Une lecture captivante, émouvante et instructive.
L'histoire de Joseph Joanovici, dont je ne savais rien, elle est romancée mais les faits principaux sont réels. Et c'est là tout le talent de Fabien Nury, un subtil mélange de fiction et d'Histoire. Un homme parti de rien qui deviendra milliardaire. Une narration non linéaire qui nous fait découvrir le destin hors norme de cet homme, à différentes périodes de sa vie. Le côté historique du récit est retranscrit de façon pointilleuse, et j'ai particulièrement apprécié la partie sous l'occupation allemande, avec toute l'ambivalence des personnages et la chasse aux sorcières qui s'en est suivi.
Les mots ambiguïté et énigmatique prennent tous leurs sens pour Joseph Joanovici. Tantôt une ordure, tantôt un "héros".
Chacun aura sa propre idée sur ce personnage.
Sylvain Vallée a fait un travail de fou, on est plongé de plain pied dans cette France : d'entre deux guerres, d'occupation puis d'après guerre. Des personnages aux décors, il en émane une authenticité à chaque page. Pour preuve les deux publicités pour Suze et Picon dans les deux premiers tomes, deux apéritifs que j'apprécie mais avec modération.
Du bel ouvrage.
Évidemment, je recommande.
L’Encyclomerveille d’un tueur est une très belle bande dessinée.
Nous suivons un orphelin dans son étrange apprentissage au cimetière. L’histoire se déroule en Martinique, où le jeune garçon découvre la face cachée du cimetière où il travaille avec le fossoyeur, son « père adoptif ».
Les dessins sont incroyables ! Les couleurs sont douces tout en étant vives. Nous retrouvons tout du long à peu près les mêmes tons ce qui crée une jolie harmonie.
Les pages dénudées de cases sont exceptionnelles, je dirais même grandioses. Nos yeux se baladent de partout, du fait que l’on trouve toute une panoplie de détails. Par exemple, par moment en fond, hors des cases nous pouvons apercevoir les brouillons qui ont été faits pour la création de cette BD.
Les personnages sont sympathiques, voire certains sont même drôles - je parle de Hamlet - et sont très bien dessinés. Le fossoyeur porte vers la fin une incroyable tenue, très complexe.
Pour conclure, j’ai apprécié la lecture de cette BD, qui est très bien dessinée et qui possède une histoire intéressante qui mêle magie et mystères. Mais je trouve qu’il manquait un petit peu d’action.
Je suis déçu d’apprendre que la saga n’est pas renouvelée. Je me contenterai de ce premier tome qui est réussi. =)
Voilà un album jeunesse qui aura su me conquérir et se révéler d'une grande justesse en abordant un sujet difficile.
Yeowoo est une jeune renarde de 5 ans quand ses parents décident de divorcer. Son père l’emmène s'installer temporairement chez son grand-père et sa tante qui habitent ensemble. Mais le "temporaire" va s'éterniser et c'est finalement jusqu'à ses 16 ans que Yeowoo va devoir vivre là-bas. Sa mère ne donnera pas signe de vie et son père lui promet entre chaque visite toujours plus espacée de la ramener "bientôt"... Yeowoo fait chèrement payer à son entourage ces sentiments d'abandon et d'injustice et c'est grâce à Paulette, (une poule rejetée par les siennes par ce qu'elle ne pondait pas) venue s'installer à côté du grand-père de Yeowoo que cette dernière va petit à petit apprendre à vivre et grandir malgré tout.
Si le dessin de l'autrice Yunbo qui fait très "album jeunesse" ne m'inspirait pas de prime abord, c'est grâce à son récit très bien construit que je suis rentré petit à petit dans un album qui se révèle au final très complet et subtil. Les sujets abordés, qu'il s'agisse du rejet, de l'abandon, de la différence, le sont de manière intelligente, sans être pédant ou didactique. Les personnages sont d'une rare justesse et on finit par se laisser porter par ce récit et cette relation singulière qui va se tisser entre Paulette et Yeowoo. Le contraste entre cette colère sourde de Yeowoo qui ne demande qu'à exploser et ce graphisme animalier "enfantin" très poétique est surprenant, mais l'équilibre trouvé par l'autrice est redoutable et force l'admiration : parti dans cette lecture plus par curiosité que par conviction j'en suis sorti conquis.
