Là où vont nos pères (The Arrival)

Note: 3.77/5
(3.77/5 pour 31 avis)

Angoulême 2008 : prix du meilleur album (Fauve d'or). Un jour, un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille, puis il s’en va. Il prend le train et embarque à bord d’un navire sur lequel il va traverser l’océan. Destination la terre promise, vers un pays inconnu.


Angoulême : récapitulatif des séries primées BD muette BDs à offrir Immigrants Les prix lecteurs BDTheque 2007

Un jour, un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille, puis il s’en va. Il prend le train et embarque à bord d’un navire sur lequel il va traverser l’océan. Destination la terre promise, vers un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. S’il laisse sa vie derrière lui, c’est parce qu’il espère en trouver une meilleure, ailleurs, loin de chez lui et loin des siens. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d’autres gens, exilés comme lui, et comme lui perdus dans ce monde nouveau… Là où vont nos pères est un album d’une profonde originalité. Consacré à un thème plus que jamais d’actualité - l’émigration -, l’auteur a pris le parti d’un récit onirique qui acquiert la force d’une histoire universelle et intemporelle. Cette BD muette – et donc lisible par tous, partout dans le monde – tient à la fois du récit fantastique, du conte initiatique et du livre d’Histoire. Dessiné dans des teintes sépias, comme si l’histoire oscillait entre rêve et réalité mais aussi entre passé et présent, cet album traite d’un thème universel sans jamais tomber dans le pathos grâce au pouvoir d’évocation du graphisme et à la magie envoûtante de ses images.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Mars 2007
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Là où vont nos pères
Les notes (31)
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07/03/2007 | Ro
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Par McClure
Note: 2/5

Complètement passé à côté de ma lecture. Je vais la relire un de ces 4 mais là ? Tout ça pour ça ? Alors oui le dessin est joli, manquerait plus que ça pour une bd muette !! Mais je n'y ai trouvé que de l'ennui. La thématique de l'immigration est bien travaillée, le dessin, le crayonné tout cela est de bonne facture, mais voilà, ça ne m'a pas dégagé d'émotion, pas de sentiment sinon celui de l'ennui. Il est des bouquins que l'on découvre par le biais de leur réputation. Parfois ça fonctionne, d'autres fois non. Je conseille vivement donc de lire cette oeuvre avant l'achat. En relisant les avis, pour certains c'est magnifique et je ne vais pas contre cette évidence. Mais pour moi il doit y avoir plus qu'un tableau, une histoire, une profondeur, que je n'ai pas ici.

06/06/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Le titre original, « The arrival », en faisant référence à la figure de l’immigré autour duquel va tourner tout l’album me parait bien plus adapté que le titre français « Là où vont nos pères », qui semble lui mettre l’accent sur ceux qui sont restés (et qui pensent à ceux qui sont partis). En effet, si l’immigré pense ici à ce qu’il a laissé derrière lui (famille, amis, pays, mœurs), c’est bien lui et pas ses regrets qui forme l’ossature de ce très bel album. C’est un immigré et une immigration impersonnels qui traversent cet album, et Shaun Tan n’a pas cherché à « situer » précisément, dans le temps et dans l’espace, l’errance ici présentée. Même si l’on peut y reconnaître certains motifs « historiques » de départ (la guerre, les pogroms, l’hydre fasciste, etc…) et certains lieux de passage plus ou moins tristement célèbres de l’immigration (avec quelques planches inspirées d’Ellis Island). C’est un album assez épais, mais qui se lit très bien et assez vite. Pas si vite en fait, quand on pense qu’il est entièrement muet. En effet, on est happé par l’histoire, et surtout par son traitement, très doux, non pas humaniste (je n’aime pas ce terme), mais à la recherche d’hommes ou de femmes, de relations humaines : Shaun Tan a su avec cet album toucher quelque chose d’universel. C’est aussi – mais il aurait peut-être fallu commencer par là, une grande réussite graphique ! Sur des tons sépias, des dégradés du marron au vert, la colorisation est à la fois très belle, et en plus en adéquation avec les couleurs des vieilles photos associées au passé, aux ancêtres, ces photos que les immigrés ont emportées avec eux dans leur grand voyage ou leurs souvenirs. Le dessin quant à lui est excellent, très expressif, ce qui rend la lecture de cette bande dessinée muette très fluide. Enfin, ultime qualité, c’est un album d’ambiance très onirique. Le dessin et la colorisation font un peu « phase de réveil », et les décors réalistes se mélangent à des architectures imaginaires, un bestiaire fantastique, eux aussi en parfaite harmonie avec le reste de l’album. Une grande réussite donc, à côté de laquelle il serait vraiment dommage de passer ! A lire absolument !

