Les derniers avis (7532 avis)

Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Notre seul ami commun
Notre seul ami commun

Il y a des choses qui vous prennent à la gorge et ne vous quittent plus pendant longtemps, cela fait partie du quotidien à tous, de notre quotidien. Boris Mirroir, un auteur que je ne connaissais pas a souhaité exorciser le sien en couchant de façon pudique mais sans fards non pas son mal être mais son vécu, « son » histoire. Ce n’est jamais larmoyant ni pathétique, c’est tout simplement une tranche de vie terriblement humaine, banale et cruelle à la fois que je ne peux qu’être touché par l’humanité que l’on rencontre au travers des trois tomes de « notre seul ami commun » dont chaque partie foutrement bien chapitrée (les couvertures ainsi que les sous-titres ont leur importance…) se développe à l’aide d’une narration sans paroles ou presque mais avec une mise en scène incroyablement expressive. Si Boris utilise un univers coloré et presque muet avec ce peuple animalier vivant les affres d’un quotidien à peine romancé, c’est pour mieux ouvrir la perception du lecteur à l’univers d’un jeune étudiant introverti préférant se réfugier dans l’alcool et les jeux video afin de s’exprimer et de surmonter la maladie de sa mère. Au hasard d’une lecture limpide et agréable se tisse un drame d’une banalité sans égal mais pourtant bien réaliste. Boris rencontre l’amour charnel, trouve en Mouss un ami qui lui pardonnera tous ses excès, s’amuse, vit mais ne se lamente jamais… Il me faut remonter jusqu’au chef d’œuvre de Darren Aronofsky, « Requiem for a Dream » pour retrouver un récit aussi poignant sur l’incommunicabilité des sentiments et le fossé qu’il engendre. Mieux, « Notre seul ami commun » se débarrasse de tout débordement trash ou malsain par des cases poétiques et des dessins expressifs pour finalement mieux coller à la réalité… Le découpage est à ce titre exemplaire, qu’il s’agisse des différents chapitres avec lexique d’un objet, de ces prologues colorés façon aquarelle ou de l’histoire parallèle du cochon dépanneur dont les seules dernières pages de la conclusion ne laissent aucun doute sur les destins croisés des différents protagonistes… Les diverses références musicales (album Substance de Joy Division), jeux video (Super Nes permettant de « dater » le récit) ou cinéma (j’ai cru reconnaitre des dialogues anglais de Fight Club) ne laissent aucun doute sur l’uppercut que cette œuvre nécessaire et purement indispensable a opéré sur moi. Merci à Spooky d’avoir fait la lumière sur ce récit sorti de nulle part et surtout à l’auteur d’avoir couché une œuvre aussi intime qui réussit pleinement le challenge de distraire autant que d’émouvoir. Un trésor caché que je ne peux que vous inviter à vous imprégner… Tout simplement indispensable et nécessaire.

22/03/2013 (MAJ le 15/05/2013) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Le Bois des Vierges
Le Bois des Vierges

