Les derniers avis (7530 avis)

Par canarde
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Odeur des garçons affamés
L'Odeur des garçons affamés

Le problème des avis dithyrambiques, c'est que personne n'y croit vraiment... Pourtant je ne vois pas comment suivre le modèle habituel de l'avis bien balancé, avec ses bons points et ses défauts, suivi d'une conclusion emberlificotée à la Macron. J'ai tout aimé dans ce livre. D'abord, cet album entre parfaitement dans le moule exaltant du western : -Les images chaudes et réalistes, où regards et paysages se répondent en champ contre-champ, voyez déjà la première page avec ses deux cavaliers, suivis d'un charriot qui pénètrent dans un canyon -les personnages : le quinquagénaire déplaisant qui joue le rôle de chef de troupe, Stingley ; le photographe beau gosse au passé trouble, Oscar ; et le gamin chargé du sale boulot, Milton ; avec son pantalon trop court soutenu par des bretelles, puis le chasseur de prime terrifiant, l'indien énigmatique. -le message contemporain où le colonialisme occidental est roulé dans la farine par d'autres manières de voir le monde, celle des indiens, évidemment, celle des blancs qui ne peuvent pas rester dans ce courant dominant et dominateur, celle des femmes... Et cette critique de la colonisation de l'Amérique par les européens vient s'appuyer sur des arguments neufs et déroutants. Le titre d'abord qui, s'il était rapproché d'une autre première page, pourrait avoir un caractère plutôt obscène, il nous met déjà la puce à l'oreille. Les premières pages aussi, avec un découpage des scènes et des dialogues très efficace et malin : on sait déjà que l'attitude de Stinglley vis à vis de ses deux compagnons de voyage, est tout juste supportable, et on se demande comment et quand, les deux autres vont réussir à faire basculer la situation à leur avantage, même si on ne comprend pas encore par quel biais il les tient à sa main. C'est justement la découverte au fur et à mesure de l'histoire des raisons qui ont rassemblé ces trois personnages qui ouvre sur des univers que certains ont qualifiés de fantastiques, je n'irai pas jusque-là. Il s'agit juste de données du problème que le pauvre Kingsley ne peut pas tout-à fait faire cadrer avec le monde parfait qu'il a conçu. On pourrait résumer cet ensemble de grains de sable dans l'ordonnancement si bien imaginé par notre scientifique à la sensualité en général. Et c'est cette sensualité si bien mise en image qui émoustille et réjouit. Rien de voyeur, rien de pornographique, des cadrages serrés et justes pour amener des scènes érotiques, d'autres dispositifs étonnants pour évoquer des communications animales voire des visions shamaniques... Bref lisez-le, le scénario est parfaitement assemblé, au point qu'on peut y voir le monde actuel résumé. Et les personnages touchent chacun une part de nous, grâce à des dialogues subtils.

28/05/2017 (modifier)
Par Miranda
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Chronosquad
Chronosquad

FA-BU-LEUX ! C'est certainement une de mes meilleures lectures de voyages dans le temps, à ce rythme là les auteurs peuvent bien publier cent tomes, je suis preneuse ! Non seulement l’histoire est captivante mais elle est aussi complète à tous les niveaux, c’est avant tout de la science fiction évidemment mais on est aussi bien servi en aventure, humour, originalité, histoire ainsi qu’en drame et légèreté, que demander de plus ? Les personnages sont hyper intéressants et attachants surtout Bloch le principal une tuerie à lui tout seul. Je ne trouve à cette série aucun défaut c’en est presque agaçant. Le dessin est tout aussi parfait, au début j’aurais aimé moins de pages et plus de décors mais au final non c’est très bien comme ça. J’aime tout, le trait, les couleurs agréables et chaudes, les expressions des personnages, encore rien à redire. C’est rare mais même si la série n’est pas finie je lui accorde d’emblée le 5/5 ET le coup de coeur. Vivement la suite.