Un album à découvrir et une autrice à suivre !
Messieurs Yann et Tarrin nous entraînent-ils dans une aventure qui en cache une (des) autre(s) ? J'ai un peu tendance à le penser.
Ce troisième opus d'une aventure de Spirou par des auteurs extérieurs revient à du grand classicisme à l'ancienne.
Le dessin de Tarrin ne choque sûrement pas les amateurs de la série mère. Seule Seccotine, pratiquement l'héroïne principale, prend un coup de lifting rajeunissant et dynamisant.
Je trouve les décors et les couleurs très agréables et soignés, je me croirais presque revenu à l'époque Franquin. (Je n'avais pas lu les autres avis et ne connaissais pas la pub des éditeurs avant mon avis)
Le scénario de Yann est aussi en droite ligne de ce que nous aurions pu lire il y a plusieurs années. J'aime bien le travail de Yann dans les séries dérivées de Thorgal et je retrouve ici un scénario que je pense bien construit et très coquin.
Je fais deux remarques. Tout d'abord Yann aime à jouer sur la sexualité du héros principal. J'avais fait une petite remarque dans Les Mondes de Thorgal - Louve et ici aussi il place des passages équivoques et amusants entre Spirou et Seccotine.
Pour finir j'ai eu le sentiment que les auteurs s'amusaient à un hommage détourné non pas de Spirou mais de son concurrent le plus prestigieux avec cette crypte dans un château, une chasse au trésor, une momie d'une autre civilisation et un voyage en Himalaya.
Seccotine travaille-t-elle pour le petit vingtième ? Je trouve cela très amusant.
Quelle fraicheur !
C'est pas prétentieux et diablement inventif !
Voilà un petit univers où l'on se sent bien. La créativité constamment renouvelée en fait un peu un Julius Corentin Acquefacques mais abordable par tout le monde, avec un petit côté peps coloré en plus !
C'est imbattable !
Wow
wow
wow
Alors ça, je m'y attendais pas.
Il est rare que le scénario soit au dessus du dessin (qui est très bon). Cette bd c'est un thriller ! Un roman, graphique, thriller, dystopique (les dystopies sont souvent négatives...)
C'est vraiment très bien écrit, il y a un rythme, une narration, du chien !
Et surtout, c'est très original. Les personnages dans leur ensemble, sont crédibles, divers, bien campés, originaux, cohérents. Leurs chemins se recoupent par fils scénaristiques habiles.
Il y a une relecture de la société, actuelle, en devenir, en dystopie qui fait un peu flipper tout le monde. Ce qui pourrait être mon seul mini bémol : je suis une petite flippette et cette bd m'a légèrement angoissée à la lecture (en même temps c'est un "thrilleur dystopique") et quelques scènes gores pour moi.
La partie "science fiction" est très bien gérée, ce qu'il faut, intriguante. L'idée des robots atlas est géniale. La dystopie avec l'histoire française et algérienne est je trouve assez fine, et constitue une trame de fond bien dosée, qui rajoute du corps à l'ensemble.
Bref ça fonctionne à merveille. C'est intelligent, dense, rythmé.
Une bd assez rare, j'ai hésité avec les 5 étoiles.
Vivement recommandée.
Juncker a déjà produit plusieurs albums dans lesquels il était parvenu à mêler habilement petite et grande histoire (je pense par exemple à Malet et j’avais déjà vu son talent pour montrer en quelques touches l’horreur de la guerre dans Le Front). « Seules à Berlin » est un peu la synthèse de ces deux aspects.
L’intrigue se déroule dans le chaos et l’horreur de la fin de la seconde guerre mondiale à Berlin, dans les derniers jours d’avril et les premiers jours de mai 1945. Deux femmes vont se croiser. Ingrid, une Allemande promise aux viols des soldats de l’Armée rouge, qui survit dans les caves ou dans les bras de soudards. Et Evgueniya, une jeune traductrice du NKVD, plutôt anticonformiste.