J'ai attendu que cette série soit rééditée par Delcourt pour acquérir le premier numéro, les éditions Robert Laffont qui produisaient ce titre ayant subitement arrêté la publication de bd. Bien m'en a pris car nous avons droit à un cahier de 8 pages offert avec un entretien et des croquis. Ce bois des Vierges est tout simplement génial ! On ne présente plus le scénariste Jean Dufaux qui est parmi mes préférés. Le vrai coup d'éclat vient de Béatrice Tillier qui n'était connue que pour une seule série à savoir Fée et tendres Automates. Les lecteurs avaient déjà repéré un talent exceptionnel au niveau du dessin. Mais là, elle se surclasse véritablement dans un style ultra-réaliste. Un dessin stylé au service d'un bon scénario: c'est le duo gagnant ! Ce premier volet jette les bases d'une histoire intéressante dans un monde où les humains combattent des loups "humanisés" dans une époque ressemblant à la Renaissance. Nous ne sommes pas pour autant dans un conte animalier mais dans une véritable fresque guerrière. J'aime les histoires qui se servent des animaux pour les faire ressembler à des humains. On peut également exploiter des thèmes sur la monstruosité de l'homme et non de l'animal. Bref, les auteurs se sont arrangés pour que cela soit crédible. La virtuosité vient sans doute de là. Gageons que nous avons là l'une des meilleures réussites du genre. Si le niveau se maintient à cette hauteur, nul doute que cette série sera culte. Eh bien, c'est réussi ! Le second tome parvient à aller encore plus loin que le premier en intégrant tout un imaginaire sorti des contes ou devrais-je dire de nos pires cauchemars à l'image de ces dames harpies qui hantent le bois des Vierges. On arrive également à comprendre pourquoi l'héroïne Aube à une telle aversion pour ce qui est recouvert de poils. Il y a une véritable innovation dans le traitement de cette histoire, c'est ce qui est d'ailleurs remarquable. Et puis, chaque case est d'une rare beauté. Le troisième tome vient mettre un terme à cette histoire qui aurait pu encore s'étirer. J'apprécie cependant que les bonnes choses aient une fin digne. La qualité sera toujours au rendez-vous avec des décors d'une luxuriance parfaite. Le personnage de Aube va encore évoluer pour nous réserver encore de bonnes surprises. Les passions seront au maximum. En conclusion, j'avoue avoir succombé au charme de cet univers fantasmagorique original entre poils et peaux. C'est mâture dans le scénario et magnifique dans le dessin. Une grande oeuvre romantique et baroque par excellence. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

22/05/2009 (MAJ le 12/05/2013) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Long John Silver
Long John Silver

C’est incontestablement une série qui surfe sur la vague des films de flibustiers genre Pirates des Caraïbes qui a d'ailleurs réhabilité le genre pour notre plus grand plaisir. Que dire sur cette série en particulier initié par deux auteurs de talent ? Les couleurs aux tons plutôt sombres sont particulièrement réussies pour créer un univers malsain particulièrement accrocheur: complot et mutinerie, sang et piraterie, appât de l'or ou fuite en avant. Les couvertures sont toutes les quatre superbes. Les dessins sont réellement maîtrisés notamment dans les décors et costumes. La beauté des planches ne peut que me faire chavirer tel un navire au milieu de l'Océan. Intéressante idée que celle de redonner vie à ce célèbre pirate de la littérature. Nous retrouvons au détour d’une taverne dans les faubourgs de Bristol ce personnage au grand charisme qui partage la vedette avec une Lady Hastings aux mœurs disons pas très convenables. Si le premier tome posait les bases d'un scénario solide, ce deuxième chapitre dépasse toutes mes espérances. En effet, les protagonistes nous entraîne en pleine mer où la tension psychologique est à son comble dans la confrontation entre le légendaire Long John Silver et le capitaine Edward Hastings. J'ai adoré la lecture de ce chapitre car on ressent beaucoup de palpitation à un huit-clos de tonnerre! Le troisième tome nous entraîne dans les méandres d'un fleuve géant où le Neptune navigue en quête de la cité d'or. La folie n'est pas très loin. La tension est véritablement à son comble. Certains mystères vont être levés. D'autres attendront le dernier tome. Et enfin, ce quatrième tome qui se faisait attendre et qui met un point final à cette grande aventure au sein même de la cité de Guyanacapac. Vivian et Silver sont des personnages qui sont certes charismatiques mais inoubliables. L'aventure devient éprouvante. On ne lâche pas le morceau. Les dessins sont toujours à un excellent niveau. La dernière phrase sur la toute dernière case résonne encore en moi. Bref, ce fut exceptionnel ! Cette nouvelle collaboration entre Dorison et Lauffray est absolument immanquable pour tout amateur de piraterie et d’aventures exotiques. Souquez ferme, moussaillon ! Sortez la grande voile et direction chez le libraire où un trésor de plaisir vous attend ! Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5