20/05/2017 (modifier)
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

« Le combat ordinaire « peut faire office de récit charnière dans l’œuvre de Larcenet, entre ses albums « déconne » de chez Fluide Glacial, et les chefs d’œuvres noirs plus récents que sont Blast et Le Rapport de Brodeck. Certes, des albums comme Presque chez Les Rêveurs montraient déjà cette facette de la personnalité de Larcenet, mais de manière sans doute plus confidentielle. Ici, le dessin reste du Larcenet première manière, c’est plutôt l’histoire, son déroulé et les textes, qui font basculer ces albums vers plus de dureté, d’introspection. Je ne sais pas ce que Larcenet a mis d’autobiographique dans ces quatre albums, mais je pense que Marco n’est pas loin d’être son porte-parole – comme chacun peut s’y reconnaître d’ailleurs. Les quatre albums se lisent facilement et rapidement, et Larcenet arrive à captiver le lecteur avec rien, si ce n’est le quotidien. Mais un quotidien bien ancré dans une réalité, que ce soit par des allusions à la politique et aux soirées d’élection, à l’économie avec la désindustrialisation qui touche les chantiers navals. C’est surtout un chouette portrait d’un homme et de ceux qui gravitent autour de lui (ses parents, son frère et sa copine), d’un homme tourmenté, qui ne cesse jamais son analyse, même si le dernier album, qui se déroule plusieurs années après les trois précédents, nous le montre ayant franchi un palier, ayant trouvé des réponses à certaines de ses questions (ou tout simplement arrêtant de se les poser) : un homme épanoui. Ni franche déconne, ni noirceur asphyxiante, « Le combat ordinaire » est donc bien un passage important dans l’œuvre de l’auteur. C’est en tout cas une série dont je recommande vraiment la lecture.

26/04/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kuklos
Kuklos

J'ai lu la réédition paru chez Futuropolis et je dois dire que je préfère la nouvelle couverture à l'ancienne qui est un peu moche. Le sujet est donc le racisme à l'époque où le KKK était à son apogée et ce qui est génial c'est que le personnage principal est lui-même un membre du KKK et qu'on suit donc la vie de cette organisation, notamment les luttes internes entre des membres plus pragmatiques et d'autres encore plus fanatiques ! Il n'y a point de manichéisme et si le 'héros' est moins cruel que d'autres, il reste tout de même une belle ordure à sa façon. Il y a beaucoup de violence (sans que cela tombe dans le ridicule) et les auteurs ne font pas dans la dentelle. Ils montrent la bêtise et la violence du racisme. J'ai tellement été enthousiaste dans ma lecture que j'ai relus cet album le jour même où je l'ai lu pour la première fois, chose rare de ma part et je passe ma note au maximum. C'est vraiment du grand art. J'adore surtout le personnage de Thomas sont la psychologie est bien maîtrisée. Tout est tellement bien maîtrisé dans ce scénario que j'ai l'impression que tout ce qui se passe dans cet album aurait pu se passer dans la réalité Une oeuvre marquante.

17/04/2017 (modifier)
Couverture de la série Le Guide Mondial des Records
Le Guide Mondial des Records

