Il y a des bandes dessinées sur lesquelles on tombe au petit bonheur la chance et où on perçoit d’instinct qu’elles vont nous conquérir sans difficulté, simplement en lisant le pitch, en feuilletant et zieutant quelques secondes sur les planches. On se dit « ça sent bon », puis ensuite, après lecture, on est tout simplement ravi de constater qu’on ne s'est pas trompé et qu’en plus, c’est largement mieux que ce qu’on présupposait.
C’est l’effet que provoque cette nouveauté du clan Sierra qui débarque un peu dans l’anonymat sur la pointe des pieds, petit éditeur, sans gros moyens, mais dont l’entrée fracassante sera sûrement remarquée des amateurs de fantasy.
Alors qu’il est de retour d’un fructueux raid, le jarl Harek et ses vikings ont le malheur de découvrir que leur village Lagarvik a été attaqué par cinq Draugar, des créatures immortelles issues du Helheim que personne ne s’imaginait réelles. Certains ont échappé au massacre, aussi Harek apprend que ses propres enfants et neveux ont été enlevés pour d’obscurs desseins. Selon la Völva, sa lignée serait maudite, de sombres forces se mettraient en marche, le compte à rebours est lancé. Parce que ce bain de sang ne saurait resté impuni et parce qu’il y a encore un espoir de sauver les siens et de déjouer le Wyrd (son destin), Harek rassemblent ses meilleurs guerriers.
Le scénario n’est pas totalement original, « encore des vikings » répliqueront certains rabats-joie. Certes, mais c’est sans complexe et avec honnêteté que les auteurs affichent leurs références éparses principalement issues de la culture populaire : Aucune suffisance à admettre les inspirations cinématographiques comme Le 13ème Guerrier dans la composition du groupe, des jeux vidéo comme The Elder Scrolls Skyrim pour les Draugar vampires (Harek serait-il le Dovahkiin ? ^^ ), des romans comme les Marcheurs Blancs du Trône de Fer voir aussi des Unis (mi-homme mi-loup) de David Gemmell, du comics comme Northlanders, et même de la musique thrash metal nordique ainsi que de l’instrumental comme le compositeur de Conan le Barbare, Basil Poledouris, snobé aux Oscars. Cependant, pas de redite ni de patchwork répulsif et sans saveurs ici, les auteurs viennent jouer avec leurs propres billes et le background est encore trop brumeux pour qu’on puisse se livrer au petit jeu des pronostics.
C’est cela qui est bon dans Hel’Blar, qu’est-ce que ça fait du bien de lire des auteurs qui savent de quoi ils parlent et qui comprennent les attentes des lecteurs fantasy d’aujourd’hui. Ici on cause entre passionnés, parce qu’il y en a marre des scénaristes qui rabâchent les mêmes vieilles histoires rances ersatz du Seigneur des Anneaux et qui ne sont publiés que parce qu’ils ont un nom et leur rond de serviette chez un éditeur. C’est tout à l’honneur des frères Sierra, ces Karls (hommes libres), d’avoir refusé certaines propositions pour écrire l’histoire qu’ils rêvaient.
Mais une chouette histoire et de bons dialogues ne suffisent pas. Il fallait des graphismes à la hauteur et pour cela, Alex Sierra a réalisé un travail à faire pleurer les Ases. En toute franchise je n’ai pas été autant sur le cul depuis Siegfried d’Alex Alice. D’ailleurs si vous appréciez celui-ci, les graphismes d’Alex Sierra sont du même tonneau avec un style semi-réaliste d’une grande finesse, l’encrage permet de suggérer toute une palette d’émotions des personnages lorsqu’ils sont en arrière plan, cela joue admirablement bien sur les ombres, et comme si cela ne suffisait pas les couleurs déploient un faste, du flamboyant selon l’ambiance du moment. Saluons également le travail de recherche car il n’y a pas un visage qui ressemble à un autre, il est aisé de distinguer les 13 vikings dotés chacun d’un certain charisme, le passage fantasmagorique avec les Nornes (équivalent des Moires grecques) est renversant. On est vraiment trop gâté sur certaines compositions où il parvient à mettre du rythme dans les scènes d’action tout en les ponctuant de dessins en pleine page franchement jouissifs. Je ne me suis toujours pas remis du passage de Leif invoquant tour à tour le « cyclone » des corbeaux d’Odin ni du grand « flash » de la foudre de Thor (« VOUS NE PASSEREZ PAS ! »), et encore moins des passages inspirés des mangas de baston (ou des comics de super héros au choix) comme DBZ où ça se met méchamment sur la tronche.
J’ai rarement été aussi enthousiaste sur une nouveauté, et pourtant je ne suis pas édinaute (édition basée sur le crowdfunding), fâcheusement arrivé après la bataille. Mais qu’Heimdall le père des hommes m’en soit témoin, pour la suite j’en serai.
Skål !
Même si j’ai déjà avisé la quasi-totalité de leurs autres productions, c’est par le premier tome de cette série que j’avais découvert le travail de ce duo très complémentaire, qui codirige les éditions Flblb, chez qui ils ont produit quelques belles pépites.
D’emblée, j’ai été captivé par leur travail, et je relis encore avec un très grand plaisir cette série, même si la surprise ne joue plus. Ma seule surprise en l'avisant est de voir le peu d'avis postés sur cette série, plus de dix ans après ses débuts !
Le principe – repris dans la plupart de leurs autres séries – est de mettre en perspective, en appui, le texte très corrosif et ironique de Grégory Jarry, avec le dessin minimaliste d’Otto T. Et cela fonctionne !