12/11/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Subjuguant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de cette œuvre très originale. Tout d’abord par la beauté du dessin extrêmement soigné dans des tons monochromes allant du gris sale à un sépia très lumineux. L’imagination et les trouvailles de l’auteur font le reste. Celui-ci confère une portée universelle au mythe de la terre promise, avec une dimension onirique tout à fait étonnante qui peut dérouter à la première lecture. L’histoire commence en effet de manière plutôt sombre et réaliste (la patrie) pour évoluer dans un univers merveilleux et quasi surréaliste (la terre d’accueil), truffé d’objets et de créatures extraordinaires, ainsi que de symboles mystérieux. De cette façon, l’auteur a parfaitement su représenter comment un monde nouveau pouvait être d’une étrangeté absolue aux yeux d’un immigrant. L’absence de textes n’est absolument pas gênante, au contraire, cela aurait presque paru redondant dans cette histoire avant tout visuelle. Elle comporte d’ailleurs une telle richesse qu’à mon avis on peut la relire plusieurs fois sans problème et y découvrir de nouveaux éléments qui n’auraient pas sauté aux yeux à la première lecture. D’une certaine façon, ce magnifique ouvrage redonne de la dignité à tous les expatriés de la Terre, ceux qui ont quitté leur pays par nécessité, avec peut-être un sentiment diffus de honte (laisser ses proches derrière soi n’est certainement pas chose facile). Certes, la représentation de la Terre promise est très idéalisée, mais le but ici n’a pas été de produire une histoire réaliste. D’après moi, l’auteur a voulu d’abord montrer les raisons qui conduisaient à quitter son pays natal, en mettant en scène la vision rêvée, si déformée soit-elle, de ces hommes rêvant d’un ailleurs où la vie serait plus douce.

05/05/2013 (modifier)

Cette BD est très déroutante : pendant assez longtemps, on ne sait pas vraiment où l'auteur veut en venir. Et en même temps, cela fait écho au côté déroutant qu'a son nouveau pays pour le migrant, représenté ici par des visions fantastiques et oniriques. Tout comme lui, nous avançons en pays inconnu, ignorant que nous sommes des causes, des effets, du sens. Peu de bandes dessinées ont fait ce pari de ne pas contenir aucune parole, une rare exception étant Capricorne tome 12 d'Andreas, fort opportunément intitulé "" et fort réussi lui aussi. Cela oblige à une démarche plus active du lecteur, qu'on peut apprécier ou pas. Ici, je trouve que cela contribue à générer cette ambiance onirique et mystérieuse, tout en rendant les possibles difficultés linguistiques d'un migrant, sans pour autant nuire à la compréhension finale. Graphiquement, c'est magnifique. Je ne trouve pas les personnages statiques, bien au contraire. Et ce, même en restant quelques secondes sur chaque image, qui mérite effectivement qu'on s'y attarde.

11/01/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Là où vont nos pères » est un album d’ordinaire adulé par la critique et Bdthèque. Au risque de me faire tirer dessus, j’ose le demander : Pourquoi donc ? Le thème de ce one shot est universel : l’immigration. Un père de famille quitte sa famille et son pays pour rejoindre une grande ville étrangère au-delà de l’océan. Petits boulots, langue locale non maîtrisée, logement exigu et culture différente, notre père de famille rencontre toutes les difficultés classiques de l’immigré avant son intégration dans son nouvel environnement. Le choix d’une bande dessinée muette renforce cette universalité à la manière d’un « No comment » sur Euronews. Chacun pourra retirer de cet album le message qu’il veut et l’interpréter à sa façon. Le dessin est très réussi et expressif, tantôt chaleureux lors des scènes familiales, tantôt froid et distant lorsque notre père de famille part à l’inconnu de cette grande ville où tout semble si différent. Pourtant, quand on y réfléchit, il ne se passe presque rien dans cet album. Trois phrases suffiraient à en résumer le scénario. J’ai également eu de la peine à comprendre l’intérêt des animaux fantastiques dans l’histoire. Cette ode à l’intégration est finalement une coquille vide dont les quelques métaphores (la meilleure étant cette du monstre menaçant la ville d’origine du père de famille), parfois bien trouvées, ne me permettent pas de crier au chef d’œuvre. Au contraire, je me dois de vous avertir : « Là où vont nos pères » est doté d’une réputation que les plus terre à terre d’entre vous peinerons à apprécier.

12/02/2011 (modifier)
Par Plouf68
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Une bd qui pour moi doit être lue par toutes les personnes qui ont eu de près ou de loin un rapport avec une histoire d'immigration ou de déportation. La métaphore est omniprésente et très prenante. Une qualité de dessin très agréable, ou la recherche du décor arrive à mettre le lecteur en situation vécue ou entendue. Les bulles auraient été superflue, chacun peut construire l'histoire avec ses propres mots. J'ai fait lire cette bande dessinée à des personnes âgées ayant vécue une situation similaire, les larmes sont apparue.