Avec une économie de moyens (peu de texte, décors et personnages peu détaillés), Juncker arrive à montrer l’horreur de la situation, mais aussi les fragilités, les fêlures des êtres. Et la possibilité, malgré tout, de rester humain (la dernière image, qui apporte couleur et liberté à Ingrid, se révèle là aussi simple et efficace, forte).
Une pagination importante, mais l’histoire se lit vite, d’une traite, il n’y a pas de temps mort. Juncker a réussi là un bel album, parvenant même à glisser dans ce décor apocalyptique quelques touches d’humour, lorsque le supérieur d’Evgueniya, sur ordre de Beria et Staline, cherche à mettre la main sur le cadavre d’Hitler.
Une histoire hilarante si elle n'était pas affligeante. Un récit universel où chacun ne peut qu'admettre que la bêtise humaine a ses entrées à toutes les époques et dans toutes les contrées.
Le dessin me fait penser à Fred, que j'apprécie, avec une coloration au pinceau dans des tons parfaits pour rendre l'atmosphère un peu déprimante.
Franchement rien à redire, ce livre satisfera tout le monde (même les xénophobes qui ne reconnaîtront pas qu'ils en sont le sujet tellement le trait est forcé, hehe) et peut se glisser aussi bien dans les rayons adultes qu'enfants.
"Tout commence et tout finit à Sarajevo" disait Frédéric Mitterrand dans son introduction des Aigles foudroyés. Bilal semble lui emboîter le pas avec cette très bonne série.
4 tomes bien différents les uns des autres mais qui doivent être lus dans l'ordre pour comprendre un récit pas si facile. Je dois dire que le tome 1 m'a captivé.
Cette idée de trois bébés orphelins à cause du terrible siège de Sarajevo et qui vivent les événements de façon mi consciente mi subliminale est remarquable. L'idée de les faire parler via la voix de Nike phénomène de mémoire m'a bouleversé.
C'est un cauchemar ancestral de tous les parents que la crainte de mourir en plein chaos et de laisser son bébé affronter seul le monde extérieur. C'est vraiment ce qu'arrive à me faire passer Bilal dans ce tome 1.
Chaque bébé développant d'ailleurs des qualités hors normes qui vont les conduire devant un nouveau monstre. Bilal nous entraîne dans un récit de SF avec pour cible les intégristes mystico-religieux ce qui n'est pas une nouveauté.
Ce que j'aime dans la SF de Bilal c'est qu'elle est ancrée dans l'histoire contemporaine et est crédible. Le tome 2 est du même niveau même si on s'y perd un peu entre les répliques et les humains mais les descriptions de ces happening sanglants confinent au grandiose.
J'ai beaucoup moins aimé le tome 3 qui m'a passablement ennuyé. Heureusement le tome 4 qui part sur une voie encore différente m'a beaucoup plu avec ses textes qui sont presque des poèmes par moment.
(Mdr : Bilal est sympa, il fait gagner le PSG en match européen ! Lol).
On sent que Bilal a donné beaucoup de lui dans cette série et que ses souffrances de voir son pays de naissance se déchirer abominablement ont créé des cicatrices peut-être pas encore totalement refermées.
J'aime beaucoup son graphisme (ses toiles !) et son découpage. Certaines coupent le souffle. Comme d'habitude on peut lui reprocher des visages qui se ressemblent trop. Pas toujours facile de différencier Nike d'Amir ou Sacha de Leyla. Autrement dans la peinture des différents monstres c'est très imaginatif et très effrayant car crédible (monstre parasite ou symbiotique ?).
Pas forcément une lecture très reposante mais du très bon Bilal à mon avis.
Yoann et Vehlmann nous proposent un Spirou écartelé entre tradition et modernité. Il est loin l'uniforme du petit groom. Spirou avec ses sneakers, son jean moulant et son blouson adopte un look de baroudeur résolument moderne.