Derrière une couverture quelconque se cache l’album qui m’aura le plus marqué depuis le début de cette année 2017. Un pur chef d’œuvre, un bijou d’écriture qui parvient à combiner une intrigue policière, une critique de notre société, une approche de type roman graphique, une histoire d’amour et beaucoup d’humour dans un récit totalement cohérent de seulement 60 pages ! Oui, seulement 60 pages et je regrette amèrement que les auteurs n’aient eu l’occasion d’étirer cette aventure sur quatre ou cinq tomes tant la richesse de l’univers invitait à l’emprunt de quelques chemins de traverse qui auraient pu allonger la promenade sans jamais me lasser. Mais soit, Le Guide Mondial des Records est donc un one-shot. Mais quel one-shot ! L’histoire est on ne peut plus originale puisqu’il nous est donné de suivre les tribulations d’un employé du fameux guide, amené à rencontrer des prétendants à l’intronisation suprême. Et voilà déjà une première source de bonne humeur avec quelques records absurdes bien dans l’esprit du Barral que l’on connait au travers de séries comme « Baker Street » ou « Philip et Francis (Les aventures de) ». Sauf qu’ici, lorsqu’on lit « J’arrête un ventilateur avec la langue », on se demande dans quelle mesure il n’y a pas un con qui a réellement essayé ! Paul, l’employé en question, est un anti-héros dans toute sa splendeur. Un personnage charmant de simplicité. Avec lui, nous nous interrogeons sur les motivations de ces chercheurs de records et l’analyse sociologique peut commencer. Rien de lourd mais du ô combien pertinent ! Et bien sûr, tout va s’envenimer lorsqu’un meurtre sera commis au nom du Guide Mondial des Records. L’enquête policière est sobre, rapidement menée mais bien ficelée. Elle permet de créer un suspense bienvenu. Là n’est pas le plus important. Cette enquête est presque secondaire mais c’est une pierre de plus à l’édifice, un moteur auxiliaire à la lecture. Si elle n’avait été là, elle aurait manqué. Mais à elle seule, elle n’aurait rien fait bouger. L’histoire d’amour est à l’image de Paul : simple et dépourvue de fanfaronnades. Une rencontre comme il en fait tous les jours grâce à son travail, une volonté d’aider… le dialogue s’installe et l’amour naît. C’est simple, proche des gens, touchant. Que d’éléments, mon dieu, que d’éléments… De petites briques qui s’imbriquent (sinon ce n’eut été des briques) pour créer ce récit qui n’a l’air de rien mais que j’ai dévoré avec plaisir, avec une délectation d’épicurien gourmand. Pour la note, après quelques hésitations, j’ai accordé le 5/5. Culte, l’album ne l’est pas encore. Il ne le deviendra, éventuellement, que si un large public répond avec le même enthousiasme que moi. Aussi, je vous implore à genoux de jeter plus qu’un œil à cet album. Prenez-le pour ce qu’il est : pas une œuvre novatrice ou révolutionnaire mais une bulle d’oxygène dans un univers aseptisé. Un chef-d’œuvre de simplicité.

11/04/2017 (modifier)
Par Sabato
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Chevalier Ardent
Chevalier Ardent

J'ai reçu un jour d'une amie de ma mère un tas d'anciennes BD que plus personne ne lisait... et au milieu de ce tas, 2 albums de Chevalier Ardent : La Corne De Brume et Le Trésor Du Mage. J'ai bien du laisser passer plusieurs mois sans y toucher, puis un jour où je n'avais rien à faire et surtout plus rien à lire, j'ai ouvert La Corne De Brume... et j'ai tout de suite accroché ! Les scénarios sont excellents avec certains assez "adultes" et le dessin, magnifique, avec des personnages charismatiques, des décors grandioses avec de belles couleurs (pas comme ces bouillies de colorisations informatiques made in Éditions Soleil) ne me parait pas du tout vieillot pour l'âge de cette série. J'ai eu avec cette BD un véritable coup de cœur. J'ai eu la chance ensuite de trouver petit à petit les autres tomes dans une boutique d'occasions et je rentrais direct chez moi pour savourer chaque épisode (mes préférés étant La Loi De La Steppe, La Dame Des Sables et Les Cavaliers De L'apocalypse) Je classe cette série numéro 1 de ma BD thèque!

06/04/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série L'Appel
L'Appel

L’appel constitue mon gros coup de cœur du moment. Cela m’a beaucoup touché car il est vrai que cela reprend un thème d’actualité qui fait froid dans le dos. On sait que nos jeunes veulent combattre les valeurs de notre société contre un tyran sanguinaire en Syrie que nous soutenons indirectement par notre inaction. Cela s’appelle faire le djihad. Dans la plupart des cas, les parents tombent de haut lorsqu’ils apprennent que leurs chérubins ont rejoint le rang de l’Etat islamique. C’est souvent trop tard pour faire marche arrière. Ils partent en indiquant qu’ils vont faire du tourisme en Turquie et puis ils sont sur le théâtre des opérations avec une kalachnikov à la main si ce n’est pas un sabre pour couper les têtes des pauvres otages. Cela fait peur car les parents ne voient rien venir. L’appel est tout l’histoire d’une mère célibataire qui essaie de comprendre le parcours de son fils et de le faire renoncer à distance. Il y a tout d’abord les fréquentations mais également les accidents de vie comme l’absence d’un père ou les bavures policières liées à la brutalité de ce corps plutôt raciste. J’apprécie tout particulièrement cette exploration pour aller au fond des choses et comprendre pourquoi on se détourne de la société actuelle et de ses valeurs. Il y a bien des exploiteurs de faille qui arrivent à laver le cerveau à des êtres fragiles en devenir. Cette maman qui va perdre son fils est totalement impuissante et anéantie. C’est une immersion assez terrible. Le ras-le-bol sociétal ne doit jamais conduire à soutenir des gens qui nous détestent et qui détestent ce qu’on possède à savoir notre société de consommation ainsi que la démocratie. Au fond, ils envient nos libertés. Cette lecture peut permettre une déracalisation assez louable dans son principe afin de trouver une autre solution à la violence. Nul ne devrait donner sa vie pour une religion quel qu’elle soit.