Sous couvert de nous conter, de manière badine, avec force second degré et tirades ironiques la colonisation, Grégory Jarry (qui s’est visiblement documenté) réalise un implacable réquisitoire contre cette même colonisation (ses justifications, ses méthodes, ses suites actuelles…), bien sûr, mais aussi contre son image, la propagande qui l’a idéalisée ou aseptisée : il joue des images d’Epinal, avec un ton faussement bonhomme, un narrateur (aux traits successifs de de Gaulle, de Mitterrand [et épisodiquement de leurs successeurs], tous les deux franchement décontractés et très cyniques) semblant nous faire des clins d’œil au milieu de sa présentation.
Un texte engagé donc, mais absolument pas rébarbatif. D’abord parce que l’ironie domine, Jarry glissant pas mal d’anecdotes absurdes, du n’importe quoi assumé, au milieu de faits réels. Mais ensuite et surtout grâce aux dessins d’Otto T.
Des personnages minimalistes donc, très souvent agités, nerveux, qui jouent des scénettes rigolotes, qui prennent tout leur sens en les confrontant au texte de Jarry (l’inverse est aussi vrai). Un travail en symbiose donc, très réussi, qui offre un bon moment de détente sérieuse, ou de déconne instructive, comme on veut.
C’est en tout cas une série que je vous recommande très chaudement (allez voir ensuite les autres séries du duo !). Un travail déjà récompensé, qui a donné lieu à des expositions (à Angoulême je crois) et qui mérite vraiment le détour !
Une intégrale a plus récemment paru, mais je ne sais pas si ce format à l’italienne est adapté à un unique album d’une telle épaisseur.
Culte ! Ni plus ni moins. Et ce même si les derniers tomes n’offrent plus la même consistance.
Avec Blueberry, Jean-Michel Charlier signe peut-être ses meilleurs scénarios. La série, qui se divise en multiples cycles plus ou moins courts, offre des histoires mouvementées, riches en rebondissements et au suspense très classique. La série a fixé une série de règles qui pourraient la rendre stéréotypée pour un nouveau lecteur. Ce serait oublier la date à laquelle Blueberry est apparu.
Charlier parvient à trouver un style à mi-chemin entre le western américain et le western italien. Il parvient à conserver un souffle épique, un style empli de panache tout en offrant des personnages loin d’être parfaits, une vision du far-west plus proche de la réalité mais sans détruire le mythe.
Le dessin de Giraud est excellent et étonnamment précis pour l’époque. Les planches sont soignées, riches en détails et pourtant toujours lisibles.
Chaque tome offre sa dose de matière. Lire un Blueberry ne se fait pas en 15 secondes, mais cette lecture me passionne tellement que, et d’une je ne vois pas le temps passer, et de deux je ne peux m’arrêter avant d’avoir fini le cycle entier (quitte à récupérer en lieu et place de spaghetti al dente une masse informe au fond d’une casserole dont la moitié de l’eau s’est évaporée).
Le seul reproche que je fais à la série, c’est qu’elle est responsable de ma confusion entre Joseph Gillain et Jean Giraud. Longtemps, j’ai cru que ces deux auteurs n’étaient qu’une et même personne. En effet, Jijé signe la première couverture, ainsi que plusieurs planches dans les premiers tomes, le reste est souvent signé Gir. Hors, Jijé = JG, soit les initiales de … Jean Giraud. Les styles des deux auteurs étant proches l’un de l’autre, la confusion était totale dans mon esprit et il me faudra des années pour enfin parvenir à différencier ces deux géants de la bande dessinée.
Cela n’enlève cependant rien à la qualité de cet immense classique de la bande dessinée, dont plus d’une série s’inspirera par la suite (Comanche en tête).
Et comme la série bénéficie actuellement d'une nouvelle édition en intégrale, je vous invite chaleureusement à y jeter un oeil très attentif ! Cette intégrale est, en effet, extrêmement bien foutue et apporte un réel plus aux lecteurs. On y retrouve, pèle-mêle, des planches de présentation parues dans le journal Pilote à l'époque, des interviews des auteurs, des anecdotes sur l'élaboration de certains scénarios, des comparaisons de découpages entre les planches parues dans le journal et celles de l'édition en album. L'amateur que je suis se régale !
J'ai vraiment adoré cette bande dessinée. Tout d'abord le dessin est magnifique, il possède une élégance, un côté pictural extrêmement plaisant. Il donne dans un charme rétro un peu suranné qui pourrait évoquer l'univers des peintures d'Hopper.
Par ailleurs, l'intrigue est très romanesque, on est réellement plongé dans la psychologie du personne principal, on partage ses obsessions et ses interrogations. Je ne peux rien dire sur la chute de l'intrigue sans spoiler. Je peux juste vous dire qu'il s'agit d'une enquête passionnante et d'une expérience de lecture déroutante, moderne et délicieuse.
Le label 619 est souvent synonyme de qualité à mes yeux. Cette collection menée par Run, le créateur de Mutafukaz promet souvent des œuvres décalées et originales comme ce fut le cas avec "Rocakbilly Zombie Superstar" et surtout Freaks' Squeele sans oublier la série culte de Run.
Aussi quand Ankama laisse carte blanche aux créateurs des Lascars et que les avis positifs fusent comme des suppositoires ici même forcément ça titille ma curiosité alors que la référence des auteurs, à savoir la série télé Les Lascars me laisse de glace.
Et j’ai bien fait car ce Monkey Bizness sortant de nulle part pour atterrir sur ma bibliothèque y a tout à fait sa place tant le coté décalé, trash et second degré sont devenus des évidences à mes yeux !
Mais ça parle de quoi ? En fait imaginez un monde dévasté par la fameuse bombe nucléaire inversant les roles dans l’évolution de Darwin ! Les quelques êtres humains survivants sont revenus à l’état primitif et vivent comme des betes sauvages dans la nature alors que les animaux ont vu leur intelligence se développer et ont investi les lieux civilisés.
Ce postulat complètement foutraque peint juste le décor dont l’intérêt est ailleurs étant donné que tous les anciens habitants des zoos sont devenus aussi stupides que leurs modèles humains !!!