08/06/2007 (MAJ le 12/05/2013) (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Par quels mots commencer une critique d'une œuvre qui m'a autant marqué (comme beaucoup). Loisel étant un de mes 5 auteurs préférés et donc un des meilleurs auteurs de bd tous styles et toutes époques confondus. C'est une libre interprétation du mythe mais avec une bonne dose de violence en plus, psychologique et visuelle. Peter Pan est un gamin seul et malheureux des rues de Londres (mère alcoolique violente, environnement sombre et agressif...) qui s'évade littéralement dans ses rêves. A la différence du roman original (et du dessin animé de Walt Disney) le monde imaginaire n'est pas épargné par la violence. En particulier le territoire de "l'opikanoba". Cet album comporte quelques cases très gores (mais magnifiques) à la couleur directe. C'est superbe. Mon album préféré avec le 1er tome. Et puis les sirènes et autres fées sont assez particulières, typiques de Loisel. Des petits corps (ou pas) mais avec des formes très généreuses et de gros tétons. Ce qu'il y a de fort avec Loisel c'est qu'il arrive à rendre ce côté trivial, cru et paillard en totale osmose avec la féerie du monde de l'enfance. C'est assez osé mais c'est entré dans la culture populaire de la bande dessinée. La marque des grands. Les 3 premiers tomes sont mes albums préférés. Les autres se contentant à mon sens de "finir l'histoire", bien que restant de très grande qualité, ils n'ont pas la puissance des 3 premiers. Que dire de plus... j'ai lu dans certains commentaires que le dessin de Loisel est gras. Je suis totalement en désaccord avec ça. Gras peut-être mais son dessin (encrage + couleurs) c'est au contraire l'alliance parfaite entre la qualité graphique, la vivacité, la chaleur et une certaine générosité. C'est nerveux, agréable à l’œil, "Walt Disneyien" et en même temps sachant refléter une ambiance lourde, humide (la forêt), enfumée (la taverne) ou brumeuse (les plaines de l'opikanoba). Je suis tombé par hasard sur la page 58 du tome 3: tempête. Peter revient voir sa mère à Londres. C'est sublime. Je conseille également en option le magnifique ouvrage et story board sur la confection du tome 1. C'est passionnant tous ces crayonnés et petites annotations sur le côté. Un livre vraiment indispensable pour tout fan de Loisel.

11/05/2013 (modifier)
Par Costas
Note: 5/5
Couverture de la série Rébétiko
Rébétiko

Pour quelqu'un qui aime le rébetiko c'est une bande dessinée formidable! Cette histoire nous fait voyager auprès de ces rébètes. De plus l'auteur s'est vraiment renseigné sur le sujet : les protagonistes ont existé, ainsi que les chansons qu'ils chantent. Il y a un vrai travail de recherche car certaines cases sont la reproduction de photographies existantes c'est pourquoi je suis tenté de classer ce roman graphique dans les bandes dessinées historiques ; l'auteur nous fait découvrir à travers cette histoire une facette de la Grèce peu connue avec un contexte historique bien rendu. Au départ les dessins m'ont un peu déçu mais ils vont bien avec cette histoire : des couleurs assez claires pour l'ambiance extérieure en plein jour et des couleurs foncées pour évoquer la noirceur du monde du rébetiko le soir dans les tékés. Je conseille bien entendu cette bande dessiné à ceux qui ne connaissent pas le rébetiko afin qu'ils découvrent ce genre musical.