20/03/2017 (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Terre des fils
La Terre des fils

"La terre des fils" est un récit post-apocalyptique qui débute comme un huis-clos entre un père tyrannique et ses deux fils perdus dans les ruines du monde. Il se poursuit dans une quête existentielle où deux êtres perdus recherchent en vain quelqu'un qui saurait encore lire dans un univers violent et fanatique. Le monde a-t-il un sens quand il est détruit à ce point ? Telle est la question que nous pose Gipi dont la force expressive du dessin fait merveille tout au long de 288 pages de maestria graphique et narrative.

17/03/2017 (modifier)
Par montane
Note: 5/5
Couverture de la série Pereira prétend
Pereira prétend

Je ne me souviens pas avoir lu une Bande Dessinée aussi remarquable depuis bien longtemps, et je comprends pourquoi cette histoire a fait l'objet de critiques aussi positives. De quoi s'agit-il? A l'époque de la Dictature du général Salazar au Portugal, le "Doutor Pereira" comme on l'appelle, écrit des articles dans la rubrique culturelle du plus grand journal de Lisbonne. Bien sur , il est conscient que la censure veille sur ses écrits, et que le pouvoir en place commet des actes bien peu catholiques. Mais il s'en accommode. Sa femme est morte, il n'a pas d'enfant et plus rien ne semble avoir d'importance. Pourtant il croise un jour le chemin d'un jeune Italien, soutien des troupes républicaines, qui luttent contre Franco dans l'Espagne voisine. Ayant besoin d'argent, il lui propose d'écrire sur des écrivains de son temps. Mais ces écrits très engagés s'avèrent impubliables. Pereira a bien mauvaise conscience, il aimerait l'aider mais n'ose pas franchir le pas, et rompre avec son petit confort. Alors qu'il se trouve en soin sur la cote Portugaise, bien loin de Lisbonne, il rencontre alors un médecin qui l'aide à résoudre le conflit entre ses sentiments ambivalents et à enfin prendre une décision de rupture. Adaptation du livre d'un écrivain Italien que je ne connaissais pas, cette histoire nous décrit un peu le dilemme qui a du se poser à bien des gens pendant l'occupation allemande en France par exemple. Doit-on se soumettre et se compromettre ou doit-on lutter en coulisse ? Si on nous posait cette question aujourd'hui, tout le monde serait résistant bien entendu. Oui mais à l'époque, en aurait -il été de même ? Cette histoire ravira les amateurs d'histoires contemporaines. Je ne connaissais pas non plus ce dessinateur dont le trait se rapproche parfois de l'italien Fiore, avec des couleurs pastel qui changent au gré des ambiances. On y voit aussi Pereira converser avec le portrait de son épouse décédée, et avec des petits bonhommes qui représentent ses sentiments contradictoires. Une manière efficace de représenter les contradictions de ce héros qui s'ignore. Je vous laisse le soin de lire cette histoire pour en connaitre la suite. Vous ne le regretterez pas.

27/02/2017 (modifier)
Par Pingu
Note: 5/5
Couverture de la série L'Armée de l'ombre
L'Armée de l'ombre

Sans aucun doute la meilleure BD traitant de la seconde guerre mondiale que j'ai pu lire. Des dessins très bien faits qui donnent une impression de réalisme impressionnante.

26/02/2017 (modifier)