On va s’intéresser dans tout ça à un babouin alcoolique et un gorille aimant le cigare, hommes de main à leur compte et glandeurs reconnus vivant de menus larcins.. Ils vivent en parfaite harmonie avec eux-mêmes et n’ont aucun tabou : meurtres, magouille tout y passe dans un délicieux fumet trash sur des petites histoires courtes prêtant à rire et à sourire.
Il y a aussi cet astronaute humain qui atterrit sur terre pensant être sur une autre planète et dont les origines nous seront révélées dans un flash back hilarant ! Et l’histoire de la prison où nos deux macaques se jouent des différentes communautés dans une explosion de machoires….
Le hic c’est le dessin. A peine maîtrisé et à la main levée dans un style animalier lorgnant davantage sur les blogs que la ligne claire ou comics. Il sied finalement bien aux propos qu’il met en œuvre mais est difficile à déchiffrer au début. La colorisation est par contre magnifique avec de beaux effets bichromiques… Ce qui est incroyable c'est que dès le tome 2, le découpage est encore plus maitrisé et dynamique. On y gagne en fluidité pour se retrouver avec un film d'animation entre les mains !
Par contre et outre le dessin, la vulgarité et la violence des propos ne plairont clairement pas à tout le monde. Certaines situations vont parfois assez loin dans le scabreux mais à condition de prendre tout ceci au 3ème degré on risque davantage de passer un excellent moment de divertissement que d’en sorti horrifié ou choqué ! Après tout ce n’est pas Preacher :)
Une excellente friandise qui prouve à elle toute seule la bonne santé d’une certaine bd indépendante qui a compris et digéré les erreurs des œuvres style Echo des Savanes en y injectant une bonne dose de créativité et de sang neuf…
Tout à tour Buddy Movie, farce Trash plutôt osée, défouloir façon Tarantinesque, voyage dans le temps subtil et culotté, Eldiablo et Pozla viennent de créer sans le vouloir ce qui se fait de mieux en Franco-Belge.
Définitivement indispensable !
Miss Austin est de retour ! Yeeeeeees ! Merci Léo ! Cela n’a échappé à personne la jolie brune fait des infidélités à Namibia ! Nous la retrouvons donc dans Amazonie(a) en 1949 - quelle précision - au Brésil au cœur de la forêt vierge sur une pirogue pour rejoindre un dispensaire - loin de tout - afin de rencontrer un révérend qui a apporté au consulat anglais de Manaus un cliché sur lequel on aperçoit une créature qui n’a rien d’humain ! wahou le suspens ! nous voilà engagé pour 52 nouveaux épisodes ! je suis désolé - je pense que je vais avoir de nombreux détracteurs – mais j’aime bien les aventures de Léo. Ok ok ok ok ok ce n’est pas le graphisme le meilleur que je connaisse, certains décors sont nuls et peu travaillés mais oui j’aime bien. Ok ok ok ok ok je vais me faire flageller sur la place de l’église mais j’assume mon choix ! j’achète sans retenu ! j’adore !
Quel plaisir ce fut pour moi de retrouver cet album qui m'avait marqué durant ma jeunesse. Ce fut pour longtemps la seule histoire de Spider-Man en BD que j'ai lu avant que Panini Comics édite les intégrales.
Cette histoire est deux parties est selon moi la meilleure histoire du duo qui a créé Spider-Man: Steve Ditko et Stan Lee. On retrouve le Bouffon Vert à l'époque où son identité était encore secrète. D'ailleurs, il faudra encore une dizaine de numéros avant que Norman Osborn ne soit réellement introduit (avant il faisait quelques apparitions comme un ami riche sans nom de JJJ). Le bouffon Vert s'est allié avec un autre criminel masqué le Maître du crime, mais ce dernier a décidé de faire cavalier seul. En prime, le journaliste Frederick Foswell qui a déjà été un criminel masqué à la tête d'un gang agit de manière étrange et semble cacher quelque chose.
C'est donc une histoire de Spider-Man où le mystère domine. L'intrigue m'avait tenu en haleine lorsque j'étais petit et c'est encore le cas lorsque je suis adulte et que je connais toutes les solutions. J'ai dû relire cette histoire une bonne dizaine de fois (que ce soit dans cet album ou dans l'intégrale de Spider-Man) et je ressens toujours les mêmes émotions. C'est le genre d'histoire que je peux relire en gardant mon plaisir intact. Le récit est assez peu conventionnel pour l'époque. La seconde partie commence par une bagarre qui dure quelques pages et le reste est un peu plus un récit policer où on trouve la solution aux différentes énigmes. C'est différent du récit typique de super-héros où ça se termine dans une bataille où le héros vainc le méchant.
Le dessin de Ditko est excellent. Il sait créer une ambiance parfaite pour Spider-Man. Je regrette que la couverture reprenne un dessin de Romita Sr d'une autre histoire avec le bouffon Vert. C'est complètement hors sujet et donne une fausse idée de ce que l'on retrouve à l'intérieur. La traduction peut faire peu vieillot comparé à la qualité d'aujourd'hui (Spider-Man est appelé L'araignée par exemple).
Il est à noter qu'on retrouve aussi comme bonus l'histoire sur les origines de Docteur Strange et c'est sympathique.
Certains esprits étriqués pensent que si on lit un yaoi, on l’est forcément ce qui n’est pas réellement toujours le cas. On peut être ouvert et surtout avoir cet esprit d’ouverture, pas pour le fun ou la mode actuelle, mais le mettre en application vis-à-vis de ce qui nous est étranger. Alors, je tiens à le préciser d’emblée : ce titre n’est pas un yaoi. Il s’adresse justement à cette population de personnes qui a du mal à accepter la différence ou surtout qui fait semblant de l’accepter (ce qui est encore pire à mon avis).