06/05/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Subjuguant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de cette œuvre très originale. Tout d’abord par la beauté du dessin extrêmement soigné dans des tons monochromes allant du gris sale à un sépia très lumineux. L’imagination et les trouvailles de l’auteur font le reste. Celui-ci confère une portée universelle au mythe de la terre promise, avec une dimension onirique tout à fait étonnante qui peut dérouter à la première lecture. L’histoire commence en effet de manière plutôt sombre et réaliste (la patrie) pour évoluer dans un univers merveilleux et quasi surréaliste (la terre d’accueil), truffé d’objets et de créatures extraordinaires, ainsi que de symboles mystérieux. De cette façon, l’auteur a parfaitement su représenter comment un monde nouveau pouvait être d’une étrangeté absolue aux yeux d’un immigrant. L’absence de textes n’est absolument pas gênante, au contraire, cela aurait presque paru redondant dans cette histoire avant tout visuelle. Elle comporte d’ailleurs une telle richesse qu’à mon avis on peut la relire plusieurs fois sans problème et y découvrir de nouveaux éléments qui n’auraient pas sauté aux yeux à la première lecture. D’une certaine façon, ce magnifique ouvrage redonne de la dignité à tous les expatriés de la Terre, ceux qui ont quitté leur pays par nécessité, avec peut-être un sentiment diffus de honte (laisser ses proches derrière soi n’est certainement pas chose facile). Certes, la représentation de la Terre promise est très idéalisée, mais le but ici n’a pas été de produire une histoire réaliste. D’après moi, l’auteur a voulu d’abord montrer les raisons qui conduisaient à quitter son pays natal, en mettant en scène la vision rêvée, si déformée soit-elle, de ces hommes rêvant d’un ailleurs où la vie serait plus douce.

05/05/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carmen Cru
Carmen Cru

Je vénère Carmen cru. Une série vraiment à part chez Fluide Glacial car bien loin de l'humour d'Edika, Maester, Binet (quoi que Binet ... ). Cette bd a vraiment un fond noir triste et antisocial (comme moi !) Je ne vais pas revenir sur chaque album car je voudrais plutôt pointer le doigt sur le caractère profondément noir, asocial, misanthrope et pessimiste de Carmen Cru (donc de Lelong). Je pense qu'il a mis une réelle partie de lui et de ses névroses dans cette bd. Avec en plus ce fourmillement de petits détails assez hallucinant. Dans les décors et autres objets poussiéreux et cassés comme dans les visages poussiéreux et cassés eux aussi. Tout suinte la saleté et la misère. Mais avec énormément de poésie. Carmen Cru est vieille, moche, ratatinée, haineuse et méchante mais seule et elle vous emmerde. En même temps quand on voit les gens qui l'entourent on est de tout coeur avec elle. Ils sont physiquement pas loin d'elle mais plus gais et souriants ce qui les rend beaucoup plus cons (enfin crétins). Au moins Carmen Cru est en accord avec son physique. De plus je pense qu'une personne seule moche et triste, il vaut mieux qu'elle soit méchante et isolée volontairement car sinon c'est encore plus pathétique et dur pour elle. C'est la fierté et l'agressivité qui maintient en vie cette personne, dernière illusion de dignité parmi ses semblables. Une sorte d'esprit punk. Mais un esprit punk sans les jeunes et la musique. Un esprit punk de petit village moisi rempli de vieux paysans courbaturés épuisés par l'alcool. Mais je m'égare dans mon interprétation très personnelle de cette bd. Donc voilà Carmen Cru passe son temps à emmerder tout le monde et personne ne fait rien car c'est une pauvre vieille femme seule. Donc elle en profite et c'est très drôle. Mais on rit jaune car la pitié et le misérabilisme de la situation de cette dernière peut nous déprimer. Enfin vous moi non, j'adore. De plus les couvertures sont sublimes je trouve. Lisez absolument le dernier album (fait avant que Lelong ne décède : il s'est suicidé, quand je dis que cette oeuvre est noire et sérieuse). Carmen Cru est obligée de rendre visite à sa mère. Oui Carmen Cru a une mère et encore pire qu'elle. Quasiment une sorcière qui vit dans une cabane tout en en haut d'une montagne. C'est quasiment moyenâgeux.