29/01/2011 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5

J'étais, en même attiré, mais aussi un peu repoussé par la couverture calme et tout en sobriété, de cette belle BD assez conséquente. Tout d'abord il y a une très grande maitrise du dessin dans cette BD, déroutante de part son absence de parole. La narration ? Chaque planche est découpées en pas mal de cases (ou soit en dessins pleine page), ce qui permet de pas mal s'attarder sur chaque action, de découper chaque mouvement, ce qui donne une ambiance un peu manga au récit. Dans les mangas, tout comme dans ce livre, on prend son temps. Donc je disais, le dessin est très réaliste, parfaitement réalisé ; tout en finesse. Les cases sont saturées et l'auteur joue sur les ombres. Le style fait figé, mais ça ne dessert pas le récit, qui possède du coup un graphisme d'une grande sobriété. L'auteur excelle autant dans les personnages, que dans les animaux où les décors de rêve. Les couleurs dans les tontes marrons/grises (et pourtant QUI aurait penser au marron esthétiquement parlant ;) ), rendent une très bonne atmosphère à la lecture de l'album. Par contre, j'ai étais moins convaincu par le scénario. En fait, j'ai du lire la 4ème de couverture pour comprendre que le récit parlait d'immigration. Oui, le récit est assez fort (avec des passages poignant), et lorsqu'elle est contemplatif, l'histoire est poétique. Mais je retiendrais vraiment cette oeuvre pour son dessin. Une très bonne BD poétique, qui met du temps à se lire, si on veut savourer toute la beauté de chaque page.

26/01/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Là où vont nos pères est un titre évocateur du même accabit que là Où le regard ne porte pas.... On s'interroge indéniablement. Il est question ici d'immigration. Les pères quittent leur famille pour aller gagner de l'argent dans un pays plus riche mais pas forcément plus accueillant. L'absence de dialogue ne m'a absolument pas dérangé. Je me souviens avoir lu Le Pantin basé sur le même principe et j'avais beaucoup apprécié la démarche dans la mesure où il y avait une vraie lisibilité. Je pensais ressentir de l'émotion quand ce père de famille abandonne son épouse et sa petite fille mais il ne s'est rien passé. Je suis pourtant un émotif. Les images me semblent de véritables oeuvres d'art figées et immobiles. On voit des ronces surgir de nulle part et on a peu d'explications sur ce monde qui ressemble au nôtre mais qui est radicalement différent. Bref, on retrouve l'ambiance de Ellis Island avec ses vagues d'immigrants. Cependant, il y a des situations tellement fantasmagoriques qui ont certainement une réelle explication mais que je n'ai pas pu analyser avec mon sens de la rationalité. Ce décalage m'a paru oppressant et m'a rebuté d'autant que je m'attendais à lire un véritable chef d'oeuvre. J'ai relu cette oeuvre deux ans après et je remonte ma note. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ... Que s'est 'il passé pour en arriver là ? J'ai acquis tout d'abord une plus grande maturité dans la lecture des oeuvres. Par ailleurs, je fais souvent une analyse comparative. Il y a quantité d'oeuvres malheureusement pas bonnes. Ici, les critères de qualité semblent remplis. Ce jeune auteur a sû livrer une oeuvre tout à fait originale et même dans le style. Ce que je n'arrivais pas à comprendre, je le perçois beaucoup mieux. Ainsi, l'étrangeté de ce monde qui ressemble aux USA est une projection de l'hostilité et d'un décalage dans ce que peut ressentir ou percevoir un immigrant. L'inconnu peut prendre différentes formes ... Une oeuvre atypique et différente qui mérite lecture puis réflexion.

01/03/2008 (MAJ le 16/10/2009) (modifier)
Par GiZeus
Note: 4/5

Je suis étonné. Je ne pensais pas rentrer aussi facilement dans le récit. Cependant, cela s'est fait naturellement et au bout de quelques pages, au point que la seule pensée de m'éloigner ne serait-ce qu'un instant me déplaisait. Il faut dire que Shaun Tan sait conduire le lecteur. La narration est parfaite, juste ce qu'il faut pour assurer la compréhension de l'histoire, pile ce qu'il faut pour imaginer les sensations de l'immigrant et à la fois rythmée pour maintenir le lecteur éveillé. Mais la magie qui opère dans ce superbe one-shot est également due, en partie, aux sublimes dessins sépia dont l'ouvrage est parsemé. La qualité graphique est indiscutable, rien à redire sinon que le rendu photo-réaliste est parfois dérangeant: on se demande si certaines images ne sont pas simplement des photos retouchées. L'univers créé est original mais a aussi un but plus profond que celui de flatter nos rétines, celui de rendre cet univers éloigné de toutes les architectures connues aujourd'hui et donc le rendre universel. L'histoire quant à elle est plutôt banale. Un émigré arrive dans un pays accueillant et recommence une nouvelle vie. Mais cette banalité fait la force de l'histoire puisqu'elle rend universel le thème de l'exil. Certes on n'échappera aux clichés du genre, mais c'est "raconté" avec une telle adresse que l'on ne peut qu'être embarqué, à défaut d'être touché, par la renaissance de cette famille. A lire, certainement.

08/10/2009 (modifier)

Frappé par la beauté et le style de cette BD. Pas un dialogue! Juste des dessins, magnifiquement colorés dans les tons bruns, pour raconter des histoires de réfugiés, d'immigrés, de misère, de travail, d'amour et de volonté. C'est limpide à lire bien que le lecteur fasse continuellement un (petit) effort d'imagination pour suivre et comprendre la trame. On ressent les mêmes impressions qu'un spectateur aurait aujourd'hui à regarder un film dramatique muet du début du XXième siècle. Il s'opère une certaine magie...

08/04/2009 (modifier)