Un homme qui élève seul sa petite fille au Japon voit débarquer chez lui un canadien genre gros nounours qui était l’époux de son frère jumeaux récemment décédé sur le continent américain où il vivait depuis une dizaine d’années. Cette irruption dans la vie de cette famille un peu monoparentale va tout chambouler. On va découvrir un homme éperdu d’amour pour un être disparu et qui souhaitait ainsi voir le pays natal du défunt.
J’ai rarement vu un titre aussi intelligent pour faire accepter la différence tout en nuances sans faire dans le scandaleux ou le provocateur. C’est à lire absolument pour faire évoluer les mentalités. Il pose également d’autres questions notamment au regard des réflexions de cette petite fille. Les enfants ont souvent plus de bon sens que les adultes.
Au final, voilà enfin un manga qui sort du lot, qui ne fait pas dans la pitrerie et dont le sujet est traité avec habileté et une certaine originalité. Il se dégage beaucoup d’émotions de la part des personnages très attachants dont notamment de notre héros qui pourtant n’a pas versé une larme à la mort de ses parents ou de son frère jumeau.
On est en effet assez loin des personnages clichés habituels (genre le jeune et beau imberbe) et c’est vrai que cela fait du bien. A noter également des leçons de culture gay dans les intermèdes entre chapitres où l’on apprend tout de même des choses assez intéressantes. D’un point de vue graphique, rien à redire avec une belle finesse du trait et des décors soignés.
En tout cas, ce premier tome de ce seinen social est très prometteur. La fin donne tout de suite envie de lire la suite grâce à un gros clifhanger. Homophobe s’abstenir ? Pas forcément, ils peuvent évoluer à la lecture de ce manga qui permet de décoincer leurs esprits étriqués et surtout leurs préjugés que la bonne société leur a inculqué. La famille est bien au centre du récit mais pas de celle qu’idéalise une frange bien à droite de notre échiquier politique qui s’apprête d’ailleurs à prendre le pouvoir. Bref, ce n’est pas un manga comme les autres car il dissipe le mal à l’aise de manière assez pédagogique tout en assurant le divertissement.
Que de mauvaises langues ! Vous avez perdu votre âme potache d'enfant.
Bien sûr il ne faut pas lire cette BD avec un regard adulte mais juste pour se relaxer et passer un bon moment de poilade.
Mes filles adorent !!!
Elles rentrent en douceur dans l'univers de TROY qu'elles liront dans quelques années.
Pour moi ...c'est juste FUN
Voilà une lecture qui détonne ! C'est impétueux à souhait ! J'adore les dialogues et l'humour fin qui s'en dégage. C'est tout à fait mon style ! Le dessin est véritablement somptueux et tout en nuance. Par moment, c'est même incroyablement divin de beauté. Cela apporte un incontestable Les Plus Grands Super-Heros du Monde à ce récit d'aventure.
Il est vrai que c'est un véritable monument de la bd largement plébiscité sur ce site que je n'avais pas encore avisé. J'avoue sans conteste avoir eu beaucoup de mal à me décider pour la lire. La raison ? Les 20 premières pages ne m'avaient pas tout à fait convaincu il y a deux ans et j'avais arrêté net ma lecture.
J'avais peur d'un verbiage façon comédia dell'arte tout le long qui m'aurait épuisé dans tous les sens du terme. Heureusement, il n'en est rien. Bien m'en a pris de reprendre la lecture. Comme quoi, je donne raison à tout ceux qui pensent qu'il faut juger une oeuvre après avoir tout lu.
Pour la petite histoire, mon cauchemar était de mettre une seule étoile à cette bd auquel cas, je me serais fais beaucoup d'ennemis tant l'objet est sacré. C'est dire que j'ai abordé ma lecture avec beaucoup de crainte. Ma note est donc très sincère car j'ai véritablement ressenti la grande aventure mêlée à de la poésie.
C'est un savant mélange qui fait la singularité de cette oeuvre unique en son genre, bien qu'on assiste actuellement à la montée en puissance d'autres bd qui tentent d'imiter le style avec plus ou moins de bonheur (Célestin Gobe-la-lune, Spoogue...).
Par ailleurs, je n'avais pas l'impression qu'il y a une baisse de régime dans les derniers tomes. Bien au contraire! Cependant, comme pratiquement toutes les séries cultes, ce sont bien les premiers volumes qui sont les meilleurs. Cela est indéniable ce qui n'empêche pas de trouver une suite de haut niveau. Comme la plupart des lecteurs, on attend la fin du cycle lunaire pour espérer le retour de la grande aventure sur Terre.
Le 10ème tome marque donc la fin des aventures de cette joyeuse bande. J'apprécie surtout qu'il y ait une fin même si elle reste ouverte. Voilà une série qui ne s'éternise pas et qui sait tirer sa révérence finale comme une vraie pièce de théâtre. Le dessin culmine par sa beauté. Les dialogues sont toujours aussi exquis. En conclusion, nous avons là une série tout à fait originale qui aura fini par nous séduire.
C’est un plaisir de retrouver un nouveau diptyque pour cette série mythique. Le récit est censé se passer 20 mois avant la série initiale et cela sera un diptyque. On se concentre sur l’aventure du mignon petit lapin Eusèbe dont le mystère de son passé a toujours été conservé. J’avoue avoir pris du plaisir à revoir ce sympathique personnage dont la gentillesse et la naïveté se confondent pour nous donner des scènes très décalées. Certes, les inconditionnels crieront au scandale surtout ceux qui ont acquis le coffret de l’intégral en 2012. Quand il n’y en a plus, il y en a encore ! On devrait tous le savoir. Le dessin frise encore une fois la perfection. C’est franchement sublime. La poésie est toujours présente. Bref, ce n’est que du bonheur !
En résumé: une richesse de texte et un dessin sublime pour constituer une pure merveille !