Il n'hésite pas à faire le coup de poing et à flirter avec une jolie Indonésienne. Contrairement à Fantasio ou Champignac avec leurs costumes cravatés. Mais changement total pour l'action, Spirou devient le gardien des traditions par rapport à un Fantasio qui choisit la voie moderne.
Une querelle des anciens et des modernes version Maoris. J'aime bien que des auteurs éloignés de la série mère fassent un one-shot en toute liberté de création graphique et scénaristique. L'unique contrainte est de respecter l'esprit de nos deux ( trois? quatre?) héros.
C'est le cas dans l'album, même si le côté sentimental appuyé que vivent Spirou et Fantasio nous sort des habitudes.
Le trait de Yoann est dynamique mais trop anguleux à mon goût. De plus Champignac en directeur de labo genre super sérieux a perdu sa folie amusante. C'est Martin qui apporte toute la folie à l'histoire, il en sera récompensé, quoique...
Quant à Fantasio, en dandy quasi chauve, il me fait penser à un trader de la City en vacances sur son yacht. De même je trouve la représentation des jeunes Maoris pas très gratifiante et leurs références culturelles cantonnées au Seigneur des Anneaux un peu lourdes.
Il y a quelques faiblesses dans le scénario. Toucher légalement à un patrimoine archéologique est quasi impossible partout dans le monde et tout particulièrement en Nouvelle-Zélande ou en Australie.
De même la fin est un peu facile avec cette introduction de quasi-fantastique qui permet de punir les méchants à bon compte.
J'aime bien les couleurs proposées même si certains mariages peuvent jurer. Une aventure sous-marine permettait d'explorer de nombreuses nuances de bleus d'éclairages sur les fonds marins toujours magnifiques. C'est quelquefois le cas mais je trouve les fonds décrits a minima avec des teintes trop sombres.
Je trouve la couverture très belle mais la quatrième toute rouge pas à mon goût.
Une lectures sympathique tout de même. J'aurais mis 3.5 donc je choisis 4 pour remonter la moyenne que je trouve sévère.
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Il était une fois en France
Une lecture captivante, émouvante et instructive. L'histoire de Joseph Joanovici, dont je ne savais rien, elle est romancée mais les faits principaux sont réels. Et c'est là tout le talent de Fabien Nury, un subtil mélange de fiction et d'Histoire. Un homme parti de rien qui deviendra milliardaire. Une narration non linéaire qui nous fait découvrir le destin hors norme de cet homme, à différentes périodes de sa vie. Le côté historique du récit est retranscrit de façon pointilleuse, et j'ai particulièrement apprécié la partie sous l'occupation allemande, avec toute l'ambivalence des personnages et la chasse aux sorcières qui s'en est suivi. Les mots ambiguïté et énigmatique prennent tous leurs sens pour Joseph Joanovici. Tantôt une ordure, tantôt un "héros". Chacun aura sa propre idée sur ce personnage. Sylvain Vallée a fait un travail de fou, on est plongé de plain pied dans cette France : d'entre deux guerres, d'occupation puis d'après guerre. Des personnages aux décors, il en émane une authenticité à chaque page. Pour preuve les deux publicités pour Suze et Picon dans les deux premiers tomes, deux apéritifs que j'apprécie mais avec modération. Du bel ouvrage. Évidemment, je recommande.
