que cette BD nous plonge dans une ambiance ... Cruelle, noire et sombre. La guerre de Bosnie fut atroce, d'un côté comme de l'autre, mais pas que par les armes. Les drames psychologiques, les famines et les blessés, les privations, la pression sur l'enclave ... Tout est magnifiquement rendu, on s'y croirait tant que j'ai eu un soulagement énorme en voyant la paix annoncée, alors qu'elle est effective depuis quinze ans. C'est vous dire si j'étais dans le récit. Gorazde est vraiment une BD sublime, j'ai été conquis lors de ma lecture par ses personnages humains, sa façon de mettre en scène et de raconter, le trait de Joe Sacco et le découpage en petits chapitre, tout est parfait. L'édition est en sus complété par des interviews et de superbes explications de l'auteur qui mettent en lumière certains choix du livre, que je trouve pertinent. Non, vraiment, je ne vois pas de défaut. La BD-reportage à son top niveau, c'est pour moi une réussite totale. Je donne la note maximale sans même réfléchir.

01/01/2014 (modifier)