Note Dessin : 4.75/5 - Note Scénario : 4.25/5 - Note Globale : 4.5/5
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Hel'Blar
Il y a des bandes dessinées sur lesquelles on tombe au petit bonheur la chance et où on perçoit d’instinct qu’elles vont nous conquérir sans difficulté, simplement en lisant le pitch, en feuilletant et zieutant quelques secondes sur les planches. On se dit « ça sent bon », puis ensuite, après lecture, on est tout simplement ravi de constater qu’on ne s'est pas trompé et qu’en plus, c’est largement mieux que ce qu’on présupposait. C’est l’effet que provoque cette nouveauté du clan Sierra qui débarque un peu dans l’anonymat sur la pointe des pieds, petit éditeur, sans gros moyens, mais dont l’entrée fracassante sera sûrement remarquée des amateurs de fantasy. Alors qu’il est de retour d’un fructueux raid, le jarl Harek et ses vikings ont le malheur de découvrir que leur village Lagarvik a été attaqué par cinq Draugar, des créatures immortelles issues du Helheim que personne ne s’imaginait réelles. Certains ont échappé au massacre, aussi Harek apprend que ses propres enfants et neveux ont été enlevés pour d’obscurs desseins. Selon la Völva, sa lignée serait maudite, de sombres forces se mettraient en marche, le compte à rebours est lancé. Parce que ce bain de sang ne saurait resté impuni et parce qu’il y a encore un espoir de sauver les siens et de déjouer le Wyrd (son destin), Harek rassemblent ses meilleurs guerriers. Le scénario n’est pas totalement original, « encore des vikings » répliqueront certains rabats-joie. Certes, mais c’est sans complexe et avec honnêteté que les auteurs affichent leurs références éparses principalement issues de la culture populaire : Aucune suffisance à admettre les inspirations cinématographiques comme Le 13ème Guerrier dans la composition du groupe, des jeux vidéo comme The Elder Scrolls Skyrim pour les Draugar vampires (Harek serait-il le Dovahkiin ? ^^ ), des romans comme les Marcheurs Blancs du Trône de Fer voir aussi des Unis (mi-homme mi-loup) de David Gemmell, du comics comme Northlanders, et même de la musique thrash metal nordique ainsi que de l’instrumental comme le compositeur de Conan le Barbare, Basil Poledouris, snobé aux Oscars. Cependant, pas de redite ni de patchwork répulsif et sans saveurs ici, les auteurs viennent jouer avec leurs propres billes et le background est encore trop brumeux pour qu’on puisse se livrer au petit jeu des pronostics. C’est cela qui est bon dans Hel’Blar, qu’est-ce que ça fait du bien de lire des auteurs qui savent de quoi ils parlent et qui comprennent les attentes des lecteurs fantasy d’aujourd’hui. Ici on cause entre passionnés, parce qu’il y en a marre des scénaristes qui rabâchent les mêmes vieilles histoires rances ersatz du Seigneur des Anneaux et qui ne sont publiés que parce qu’ils ont un nom et leur rond de serviette chez un éditeur. C’est tout à l’honneur des frères Sierra, ces Karls (hommes libres), d’avoir refusé certaines propositions pour écrire l’histoire qu’ils rêvaient. Mais une chouette histoire et de bons dialogues ne suffisent pas. Il fallait des graphismes à la hauteur et pour cela, Alex Sierra a réalisé un travail à faire pleurer les Ases. En toute franchise je n’ai pas été autant sur le cul depuis Siegfried d’Alex Alice. D’ailleurs si vous appréciez celui-ci, les graphismes d’Alex Sierra sont du même tonneau avec un style semi-réaliste d’une grande finesse, l’encrage permet de suggérer toute une palette d’émotions des personnages lorsqu’ils sont en arrière plan, cela joue admirablement bien sur les ombres, et comme si cela ne suffisait pas les couleurs déploient un faste, du flamboyant selon l’ambiance du moment. Saluons également le travail de recherche car il n’y a pas un visage qui ressemble à un autre, il est aisé de distinguer les 13 vikings dotés chacun d’un certain charisme, le passage fantasmagorique avec les Nornes (équivalent des Moires grecques) est renversant. On est vraiment trop gâté sur certaines compositions où il parvient à mettre du rythme dans les scènes d’action tout en les ponctuant de dessins en pleine page franchement jouissifs. Je ne me suis toujours pas remis du passage de Leif invoquant tour à tour le « cyclone » des corbeaux d’Odin ni du grand « flash » de la foudre de Thor (« VOUS NE PASSEREZ PAS ! »), et encore moins des passages inspirés des mangas de baston (ou des comics de super héros au choix) comme DBZ où ça se met méchamment sur la tronche. J’ai rarement été aussi enthousiaste sur une nouveauté, et pourtant je ne suis pas édinaute (édition basée sur le crowdfunding), fâcheusement arrivé après la bataille. Mais qu’Heimdall le père des hommes m’en soit témoin, pour la suite j’en serai. Skål !