Encyclomerveille d'un tueur
L’Encyclomerveille d’un tueur est une très belle bande dessinée. Nous suivons un orphelin dans son étrange apprentissage au cimetière. L’histoire se déroule en Martinique, où le jeune garçon découvre la face cachée du cimetière où il travaille avec le fossoyeur, son « père adoptif ». Les dessins sont incroyables ! Les couleurs sont douces tout en étant vives. Nous retrouvons tout du long à peu près les mêmes tons ce qui crée une jolie harmonie. Les pages dénudées de cases sont exceptionnelles, je dirais même grandioses. Nos yeux se baladent de partout, du fait que l’on trouve toute une panoplie de détails. Par exemple, par moment en fond, hors des cases nous pouvons apercevoir les brouillons qui ont été faits pour la création de cette BD. Les personnages sont sympathiques, voire certains sont même drôles - je parle de Hamlet - et sont très bien dessinés. Le fossoyeur porte vers la fin une incroyable tenue, très complexe. Pour conclure, j’ai apprécié la lecture de cette BD, qui est très bien dessinée et qui possède une histoire intéressante qui mêle magie et mystères. Mais je trouve qu’il manquait un petit peu d’action. Je suis déçu d’apprendre que la saga n’est pas renouvelée. Je me contenterai de ce premier tome qui est réussi. =)
Seizième printemps
Voilà un album jeunesse qui aura su me conquérir et se révéler d'une grande justesse en abordant un sujet difficile. Yeowoo est une jeune renarde de 5 ans quand ses parents décident de divorcer. Son père l’emmène s'installer temporairement chez son grand-père et sa tante qui habitent ensemble. Mais le "temporaire" va s'éterniser et c'est finalement jusqu'à ses 16 ans que Yeowoo va devoir vivre là-bas. Sa mère ne donnera pas signe de vie et son père lui promet entre chaque visite toujours plus espacée de la ramener "bientôt"... Yeowoo fait chèrement payer à son entourage ces sentiments d'abandon et d'injustice et c'est grâce à Paulette, (une poule rejetée par les siennes par ce qu'elle ne pondait pas) venue s'installer à côté du grand-père de Yeowoo que cette dernière va petit à petit apprendre à vivre et grandir malgré tout. Si le dessin de l'autrice Yunbo qui fait très "album jeunesse" ne m'inspirait pas de prime abord, c'est grâce à son récit très bien construit que je suis rentré petit à petit dans un album qui se révèle au final très complet et subtil. Les sujets abordés, qu'il s'agisse du rejet, de l'abandon, de la différence, le sont de manière intelligente, sans être pédant ou didactique. Les personnages sont d'une rare justesse et on finit par se laisser porter par ce récit et cette relation singulière qui va se tisser entre Paulette et Yeowoo. Le contraste entre cette colère sourde de Yeowoo qui ne demande qu'à exploser et ce graphisme animalier "enfantin" très poétique est surprenant, mais l'équilibre trouvé par l'autrice est redoutable et force l'admiration : parti dans cette lecture plus par curiosité que par conviction j'en suis sorti conquis. Un album à découvrir et une autrice à suivre !
Le Spirou de Tarrin et Yann - Le Tombeau des Champignac
Messieurs Yann et Tarrin nous entraînent-ils dans une aventure qui en cache une (des) autre(s) ? J'ai un peu tendance à le penser. Ce troisième opus d'une aventure de Spirou par des auteurs extérieurs revient à du grand classicisme à l'ancienne. Le dessin de Tarrin ne choque sûrement pas les amateurs de la série mère. Seule Seccotine, pratiquement l'héroïne principale, prend un coup de lifting rajeunissant et dynamisant. Je trouve les décors et les couleurs très agréables et soignés, je me croirais presque revenu à l'époque Franquin. (Je n'avais pas lu les autres avis et ne connaissais pas la pub des éditeurs avant mon avis) Le scénario de Yann est aussi en droite ligne de ce que nous aurions pu lire il y a plusieurs années. J'aime bien le travail de Yann dans les séries dérivées de Thorgal et je retrouve ici un scénario que je pense bien construit et très coquin. Je fais deux remarques. Tout d'abord Yann aime à jouer sur la sexualité du héros principal. J'avais fait une petite remarque dans Les Mondes de Thorgal - Louve et ici aussi il place des passages équivoques et amusants entre Spirou et Seccotine. Pour finir j'ai eu le sentiment que les auteurs s'amusaient à un hommage détourné non pas de Spirou mais de son concurrent le plus prestigieux avec cette crypte dans un château, une chasse au trésor, une momie d'une autre civilisation et un voyage en Himalaya. Seccotine travaille-t-elle pour le petit vingtième ? Je trouve cela très amusant.
Imbattable
Quelle fraicheur ! C'est pas prétentieux et diablement inventif ! Voilà un petit univers où l'on se sent bien. La créativité constamment renouvelée en fait un peu un Julius Corentin Acquefacques mais abordable par tout le monde, avec un petit côté peps coloré en plus ! C'est imbattable !