05/05/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Eaux de Mortelune
Les Eaux de Mortelune

Je ne sais si je peux chroniquer cette série car je n'ai lu que les 5 premiers tomes (8 tomes, 9 tomes ?) mais ces albums je les ai lus et relus et cet univers s'est vraiment imprimé dans mon cortex cérébral. C'est une œuvre très noire (malgré ses couleurs pâles et acidulées typiques des années 80) voire malsaine. La cour du prince de Mortelune ne valant pas mieux que le peuple. D'un côté nous avons les aristocrates cyniques et cruels (le mot est faible) passant le plus clair de leur temps à partouzer (avec des monstres, des enfants...) et à organiser des sortes de chasses à l'homme dans la ville dévastée. Et de l'autre le peuple et autres gueux qui se mangent littéralement entre eux (bon les aristos sont également cannibales... ). En dehors de Nicolas l'autiste rêveur et du nain de la taverne tout le monde est mauvais et cynique. L’héroïne qui pourtant est prostituée par son père le boucher n'hésite pas à passer du côté du prince et entretient une liaison avec lui. Elle tombe même amoureuse de cette ordure délicate et cruelle. Car c'est très subtil dans l'écriture, les personnages révélant une réelle profondeur derrière leurs pires aspects. Tout le monde ou presque est abject mais au fur et à mesure des albums on développe une réelle empathie pour eux car on apprend à les connaître. Et l'histoire est vraiment passionnante (du moins dans ces 5 premiers albums après je ne sais pas). Ce que j'aime également dans cette série c'est la magie présente derrière l'horreur et le dégoût des situations et des personnages qui du coup ressort beaucoup plus intensément (les réserves d'eaux sous le palais de Mortelune, la personnalité de l’héroïne et sa relation avec le prince, le personnage de Nicolas son petit frère). Un peu comme la série Face de Lune de Boucq et Jodorowsky. De plus le dessin d'Adamov est de très grande qualité. Sa représentation d'un Paris dévasté est à couper le souffle (Notre Dame, Le Sacré Coeur, le métro... mais ensevelis sous des gravas ou de la végétation). C'est pratiquement une reconstitution historique. C'est très très fort. Bref je recherche activement les tomes suivants (qui parait-il sont de moins en moins bons scénaristiquement parlant ), plus oniriques et fantastiques.

01/05/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Silence
Silence

Silence ... Que dire de plus sur cette oeuvre culte de la bd franco-belge période à suivre ? Rien. Tout a été dit. J'ai été bercé par cette oeuvre magistrale depuis tout petit et sa relecture est toujours un plaisir où l'on se laisse porter par l'ambiance envoûtante de sorcellerie campagnarde. Les jeunes lecteurs pourraient être rebutés par le graphisme très particulier de Comes, ses visages étranges statiques et froids (tel un mélange de serpents et de chats) assez datés c'est vrai, mais ça serait passer à côté de la superbe magie triste qui imprègne cette oeuvre. Certaines pages sont sublimes (en particulier celles avec le sorcier " la mouche" et celles du crapaud).

01/05/2013 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5
Couverture de la série Le Réseau Bombyce
Le Réseau Bombyce

J‘ai lu les trois tomes d’une traite et j’ai adoré cette série. L’univers steampunk est incroyable. Cécil propose un univers urbain à la fois original et extrêmement cohérent entre futurisme, verticalité et 19ème siècle. Les décors sont à la fois variés et très soignés, avec une jolie colorisation. Jamais le dessinateur ne cède à la facilité. Les personnages ne sont pas en reste. Outre un design impeccable, ils sont travaillés psychologiquement. Chacun se dévoile progressivement au cours de l’histoire. Le scénario est excellent. On est immédiatement capté par la qualité de l’histoire. Le ton est très sombre et Corbeyran joue avec un ordre social très inégalitaire pour accentuer une atmosphère dure et violente. Rebondissements et surprises s’enchainent avec délice grâce à une narration parfaitement maitrisée. En dépit d'un troisième tome un peu en deçà dans le scénario et une fin trop brutale (en tout cas un peu décevante pour moi), je n'hésite pas à qualifier cette série de culte! Le Réseau Bombyce est une série magnifique à l’histoire passionnante et à l’univers graphique de toute beauté. Loin d’être réservé aux seuls amateurs de SF, ce triptyque est à mettre entre toutes les mains. Un grand bravo aux auteurs.

30/04/2013 (modifier)