Petite histoire des colonies françaises
Même si j’ai déjà avisé la quasi-totalité de leurs autres productions, c’est par le premier tome de cette série que j’avais découvert le travail de ce duo très complémentaire, qui codirige les éditions Flblb, chez qui ils ont produit quelques belles pépites. D’emblée, j’ai été captivé par leur travail, et je relis encore avec un très grand plaisir cette série, même si la surprise ne joue plus. Ma seule surprise en l'avisant est de voir le peu d'avis postés sur cette série, plus de dix ans après ses débuts ! Le principe – repris dans la plupart de leurs autres séries – est de mettre en perspective, en appui, le texte très corrosif et ironique de Grégory Jarry, avec le dessin minimaliste d’Otto T. Et cela fonctionne ! Sous couvert de nous conter, de manière badine, avec force second degré et tirades ironiques la colonisation, Grégory Jarry (qui s’est visiblement documenté) réalise un implacable réquisitoire contre cette même colonisation (ses justifications, ses méthodes, ses suites actuelles…), bien sûr, mais aussi contre son image, la propagande qui l’a idéalisée ou aseptisée : il joue des images d’Epinal, avec un ton faussement bonhomme, un narrateur (aux traits successifs de de Gaulle, de Mitterrand [et épisodiquement de leurs successeurs], tous les deux franchement décontractés et très cyniques) semblant nous faire des clins d’œil au milieu de sa présentation. Un texte engagé donc, mais absolument pas rébarbatif. D’abord parce que l’ironie domine, Jarry glissant pas mal d’anecdotes absurdes, du n’importe quoi assumé, au milieu de faits réels. Mais ensuite et surtout grâce aux dessins d’Otto T. Des personnages minimalistes donc, très souvent agités, nerveux, qui jouent des scénettes rigolotes, qui prennent tout leur sens en les confrontant au texte de Jarry (l’inverse est aussi vrai). Un travail en symbiose donc, très réussi, qui offre un bon moment de détente sérieuse, ou de déconne instructive, comme on veut. C’est en tout cas une série que je vous recommande très chaudement (allez voir ensuite les autres séries du duo !). Un travail déjà récompensé, qui a donné lieu à des expositions (à Angoulême je crois) et qui mérite vraiment le détour ! Une intégrale a plus récemment paru, mais je ne sais pas si ce format à l’italienne est adapté à un unique album d’une telle épaisseur.
Blueberry
Culte ! Ni plus ni moins. Et ce même si les derniers tomes n’offrent plus la même consistance. Avec Blueberry, Jean-Michel Charlier signe peut-être ses meilleurs scénarios. La série, qui se divise en multiples cycles plus ou moins courts, offre des histoires mouvementées, riches en rebondissements et au suspense très classique. La série a fixé une série de règles qui pourraient la rendre stéréotypée pour un nouveau lecteur. Ce serait oublier la date à laquelle Blueberry est apparu. Charlier parvient à trouver un style à mi-chemin entre le western américain et le western italien. Il parvient à conserver un souffle épique, un style empli de panache tout en offrant des personnages loin d’être parfaits, une vision du far-west plus proche de la réalité mais sans détruire le mythe. Le dessin de Giraud est excellent et étonnamment précis pour l’époque. Les planches sont soignées, riches en détails et pourtant toujours lisibles. Chaque tome offre sa dose de matière. Lire un Blueberry ne se fait pas en 15 secondes, mais cette lecture me passionne tellement que, et d’une je ne vois pas le temps passer, et de deux je ne peux m’arrêter avant d’avoir fini le cycle entier (quitte à récupérer en lieu et place de spaghetti al dente une masse informe au fond d’une casserole dont la moitié de l’eau s’est évaporée). Le seul reproche que je fais à la série, c’est qu’elle est responsable de ma confusion entre Joseph Gillain et Jean Giraud. Longtemps, j’ai cru que ces deux auteurs n’étaient qu’une et même personne. En effet, Jijé signe la première couverture, ainsi que plusieurs planches dans les premiers tomes, le reste est souvent signé Gir. Hors, Jijé = JG, soit les initiales de … Jean Giraud. Les styles des deux auteurs étant proches l’un de l’autre, la confusion était totale dans mon esprit et il me faudra des années pour enfin parvenir à différencier ces deux géants de la bande dessinée. Cela n’enlève cependant rien à la qualité de cet immense classique de la bande dessinée, dont plus d’une série s’inspirera par la suite (Comanche en tête). Et comme la série bénéficie actuellement d'une nouvelle édition en intégrale, je vous invite chaleureusement à y jeter un oeil très attentif ! Cette intégrale est, en effet, extrêmement bien foutue et apporte un réel plus aux lecteurs. On y retrouve, pèle-mêle, des planches de présentation parues dans le journal Pilote à l'époque, des interviews des auteurs, des anecdotes sur l'élaboration de certains scénarios, des comparaisons de découpages entre les planches parues dans le journal et celles de l'édition en album. L'amateur que je suis se régale !
Watertown
J'ai vraiment adoré cette bande dessinée. Tout d'abord le dessin est magnifique, il possède une élégance, un côté pictural extrêmement plaisant. Il donne dans un charme rétro un peu suranné qui pourrait évoquer l'univers des peintures d'Hopper. Par ailleurs, l'intrigue est très romanesque, on est réellement plongé dans la psychologie du personne principal, on partage ses obsessions et ses interrogations. Je ne peux rien dire sur la chute de l'intrigue sans spoiler. Je peux juste vous dire qu'il s'agit d'une enquête passionnante et d'une expérience de lecture déroutante, moderne et délicieuse.