Le Dernier Atlas
Wow wow wow Alors ça, je m'y attendais pas. Il est rare que le scénario soit au dessus du dessin (qui est très bon). Cette bd c'est un thriller ! Un roman, graphique, thriller, dystopique (les dystopies sont souvent négatives...) C'est vraiment très bien écrit, il y a un rythme, une narration, du chien ! Et surtout, c'est très original. Les personnages dans leur ensemble, sont crédibles, divers, bien campés, originaux, cohérents. Leurs chemins se recoupent par fils scénaristiques habiles. Il y a une relecture de la société, actuelle, en devenir, en dystopie qui fait un peu flipper tout le monde. Ce qui pourrait être mon seul mini bémol : je suis une petite flippette et cette bd m'a légèrement angoissée à la lecture (en même temps c'est un "thrilleur dystopique") et quelques scènes gores pour moi. La partie "science fiction" est très bien gérée, ce qu'il faut, intriguante. L'idée des robots atlas est géniale. La dystopie avec l'histoire française et algérienne est je trouve assez fine, et constitue une trame de fond bien dosée, qui rajoute du corps à l'ensemble. Bref ça fonctionne à merveille. C'est intelligent, dense, rythmé. Une bd assez rare, j'ai hésité avec les 5 étoiles. Vivement recommandée.
Seules à Berlin
Juncker a déjà produit plusieurs albums dans lesquels il était parvenu à mêler habilement petite et grande histoire (je pense par exemple à Malet et j’avais déjà vu son talent pour montrer en quelques touches l’horreur de la guerre dans Le Front). « Seules à Berlin » est un peu la synthèse de ces deux aspects. L’intrigue se déroule dans le chaos et l’horreur de la fin de la seconde guerre mondiale à Berlin, dans les derniers jours d’avril et les premiers jours de mai 1945. Deux femmes vont se croiser. Ingrid, une Allemande promise aux viols des soldats de l’Armée rouge, qui survit dans les caves ou dans les bras de soudards. Et Evgueniya, une jeune traductrice du NKVD, plutôt anticonformiste. Avec une économie de moyens (peu de texte, décors et personnages peu détaillés), Juncker arrive à montrer l’horreur de la situation, mais aussi les fragilités, les fêlures des êtres. Et la possibilité, malgré tout, de rester humain (la dernière image, qui apporte couleur et liberté à Ingrid, se révèle là aussi simple et efficace, forte). Une pagination importante, mais l’histoire se lit vite, d’une traite, il n’y a pas de temps mort. Juncker a réussi là un bel album, parvenant même à glisser dans ce décor apocalyptique quelques touches d’humour, lorsque le supérieur d’Evgueniya, sur ordre de Beria et Staline, cherche à mettre la main sur le cadavre d’Hitler.
Le Singe de Hartlepool
Une histoire hilarante si elle n'était pas affligeante. Un récit universel où chacun ne peut qu'admettre que la bêtise humaine a ses entrées à toutes les époques et dans toutes les contrées. Le dessin me fait penser à Fred, que j'apprécie, avec une coloration au pinceau dans des tons parfaits pour rendre l'atmosphère un peu déprimante. Franchement rien à redire, ce livre satisfera tout le monde (même les xénophobes qui ne reconnaîtront pas qu'ils en sont le sujet tellement le trait est forcé, hehe) et peut se glisser aussi bien dans les rayons adultes qu'enfants.