Monkey Bizness
Le label 619 est souvent synonyme de qualité à mes yeux. Cette collection menée par Run, le créateur de Mutafukaz promet souvent des œuvres décalées et originales comme ce fut le cas avec "Rocakbilly Zombie Superstar" et surtout Freaks' Squeele sans oublier la série culte de Run. Aussi quand Ankama laisse carte blanche aux créateurs des Lascars et que les avis positifs fusent comme des suppositoires ici même forcément ça titille ma curiosité alors que la référence des auteurs, à savoir la série télé Les Lascars me laisse de glace. Et j’ai bien fait car ce Monkey Bizness sortant de nulle part pour atterrir sur ma bibliothèque y a tout à fait sa place tant le coté décalé, trash et second degré sont devenus des évidences à mes yeux ! Mais ça parle de quoi ? En fait imaginez un monde dévasté par la fameuse bombe nucléaire inversant les roles dans l’évolution de Darwin ! Les quelques êtres humains survivants sont revenus à l’état primitif et vivent comme des betes sauvages dans la nature alors que les animaux ont vu leur intelligence se développer et ont investi les lieux civilisés. Ce postulat complètement foutraque peint juste le décor dont l’intérêt est ailleurs étant donné que tous les anciens habitants des zoos sont devenus aussi stupides que leurs modèles humains !!! On va s’intéresser dans tout ça à un babouin alcoolique et un gorille aimant le cigare, hommes de main à leur compte et glandeurs reconnus vivant de menus larcins.. Ils vivent en parfaite harmonie avec eux-mêmes et n’ont aucun tabou : meurtres, magouille tout y passe dans un délicieux fumet trash sur des petites histoires courtes prêtant à rire et à sourire. Il y a aussi cet astronaute humain qui atterrit sur terre pensant être sur une autre planète et dont les origines nous seront révélées dans un flash back hilarant ! Et l’histoire de la prison où nos deux macaques se jouent des différentes communautés dans une explosion de machoires…. Le hic c’est le dessin. A peine maîtrisé et à la main levée dans un style animalier lorgnant davantage sur les blogs que la ligne claire ou comics. Il sied finalement bien aux propos qu’il met en œuvre mais est difficile à déchiffrer au début. La colorisation est par contre magnifique avec de beaux effets bichromiques… Ce qui est incroyable c'est que dès le tome 2, le découpage est encore plus maitrisé et dynamique. On y gagne en fluidité pour se retrouver avec un film d'animation entre les mains ! Par contre et outre le dessin, la vulgarité et la violence des propos ne plairont clairement pas à tout le monde. Certaines situations vont parfois assez loin dans le scabreux mais à condition de prendre tout ceci au 3ème degré on risque davantage de passer un excellent moment de divertissement que d’en sorti horrifié ou choqué ! Après tout ce n’est pas Preacher :) Une excellente friandise qui prouve à elle toute seule la bonne santé d’une certaine bd indépendante qui a compris et digéré les erreurs des œuvres style Echo des Savanes en y injectant une bonne dose de créativité et de sang neuf… Tout à tour Buddy Movie, farce Trash plutôt osée, défouloir façon Tarantinesque, voyage dans le temps subtil et culotté, Eldiablo et Pozla viennent de créer sans le vouloir ce qui se fait de mieux en Franco-Belge. Définitivement indispensable !
Amazonie
Miss Austin est de retour ! Yeeeeeees ! Merci Léo ! Cela n’a échappé à personne la jolie brune fait des infidélités à Namibia ! Nous la retrouvons donc dans Amazonie(a) en 1949 - quelle précision - au Brésil au cœur de la forêt vierge sur une pirogue pour rejoindre un dispensaire - loin de tout - afin de rencontrer un révérend qui a apporté au consulat anglais de Manaus un cliché sur lequel on aperçoit une créature qui n’a rien d’humain ! wahou le suspens ! nous voilà engagé pour 52 nouveaux épisodes ! je suis désolé - je pense que je vais avoir de nombreux détracteurs – mais j’aime bien les aventures de Léo. Ok ok ok ok ok ce n’est pas le graphisme le meilleur que je connaisse, certains décors sont nuls et peu travaillés mais oui j’aime bien. Ok ok ok ok ok je vais me faire flageller sur la place de l’église mais j’assume mon choix ! j’achète sans retenu ! j’adore !
Spider-Man - Ramenez-moi le Bouffon Vert
Quel plaisir ce fut pour moi de retrouver cet album qui m'avait marqué durant ma jeunesse. Ce fut pour longtemps la seule histoire de Spider-Man en BD que j'ai lu avant que Panini Comics édite les intégrales. Cette histoire est deux parties est selon moi la meilleure histoire du duo qui a créé Spider-Man: Steve Ditko et Stan Lee. On retrouve le Bouffon Vert à l'époque où son identité était encore secrète. D'ailleurs, il faudra encore une dizaine de numéros avant que Norman Osborn ne soit réellement introduit (avant il faisait quelques apparitions comme un ami riche sans nom de JJJ). Le bouffon Vert s'est allié avec un autre criminel masqué le Maître du crime, mais ce dernier a décidé de faire cavalier seul. En prime, le journaliste Frederick Foswell qui a déjà été un criminel masqué à la tête d'un gang agit de manière étrange et semble cacher quelque chose. C'est donc une histoire de Spider-Man où le mystère domine. L'intrigue m'avait tenu en haleine lorsque j'étais petit et c'est encore le cas lorsque je suis adulte et que je connais toutes les solutions. J'ai dû relire cette histoire une bonne dizaine de fois (que ce soit dans cet album ou dans l'intégrale de Spider-Man) et je ressens toujours les mêmes émotions. C'est le genre d'histoire que je peux relire en gardant mon plaisir intact. Le récit est assez peu conventionnel pour l'époque. La seconde partie commence par une bagarre qui dure quelques pages et le reste est un peu plus un récit policer où on trouve la solution aux différentes énigmes. C'est différent du récit typique de super-héros où ça se termine dans une bataille où le héros vainc le méchant. Le dessin de Ditko est excellent. Il sait créer une ambiance parfaite pour Spider-Man. Je regrette que la couverture reprenne un dessin de Romita Sr d'une autre histoire avec le bouffon Vert. C'est complètement hors sujet et donne une fausse idée de ce que l'on retrouve à l'intérieur. La traduction peut faire peu vieillot comparé à la qualité d'aujourd'hui (Spider-Man est appelé L'araignée par exemple). Il est à noter qu'on retrouve aussi comme bonus l'histoire sur les origines de Docteur Strange et c'est sympathique.
Le Mari de mon frère
Certains esprits étriqués pensent que si on lit un yaoi, on l’est forcément ce qui n’est pas réellement toujours le cas. On peut être ouvert et surtout avoir cet esprit d’ouverture, pas pour le fun ou la mode actuelle, mais le mettre en application vis-à-vis de ce qui nous est étranger. Alors, je tiens à le préciser d’emblée : ce titre n’est pas un yaoi. Il s’adresse justement à cette population de personnes qui a du mal à accepter la différence ou surtout qui fait semblant de l’accepter (ce qui est encore pire à mon avis). Un homme qui élève seul sa petite fille au Japon voit débarquer chez lui un canadien genre gros nounours qui était l’époux de son frère jumeaux récemment décédé sur le continent américain où il vivait depuis une dizaine d’années. Cette irruption dans la vie de cette famille un peu monoparentale va tout chambouler. On va découvrir un homme éperdu d’amour pour un être disparu et qui souhaitait ainsi voir le pays natal du défunt. J’ai rarement vu un titre aussi intelligent pour faire accepter la différence tout en nuances sans faire dans le scandaleux ou le provocateur. C’est à lire absolument pour faire évoluer les mentalités. Il pose également d’autres questions notamment au regard des réflexions de cette petite fille. Les enfants ont souvent plus de bon sens que les adultes. Au final, voilà enfin un manga qui sort du lot, qui ne fait pas dans la pitrerie et dont le sujet est traité avec habileté et une certaine originalité. Il se dégage beaucoup d’émotions de la part des personnages très attachants dont notamment de notre héros qui pourtant n’a pas versé une larme à la mort de ses parents ou de son frère jumeau. On est en effet assez loin des personnages clichés habituels (genre le jeune et beau imberbe) et c’est vrai que cela fait du bien. A noter également des leçons de culture gay dans les intermèdes entre chapitres où l’on apprend tout de même des choses assez intéressantes. D’un point de vue graphique, rien à redire avec une belle finesse du trait et des décors soignés. En tout cas, ce premier tome de ce seinen social est très prometteur. La fin donne tout de suite envie de lire la suite grâce à un gros clifhanger. Homophobe s’abstenir ? Pas forcément, ils peuvent évoluer à la lecture de ce manga qui permet de décoincer leurs esprits étriqués et surtout leurs préjugés que la bonne société leur a inculqué. La famille est bien au centre du récit mais pas de celle qu’idéalise une frange bien à droite de notre échiquier politique qui s’apprête d’ailleurs à prendre le pouvoir. Bref, ce n’est pas un manga comme les autres car il dissipe le mal à l’aise de manière assez pédagogique tout en assurant le divertissement.
Gnomes de Troy
Que de mauvaises langues ! Vous avez perdu votre âme potache d'enfant. Bien sûr il ne faut pas lire cette BD avec un regard adulte mais juste pour se relaxer et passer un bon moment de poilade. Mes filles adorent !!! Elles rentrent en douceur dans l'univers de TROY qu'elles liront dans quelques années. Pour moi ...c'est juste FUN
De Cape et de Crocs
Voilà une lecture qui détonne ! C'est impétueux à souhait ! J'adore les dialogues et l'humour fin qui s'en dégage. C'est tout à fait mon style ! Le dessin est véritablement somptueux et tout en nuance. Par moment, c'est même incroyablement divin de beauté. Cela apporte un incontestable Les Plus Grands Super-Heros du Monde à ce récit d'aventure. Il est vrai que c'est un véritable monument de la bd largement plébiscité sur ce site que je n'avais pas encore avisé. J'avoue sans conteste avoir eu beaucoup de mal à me décider pour la lire. La raison ? Les 20 premières pages ne m'avaient pas tout à fait convaincu il y a deux ans et j'avais arrêté net ma lecture. J'avais peur d'un verbiage façon comédia dell'arte tout le long qui m'aurait épuisé dans tous les sens du terme. Heureusement, il n'en est rien. Bien m'en a pris de reprendre la lecture. Comme quoi, je donne raison à tout ceux qui pensent qu'il faut juger une oeuvre après avoir tout lu. Pour la petite histoire, mon cauchemar était de mettre une seule étoile à cette bd auquel cas, je me serais fais beaucoup d'ennemis tant l'objet est sacré. C'est dire que j'ai abordé ma lecture avec beaucoup de crainte. Ma note est donc très sincère car j'ai véritablement ressenti la grande aventure mêlée à de la poésie. C'est un savant mélange qui fait la singularité de cette oeuvre unique en son genre, bien qu'on assiste actuellement à la montée en puissance d'autres bd qui tentent d'imiter le style avec plus ou moins de bonheur (Célestin Gobe-la-lune, Spoogue...). Par ailleurs, je n'avais pas l'impression qu'il y a une baisse de régime dans les derniers tomes. Bien au contraire! Cependant, comme pratiquement toutes les séries cultes, ce sont bien les premiers volumes qui sont les meilleurs. Cela est indéniable ce qui n'empêche pas de trouver une suite de haut niveau. Comme la plupart des lecteurs, on attend la fin du cycle lunaire pour espérer le retour de la grande aventure sur Terre. Le 10ème tome marque donc la fin des aventures de cette joyeuse bande. J'apprécie surtout qu'il y ait une fin même si elle reste ouverte. Voilà une série qui ne s'éternise pas et qui sait tirer sa révérence finale comme une vraie pièce de théâtre. Le dessin culmine par sa beauté. Les dialogues sont toujours aussi exquis. En conclusion, nous avons là une série tout à fait originale qui aura fini par nous séduire. C’est un plaisir de retrouver un nouveau diptyque pour cette série mythique. Le récit est censé se passer 20 mois avant la série initiale et cela sera un diptyque. On se concentre sur l’aventure du mignon petit lapin Eusèbe dont le mystère de son passé a toujours été conservé. J’avoue avoir pris du plaisir à revoir ce sympathique personnage dont la gentillesse et la naïveté se confondent pour nous donner des scènes très décalées. Certes, les inconditionnels crieront au scandale surtout ceux qui ont acquis le coffret de l’intégral en 2012. Quand il n’y en a plus, il y en a encore ! On devrait tous le savoir. Le dessin frise encore une fois la perfection. C’est franchement sublime. La poésie est toujours présente. Bref, ce n’est que du bonheur ! En résumé: une richesse de texte et un dessin sublime pour constituer une pure merveille ! Note Dessin : 4.75/5 - Note Scénario : 4.25/5 - Note Globale : 4.5/5