Le Sommeil du Monstre
"Tout commence et tout finit à Sarajevo" disait Frédéric Mitterrand dans son introduction des Aigles foudroyés. Bilal semble lui emboîter le pas avec cette très bonne série. 4 tomes bien différents les uns des autres mais qui doivent être lus dans l'ordre pour comprendre un récit pas si facile. Je dois dire que le tome 1 m'a captivé. Cette idée de trois bébés orphelins à cause du terrible siège de Sarajevo et qui vivent les événements de façon mi consciente mi subliminale est remarquable. L'idée de les faire parler via la voix de Nike phénomène de mémoire m'a bouleversé. C'est un cauchemar ancestral de tous les parents que la crainte de mourir en plein chaos et de laisser son bébé affronter seul le monde extérieur. C'est vraiment ce qu'arrive à me faire passer Bilal dans ce tome 1. Chaque bébé développant d'ailleurs des qualités hors normes qui vont les conduire devant un nouveau monstre. Bilal nous entraîne dans un récit de SF avec pour cible les intégristes mystico-religieux ce qui n'est pas une nouveauté. Ce que j'aime dans la SF de Bilal c'est qu'elle est ancrée dans l'histoire contemporaine et est crédible. Le tome 2 est du même niveau même si on s'y perd un peu entre les répliques et les humains mais les descriptions de ces happening sanglants confinent au grandiose. J'ai beaucoup moins aimé le tome 3 qui m'a passablement ennuyé. Heureusement le tome 4 qui part sur une voie encore différente m'a beaucoup plu avec ses textes qui sont presque des poèmes par moment. (Mdr : Bilal est sympa, il fait gagner le PSG en match européen ! Lol). On sent que Bilal a donné beaucoup de lui dans cette série et que ses souffrances de voir son pays de naissance se déchirer abominablement ont créé des cicatrices peut-être pas encore totalement refermées. J'aime beaucoup son graphisme (ses toiles !) et son découpage. Certaines coupent le souffle. Comme d'habitude on peut lui reprocher des visages qui se ressemblent trop. Pas toujours facile de différencier Nike d'Amir ou Sacha de Leyla. Autrement dans la peinture des différents monstres c'est très imaginatif et très effrayant car crédible (monstre parasite ou symbiotique ?). Pas forcément une lecture très reposante mais du très bon Bilal à mon avis.
Le Spirou de Yoann & Vehlmann - Les Géants pétrifiés
Yoann et Vehlmann nous proposent un Spirou écartelé entre tradition et modernité. Il est loin l'uniforme du petit groom. Spirou avec ses sneakers, son jean moulant et son blouson adopte un look de baroudeur résolument moderne. Il n'hésite pas à faire le coup de poing et à flirter avec une jolie Indonésienne. Contrairement à Fantasio ou Champignac avec leurs costumes cravatés. Mais changement total pour l'action, Spirou devient le gardien des traditions par rapport à un Fantasio qui choisit la voie moderne. Une querelle des anciens et des modernes version Maoris. J'aime bien que des auteurs éloignés de la série mère fassent un one-shot en toute liberté de création graphique et scénaristique. L'unique contrainte est de respecter l'esprit de nos deux ( trois? quatre?) héros. C'est le cas dans l'album, même si le côté sentimental appuyé que vivent Spirou et Fantasio nous sort des habitudes. Le trait de Yoann est dynamique mais trop anguleux à mon goût. De plus Champignac en directeur de labo genre super sérieux a perdu sa folie amusante. C'est Martin qui apporte toute la folie à l'histoire, il en sera récompensé, quoique... Quant à Fantasio, en dandy quasi chauve, il me fait penser à un trader de la City en vacances sur son yacht. De même je trouve la représentation des jeunes Maoris pas très gratifiante et leurs références culturelles cantonnées au Seigneur des Anneaux un peu lourdes. Il y a quelques faiblesses dans le scénario. Toucher légalement à un patrimoine archéologique est quasi impossible partout dans le monde et tout particulièrement en Nouvelle-Zélande ou en Australie. De même la fin est un peu facile avec cette introduction de quasi-fantastique qui permet de punir les méchants à bon compte. J'aime bien les couleurs proposées même si certains mariages peuvent jurer. Une aventure sous-marine permettait d'explorer de nombreuses nuances de bleus d'éclairages sur les fonds marins toujours magnifiques. C'est quelquefois le cas mais je trouve les fonds décrits a minima avec des teintes trop sombres. Je trouve la couverture très belle mais la quatrième toute rouge pas à mon goût. Une lectures sympathique tout de même. J'aurais mis 3.5 donc je choisis 4 pour remonter la moyenne que je trouve sévère.